Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 23:25

 

 

Ce WE, j’étais à la rencontre nationale de Equipes END Siloë. Le thème était la diaconie. Il m’ont demandé de faire un enseignement sur ce thème. Le voici. J’en profite pour vous recommander un livre superbe : Un lien si fort. Quand l’amour de Dieu se fait diaconie de Etienne Grieu, sj aux Editions de l’Atelier, 2012

 

Ce WE a pour thème la diaconie.

Ce n’est pas un mot courant ! C’est un mot du vocabulaire chrétien et pas d’ ailleurs. Et même peu employé. Le connaissiez-vous avant de vous inscrire à ce WE ?

 

Introduction

 

1-La chose la plus simple à dire, c’est que c’est un mot grec qui veut dire serviteur. La diaconie, c’est la dimension de service que l’on peut mettre dans sa vie. Vivre sa vie comme un service. C’est d’abord une attitude spirituelle qui peut changer beaucoup de choses dans une vie si l’on adopte cette posture. Pas forcément faire plus de choses mais les vivre autrement. Donc c’est un lieu de conversion. C’est ce qui est déjà bien indiqué dans le titre de ce WE : « Laissez Dieu convertir tous nos rapports humains ». La diaconie, vivre sa vie comme un service est un lieu de conversion. Un même métier exercé dans un esprit de service, ou dans un autre esprit (domination sur les autres, accumulation de richesses …) produira des fruits différents.

Mais entendez bien qu’il s’agit de « laisser Dieu » Cela indique que pour cela, il y faut aussi l’aide de Dieu. C’est de l’ordre d’un combat spirituel : vivre sa vie comme une diaconie requiert notre désir, un travail sur soi, une vigilance, mais aussi l’aide de Dieu. Nous verrons que pour cela, l’un des chemins à prendre pour laisser Dieu convertir tous nos rapports humains, c’est de regarder comment Jésus a vécu sa vie humaine comme un service.

 

La 2ème chose à dire en préambule, c’est que la diaconie est une des quatre réalités par lesquelles on définit l’Eglise. Mais aussi que la diaconie traverse toutes les autres.

Pour parler d’elle on parle de :

*Koinonia : pour dire que l’Eglise est communauté.

Dans communauté, il y a commun. Mettre en commun. La question à se poser est donc : les communautés d’Eglise auxquelles j’appartiens ( équipe ENDS, paroisse) sont-elles des communautés où se vit un service mutuel. Sont-elles des lieux de partage, de soutien. Ses membres se considèrent-ils frères et sœurs ? Est-ce une communauté ouverte ?

Le 2ème élément qui définit l’Eglise est la :

*Leitourgia :

Au sens large, cela veut dire : se tourner vers Dieu, Le célébrer, se nourrir de la parole, contempler le Christ pour avoir les mêmes sentiments que Lui Ph 2/5, faire une liturgie contemplative du Christ pour Lui devenir semblable : devenir ce que nous sommes par notre baptême : d’autres Christ.

Nous avons là un des deux chemins que j’ai déjà évoqués pour laisser Dieu convertir nos rapports humains : regarder le Christ Serviteur. C’est ainsi qu’Il S’est défini : Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir »

Le 3ème élément

le kerygma ou martyria= le témoignage.

Ce 3ème élément est comme la conséquence. Si la communauté est lieu de service, de partage, de vraie fraternité, si elle se nourrit et se laisse modeler par le Christ, elle sera crédible aux yeux des autres.

Le témoignage est aussi une diaconie, un service, le plus beau qui soit car il s’agit de témoigner de la vie du Christ, du chemin de vie qu’Il nous propose. Il doit être service humble et non s’imposer par la force, la contrainte.

 

 

A deux reprises, j’ai dit qu’un des chemins pour laisser Dieu convertir tous nos rapports humains était de regarder le Christ. C’est ce que nous allons faire.

 

La diaconie du Christ

Plongeons dans l’Evangile :

*Il se définit comme celui qui sert.

Deux citations  des paroles de Jésus.

Mt 20/25-28

"Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir.

Il n'en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur,

et celui qui voudra être le premier d'entre vous, sera votre esclave.

C'est ainsi que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner Sa vie en rançon pour une multitude."

 

Lc22/24-27

Il s'éleva aussi entre eux une contestation : lequel d'entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ?

Il leur dit : "Les rois des nations dominent sur eux, et ceux qui exercent le pouvoir sur eux se font appeler Bienfaiteurs.

Mais pour vous, il n'en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune et celui qui gouverne comme celui qui sert.

Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à table ? Et moi,Je suis au milieu de vous comme celui qui sert !

 

*Il donne l’exemple du service.

C’est le texte bien connu du lavement des pieds en Jn 13 que l’on lit le Jeudi Saint. Ce texte est d’abord une révélation du visage de Dieu. Dans sa parole faite chair, le Christ, Dieu se met à genoux devant nous. Il se fait notre serviteur. Il nous lave les pieds. Le refus de Pierre est intéressant. C’est le refus de voir Dieu comme cela. C’est le refus de se laisser aimer comme cela par Jésus. Pierre rêve d’un Dieu puissant qui lui permettrait de l’être. Jésus lui montre un Dieu humble, serviteur, qui prend soin des humains. S’il se laisse aimer de cette manière, cela va l’inviter à aimer de la même manière. Il ne sait pas que s’il se laisse aimer ainsi, c’est l’amour même du Christ qui va le transformer pour aimer comme Lui. Et il pourra agir comme Jésus a fait pour lui : « Je vous ai donné l’exemple pour que vous agissiez comme J’ai agi envers vous ». pas par un effort volontariste du « il faut » mais laisser Dieu nous aimer pour faire passer en nous l’amour même dont Il nous aime.

 

*Il enseigne la diaconie

-C’est l’Evangile du Bon Samaritain. Un des textes proposés pour ce WE. C’est un texte magnifique.

On peut le lire à plusieurs niveaux.

Le 1er niveau :

Qui est ce Bon Samaritain qui s’occupe du blessé ?

C’est le Christ.

Qui est le blessé du chemin ?

C’est chacun de nous.

Ce texte nous dit d’abord que c’est Dieu qui s’approche de nous, qui se fait notre prochain, qui prend soin de nous.

Mais encore faut-il que nous acceptions la diaconie du Christ à notre égard. Reconnaître ce qui est blessé en nous, ce qui fragile, vulnérable.

Le 2ème niveau :

Si nous avons accepté la diaconie du Christ à notre égard, nous pouvons voir que le samaritain cela peut être nous et que le blessé, c’est le Christ.

Ici, cela permet de voir que Jésus a été incompris, Il a été exclu, Il a été jugé de manière injuste, Il a connu la souffrance et la mort dans le mépris. Donc là, le Christ s’est fait proche de tous ceux et celles qui d’une manière ou d’une autre sont des blessés de la vie. Il sait ce que c’est.

Il nous invite à vivre sa diaconie auprès de ceux-là.

         -C’est aussi son enseignement dans une autre parabole, celle du jugement en Mt 25. C’est une parabole difficile ; je voudrais en retenir seulement ceci pour notre sujet. C’est un roi qui donne sa bénédiction à des gens parce que dit-il, ils l’ont vu avoir faim et ils lui ont donné à manger, il l’ont vu avoir soif et ils lui ont donné à boire, ils l’ont vu étranger et ils l’ont accueilli, ils l’on vu nu et ils l’ont vêtu, ils l’ont vu malade et prisonnier et ils sont venus le voir. Etonnement des gens. Oui, ils l’ont fait pour des gens mais pas pour le roi !

Et celui-ci de répondre : « pour autant que vous l’avez fait à un seul du moindre de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Mt 25/40

 

Nous avons là un texte important. Il nous indique une présence réelle du Christ dans la rencontre avec celui qui est blessé d’une manière ou d’une autre.

 

*Il révèle le sens de sa venue

En Lc 4/18 :

Nous sommes dans la synagogue de Nazareth, Jésus ouvre le livre du prophète Isaïe et lit :

« L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs qu’ils sont libres, et aux aveugles le retour à la vue, rendre la liberté aux opprimés »

Et Il continue en disant : « Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Ecriture »

Cette déclaration est comme le programme de ce qu’Il appelle le Royaume.

Il y a d’abord à prendre ce texte pour nous. Est-ce que j’accepte la Bonne Nouvelle de Jésus au cœur de nos pauvretés de toutes sortes, est-ce que j’accueille la liberté qu’Il vient m’offrir, est-ce que je souhaite qu’Il guérisse mes aveuglements et me libère de ce qui me rend prisonnier ?

Ensuite entendre le cœur de ce discours : Il vient apporter une bonne nouvelle. C’est pour nous un critère essentiel. Cela va permettre de faire du tri dans ce que je dis, dans ce que je fais. Ce que je dis sur le monde, sur les autres, sur moi, sur Dieu est-ce une bonne nouvelle ?

Ce que je fais pour ce monde, pour les autres, pour moi, pour Dieu, est-ce une bonne nouvelle ?

Enfin entendre ce discours à deux niveaux : les pauvretés, les captivités, les cécités, les oppressions qu’elles soient  spirituelles ou physiques font partie du programme de libération de Jésus.

 

Pour terminer, je vais reprendre les définitions qui sont dans votre livret et que vous avez trouvé sur le site de Diaconia 2013. Elles feront une bonne conclusion et honoreront le super travail de l’Equipe nationale :

 

Vivre la diaconie, c’est être solidaire des blessés de la vie.

 

Vivre la diaconie, c’est accueillir le don de Dieu et se rendre disponible au service de sa Parole.

 

Vivre la diaconie, c’est vivre la visitation dans les rencontres humaines de la vie quotidienne en partageant épreuves et joies.

Vivre la diaconie, c’est rendre grâce à Dieu, prier et vivre le Magnificat. 

 

Vivre la diaconie, c’est vivre la charité : se laisser toucher, prendre soin, accompagner celui qui est dans la détresse, lui redonner dignité.

 

Vivre la diaconie c’est donner ou redonner vie et espérance aux blessés de la vie.

 

Vivre la diaconie, c’est dépasser les ségrégations, les frontières sociales, raciales, sexuelles, religieuses, politiques, aimer toute personne, tout peuple pour rechercher le bien intégral de l’homme.

 

Vivre la diaconie, c’est oser appeler au-delà du cercle des habitués et des initiés.

 

Vivre la diaconie, c’est faire en sorte que dans toutes les communautés, les pauvres se sentent appelés, accueillis, chez eux, que la pauvreté soit physique, matérielle, morale ou spirituelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Journal
commenter cet article

commentaires