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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 21:07
les derniers combats de Jésus: Marc 12/13-44

Mc 12/13-44

Les derniers combats de Jésus : 2

On envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode pour lui tendre un piège en le faisant parler, et ceux-ci vinrent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? » Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. » Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? – De César », répondent-ils. Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.

 

Des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – viennent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient :

« Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.

Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi. À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » Jésus leur dit : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux. Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »

 

Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »

Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

 

Alors qu’il enseignait dans le Temple, Jésus, prenant la parole, déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ? David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !” David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir. Dans son enseignement, il disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.

Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

 

1-Pharisiens et hérodiens ou le piège de la disqualification

Si Jésus répond oui au paiement de l’impôt, on peut l’accuser de collaboration avec l’occupant. S’il dit non, on peut l’accuser de subversion. Piège qui semble impossible à sortir. Mais c’est Jésus qui va les piéger en leur demandant une pièce qu’ils tirent de leur poche. S’ils l’ont en poche c’est que déjà il collabore avec la monnaie de l’occupant. Qu’ils lui rendent sa monnaie puisqu’elle est à l’image de César. La réponse de Jésus n’est pas l’obéissance au pouvoir en place (comme malheureusement, ce fut interprété pendant de siècles). Mais plutôt soyez cohérent, ne pactisez pas avec un homme qui se prend pour Dieu. Par contre reconnaissez qui est Dieu et son image en chaque humain créé à son image et sa ressemblance.

 

2-Sadducéens ou le refus de la possession

Ils racontent cette histoire pour ridiculiser les pharisiens qui croient à la vie éternelle ; Mais la manière de la raconter est significative de leur machisme. Dans cette histoire la femme n’est qu’un objet qu’on se passe de frère en frère et une simple couveuse de semence masculine. Jésus se positionne pour la résurrection mais il fait plus. Sa réponse est égalitaire : on ne se marie pas, on est comme les anges. Sa réponse met homme et femme à égalité. Le Ciel conteste la terre. Le comportement du ciel est contestation de l’inégalité qui est vécu sur la terre. L’égarement dont il parle au verset 27 concerne leur absence de foi en la résurrection mais aussi leur conception inégalitaire des rapports homme-femme.

 

3-Scribes : vérité et mensonges

*Un scribe proche de la vérité du Royaume

Il y a là un cas unique dans tout l’Evangile : Un scribe en accord avec Jésus. Tous les deux, ils mettent l’amour de Dieu et des autres au cœur de la foi relativisant les actes cultuels (sacrifices et holocaustes)

*Des scribes dans l’erreur

Jésus porte la controverse sur l’identité du Messie. On le dit fils de David. Alors comment comprendre qu’au v 1 du psaume 110 David s’adresse à lui comme Seigneur ? Jésus affirme que la vraie filiation du Messie est divine.

*Des scribes dévoreurs du bien des veuves

L’attaque de Jésus porte ici sur leur manière de vivre

-leur recherche des honneurs

-leur exploitation des plus faibles

-leur hypocrisie

*Admiration pour une femme ou colère contre les scribes ?

Deux lectures sont possibles et pas forcément contradictoire.

Jésus admire cette femme qui donne tout ce qu’elle a pour vivre. Il voit en elle la préfiguration de sa passion où il donnera tout, toute sa vie.

Mais en même temps il est scandalisé contre les scribes dévoreurs des biens de veuves.

En effet que font-ils de cette offrande ?

 

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