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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 14:07
Penser la foi Dieu Trinité: Père-Fils-Esprit...autrement.

Dieu, en christianisme, se décline avec trois noms :

Père, Fils, Esprit.

L’origine de cette formulation nous vient des Conciles qui ont eu lieu dans les premiers siècles de l’Eglise.

Ils se sont appuyés sur la manière qu’avait Jésus de s’adresser à Dieu dans les Evangiles (Fils du Père), sur ses paroles et ses actes révélant sa divinité et sur l’expérience de l’Esprit que faisaient les premier-ères chrétien-nes.

 

1-Parler de Dieu comme Père peut donner à entendre une familiarité, une proximité avec Dieu. En ce sens, elles sont bénéfiques pour la relation à Dieu. Mais elles peuvent aussi donner à entendre un lien à Dieu du registre de la famille. En cela, elles peuvent être un obstacle à la foi, sous plusieurs aspects :

*Tout d’abord un rejet à cause de la figure paternelle masculine de Dieu excluant le féminin en Dieu.

(Cette figure masculine de Dieu renforce le patriarcat en lui donnant des justifications religieuses.)

Certain-es, pour pallier à cela disent Père-Mère. Mais on reste toujours dans le registre familial et si votre père ou votre mère ont été de mauvais parents, de ceux qui battent leurs enfants, ou tant d’autres choses…vous aurez du mal à voir Dieu comme Père ou Mère !

*Même sans expérience malheureuse, la symbolique familiale reste ambigüe car se situer devant un Dieu parent peut être vécu comme une dépendance dont on ne peut sortir et faire rester toujours un enfant sans jamais devenir adulte, rester dans un rapport à Dieu infantile et infantilisant.

 

Mais il est possible d’entendre autrement Père-Mère : la conscience d’une origine : je viens de…Avoir conscience de n’être pas sa proche origine. Ce qui, d’un point de vue simplement humain ne peut pas être contesté. Et connaitre son origine est vital pour la construction de l’humain.

La foi chrétienne dit de ce point de vue quelque chose d’inouï : tu viens de Dieu, ton origine est divine.

De quoi favoriser une belle estime de soi !

 

Cependant il faut encore que cela n’alimente pas la conscience d’une dette pesante qui se dirait ainsi : «  Si je viens de lui-elle, je  lui doit tout et je dois rendre des comptes » Image d’un Dieu dont le don ne serait pas gratuit mais qui exigerait un retour.

Non, ce qui fait honneur à Dieu c’est de penser que ce qui est donné est gratuit. C’est donné. Un point, c’est tout.

Si l’on veut donner à notre tour, c’est de l’ordre de notre liberté, un don à notre tour mais pas un rendu qui serait obligé.

Et ce don est à donner d’abord aux autres.

C’est en donnant aux autres qu’on donne à Dieu. (voir Mt 25/31-46).

 

Osons une autre formulation :

Dieu est Volonté d’amour, Parole d’amour, Acte d’amour.

Dieu EST amour.

Et nous avons là une manière de parler de la Tri-Unité de Dieu dont l’image n’est pas du registre familial.

 

2-Mais alors comment parler de Jésus comme Fils ?

Comme Parole d’amour, Parole qui s’est fait humaine, et qui dans son humanité avait conscience de son origine.

 

3-Et comment parler de l’Esprit ?

Comme Acte d’amour depuis toujours et pour toujours, pour tous les temps et tous les êtres.

 

A suivre…

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Penser la foi autrement
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commentaires

Le Voyageur 11/11/2016 11:40

OUPS ! A priori, les retours d lignes ne sont pas pris en compte !!
Ne facilitera pas la lecture !

Le Voyageur 11/11/2016 11:23

Votre texte est très intéressant en ce qu'il évoque la manière dont Jésus s'adresse à la divinité qu'il ressent en lui-même et qui le dépasse et le transcende.
Jésus s'adresse à « son Père », lequel, évidemment n'est pas son père biologique, qu'il a cependant bien dû avoir, sinon ce n'est pas un « vrai homme » comme l'indique la théologie classique. Mais là n’est pas mon propos.
Vous avez, dès le début, un raccourci saisissant selon lequel celui qu'il appelle « son père » c'est Dieu, c'est-à-dire le dieu de la tradition juive, si je ne dis pas trop de bêtises… comme si cela devait être d'évidence première incontestable. Vous précisez cependant qu'il s'agit là d'une construction a posteriori au nom d'une doctrine établie par la suite. Dont acte.

Mais est-ce bien de ce Dieu-là dont il s’agit ?
Peut-on aussi facilement dire que cette hypothèse est une certitude absolue ?
Forcément, pour les chrétiens cela l’est. Pour d'autres, comme moi, ils sont en droit de s'interroger. Et vous-même probablement, je suppose, que vous vous êtes interrogée à ce sujet ?

Je ne suis pas dans l'optique d'une construction de type A+B+C=Dieu…
Je partage tout à fait les propos de votre point N°1, sur toutes sortes de confusions possibles par rapport à une lignée génétique… encore que… hors d'elle… y'a-t-il un quelconque humain ?

Mais peut-être faudrait-il souligner la révolution copernicienne que Jésus amène en appelant la divinité « papa » et même, selon une interprétation qui me semble recevable, le mot « Abba » est excessivement affectueux et pourrait être traduit dans une formule assez proche de « mon petit papa chéri ». Or, le Dieu de l'Ancien Testament n'a rien d'un petit papa chéri… et personne jusque-là n'aurait osé utiliser un tel terme : « Abba ». C'est-à-dire un terme employé par celui qui est plein de confiance en parlant à son père. Or, « normalement » Dieu ! : il faut le craindre et le redouter. Pas vraiment une relation de confiance avec lui, puisqu’il faut faire des tonnes de « sacrifices » et rites divers pour apaiser ses colères, et espérer attirer éventuellement un peu une mansuétude hautaine de sa part …Bref, tout l’inverse de l’abandon confiant d’une enfant à son père…. C’est plutôt : Dieu ? fait-gaffe de pas te faire choper !! la punition sera terrible !

Donc, occulter si vite le lien filial, sous prétexte qu'il a pu être défaillant pour certaines personnes, me semble quelque peu jeter le bébé avec l'eau du bain.
Alors bien entendu, il s'agit d'un mot qui s'adresse à la divinité, au divin, et pas à papa/maman/géniteurs…. encore que…. qui est « médiation » ?

J'ignore exactement en quels termes exacts Jésus proposa une prière à ses disciples, quand ils le lui demandèrent. On connaît la traduction et l'interprétation classique : « notre père qui êtes aux cieux … » en rappelant que le vouvoiement était la norme jusqu'à il n’y a pas si longtemps. Bon d'accord, dans certaines familles on vouvoie son père… mais c'est rare.
Peut-être Jésus a-t-il dit quelque chose comme : quand vous priez dit : « mon petit papa chéri qui est dans les cieux… » mais c'est bien trop familier pour être inscrit dans un texte « officiel », labellisé et codifié, autrement dit il faut le décharner…. bien qu’il s’agisse parait-il désormais d’une « religion de l’incarnation »….

Jésus qui était si proche et si intime avec « son père », ainsi que le rapporte l'Évangile à de multiples reprises. Lui qui disait suivez-moi sur ce chemin de l’intimité intérieure avec « mon Abba » qui pourra, sur ce chemin vers le royaume, devenir le vôtre, si ça vous plait et si vous choisissez cela librement.
Pourquoi aujourd'hui encore préfère-t-on installer une distance non négligeable entre l'homme et la divinité telle que Jésus en parle ?
C’est une question ?
Je me permets de vous la poser.
Car vos propos tels que rédigés, tout en disant que Dieu c’est : amour gratuit, « décharne » cet amour en considérations théologiques…. puisque Dieu n’est pas un « papa divin vivant aimant » mais … Dieu, dans son « Ailleurs » ! qu’on aimera par procuration en « donnant aux autres ». Ok,ok, c’est mieux qu’égorger des moutons !

Mais alors c’est quoi un « incarnation » si elle est vaporeuse dans les cieux !
(je ne suis pas sûr de me faire comprendre… mais tant pis !….)
Merci en tout cas pour ce texte et ce qu’il comporte d’ouverture. Et d’accueillir mon commentaire.