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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 10:00
Se laisser aimer par Jésus.

Se situer là, c’est se situer au niveau de l’essentiel de la foi chrétienne. Il s’agit toujours de revenir à l’Evangile, c’est-à-dire de fixer notre regard sur cet homme qu’on appelle Jésus sur ce qu’il est, sur ses actes, sur ses décisions, sur son comportement, et fixer notre écoute sur ce qu’il dit. C’est cela être chrétien. Et cela peut suffire car nous sommes au cœur de la foi : Jésus visage de Dieu. Dieu qui nous propose son amitié. Dieu qui vient à notre rencontre.

La plus grande partie des textes évangéliques sont des récits de rencontre. Jésus a passé sa vie à rencontrer des gens. Il va à leur rencontre et des gens se déplacent pour le rencontrer. Que se passait-il lors de ces rencontres ?

D’abord un fait massif qui risque pourtant de ne pas être vu, c’est que Jésus ne pose aucune condition à la rencontre, aucun préalable, aucun « si ». L’accueil de Jésus est inconditionnel. Et pour nous aujourd’hui il en est de même. Je vais être directe : par exemple, Jésus se moque que nous soyons homo ou hétéro! S’en moquer, je veux dire par là que quelle que soit notre orientation sexuelle, nous somme aimés de la même manière. Et sur d’autres domaines de l’existence, cela n’intéressait pas Jésus que Zachée le publicain soit riche, il voulait seulement le rencontrer, et demeurer chez lui.

Par contre ce dont Jésus ne se moque pas c’est que des gens soient exclus. Dans la société qui était la sienne, nombreux étaient les exclus d’une manière ou d’une autre : les malades, certains métiers, les femmes, les pauvres, tous ceux et celles qui ne rentraient pas dans les cadres d’une religion qui séparait les gens entre purs et impurs. Alors Jésus s’est fait l’ami privilégié de celles et ceux qui étaient exclus car considérés comme impurs : la femme qui perdait son sang, le riche qui collaborait avec l’occupant, la prostituée…tous et toutes avaient pour Jésus une dignité indestructible. Ce qui intéressait Jésus, c’était leur personne et pas leur situation sociale, leur compte en banque, et donc sûrement pas leur orientation sexuelle !

C’est ce refus de l’exclusion dans le comportement de Jésus qui fonde notre refus aujourd’hui de l'intolérance, des discriminations de toutes sortes comme l'homophobie, le sexisme, le racisme…

Ce qui intéressait Jésus c’est que son amitié soit accueillie. C’est ce qui l’intéresse aussi aujourd’hui pour nous. Veux-tu accueillir mon amitié nous dit Jésus a chacun et chacune de nous ?

Le texte biblique qui le dit magnifiquement est dans Ap 3, 20

« Voici que je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi »

Ce verset nous dit Dieu comme un mendiant d’amitié, qui ne s’impose pas mais se propose, le « si » dont je parlais n’est pas de son côté mais du notre : il n’entrera que si on ouvre notre porte et sa volonté c’est seulement du bon temps avec nous, un repas entre amis.

Ah si nos Eglises pouvaient témoigner en parole et en acte de ce Dieu là et pas d’un Dieu repoussoir !

C’est cela que nous voyons dans l’Evangile, ce que Jésus a fait : les gens étaient regardés par le Christ et se laissaient regarder. Christ les regardait comme personne ne l’avait jamais fait avant lui et c’est cela qui changeait tout. Christ les écoutait, leur parlait comme personne ne l’avait jamais fait avant lui, et c’est cela qui change tout.

Les rencontres avec le Christ ont été transformantes pour eux, elles leur ont fait du bien : « et ils s’en trouvaient mieux ».

L’Evangile n’est pas un texte du passé qui dort dans une bibliothèque. En l’ouvrant, on devient contemporain de Jésus dans l’aujourd’hui de notre vie pour nous aussi le rencontrer, le regarder, le laisser nous regarder, être écouté par lui, et l’écouter pour s’en trouver mieux comme celles et ceux qui l’ont fait sur les routes de Galilée.

Qui que nous soyons, Il est là, il nous accueille, il espère notre amitié. Il nous aime et nous apprend à nous aimer nous-même tel que nous sommes. Laissons-le nous accueillir et pour cela soyons dans le même état d’esprit de celles et ceux qui l’ont accueilli. En nous identifiant à toutes celles et ceux qui ont fait le choix pour lui et non contre lui.

S’identifier à Zachée, à la samaritaine, à la femme hémorroïsse, à Lévi, à Siméon, à la prophétesse Anne, aux bergers et aux mages de Noël, au bon larron. Etc.

Leur point commun ? Avoir au cœur la conscience d’un manque que la relation avec Jésus va pouvoir toucher pour la transformer en espace pour la rencontre. Un manque à être, en attente d’une relation qui va leur révéler ce qu’ils sont vraiment : leur dignité, leur vie, pour être vivant et non vivoter, leur capacité de recevoir d’un autre et de donner. S’identifier à elles, à eux, parce que quelque chose d’eux, d’elles nous rejoint, rejoint quelque chose de notre histoire, pour nous donner d’exister vraiment, nous rendre davantage vivant.

Est-ce que nous le voulons vraiment ? Sinon ces récits ne seront pour nous que de belles histoires dont nous resterons étrangers. Et c’est bien ce qui s’est passé du temps même de Jésus. Certains ne se sont pas laissé toucher par la nouveauté de sa manière d’être, de faire, d’entrer en relation. Ceci par suffisance en croyant savoir, par fermeture à l’inattendu, par peur de perdre leur pouvoir…

Vouloir, désirer rencontrer Jésus en le contemplant, suppose d’être libéré d’une approche moralisante de l’Evangile. L’Evangile n’est pas un examen de conscience.

Une rencontre illustre bien cela, c’est celle de Jésus avec Zachée. (Luc 19/1-10). Avec ce récit, une question : Est-ce que Jésus lui fait un reproche ? Exige-t-il de lui un changement de comportement ? Non. Il le prie seulement de bien vouloir demeurer chez lui. Si à la fin de ce récit, il y a une décision, c’est celle de Zachée lui-même, sans la pression de quiconque et comme fruit d’une rencontre.

Ainsi l’Evangile est une invitation à une rencontre. La seule réponse attendue, c’est de nous ouvrir à celui qui vient vers nous, c’est de nous ouvrir à cette relation. 

Donc la chose la plus importante, puisqu’il nous aime, c’est de se laisser aimer par lui. S’exposer consciemment à cet amour.

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commentaires

S
Merci Michèle pour cette Bonne Nouvelle...
Mon tout petit écho: Lors de l 'un de mes séjours à Assise il y a plus de 30 ans je me suis trouvée à prier spontanément avec les mêmes mots que Saint François:' Seigneur,que veux tu que je fasse?'
La réponse qui m 'est venue intérieurement très clairement ,immédiatement :' Laisse moi t'aimer !'
En y réfléchissant, j 'ai compris ce n'est pas différent de la réponse qu 'eut Saint François, 'Reconstruit mon eglise 'car il n 'y a rien en dehors de cet Amour Divin vivifiant et inépuisable...Osons laisser Dieu-e nous aimer!
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D
Bravo pour ce cri d'amour, cette invitation à se laisser aimer par Dieu !
C'est cela la prière : se laisser aimer par Dieu, tout simplement, au cœur de notre vie.
Eh oui,si nos Églises pouvaient témoigner en parole et en acte de ce Dieu là ! l'Eglise aurait un autre visage au lieu de s'embourber trop souvent dans le souci du "fonctionnement"...
Je vais m'en inspirer pour le lancement de notre petit relais (2 clochers) au cœur d'une paroisse rurale de 13 clochers...
Merci !
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T
OUI, oui à tout ce que tu as écrit et que je viens de lire. Mais voilà, je rentre après un court trajet en bus. Sortie des écoles. Enfants, grands et petits, garçons et filles. Si JESUS revenait maintenant, sous les traits d'un jeune homme de notre époque, il ferait comment pour parler à ses contemporains ? Toutes, tous, ont le nez dans leur outil magique, celui qui les console, les accompagne, les questionne, leur répond. Le DIEU SMARTPHONE...
Il n'y a plus que les petites vieilles dames pour papoter sans écran interposé, dans le bus ou ailleurs, osant la rencontre.
Drôle d'époque : JESUS parlant dans une petite boîte noire, et non au milieu de la foule, au bord du lac...
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