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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 20:48
Evangile du 17ème dimanche TO: Jean 6/1-15

Jn 6/1-15

Après cela, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.

Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.

Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.

Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

 

Le texte de la multiplication des pains en Jean est proche de celui de Mathieu en 14/13-23 : 5 pains et 2 poissons qui servent à nourrir une foule et la réaction finale de Jésus : congédier la foule et se retirer en solitude

Une différence cependant. En Matthieu cela commençait aussi par une « retraite » de Jésus.

Il venait d’apprendre l’arrestation de Jean-Baptiste, et monte dans une barque, il se retire dans un lieu désert pour être à l’écart. Le point commun de ces 2 réactions est un choix de solitude. C’est une même réaction devant deux événements opposés. Le premier est l’événement tragique de l’arrestation de Jean, l’échec que cela représente, la tristesse de la mort d’un ami, le danger de mort qui se profile. Le second est l’événement heureux d’une foule rassasiée, donc une réussite qui risque de le faire dévier de sa mission.

Echec et réussite provoquent en Jésus la même réaction, la même attitude, la même décision : solitude et prière. Regardons sa manière de réagir. Elle nous indique un chemin de vie. Nous avons besoin de temps de solitude pour nous laisser interroger par les événements, peser les décisions à prendre, pour ne pas être déstabilisés par les échecs ou trompés par les réussites. Solitude et prière qui ouvre un chemin dans ce qui est obscur ou lumineux dans nos vies. Solitude habitée puisqu’elle est écoute, parole, dialogue avec un autre. En fait, tout bien considéré, espace pour aimer et se laisser aimer par Dieu.

Ce faisant, Jésus, débarquant, vit du même amour. Il aime en n’étant pas aveugle sur cette foule en attente de lui. Il aime en étant bouleversé devant cette foule. Il aime ses disciples en les faisant partenaires de son action, il aime par l‘accueil des pauvres 5 pains et 2 poissons d’un jeune enfant. Il aime celui qu’il appelle Père et qu’il sait trouver au cœur de l’action par la bénédiction chez Mathieu et l’action de grâce chez Jean, source d’une telle fécondité qu’elle nourrit toute une foule. Arrêtons-nous à cette bénédiction-action de grâce. A travers ce pain, bénédiction-action de grâce d’une pauvre offrande. Et à l’instar de la pauvre veuve qui a donné tout ce qu’elle avait pour vivre, Jésus bénit, rends grâce de ce pain de notre pauvreté. Pauvreté offerte et bénédiction-action de grâce de Jésus font le miracle de nourrir une foule.

Quelles sont mes pauvretés à offrir à la bénédiction-action de grâce du Christ pour qu’il en fasse abondante nourriture ?

 

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 16:10

’LE FUMIER DU DIABLE, L’AMBITION SANS RETENUE DE L’ARGENT QUI COMMANDE’’.

 

Une lecture du discours du pape François à la 2e rencontre mondiale des Mouvements populaires à Santa Cruz de la Sierra (Bolivie) - 9 juillet 2015

 

Jamais un pape n’avait parlé de la sorte et affirmé un pareil engagement à la fois dans l’affirmation des idées et par le choix des mots ! Pour qu’il en eût été autrement, sans doute aurait-il fallu que les hiérarques romains d’alors allassent chercher le saint d’Assise pour l’installer (de force !) sur le siège de l’apôtre.

 

A nous toutes et tous qui vivons sous le règne de la communication et de ses maîtres d’œuvre, quel étonnement au fond que le choix nominal inédit de ‘’François’’ par ce pape-ci ait été porteur d’une si totale vérité, qu’il se projette mois après mois et jusqu’à cette prise de parole au cœur de la Bolivie comme la démonstration éclatante d’une adhésion intime et résolue à la spiritualité et à l’engagement évangélique de François d’Assise.

 

Y compris, bien sûr, dans la citation qui en est faite, et qui parle tant à notre monde d’aujourd’hui qu’il s’en dégage une dimension prophétique, de « la petite sœur Mère terre ».

 

Le fil invisible qui unit chacune des exclusions

 

Ce discours balaye l’image des prudences séculaires (et des compromissions) de l’Eglise-institution dans la puissance, le courage et la lucidité du diagnostic posé - « les choses ne vont bien quand éclatent tant de guerres absurdes et que la violence fratricide s’empare même de nos quartiers(…) quand le sol, l’eau, l’air et tous les êtres de la création sont sous une permanente menace. » -, et tout particulièrement dans l’affirmation de ce « fil invisible qui unit chacune de ces exclusions ».

 

Quelle voix ‘’autorisée’’ s’est jamais élevée dans nos temps modernes parmi les institutions des églises chrétiennes, les clercs de tous grades, la cohorte des laïcs investis du privilège de porter la parole ou l’écrit, pour énoncer simplement ceci : « un système qui est devenu global. (…) a imposé la logique du gain à n’importe quel prix sans penser à l’exclusion sociale ou à la destruction de la nature ». Et encore moins pour en tirer la conséquence « S’il en est ainsi, disons-le sans peur, nous voulons un changement, un changement réel, un changement de structures ».

 

Admirable retournement, ou déploiement, d’un célèbre ‘’N’ayez pas peur !’’, qui salue « une attente, une intense recherche, un ardent désir de changement » présents parmi les peuples du monde.

 

Le droit aux ‘’trois T, terre, toit et travail’’.

 

L’habitude est commodément établie de penser tiers-monde quand la misère, le dénuement et la faim sont en cause. Ce discours remet en ordre la juste perspective : l’exigence que contient la réaffirmation du droit aux ‘’trois T, terre, toit et travail’’ cogne bel et bien à nos portes, s’expose dans nos rues, dans les couloirs de nos métros et dans tous les lieux familiers et connus où nous nous ne la percevons pas ou plus à force d’être confrontés au chômage, à la précarité et à l’exclusion.

 

Pas un mot, pas une image, pas une déclinaison de l’amour et de l’espérance - « la globalisation de l’espérance » - ne fait défaut à ce discours, que ce soit dans ce qui est exprimé ou dans ce qui chemine irrésistiblement dans l’entendement du lecteur. Rien ne manque à l’évocation des victimes, « les plus humbles, les exploités, les pauvres et les exclus » et des maux qui les accablent.

 

L’inventaire des plaies présentes de l’humanité

 

Pas un seul des sujets des crises contemporaines n’est éludé. Ceux auxquels, par conformisme et dans l’allégeance à l’hégémonie de la culture marchande, on conçoit le moins de résister sont désignés pour ce qu’ils sont - notamment dans la mise en cause de « la concentration sous forme de monopoles des moyens de communication sociale qui essaie d'imposer des directives aliénantes de consommation et une certaine uniformité culturelle (et qui) est l’une des autres formes que le nouveau colonialisme adopte. C'est le colonialisme idéologique. ».

 

Mais ce qui est bien mis au tout premier plan, c’est la dénonciation d’un modèle« le capital est érigé en idole et commande toutes les options des êtres humains, (ou) l’avidité pour l’argent oriente tout le système socio-économique », et le refus opposé « à une économie d'exclusion et d'injustice où l'argent règne au lieu de servir. (A une) économie qui tue. (Qui) exclut. (Qui) détruit la terre nourricière », qui détruit la création.

 

Bousculons les chronologies et demandons-nous, en tant que Français et qu’européens, ce qu’entre autres, auraient écrit sur ce pape ‘’partageux’’ qui exhorte à prendre jalousement soin de la maison commune et de distribuer convenablement les biens entre tous, un Lammenais, un Mounier, un Mauriac ou un Graham Greene ?

 

Et avec plus de questionnement encore, qu’en aurait dit, et avec quel souffle, les deux grands voix de Victor Hugo et de Jean Jaurès ? Comment leurs spiritualités personnelles et leurs indignations auraient-elles entendu cet évangile annoncé aux ‘’misérables’’ et aux ‘’exploités’’ depuis la lointaine Bolivie ?

 

Une économie politique pour l'être humain.

 

La doctrine sociale de l’Eglise, historiquement datée, est certes saluée à sa bonne place, mais le message ouvre sur un dessein plus vaste et plus volontariste et pour tout dire révolutionnaire : il fait rien moins que de définir « une économie juste », en posant l’équivalence entre « une économie vraiment communautaire » et « une économie d'inspiration chrétienne ».

 

De cette économie, il énonce les critères : « que chaque personne puisse jouir d'une enfance sans privations, développer ses talents durant la jeunesse, travailler de plein droit pendant les années d'activité et accéder à une retraite digne dans les vieux jours ».

 

Critères qui martèlent que c’est là « une économie (pour) l'être humain, en harmonie avec la nature », et auxquels s’ajoute la proclamation d’une vérité qui a tout pour faire grincer des dents : « la propriété, surtout quand elle affecte les ressources naturelles, doit toujours être en fonction des nécessités des peuples ».

 

Un discours exemplairement évangélique par ce qu’il porte d’humilité.

 

Exemplarité supplémentaire : le message ne méconnaît pas la complexité du monde et ce qui est plus neuf encore pour l’Eglise-institution, il porte un ton et des phrases où l’humilité et le respect de l’autre viennent comme s’ils coulaient de source depuis toujours chez les successeurs de Pierre.

 

Ainsi en est-il du « Ni le Pape ni l'Eglise n’ont le monopole de l'interprétation de la réalité sociale ni le monopole de proposition de solutions », ou de l’appel au soutien des « croyants et non croyants », aux vœux demandés à qui « ne peut pas prier »

 

Et évangélique en ce qu’il ne se fige pas dans une immuabilité de l’entendement de la Parole, mais en ce qu’il dévoile et annonce une signification majeure de cette Parole pour notre temps !

 

On nous interrogeait, il y a peu de temps, sur le point de savoir ce que nous aimerions que le candidat de notre choix pour 2017 nous donne alors à entendre et à lire.

 

Et si la réponse à cette question se trouvait, mieux que dans tout autre projet ou programme, probablement incertain, timoré ou péniblement formulé, dans ce paragraphe du discours du pape François qui s’ouvre sur « La juste distribution des fruits de la terre et du travail humain … » et qui se termine sur la splendide évocation « … des poètes sociaux, des créateurs de travail, des constructeurs de logements, des producteurs de nourriture, (…) pour ceux qui sont marginalisés par le marché mondial ».

 

Paragraphe qui mène à une dénonciation, qui vaut elle aussi programme politique - et oh combien dans l’actualité des semaines où nous sommes et d’abord de la crise grecque.

 

Une dénonciation du « nouveau colonialisme » des institutions financières et des entreprises transnationales, et un programme politique planétaire d’opposition et de substitution face au « pouvoir anonyme (…) des corporations, des prêteurs sur gages, (de) quelques traités dénommés de libre commerce et (face) à l'imposition de mesures d’austérité qui serrent toujours plus la ceinture des travailleurs et des pauvres ».

 

Pour qui a entendu, pour qui lit ce message, ce qui s’y découvre n’est-ce pas une charte de l’alter mondialisme nourrie de l’esprit franciscain ? Et, au-delà, l’architecture d’une revendication et d’une révolution de la dignité humaine sur laquelle l’ex-archevêque de Buenos imprime l’image à la fois d’incroyable modernité et d’intemporabilité du saint d’Assise ?

 

Un discours qui a vocation à se conjuguer avec toutes les aspirations à élever l’humaine condition.

 

Ce qui confère une place historique à ce message, c’est encore que l’appel qu’il fait si vigoureusement et si profondément retentir est conçu pour converger avec toutes les démarches de pensée qui ont cette élévation de l’humain pour dessein.

 

Rein n’y fait obstacle, rien n’y pose condition - excepté pour ce que commande l’éthique de la liberté et de la démocratie - à ce que la vision économique et sociale de l’Eglise dont il est l’initiateur se fédère avec les autres mobilisations, non confessionnelles ou non croyantes, qui sont parties prenantes à l’impatience, de mieux en mieux audible, d’un changement radical dans la gestion des affaires du monde et dans la direction donnée au fonctionnement interne des sociétés [1].

 

Et dans cette fédération des « semeurs de changement », dans cette pluralité des positionnements et des engagements « qui n'attente pas à l’unité, mais la renforce » - une unité fondée sur un but commun -, il peut être dévolu à l’Eglise de porter en première ligne la mise en perspective qui éclaire le discours du pape François : « Le changement (doit être) conçu non pas comme quelque chose qui un jour se réalisera parce qu’on a imposé telle ou telle option politique ou parce que telle ou telle structure sociale a été instaurée. Nous avons appris douloureusement qu'un changement de structures qui n’est pas accompagné d'une conversion sincère des attitudes et du cœur finit tôt ou tard par se bureaucratiser, par se corrompre et par succomber ».

 

Une mise en perspective du processus de changement dont aucune église chrétienne, aucune filiation à l’Evangile n’a le monopole, qui est donnée en partage à toutes les spiritualités, y compris athéistes, et que celles-ci ont à rappeler inlassablement jusqu’à ce que les gens de bien, ‘’les hommes de bonne volonté’’, s’en saisissent et s’en réclament.

 

C’est d’elle en fin de compte que dépend que dans le monde de demain l’humanité, ayant laissé derrière elle la globalisation des marchés et la soif inextinguible de profit, n’ait plus à se confronter au « visage du paysan menacé, du travailleur exclu, de l'indigène opprimé, de la famille sans toit, du migrant persécuté, du jeune en chômage, de l'enfant exploité, de la mère qui a perdu son fils dans une fusillade (..), du père qui a perdu sa fille parce qu'elle a été soumise à l'esclavage ».

 

Lisons et relisons ce discours ! Puisse le plus grand nombre s’y reconnaître et le conserver en eux, à la mesure de ce qu’il est : une source et une ressource incomparables d’espérance pour notre « petite sœur Mère terre » et pour chacune des créatures que celle-ci porte.

Didier LEVY - 20 JUILLET 2015

[1] De ce constat nait une interrogation … qui contient en elle-même sa réponse. Est-il si étonnant que les médias aient paru se livrer sur ce discours du pape François à un concours de discrétion ? Combien de ‘’Une’’, quels ‘’gros titres’’, quels éditoriaux, les quotidiens et les hebdomadaires les plus reconnus lui ont-ils consacré ? Combien de débats télévisés, sur quelles chaînes et à quelles heures de programmation ? Après tout, n’est-il pas très dérangeant, et très déroutant, que le (lointain) successeur du Pontife du Syllabus, et des différents papes issus du patriarcat romain, vienne affirmer que la foi chrétienne « est révolutionnaire », qu’elle « défie la tyrannie de l'idole argent », et qu’il dénonce de surcroît, et avec quelle force, les formes actuelles d’esclavage et la violence écologique. Inconfortable en tout cas, et d’abord en ce que le commentaire ne peut masquer la contradiction absolue qui oppose le message franciscain et les dogmes de l’ordo libéralisme ultra dominant. Comment des médias contrôlés par des banquiers, par des avionneurs, ou par des hommes d’affaires familiers des marécages de la Françafrique, pourraient-ils être à l’aise devant une proclamation de ce genre : « On ne peut plus supporter ce système, les paysans ne le supportent pas, les travailleurs ne le supportent pas, les communautés ne le supportent pas, les peuples ne le supportent pas... Et la terre non plus ne le supporte pas ». Quelle place aurait en revanche été faite aux propos du pape (s’entend d’un autre type de pape !) si ce dernier avait mis à profit son voyage en Amérique du Sud pour entretenir les journalistes, dans son avion, du ‘’grave désordre que constitue l’homosexualité’’, de son plein appui aux mouvements anti mariage gay de par le monde ou des effets pernicieux du recours aux préservatifs - ou, mieux encore, s’il avait administré aux foules andines réunies autour de lui un rappel inflexible des normes réglementaires édictées par Humanae Vitae ! Ou tenu tout autre position confortant l’assimilation entre christianisme et répulsion de la sexualité humaine … On peut aussi imaginer, en inversant le raisonnement, l’écho qu’obtiendrait le pape François s’il faisait publiquement sienne cette sage pensée d’un patriarche orthodoxe, citée dans une étude de ‘’féministes et croyantes’’ (Michelle .C. Drouault.)’ : « Si une femme et un homme s’aiment vraiment, je n’ai pas à entrer dans leur chambre ; tout ce qu’ils font est saint ».

 

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 23:02
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 22:03

Clip à écouter et regarder sur:

https://www.youtube.com/watch?v=W4DTYmmTsyQ

 

Si j'étais l'amie du bon Dieu.
Si je connaissais les prières.
Si j'avais le sang bleu.
Le don d'effacer et tout refaire.
Si j'étais reine ou magicienne,
princesse, fée, grand capitaine,
d'un noble régiment.
Si j'avais les pas d'un géant.

Je mettrais du ciel en misère,
Toutes les larmes en rivière,
Et fleurirais des sables où filent même l'espoir
Je sèmerais des utopies, plier serait interdit,
On ne détournerait plus les regards.

Si j'avais des milles et des cents,
Le talent, la force ou les charmes,
Des maîtres, des puissants.
Si j'avais les clés de leurs âmes.
Si je savais prendre les armes,


Au feu d'une armée de titans.
J'allumerais des flammes,
Dans les rêves éteints des enfants.
Je mettrais des couleurs aux peines.
J'inventerais des Éden.
Aux pas de chances, aux pas d'étoiles, aux moins que rien.

Mais je n'ai qu'un cœur en guenille,
Et deux mains tendues de brindilles.
Une voix que le vent chasse au matin.
Mais si nos mains nues se rassemblent,
Nos millions de cœurs ensembles.
Si nos voix s'unissaient,
Quels hivers y résisteraient ?

Un monde fort, une terre âme sœur,
Nous bâtirons dans ces cendres
Peu à peu, miette à miette,
goutte à goutte et cœur à cœur.
Peu à peu, miette à miette,
goutte à goutte et cœur à cœur

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 15:16

Être présent à l’autre. Être présente à l’autre.

 

Dans mes lectures, je trouve : « Cette intimité avec Dieu m’aide à être plus présent aux autres » ou « - Pouvez-vous citer un geste d’amour ? -Le plus grand geste d’amour, c’est l’attention et l’écoute, être présent à l’autre… »

Comme je suis heureuse lorsque je trouve ces petites perles ! C’est le message altruiste de la Parabole du jugement dernier : secourir l’autre qui est dans la peine.

Mais la vie est-elle comme une balance ? L’idéal serait-il de toujours chercher la position d’équilibre entre deux démarches d’amour ? Car le Christ nous a montré aussi une autre démarche dans ses Béatitudes et certains de ses actes, avec la Samaritaine, sur la Croix : « J’ai soif »… Après la Transfiguration, Il nous invite à retourner à Jérusalem pour rejoindre frères et sœurs mais pouvons- nous découvrir deux versants de la montagne ? Allons-nous vers l’autre pour aider, pour dire notre vérité ou pour accepter de quémander ?

Et voilà que je redécouvre une interview de Lytta Basset présentant, en 2014, son nouveau livre « Oser la bienveillance» (éd. Albin Michel.) Ma joie est grande en relisant ce texte. Il me faut oser la bienveillance !

Être présente à l’autre avec bienveillance, avoir un regard bienveillant, ne pas critiquer, ne pas juger mais avoir une réelle bienveillance qui mène à faire Confiance. Regarder l’autre, l’écouter au point que cette personne se redécouvre meilleure qu’elle ne le pensait, qu’elle se redécouvre digne d’être aimée, qu’elle retrouve sa dignité.

Aimer l’autre avec bienveillance, lui faire confiance au point … d’inverser la situation, de se retrouver pauvre, infirme, malade… et de dire à l’autre : « j’ai soif, donne-moi à boire. » de se retrouver pauvre selon l’Esprit des Béatitudes ! Alors ce serait le miracle d’un véritable partage ! Joie et espérance ! Faire entièrement confiance en une autre personne, c’est merveilleux, cela bouscule totalement sa vie, comme pour Zachée !

Après le lavement des pieds, Jésus dit à ses ami-es : vous avez-vu ce que je viens de faire. Maintenant, lavez-vous mutuellement les pieds. Lavons-nous mutuellement les pieds ! Allons vers l’autre non seulement pour l’aider mais aussi pour demander un service ! Et marchons ensemble sur la route humaine en nous épaulant mutuellement.

« Seigneur que nous soyons assez humble pour accepter de nous faire laver les pieds! Seigneur, donne-nous assez d’amour pour laver, avec bienveillance, les pieds d’une personne en difficulté et que ce geste puisse nous transformer. »

Dans la Joie, la Bienveillance, la Confiance, l’Espérance et la Paix du Christ !

Alice.Damay-Gouin

 

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 15:27
Equateur: un pays qui a refusé de payer sa dette: bravo

Données générales

Source des données chiffrées : Ambassade de France en Equateur, Ministère de l’Economie et des Finance, PNUD, FMI, Banque mondiale.

Nom officiel : République de l’Equateur
Chef d’Etat : M. Rafael CORREA DELGADO

 

Données géographiques

Superficie : 283 560 km2
Capitale : Quito (2,2 M d’habitants)
Villes principales : Guayaquil (2,3 M d’habitants), Cuenca (0,5 M d’habitants)
Langue officielle : espagnol (93% de la population).
Langues amérindiennes : quechua, shuar
Monnaie : dollar américain
Fête nationale : 10 août

 

Données démographiques (2013)

Population : 15,43M d’habitants
Croissance démographique : 1,4 %
Espérance de vie : 76,4 ans
Taux d’alphabétisation : 91,6 %
Religions : catholique (94%), protestante (6%)
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,724 (89ème rang sur187)
Taux de pauvreté : 22,5 % de la population en 2014 contre 27,3% en 2012

 

Données économiques (2013)

PIB : 94,14 Mds USD (source FMI)
PIB par habitant : 5968 USD (FMI)
Taux de croissance : 4 %
Taux de chômage : 4,15 %
Sous-emploi : 52,6 %
Taux d’inflation : 2,7 %
Dette publique : 26 % du PIB

Politique intérieure

A la tête du pays depuis janvier 2007, le président Correa, jeune, charismatique et nouveau venu en politique, a engagé l’Equateur dans un processus de profondes transformations sociales, économiques et politiques, appelé « révolution citoyenne », dont les objectifs sont la lutte contre les inégalités, la modernisation de la « matrice productive » et la réforme institutionnelle. La nouvelle Constitution a été approuvée par référendum le 28 septembre 2008.

M. Correa a depuis renforcé le rôle de l’Etat dans l’économie (renégociation de la dette et des contrats pétroliers avec les compagnies privées) et dans le domaine social (réforme des services de santé et d’éducation). La pauvreté a nettement reculé (à 22,5 % de la population en 2014) et l’amélioration des conditions de vie des plus défavorisés a conféré au Président une grande popularité. M. Correa n’en a pas moins subi de réelles difficultés lors de son deuxième mandat : tentative de soulèvement conduite par des forces de police à Quito en septembre 2010, perte de la majorité parlementaire et division lors du référendum du 7 mai 2011 portant sur une nouvelle réforme constitutionnelle, relations difficiles avec la presse (encadrement des media par la création en 2013 d’une Superintendance de la Communication et de l’Information).

Les élections générales (présidentielles et législatives) du 17 février 2013 ont donné une très large victoire à Rafael Correa renforçant la domination du Président en exercice sur la scène politique équatorienne. Avec un score de 56,72% à l’élection présidentielle, dès le premier tour (soit onze points de plus qu’en 2009), le Président Correa a tiré profit de l’absence d’opposition structurée (4 candidats à l’élection présidentielle). Son troisième mandat est marqué par une approche plus pragmatique des objectifs à atteindre, d’où la volonté de reprendre les négociations avec l’Union Européenne en vue de la signature d’un accord de libre-échange en 2015, et la décision d’abandonner l’initiative Yasuni-ITT, qui consistait à renoncer à l’exploitation d’une réserve pétrolière en Amazonie contre une compensation sous forme de contributions financières internationales.

Pour autant, en dépit de réelles avancées sociales et d’un incontestable charisme de M. Correa, Alianza Pais a connu un revers lors des élections locales du 23 février 2014. Certes AP reste bien la première force du pays, comptabilisant par exemple la moitié des préfectures, le tiers des mairies et près de 40 % des postes de conseillers municipaux. Son implantation nationale lui assure une présence et une couverture bien meilleure que celle des autres partis, mais la perte des grandes villes, l’ampleur de la défaite à Quito et l’émergence d’une nouvelle élite à droite ont surpris les dirigeants après sept années de succès ininterrompus.

 

Situation économique

L’Equateur a connu une croissance forte depuis le début des années 2000. Sur la base des prix de 2007, le PIB a progressé de 4,2% en moyenne annuelle (+7,8% en 2011 et +5,1% en 2012, +4% en 2013 selon la Banque centrale).Toutefois, la hausse du dollar, monnaie officielle depuis mars 2000, combinée à la chute du prix du pétrole et à de nouvelles mesures de restriction des importations en soutien à la balance des paiements (mesures de sauvegardes entrées en vigueur le 11 mars 2015) devraient fortement ralentir la croissance en 2015, qui était déjà passé sous la barre des 4% en 2014 (3,8%).

L’économie équatorienne est dépendante des cours mondiaux du pétrole (40% des revenus de l’Etat et 60% des exportations). L’agriculture et la pêche constituent également des secteurs dynamiques : l’Equateur est le 1er exportateur mondial de bananes (un accord a été négocié à l’OMC sur ce sujet en 2009) et produit aussi des crevettes, du cacao, du thon, etc.

Les réformes de structures et la politique de dépenses publiques menées par le gouvernement Correa illustrent l’interventionnisme marqué dans la sphère économique. Des mesures de restrictions aux importations ont été décidées en janvier 2009 et en 2013 pour réduire le déficit commercial.

Le Président Correa ayant officiellement décidé en décembre 2008 la suspension du paiement de près de 40% de la dette internationale équatorienne, considérée comme illégitime, une opération de rachat de la dette a été réalisée avec succès en juin 2009. L’Equateur, qui a dénoncé certains accords bilatéraux de protection des investissements, s’est retiré en juillet 2009 du CIRDI (Centre International de Règlement des Différends), la nouvelle Constitution rendant impossible à l’Etat le recours à un arbitrage commercial impliquant un abandon de souveraineté.

Sur le plan social, le chômage (≈ 4,15 %) et le travail informel (≈ 55%) fragilisent la situation des populations les plus vulnérables, malgré les nombreuses subventions (logement, scolarisation, etc.). La pauvreté touche particulièrement les zones rurales et les populations indigènes. Elle est toutefois passée de 44,6% de la population en 2004 à 22,5 % en 2014.

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/equateur/presentation-de-l-equateur/

 

lire aussi :

http://www.legrandsoir.info/equateur-le-courage-politique-de-dire-non-a-la-dette-et-au-fmi.html

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Politique
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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 17:22
Evangile du 16 ème dimanche TO: Marc 6/30-34

Mc 6/30-46

Les apôtres se réunissent auprès de Jésus, et ils lui rapportèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné. Et il leur dit : "Venez vous-mêmes à l'écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu." De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux que les apôtres n'avaient pas même le temps de manger. Ils partirent donc dans la barque vers un lieu désert, à l'écart. Les voyant s'éloigner, beaucoup comprirent, et de toutes les villes on accourut là-bas, à pied, et on les devança. En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et il se mit à les enseigner longuement.

 

1-Se réunissent auprès de Jésus.

Que de choses en ces quelques mots. Une définition de l’Eglise : celles et ceux qui se rassemblent autour de Jésus pour l’écouter, vivre de sa vie, reconnaitre son action au cœur des femmes et des hommes de bonne volonté et pour annoncer la joie de l’Evangile.

 

2-Ils lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait…

Etonnant ce passage ! Cela fonde pour nous l’importance de relire sa vie, d’en parler, de pouvoir être écouté-e par quelqu’un.

Etonnant aussi par ce que cela nous donne l’image de Jésus écoutant. Il nous parle et aussi il nous écoute. Dieu n’est seulement Parole mais aussi Ecoute. Il s’intéresse à nos vies.

 

3-Reposez-vous un peu

Il y a dans cette phrase toute la tendresse de Jésus, son attention à ses disciples. Aujourd’hui, pour certain-es d’entre nous, cela peut être une invitation à prendre cela très au sérieux : prendre soin de soi, savoir se reposer, ne pas sombrer dans l’activisme, dans un travail idole ou drogue.

Savoir se reposer, c’est rester libre par rapport à ce qui se présente et qui peuvent être de fausses nécessités.

Faire du tri : est-ce indispensable, puis-je le déléguer ? Se reposer, c’est savoir trouver le sens de sa vie dans l’être et pas seulement dans le faire.

 

4-Jésus voit… Il a pitié… Il enseigne

Arrêtons-nous sur ces 3 verbes : voir, avoir pitié, enseigner.

Cela indique un chemin de perception pour mieux agir.

-Il s’agit en premier d’ouvrir les yeux sur le réel.

-Ensuite se laisser toucher par lui. Avoir pitié est une traduction qui ne rend pas compte de la profondeur de ce qu’éprouve Jésus, il s’agit de quelque chose de très fort : « il est remué jusqu’aux entrailles ».

-Pour enfin comprendre ce qu’il faut faire et agir.

Jésus fait ce chemin et nous l’indique comme moyen pour sortir de la répétition, s’ouvrir à du neuf.

Ici qu’a-t-il vu ? Des brebis sans berger.

Et nous que voyons-nous ?

 

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 14:47
Evangile du 14 ème dimanche TO Marc 6/1-6

Sorti de là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »

Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

 

1-La réaction des gens de son village

La traduction de Sr Jeanne d’Arc, op, est très éclairante.

« D’où ? A lui ! Tout cela ! Quelle sagesse ! Elle lui est donnée ? A lui ! »

Ceci à propos de l’enseignement qu’il donne et à propos de ce qu’il fait. On sent dans ces réactions une impossibilité à reconnaitre le don qui est fait à Jésus. Et donc l’incapacité à le recevoir en partage.

D’où vient cette incapacité ?

Dans cette synagogue, il y a ceux qui l’ont vu bébé, qui l’ont vu grandir, qui l’on vu charpentier. Il y en a aussi qui ont grandi avec lui, participé aux mêmes jeux : quelqu’un d’ordinaire comme eux. Et voici que celui-ci sort de l’ordinaire. Pourquoi tout cela est donné à Jésus et pas à eux ?

Devant le don donné à quelqu’un, deux réactions sont possibles :

La première est la joie, se réjouir du don qui est fait à un autre. D’autant plus réjouissant qu’il nous en fait bénéficier. Ce don vient de lui mais , par lui, il nous ai communiqué. Gratitude.

La deuxième est la jalousie. « Pourquoi lui et pas moi ? » On refuse alors à la fois le donateur et le don. C’est la réaction des gens de son village.

( Si vous avez vu le film Amedeus, c’est exactement de cela qu’il s’agit : le musicien Salieri ne supporte pas que le don absolu de la musique ait été donné à Mozart et pas à lui. Au lieu de jouir de sa musique comme un cadeau du ciel, il cherchera à le tuer)

 

2- Il s’étonnait de leur manque de foi

On a ici la trace d’un sentiment de Jésus : l’étonnement.

Il s’étonne d’un manque. Il leur manque la foi. Mais ici qu’est-ce que la foi ? C’est la foi en un don qui vient d’un autre et transmis par un autre. Un don à recevoir et non à posséder. La foi, c’est consentir à recevoir.

 

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 21:07
les derniers combats de Jésus: Marc 12/13-44

Mc 12/13-44

Les derniers combats de Jésus : 2

On envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode pour lui tendre un piège en le faisant parler, et ceux-ci vinrent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? » Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. » Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? – De César », répondent-ils. Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.

 

Des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – viennent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient :

« Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.

Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi. À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » Jésus leur dit : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux. Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »

 

Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »

Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

 

Alors qu’il enseignait dans le Temple, Jésus, prenant la parole, déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ? David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !” David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir. Dans son enseignement, il disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.

Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

 

1-Pharisiens et hérodiens ou le piège de la disqualification

Si Jésus répond oui au paiement de l’impôt, on peut l’accuser de collaboration avec l’occupant. S’il dit non, on peut l’accuser de subversion. Piège qui semble impossible à sortir. Mais c’est Jésus qui va les piéger en leur demandant une pièce qu’ils tirent de leur poche. S’ils l’ont en poche c’est que déjà il collabore avec la monnaie de l’occupant. Qu’ils lui rendent sa monnaie puisqu’elle est à l’image de César. La réponse de Jésus n’est pas l’obéissance au pouvoir en place (comme malheureusement, ce fut interprété pendant de siècles). Mais plutôt soyez cohérent, ne pactisez pas avec un homme qui se prend pour Dieu. Par contre reconnaissez qui est Dieu et son image en chaque humain créé à son image et sa ressemblance.

 

2-Sadducéens ou le refus de la possession

Ils racontent cette histoire pour ridiculiser les pharisiens qui croient à la vie éternelle ; Mais la manière de la raconter est significative de leur machisme. Dans cette histoire la femme n’est qu’un objet qu’on se passe de frère en frère et une simple couveuse de semence masculine. Jésus se positionne pour la résurrection mais il fait plus. Sa réponse est égalitaire : on ne se marie pas, on est comme les anges. Sa réponse met homme et femme à égalité. Le Ciel conteste la terre. Le comportement du ciel est contestation de l’inégalité qui est vécu sur la terre. L’égarement dont il parle au verset 27 concerne leur absence de foi en la résurrection mais aussi leur conception inégalitaire des rapports homme-femme.

 

3-Scribes : vérité et mensonges

*Un scribe proche de la vérité du Royaume

Il y a là un cas unique dans tout l’Evangile : Un scribe en accord avec Jésus. Tous les deux, ils mettent l’amour de Dieu et des autres au cœur de la foi relativisant les actes cultuels (sacrifices et holocaustes)

*Des scribes dans l’erreur

Jésus porte la controverse sur l’identité du Messie. On le dit fils de David. Alors comment comprendre qu’au v 1 du psaume 110 David s’adresse à lui comme Seigneur ? Jésus affirme que la vraie filiation du Messie est divine.

*Des scribes dévoreurs du bien des veuves

L’attaque de Jésus porte ici sur leur manière de vivre

-leur recherche des honneurs

-leur exploitation des plus faibles

-leur hypocrisie

*Admiration pour une femme ou colère contre les scribes ?

Deux lectures sont possibles et pas forcément contradictoire.

Jésus admire cette femme qui donne tout ce qu’elle a pour vivre. Il voit en elle la préfiguration de sa passion où il donnera tout, toute sa vie.

Mais en même temps il est scandalisé contre les scribes dévoreurs des biens de veuves.

En effet que font-ils de cette offrande ?

 

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 08:24

Un article percutnt sur la crise grecque écrit par Michelle Piney sur son blog.

http://michellepinay.blog.lemonde.fr/2015/06/20/quils-aillent-au-diable/

Qu’ils aillent au diable!

Publié le 20 juin 2015

"S'ils ne sauvent pas la Grèce, qu'ils aillent au diable..." C'est l'ancien chancelier allemand social-démocrate, Helmut Schmidt, qui le dit. Et il n'est pas seul à le penser. Si les dirigeants européens sont incapables de trouver une solution à la crise grecque, de trouver une issue fondée sur la solidarité et la discipline collective, alors, ils ne méritent pas l'Europe. Ou plutôt l'Europe, la vraie, celle des peuples, celle de nos enthousiasmes, celle de la liberté de circulation, de la monnaie unique, de nos étudiants qui découvrent Erasmus, du mélange des cultures, méritait d'autres dirigeants. Si c'est le diktat de Madame Lagarde qui détermine l'avenir de la monnaie unique, alors qu'on cesse de nous parler du poids de l'Europe dans le monde, si c'est le Fonds Monétaire International qui décide du devenir des peuples européens, alors rangeons vite toutes nos illusions continentales et coulons nous dans le moule confectionné à Washington.

L'heure est grave! C'est un demi-siècle d'espérance, des décennies d'efforts acharnés pour construire sur les ruines d'une guerre abominable un projet commun, que l'on s'apprête à rayer d'un trait de stylo. Pourquoi? D'abord parce que la directrice du FMI et quelques autres grands responsables de la finance internationale, n'auront pas réussi à obtenir de la Grèce qu'elle diminue encore le niveau de ses retraites. Parce que le nouveau gouvernement grec recherchait une issue autre que l'humiliation. Mais que l'humiliation était obligatoire. Pour que plus personne n'ose plus jamais contester les dogmes forgés dans les entrailles des grandes banques et des organismes financiers qui savent toujours ce qu'il faut faire pour le bienfait des économies et donc des peuples, mais dont les pronostics sont démentis par les faits un à un depuis des années.

Ce sont les mêmes qui n'avaient pas vu venir la crise financière de 2008, qui au contraire s'enthousiasmaient devant un système financier en folie. Les mêmes qui ont dû finir par reconnaître qu'ils avaient fait plus de mal que de bien à la Grèce en lui imposant une austérité insoutenable. Les mêmes encore qui prédisent aujourd'hui que l'Europe n'a pas à craindre un "Grexit", une sortie de la Grèce de l'euro, et qui voudront demain nous dicter les mesures à prendre pour surmonter la crise dans laquelle ils auront plongé le continent.

Leurs modèles mathématiques financiers peuvent bien dire ce qu'ils veulent. Ce qui se joue autour de la question grecque les dépasse. C'est bel et bien la survie de l'Europe, comme ambition, comme projet commun, comme espérance pour la jeunesse du continent qui se joue aujourd'hui. C'est une page de l'histoire de l'Europe qui sera tournée si nos dirigeants ne se ressaisissent pas, sans que l'on sache bien qui pourra écrire la suivante. Si les Merkel, Hollande et consorts continuent plus longtemps à faire comme si c'était le FMI, la BCE et les marchés financiers qui font l'Europe. A refuser de voir que c'est d'eux mêmes que dépend l'avenir du continent. Qu'après les De Gaulle, Adenauer, Giscard, Schmidt, Mitterrand ou Kohl, c'est à eux aujourd'hui, François Hollande et Angela Merkel, qu'il incombe de décider du devenir du continent. De s'élever au niveau de l'Histoire, la grande, pas celle des déficits budgétaires, et des taux de TVA.

S'ils ne sont pas capables aujourd'hui de mettre de l'ordre dans la maison, d'en chasser les marchands, pour reprendre le pouvoir et le rendre cinq minutes aux peuples qui les ont désignés. Si prouver que l'Europe est autre chose qu'un grand marché les dépasse. S'ils n'ont pas le courage de reprendre les choses en main et d'imposer aux grecs comme aux organismes financiers, non pas telle ou telle mesure d'austérité, mais ce grand dessein que le continent cherche à s'inventer depuis le lendemain de la guerre... Alors, qu'ils aillent au diable!

Michelle Piney

 

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