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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 22:10

 

Dans l’Evangile selon  Luc au chapitre 14 verset 15 à 24

 

En entendant ces mots, un des convives dit à Jésus : « Heureux qui prendra part au repas dans le Royaume de Dieu ! » Il lui dit : « Un homme allait donner un grand dîner, et il invita beaucoup de monde. A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, maintenant c'est prêt.”

« Alors ils se mirent à s'excuser tous de la même façon. Le premier lui dit : “Je viens d'acheter un champ, et il faut que j'aille le voir ; je t'en prie, excuse-moi.” Un autre dit : “Je viens d'acheter cinq paires de bœufs et je pars pour les essayer ; je t'en prie, excuse-moi.” Un autre dit : “Je viens de me marier, et c'est pour cela que je ne puis venir.” A son retour, le serviteur rapporta ces réponses à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : “Va-t'en vite par les places et les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.” Puis le serviteur vint dire : “Maître, on a fait ce que tu as ordonné, et il y a encore de la place.” Le maître dit alors au serviteur : “Va-t'en par les routes et les jardins, et force les gens à entrer, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ceux qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner.”  »

 

 

Cette parabole demande une explication pour sortir des sentiers battus de l’interprétation courante.

On peut d’abord s’imprégner de ce qui tient au cœur de l’homme de la parabole : inviter le plus grand nombre à son repas, lieu de partage et de joie. Belle image de Dieu qui invite en abondance.

Il faut ensuite bien comprendre les trois excuses qui sont données pour ne pas y aller.

Que disent-ils pour s’excuser de ne pas venir et qui les empêchent de venir : l’achat d’un champ, l’achat de bœufs et le fait de s’être marié. Ces excuses sont-elles valables ? Ont-elles du poids ? Non. En aucun cas le fait d’avoir fait ces achats et le fait de s’être marié empêchent de venir à un repas.

On a souvent interprété cette parabole en disant que la possession des richesses et le mariage peuvent rendre difficile  la réponse à l’appel de Dieu.

Je risque une autre interprétation.

Cet homme, en les invitant à son festin savait bien qu’ils étaient propriétaires, qu’il venait de se marier. Cela ne l’a pas empêché de les inviter. Donc, de son point de vue, la possession et le mariage ne sont pas un empêchement à venir au festin.

L’empêchement, il est dans leur tête. Ils croient que posséder et se marier, cela n’est pas compatible avec leur venue au festin.

N’est-ce pas ce qui a été dit pendant des siècles (posséder et se marier seraient des difficultés à une radicale suite du Christ) et qui traîne encore dans nos têtes ?

Alors comment comprendre la suite de la parabole ?

Le maitre du repas est courroucé  et veut montrer qu’aucune situation humaine n’est obstacle à son repas, tous les humains sont appelés. Il va chercher tous ceux qui se sentent indignes, pauvres, estropiés, aveugles, boiteux. Pour bien montrer que personne ne peut se sentir exclu de son appel. Y compris avec une certaine persuasion (de force dit le texte) tellement une intériorisation de se sentir exclu peut être forte.

Avec cette interprétation, comment comprendre la dernière phrase : « Aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner » ?

Comment l’entendons-nous ? Comme une condamnation ?

Ou simplement comme un constat qui peut rendre triste cet homme généreux ? C’est intéressant de prendre conscience de la manière dont nous l’entendons.

Il me semble qu’on peut l’entendre comme un constat mais aussi comme un appel : cessez de considérez la juste possession des choses et le mariage comme  des empêchements à la suite du Christ.

En quoi cette originale interprétation de la parabole, ouvre-t-elle un nouveau chemin pour moi ?

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Homélies de Soeur Michèle
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commentaires

Alice Damay-Gouin 16/05/2013 10:44

Merci !!! Je voulais donner ma vie à Dieu donc j'avais compris qu'il n'y avait qu'une seule voie possible pour moi: être religieuse. Sauf que ... la maîtresse des novices m'a fait comprendre qu'il
me fallait "lâcher" ce projet "car je tombe trop souvent amoureuse". ..Donc, ce n'est qu'à l'âge de la retraite que j'ai découvert que, mariée, je donnais aussi chaque jour ma vie à Dieu et je
remercie aussi d'avoir appris à ne pas fermer mon cœur !
Cette semaine, j'ai redécouvert le testament spirituel de maman, écrit à ses 80 ans, en 1991. Maman voulait être religieuse... Elle s'est mariée et vécut 14 grossesses... Veuve, elle a rencontré
une religieuse dans l'intention de rentrer au couvent. Cette religieuse a fait comprendre à maman qu'elle vivait sa vie religieuse consacrée à Dieu, là où elle vivait... Elle est donc rentrée,
heureuse, à la maison où elle s'est trouvée une vocation d'hôtesse préposée au café. Elle recevait des visites et faisait plusieurs fois du café par jour.
J'ai aimé cette expression : vie religieuse consacrée à Dieu, dans ma vie de chaque jour.
Alice