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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 15:22

 

De ma conversion au Christ à 18 ans jusqu’à mon entrée chez les Sœurs du Cénacle, Marie n’avait pas beaucoup de place dans ma vie de foi.

Je n’aimais pas l’image de femme qui était véhiculée sur elle : femme silencieuse, effacée, présentée comme modèle aux femmes pour les cantonner dans des positions secondes.

 

Et puis à peu, une relation s’est établie avec elle et ma vision sur elle a changé grâce à la contemplation de l’Evangile.


Je l’ai vue à l’Annonciation comme une femme qui ose questionner, qui ne prend pas pour « argent comptant »  ce qu’elle entend. Une femme qui discerne si cela vient bien de Dieu et y acquiesce par les signes de la joie, de la paix, de la force qu’elle perçoit dans son cœur à cette annonce.

 

Je l’ai vue à la Visitation qui prend l’initiative de partir, qui sait prendre des décisions. J’ai écouté son Magnificat qui est un chant de libération pour tous les opprimé-es du monde.

 

Je l’ai vue à la Nativité sachant réfléchir à son existence, conservant dans son cœur les événements de sa vie pour mieux être actrice de sa vie.

 

Je l’ai vue sur les routes comme tous ceux et celles que des pouvoirs injustes forcent à l’exil.

 

Je l’ai vue à Cana, véritable maîtresse du repas de noces, prenant l’initiative pour sa réussite et disant aux servants ce qui résonne toujours dans mon cœur : «Tout ce qu’Il vous dira de faire, faites-le»

Je l’ai vue enfin au Cénacle, la Chambre haute, où sur ordre de Jésus, Marie, les apôtres mais aussi les disciples, femmes et hommes, sont réuni-es dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint. Et je l’ai vue, non pas seulement silencieuse,  mais aussi enseignant à toutes et tous les chemins nouveaux d’accès à Dieu inaugurés par Jésus. Qui donc, mieux qu’elle, pouvait le faire ?

 

Marie n’est pas le modèle exclusif des femmes, elle est une maîtresse de spiritualité et de vie chrétienne pour tout homme, toute femme saisi-e par Jésus.

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Journal
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commentaires

Paul Durand 16/05/2013 21:59

Marie, pour moi est la mère de Jésus. J'ai failli écrire" n'est que" la mère de Jésus!Car c'est bien ainsi que les Évangiles nous la présentent. À peine un peu moins absente que Joseph mais moins
active que Marie-Madeleine, la Samaritaine, l'Hémoroïsse.
Dans cette affaire Marie, pour moi comme pour l'immense majorité des baptisés de ma génération est le produit de dévotions qui courent de Lourdes à Fatima, de La Salette à Mejugorge, de la
Cappadoce aux Andes...
Pour ne pas en rester à cette dévotion, malgré ce qu'elle pourrait signifier et ensiegner,j'essaye d'imaginer ce qu'a pu être la vie réelle de la mère de Jésus, du père aussi... Il y a du boulot!
Il y a du boulot mais ça va loin. Le Magnificat et Cana nous donnent des pistes... Compliquée cette affaire d'Incarnation!
Je ne veux choquer personne et nous ne tirerons jamais au clair une affaire où le Tout Autre est maître du jeu. Mais quand j'écris "il y a du boulot" c'est pour résumer l'immensité du mystère.
Jésus nous apprend le Dieu-Père. Il incarne ce Dieu-Père. Mais le père est-il la seule image de Dieu? La femme, dans l'Incarnation ne serait-elle que la génitrice? Quand et comment, avec qui et par
qui approcherons-nous la féminité de Dieu, du Dieu Amour?

Alice Damat-Gouin 16/05/2013 10:57

Merci, Michèle. Lorsque j'ai vu sur le mail, le titre de ce texte, je n'ai pas su l'ouvrir! Il m'a fallu 3 jours pour me décider enfin et je crois qu'il va encore me falloir du temps pour lire
attentivement. Je suis en délicatesse avec Marie. J'avais pris, en modèle, cette phrase : "et Marie conservait toutes ces choses en son cœur". Je m'étais emmurée. Toutes les barrières sont tombées
d'un coup, il y a 4 ou 5 ans, lorsque j'ai donné mon 1er texte (sur les Béatitudes) à un couple ami. Du moins, je le croyais. Mon ami Théophile m'a fait comprendre que je gardais encore un coin
bien secret, mon petit monde familial. et brusquement ce verrou que je ne voyais pas, est entrain de sauter et il me faut apprendre à parler de ce qui me touche au plus profond de moi. J'ai
découvert , en même temps que je m'étais forger une énorme carapace alors que j'ai le droit de montrer que je suis sensible.. Et Marie, dans tout çà ? Je ne sais pas;

Agnès Robert 11/05/2013 15:45

Moi aussi, Michèle, comme vous auparavant, je ne suis pas bien à mon aise avec Marie. Pour le moment, je me dis qu'elle est le prototype de la mystique, comme la "première mystique" chrétienne, et
cela me va mieux que cette image que je ne supporte pas de femme transparente... bien sage, qui obéit à son mari... récupérée par tous les machistes de la terre ! Merci de votre partage. Je chemine
: on verra ce que la Grâce du Seigneur m'enverra pour que je comprenne mieux Marie, peut-être...

aubonheurdedieu-soeurmichele 11/05/2013 22:29



Merci Agnès pour votre commentaire.


Il faut la dépoussiérer, la ré-humaniser! Elle pleure, elle crie de souffrance et de joie, elle dit oui, mais aussi non! Elle se réjouit quand la justice triomphe de l'injustice ( son
magnificat). 


Dans notre chapelle, il y a une petite statue que nous avons commandé à un sculpteur en lui demandant de faire une Marie sans voile et portant le livre de la parole. Une manière de dire qu'elle
est, non pas seulment dans le silence mais qu'elle enseigne, qu'elle parle, elle nous parle pour nous dire un Dieu de vulnérabilité et de bonté.


Il nous faut nous la ré-approprier, l'enlever à ceux qui en ont fait une caricature qui confortait leurs interêt.


merci de ce partage avec vous