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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 17:26
Homélie virtuelle du dimanche du Christ roi de l’univers dans Jean 18,33-37

33 Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » 34 Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » 35 Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »

36 Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » 37 Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? »

Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

 

Quelle idée d’avoir institué la fête du Christ roi ! Il faut en connaitre les circonstances pour le déplorer encore davantage ! Nous sommes en 1925, Pie XI l’institue pour lutter contre l’athéisme et la sécularisation, et pour que les nations obeissent à la loi du Christ. Donc une fête pour une reconquête d’un pouvoir de l’Eglise sur les décisions des Etats, comme au « bon vieux temps de la chrétienté ».  

Aujourd’hui encore des courants du catholicisme ont ce rêve.

Mais au-delà de ces extrémismes, il y a toujours un danger de parler du Christ comme d’un roi.

Jésus dans cet évangile refuse ce titre :

« C’est toi-même qui dis que je suis roi »

Jésus parle bien d’un royaume car à son époque seul existait ce type d’organisation politique. Aujourd’hui il pourrait aussi bien dire « ma république n’est pas de ce monde »

En effet ce qu’il instaure est totalement inédit : son royaume est celui des béatitudes, du service de l’accueil inconditionnel, du respect, de l’amour, de l’égalité, de la liberté, de la sororité et fraternité. C’est le royaume d’un crucifié qui prend dans ses bras tous les vaincus, tous les opprimés, tous les exclus…

Il faut questionner jusqu’au bout ce titre de roi attribué à Jésus.

Toutes sortes d’attitudes envers Dieu qui sont calquées sur les attitudes qu’on doit à un monarque sont à remettre en cause.

Si en parlant de Dieu on invite à s’incliner, à se prosterner, à le glorifier, à l’honorer, à l’implorer, on se comporte avec Dieu comme avec un monarque !

Il y a donc à remettre en cause des pans entiers de nos liturgies, d’ouvrages de vie spirituelle, de théologie.

Devant Dieu tel que venu en ce monde pour rendre témoignage à la vérité, il n’y a pas à se comporter en sujet d’un monarque mais en ami-e d’un Ami, en frère et sœur d’un Frère.

La révolution spirituelle de Jésus n’a pas encore porté ses fruits. Le christianisme n’existe pas encore comme le dit Domique Collin dans son livre qui a ce titre.

Mais chacun, chacune de nous peut le faire exister en revenant à l’Evangile.

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commentaires

A
Merci beaucoup pour ce texte dont j'apprécie toute la pertinence.<br /> J'ignorais l'origine de cette « fête du Christ Roi ». Je constate qu'une fois encore les volontés dominatrices et d'hégémonie mondiale d'un catholicisme qui se croit devoir être Triomphant Dominateur, constituent bien le but ultime et l'ambition suprême.<br /> L'église imposant ses diktats à la planète ! Quelle Bonne Nouvelle !<br /> Heureusement que le vrai ferment est dans la pâte avec des gens comme vous.<br /> La révolution spirituelle de Jésus ne peut pas porter du fruit tant que la minorité des Dirigeants autoproclamés imposeront le Jésus qu'ils ont inventé : un Triomphateur impitoyable, à l'image des dieux dits païens… Ah ! Ce goût effréné des Pouvoirs !<br /> (Pardon, mais je garde encore quelques aigreurs…)
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