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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 14:14
Les Champs de Booz au service des femmes seules en demande d’asile.

Les Champs de Booz au service des femmes seules en demande d’asile.

Créée en 2003 par 23 congrégations religieuses, l’association Les Champs de Booz a pour objectif de répondre aux besoins des femmes seules en demande d’asile. Le parcours du demandeur d’asile est long et périlleux et ce sont les femmes seules qui ont le plus de difficulté à s’insérer dans les méandres de ce processus.

L’association soutient ces femmes qui arrivent dans des conditions précaires ayant dû fuir rapidement leur pays car elles y risquaient leur vie, laissant bien souvent des enfants dont elles sont sans nouvelles. Ces femmes ont toutes été victimes de violence pour des raisons politiques, ou personnelles (guerre, révolution, racisme, discrimination religieuse, excision, mariage forcé, violences sexuelles, orientation sexuelle, etc.). Toutes décrivent des conditions de vie dégradantes et violentes avec des séquelles physiques et psychologiques.

Notre mission est d’accompagner ces femmes face aux nombreuses difficultés auxquelles elles sont confrontées.

Pour en savoir plus :

leur site:

http://www.champsdebooz.fr/projet.php

une émission de radio:

http://radionotredame.net/player/http://radionotredame.net/wp-content/uploads/podcasts/rencontre/rencontre-02-03-2016.mp3

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 14:47
Homélie de Sr Michèle: 2ème dimanche de Pâques avec Thomas

Dans l’évangile de Jean au chapitre 20 verset 19 à 28

Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

 

Les évangiles ne sont pas faits pour être lu seulement mais pour qu’on y entre ! Y entrer et être là à regarder, écouter pour qu’ils nous communiquent la vie de Jésus.

Alors regardons et écoutons.

Regardons le lieu. Les disciples sont à l’intérieur d’une maison qu’ils ont verrouillée. Un lieu clos.

Et c’est la peur qui les a fait s’enfermer. On peut comprendre ! Disciples d’un condamné à mort, ils appartiennent au camp de la défaite, au parti de la défaite. En fait, ils sont comme leur maître : enfermés dans un tombeau.

Soyons avec eux dans ce lieu : lieu de la déception après tant d’espoir suscité par l’action de Jésus quand ils le suivaient , lieu de tristesse après tant de joie que sa parole avait éveillé en eux, lieu de la nuit après tant de lumière que sa présence leur donnait, lieu de mort après tant de vie qu’il donnait à qui le rencontrait !

Les rejoindre dans ce lieu là. Pourquoi ?

Parce que ce lieu c’est aussi le nôtre : notre vie aussi est traversée par des déceptions, des tristesses, des nuits, des morts.

Si nous consentons à les rejoindre dans le lieu là, ce texte va nous concerner, ce texte va pouvoir nous parler.

Il va nous dire que Jésus aujourd’hui vient nous rejoindre nous aussi.

Nous allons pouvoir accueillir la phrase étonnante : « Jésus vint et se tint au milieu d’eux ».

Cette bonne nouvelle va nous être dite à nous : Jésus nous rejoint au cœur même de ce qui peut faire mal dans notre vie, et aucun verrou au monde ne peut l’empêcher de nous rejoindre.

Même ceux que je me suis mis moi-même.

Mais pour cela, il vous sera nécessaire d’oser nommer ce qui en vous relève de la déception, de la tristesse, de la nuit, de la mort dans votre vie pour pouvoir ensuite regarder, étonné, ébloui, Jésus venir et se tenir là pour vous assurer de sa présence, et vous adresser sa parole de paix :

« Paix à vous », parole 3 fois dites dans ce passage.

Ecoutons une autre parole toute aussi étonnante :« Moi je vous envoie recevez l’Esprit Saint, remettez les péchés »

Ces paroles du Christ, s’adressent aux disciples, donc à chacun de nous.

Nous aussi sommes envoyés, recevant la force de l’Esprit Saint pour être signe du pardon offert.

Souvent, nous ne prenons pas assez au sérieux ce que nous dit Jésus, nous nous protégeons de ses paroles en nous disant : ce n’est pas à nous qu’il s’adresse.

Baptisés, donc disciples nous sommes envoyés :

Accueillons cet envoi en mission, c’est constitutif de notre être baptismal.

L’Esprit nous a été donné au baptême et à la confirmation.

Il nous a fait prêtre, prophète et roi.

-Roi pour gérer notre vie dans le sens de la justice, et ouvrer à un monde selon le cœur de Dieu

-Prêtre pour être des célébrants de son amour, devant lui pour le louer

-Prophète pour écouter sa parole et pouvoir en témoigner par nos actes et nos paroles

-Envoyés pour dire la miséricorde.

Ces mots de Jésus aux disciples sont donc pour nous.

Ecoutons une autre parole : « Nous avons vu le Seigneur » et mesurons l’extraordinaire de la joie des disciples : le vaincu, le rejeté, le condamné, le crucifié mort sur la croix, il est vivant et on l’a vu vivant.

La lumière après la nuit, la joie après la douleur.

Pesons ce poids de joie des disciples.

Pesons la force de cette joie, qui seule explique la force de leur témoignage, la transformation que cela va opérer en eux et qui ira jusqu'à donner leur vie pour témoigner de lui.

Cela voulait dire pour eux que tout dans la vie de Jésus est véridique, que tout est digne de foi.

Dieu a donné raison au crucifié contre ceux qui en avait fait un paria, un blasphémateur.

Notre foi repose sur leur témoignage.

Ils ont vu c’est pourquoi ils ont parlé.

Ce « voir » des disciples n’est pas le nôtre. Et pourtant, nous aussi d’une autre manière il nous est donné de voir ! Comment ? Une question que je laisse à votre réflexio priante !

Regardons Thomas.

Patron des douteurs dit-on, un modèle pour nous qui pouvons vivre le doute lancinant mais surtout le modèle positif de ceux qui veulent bâtir leur foi sur une expérience personnelle et non sur une rumeur.

Ecoutons une autre parole de Jésus

« Porte ton doigt ici : voici mes mains. Avance ta main et mets-la dans mon côté »

Entendre ces paroles de Jésus à Thomas. Elles sont l’exacte réponse à sa demande : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous…si je ne mets pas ma main à son côté… »

Prenons conscience de la délicatesse de Jésus : Jésus approuve Thomas dans son désir de toucher et de voir, il le rejoint au cœur de son incrédulité, comme il nous rejoint aussi là où nous sommes et comme nous sommes.

Regardons avec les yeux de la foi ce corps glorieux de Jésus, ce corps ressuscité qui porte à jamais et pour l’éternité les marques de sa passion.

Dans la foi, nous pouvons faire le même geste que Thomas et déposer en ses blessures, nos blessures, tristesses, déceptions, peurs, nuits…

Ecoutons la béatitude que Jésus exprime :

« Heureux ceux qui croiront sans avoir vu »

Il parle de nous.

Goûtons là encore la délicatesse de Jésus. Il pense à nous qui ne sommes pas les témoins directs, et qui croient sur le témoignage des disciples. Joie de croire.

Laissons-nous aller à cette joie

Ecoutons le cri de Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu »

Un cri qu’on peut avoir après tant de nuit. Il est le seul à le pousser. Heureuse nuit qui lui a valu un tel cri de joie et de foi. Ce cri, on peut le faire nôtre pour laisser descendre en nous la réalité qu’elle signifie : « Mon Seigneur et mon Dieu »

 

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 21:05
Invité-es: Alice Damay-Gouin, mots d'enfants

Mots d’enfants ! Mots qui nous montrent, incroyablement, le chemin de Confiance, des Béatitudes, de Miséricorde

1 ) « Mais si, mamie, tu vas réussir… »

C’était durant la période estivale du 15 août, par une belle journée ensoleillée. Je voyage avec l’aîné de mes petits-enfants. Je veux faire une pause et je pénètre dans une aire de stationnement mais avec la foule, difficile de trouver une place disponible ! Enfin, je réussis à me glisser entre d’autres voitures. Mais au moment de reprendre le volant, stress !!! Il va me falloir faire des manœuvres en marche arrière !!! Et alors, mon petit-fils me dit : « Mais si, mamie, tu vas réussir ! Tu vas regagner de la jeunesse » !!! Comment un enfant de 8 ans peut-il avoir une telle trouvaille ! Incroyable ! Et à la fin de ma manœuvre, de dire : « Tu vois, mamie, Tu as réussi ! Tu as regagné de la jeunesse ! » J’ai regagné de la confiance en moi, de l’estime, de… la jeunesse !!!

2) « Mamie, reste avec moi, mamie j’ai… »

Passant chez ma fille, ma petite-fille, de 6 ans, me dit : « Mamie, reste avec moi ! » Comme je ne peux pas, étant attendue ailleurs. Alors, ma petite-fille me dit : « Si, mamie, reste avec moi. J’ai besoin de toi ». Et constamment, je repense à cette réflexion d’une gamine de 6 ans. N’a-t-elle pas compris cette richesse du chemin des Béatitudes : « Bienheureuses les personnes qui vivent dans l’esprit de pauvreté et qui savent dire leur besoin des autres ».

3) « Si dans ta vie, tu as… »

Dimanche dernier, j’entends le témoignage d’une femme qui est condamnée à 10 ans de prison. Elle parle de sa cellule et nous montre un message que sa petite- fille, âgée d’une dizaine d’années, lui a envoyé : « Si dans ta vie, tu as des centaines de raisons de pleurer, pense que tu as aussi des milliers de raisons de sourire ! » Oui, cette femme a affiché ce mot à un endroit bien visible, dans sa cellule. Quel réconfort pour elle !!! C’est, pour moi, la représentation merveilleuse de la Miséricorde ! Elle n’ignore pas où se trouve sa mamie, mais elle n’en parle pas et, surtout, elle a su trouver les mots pour redonner la force de vivre. Quel merveilleux don miséricordieux !

« Si dans ta vie, tu as des centaines de raisons de pleurer, pense que tu as des milliers de raisons de sourire ! »

Alice Damay-Gouin

 

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 22:18
Homélie de Sr Michèle: Pâques, du fermé à l'ouvert.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; C’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

Jn 20/1

 

Le tombeau était scellé. La mort semblait triompher. C’était à la fois la personne de Jésus mais aussi son message, le Royaume dont il témoignait qui étaient enterrés, celui qu’il avait commencé à instaurer par ses paroles et ses actes. Royaume fait de respect de toutes et de tous sans discrimination. Royaume de frères et sœurs dans l’égalité. Royaume de justice, de pardon, de partage, de joie. C’est tout cela qui se trouvait enfermé dans la nuit du tombeau.

Et l’inouï se produit : la tombe est ouverte et vide. Où est-il ? La vie a triomphé de la mort. Dieu a ouvert ce qui était fermé et c’est pour nous le gage de la victoire sur tout ce qui nous enferme, de tout ce qui est mortifère : Dieu est de notre côté dans l’Ouvert. Et c’est depuis toujours que Dieu a pris le parti de l’Ouvert : Créer, recréer, ressusciter, c’est ouvrir. Prendrons-nous le même parti ? Pour cela, une conversion est nécessaire : la résurrection du Christ n’est pas quelque chose à croire comme on récite une formule, c’est quelque chose à vivre. Vivre ce que l’on croit, c’est répondre à un appel à vivre autrement. La foi est un engagement, une prise de position, un combat pour faire gagner la vie, pour faire gagner le royaume inauguré par Jésus. C’est vivre dans l’ouvert.

Un des drames de l’histoire de l’Eglise, c’est de n’avoir pas su assez tirer les conséquences politiques et sociales de la résurrection. La résurrection donne raison à Jésus, donne raison à ce qu’il a fait contre ceux qui l’ont crucifié au nom de fausses conceptions de Dieu, parce que Jésus remettait en cause l’utilisation religieuse du pouvoir et qu’il voulait un royaume de justice. Au lieu d’en faire un formidable levier de résistance à l’injustice, elle a souvent servi à n’être qu’un article de foi qui renvoyait la justice à la vie après la mort, ne contestant aucun pouvoir, confortant la résignation. Rendant impossible une lecture sociale et politique de la résurrection.

Pourtant la résurrection est bien l’espérance que Dieu ne se résigne pas à l’injustice, qu’il la combat à côté de ceux qui la subissent et la combattent. Comment faire pour que l’orthodoxie d’un énoncé de foi ne reste pas inopérante dans nos vies et nos sociétés ?

Pour cela, voir le Christ humilié et crucifié en tout personne humaine qui souffre, dans toutes les déshumanisations de notre monde.

Pour cela, voir la résurrection à l’œuvre en tout lieu, en toute action, en toute personne, en tout ce qui humanise notre monde.

Croire en la résurrection, c’est sortir de ce qui est fermé pour ouvrir les chemins du possible…et de l’impossible.

 

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 17:10
Homélie de Sr Michèle: Jeudi Saint, une révolution spirituelle.

Jn 13/1-17

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.

 

 

Pourquoi sommes-nous là ? Pour regarder le Christ serviteur, regarder ce qu’il fait, ce qu’il dit, ce qu’il est. Le regarder et s’imprégner de lui. S’imprégner de sa manière d’aimer et nous laisser aimer par lui pour ensuite aimer sa manière.

Jésus ne commence pas par parler mais il agit. Imprimons en notre cœur chacun de ces gestes:

Il se lève de table

Il quitte son manteau

Il met un linge autour de sa taille

Il verse de l’eau dans un bassin

Il se met à genoux

Il lave des pieds

Il est le Maitre, il est Seigneur

Il est Dieu et il est à genoux en serviteur.

Prenons conscience de l’inouï de ce geste.

Cela bouleverse nos idées sur Dieu.

Dieu n’est plus en haut, il est en bas, en humble place. Une révolution spirituelle !

Chacun-e de nous peut entrer dans cette scène, se mettre à table avec les disciples.

Jésus s’approche de chacun-e de nous

Il se met à genoux devant nous.

Il nous lave les pieds.

Comment je réagis à cela, à ce Dieu à genoux devant moi ?

Refuser comme Pierre tout d’abord ?

Accepter ensuite ?

Si j’accepte que Jésus me lave les pieds, j’accepte que Dieu m’aime, que Dieu prenne soin de moi, j’accepte de me laisser aimer par lui

Mais cela m’engage au même geste pour les autres.

Alors nous pourrons entendre sa parole : « un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Entendre et comprendre la raison du geste du Christ tel qu’il est dit au début de ce texte 

« Sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout »

Jésus donne sa vie jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême de la croix. Il en donne le sens par ce geste du lavement des pieds.

Entendons son appel à le suivre : servir à sa manière.

 

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 18:14
Article du Journal la Croix: Léonie Simaga, être utile dans un monde qui va mal.

Léonie Simaga, être utile à un monde qui va mal

Article de Marion De Azevedo, le 22/02/2016

dans le Journal la Croix.

http://www.la-croix.com/Culture/Theatre/Leonie-Simaga-etre-utile-a-un-monde-qui-va-mal-2016-02-22-1200741765

La comédienne de 37 ans vient de quitter la Comédie-Française où elle jouait depuis dix ans. Un départ motivé par un besoin de rendre aux autres, à sa famille et à la société.

 

En quittant la Comédie-Française, Léonie Simaga a choisi de se remettre en question. La comédienne se voudrait « utile » pour la société.

Son fils de 8 mois est malade quand on la rencontre, ce qui n’empêche pas Léonie Simaga de se confondre en excuses pour son petit retard. Derrière cette grande politesse, se cache une jeune femme décidée. Premier rôle de la série Trepalium diffusée sur Arte les 11 et 18 février derniers, la comédienne de 37 ans vient de quitter la Comédie-Française. Une décision rare, qu’elle a prise pour être présente auprès de sa famille mais aussi pour se remettre en question. « Je regrette de ne pas être quelqu’un d’utile », se désole-t-elle.

> Lire aussi : La Comédie-Française, une troupe à nulle autre pareille

Fille d’un Malien ingénieur agronome aux Nations unies et d’une professeur de lettres modernes bretonne, elle a passé une grande partie de son enfance en Afrique, « pieds nus et sans contraintes ». Ses parents se refusent à vivre comme des expatriés : « Ils n’ont jamais voulu qu’on ait une piscine, alors qu’on en avait les moyens. Parce que “ça ne se fait pas au Sahel” », s’amuse-t-elle aujourd’hui.

Le retour en France et l’entrée au CM2 dans un village des Côtes-d’Armor lui font l’effet d’une douche froide. « On rentrait tous les étés. La pluie, le froid, je connaissais. Mais là, à l’école… j’ai été confrontée au racisme, tout de suite. »

Des années d’étude, « shootée à l’exigence »

Deux ans plus tard, Tanger devient le théâtre de son adolescence. Les yeux de Léonie s’éclairent de souvenirs amusés : « Avec ma mère, nous étions extrêmement proches à ce moment-là. C’était une période de joie, de fête ! » Au Maroc, elle fait une rencontre qui va changer sa vie : son professeur d’histoire de seconde. « Il m’a appris à penser et à travailler, et que ces choses-là sont des sources de plaisir pour lesquelles tu ne dépends de personne d’autre. »

La jeune fille décide de rentrer en France pour passer son bac. À la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, elle se plonge à corps perdu dans les études. « C’était une année très exaltante. J’étais shootée à l’exigence », assure-t-elle. Le seul moment de répit qu’elle s’accorde, le samedi, est au Cours Simon. Du théâtre, qui n’est alors qu’un loisir.

Après avoir raté, « de peu », les félicitations du jury au bac, elle entre en prépa. Son année de khâgne au lycée Henri-IV se révèle difficile :« Je me suis fait un claquage des neurones, la panique a pris le dessus. »Elle « cube » à Rennes, plus près de sa famille. Un nouvel échec lui met du plomb dans l’aile : « J’ai raté le concours de l’École normale supérieure, et ça a été terrible. »

Le défi du concours du Conservatoire national supérieur d’art dramatique

Elle sombre dans la dépression, jusqu’à ce qu’elle intègre Sciences-Po sur les conseils d’une amie. « C’était quand même prestigieux, ça amoindrissait l’échec », reconnaît-elle. Mais elle supporte mal certains aspects de cette grande école où la lutte des classes, pense-t-elle, est encore à l’œuvre. Après son mémoire sur François Furet, elle prend un nouveau virage. Elle se lance le défi de passer le concours du Conservatoire national supérieur d’art dramatique (CNSAD),« pour réussir quelque chose en dehors de la scolarité, d’artistique, de très difficile ».

> À lire : Quand des élèves découvrent la Comédie-Française

Elle y parvient à l’unanimité du jury. « C’est une évidence, vous êtes une actrice ! », lui déclare Éric Génovèse, de la Comédie-Française, alors juré. Durant sa première année, elle joue pour la première fois pour la Comédie-Française. Une seconde fois lors de sa deuxième année. Au cours de la troisième, à 27 ans, elle est engagée. C’est la consécration. Elle interprète l’Infante du Cid, Chimène, Roxanne… Son éthique du travail bien fait lui épargne les problèmes d’ambition : « Le théâtre, la troupe, tout était là. »

Cet état de grâce dure cinq ans, avant que « l’envie d’avoir un enfant, d’être amoureuse » ne la rattrape. Elle donne naissance à sa fille il y a cinq ans, et il devient petit à petit difficile de concilier vie de famille et carrière. « C’est le classique combat des femmes… Mais j’ai essayé ! »,affirme-t-elle.

« Il faut que je joue vraiment des choses qui ont du sens »

L’an dernier, alors qu’elle joue dans une seule pièce, elle passe le casting pour un rôle secondaire de la série Trepalium, dont le thème politique et social lui parle. C’est finalement le premier rôle qu’elle obtient.

> Relire : L’effrayant futur de « Trepalium »

Un deuxième enfant, mais aussi les attentats, ont pesé sur sa décision de quitter la Comédie-Française. La montée de la xénophobie et la stigmatisation des étrangers la remplissent d’effroi.« Moi qui suis ça et autre chose, moi qui ai tant reçu de ma famille et de l’État français, comment je peux rendre ?, s’interroge-t-elle. Si c’est en tant que comédienne, alors il faut que je joue, et que je joue vraiment, des choses qui ont du sens. »

Fin décembre, sa décision est prise. « J’ai démissionné, je suis une maman sans emploi fixe, intermittente, comme il est normal de l’être quand on est acteur », résume-t-elle. Aujourd’hui, elle se cherche. « Je suis dans ce monde qui va très mal, et je me demande ce que je dois faire de moi. C’est une question morale qui se pose. »

–––––––––––––

Son inspiration.

Sa mère, Marie-Thérèse

« Ma mère, elle est tout. Elle est capable d’être une artiste, elle est capable d’être une intellectuelle, elle est capable d’être une paysanne… Elle est capable d’être vieille et jeune et enfant. C’est elle qui m’a fait découvrir la transcendance, qui dépasse le quotidien, par tout un tas de choses : par la poésie, par les pommiers en fleur, par la nature… Et en même temps, c’est la personne qui sait le mieux organiser un pique-nique ou charger un coffre de voiture. Elle a un rapport au concret hallucinant. Et tout ça dans l’humilité la plus totale, parce qu’elle ignore ou fait semblant d’ignorer qu’elle a toutes ces capacités-là. Et puis, il y a l’amour inconditionnel et la dévotion totale qu’elle a envers ses enfants… »

Marion De Azevedo

 

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 12:22
Communautés de proximité : Lignes directrices selon Joseph Moingt et exemple concret  à Achères

En septembre 2010, le Père Joseph Moingt, sj a donné une conférence qui avait pour titre : Annonce de l'Évangile et structures d'Église[1]

Dans cette conférence il donnait des grandes lignes pour penser des communautés de proximité et ainsi faire Eglise autrement.

Voici un résumé de cette conférence, suivi d’un exemple concret avec l’initiative d’un groupe de chrétiens à Achères dans le 78.

 

1-Résumé de la conférence

Dans cette conférence Joseph Moingt développe 5 thèses

1ère thèse :

Annoncer l’Evangile doit être notre seule préoccupation. Donc il s’agit d’aller au monde pour le vivifier de la vie et de l’esprit du Christ donc de communiquer avec ce monde. Ne pas se préoccuper de la santé de l’Eglise .C’est en ayant pour seule préoccupation l’annonce de l’Evangile qu’une autre Eglise pourra naître

2ème thèse :

L’Evangile est une école de vie, source d’humanisme et non un code religieux.

C’est une bonne nouvelle pour tous. Il nous dit que tout peut changer car Dieu y est à l’œuvre. C’est un nouvel ordre à instaurer fait de guérison, de libération, de pardon d’amour jusqu'au bout. C’est une nouvelle manière d’être en relation avec les autres. Où personne n’est exclu. C’est dire que la seule voie de salut est l’amour : quiconque aime est né de Dieu 1Jn 4/7 ( croyant ou pas). C’est donc un universalisme au-delà des clivages religieux.

Ce qui est à dire à ce monde c’est qu’il est dans le salut à la mesure même de l’amour. Il y a à annoncer cela et à y travailler avec d’autres qui le pensent et le vivent aussi sans forcement être croyant : conduire l’humanité à la plénitude de son humanité créé à la ressemblance de Dieu

3ème thèse

La sécularisation nous impose une attitude missionnaire radicalement différente du passé.

La sécularisation, c’est le retrait du religieux, c’est la rupture entre religion et société. C’est un phénomène social et culturel qui fait entrer dans un monde nouveau.

Mais c’est en fait ce que Jésus a introduit par son Evangile : l’émergence d’un humain qui accomplit son humanité en responsabilité. C’est donc en fait, ce que Dieu veut.

Il s’agit donc de comprendre cette sécularisation. Le monde s’est séparé de la religion qui l’empêchait de conquérir la liberté de pensée et la maitrise de sa vie.

Ce monde ne se remettra pas à l’écoute de l’Evangile en se soumettant à une institution. Il faut donc lui faire redécouvrir l’Evangile en dehors d’une institution, lui faire découvrir un visage de Dieu dont il n’a pas idée. Ce qui l’empêche de le découvrir c’est tout appareil autoritaire des religions instituées.

Lui faire redécouvrir un Dieu qui appelle à la liberté, qui s’intéresse à la vie des humains, qui compatit, qui confie la création à partager pour le bien de tous

4ème thèse

La possibilité de changement dans l’Eglise ne peut pas venir d’en haut.

Car la remise en cause est trop radicale, l’attachement à un modèle clérical hérité du Moyen-âge trop forte.

5ème thèse

La possibilité de changement est donc entre les mains des laïcs créant des petites communautés de proximité

Pour cela, il faut d’abord que les laïcs quittent une forme de passivité ecclésiale. Que sorte de leur tête le modèle que l’autorité ne peut être que cléricale. Il faut revenir aux 1ers temps de l’Eglise où tous avaient initiative. Leur baptême les habilite à prendre toute initiative pour bâtir autrement la communauté des chrétiens, sans avoir besoin d’autorisation. L’autorisation, c’est leur baptême !

Ensuite, leur créativité sera de faire naitre des petites communautés de proximité qui peut commencer à 3 ou 4 !

Les 3 caractéristiques de ces communautés de proximité :

1-Un lieu de vie, créés par des laïcs qui veulent prendre en charge une visibilité d’Eglise

2-L’Evangile au centre des réunions car c’est le lieu de rencontre avec Jésus. Pour vivre en tant que disciple, vivre de son esprit, s’en nourrir pour le communiquer

Lieu pour se forger une parole audible pour nos contemporains imbus de modernité

Donc lieu de liberté de jugement et non d’obéissance à l’institution

Lecture guidée par l’intérêt de Jésus pour ce monde

3-communauté missionnaire

Elle sera ouverte au problème qui se pose dans son environnement immédiat, posera des actions concrètes avec d’autres, cherchera ce qui est prioritaire

Fera comme Jésus qui s’intéressait à la vie des gens, prenant à bras le corps les problèmes d’humanité

Cela montrera un nouveau visage d’Eglise, amie de la liberté

La société pourra donc reconnaitre en ces communautés, les mêmes idées à cause desquelles ils avaient rejeté l’Eglise, reconnaitre la vraie humanité dont l’Evangile est la source.

 

2-le groupe d’Achères

Voici comment ce groupe se présente.

Historique de notre groupe :

Notre groupe est une communauté de proximité que nous avons choisi d’appeler Communauté de partage d’Achères parce qu’il s’agit d’un lieu où nous échangeons et partageons nos idées, nos interrogations, nos expériences et surtout notre lecture de l’Evangile. Ce groupe est né du questionnement que nous avions les uns et les autres en ce qui concerne certaines positions institutionnelles de l’Eglise (remariage des divorcés, contraception, procréation assistée, mariage des homosexuels, référence systématique au péché et à la mort …). Certaines de ces positions provoquaient en nous un profond malaise. Nous étions à plusieurs à nous éloigner de l’Eglise notamment en participant de moins en moins aux messes dominicales. Sur les conseils d’un prêtre d’une autre paroisse, nous nous sommes rapprochés de la CCBF dans un premier temps via le site internet, puis, en participant à une rencontre à Versailles en juin 2013 où il était question des communautés de proximité. Nous y avons tout de suite vu la possibilité à un niveau local, de se sentir moins isolé, de pouvoir échanger autour de l’Evangile en apportant chacun une lecture différente, de recréer du lien et bien sûr de ne pas quitter l’Eglise. Au retour de cette réunion à Versailles, nous avons très rapidement décidé d’essayer de créer une communauté à Achères. Nous avons proposé à plusieurs personnes autour de nous, des personnes que nous pensions susceptibles d’être intéressées, de se joindre à nous (juillet 2013). Lors de cette première réunion, la parole a été donnée à chacun et tous ont pu exprimer ce qu’ils ressentaient, parfois le découragement et la tentation d’abandonner les engagements pris. Il est intéressant de constater qu’à l’issue de cette réunion, nous étions nombreux à partager le sentiment qu’il fallait continuer à s’engager, rester, « ni partir, ni se taire ».

Nos rencontres :

Nous nous retrouvons (une dizaine de personnes) tous les mois (8 à 9 fois par an) entre laïcs autour d’une lecture de l’Evangile du dimanche suivant, autour d’un texte (exemple interview du Pape aux jésuites) ou encore d’un thème. Nous essayons, « chacun apportant sa pierre à l’édifice », d’avoir une lecture de l’Evangile pleine d’espoir et de joie. Nous échangeons également sur ce que chacun peut vivre de son côté dans les mouvements ou associations dans lesquels il est impliqué.

Pour plus d’info sur cette communauté, leur blog :

https://www.over-blog.com/user/1816669.html

Pour leur écrire :

communautepartageacheres@gmail.com

[1] http://www.ofs-de-sherbrooke.over-blog.com/article-annonce-de-l-evangile-et-structures-d-eglise-72325547.html

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 21:50
Peinture de He Qi

Peinture de He Qi

Ce récit des chapitres 22 et 23 de l’évangile de Luc est d’une actualité brulante et de tous les temps.

Un homme est arrêté, jugé, condamné, exécuté et de plus il est innocent !

Victime de l’injustice comme l’ont été et le sont encore tant de gens. Il est l’innocent à qui tous les bourreaux font violence.

Entendre, lire ce récit c’est donc une plongée dans le monde de la violence et de l’injustice de pouvoirs politiques et religieux qui continuent de sévir. C’est regarder le sort de tant de femmes et d’hommes en ce moment.

C’est donc un récit dangereux pour tout pouvoir qui s’arroge le droit de tuer. Ce récit en est la dénonciation car il montre que Dieu est du côté de ceux qui souffrent.

Le Dieu crucifié, victime de l’injustice est jugement contre toute injustice.

En Jésus, Dieu est donc là, avec nous, non seulement un jour du temps quand il a hurlé de douleur sur la croix, mais aussi de tout temps. Il crie sa douleur pour tout ce qui dans ce monde pourtant si beau, est défiguré par l’injustice et par l’absurde. Il est là avec nous, sans mots, mais il est là. Il nous prend la main, il nous prend dans ses bras pour que, de la douleur, puisse naître peu à peu une détermination, une force pour combattre, une force pour vivre et faire vivre.

« Ayant aimé les siens, il les aima jusqu’à l’extrême ».

Voilà la raison de la croix : un amour en excès. Une fidélité de Dieu qui va jusqu’au bout. Il va jusqu’au bout de la non-violence et ne répond pas par la violence à la violence. Il fait jusqu’au bout ce qu’il a toujours fait et dit. Reculer devant la croix, cela aurait décrédibiliser tout l‘Evangile.

Malheureusement, ce n’est pas cette lecture qui a dominé la réflexion chrétienne. Une lecture a même atteint le summum des fausses images de Dieu en présentant les souffrances et la mort du Christ comme le prix à payer pour que Dieu pardonne ! On peut légitimement s’indigner devant ce Père qui aurait besoin de la mort de son Fils pour nous pardonner. Et le théologien Juan louis Segundo le fait en écrivant :

« Un Dieu d’amour n’est pas compatible avec un être qui peut être offensé au point de devoir sacrifier son Fils pour rester en paix avec soi-même et se réconcilier avec l’offenseur » [1]

 

[1] Juan louis Segundo Qu’est-ce qu’un dogme, Cerf CF n°169 p 507

 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 21:52
Invité-es: Katrin Agafia, Onction à Béthanie Mc 14/1-11, le parfum de l'amour.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (14, 1-11)

A deux jours de la fête de Pâques, et des pains sans levain, les grands prêtres et les lettrés cherchaient une ruse pour l’arrêter et le tuer.

« Pendant la fête, au milieu de la foule, on ne peut pas, disaient-ils. Cela ferait trop de désordre ».

Lui, pendant ce temps, se trouvait à Béthanie, étendu pour le repas dans la maison de Simon le Lépreux. Une femme arriva, portant un flacon d’albâtre qui contenait un onguent parfumé de grand prix. Elle le brisa et répandit le parfum sur sa tête. Certains s’en indignèrent :

« Quelle idée de gaspiller cet onguent ! On aurait pu en tirer facilement trois cents deniers et les donner aux pauvres ! »

Ils étaient furieux contre elle. Mais Jésus dit : « Laissez-la donc ! Pourquoi lui faire de la peine ? C’est bien ce qu’elle a fait pour moi. Les pauvres, vous en aurez toujours sous la main, vous pourrez leur faire tout le bien que vous voudrez, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. En parfumant d’avance mon corps pour le tombeau, elle a fait tout ce qui était en son pouvoir. Je vous l’assure : partout, dans le monde entier, où sera proclamé l’Évangile, on gardera aussi la mémoire de ce qu’a fait cette femme»

Judas, l’homme au couteau qui était l’un des Douze, alla trouver les grands prêtres pour proposer de le leur livrer. Ils l’écoutèrent, contents, et lui promirent de l’argent. Il se mit à chercher le moyen et le moment. »

Nouvelle traduction de la Bible Ed : Bayard

 

Que faut-il faire pour accomplir sa vie, pour accéder à cette vie en plénitude dont nous rêvons tous? Il existe tant de chemins qui mènent aux portes du Royaume ! Certains montent, d’autres descendent. Tous semblent se rendre au même endroit, mais le quel choisir ? Les randonneurs nous diront que la descente est infiniment plus difficile que la montée. Quand on monte, on maîtrise son souffle, ses pas, on acquiert un rythme, on se cale sur celui qui nous précède… quand on descend, les genoux tremblent, la pente nous entraîne, on ne maîtrise plus grand-chose, on s’évertue simplement à ne pas glisser, à ne pas tomber. Il est plus rassurant de monter que de descendre. Il est plus rassurant de partager ses biens avec les plus pauvres que de vider un flacon de parfum entier sur la tête d’un ami, lors d’un dîner; car dans le premier cas on devient quelqu’un et dans le second cas, on passe pour un fou, on prend le risque de n’être plus rien.

Chez Simon Le Lépreux, il y a ceux qui montent et celle qui descend. Drôle de façon de descendre, me direz-vous, en gaspillant tout son argent ! Pourtant, Jésus nous dit de cette femme qu’ : « elle a fait tout ce qui était en son pouvoir », c’est-à-dire, elle est allée au bout d’elle-même; et ce pouvoir, c’est celui d’aimer. Alors, elle aime. Elle aime un peu, beaucoup, passionnément… et emportée par son élan, elle finit par aimer à la folie ! A chaque goutte de parfum versé, elle dévale un peu plus ce sentier qui la conduit vers elle-même. Peu importe le « qu’en dira-t-on », peu importe de n’être plus rien aux yeux du monde, elle se risque à vivre son propre désir, les yeux rivés sur ce regard de tendresse qu’elle a, un jour, croisé. Parce que son geste fou est forcément le fruit d’une rencontre. Une rencontre où elle a pu faire l’expérience qu’il n’y a aucun danger à se laisser aimer, à se laisser porter. Une rencontre au cours de laquelle elle a osé accueillir l’implacable exigence de l’Amour qui pousse à aller au bout de soi. Sa liberté, elle l’a trouvée là, en brisant sa peur, pour se livrer totalement à l’Amour. Et cet Amour s’est répandu, comme un parfum, aussi léger qu’un baiser.

Pour ceux qui montent, le chemin est plus rassurant, on l’a dit ; plus simple aussi car il est entièrement balisé. Ils n’ont pas trop de questions à se poser parce qu’ils ont appris ce qu’il faut faire, ils savent par où passer ! Par exemple, ils savent que plutôt que de gaspiller, il est préférable de partager ! Ceux qui montent ne sont pas forcément de mauvais bougres ! Non ! Ce qui est compliqué pour eux, c’est de regarder vers le bas, vers celle qui dévale la pente ; parce que descendre est beaucoup trop dangereux à leurs yeux : c’est se risquer à être soi, se risquer à tomber, se risquer à être jugé à force de ne plus rien maîtriser…trop d’imprévus à assumer ! Et ce n’est pas tant contre cette femme qu’ils sont furieux que contre eux-mêmes et leur propre frilosité. Pourtant, Jésus ne les juge pas. Il les regarde avec la même intensité que cette femme qui se tient là, à Ses pieds. Il leur fait simplement cadeau d’un pourquoi (« Pourquoi lui faire de la peine ?) ; un pourquoi, comme une invitation à descendre, à se plonger en soi, pour mieux se retrouver et accueillir sa propre fragilité.

Alors que faut-il faire pour accomplir vraiment sa vie? Monter en observant la loi coûte que coûte ou bien descendre en brisant un flacon d’albâtre et se laisser entraîner vers plus grand que soi ? Longtemps, on nous a présenté le chemin de la sainteté comme ce chemin qui monte, long et ardu, entièrement balisé que nous devions gravir à la force de nos poignets. Pourtant, j’en suis persuadée, les Saints, ont tous, pris le chemin qui descend : c’est le plus périlleux, mais c’est aussi le plus direct pour aller vers Dieu. Ils ont emprunté ce chemin en renonçant à devenir quelqu’un, en acceptant d’être un simple Humain car l’urgence, pour eux, n’était pas de briller mais de brûler et de se consumer.

Et ce choix qu’ils faisaient, tenait à pas grand-chose : la force d’un regard, la puissance d’une tendresse qui s’invitait au voyage, la peur qui résistait ou bien qui cédait ; Mais au final, ils plongeaient !
Alors oui, c’était des Saints ! Mais ils étaient d’abord des Humains : nos frères et nos sœurs en humanité, avec ce même grain de folie que celui qui habite un coin de nos vies ; un grain de folie capable de confondre les sages ; un grain de folie traversé par nos désirs d’infini ; un grain de folie qui attend patiemment notre oui ! Oui pour se risquer à cette descente où s’accomplissent chacune de nos vies.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 20:52
Homélie de Sr Michèle, 5ème dim. de Carême: femme libérée

Dans l'évangile de Jean au chapitre 8 verset 1 à 11

Quant à Jésus, il alla au mont des Oliviers. Mais, dès l'aurore, de nouveau il fut là dans le Temple, et tout le peuple venait à lui, et s'étant assis il les enseignait. Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu, ils disent à Jésus : "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Or dans la Loi Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?" Ils disaient cela pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol. Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !" Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol.

Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu. Alors, se redressant, Jésus lui dit : "Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?" Elle dit : "Personne, Seigneur." Alors Jésus dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus."

 

Pour mieux comprendre ce récit, il est bon de commencer en amont, à partir du chapitre 7 verset 37 : « Celui qui a soif, qu’il vienne à moi. L’Ecriture l’a dit : des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur » Quel est ce fleuve ? La miséricorde inouïe de Dieu. Ensuite au verset 43, on nous dit qu’on veut l’arrêter. Les soldats venus pour le faire y renoncent car disent-ils personne n’a parlé comme cet homme. Nicodème prend sa défense en disant qu’on ne peut condamner quelqu’un sans l’entendre. En fait, le premier accusé, c’est Jésus, et à travers l’accusation de cette femme, c’est lui qu’on veut tuer. Lui et elle sont en danger de mort.

Cette femme, grâce à Jésus aura la vie sauve et Jésus mourra sur une croix. En disant cela je ne veux pas dire qu’il y a substitution. Non mais dire que c’est son attitude de liberté, sa prétention à la miséricorde, qui suscite l’opposition et qui va le conduire à la mort : en sauvant cette femme, il s’expose encore plus à l’hostilité de la haine qui se cache sous le zèle.

Regardons cette scène du côté de cette femme

Que s’est- il passé pour elle?

Elle aurait dû mourir, elle est vivante.

Elle aurait dû être condamnée, elle est graciée.

Elle était prisonnière, elle est libre.

Au lieu de la prison, de la condamnation et de la mort, elle a reçu la grâce, la liberté et la vie. Jésus l’a sauvée de la mort.

Essayons d’imaginer la chape de plomb qui pesait sur elle et l’immense délivrance qu’elle a vécue. Imaginer son soulagement, elle a vu la mort de près. Après l’angoisse, elle se retrouve vivante, libre et pardonnée. Elle est sauvée mais encore plus, elle sait qui l’a sauvée !

Ce qu’elle a vécu a dû enraciner en elle, un amour immense, une reconnaissance infinie pour celui qui l’avait sauvée de la mort.

Cette femme c’est chacun de nous. Cette femme est la figure de l’humanité tout entière.

Jésus est venu pour nous réaliser l’éternel projet de salut de notre Dieu : guérir nos intelligences et nos volontés blessées. Il est venu pour révéler le vrai visage de Dieu : Dieu de miséricorde. Dieu lui-même qui continue de croire en nous, Dieu lui-même qui continue de nous espérer, Dieu lui-même qui ne cesse pas de nous aimer.

Ecoutons ce silence de Jésus. Le silence de Jésus permet à chacun de s’interroger. Jésus ne se laisse pas prendre au piège. Se sortir de ce piège est divin. Il répond par le silence et par une parole qui fait confiance à la capacité des accusateurs à se reconnaître pécheurs !

Ecoutons sa parole qui renvoie chacun à lui-même. On comprend mieux alors que tous s’en vont l’un après l’autre.

Prenons conscience de la pédagogie de Dieu : aucune parole d’accusation pour personne, une attitude qui permet à chacun de faire un travail de vérité qui libère.

Au début Jésus nous dit qu’il peut étancher toute soif et à la fin il nous dit qu’il est la lumière du monde, que celui qui le suit aura la lumière de la vie. Il faut aller jusqu’à ce verset 12 pour entrer dans l’intelligence de l’épisode de la femme adultère. Lui seul peut étancher notre soif de pardon et lui seul peut éclairer notre vie, nous faire passer des ténèbres à la lumière.

Offrons-nous à cette lumière pour qu’il vienne guérir ce qui a besoin d’être guéri en nous, convertir ce qui a besoin d’être converti.

Demandons l’eau que lui seul peut nous donner, la source qui jaillit de son cœur transpercé, l’eau vive de sa miséricorde.

Dans certains pays, la lapidation fait encore son œuvre de mort et des femmes meurent sous les pierres. Violences d’hommes murés dans leur sexisme et leur obscurantisme.

Malheureusement pour elles, il n’y a pas une voix qui leur dit : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ». Il n'y a pas de voix qui les libèrent et les sauvent.

 

 

 

 

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