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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 22:41

Une fois par semaine, je publierai des réflexions et des pistes de méditation pour prier pendant l'été. Voic le 1ère "livraison"

Dieu comme bonne nouvelle.

C’est un titre provocateur pour des gens qui ne considèrent pas Dieu comme une bonne nouvelle ! Des philosophes considèrent l’idée de Dieu comme dangereuse, mauvaise pour nous.

Pour Merleau-Ponty, L’humain meurt au contact de l’absolu,  car il est devant une perfection qui l’empêche d’exister.

Pour Sartre, si Dieu existe, l’humain ne peut pas être libre car il n’a comme seul choix que l’acquiescement à du déjà décidé par Dieu.

 

Il me semble qu’il faut prendre au sérieux ces critiques. Au sens où ce sont de fausses images de Dieu, mais de fausses images qui nous habitent et qu’il nous faut débusquer pour pouvoir s’en libérer.

Ce sont des images de Dieu à notre manière, souvent aliénante, infantile et projection de nos rêves.

Des fausses images qui réduisent l’humain à n’être qu’une marionnette à la merci d’un Dieu manipulateur.

Alors  la question est : à quelle condition Dieu est-il une bonne nouvelle pour nous ?

La réponse est simple : Dieu est une bonne nouvelle dans la mesure où nous allons chercher son visage dans la révélation judéo-chrétienne.

Mais il faut encore préciser cette réponse. Dieu est une bonne nouvelle dans la mesure où nous acceptons de convertir nos images au contact de cette révélation.

Et peut-être encore dans la mesure où nous nous mettons vraiment à réfléchir en quoi cette révélation change radicalement nos images de Dieu.

 

Jour 1- Ve 12 : Bonne nouvelle d’un Dieu créateur

Au début de l’Evangile de Jean il y a cette phrase :

« Au principe était la Parole…tout est par Elle »

Souvent, on traduit par au commencement, cela induit un commencement dans l’histoire. Au principe dit mieux que c’est un fondement de toute éternité.

On traduit aussi : tout fut. J’ai mis le verbe au présent car cela signifie que c’est depuis toujours et pour toujours.

Enfin dire Parole au lieu de Verbe dit mieux que cela nous concerne aussi car nous sommes des êtres de parole

Nous sommes trop habitués à cela. Essayons d’en saisir l’inouï.

Dieu est Parole et nous sommes parole.

Quelle conséquence pour nous ?

Si Dieu est parole, parler est divin. Parler, c’est participer à l’être même de Dieu. Et cela vaut pour toute femme, tout homme de ce monde, croyant ou non. Notre humanité est déjà divinisée par l’acte de parole.

 

 

Trinité toute sainte, créatrice de vie, donne-moi d’accueillir la bonne nouvelle de ta création, de ma création comme être de parole et de relation.

 

Pistes sur Is 43 versets 1 à 4  

1-« Ainsi parle le Seigneur »

Ecouter cette parole. Faire un acte de foi : oui, je crois que ce texte s’adresse à moi.

2-« Ton créateur »

Entendre cette parole. Elle me dit que Dieu est la source de ma vie

Toute ma vie, tout ce que je suis.

Comprendre que c’est une bonne nouvelle pour moi : je suis désiré-e du cœur de Dieu puisque il m’a créé-e. 

3-« Ne crains pas »

Laissez résonner cette phrase qui retentit 365 fois dans la Bible.

Dieu sait qu’il peut y avoir des peurs en nous.

Parler à Dieu des peurs qui sont les vôtres. Et sur chacune, écoutez Dieu qui vous dit : « Ne crains pas » 

4-« Je t’ai appelé-e »

Sentir toute la dignité de tout être humain qui est contenue dans cet appel. Nous sommes appelé-es à la vie, appelé-es à connaître Dieu, appelé-es à vivre de sa vie. Quelle dignité ! Pour tous, pour moi. Laissez Dieu me dire l’estime qu’il a pour moi.

Dire plusieurs fois mon prénom et me rendre vraiment compte que Dieu m’appelle par mon prénom car il désire une relation d’amitié avec moi.

5-« Tu es à moi »

On peut avoir du mal à entendre cette phrase pourtant. Mais appartenir à Dieu, c’est appartenir à l’amour, appartenir à un amour qui n’emprisonne pas mais libère.

Goûter cette phrase comme les mots d’un amour : je suis à toi, tu es à moi.

6-« Si tu traverses les eaux, je serai avec toi »

Ecouter la promesse qui est faite : je serai avec toi

Faire mémoire des moments de ma vie où j’ai eu conscience qu’il était avec moi.

M’appuyer là-dessus, pour faire confiance dans l’avenir. « Je suis avec vous pour toujours » dit Jésus en Mt 28/20

7-« Car je suis le Seigneur…tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix, et je t’aime »

La raison de tout cela, c’est Dieu lui-même,  la raison de son cœur. Il a voulu m’aimer. C’est son choix et je ne peux le changer !

Laissez résonner ces mots fabuleux : je compte aux yeux de Dieu, j’ai du prix à ses yeux.

Laissez retentir en moi cette déclaration d’amour que Dieu me fait :

Il me dit : « je t’aime »

 

Pistes sur Jn 2/1-11

1-Il y eut des noces.

L’écriture symbolique de Jean nous autorise à voir qu’à travers ces noces humaines, ce sont les Noces de Dieu avec nous dont il est question. Noces où nous sommes épousé-es et épousons. Ignace  de Loyola dans sa contemplation en vue de l’amour (Exercices  Spirituels  n°230) est bien dans cette tonalité.  Il est question d’un aimé et d’un aimant en réciprocité de don où chacun donne et reçoit ce que l’on a et ce que l’on est.

La relation à Dieu sous l’image de noces. Joie de l’union à Dieu. Dieu comme une épouse, un époux.

Chacun de nous comme épousé-e et épousant-e.

Mais pour entrer dans cette réciprocité de partage et d’abandon confiant, il me faut creuser une question : qui est Dieu pour moi ? Pour que je puisse l’accepter, il faut de l’apprivoisement, du respect. Il faut Dieu à hauteur humaine: le Très-Bas qui se fait le Très-Petit. Celui de la crèche. Le vulnérable. Oui, celui-là, je peux l’accueillir. Le très-Respectueux. Celui de la brise légère, celui qui humblement frappe à ma porte. Celui qui me loue, me respecte, me sert pour que je puisse consentir à son amitié. Expérimenter que l’amour de Dieu pour moi n’est pas dévorant. Ces noces, c’est une relation intime mais qui reste respectueuse de l’un et de l’autre. Pas une fusion.

2-Il n’y avait plus de vin, le vin des noces était épuisé.

« Ils n’ont plus de vin » Dans nos vies, certains jours, certaines périodes, le vin vient à manquer. Comme dans un couple où il n’y a plus d’amour, d’espérance, de foi. On a épuisé ses réserves, ce que l’on avait organisé, planifié. Vide. Plus rien. Qu’est-ce qui manque ? Peut-être ce qui manque, c’est le vin qu’on avait acheté de ses propres forces, de ses propres deniers. Vient le moment où cela est épuisé, où c’est épuisé. Que faire ? Consentir à ce manque. Attendre dans la patience. Il ne viendra peut-être que dans la Vision ou avant. Et la joie sera à la mesure de l’attente. Demeurer là.

3-Pourquoi la réponse de Jésus du verset 4 ?

« Mon heure n’est pas encore arrivée » se continue par une autre parole : « Remplissez d’eau ces jarres ». Comment le refus initial à la parole de Marie se transforme en acceptation ?

Jésus a modifié sa décision. Il est passé d’un non à un oui. Peut-être parce qu’il a continué à écouter la parole de Marie, il s’est laissé rejoindre par cette information du manque. Cela l’a touché au point de le faire changer de décision : « Ils n’ont plus de vin » cette phrase a fait son chemin en lui.

Qu’est-ce que cela nous révèle de Dieu ?

4-Les serviteurs ne boivent pas le vin mais ils le servent.

Nous pouvons être comme ces serviteurs : servir le bon vin mais ne pas profiter de la joie du vin.  Ils ont cependant une joie qui leur est propre, celle d’être unis-es au Christ par une union de volonté en faisant ce qu’il  dit de faire : Remplir ; Puiser ; Porter

5-Les convives n’ont rien su de ce manque et de sa résolution.

Ils ont joui du vin, c’est tout, ne connaissant pas sa provenance.

Qui est dans le secret de ce vin ?

Marie, Jésus, les servants, les disciples à la fin.

Qui n’en connaît pas la provenance ?

Les mariés, le maître du repas, les convives, c'est-à-dire la majorité des gens.

C’est le don d’un vin en abondance (600 litres X 6= 3600 l) dont on ne connaît pas la provenance.

N’est-ce pas le cas de tous ceux qui ne connaissent pas le Christ ?

Et pourtant cela ne semble pas préoccuper Jésus : l’essentiel, c’est que le vin ne manque pas. Absolue gratuité du donateur, discrétion, humilité de Dieu. La joie de Dieu, c’est la joie des convives. Car leur bonheur est sa joie. Mais ils sont unis à Dieu, ils le sont car ils communient à sa vie dans l’acte même de boire le vin qui vient de lui, dans l’acte même de vivre.

Est-ce donc si nécessaire de connaître la provenance ? Non ce n’est pas nécessaire. Mais c’est précieux.

Il n’est pas nécessaire de croire mais c’est un cadeau précieux. Ce vin, c’est le Christ lui-même dans la surabondance du don. Vin qui est son sang versé, livré pour nous, sang jailli de son cœur transpercé.

6-Le vin est meilleur. Pourquoi est-il meilleur ?

Parce qu’il opère un changement radical. Il fait passer d’une religion de purification, où l’on pose des conditions pour accéder à Dieu, fait d’effort humain, il fait passer de cela  au vin meilleur de la pure grâce, de l’absolue proximité sans condition préalable. 

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele
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commentaires

cecile de broissia 15/07/2013 16:50

Merci Michèle de me faire participer à la retraite de l'été. C'est vrai la foi est un don précieux.
Bonne retraite
Cécile