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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 11:56

Bonne Nouvelle d’une volonté libérante

La volonté de Dieu est une notion qui demande vraiment qu’on précise ce que cela veut vraiment dire.

Il y a des fausses conceptions de la volonté de Dieu comme il y a des fausses images de Dieu.

Une manière de progresser dans la vie spirituelle est de démasquer ces fausses conceptions et ces fausses images. Il y a à les démasquer car elles nous empêchent de progresser, elles paralysent, elles alimentent la méfiance envers Dieu ou la peur ou même le refus.

Une fausse conception de la volonté de Dieu, cela peut se dire ainsi : Dieu aurait de toute éternité décider ce que je dois être et faire. Par exemple, il aurait décidé que je dois me marier ou devenir religieux ; ou que je dois faire telle ou telle profession. Dieu avec un grand livre avec nos noms et en face, la décision de Dieu.

Non, 3 fois non.

Pourquoi cela ne peut pas être cela ?

-Parce que cela induit une image d’une volonté arbitraire de Dieu. Une sorte de caprice, pourquoi l’un et pas l’autre ? Il y a derrière cette conception une image d’un monarque absolu dont les décisions ont force de loi.

Il n’y a plus de liberté, il y aurait seulement  à chercher ce que Dieu veut sans que de mon côté, il puisse y avoir un quelconque désir.

-Parce que, c’est faire de Dieu, en fait, un mauvais parent, vous savez de ceux qui veulent à tout prix que leur fille fasse l’X, ou que leur fils fasse le même métier que le leur etc.

Le bon parent, au contraire, après avoir donné le meilleur de soi pour que son enfant grandisse, lui dira : je n’ai pas de plan sur toi, tu n’as pas à recevoir de moi tes choix : invente ta vie.

Dieu serait-il un moins bon parent que le meilleur d’entre nous ?

-Parce que c’est source d’angoisse. En effet comment vais-je découvrir cette volonté écrite de toute éternité. Qui me la dira ? Et si je me trompe ? Si je ne choisis pas ce que Dieu a choisis pour moi ? Si je choisis de me marier alors qu’il voulait que je sois carmélite ! Quelle horreur !

En disant cela, je vous donne un principe de discernement sur nos pensées sur Dieu.

Ce principe est le suivant : est-ce que penser de cette manière fait honneur à Dieu ou pas ?

Ici cela ne lui fait pas honneur puisque cela l’assimile à un parent autoritaire qui veut imposer sa volonté.

Mais aussi est-ce que cela fait rend honneur à notre humanité ? Si nous pensons que Dieu décide à notre place et si d’une certaine manière nous préférons qu’il décide à notre place, nous sommes dans une attitude infantile.

 

Mais alors ne veut-il rien ?

Il veut que nous inventions pour nous et pour les autres des chemins de bonheur, de justice, de liberté, de paix, de partage mais c’est à nous de les inventer, de les construire avec d’autres. Il ne nous dit pas : « tu dois » mais tu peux le faire. Ce qu’il veut, c’est que nous vivions à plein.

Il ne veut pas d’homme et de femme qui ne voudraient pas grandir, mais des femmes et des hommes debout, qui prennent en main leur vie, prennent des décisions, osent risquer.

De ce point de vue la parabole des talents nous dit bien cela. Le maître confie toute sa fortune et ne donne aucune consigne pour la faire fructifier. C’est à nous d’inventer pour que le don s’épanouisse en vie plus grande pour nous et les autres. Et quand le maître revient, les 2 premiers disent : voilà ce que tu m’as donné (donc la reconnaissance du don qui a été fait) et voilà ce que j’ai gagné (reconnaissance des fruits recueillis de son initiative) Mais encore faut-il avoir conscience du don qui nous est fait.

 

Mais alors comment décider ? Comment décider si ce n’est pas une parole extérieure à moi-même ?

Justement, en allant à l’intérieur de moi-même. Pour cela, au quotidien, favoriser l’intériorité, se donner des temps pour écouter ce qui se passe à l’intérieur de moi.  ( de ce point de vue la prière d’alliance est un bon temps d’arrêt.) Se donner des temps de gratuité, de silence, de solitude. Ne pas vivre à 300 à l’heure, dans un tourbillon où l’on se perd. Se donner du temps pour prier en regardant le style de vie de Jésus et son chemin de bonheur. En faisant une retraite. Tout cela pour chercher et trouver le désir profond, le désir fort. Il peut y avoir des désirs superficiels qui vont me satisfaire un moment mais qui ne peuvent me faire vivre profondément. Ils sont à la surface de nous-mêmes. Découvrir les désirs profonds, c’est comme désensabler une source, enlever des pierres, creuser profond pour atteindre la source qui va pouvoir jaillir en vraie vie.

Il s’agit de sonder mon cœur, me rendre attentifs aux mouvements qui l’habitent. Et faire confiance à ce qui en moi est porteur des éléments suivants :

1 la perspective de décider telle chose me donne de la paix, de la force tranquille, une joie simple.

2- elle me donne confiance en moi, dans les autres, en Dieu ; elle me met en confiance pour l’avenir.

 

On pourrait aussi dire que la volonté de Dieu c’est que nous l’aimions.

Je crois que c’est aussi une fausse conception. En tout cas pas une volonté au sens d’une obligation.

Je ne suis pas obligé d’aimer Dieu. Pas obligé d’être reconnaissant.

Je ne dois rien à Dieu. Son amour n’est pas une dette dont on serait forcé de s’acquitter.

Dieu a tout donné. Il attend une réponse, oui, puisque sa décision à lui, c’est de proposer son amour, son amitié. Mais l’amour ne se commande pas et Dieu le sait et il ne veut qu’on l’aime par obligation mais par un vrai désir.

Dieu ne peut que se tenir à la porte, ne peux dire que : « veux-tu ? »

En disant cela à quelqu’un en accompagnement, cette personne a été libérée. Elle était libéré de l’obligation d’aimer Dieu donc ne se sentant plus obligé elle pouvait répondre librement.

 

Demande de grâce : Trinité toute sainte, toi dont l’unique volonté est que nous soyons heureux, donne-moi d’entendre ton appel au bonheur.

 

Pistes Lc 13/10-17 femme courbée

Première piste :

Prendre conscience que Jésus enseigne autant par la parole que par les actes. Ici Il enseigne en libérant cette femme de ce qui la paralyse. Ses paroles expriment Sa volonté et Ses actes sont leur mise en œuvre. Il dit ce qu’Il fait et Il fait ce qu’Il dit.

Deuxième  piste :

Regarder cette femme courbée. Cette infirmité peut être d’un autre ordre que physique. On peut être courbée devant qui, devant quoi ?

Courbé-es devant des puissants,  de l’argent, de la magie, de la superstition, des gens qui pourrissent la vie des autres, des habitudes, des préjugés, des peurs, des fausses culpabilités, des fausses ambitions, etc.

Troisième piste :

« Femme te voilà déliée ».

Voir la volonté libérante de Jésus à l’œuvre : Il ne supporte pas de nous voir courbés-es. Il nous veut libres.

Regarder Sa parole agissante.

Entendre cette parole pour moi.

Quatrième piste :

Entendre l’objection du chef de la synagogue.

De quoi se fait-il le gardien ? Qu’est-ce qui est prioritaire pour lui ?

 

Cinquième piste :

Entendre la réponse que lui fait Jésus

Qu’est-ce qui est prioritaire pour Jésus ?

Sixième piste :

Regarder le contraste entre ces deux groupes.

L’un est couvert de honte, l’autre est dans la joie ;

Se demander pourquoi les priorités libérantes du cœur de Jésus rencontrent tant d’incompréhension ?

 

Pistes sur Lc 19/1-10 Zachée

1ère piste :

Regardez Zachée. Que sait-on de lui ?

Son compte en banque et la mauvaise réputation qu’il a, car, comme publicain, collecteur d’impôts, les gens le soupçonnent de détourner de l’argent à son profit et d’être sympathisant à l’occupant romain.

Son estime de lui ne devait pas être facile : à ses propres yeux et à ceux des autres. De plus son physique ne l’arrange pas : il est petit de taille.

Prenez du temps donc pour le regarder ainsi.

2ème piste :

Ensuite regardez Jésus ou plutôt, regardez Jésus qui regarde cet homme.

Dans cette foule, Zachée est le seul à être regardé et à qui Il parle. On peut se demander pourquoi.

Parce que Jésus est venu sauver ce qui est méprisé-e, exclu-e, blessé-e, mésestimé-e…

Donc, Il est venu pour chacun-e de nous, pour moi dans la mesure où personne n’est indemne de d’un mépris, d’une exclusion, d’une blessure, d’une mésestime…

Alors, devenons un Zachée, montons dans notre arbre et voyons la scène de son point de vue.

3ème piste :

Regardez Jésus qui lève les yeux vers moi. Comment me regarde-t-Il ?

Il me regarde avec amour, avec tendresse.

L’entendre prononcer mon prénom.

Entendre le seul désir qu’Il a au cœur : me rencontrer tel-le que je suis, comme je suis.

Dans ce prénom qu’Il prononce, sentir l’estime qu’Il a pour moi, la valeur  que j’ai à Ses yeux.

Goûter Son regard accueillant, bienveillant, désirant.

4ème piste :

Puis entendre la parole suivante : aujourd’hui, il me faut demeure chez toi.

Ni hier, ni demain mais un aujourd’hui sans fin.

Entendre cet appel de Jésus à vivre l’aujourd’hui.

Entendre toute l’étendue de cet appel : « Aujourd’hui, vis pleinement ta vie, bois cette vie. »

5ème piste :

Regarder Zachée, toujours dans son arbre, qui prend une décision : il choisit de descendre et de répondre à cet appel. Il s’était caché dans son arbre pour voir sans être vu. La parole de Jésus lui donne la force de descendre, de s’affirmer, d’être vu sans complexe.

Descendre de l’arbre, Qu’est-ce que cela signifie pour moi, personnellement ?

Quelle décision de lâcher-prise ?

6ème piste :

Les regarder maintenant côte à côte, ni en-dessous, ni au-dessus mais à égalité, l’un avec l’autre.

Zachée est chez lui avec Jésus. Zachée peut vraiment « habiter » son existence.

Pour finir, étant devant Jésus, qu’ai-je envie de Lui dire ?

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele
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