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8 août 2019 4 08 /08 /août /2019 17:25
Penser, écrire, dire…Dieu ?

Quand on fait cela, on le fait forcément avec des représentations, des images qui ne peuvent être que des projections de ce que nous sommes, de ce que nous connaissons, de ce qui relève de notre expérience dans ce qu’il y a de meilleur et de pire : Dieu bon ou menaçant par exemple. Dans la manière de le nommer et de le concevoir, ce peut être aussi projection de nos besoins : besoin de protection, de puissance…Ce peut être aussi utilisation politique : Dieu souverain, Seigneur, roi qui justifient un type de gouvernement ; Dieu au masculin qui exclue le féminin du divin…

A chacun de continuer : qu’est-ce que je mets derrière ce mot ?

Aller jusqu’au bout de cette critique est un chemin de purification car toutes nos images même les plus positives et les plus belles ne peuvent que réduire Dieu à notre mesure.

Dieu est im-pensable et ce qui peut être pensé par nous, n’est pas Dieu.

Dieu im-pensable est Dieu qui me permet de croire car indemne de nos projections.

Reste le nom comme Dieu in-connu. Et ce nom inscrit dans nos cœurs, nos pensées, Dieu comme une intuition qui cherche à se dire.

C’est ainsi qu’on peut comprendre tous les textes religieux du monde entier : une intuition de Dieu aux multiples visages issus du meilleur et du pire de notre humanité : de l’image d’un dieu qui demande des sacrifices humains au visage d’une mère qui prends soin de ses enfants (Is 49/14-15)

Tous les textes religieux y compris la Bible. La Bible n’est pas « parole de Dieu en direct », elle est la trace d’un long cheminement humain pour penser Dieu en le pensant de plus en plus avec le meilleur de nous-même, passant peu à peu d’un Dieu qui génocide l’humanité (le mythe du déluge en Gn 6 à 8) à un Dieu qu’on dit « ami de la vie » (Sg 11/26)

Mais Dieu ne fait-il rien dans ce long cheminement ?

Poser la question est encore de l’ordre de la représentation : nous « faisons » mais Dieu fait-il comme nous faisons ?

Non, Dieu ne "fait" pas.

Comme il n’"est" pas car c’est encore penser avec notre représentation de l’être.

C’est là où nous pouvons admirer la plus haute intuition de Dieu, celle qu’on trouve dans la tradition juive : « tu ne te feras aucune image… » Ex20/4 qu’elle soit sculptée ou mentale.

C’est ce que nous trouvons aussi chez des penseurs chrétiens qui ont développé une théologie « apophatique ».[1]

Mais alors que dire ?

 

C’est dans le fait même qu’il y a une recherche de Dieu que nous pouvons percevoir trace du divin en nous.

Dieu comme compagnon, compagne de route qui se révèle dans le meilleur de nous-même comme origine de tout ce qui est vie et amour.

Encore une image, mais peut-on s’en passer ?

Mais une image qui se concrétise dans un visage, celui de Jésus : l’humain dans sa plénitude qui dit Dieu de vie et d’amour, Dieu en relation, Dieu livré, vulnérable, remis dans nos mains.

Non pas un discours mais une vie à contempler pour éveiller, réveiller, susciter le meilleur de nous-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] « La fonction négative ou apophatique de la théologie consiste à mettre en évidence l’inadéquation foncière de nos représentations et de nos énoncés par rapport au mystère de Dieu » Charles Wackenheim cf : https://www.persee.fr/doc/rscir_0035-2217_1985_num_59_2_3033

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commentaires

V
Très beau texte.
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T
En JEAN 12 et 1 : "Qui me voit, voit le Père" - "celui qui m'a envoyé"<br /> Ces paroles du Christ sont ma balise.<br /> Ainsi que dans l'ancien testament : "mes pensées ne sont pas vos pensées, mes chemins ne sont pas vos chemins". Alors, pourquoi essayer de définir l'indéfinissable ? Nous saurons, à notre heure. En attendant vivons chaque jour en rendant grâce pour tout ce qu'IL nous donne.
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A
Merci de votre contribution dans laquelle je me reconnais tout à fait. Maintenant, il me semble que nous pouvons utiliser notre cerveau pensant pour tenter de nous représenter Dieu. Simplement, mettons à leur place nos représentations et laissons-nous toucher par la Grâce de parfois toucher un tout petit peu l'impensable... lors d'expériences mystiques ou plus simplement spirituelles.