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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 17:34

On peut soi-même se sentir gêné par certains textes de la Bible comme le sacrifice d’Isaac. Je l’ai été pendant longtemps. On trouve ce texte au début de la Bible dans le livre de la Genèse au chapitre 22. L’auteur y décrit une demande que Dieu fait un homme du nom d’Abraham : « Prends ton fils Isaac, ton seul fils, celui que tu aimes tant. Va dans le pays de Moria. Et là offre-le en sacrifice sur une montagne que je te montrerai »  (verset 2)

 

Une première interprétation m’a aidé. C’est celle de dire que ce texte sert à interdire définitivement tout sacrifice humain puisque en définitive Dieu demande de le remplacer par celui d’un animal.

 

Il n’empêche que ce texte peut faire buter plein de gens qui le lirait naïvement, de manière littérale. Il peut conforter dans une  fausse image de Dieu.

 

En effet, comment Dieu pourrait-il demander la mort d’un enfant et qui plus est fruit de sa promesse !

Et même si on lit cela comme une épreuve, comment Dieu pourrait-il tester la foi d’un père ou d’une mère au prix d’une telle angoisse ?

 

Il nous faut donc partir  à la recherche d’interprétations justes qui rendent honneur à Dieu au lieu de le défigurer.

 

Je vous en livre une qui a l’avantage de nous concerner tous et toutes.

On peut se tromper sur ce que Dieu demande : Abraham a cru entendre la demande de sacrifice comme une demande de mort.

Et il a mal entendu.

Il y a bien un sacrifice à faire mais pas celui qu’Abraham a cru entendre

 

Et si le sacrifice demandé était de laisser son fils être lui-même, le laisser vivre sa vie, le laisser aller.

En fait, faire pour ce fils ce que Dieu lui-même a fait pour Abraham quand il lui a dit : « Va vers toi-même » (traduction d’André Chouraqui).

 

L’intérêt de cette interprétation c’est qu’elle nous concerne davantage qu’un sacrifice humain !

Elle concerne le lien parent-enfant mais aussi toute relation dans la mesure où le risque est grand d’empêcher l’autre d’être lui-même et d’inventer sa vie.

 

Elle nous concerne aussi personnellement dans nos erreurs concernant la volonté de Dieu

Dieu ne peut que vouloir la vie pour nous.

Si, éventuellement, il y a des choses à lâcher, c’est pour que nous vivions plus, mieux, jamais pour nous amoindrir, jamais pour nous rabaisser, jamais pour nous éteindre.

 

Comment faire du tri dans nos manières d’entendre ?

2 critères :

Est-ce que cela fait honneur à Dieu de comprendre cela ainsi ?

Est-ce conforme au véritable amour révélé en Jésus ?

 

Ces 2 questions sont de bons critères pour discerner ce qui est inspiration de Dieu pour l’accueillir et la distinguer de ce qui est souvent la conséquence de nos blessures.

Ces blessures qui nous font fabriquer de fausses images de Dieu.

 

La vraie image, en tout cas, nous la trouvons à chaque Eucharistie : un Dieu dans la petitesse et l’humilité du pain et du vin, un Dieu qui se remet en nos mains, qui se donne en nourriture pour nous faire vivre, nous faire vivre à plein, pour que nous soyons des vivants.

 

 

  

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans De quoi parlons-nous quand on dit...
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commentaires

Rott 19/07/2013 15:47

Bonjour,

Je viens de lire ce post sur le sacrifice d'Isaac.
Les nations d'alentours avaient l'habitude d'offrir à leurs Dieux idoles, le sacrifice des prémices de tout, y compris des premiers-nés humains. -Abraham a t-il vraiment entendu "Dieu" lui demander
son premier-né ? Le récit, écrit bien après, le laisse entendre. -Ou Abraham n'a t-il fait que se conformer à la coutume, pensant que c'était la volonté de YHWH ?

Toujours est-il que, l'histoire nous raconte qu'Abraham, redescendra de la montagne avec Isaac : « Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l'âne. Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas
pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. » Verset 5.

Alors, foi aveugle ? Ou plutôt foi en la promesse d'un avenir, au-delà de ses moyens, qu'un Dieu seul peut réaliser ? Anne-Marie rappelle avec raison, la nuit des mystiques, la nuit du désespoir,
la nuit de Jésus avec son cri "Pourquoi...." qui retentit encore de nos jours.

« Va vers toi-même » (Chouraqui). Aller vers soi-même, au delà des chemins balisés par la "Raison" rassurante et « inventer sa vie ».
"Aller vers soi-même" n'est-ce pas également d'aller vers l'inconnu, le Tout-Autre qui est en soi et en chacun de nous, et que l'Eucharistie vient raviver ?

Le Dieu qu'Abraham a rencontré sur sa route, n'était pas une idole se parfumant à la graisse des holocaustes.

Sr Michèle
J’apprécie ton sujet de Vacances : Dieu est une bonne nouvelle.

Rott

aubonheurdedieu-soeurmichele 25/07/2013 21:13



merci pour votre commentaire.


Je penche plutôt sur l'interprétation suivante qui a l'avantage de nous concerner: Comme Abraham, nous écoutons mal, nous déformons. Dieu ne peut vouloir que la vie. Et s'il ya un "sacrifice" à
faire pour un parent, c'est de laisser son enfant "faire " sa vie sans vouloir lui imposer ses désirs. Dire à Isaac: va vers toi même comme Dieu l'a dit à Abraham ( traduction de Chouraqui)


Michèle



Michel jean-pierre 25/07/2011 19:14


Pour moi ça n'est pas vraiment un autre critère, car quand tu me dis honneur j'entends Gloire de Dieu et la gloire de Dieu c'est l'homme debout comme nous le dit Irénée.
ce qui honore Dieu c'est l'homme debout, le plus conforme possible à sa création.
amitiés
jean pierre


aubonheurdedieu-soeurmichele 27/07/2011 11:00



Oui, tu as raison. Tout ce qui humanise fait honneur à Dieu.



Michel jean-pierre 20/07/2011 19:51


Quelle bonne idée que ce blog!

De retour d'un pèlerinage en Palestine, en histoire sainte,je suis sensible à l'historicité de la révélation, à son dévoilement progressif jusqu'à son accomplissement en Jésus-Christ.

Y-a-t-il encore aujourd'hui à recevoir une révélation, alors qu'en, par et avec Lui tout est accompli?
Certainement car nous n'avons pas fini d'approfondir cette révélation, Parole de Dieu sur Lui-même mais aussi Parole de Dieu sur l'humain créé à son image.
N'est ce pas en cherchant ce qui est le plus humain que nous découvrons Dieu Lui-même dans son intention de création et donc dans ce qu'Il est.

Voilà peut-être un critère de discernement, le plus humain, qui comme tout autre critère est soumis au critère essentiel et primordial: le Dieu d'Amour tel que nous le révèle Jésus.

Car comment savoir ce qui honore Dieu?
Ce ne peut être que par ce que Jésus nous révèle de son père, très fondamentalement cet Amour infini, ce pardon gratuitement offert, qu'Il manifeste tout au long de sa vie publique, de sa passion
et jusque sur la croix; le bon larron, certes, mais plus encore:"Père,pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ".
L'ignominieux supplice honore-t-il Dieu?
Evidement pas au sens de ce que la chair, comme dit Paul, comprend comme un honneur rendu à quelqu'un.

Personnellement, en cherchant sans cesse ce qu'aimer veut dire concrètement dans toutes les situations de chacune de nos vies, je crois que nous détenons le critère fondamental de tout
discernement, aimer s'entendant non pas comme seulement une dimension affective, mais comme vouloir le bien de l'autre dans toutes ses dimensions, personnelles mais aussi collectives, bien de la
personne et aussi bien de l'humanité, de la communauté des humains, y compris pour mon ennemi.

On peut dire tout cela autrement, en récitant le Notre Père par exemple.

-que sur la terre comme au ciel
ton nom soit sanctifié, c'est à dire que tu sois reconnu pour ce que Tu es, le Dieu trois fois saint, le Divin parfait et absolu.

- que sur la terre comme au ciel
Ton règne arrive, c'est à dire que la communauté humaine soit conduite par ton désir de création plein de vie et d'amour.

- que sur la terre comme au ciel
ta volonté soit faite, c'est à dire que tous et chacun acceptent,accueillent, d'être tes enfants, de recevoir leur vie comme le don gratuit que Tu nous fait.

Pour tout cela nourrit nous de ta Parole et de ta Vie, de ton corps et de ton sang versé, donnés pour la vie de chacun.

Alors nous pardonnerons comme tu le fais, soixante-dix sept fois sept fois,
ne nous soumet pas à la tentation, c'est à dire garde nous de perdre confiance, jusque dans nos nuits légitimes, car le mal ne cherche qu'une seule chose, Te défigurer jusqu'à te mettre en croix
pour que nous ne puissions pas te reconnaître.

La demande de sacrifice d'Isaac qu'Abraham croit entendre, défigure le Dieu de la promesse, c'est ce qu'il perçoit et qui arrête son geste.
L'illogisme et l'inhumanité de cette demande la condamne.

fraternellement

jean-pierre


aubonheurdedieu-soeurmichele 25/07/2011 14:42



merci Jean-Pierre


oui, une bonne idée car ce n'est pas seulment moi qui écrit mais toi et plein d'autres


cela devient donc un groupe de paroles, de partages où nous livrons le meilleur de nous-mêmes


merci pur ce commentaire du "Notre Père"


merci pour cet autre critère de discernement qu tu pointes: est-ce humanisant?



Clarélis 17/07/2011 07:27


Je viens de découvrir ce blog et de m'abonner à la newsletter. Merci d'offrir ainsi des occasions de méditation et de partage. J'aime beaucoup la lecture d'Anne-Marie : "ce texte parle des échecs
humains"...Nous vivons tous des échecs... s'engager, à la suite d'Abraham, et de Marie, sur le chemin du "Fiat", du Oui, c'est découvrir, progressivement, parfois dans la douleur, parfois dans la
joie, un chemin de liberté.
Merci aussi pour les deux critères que tu indiques, ils me seront une aide utile au discernement.
Bon dimanche ! Amitiés,
Clarélis


aubonheurdedieu-soeurmichele 18/07/2011 10:49



Bonjour


Merci Clarélis pour ton commentaire


J'ai été visité ton blog. Bravo


J'espère que je vais pouvoir faire le mien aussi bien quand j'aurai mieux maitriser la mise en forme!


Michèle



Michel jean pierre 15/07/2011 20:53


Très chère Michèle

a propos de ton commentaire de bible sur le sacrifice demandé à Abraham, je pense qu'il faut s'interdire ce que j'appellerais une sur-interprétation.
Que ce passage soit la révélation que Dieu ne veut pas de sacrifice humain me parait certain. C'est déjà "énorme" par rapport au contexte religieux et d'une conséquence considérable pour notre
compréhension de la croix du Christ.
A faire dire plus à ce texte on risque de perdre le sens du caractère historique de la révélation, l'histoire sainte est une histoire qui dévoile progressivement qui est Dieu et si tout est dit,
accomplit en, par et avec Jésus nous n'en avons pas fini de découvrir, creuser cette réalité de Dieu.

amitiés

jean-pierre


aubonheurdedieu-soeurmichele 16/07/2011 23:11



Cher Jean-Pierre


Merci pour ton commentaire. Il y a bien sûr plusieurs interprétation de ce texte. Et tu le dis très bien, "nous n'en avons pas fini de découvrir". Aujourd'hui découvrir que Abraham, c'est à dire
chacun de nous, peut se tromper dans l'écoute de Dieu, me parait pertinent. Il s'agit en fait d'une question de discernement. Et le  discernement selon le critère de l'honneur de Dieume
semble aidant. Le Dieu révélé par Jésus n'a qu'une seule volonté: la vie. La croix n'est pas voulu par Dieu. Elle est le refus du message du Christ.


 



Anne-Marie Auger 13/07/2011 23:05


Je vois qu'Abraham est amené à faire confiance qu'au-delà du raisonnable, Dieu peut continuer d'accomplir sa promesse, même si le chemin semble aller vers la négation de ce souffle qui devait
traverser la vie d'Abraham. Sans comprendre, sans voir, Abraham accepte de monter à la rencontre de Dieu sur la montagne, dans la foi que "Dieu pourvoira". Il doit laisser son âne et ses
serviteurs, toutes ses sécurités et part seul, avec son fardeau.
Ce texte parle des échecs humains : où Dieu nous mène ? et même si à l'heure de ces révoltes, notre visage de Dieu est certes inexact, à travers même cette "nuit", l'être est amené à vivre un
abandon qui n'a rien de mièvre, et justement là se vit qqchose de l'union à Jésus qui, dans son humanité, a dit "Abba, Père, que cette coupe passe loin de moi !" : combien de personnes redisent à
leur manière cette prière dans les temps de lutte avec leur vie, ses modalités. On touche bien la foi vraie, la foi qui met en route, la confiance en la vie qui semble vaciller "dans cette nuit où
je crie en ta présence" (psaume 87, 2) : une expérience spirituelle qui rend un peu plus "nu" et cela nous rend peut-être le coeur plus ouvert...


aubonheurdedieu-soeurmichele 16/07/2011 23:01



Merci à toi de continuer à nous partager ton interprétation de ce texte difficile. C'est une lecture au second degré. Cela dit quelque chose des nuits que nous pouvons traverser.Tu dis que
cela mets à nu et rend le coeur plus ouvert. Oui, je le crois pour l'avoir vécu. Le fruit de cela c'est aussi d'être plus libre.


michèle



Anne-Marie Auger 13/07/2011 22:44


Dans ma lecture, je vois surtout en Isaac le fils de la promesse, celui par qui Dieu va réaliser sa promesse de vie, au-delà même de la vie d'Abraham. Celui-ci, en consentant à l'idée de perdre ce
fils -si telle était la volonté de Dieu- est amené, même et y compris si cette impresssion est fausse, à faire une confiance qui va au-delà de l'inouï : Dieu ne peut pas se contredire, il réalisera
sa promesse de vie, même si ce qui paraissait être le moyen humain donné par grâce pour le réaliser disparait : pour moi, c'est plus là un chemin de foi dans une nuit plus que noire, une nuit du
désespoir où plus rien ne permet de se raccrocher, où humainement on ne voit pas comment Dieu va réaliser sa promesse : une tonalité jardin de Gethsémani "Que cette coupe passe loin de moi !" : et
au-delà cet abandon de l'être profond qui croit sans voir rien. Pour moi ce texte touche les échecs de nos projets, c'est ma relecture je sais mais qui m'aide parfois. Peut-être oui, cette
souffrance est-elle liée à une fausse image de Dieu, toutefois parfois la vie est bien cruelle et incompréhensible... La vie de ceux que j'écoute aussi, comme cette mère malade qui prie "Dieu,
épargne-moi, je ne veux pas mourir, je veux voir grandir mes enfants !" : on ne peut être indifférent(e) à ce cri qui rappelle celui de Jésus (cf ci-dessus) et des psaumes "Dieu, sors de ton
silence !" et qui rejoint celui de tant de nos contemporains blessés par la vie, parfois réellement, fortement, et touchés jusque dans leur foi ou leur confiance dans la vie...
Bref c'est un texte que je "capte" fort, même si je le capte aussi en fonction de mon vécu différent à certains moments, comme tout un chacun : on "entend" la Bible à partir de nous-mêmes et de
ceux qui nous habitent.... je crois toutefois fort que Dieu nous travaille ainsi, même dans nos erreurs d'interprétation,...si on accepte de se laisser déplacer, déstabiliser, si on laisse "notre
âne et nos 2 serviteurs" (cf texte) pour aller à la rencontre de Dieu, dans l'imprévu serein de ce qui va se révéler (peut-être une autre "image" de Dieu que celle qu'on avait en bas de la
montagne...)


aubonheurdedieu-soeurmichele 14/07/2011 09:37



Anne-Marie, ton texte est superbe.


Ce blog, tel que je le conçoit est le blog de toutes et tous, où chacun-e peut l'enrichir de sa vision. Et tu l'a superbement enrichi par ton commentaire dont les lecteurs vont bénéficier La
Bible est riche d'une pluralité d'interprétation. je te remercie beaucoup; 


Michèle



Sabine Priem 13/07/2011 19:54


Dieu nous fait tellement confiance qu'Il prend le risque que Sa Parole soit mal-entendue! Et ce blog ne serait-il pas signe de sa confiance, aujourd'hui, qui nous encourage à chercher de plus en
plus à accueillir ensemble le chemin que Sa Parole se fraie en nous, la mission qu'elle y accomplit et la joie de ce qu'elle nous fait ad-venir à Son Image?


aubonheurdedieu-soeurmichele 13/07/2011 20:20



Merci Sabine pour ton commentaire. 


Oui, Dieu prend des risques.


Il nous invite à chercher, à penser;


merci Michèle