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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 17:09
Zachée, Dieu mendiant de notre amitié, 31ème dim. du TO Luc 19/1-10

Entré dans Jéricho, il traversait la ville. Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c'était un chef de publicains, et qui était riche. Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille. Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là. Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi." Et vite il descendit et le reçut avec joie. Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : "Il est allé loger chez un homme pécheur !" Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : "Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple." Et Jésus lui dit : "Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham. Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu."

1ère piste :

Regarder Zachée. Que sait-on de lui ? Son compte en banque et la mauvaise réputation qu’il a, car, comme publicain, collecteur d’impôts, les gens le soupçonnent de détourner de l’argent à son profit et d’être sympathisant à l’occupant romain. Son estime de lui ne devait pas être facile : à ses propres yeux et à ceux des autres. De plus son physique ne l’arrange pas : il est petit de taille.

Prendre du temps pour le regarder ainsi.

2ème piste :

Ensuite regarder Jésus ou plutôt, regarder Jésus qui regarde cet homme. Dans cette foule, Zachée est le seul à être regardé et à qui il parle. Pourquoi ? Parce que Jésus est venu sauver ce qui est méprisé, exclu, blessé, mésestimé… Donc, Il est venu pour chacun-e de nous dans la mesure où personne n’est indemne de d’un mépris, d’une exclusion, d’une blessure, d’une mésestime…

Alors, devenons un Zachée, montons dans notre arbre et voyons la scène de son point de vue.

3ème piste :

Regarder Jésus qui lève les yeux vers moi. Comment me regarde-t-Il ?

Il me regarde avec amour, avec tendresse. L’entendre prononcer mon prénom. Entendre le seul désir qu’il a au cœur : me rencontrer tel-le que je suis, comme je suis.

Dans ce prénom qu’il prononce, sentir l’estime qu’il a pour moi, la valeur  que j’ai à ses yeux. Goûter son regard accueillant, bienveillant, désirant.

4ème piste :

Puis entendre la parole suivante : « aujourd’hui, il me faut demeure chez toi ». Laissez retentir en moi ce « aujourd’hui ». Ni hier, ni demain mais un aujourd’hui sans fin. Entendre cet appel de Jésus à vivre l’aujourd’hui.

Entendre toute l’étendue de cet appel : « Aujourd’hui, vis pleinement ta vie, bois cette vie. »

5ème piste :

Regarder Zachée, toujours dans son arbre, qui prend une décision : il choisit de descendre et de répondre à cet appel. Il s’était caché dans son arbre pour voir sans être vu. La parole de Jésus lui donne la force de descendre, de s’affirmer, d’être vu sans complexe.

Descendre de l’arbre, Qu’est-ce que cela signifie pour moi, personnellement ? Quelle décision de lâcher-prise ?

6ème piste :

Les regarder maintenant côte à côte, ni en-dessous, ni au-dessus mais à égalité, l’un avec l’autre. Zachée est chez lui avec Jésus. Zachée peut vraiment « habiter » son existence.

Pour finir, étant devant Jésus, qu’ai-je envie de Lui dire ?

7ème piste :

Entendre la décision qu’il prend. C’est la sienne. Jésus ne lui a rien demandé, rien exigé. C’est ce qu’il a senti au plus profond du cœur, sa décision à lui.

Quelle est ma décision ?

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans REP
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levy 20/10/2016 19:01

"Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que LUI AUSSI est un fils d'Abraham. Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu". Comment ne pas lire Luc et ensuite ces 7 pistes (un chiffre qui n'est jamais là par le fruit du hasard) respectivement comme contenant et restituant toute la trame du message messianique ? Un message dont nul n'est exclu, quoiqu'il soit par ailleurs. Et comme portant la réponse, non pas attendue mais offerte, à ce message, à ce qu'il annonce : "... la décision qu’il prend. C’est la sienne. Jésus ne lui a rien demandé, rien exigé. C’est ce qu’il a senti au plus profond du cœur, sa décision à lui".

LEVY 21/10/2016 12:50

Tout bien réfléchi … je me demande si dans la 7ème piste que nous ouvre Michèle, on n’entend pas dans la bouche du Rabbi Jésus le détour d’un souci pédagogique. Faire en sorte, via le récit-de-Luc, que son auditoire (et le lectorat de Luc) appréhendent ce qui fait la nature première de la décision de Zachée : la spontanéité gratuite de l’engagement que prend le riche publicain.
Préoccupation pédagogique qui laisse donc volontairement de côté une complexité qu’il n’est pas opportun, qu’il n’est pas temps de mettre en avant - l’esprit ne procède-t-il pas au reste par des dévoilements successifs, ceux qui ont convenu in illo tempore - dynamique à laquelle le Rabbi Jésus se conforme et dont il témoigne de la place qu’elle occupe dans la ‘’Sagesse’’ de D.ieu ?
La complexité qui renverrait au rôle tenu par la Grâce - qu’on peut aussi désigner comme l’amour de D.ieu qui privilégie chacune de ses créatures. Part qui dans nos choix, dans notre intellection du Bien, et en toutes choses humaines, est vouée à rester inconcevable dans sa nature, et indiscernable dans l’action qu’elle exerce, jusqu’à ce que les temps soient accomplis.
Je relis ainsi la conclusion de Luc - « Et Jésus lui dit : … » - et la piste offerte par Michèle. N’est-ce pas la liberté des ‘’œuvres’’ qui s’y affirme, une liberté qui va s’opposer aux temps de la Réforme à la puissance de la Grâce ? Mais s’y opposer en ne mettant en fin de compte en lumière que l’illisibilité et l’impénétrabilité hic et nunc, valable pour le monde en attente et en quête de la Parousie, du partage entre notre liberté et le dessein de la transcendance pour chacun(e) d’entre nous. Dessein qu’on peut lui aussi dénommer amour de D.ieu, le Logos qui a présidé à toute création
Une illisibilité et une impénétrabilité qui désignent - qui sait ou ‘’que sais-je’’ ? - une composante essentielle du projet du Créateur pour sa création. Projet qui confierait à l’intelligence de la foi de se figurer ce qui lui est une figuration inaccessible, en suivant un lent et inachevable cheminement à accomplir vers une vérité qui lui est promise dans tout son éclat et sa gloire à la consommation de siècles.