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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 23:03

Dans ma présentation, je disais que je fais partie d’un ordre religieux.

Kézako ?

D’abord cela veut dire que je vis dans une communauté. Nous sommes 16 ! Un bon groupe donc, qui n’engendre pas la mélancolie. Surtout une communauté bien vivante.

Je me suis interrogée sur les ingrédients qu’il faut pour qu’une communauté soit vivante, les conditions pour qu’elle le soit.  Je vous livre ma réflexion, ma manière de voir les choses.

 

Une communauté est vivante si elle est fondée sur un projet et sur une recherche.

Une personne, un groupe sans projet est quelque chose à moitié mort.

Projet dit dynamisme, élan, suscite initiative, goût d’entreprendre, mobilise tout l’être,  donne sens à la vie, l’oriente.

Le projet dans ma communauté, c’est  que l’Evangile soit de plus en plus parole qui transforme la vie.

 

Mais le projet ne suffirait pas en lui-même pour susciter la vie si c’est un projet de répétition. Il est nécessaire qu’il se situe dans une dynamique de recherche. Ne plus chercher, c’est mourir.

Chercher d’abord pour soi et il y va de la responsabilité de chacune dans ma communauté de faire de sa vie une recherche jamais lassée de Dieu en se donnant les moyens pour cela. La recherche de Dieu se nourrit de contemplation, d’études, d’actions.

 

Enfin, elle est vivante car elle porte un projet de libération pour nous même et pour ceux et celles qui viennent dans le Centre spirituel que nous animons. Aider à chercher et trouver un Dieu vivant, qui fait vivre. Aider à libérer des fausses images  de Dieu et de soi qui aliènent et empêchent de vivre à plein.

 

1- Un appel à vivre

Dans ma communauté, nous cherchons à vivre de Dieu qui libère et nous cherchons à ouvrir des chemins pour ceux qui viennent dans notre Centre. Un des points de libération concerne la conception qu’on se fait  de la volonté de Dieu. Si on se fait l’idée que Dieu a une volonté préétablie, extérieure à nous-mêmes, qu’il faudrait deviner à travers des signes, auquel il faudrait se conformer, que Dieu aurait écrit à l’avance dans un grand livre, ce n’est pas un chemin de vie, c’est une forme d’emprisonnement spirituel, source d’inquiétude, car comment la découvrir ?

Nous essayons de vivre Dieu qui ne veut qu’une seule et unique chose : que nous soyons des vivant-es, que nous fassions des choix qui favorisent la vie et que nous choisissions selon le désir du cœur. Nous essayons de libérer le désir le plus profond, intérieur à nous-mêmes.

C’est donc une pédagogie de la responsabilité. Il s’agir d’inventer sa vie. Ce n’est pas un chemin facile, certains préfèrent les certitudes. Il faut choisir entre ce qui rassure mais fige ou ce qui aventure mais ouvre un espace pour vivre à plein. Nous essayons de vivre cela et de proposer ce chemin à d’autres.

 

2- Un amour inconditionnel et un accueil positif de soi

L’expérience de Dieu qui est proposée,  c’est son amour inconditionnel  qui libère peu à peu de la sévérité envers soi-même et envers les autres, de la mauvaise culpabilité.

C’est une pédagogie de la valeur de soi et des autres, de l’accueil de soi et des autres comme capables de bonté, de vérité, de justice car créés à l’image de Dieu. Une vision positive de l’humain.

Communauté vivante car l’expérience de Dieu qui est proposée à vivre est celle de Dieu définitivement pour nous. Nous cherchons par tous les moyens à nous  libérer, nous et les autres, des images aliénantes de Dieu : gendarme, punissant, manipulateur etc

 

3- Une égale dignité des personnes

Le mépris, la valence différentielle entre les gens, ne favorisent pas la vie, au contraire elles sont sources de mort. Favoriser une communauté où chacun a sa place et où les différences légitimes et réelles sont des richesses valorisées, permet le dynamisme de la vie.

Cela veut dire que chacun a valeur quelque soit son âge, sa capacité de travail, ses compétences.

 

Dans le  prochain article, je monterai qu’un ordre religieux, s’il est fidèle à l’Evangile, produit un modèle alternatif.

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans De quoi parlons-nous quand on dit...
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commentaires

Nicole 16/07/2011 08:04


Je viens de lire les différents articles que tu proposes à notre réflexion. C'est une grande chance de recevoir ainsi à domicile une telle nourriture !( Je découvre les vertus du blog !) Merci à
toi


aubonheurdedieu-soeurmichele 16/07/2011 22:53



Chère Nicole


merci de ta lecture


cela me stimule à partager ce que j'ai en "magasin" comme je dis!


Michèle



cécile 13/07/2011 09:08


oui, c'est bien l'image que j'aie de la communauté du cénacle que je connais bien et à qui je dois beaucoup


aubonheurdedieu-soeurmichele 13/07/2011 12:17



Chère Cécile


c'est formidable ce blog


Ca nous permets de continuer à partager!


je t'embrasse


Michèle



Anne-Marie Auger 13/07/2011 05:54


Merci, Michèle de cette présentation explicitée : ça donne à rélféchir. je connais en fait peu votre communauté, c'est une présentation accessible, je crois, et qui dit aussi qqchose en plus large
de la vie religieuse apostolique, enfin de ce que j'en perçois.


aubonheurdedieu-soeurmichele 13/07/2011 12:27



Je suis toujours étonnée des caricatures, de ce qui traine dans la tête de beaucoup sur la vie religieuse. Pour certains, c'est la religieuse de Diderot, la bonne soeur de la grande vadrouille;
un peu mieux: sister act ou Sr Thérèse.com. Mais cela demeure des choses très éloignés de la réalité. Le modèle dominant est celui de la vie monastique dont on se fait aussi de fausse image. je
rêve d'un reportage TV chez nous! 


Michèle