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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 23:13

 

Dimanche dernier, j’ai participé à une messe qui prend son temps. C’est une manière originale de vivre la liturgie de la Parole au cours d’une Eucharistie. L’Evangile est lu deux fois. Après la première fois,  quelqu’un en fait un commentaire. Ensuite il y a 15 minutes de silence avec des pistes qui aident à la méditation. Puis, 5 minutes de partage en petit groupe. Enfin l’Evangile est lu une deuxième fois.

Il y a plusieurs avantages à cette manière de vivre la liturgie de la Parole :

 

*On a le temps de prier ces textes. Ces 15 mn permettent à chacun-e d’intérioriser la Parole.

*Les 5 mn permettent une vie fraternelle où l’on partage quelque chose d’important qui est le fruit de sa méditation.

*le commentaire peut être fait par un-e baptisé-e ce qui permet à des femmes et des hommes d’enrichir, d’élargir la compréhension de la Parole de Dieu.

*cela enlève donc à la célébration eucharistique son caractère trop clérical. C’est la prière de toutes et tous et moins un « one man show » du prêtre.

 

Cette manière de célébrer a été initiée par le cardinal Martini quand il était évêque de Milan. Elle est célébrée dans plusieurs villes de France, par exemple à Paris, tous les dimanches soir à l’église St Ignace.

Dans les Yvelines, cela se passe trois fois dans l’année à l’Ecole Ste Geneviève, à l’initiative d’ordres religieux et de mouvements qui vivent de la spiritualité d’Ignace de Loyola (Jésuites, Sœurs du Cénacle, MEJ, CVX, Cor Unum, Chemin neuf, MCC)

 

Ce dimanche, c’était aux sœurs du Cénacle de l’animer ;

Je vous mets ci-dessous le commentaire que j’ai fait et les pistes que j’ai données pour la méditation.

 

Personnellement, j’aime beaucoup cette manière de célébrer. Cela permet d’entrer plus profondément dans le Mystère qu’on célèbre. Les 15 mn de silence sont comme une respiration où l’on s’emplit de la Parole, où on peut la goûter, s’en nourrir.

Il s’agit bien alors des 2 tables : celle de la Parole et celle du Pain

 

Livre de Baruch - Chapitre 5

01 Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,

02 enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel.

03 Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,

04 car Dieu pour toujours te donnera ces noms :« Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».

05 Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l'Orient : vois tes enfants rassemblés du levant au couchant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.

06 Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal.

07 Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu'Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.

08 Sur l'ordre de Dieu, les forêts et leurs arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ;

09 car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, lui donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice.

 

Psaumes - Psaume 125

01 Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,* nous étions comme en rêve !

02 Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie ; + alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » *

03 Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

04 Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert.

05 Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie : +

06 il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ; * il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc - Chapitre 3

01 L'an quinze du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d'Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d'Abilène,

02 les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.

03 Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés,

04 comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe :A travers le désert, une voix crie :Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.

05 Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ;

06 et tout homme verra le salut de Dieu.

 

Commentaire

Dans le temps de l’Avent, toutes les lectures sont en cohérence les unes avec les autres. Ici, l’Evangile se sert de citations tirées des livres l’Isaïe et de Baruch.

Au début de Christianisme, certains chrétiens refusaient l’Ancien Testament ! Heureusement ils n’ont pas réussi car nous aurions perdu comme un code d’interprétation du Nouveau.

Le livre de Baruch a été écrit un siècle avant le Christ. On sent bien dans le texte de ce jour qu’il est un appel à l’espérance dans une situation désespérante. Il offre une vision d’avenir faite de joie, de dignité retrouvée, d’un peuple exilé qui retrouve sa terre. Il utilise des images de collines abaissées, de ravins comblés, comme autant de difficultés dépassées.

En quoi cela peut-il nous concerner ? En quoi cela rejoint-il les situations qui sont les nôtres ?

Et si, pour l’Evangéliste, le Christ est celui qui réalise cela,  comment nous redonne-t-Il espérance au cœur des difficultés. Comment nous offre-t-Il une vision de joie. Comment nous fait-Il sortir de nos exils ? Comment nous fait-Il quitter nos robes de tristesse ?

 

Questions importantes à nous poser en ce temps de l’Avent. Je risque quelques réponses :

Avec le Christ nous faisons l’expérience d’être aimé-e inconditionnellement ;

Avec le Christ, notre vie a du sens ;

Avec le Christ, des chemins de vie nous sont offerts ;

Il nous ouvre un avenir dès maintenant et pour toujours.

Il est avec nous, comme un ami.

Cela ne règle pas les problèmes comme par magie mais cela nous donne de l’énergie pour les prendre à bras le corps. Nous ne sommes pas seuls-es.

Avec le Christ, avec d’autres, nous pouvons bâtir une cité de justice et de paix.

Alors des ravins peuvent être comblés, des montagnes abaissées ; les passages tortueux devenir droits, les routes déformées être aplanies.

Alors tout homme, toute femme peut voir le salut de notre Dieu.

 

Pistes pour la méditation

1ère piste

« Quitte ta robe de tristesse ».

Comment j’entends cet appel du prophète Baruch ?

Ai-je à quitter une tristesse ?

 

2ème piste

« Enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel. »

S’il nous est proposé ce manteau de la justice de Dieu et ce diadème de gloire, c’est que nous avons du prix aux yeux de Dieu. Goûter cela comme un cadeau que Dieu nous fait. Accepter ce manteau, ce diadème.

 

3ème piste

« Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées »

Prendre conscience que c’est une décision de Dieu.

Me demander quelles sont dans nos vies ces montagnes abaissées et ces vallées comblées. Comment ma foi au Christ permet-elle cela ?

 

 

 

 

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Journal
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commentaires

Michel 15/12/2012 11:24

Voilà une très belle initiative qui remet la parle au centre et surtout un échange ouvert à tous! Cela est une grande porte ouverte pour une intégration de l'Eglise dans la société actuelle. On
sort du passif à l'actif, mais c'est un pas très difficile à faire pour nous tous, qui demande de l'initiative, des heurts, sortir de l'ornière...quelle volonté il faut avoir !!!

Lucien 15/12/2012 07:27

Merci Michèle de ton témoignage et de toutes tes prières.