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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 13:42
Jésus: une triple libération

S’exercer à l’étonnement. Après la gratitude, une autre attitude spirituelle : l’étonnement.

Ne pas s’habituer à l’inouï de notre foi chrétienne

Approfondir combien cette foi est étonnante, originale.

Approfondir cette foi pour mieux en vivre.

Mieux en vivre, pour vivre mieux, puisque c’est une bonne nouvelle pour notre vie.

« Commencement de la bonne nouvelle » Evangile de Marc 1/1

« Jésus proclamait la bonne nouvelle venue de Dieu » Mc 1/14

« Convertissez-vous et croyez en la bonne nouvelle » Mc 1/15

En 15 versets du début de Marc, 3 fois « bonne nouvelle ».

Nouveauté et bonté.

La conversion a opéré n’est pas d’abord morale mais changement de conception de Dieu : quittez vos images fausses et mauvaises pour vous, pour s’ouvrir à du neuf :

Ce neuf, c’est possible de le dire ainsi

-Dieu personnel

-Dieu d’amour qui nous propose son amitié

-Dieu qui se donne gratuitement

-Dieu dont la seule volonté, ce qu’il veut, c’est que nous vivions, que nous ayons la vie en abondance.

Si on se convertit, si on croit à cette bonne nouvelle, notre vie peu à peu va être libérée.

Comme les Hébreux, on va passer de l’esclavage de l’Egypte à la terre promise, on va vivre 3 libérations

Libération des fausses images de Dieu

Libération des fausses images de soi-même

Libération des fausses images des autres

 

  1.            Croire à la Bonne Nouvelle me libère de fausses images de Dieu qui peuvent empoisonner la vie.

 

C’est très important de prendre conscience des fausses images que nous faisons de Dieu, des représentations qui proviennent de notre imaginaire, qui n’ont rien à voir avec la réalité, l’Ancien Testament appelle cela des idoles et nous en avons tous.

Je vais donner quelques exemples pour bien me faire comprendre :

Le dieu qui se cache au coin de la rue pour me prendre en flagrant délit de faute ;

le dieu voyeur à qui rien n’échappe pour mieux m’accuser ;

le dieu fatalité qui a écrit sur son grand livre ce que je dois faire, sinon ce sera le malheur pour moi ;

le dieu paratonnerre, qui moyennant quelques sacrifices, me protégera des souffrances de la vie ;

le dieu puissant qui impose sa loi de fer etc…

 

On peut allonger la liste, les exemples donnés sont des caricatures, mais nous n’en sommes pas indemnes et elles peuvent s’insinuer en nous sans qu’on y prenne garde.

Le Christ guérit peu à peu de ces fausses images. Peu à peu car on est lent à se laisser convertir, à quitter nos fausses représentations.

Il nous faut beaucoup de temps et surtout il nous faut longuement regarder ce vrai visage de Dieu qui se donne à voir dans la fragilité de l’enfant de Noël, dans la charité, le respect, la liberté, la miséricorde de cet homme Jésus, le vrai visage de Dieu qui se dit par la croix : Dieu souffrant, et aimant jusqu’au bout. 

L’Eternel qui est Dieu entre dans notre histoire en se faisant petit enfant et connaît la souffrance et la mort de la croix comme nous.

C’est une révolution de l’image de Dieu, c’est une subversion, une contestation radicale de nos images spontanées, de nos fausses images. Les premiers chrétiens étaient considérés par leurs contemporains, gens très religieux, comme athées, par ce que leur foi ne correspondait pas du tout à l’idée commune de Dieu.

 

Jésus, un enfant qui ne sait pas encore parler et qui pourtant nous dit simplement par ce qu’il est : « je ne suis pas ce que vous croyez, regardez-moi et vous saurez qui est vraiment Dieu. »

 

Dieu qui nous aime le premier, qui nous rejoint dans notre histoire, qui se fait petit, vulnérable, à la merci de tous, ayant besoin de tous, qu’on peut prendre dans ses mains, dont on peur faire n’importe quoi, fragile.

Et Noël n’est que le début du dévoilement du vrai visage de Dieu.

Un jour, Jésus dira : « Qui me voit, voit le Père »

Pour être cohérent, il faut aller jusqu’à dire : Dieu a voulu vivre cela.

Pour quelle raison ?

1- Voilà ce que je suis, croyez ce que je vous dis de moi et renoncez à vos fausses images

2-Donc chassez toute crainte, allez à ma rencontre en toute confiance et en toute joie.

On peut relire les 4 Evangiles avec cette clé de lecture :

En Jésus on découvre Dieu à l’écoute des gens, Dieu proche de tous, Dieu qui propose, qui appelle, qui suscite la liberté, et jamais ne s’impose, Dieu qui pardonne, Dieu qui guérit.

 

La prière à faire pour chacun de nous, la demande à faire à Dieu : « Dis-moi mon Dieu quel amour de moi a pu te conduire à cette fragilité, cette vulnérabilité ?  Guéris les fausses images que je peux encore me faire qui sont des poisons pour ma vie et une offense à ton vrai visage. »

 

  1.            Croire à la Bonne Nouvelle me libère des fausses images de moi-même

Je ne sais pas quel est le plus inouï, cette 2ème affirmation ou la 1ère. En tout cas les 2 sont liées.

Par sa venue en notre chair, sa naissance, sa vie, sa mort, sa résurrection, tout cela POUR MOI, Dieu m’apprend que je suis infiniment aimable et viens me libérer des fausses images que nous avons de nous-même.

Puisque qu’il s’est dérangé pour moi, qu’il a fait tout le chemin pour me rejoindre.

Pour moi, pour toutes, pour tous, pour chacun-e.

Infiniment aimable, Dieu vient nous le dire, et nous demande de le croire, de renoncer à nos mauvaises images de nous-même, à nos mésestimes de nous-mêmes, à nos duretés envers nous-mêmes, à nos mépris de nous-même.

Notre vie a une infinie valeur car la vie humaine qui est la nôtre à chacun-e a été épousée par Dieu, elle a donc valeur divine.

Alors ma vie est définitivement sauvée, puisque Dieu l’a assumée. Dieu est définitivement solidaire de nos vies comme une alliance que rien ne peut briser.

Dieu pour nous et pour l’éternité.

 

On peut avoir tendance, pour trouver Dieu, à vouloir s’évader de notre vie, de l’humain. En perspective chrétienne, depuis l’incarnation, ce n’est pas possible.

« Où veux-tu aller loin de toi-même, alors que j’ai fait tout le chemin pour te rejoindre au cœur de ton humanité et de ta vie ? »

Déjà, du fait que nous sommes crées par Dieu à son image, cela doit nous inciter à un accueil de notre humanité comme un don, sinon quelque part, c’est faire injure au créateur.

Et en plus avec l’incarnation, nous pouvons vivre notre vie en communion avec son humanité.

Vivre, manger, dormir, se reposer, agir, sont devenus des actes du Dieu fait homme et pour nous des actes qui ont acquis valeur d’infini qui nous unissent à Dieu.

 

  1.            Croire à la bonne nouvelle me libère des fausses images des autres

C’est la conséquence des 2 premières libérations.

Etre libéré-e des fausses images de Dieu et de soi-même, fait entrer dans un chemin de pacification et d’unification intérieure.

Si je me vis comme aimé-e de Dieu qui m’ouvre ainsi un chemin de confiance en lui et en moi, si mon assurance est en Dieu qui me donne une dignité qui me vient de lui…

Je découvre que ce don est pour toutes, pour tous, pour chacun-e.

L’autre est aimé-e, l’autre a dignité infini, l’autre est visage de Dieu.

L’autre…comme moi.

L’autre ne peut plus être considéré-e comme un ennemi.

Je ne peux pas m’en servir comme d’un esclave, il a dignité de fils ou fille comme moi.

La foi chrétienne si elle va au bout de sa logique est contestation radicale de tout racisme et de tout sexisme.

Enfin, l’autre devient le Christ, puisque, comme Jésus le dit lui-même :

« A chaque fois que vous l’avez fait, c’est à moi que vous l’avez fait » Mt 25/40

 

 

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans fondamentaux de la foi
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commentaires

LEVY 29/07/2017 20:04

Ce qu'on ne redira jamais assez : "nous sommes crées par Dieu à son image, cela doit nous inciter à un accueil de notre humanité comme un don, sinon quelque part, c’est faire injure au créateur".
Si l'Adam, puis les deux créatures en lesquelles presque aussitôt tirés il se distingue, sont à l'image de D.ieu, rien dans l'une ni dans l'autre n'est impur. Ne saurait être impur.
Au reste comment la Création, en laquelle rien n'a été fait sans le Verbe, sans l'incommensurable de la Parole et de la Sagesse de l'amour, pourrait-elle contenir de l'impureté ? Contenir fût-ce un atome d’impureté.
Le mal y est présent - mystère qui nous confronte sans doute à l'inachevé de notre univers et à l'incomplétude où nous sommes de nous-mêmes au sein de celui-ci. Mais la quête du pur, vouée sans partage à s’abîmer dans les déviances qui la condamnent à devenir obsessionnelle, la compulsion à traquer l'impur qui en est le pendant à l’œuvre chez les persécuteurs - le pendant terroriste, au premier sens du terme -, peuvent-elles avoir quelle relation que ce soit avec le projet qui sous-tend la création ?
D.ieu a doté l'intellection humaine du monothéisme naissant de la représentation la plus impénétrable - et a priori la plus scandaleuse - que nous eussions pu avoir à nous faire de Lui : "Je suis le bon et je suis le mauvais". Rien en revanche pour nous faire entendre qu'il était le Pur et l'Impur : deux catégories dont notre incompréhension de la place et de la nature du mal et, plus encore peut-être, l'intolérabilité conséquente de la présence du mal, n'ont cessé de tracer les contours. De sorte que l’impur est venu tenir lieu d’idole figurative du Mal.
Mais comment traduire sans contresens la revendication du Créateur d'être à nos yeux celui du bien et du mal, autrement dit, et à peu de choses près pour l’intelligence humaine, à la fois ce bien et ce mal ? Sinon en percevant que la contradiction ne saurait se résoudre que dans la perception de l'amour comme point de départ et comme repère, que dans l'espérance de l'amour vers laquelle l'Esprit nous conduit. Si nous nous y laissons conduire par les infimes lumières qui s'accordent au cheminement du créé vers la consommation finale des siècles.
L'invocation de la pureté est la matrice de toutes les violences, et en premier lieu des pires : regardons l’hier, et autour de nous, les tyrannies, les inquisitions et les fous en tous genres qui ont participé, ou qui participent, du même dessein d’épuration. Une soif dévorante d’épuration que tous les génocides mis bout à bout ne suffisent pas à étancher ...
Notre part à l'œuvre de D.ieu est-elle d’inventorier sans fin les empreintes de ce qui est pur et de ce qui ne saurait l’être ? Ou n’est-elle pas uniquement de porter dans le monde, et en nous pour commencer, des signes patents de l'amour, à la mesure de la visibilité que nous avons reçu la grâce de leur attacher ?
Remonter aux lois édictées après le Déluge, pour la renaissance du vivant et pour la promesse de pérennité faite à la création, n’en apporte-t-il pas la toute première confirmation ? "Tu ne démembreras pas un animal vivant" ne signifie ainsi pas qu'il est impur de manger une créature animale encore en vie, mais que pénétrer dans l'amour dont nous croyons qu'il est (en quelque sorte) le vrai nom du ‘’Big bang" originel, suppose de s’accorder à la bonté indivisible que cet amour place en lui et avec laquelle il se confond.

Michelle 21/07/2017 14:53

Je n'aurai aucun seul mot: merci! A lire on pousse déjà un soupir de bien être et de libération...