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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 10:24

Cher François, mon frère,

 

Un grand MERCI pour votre besoin de dialogue !

Oui, mais avec qui ? Oui, mais comment ?

Vous dites : « Quand le dialogue entre les personnes, les évêques et le pape va dans cette direction (précitée) et est loyal, alors il est assisté par l'Esprit Saint. »

Mais, François, comment créer maintenant les conditions pour un véritable dialogue ? Comment briser les chaînes de cette servitude que nous subissons depuis des siècles et des siècles ?... Nous le troupeau, n'avons-nous pas d'autre devoir que celui de se laisser conduire et, troupeau docile, de suivre ses pasteurs ?  Comme le dit le pape Pie X, en 1906, dans Vehementer Nox ! Vous dites que « les ministres de l’Évangile doivent être capables de réchauffer le cœur des personnes, de les accompagner, de dialoguer et de cheminer avec elles, de descendre dans leur nuit, leur obscurité, sans se perdre. » …

Comment peut-on libérer notre parole, dans un tel état d'infériorité, toujours égaré-e, toujours dans la nuit, depuis des siècles et des siècles ?

Aucun argument théologique ne peut justifier une telle hiérarchie !

Jésus est, à la fois, Berger et Agneau. Comme j'ai aimé cette homélie, en 2010, disant : « nous sommes, tous et toutes, à la fois, pasteurs et agneaux » !!!

Ma parole sera-t-elle entendue ? Que puis-je vous apprendre ?

François, vous avez fait un 1er diagnostic : «  L’Église a besoin d'avoir la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles... Efforçons-nous d'être une Église qui ouvre des nouvelles routes, qui est capable de sortir d'elle-même et d'aller vers la personne qui ne la fréquente pas, qui s'en est allée ou qui est indifférente. Parfois cette personne qui s'en est allée, l'a fait pour des raisons qui bien comprises et évaluées, peuvent la conduire à revenir, mais il faut de l'audace, du courage. »

Il faut de l'audace, du courage. Pour qui ? Pour l’Église ou pour la personne qui accepterait de revenir ? Trouveriez-vous des routes nouvelles, comme ça, au sein de l’Église, ou accepteriez-vous de découvrir le chemin parcouru par une personne acceptant de rentrer « au bercail » ?

Une personne qui s'en est allée, a-t-elle, automatiquement perdu la Foi ? Rejetée depuis plus de 30 ans, par ma paroisse, sans le « secours » d'aucun sacrement, comment revenir dans cette structure ancienne où j'entends toujours : « la Foi est nourrit par les sacrements » ?  Vous-même, François, vous nous parlez de l'importance de la prière, de vouloir vaincre le mal, de commencer par l'annonce du salut … Alors, cette longue marche dans le désert, sur le chemin d' Emmaüs, cet envoi en Galilée, cette Foi qui s'est incarnée dans ma propre vie où, je marche avec d'autres, mes frères et sœurs en humanité, pour un monde plus humain, sur la route de Justice, de Dignité, de Vérité, de Libération, de Paix,... Cette longue marche, tout mon parcours, l’Église le jettera-t-elle aux orties ? Pensez-vous que nous aussi, nous pourrions vous faire avancer sur cette route humaine ?

Église, Peuple de Dieu ?

Vous dites : « L’ Église doit être entendue comme le Peuple de Dieu... L’ Église est la totalité du Peuple de Dieu »  Suis-je devenue hérétique en considérant quele Peuple de Dieu est toute l'Humanité ? Nous sommes tous et toutes, enfants de Dieu-Amour

Je ne peux accepter ce partage: d'un côté le peuple élu et de l'autre, le monde mauvais. Aucun argument théologique ne peut justifier une discrimination, un rejet, une partition entre les personnes, une hiérarchie.

J'ai toujours senti qu'un lien, bien fragile, me rattachait encore à cette Église. J'ai longtemps cherché quel était ce lien dont j'ai éprouvé l'ancrage, sa solidité (et son élasticité car il s'allonge toujours, de plus en plus !) J'ai enfin découvert que ce lien était le Christ mais Il me rattache à l'humanité toute entière.

Oui, je crois.

Merci, Seigneur, de me savoir aimée et d'aimer les autres !

Merci, Seigneur, de découvrir Ta présence et Ton Amour dans toute Ta création, en moi et en toute personne. Merci, Seigneur, de m'aider à placer l'autre au cœur de ma prière comme au cœur de ma vie ! Ensemble, avec d'autres sur la route humaine, en ton amour...

Merci, Seigneur Jésus !

Sur cette terre, Tu T'es émerveillé de la foi de chacune de ces personnes qui cherchaient à Te voir, à T'entendre, à T’écouter. Tu T'es émerveillé, avant toute chose, avant de leur annoncer, pour elles, la « Bonne Nouvelle ! » Et Te Rencontrer, cela les a transformées !

Au fil du temps, j'ai traduit « vous êtes le sel de la terre » par « soyez rebelle » et j'ai découvert que, alors que, si je ne lis plus l'évangile dans le texte, je lis l’Évangile dans ma vie de tous les jours, dans mes rencontres.

Dieu nous parle en toute circonstance, en toute situation, à tout moment. A nous de découvrir sa Présence dans la « brise légère», dans le silence et la solitude comme dans la tempête, dans le vacarme et au milieu de la foule. A nous de savoir Le voir, de savoir L'entendre, de savoir L'écouter. A nous de savoir Le RECONNAÎTRE »...

Ma Foi s'est incarnée dans ma vie. J'ai découvert la Joie de la Rencontre, la soif des autres. Le Christ s'est incarné dans ma vie. Il m'habite et me pousse à agir...

Jésus,

Tu m'apprends à être, à la fois, le malheureux roué de coups, dépouillé et laissé pour mort sur le bord du chemin et ...à être Bon Samaritain, avec miséricorde car étant moi-même rouée de coups et que l'on a relevée, pansé et à qui on a fait confiance !

Tu m'apprends à être, à la fois, Berger et Agneau !

Tu m'apprends à être, à la fois, bon grain et ivraie ! A moi de ne pas essayer d'arracher l'ivraie mais d’essayer à faire fructifier le bon grain.

Tu m'apprends à semer partout, à profusion, des petites graines de Ton Amour et à croire que Tu les feras grandir...

Tu m'as appelée pour travailler à Ta Vigne et je réponds, avec joie, à Ton appel et je vis engagée au cœur de ce monde, comme ministre de ton Évangile, même si l’Église ne m'ordonne pas, par discrimination due à mon sexe.

Aucun argument théologique ne peut justifier une discrimination !

Comment puis-je revenir au bercail ? Avec confiance, dans la Joie, l'Espérance et la Paix du Christ, fruits de l'Amour.

 

« La prochaine fois, nous parlerons du rôle de la femme en Église » auriez-vous dit au journaliste Scalfari. J'aurais tant de choses à vous dire ! Permettez que je fasse simplement, un constat et 2 suggestions !

Constat : 

Une photo, prise au Vatican : une douzaine de cardinaux ou évêques applaudissent l'exploit d'un athlète sportif. « Que d'hommes ! »

François, vous vivez dans un monde d'hommes. Vous avez choisi de vous entourer de 8 hommes qui, eux aussi, vivent dans un monde d'hommes. Lors de votre rencontre avec le journaliste, vous avez parlé entre hommes, ne citant ou ne faisant référence qu'à des hommes, qu'il s'agisse de la spiritualité de saints ou de producteurs de film! Et … « la prochaine fois, nous parlerons du rôle de la femme » comme, peut-être, on peut dire : « Nous parlerons des pauvres, des étrangers, des Roms... » C’est-à-dire « avec un regard extérieur »

Et puis, vous parlez beaucoup. C'est normal mais je perçois une certaine façon de penser ! Vous dites : «  un père de famille se soucie de nourrir sa famille » Excusez-moi, François mais, aussitôt, je pense au 2ème parent ! Les 2 parents se soucient de nourrir leur famille. Je pense aussi au psaume 127. Je le résume par : « Heureux l'homme qui craint la Seigneur ! Son travail nourrit tout la famille. Sa femme l'attend à la maison et elle lui donne des fils. » Que je trouve cela dans l'Ancien Testament, soit. Il date d'une époque. Mais qu'on l'utilise lors d'une eucharistie (le 04/10/2009), je suis choquée. Le travail d'un parent suffit-il, aujourd'hui, à nourrir toute la famille ? Les personnes cherchant un emploi ne craindraient-elles pas le Seigneur ?

1ère suggestion : penser et parler au masculin et au féminin.

Dire : Frères et sœurs, Fraternité et Sororité, tous et toutes, un chrétien et une chrétienne (même si je n'aime pas ce dernier vocable car j'ai l'impression qu'alors, nous devons, tous et toutes vivre dans un moule unique, que nous ne connaissons qu'un seul chemin, comme lorsque vous avez dit : « un chrétien se doit de faire de la politique ».

2ème suggestion :remplacer dans tous les textes et les Écritures, le mot « homme » par le mot « personne ».

1er exemple : Jean 1-9 «  Le Verbe était la Lumière véritable qui éclaire toute personne en venant dans le monde. »Changer ainsi un seul mot et la Lumière jaillit aussi sur moi, sur toute personne, homme, femme et enfant.

2ème exemple : dans le discours de clôture de l'année sacerdotale.

« Un prêtre est un homme qui, aussi misérable soit-il, laisse passer en ses mains, la grâce de Dieu lorsqu'il célèbre l'eucharistie. » Je n’insisterais pas sur la vision réductrice du rôle de prêtre ! Il n'est pas qu'un distributeur de sacrements ! Mais comment penser que la grâce peut Dieu peut passer par les mains de tout homme misérable mais elle ne pourrait pas passer entre les mains de toute femme, aussi sainte soit-elle.

Alors, je dis : « Une personne prêtre, aussi misérable soit-elle, laisse passer en ses mains la grâce de Dieu ». (Lorsqu’elle célèbre l'eucharistie comme en tout autre moment, en tout autre circonstance.... » Et incroyable, nous devenons tous et toutes, prêtres !

François, avec certains écrits de l'Ancien Testament, avec certains textes attribués à saint Paul, nous avons déjà assez donné ! Non, à une théologie de la femme !

Oui à une Théologie de l'AMOUR.

 

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Invité-es
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commentaires

Agnès Robert 26/12/2013 13:32

Merci d'avoir écrit ce texte... Je retiens spécialement votre proposition de remplacer "homme" par "personne" quand il s'agit de l'humanité toute entière, dans les Ecritures.
Oui, nos textes ont été écrits selon une époque et une/des culture/s, et il nous faut élargir sans trahir. Merci de ces propositions, prions pour que François entende et agisse.