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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 15:44
Le récit des tentations de Jésus: Une liberté à l'oeuvre, mt 4/1-11

Mt 4/1 à 11

Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

 

Relire ce qu’il y a avant ce récit : le baptême de Jésus, car il nous révèle la source de la liberté du Christ. Mt 3/13-17

Le Christ est libre parce qu’il est fils, parce qu’il le sait, parce que de toute éternité, le Père le lui dit.

« celui-ci est mon fils, l’Aimé en qui je me plais » Etre fils en qui le Père se complait, c’est n’avoir rien à prouver, rien à conquérir, car tout est déjà donné, offert. Il ne peut pas avoir cette quête anxieuse, ce besoin de reconnaissance, cette avidité pour ce qu’on n’a pas, qui, pour nous, peut tellement nous rendre prisonnier des choses et des autres. Donc entendre cette parole du Père au Fils, entendre comme une parole qui dit sa liberté et croire que ce n’est pas seulement pour Jésus mais qu’il est venu pour nous partager sa liberté, pour nous ouvrir le passage, pour fendre les eaux et nous ouvrir le chemin à sa suite.

Entendre cette parole aussi pour chacun de nous

« Tu es mon fils, ma fille, l’Aimé-e en qui je me plais »

Après la source de la liberté, nous voyons la liberté à l’œuvre dans ce récit des tentations

1ère tentation

Jésus n’a rien à prouver, il est le Fils et le diable lui demande de le prouver.

Il part d’un doute : « si tu es… » La liberté de Jésus, c’est de croire la parole du Père.

La prison pour nous c’est souvent d’écouter d’autre voix, d’écouter la parole de soupçon

Et de ce point de vue ce récit est l’anti-Gn3 : Adam et Eve ont écouté le soupçon sur Dieu que le diable leur disait : Dieu est jaloux et ne veut pas tout vous donner, alors prenez le de force.

Notre liberté c’est de croire, qu’à la suite de Jésus, co-héritier avec lui, lui le Fils aîné, Dieu nous a tout donné puisque nous sommes ses filles et ses fils.

Ecouter la réponse de Jésus

« Il est écrit : ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de tout mot sortant de la bouche de Dieu »

Jésus ne dit pas : je te dis que ce n’est pas…

Il dit : « il est écrit » En même temps, il s’efface devant une parole qui n’est pas la sienne, une objectivité qui ne dépend que de Dieu, et en même temps, c’est éminemment sa parole, la sienne, lui qui est la Parole du Père.

Donner cette parole, c’est sa mission et c’est équivalant : se donner. Jésus en renonçant à faire de ces pierres du pain pour lui, va pouvoir un jour de sa vie publique, faire de quelques pains, une multitude de pains ; faire d’un pain son corps pour la multitude. Cette objectivité de la parole est aussi pour nous la source de notre liberté, cela ne dépend pas de nous, de nos bonnes ou mauvaises dispositions : la Parole nous fait vivre.

Ce qui est de nous, c’est d’y consentir, de nous laisser vivre par elle.

Nous recevoir de Dieu qui prouve notre vie. Pauvreté qui est source de fécondité.

2ème tentation

Entendre le 2ème piège à la liberté

« Il le met sur le faîte du temple…jette-toi en bas…car il est écrit : à ses anges, il commandera pour toi »

Il n’y a rein à prouver devant Dieu et rien à prouver devant les autres.

Le piège du diable est le refus de la liberté : s’imposer par l’évidence et non par le lent cheminement de la foi. Fais cela et on croira à toi, on sera forcé de croire en toi.

Il y a dans ce refus de cette tentation, un respect de nous-même : on n’impose pas la foi. Elle est lent travail d’éveil du cœur. Il y aura ce même refus quand Jésus dira qu’il pourrait avoir des légions d’anges pour empêcher son arrestation, refus qui va le briser, qui va faire de lui cette pierre rejetée par les bâtisseurs. Mais c’est ce refus libre qui fera de lui la pierre d’angle, pierre de fondation du vrai temple de Dieu.

Appel pour nous à vivre ce même respect, qui peut nous aider à être libre par rapport à la réussite ou aux échecs. Confiance, attente, patience. Jusqu’à consentir au mépris dont parle Ignace dans la méditation des 2 étendards. Etre méprisé plutôt que prisonnier de la quête des honneurs, du : « à tout prix de la réussite ».

Entendre la réponse de Jésus « Tu n’éprouveras pas le Seigneur ton Dieu »

A nouveau une parole qui n’est pas la sienne et qui est éminemment la sienne mais cette fois-ci en « Tu »

L’homme crée pour louer, respecter…et non manipuler, instrumentaliser, utiliser. Entrer dans une relation qui libère et qui n’aliène pas l’autre et moi-même. Ne pas vouloir avoir prise sur son origine mais sachant la source de ma vie qui est le Père, vivre ma vie en allant de l’avant, sûr d’une parole qui m’autorise à vivre ma vie, à l’inventer en pleine responsabilité. Cette liberté, Jésus, en nous interpellant directement, en nous disant « tu », il veut pour nous la même liberté qui est la sienne. Entendre la force de ce « tu ».

3ème tentation

Entendre le piège

« Il lui montre… tous les royaumes…je te le donnerai si tu tombes et te prosternes »

Nous sommes dans la même stratégie que dans Gn 3 où le serpent fait désiré un fruit en montrant combien il est bon. La séduction par le voir pour désirer la puissance. La stratégie du démon, c’est le donnant-donnant : la puissance au prix de la chute et du rejet de Dieu. La stratégie du Père, c’est ce que Jésus dira en Jean : « Tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi » et qui est dit aussi de notre relation à Dieu à la fin de la parabole des 2 fils : « tout ce qui est à moi est à toi » Lc 15/31

La stratégie du Père ce n’est pas le donnant-donnant mais le déjà donné de toute éternité.

Entendre la réponse de Jésus

D’abord sa victoire : le puissant ce n’est pas le démon, c’est Jésus, c’est lui qui donne des ordres : « retire-toi , va-t-en »

Le christianisme n’est pas rejet de la puissance, mais usage de la puissance comme forces neuves pour transformer ce monde, puissance de guérison et de résurrection

La source de cette puissance, c’est l’adoration du Père qui libère de toute idolâtrie et libère nos forces pour servir ce monde

Enfin je vous invite à lire la suite immédiate de ce passage des tentations,

On pourrait l’intituler : les fruits de la liberté:

-Ouverture à l’universel : une lumière pour tous : 4/12-17

-Eveil de liberté qui se donne: 4/18-22

-Puissance de guérison et puissance sur le mal : 4/23-25

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Aide pour méditer
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commentaires

Agnès Robert 03/09/2017 21:43

Merci pour cette compréhension du sens de "fils" "fille" ! Merci, je n'avais jamais compris cela de cette si puissante façon.