Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 15:21

Suite du résumé du livre de Joseph Moingt : l’homme qui venait de Dieu. Vous trouverez ce texte au début de son livre avec comme titre : la rumeur.

Ce passage est un petit chef d’œuvre. J’espère que le pauvre résumé que j’en fais n’est pas infidèle et qu’il vous donnera le goût de le lire. J’ai scanné ce texte. Si vous me le demandez, je peux vous l’envoyer par mail.

Les pistes de prière qui suivent, sont celle que j’ai donnée pendant une retraite fin juillet à Versailles.

 

Bonne nouvelle d’une libération.

1-Libération par l’émancipation de l’individu  du poids du groupe.

Dans une société du primat de la tradition et du groupe, il émancipe l’individu Mt 10/37 . Il y a chez Jésus un primat de l’individu sur le groupe car l’homme est la valeur première. Par exemple quand il déclare que le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. Ou encore quand il déclare que l’adhésion à sa personne est plus importante que les liens du sang : « qui sont ma mère, mes frères, mes sœurs… » . De ce fait, Il brise les chaines de liens ethniques, religieux, familiaux pour privilégier des liens choisis d’amitié avec lui et entre nous. Lui-même  est libre par rapport à sa famille 3/34

Il libère de ce qui peut emprisonner en particulier les institutions fussent-elles religieuses qui font peser des fardeaux sur le gens : « ils lient de pesant fardeau… »

Il pose le principe de la liberté de l’individu face à la société religieuse, de la liberté de la foi face à l’institution

 

2- Libération de de la peur

Combien de fois dit-il «  n’ayez pas peur »

Son enseignement libérateur exorcise  les mentalités viciées par la peur et qui cherchent des boucs émissaires. Quand on lui demande qui a péché, l’aveugle ou ses parents (Jn 9), il refuse le lien que que les gens font entre péché et maladie, lien qui est source d’exclusion.

 

3- Libération par un renversement des hiérarchies humaines

Le 1er= c’est celui qui se fait l’esclave de tous

Le succès, la puissance, la richesse ne sont pas signes de bénédictins divines. Et cela, il  va le payer de sa vie, car cela est trop contestataire.  Cela a pour conséquence le respect de tous, la personne n’est pas définie par la famille, la classe, la cité, le pays, le sexe. Tous sont fils et filles de Dieu donc égaux. La personne seule l’intéresse. Il met en valeur ceux qui sont considérés comme sans valeur, il fréquente ceux qui sont exclus, (lépreux, publicains, femmes, enfants, ).Il s’adresse en priorité à ceux qui sont en bas de l’échelle. Il est en contact avec des gens qui sont des figures  tragiques de l’existence, victime d’une fatalité, d’un entourage qui exclu. Il noue avec eux une relation intense, leur donnant le désir et la force de briser leur chaîne de destin qui entrave leur liberté. Par son enseignement et son comportement, il rend possible à tous un avenir différent, ouvert à une communication libre et fraternelle. Il défend les opprimés. Il se fait partenaire de ceux qui n’ont pas d’interlocuteur.  Il rend la parole à ceux qui en sont dépossédés. Il suscite un souffle de liberté et d’audace capable de mettre debout des gens.

 

4-Il libère en invitant les gens à un autre rapport à Dieu.

Son comportement et son enseignement est une révolution religieuse.

Il dénonce croyance et pratique liées à la pureté rituelle Mc7/15

Il s’en prend à une catégorie fondamentale de toute religion : celle du pur et de l’impur

Il est novateur car en rupture avec les mentalités et structures inhérentes au concept de religion :

-il refuse de considérer des personnes comme impures-pour lui l’amour l’emporte sur le service cultuel Mc 12/33

-il ébranle l’assurance dans l’efficacité du rite, il ébranle l’assurance du mérite par une observance littérale d’un rite, il détrône les sacrifices de leur suprématie.

C’est l’amour qui rend l’homme juge de la loi, il peut s’en dispenser et  ce peut être même un devoir de le faire.

-il aide à comprendre que la volonté de Dieu n’est pas écrit d’avance dans le texte de la Loi. L’autorité de la lettre peut être discutée et référée à une loi supérieure non écrite.

-Il prône une religion intérieure, cette intériorisation est novatrice. Elle affranchit de l’obéissance inconditionnelle à la loi religieuse. Elle affranchit de la peur du sacré. Car avec lui, la relation à Dieu n’est pas circonscrite par le rituel, elle est présente dans toutes les dimensions de l’existence humaine.

-A ceux qui le suivent, il ne donne pas des repères religieux, des privilèges, des interdits de culte, des traditions. Le seul repère c’est par rapport à lui, son enseignement, ses exemples, sa personne, sa propre relation à Dieu .

-Il inaugure un nouveau lien de réciprocité entre Dieu et l’homme. Il en change les codes d’accès à Dieu. Il n’affole pas les gens, la proximité du royaume, c’est l’existence de chaque jour. Cela dépend de chacun de s’en approcher ou de s’en éloigner« tu n’es pas loin du Royaume » dit-il en 12/34Le Royaume est déjà à l’œuvre mystérieusement  dans l’histoire, dans le cœur,  comme une semence 4/26. Il compare le Royaume à des histoires simples dans les paraboles : lampe, mesure, graine, 4/21-33.C’est un langage imagé et paisible de la vie quotidienne car le royaume est dans l’aujourd’hui du quotidien.

-Il indique non un Dieu de vengeance mais de pardon. Dieu qui aime qu’on lui fasse confiance

Pardonner, donner, accueillir 4/24 ;9/36 ;10/14 ;11/25. Voici les maîtres mots.

Le royaume qu’il annonce n’est pas une restauration de privilèges passés : royauté, temple, terre.

Accueillir le royaume c’est recevoir la parole que Dieu semé dans les cœurs : 4/20 et 30

Parole qui n’est refusé à personne : pécheurs, païens 12/9 ;7/24

Aucun triomphalisme .Aucun accent guerrier. Aucun appel aux armes. Aucune promesse de victoires éclatantes. Aucune ferveur patriotique. Aucun sentiment de supériorité ou de mise à part

Il ne flatte pas les foules, ne cherche pas à recruter. Il s’en va 1/35.

Pas d’honneur pour ses disciples  10/40.Pas de pratique distinctive d’ascèse 2/18.Pas souci de sa réputation 2/24.

Message et personnage sont inclassables, indéfinissables

Il soulève l’espérance car il fait tomber les barrières qui interdisaient à beaucoup l’accès à Dieu et détruis les sécurités auxquels d’autres se fiaient, les satisfactions de prestiges qu’elles contenaient.

Demande de grâce : Trinité toute sainte, toi qui nous veut libre, donne-moi de me laisser libérer par toi

 

Pistes sur Lc 8/43-48 Hémorroïsse

1ère piste :

Se demander pourquoi veut-il savoir qui l’a touché ? Il sait qu’il a guéri quelqu’un, cela ne lui suffit-il pas ? Que veut-il de plus ?

Sûrement une rencontre personnelle. Car nous le savons, il est plus qu’un « guérisseur », il est sauveur. Le salut qu’il donne, c’est d’abord lui-même, c’est le cadeau d’une rencontre, d’une attention à l’autre, d’une question qui suscite une réponse, d’un dialogue qui s’installe.

M’étonner de cela

2ème piste

Regarder cette femme

La  maladie dont elle souffre, est source d’exclusion sociale. Elle est considérée comme « impure » (Lv 15/9) et si elle a un contact physique avec quelqu’un, elle le rendra impur ! Au regard de cette loi religieuse, elle a donc rendu impurs tous les gens qu’elle a touché dans la foule et Jésus lui-même ! C’est une transgression majeure qui nous explique la stratégie d’anonymat de cette femme.

Sentir tout le poids d’exclusion que véhicule ce type de lois religieuses.

3ème piste

Comprendre l’enjeu qu’il y a à faire connaitre cettte guérison

Rendre public aux yeux de tous cette guérison a des conséquences de salut pour elle et pour cette foule. Jésus ne se considère pas comme impur d’avoir été touché par elle et donc de fait, déclare caduque cette loi d’impureté qui excluait les femmes qui en étaient atteintes.

Me laisser rejoindre par la liberté de Jésus qui ose braver ces lois excluantes

4ème piste

Entendre Jésus l’appeler : « ma fille »

L’appeler « Ma fille » n’est pas anodin. Dans un cas semblable de situation d’exclusion,  à Zachée le publicain, Jésus dira : «  N’est-il pas lui aussi fils d’Abraham ? » Lc 19/9. Les paroles qu’il lui adresse, lui rende sa dignité, la valorise au sujet de sa foi, la réintroduit dans l’espace social, lui fait cadeau de la paix.

Sentir toute la détermination qu’à Jésus pour libérer celles et ceux qu’il rencontre.

 

 

Pistes sur Jn 9/1-38 Aveugle-né 

Des ténébres à la lumière

1ère piste

Prendre conscience des ténèbres du début de ce texte

Au début du texte nous sommes en pleine ténèbre. Celle où est plongé un aveugle de naissance ? Oui, certes mais il y a pire. C’est celle des disciples qui sont plongés dans les ténèbres d’une religion qui explique la maladie par une faute commise. Et derrière cette explication se cache une ténèbre encore plus ténébreuse,  celle d’un dieu qui punirait les fautes en envoyant des maladies. Quelle ténèbre ! Et aujourd’hui encore en sommes-nous indemne ?

 

2ème piste :

Entendre la parole de Jésus : « Ni lui n’a péché, ni ses parents »

Cet Evangile, comme tout l’Evangile, est d’abord une libération par la parole forte de Jésus : « Ni lui n’a péché, ni ses parents »

Parole forte qui fait passer de la nuit au jour, de la ténèbre à la lumière. Première guérison si nous acceptons de nous laisser guérir.

Laisser résonner en moi cette parole libératrice du Christ. Sur quel aspect de ma vie ?

 

3ème piste

Regarder le comportement des pharisiens

Leur  impossibilité à sortir d’un système légaliste : selon eux une guérison fait le jour du sabbat ne peut pas venir de Dieu, celui qui l’accomplit ne peut être qu’un pécheur. C’est la  ténèbre de l’exclusion de tous ceux qui ne rentrent pas dans leur système. L’impossibilité à s’ouvrir à la nouveauté d’une parole, à l’inattendu d’une action. La culpabilisation qui enferme les gens dans la fatalité.

Devant ce type de  ténèbres, Jésus lui même n’a rien pu faire. La révolution spirituelle de Jésus ne peut rejoindre des gens murés dans leur certitude, les privilèges que cela leur donne et pour certains le « fonds de commerce «  que cela procure.

Ce comportement est de toujours. Dans notre monde, dans notre Eglise…

En moi-même ?

 

4ème piste

Regarder l’itinéraire spirituel de cet homme guéri

En contre-point, l’itinéraire de l’aveugle nous fait parcourir un chemin de lumière en lumière. Un cheminement d’une étonnante vérité. Il nous est donné de voir un homme vrai qui reste au plus près de son expérience, ni plus, ni moins.

Il nous est donné de voir la progression dans une confession de foi. Car la foi est un chemin et c’est autant le chemin que le but qui est important.

-Sa première confession de foi est d’abord sans parole. Elle est d’abord de se laisser faire par un homme qu’il ne connait pas. Il se laisse enduire de boue les yeux. –Sa Sa deuxième confession de foi est sans parole mais en acte : écouter la parole qui lui dit d’aller se laver dans la piscine de Siloé et y aller

-Sa troisième  confession de foi, c’est tout simplement la confession de lui-même : « c’est moi » et il va être fidèle jusqu’au bout en répétant plusieurs  fois dans le texte les événements qui lui sont arrivés dans l’exactitude de leur déroulement. Confession de foi sous forme de récit : voilà ce que j’ai vécu, voilà ce que cela a transformé dans ma vie. Mais quand on lui demande des choses qu’il ne sait pas, il dit : « je ne sais pas ».

Confronté aux pharisiens, il va faire un pas de plus dans la compréhension de ce qui lui arrive et c’est sa 4ème confession de foi : « C’est un prophète ». Cette confession de foi il va la tenir contre les pharisiens avec le simple bon sens qui comprend que seul celui qui vient de Dieu peut guérir un aveugle. Mais il va la payer au prix fort, celui d’être traité de pécheur-né et jeter dehors.

Regarder la liberté de cet homme. Il ne connait pas encore Jésus et pourtant, la lumière et la liberté de Jésus lui ont déjà été communiquées.

Me laisser atteindre par cette lumière et cette liberté.

 

5ème piste :

Prendre conscience de l’absence de Jésus

Pendant tout ce temps, Jésus semble absent. Jésus ne réapparaît qu’à la fin et on a l’impression que Jésus l’a laissé seul témoigner et combattre. C’est peut-être le sentiment que l’on a quelque fois au cœur de nos combats. Mais n’est-ce pas preuve de respect pour nous, de foi en notre capacité de vérité et de justice ? N’est-ce pas foi en l’Esprit qui nous habite et nous habilite au témoignage ?

Est-ce que cela rejoint un aspect de ma vie ?

 

6ème piste

Regarder la rencontre finale

En tout cas, Jésus est là pour l’accueillir quand il est jeté dehors, exclu. Devant lui, cet homme va garder cette même authenticité dont il a fait preuve depuis le début. Il ne sait pas qui est le fils de l’homme dont lui parle Jésus donc pas de raison d’y croire ! « Qui est-il pour que je croie en lui ?» Réponse étonnante ! Et oui, pour croire, il faut des raisons ! Jésus va lui en donner. Le fils de l’homme, c’est celui qui l’a guéri, qui lui a donner capacité à le voir ( tu le vois) et qui lui parle. Alors seulement peut jaillir sa 5ème confession de foi : «  je crois ». Nous sommes ici dans la lumière. Lumière qu’est Jésus lui-même, lumière d’un monde qui sort de l’exclusion, du mépris, de la fatalité. Lumière du royaume de Jésus à construire avec lui.

Et pour moi, quelles sont mes raisons de croire ?

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele
commenter cet article

commentaires