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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 16:56

« La transition énergétique implique un vrai projet de société »

http://www.regards.fr/web/gael-giraud-la-transition,7823

 

Regards. Quels sont les leviers d’action pour mener la transition énergétique ?

Gaël Giraud. Il existe trois chantiers principaux. Tous les experts s’accordent pour dire que la rénovation thermique des bâtiments en fait partie. L’habitat représente 40% de notre consommation de fuel en France et 25% des émissions de gaz à effet de serre. En rénovant thermiquement les bâtiments, on fait d’une pierre plusieurs coups : on adresse à la fois la question de la dépendance à l’énergie et l’enjeu climatique, conformément aux engagements de notre pays. En outre, on améliore la balance commerciale française, on résout en partie le drame de la précarité énergétique et on crée des emplois... Le deuxième chantier est la mobilité verte et le troisième, le verdissement des processus industriels et agricoles. Voilà pour le volet de la demande. Sur le versant de l’offre, la question est : quel mix énergétique choisissons-nous ? Si l’on opte pour un mix comportant beaucoup d’énergies renouvelables, alors l’investissement dans celles-ci doit devenir une priorité. Mais avons-nous tranché cette question ? En réalité, il y a eu beaucoup de discussions au cours des travaux du CNDTE, mais on ne peut pas dire, aujourd’hui, que la classe politique française ait mis la question de la transition sur la table du débat public. Le projet de loi de transition de Mme Royal est une étape très prometteuse. Il confirme le cap de réduction du nucléaire à horizon 2025. Il met en avant la rénovation thermique des logements et de l’habitat. Il accélère le passage à la voiture électrique.

 

Pour quelle raison le problème n’est-il pas posé entièrement ?

GG Il y a des raisons sociologiques qui expliquent qu’une partie de la classe politique française ne croie pas en la nécessité et en l’urgence de cette transition, et préfère regarder ailleurs. En agissant de la sorte, elle est elle-même le reflet de l’opinion publique : une partie de celle-ci ne veut guère en entendre parler, et estime que la crise économique, sociale et financière est bien plus grave – et l’on peut difficilement reprocher aux catégories défavorisées, qui peinent à boucler leurs fins de mois, d’avoir du mal à entendre parler de la transition écologique. Il y a d’autres éléments : la catégorie des Français les moins sensibilisés à la question est essentiellement constituée d’hommes citadins de plus de soixante ans, qui composent l’écrasante majorité de la classe politique française en activité…

« Le problème est que les classes dirigeantes d’Europe de l’Ouest n’ont pas de projet politique »

 

Les politiques prennent peut-être en compte l’impopularité de la fiscalité écologique, comme on l’a vu dans le contexte de l’écotaxe…

GG Il me semble, de manière globale, que le "ras-le-bol fiscal" dont on a beaucoup parlé indépendamment de l’écotaxe, est très largement une construction médiatique. Même s’il est exact que notre système fiscal est opaque et redistribue la richesse du bas vers le haut, je ne pense pas que l’on ait beaucoup d’éléments pour étayer la thèse d’un ras-le-bol fiscal universel, surtout compte tenu de la nature du système fiscal français qui est troué par des niches fiscales, et très avantageux pour les plus riches. Maintenant, on a réussi à faire preuve d’une telle maladresse sur l’écotaxe qu’elle est aujourd’hui mal vue, alors que, bien expliquée, avec pédagogie, et surtout insérée dans un véritable projet politique, elle serait tout à fait acceptée. Le problème est que les classes dirigeantes d’Europe de l’Ouest n’ont pas de projet politique. L’écotaxe est alors vue simplement comme une taxe de plus dont le corps social français ne voit pas l’intérêt, puisqu’il ne voit pas à quel projet de longue durée, qui ferait sens et que l’on pourrait expliquer, l’argent qui lui est retiré pourra servir. Tant que manquera un vrai projet ayant du souffle, toute taxe sera perçue comme punitive.

 

Les résistances résident-elles aussi dans la difficulté à financer la transition énergétique en raison de la crise ?

GG Indépendamment des aspects culturels, psychologiques ou sociologiques, le véritable obstacle – plus qu’une résistance – est la question du financement. Selon les estimations disponibles, si l’on voulait lancer simultanément tous les chantiers de la transition pour la France, cela coûterait entre 60 et 100 milliards d’euros par an pendant au moins dix ans, ce qui semble assez hors de portée pour l’instant – même si, au fond, je pense qu’il faudrait le faire. La BCE a créé plusieurs milliers de milliards pour sauver les banques, ne pourrait-elle pas en faire autant pour sauver le continent et, avec lui, la planète ? Concernant la rénovation thermique des bâtiments, en ne considérant que les bâtiments publics, la facture s’élèverait à 10 milliards d’euros par an, ce qui est beaucoup plus atteignable dans la mesure où des solutions de financement compatibles avec le carcan de Maastricht existent déjà.

 

On présente souvent la transition énergétique comme un gisement d’emplois. L’objectif de 100.000 emplois sur trois ans, avancé par Ségolène Royal, est-il réaliste ?

GG Ce qui me paraît certain, c’est que si l’on avance de manière volontariste, on créera beaucoup d’emplois. 100.000 en trois ans ? Honnêtement, je n’en sais rien : cela dépendra entièrement de la nature de la transition mise en œuvre. La rénovation thermique des bâtiments devrait créer beaucoup d’emplois – au point que si, on la lançait brutalement, on aurait rapidement un goulet d’étranglement au niveau de la main-d’œuvre qualifiée. Il faut donc la lancer progressivement, pour envoyer le bon signal aux entreprises du BTP afin qu’elles créent les filières d’apprentissage qui permettront, d’ici trois ou quatre ans, de mener la rénovation en grand. Mais il faut commencer aujourd’hui, et cela dépend, de nouveau, d’une décision politique qui affiche clairement l’objectif visé.

« Si l’on consomme moins d’énergie, le rythme de vie va ralentir – ce qui sera une très bonne chose pour tout le monde »

 

L’idée que la transition sera un vecteur de croissance fait-elle consensus parmi les économistes "dominants" et les dirigeants politiques ?

GG La plupart des économistes de Bercy sont très sceptiques, mais ne le sont-ils pas devant toute innovation qui ne vient pas du secteur bancaire ? Ce n’est donc pas à eux qu’il faut demander ce qu’ils en pensent – sachant qu’ils ont malheureusement le pouvoir de tout bloquer tant que le politique n’osera pas assumer ses responsabilités historiques. La charge de la preuve réside dans le camp de ceux qui sont favorables à la transition, dont je fais partie. À mon sens, quel que soit le scénario adopté parmi la douzaine de ceux que le Comité national du débat public a identifiés pour la France, le principe global est très clair : la productivité du travail, actuellement très élevée et qui a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, augmente essentiellement grâce à l’usage de l’énergie. C’est parce que nous utilisons l’énergie de manière de plus en plus intelligente que le travail des êtres humains paraît de plus en plus productif. La transition signifie que nous allons passer d’une économie encore essentiellement construite sur le pétrole – qui est l’énergie la plus productive, surtout pour la mobilité –, à une société fondée sur d’autres types d’énergie. Quels que soient ceux-ci, on va très vraisemblablement perdre en productivité… ce qui n’a rien de dramatique, car davantage de monde pourra travailler. Ainsi on ne pourra plus remplacer systématiquement les hommes par des machines ---lesquelles ont besoin d’énergie pour fonctionner--- ou par de la chimie, c’est-à-dire du pétrole. Il nous faudra en particulier beaucoup de bras dans les champs si nous voulons une agriculture responsable, sans engrais, ni pesticide. Avec de la polyagriculture et des circuits courts autour de petits centres urbains très denses, reliés par du train...

 

C’est ce genre de choix qu’implique aussi la transition énergétique ?

GG Oui, c’est pour cela qu’elle implique un vrai projet de société, une vraie bifurcation par rapport à toute une série de lieux communs qui habitent notre imaginaire depuis une trentaine d’années. Parmi ceux-ci, il y a la mondialisation tous azimuts, alors que l’on devrait probablement assister à une re-régionalisation des échanges internationaux. Dans cet imaginaire, vous avez aussi le fait que le temps passe de plus en plus vite et que le stress augmente chaque année pour les salariés au travail. Ce stress est rendu possible par la productivité de l’énergie. Si l’on consomme des énergies moins productives que le pétrole (en particulier pour la mobilité), le rythme de vie va ralentir – ce qui sera une très bonne nouvelle pour tout le monde. Une autre image qui hante notre imaginaire est celle des grandes mégalopoles et autres monstres périurbains avec lesquels on devrait normalement en terminer. Les banlieues du type californien qui s’étendent sur des kilomètres sont des gouffres à énergie. Cela appelle un bouleversement considérable.

« Un grand récit dans lequel on puisse s’engager »

 

On a le sentiment que la société n’est pas du tout prête pour une telle révolution intellectuelle…

GG Je suis moins pessimiste. Dans les discussions et les rencontres que je peux faire en province, le public me semble au contraire très demandeur d’un grand récit dans lequel il puisse s’engager, qui nous permette de donner du sens à la vie – ce que très peu de partis politiques sont en mesure de faire aujourd’hui : et c’est bien cela qui plonge la population dans la désespérance. Ne pas avoir la moindre idée de ce vers quoi on avance. Ne pas entrevoir la moindre lumière au fond du tunnel. Je perçois, certes, de la peur mais aussi une grande soif, un grand désir pour la transition, qui n’est pas forcément partagé dans les quartiers les plus favorisés de la capitale, surtout chez les hommes de plus de soixante ans, où l’on observe une très forte résistance à se laisser toucher et à accepter d’imaginer que l’on puisse bouger.

 

Est-ce que les lobbies industriels se mettent également en travers de ce processus ?

GG Non. La très bonne nouvelle, c’est que les industriels que je rencontre sont très désireux de lancer la transition. Ils ont compris que, de toute façon, ce qui fera la compétitivité d’une entreprise dans dix ans, ce sera son indépendance à l’égard du pétrole. Et que la décarbonation sera leur business dans dix ans. C’est-à-dire que c’est cela qui leur permettra de continuer d’exister à cette échéance. Ce sont certains fonctionnaires de Bercy et les banques qui n’ont pas cet allant, parce que cela ne les intéresse pas. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de les retrouver du même côté dans la mesure où, au fond, ce sont les mêmes personnes. Il y a entre eux une alliance objective d’intérêts qui vise à utiliser le plus longtemps possible la rente bancaire, due à l’existence de grandes banques mixtes et qui permet de gagner beaucoup d’argent sur le dos du contribuable. Le jour où cela ne sera plus possible, ou lorsque ce sera moins rentable, ils feront autre chose… et se mettront à financer les investissements dans les infrastructures vertes dont nous avons besoin.

 

Comment faire en sorte que les citoyens soient assez impliqués pour peser sur les pouvoirs économiques et politiques ?

GG On n’a jamais transmis aux citoyens les éléments du dossier, le débat n’a guère été organisé publiquement, au niveau national, même si, l’an dernier, le comité national s’est démené pour conscientiser. Les médias, de ce point de vue, ne font pas leur travail, n’instruisent pas le dossier. L’opinion publique n’a pas les moyens d’y réfléchir toute seule. Pourquoi ne pas organiser un référendum, qui obligerait à débattre ensemble ? Actuellement, le grand public ne trouve pas de grand récit, de grande utopie, de vrai projet politique dans la social-démocratie au pouvoir. Encore moins dans l’euro-libéralisme financiarisé. C’est ce qui explique qu’une partie des Européens se réfugient dans les promesses frelatées de l’extrême droite. Alors qu’historiquement, l’extrême droite s’est toujours montrée très conciliante avec le secteur bancaire. Tandis qu’elle ne croit nullement à l’écologie. D’où la tragique méprise que révèlent les résultats issus des dernières élections européennes.

 

Interview de Gaël Giraud par par Jérôme Latta  le 19 juin 2014

Sur le site Regard.fr : http://www.regards.fr/

 

Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS, rattaché au Centre d’économie de la Sorbonne, est membre de l’École d’économie de Paris, de la Fondation Nicolas Hulot, de l’ONG Finance Watch et de la Fondation d’écologie politique. Il a participé aux travaux du Conseil national du débat sur la transition énergétique (CNDTE).

Il a notamment dirigé, avec Cécile Renouard, 20 propositions pour réformer le capitalisme (Flammarion 2012).

 

 

 

 

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 20:24

Cet article est paru sur le blog : féministes et croyante, oui !

Les récents événements de Reims montrent la pertinence de cette analyse puisque les motifs religieux n’étaient que des conclusions hâtives et sans fondement.

Merci à Michelle C.Drouault de me permettre de publier son article.

http://christine-amina-esther-andco.eklablog.com/le-prisme-du-religieux-a118255772

 

Voici quelques décennies, nul n’aurait eu l’idée d’expliquer le comportement d’une personne, ou le mobile d’un de ses actes, par son appartenance, réelle ou supposée, à une confession.

Cette époque semble révolue.

Véritable tarte à la crème qui dispense de toute recherche sur la réalité des drames humains, l’appartenance confessionnelle est désormais brandie par la presse comme l’argument suprême qui, soit insinue l’évidente culpabilité des individus, soit est une entité explicative en elle-même, et fait fi de toute autre considération.

Les musulmans et les chrétiens catholiques payent un lourd tribut à cette conception manichéenne de la nature humaine, et à ces fausses lapalissades.

 

C’est « forcément » parce qu’ils sont musulmans que des individus en rupture sont soupçonnés d’être « en voie de radicalisation » ; et on interroge l’entourage avec angoisse : cet homme était il très religieux ? Un imam faisait remarquer à juste titre qu’une grande dévotion ne signifiait EN AUCUN CAS un début de radicalisation, qui elle, relevait du fanatisme ou de la dérive sectaire ; et qu’on ne pouvait placer un espion derrière chaque fidèle…

Faire Ramadan est un mauvais point, qui rend d’emblée une personne plus suspecte que d’autres.

L’appartenance à l’Islam comme preuve de tendance à la violence prend le pas sur les difficultés sociales, familiales, ou professionnelles d’un individu. Coupable, forcément coupable, parce que musulman, aurait dit Duras…

 

Dans un autre registre, il en est de même des catholiques. Etre une personnalité politique notoirement catholique est extrêmement difficile, car toutes les prises de position de cette personne seront ramenées à sa foi, sans qu’il soit du tout tenu compte des mouvances diverses du catholicisme auxquelles elle peut se rattacher, et des prises de distance qui existent avec le magistère concernant des sujets de société.*

 

Dernièrement, l’affaire Vincent Lambert nous a paru le modèle même de cette grille de lecture simpliste et obsessionnelle, qui explique tout par le fait religieux.

Rappelons que Vincent Lambert, âgé aujourd’hui de 38 ans, a été victime en 2008 d’un grave accident de la route. Tétraplégique, il se trouve depuis dans un état que les médecins du CHU de Reims qualifient de « pauci-relationnel». Une partie de sa famille, dont son épouse, souhaite un arrêt des soins, ce qui entraînerait sa mort ; l’autre, et en particulier ses parents s’y opposent avec fermeté.

Qu’est ce qu’un état pauci-relationnel ? Il ne s’agit pas, comme l’écrivent certains journaux, d’un état végétatif. C’est un état dans lequel le patient garde une conscience de son environnement, mais ne peut pas répondre aux stimulations de manière cohérente.

Il peut ressentir de l’émotion et de la douleur.

Par ailleurs, Vincent Lambert n’est pas relié à une machine qui le maintient artificiellement en vie. Il est seulement nourri et hydraté artificiellement, car un manque de réflexes, semble t-il, l’empêche de déglutir.

Il ne nous appartient pas ici de prendre parti.

Mais seulement de déplorer la partialité des media, qui ne voient qu’une explication à ce drame qui multiplie les rebondissements judiciaires : les parents sont des « catholiques convaincus », ou des « catholiques traditionnalistes ». Certains organes de presse les présentent même comme « liés à la fraternité St Pie X «, sans en avoir aucune preuve.

Il ne leur vient pas à l’esprit que le sujet n’est pas la religion supposée de ces parents, mais leur douleur extrême de voir mourir leur enfant ; leur peur panique que cette mort soit douloureuse, enfin tous les tourments insupportables de parents confrontés à la maladie grave de celui ou celle qu’ils ont mis-e au monde.

Faire le deuil d’un enfant est pour certains quelque chose de pratiquement impossible.*

Il semblerait surtout que dans cette panique de voir son fils mourir de faim et de soif (c’est la dure réalité d’un tel arrêt de soins), Madame Lambert se soit entourée de conseilleurs qui en ont profité pour instrumentaliser l’affaire dans le sens d’une vitrine pour une idéologie rigide sur la fin de vie.

La douleur de cette mère et de ce père n’est ni respectée, ni entendue. Elle ne l’a pas été dès le départ. Rappelons que la première décision d’arrêt de soins du CHU avait été prise sur simple consultation de l’épouse du patient, en excluant parents et famille, et a été annulée de ce fait.

La polémique a fait rage. Oubliant toute compassion, certains journalistes se sont érigés en donneurs de leçons sur le fait qu’être mère signifiait se détacher un jour de son enfant, et le laisser partir…

Cette femme a besoin de soutien. Et elle n’en a apparemment trouvé que dans des mouvements catholiques. Deux évêques qui n’ont rien d’intégristes viennent d’appuyer sa démarche dans une réflexion assez raisonnable sur notre peu de maîtrise de la vie et de la mort.

L’affaire est complexe. Pour l’épouse de Vincent Lambert, il est sans doute également intolérable de continuer à voir l’homme qu’elle a aimé dans cet état. Peut être se voit-elle acculée à une vie sans issue.

Nous n’avons pas la réponse. Les débats se poursuivent. Aucune décision n’a pu actuellement être prise.

Mais quand un quotidien titre : « Affaire Lambert, la menace intégriste », sous-entendant que seule une appartenance confessionnelle et idéologique est le moteur de ce refus obstiné de la mort d’un enfant que nul ne peut juger, cela frise l’indécence.

Une menace, qui est menacé ? De quoi ? L’enjeu de la vie d’un être humain mérite qu’on se pose quelques bonnes questions :

Est-ce une telle victoire d’avoir le droit d’arrêter la vie de quelqu’un alors qu’il est vulnérable et incapable de se faire entendre ? Que savons-nous de la volonté de Vincent Lambert ?

Il ne s’agit pas d’une personne en fin de vie qui réclame que l’on abrège ses souffrances, comme cela s’est déjà produit. C’est la toute la complexité et la délicatesse de cette dramatique histoire.

On peut aussi s’interroger sur le sens du refus de l’hôpital de laisser le patient être transféré dans un autre établissement.

Mais une chose est certaine : les simplifications sur le « religieux » sont en train d’obscurcir le jugement de nos contemporains.

 

Michelle .C. DROUAULT

* 1 Protestants et orthodoxes échappent à ce processus, par quelque mystérieuse alchimie des classifications arbitraires…Quant aux Témoins de Jéhovah, bien que leur prosélytisme soit internationalement connu, les media leur laissent une paix royale !

 

* 2 Récemment, de jeunes parents d’une petite fille prématurée sont également revenus sur leur décision d’arrêt de soins, au grand « étonnement » de l’équipe médicale… Comme si prendre une telle décision était simple !

 

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 20:48
Evangile du 17ème dimanche TO: Jean 6/1-15

Jn 6/1-15

Après cela, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.

Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.

Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.

Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

 

Le texte de la multiplication des pains en Jean est proche de celui de Mathieu en 14/13-23 : 5 pains et 2 poissons qui servent à nourrir une foule et la réaction finale de Jésus : congédier la foule et se retirer en solitude

Une différence cependant. En Matthieu cela commençait aussi par une « retraite » de Jésus.

Il venait d’apprendre l’arrestation de Jean-Baptiste, et monte dans une barque, il se retire dans un lieu désert pour être à l’écart. Le point commun de ces 2 réactions est un choix de solitude. C’est une même réaction devant deux événements opposés. Le premier est l’événement tragique de l’arrestation de Jean, l’échec que cela représente, la tristesse de la mort d’un ami, le danger de mort qui se profile. Le second est l’événement heureux d’une foule rassasiée, donc une réussite qui risque de le faire dévier de sa mission.

Echec et réussite provoquent en Jésus la même réaction, la même attitude, la même décision : solitude et prière. Regardons sa manière de réagir. Elle nous indique un chemin de vie. Nous avons besoin de temps de solitude pour nous laisser interroger par les événements, peser les décisions à prendre, pour ne pas être déstabilisés par les échecs ou trompés par les réussites. Solitude et prière qui ouvre un chemin dans ce qui est obscur ou lumineux dans nos vies. Solitude habitée puisqu’elle est écoute, parole, dialogue avec un autre. En fait, tout bien considéré, espace pour aimer et se laisser aimer par Dieu.

Ce faisant, Jésus, débarquant, vit du même amour. Il aime en n’étant pas aveugle sur cette foule en attente de lui. Il aime en étant bouleversé devant cette foule. Il aime ses disciples en les faisant partenaires de son action, il aime par l‘accueil des pauvres 5 pains et 2 poissons d’un jeune enfant. Il aime celui qu’il appelle Père et qu’il sait trouver au cœur de l’action par la bénédiction chez Mathieu et l’action de grâce chez Jean, source d’une telle fécondité qu’elle nourrit toute une foule. Arrêtons-nous à cette bénédiction-action de grâce. A travers ce pain, bénédiction-action de grâce d’une pauvre offrande. Et à l’instar de la pauvre veuve qui a donné tout ce qu’elle avait pour vivre, Jésus bénit, rends grâce de ce pain de notre pauvreté. Pauvreté offerte et bénédiction-action de grâce de Jésus font le miracle de nourrir une foule.

Quelles sont mes pauvretés à offrir à la bénédiction-action de grâce du Christ pour qu’il en fasse abondante nourriture ?

 

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 16:10

’LE FUMIER DU DIABLE, L’AMBITION SANS RETENUE DE L’ARGENT QUI COMMANDE’’.

 

Une lecture du discours du pape François à la 2e rencontre mondiale des Mouvements populaires à Santa Cruz de la Sierra (Bolivie) - 9 juillet 2015

 

Jamais un pape n’avait parlé de la sorte et affirmé un pareil engagement à la fois dans l’affirmation des idées et par le choix des mots ! Pour qu’il en eût été autrement, sans doute aurait-il fallu que les hiérarques romains d’alors allassent chercher le saint d’Assise pour l’installer (de force !) sur le siège de l’apôtre.

 

A nous toutes et tous qui vivons sous le règne de la communication et de ses maîtres d’œuvre, quel étonnement au fond que le choix nominal inédit de ‘’François’’ par ce pape-ci ait été porteur d’une si totale vérité, qu’il se projette mois après mois et jusqu’à cette prise de parole au cœur de la Bolivie comme la démonstration éclatante d’une adhésion intime et résolue à la spiritualité et à l’engagement évangélique de François d’Assise.

 

Y compris, bien sûr, dans la citation qui en est faite, et qui parle tant à notre monde d’aujourd’hui qu’il s’en dégage une dimension prophétique, de « la petite sœur Mère terre ».

 

Le fil invisible qui unit chacune des exclusions

 

Ce discours balaye l’image des prudences séculaires (et des compromissions) de l’Eglise-institution dans la puissance, le courage et la lucidité du diagnostic posé - « les choses ne vont bien quand éclatent tant de guerres absurdes et que la violence fratricide s’empare même de nos quartiers(…) quand le sol, l’eau, l’air et tous les êtres de la création sont sous une permanente menace. » -, et tout particulièrement dans l’affirmation de ce « fil invisible qui unit chacune de ces exclusions ».

 

Quelle voix ‘’autorisée’’ s’est jamais élevée dans nos temps modernes parmi les institutions des églises chrétiennes, les clercs de tous grades, la cohorte des laïcs investis du privilège de porter la parole ou l’écrit, pour énoncer simplement ceci : « un système qui est devenu global. (…) a imposé la logique du gain à n’importe quel prix sans penser à l’exclusion sociale ou à la destruction de la nature ». Et encore moins pour en tirer la conséquence « S’il en est ainsi, disons-le sans peur, nous voulons un changement, un changement réel, un changement de structures ».

 

Admirable retournement, ou déploiement, d’un célèbre ‘’N’ayez pas peur !’’, qui salue « une attente, une intense recherche, un ardent désir de changement » présents parmi les peuples du monde.

 

Le droit aux ‘’trois T, terre, toit et travail’’.

 

L’habitude est commodément établie de penser tiers-monde quand la misère, le dénuement et la faim sont en cause. Ce discours remet en ordre la juste perspective : l’exigence que contient la réaffirmation du droit aux ‘’trois T, terre, toit et travail’’ cogne bel et bien à nos portes, s’expose dans nos rues, dans les couloirs de nos métros et dans tous les lieux familiers et connus où nous nous ne la percevons pas ou plus à force d’être confrontés au chômage, à la précarité et à l’exclusion.

 

Pas un mot, pas une image, pas une déclinaison de l’amour et de l’espérance - « la globalisation de l’espérance » - ne fait défaut à ce discours, que ce soit dans ce qui est exprimé ou dans ce qui chemine irrésistiblement dans l’entendement du lecteur. Rien ne manque à l’évocation des victimes, « les plus humbles, les exploités, les pauvres et les exclus » et des maux qui les accablent.

 

L’inventaire des plaies présentes de l’humanité

 

Pas un seul des sujets des crises contemporaines n’est éludé. Ceux auxquels, par conformisme et dans l’allégeance à l’hégémonie de la culture marchande, on conçoit le moins de résister sont désignés pour ce qu’ils sont - notamment dans la mise en cause de « la concentration sous forme de monopoles des moyens de communication sociale qui essaie d'imposer des directives aliénantes de consommation et une certaine uniformité culturelle (et qui) est l’une des autres formes que le nouveau colonialisme adopte. C'est le colonialisme idéologique. ».

 

Mais ce qui est bien mis au tout premier plan, c’est la dénonciation d’un modèle« le capital est érigé en idole et commande toutes les options des êtres humains, (ou) l’avidité pour l’argent oriente tout le système socio-économique », et le refus opposé « à une économie d'exclusion et d'injustice où l'argent règne au lieu de servir. (A une) économie qui tue. (Qui) exclut. (Qui) détruit la terre nourricière », qui détruit la création.

 

Bousculons les chronologies et demandons-nous, en tant que Français et qu’européens, ce qu’entre autres, auraient écrit sur ce pape ‘’partageux’’ qui exhorte à prendre jalousement soin de la maison commune et de distribuer convenablement les biens entre tous, un Lammenais, un Mounier, un Mauriac ou un Graham Greene ?

 

Et avec plus de questionnement encore, qu’en aurait dit, et avec quel souffle, les deux grands voix de Victor Hugo et de Jean Jaurès ? Comment leurs spiritualités personnelles et leurs indignations auraient-elles entendu cet évangile annoncé aux ‘’misérables’’ et aux ‘’exploités’’ depuis la lointaine Bolivie ?

 

Une économie politique pour l'être humain.

 

La doctrine sociale de l’Eglise, historiquement datée, est certes saluée à sa bonne place, mais le message ouvre sur un dessein plus vaste et plus volontariste et pour tout dire révolutionnaire : il fait rien moins que de définir « une économie juste », en posant l’équivalence entre « une économie vraiment communautaire » et « une économie d'inspiration chrétienne ».

 

De cette économie, il énonce les critères : « que chaque personne puisse jouir d'une enfance sans privations, développer ses talents durant la jeunesse, travailler de plein droit pendant les années d'activité et accéder à une retraite digne dans les vieux jours ».

 

Critères qui martèlent que c’est là « une économie (pour) l'être humain, en harmonie avec la nature », et auxquels s’ajoute la proclamation d’une vérité qui a tout pour faire grincer des dents : « la propriété, surtout quand elle affecte les ressources naturelles, doit toujours être en fonction des nécessités des peuples ».

 

Un discours exemplairement évangélique par ce qu’il porte d’humilité.

 

Exemplarité supplémentaire : le message ne méconnaît pas la complexité du monde et ce qui est plus neuf encore pour l’Eglise-institution, il porte un ton et des phrases où l’humilité et le respect de l’autre viennent comme s’ils coulaient de source depuis toujours chez les successeurs de Pierre.

 

Ainsi en est-il du « Ni le Pape ni l'Eglise n’ont le monopole de l'interprétation de la réalité sociale ni le monopole de proposition de solutions », ou de l’appel au soutien des « croyants et non croyants », aux vœux demandés à qui « ne peut pas prier »

 

Et évangélique en ce qu’il ne se fige pas dans une immuabilité de l’entendement de la Parole, mais en ce qu’il dévoile et annonce une signification majeure de cette Parole pour notre temps !

 

On nous interrogeait, il y a peu de temps, sur le point de savoir ce que nous aimerions que le candidat de notre choix pour 2017 nous donne alors à entendre et à lire.

 

Et si la réponse à cette question se trouvait, mieux que dans tout autre projet ou programme, probablement incertain, timoré ou péniblement formulé, dans ce paragraphe du discours du pape François qui s’ouvre sur « La juste distribution des fruits de la terre et du travail humain … » et qui se termine sur la splendide évocation « … des poètes sociaux, des créateurs de travail, des constructeurs de logements, des producteurs de nourriture, (…) pour ceux qui sont marginalisés par le marché mondial ».

 

Paragraphe qui mène à une dénonciation, qui vaut elle aussi programme politique - et oh combien dans l’actualité des semaines où nous sommes et d’abord de la crise grecque.

 

Une dénonciation du « nouveau colonialisme » des institutions financières et des entreprises transnationales, et un programme politique planétaire d’opposition et de substitution face au « pouvoir anonyme (…) des corporations, des prêteurs sur gages, (de) quelques traités dénommés de libre commerce et (face) à l'imposition de mesures d’austérité qui serrent toujours plus la ceinture des travailleurs et des pauvres ».

 

Pour qui a entendu, pour qui lit ce message, ce qui s’y découvre n’est-ce pas une charte de l’alter mondialisme nourrie de l’esprit franciscain ? Et, au-delà, l’architecture d’une revendication et d’une révolution de la dignité humaine sur laquelle l’ex-archevêque de Buenos imprime l’image à la fois d’incroyable modernité et d’intemporabilité du saint d’Assise ?

 

Un discours qui a vocation à se conjuguer avec toutes les aspirations à élever l’humaine condition.

 

Ce qui confère une place historique à ce message, c’est encore que l’appel qu’il fait si vigoureusement et si profondément retentir est conçu pour converger avec toutes les démarches de pensée qui ont cette élévation de l’humain pour dessein.

 

Rein n’y fait obstacle, rien n’y pose condition - excepté pour ce que commande l’éthique de la liberté et de la démocratie - à ce que la vision économique et sociale de l’Eglise dont il est l’initiateur se fédère avec les autres mobilisations, non confessionnelles ou non croyantes, qui sont parties prenantes à l’impatience, de mieux en mieux audible, d’un changement radical dans la gestion des affaires du monde et dans la direction donnée au fonctionnement interne des sociétés [1].

 

Et dans cette fédération des « semeurs de changement », dans cette pluralité des positionnements et des engagements « qui n'attente pas à l’unité, mais la renforce » - une unité fondée sur un but commun -, il peut être dévolu à l’Eglise de porter en première ligne la mise en perspective qui éclaire le discours du pape François : « Le changement (doit être) conçu non pas comme quelque chose qui un jour se réalisera parce qu’on a imposé telle ou telle option politique ou parce que telle ou telle structure sociale a été instaurée. Nous avons appris douloureusement qu'un changement de structures qui n’est pas accompagné d'une conversion sincère des attitudes et du cœur finit tôt ou tard par se bureaucratiser, par se corrompre et par succomber ».

 

Une mise en perspective du processus de changement dont aucune église chrétienne, aucune filiation à l’Evangile n’a le monopole, qui est donnée en partage à toutes les spiritualités, y compris athéistes, et que celles-ci ont à rappeler inlassablement jusqu’à ce que les gens de bien, ‘’les hommes de bonne volonté’’, s’en saisissent et s’en réclament.

 

C’est d’elle en fin de compte que dépend que dans le monde de demain l’humanité, ayant laissé derrière elle la globalisation des marchés et la soif inextinguible de profit, n’ait plus à se confronter au « visage du paysan menacé, du travailleur exclu, de l'indigène opprimé, de la famille sans toit, du migrant persécuté, du jeune en chômage, de l'enfant exploité, de la mère qui a perdu son fils dans une fusillade (..), du père qui a perdu sa fille parce qu'elle a été soumise à l'esclavage ».

 

Lisons et relisons ce discours ! Puisse le plus grand nombre s’y reconnaître et le conserver en eux, à la mesure de ce qu’il est : une source et une ressource incomparables d’espérance pour notre « petite sœur Mère terre » et pour chacune des créatures que celle-ci porte.

Didier LEVY - 20 JUILLET 2015

[1] De ce constat nait une interrogation … qui contient en elle-même sa réponse. Est-il si étonnant que les médias aient paru se livrer sur ce discours du pape François à un concours de discrétion ? Combien de ‘’Une’’, quels ‘’gros titres’’, quels éditoriaux, les quotidiens et les hebdomadaires les plus reconnus lui ont-ils consacré ? Combien de débats télévisés, sur quelles chaînes et à quelles heures de programmation ? Après tout, n’est-il pas très dérangeant, et très déroutant, que le (lointain) successeur du Pontife du Syllabus, et des différents papes issus du patriarcat romain, vienne affirmer que la foi chrétienne « est révolutionnaire », qu’elle « défie la tyrannie de l'idole argent », et qu’il dénonce de surcroît, et avec quelle force, les formes actuelles d’esclavage et la violence écologique. Inconfortable en tout cas, et d’abord en ce que le commentaire ne peut masquer la contradiction absolue qui oppose le message franciscain et les dogmes de l’ordo libéralisme ultra dominant. Comment des médias contrôlés par des banquiers, par des avionneurs, ou par des hommes d’affaires familiers des marécages de la Françafrique, pourraient-ils être à l’aise devant une proclamation de ce genre : « On ne peut plus supporter ce système, les paysans ne le supportent pas, les travailleurs ne le supportent pas, les communautés ne le supportent pas, les peuples ne le supportent pas... Et la terre non plus ne le supporte pas ». Quelle place aurait en revanche été faite aux propos du pape (s’entend d’un autre type de pape !) si ce dernier avait mis à profit son voyage en Amérique du Sud pour entretenir les journalistes, dans son avion, du ‘’grave désordre que constitue l’homosexualité’’, de son plein appui aux mouvements anti mariage gay de par le monde ou des effets pernicieux du recours aux préservatifs - ou, mieux encore, s’il avait administré aux foules andines réunies autour de lui un rappel inflexible des normes réglementaires édictées par Humanae Vitae ! Ou tenu tout autre position confortant l’assimilation entre christianisme et répulsion de la sexualité humaine … On peut aussi imaginer, en inversant le raisonnement, l’écho qu’obtiendrait le pape François s’il faisait publiquement sienne cette sage pensée d’un patriarche orthodoxe, citée dans une étude de ‘’féministes et croyantes’’ (Michelle .C. Drouault.)’ : « Si une femme et un homme s’aiment vraiment, je n’ai pas à entrer dans leur chambre ; tout ce qu’ils font est saint ».

 

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 23:02
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 22:03

Clip à écouter et regarder sur:

https://www.youtube.com/watch?v=W4DTYmmTsyQ

 

Si j'étais l'amie du bon Dieu.
Si je connaissais les prières.
Si j'avais le sang bleu.
Le don d'effacer et tout refaire.
Si j'étais reine ou magicienne,
princesse, fée, grand capitaine,
d'un noble régiment.
Si j'avais les pas d'un géant.

Je mettrais du ciel en misère,
Toutes les larmes en rivière,
Et fleurirais des sables où filent même l'espoir
Je sèmerais des utopies, plier serait interdit,
On ne détournerait plus les regards.

Si j'avais des milles et des cents,
Le talent, la force ou les charmes,
Des maîtres, des puissants.
Si j'avais les clés de leurs âmes.
Si je savais prendre les armes,


Au feu d'une armée de titans.
J'allumerais des flammes,
Dans les rêves éteints des enfants.
Je mettrais des couleurs aux peines.
J'inventerais des Éden.
Aux pas de chances, aux pas d'étoiles, aux moins que rien.

Mais je n'ai qu'un cœur en guenille,
Et deux mains tendues de brindilles.
Une voix que le vent chasse au matin.
Mais si nos mains nues se rassemblent,
Nos millions de cœurs ensembles.
Si nos voix s'unissaient,
Quels hivers y résisteraient ?

Un monde fort, une terre âme sœur,
Nous bâtirons dans ces cendres
Peu à peu, miette à miette,
goutte à goutte et cœur à cœur.
Peu à peu, miette à miette,
goutte à goutte et cœur à cœur

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 15:16

Être présent à l’autre. Être présente à l’autre.

 

Dans mes lectures, je trouve : « Cette intimité avec Dieu m’aide à être plus présent aux autres » ou « - Pouvez-vous citer un geste d’amour ? -Le plus grand geste d’amour, c’est l’attention et l’écoute, être présent à l’autre… »

Comme je suis heureuse lorsque je trouve ces petites perles ! C’est le message altruiste de la Parabole du jugement dernier : secourir l’autre qui est dans la peine.

Mais la vie est-elle comme une balance ? L’idéal serait-il de toujours chercher la position d’équilibre entre deux démarches d’amour ? Car le Christ nous a montré aussi une autre démarche dans ses Béatitudes et certains de ses actes, avec la Samaritaine, sur la Croix : « J’ai soif »… Après la Transfiguration, Il nous invite à retourner à Jérusalem pour rejoindre frères et sœurs mais pouvons- nous découvrir deux versants de la montagne ? Allons-nous vers l’autre pour aider, pour dire notre vérité ou pour accepter de quémander ?

Et voilà que je redécouvre une interview de Lytta Basset présentant, en 2014, son nouveau livre « Oser la bienveillance» (éd. Albin Michel.) Ma joie est grande en relisant ce texte. Il me faut oser la bienveillance !

Être présente à l’autre avec bienveillance, avoir un regard bienveillant, ne pas critiquer, ne pas juger mais avoir une réelle bienveillance qui mène à faire Confiance. Regarder l’autre, l’écouter au point que cette personne se redécouvre meilleure qu’elle ne le pensait, qu’elle se redécouvre digne d’être aimée, qu’elle retrouve sa dignité.

Aimer l’autre avec bienveillance, lui faire confiance au point … d’inverser la situation, de se retrouver pauvre, infirme, malade… et de dire à l’autre : « j’ai soif, donne-moi à boire. » de se retrouver pauvre selon l’Esprit des Béatitudes ! Alors ce serait le miracle d’un véritable partage ! Joie et espérance ! Faire entièrement confiance en une autre personne, c’est merveilleux, cela bouscule totalement sa vie, comme pour Zachée !

Après le lavement des pieds, Jésus dit à ses ami-es : vous avez-vu ce que je viens de faire. Maintenant, lavez-vous mutuellement les pieds. Lavons-nous mutuellement les pieds ! Allons vers l’autre non seulement pour l’aider mais aussi pour demander un service ! Et marchons ensemble sur la route humaine en nous épaulant mutuellement.

« Seigneur que nous soyons assez humble pour accepter de nous faire laver les pieds! Seigneur, donne-nous assez d’amour pour laver, avec bienveillance, les pieds d’une personne en difficulté et que ce geste puisse nous transformer. »

Dans la Joie, la Bienveillance, la Confiance, l’Espérance et la Paix du Christ !

Alice.Damay-Gouin

 

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 15:27
Equateur: un pays qui a refusé de payer sa dette: bravo

Données générales

Source des données chiffrées : Ambassade de France en Equateur, Ministère de l’Economie et des Finance, PNUD, FMI, Banque mondiale.

Nom officiel : République de l’Equateur
Chef d’Etat : M. Rafael CORREA DELGADO

 

Données géographiques

Superficie : 283 560 km2
Capitale : Quito (2,2 M d’habitants)
Villes principales : Guayaquil (2,3 M d’habitants), Cuenca (0,5 M d’habitants)
Langue officielle : espagnol (93% de la population).
Langues amérindiennes : quechua, shuar
Monnaie : dollar américain
Fête nationale : 10 août

 

Données démographiques (2013)

Population : 15,43M d’habitants
Croissance démographique : 1,4 %
Espérance de vie : 76,4 ans
Taux d’alphabétisation : 91,6 %
Religions : catholique (94%), protestante (6%)
Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,724 (89ème rang sur187)
Taux de pauvreté : 22,5 % de la population en 2014 contre 27,3% en 2012

 

Données économiques (2013)

PIB : 94,14 Mds USD (source FMI)
PIB par habitant : 5968 USD (FMI)
Taux de croissance : 4 %
Taux de chômage : 4,15 %
Sous-emploi : 52,6 %
Taux d’inflation : 2,7 %
Dette publique : 26 % du PIB

Politique intérieure

A la tête du pays depuis janvier 2007, le président Correa, jeune, charismatique et nouveau venu en politique, a engagé l’Equateur dans un processus de profondes transformations sociales, économiques et politiques, appelé « révolution citoyenne », dont les objectifs sont la lutte contre les inégalités, la modernisation de la « matrice productive » et la réforme institutionnelle. La nouvelle Constitution a été approuvée par référendum le 28 septembre 2008.

M. Correa a depuis renforcé le rôle de l’Etat dans l’économie (renégociation de la dette et des contrats pétroliers avec les compagnies privées) et dans le domaine social (réforme des services de santé et d’éducation). La pauvreté a nettement reculé (à 22,5 % de la population en 2014) et l’amélioration des conditions de vie des plus défavorisés a conféré au Président une grande popularité. M. Correa n’en a pas moins subi de réelles difficultés lors de son deuxième mandat : tentative de soulèvement conduite par des forces de police à Quito en septembre 2010, perte de la majorité parlementaire et division lors du référendum du 7 mai 2011 portant sur une nouvelle réforme constitutionnelle, relations difficiles avec la presse (encadrement des media par la création en 2013 d’une Superintendance de la Communication et de l’Information).

Les élections générales (présidentielles et législatives) du 17 février 2013 ont donné une très large victoire à Rafael Correa renforçant la domination du Président en exercice sur la scène politique équatorienne. Avec un score de 56,72% à l’élection présidentielle, dès le premier tour (soit onze points de plus qu’en 2009), le Président Correa a tiré profit de l’absence d’opposition structurée (4 candidats à l’élection présidentielle). Son troisième mandat est marqué par une approche plus pragmatique des objectifs à atteindre, d’où la volonté de reprendre les négociations avec l’Union Européenne en vue de la signature d’un accord de libre-échange en 2015, et la décision d’abandonner l’initiative Yasuni-ITT, qui consistait à renoncer à l’exploitation d’une réserve pétrolière en Amazonie contre une compensation sous forme de contributions financières internationales.

Pour autant, en dépit de réelles avancées sociales et d’un incontestable charisme de M. Correa, Alianza Pais a connu un revers lors des élections locales du 23 février 2014. Certes AP reste bien la première force du pays, comptabilisant par exemple la moitié des préfectures, le tiers des mairies et près de 40 % des postes de conseillers municipaux. Son implantation nationale lui assure une présence et une couverture bien meilleure que celle des autres partis, mais la perte des grandes villes, l’ampleur de la défaite à Quito et l’émergence d’une nouvelle élite à droite ont surpris les dirigeants après sept années de succès ininterrompus.

 

Situation économique

L’Equateur a connu une croissance forte depuis le début des années 2000. Sur la base des prix de 2007, le PIB a progressé de 4,2% en moyenne annuelle (+7,8% en 2011 et +5,1% en 2012, +4% en 2013 selon la Banque centrale).Toutefois, la hausse du dollar, monnaie officielle depuis mars 2000, combinée à la chute du prix du pétrole et à de nouvelles mesures de restriction des importations en soutien à la balance des paiements (mesures de sauvegardes entrées en vigueur le 11 mars 2015) devraient fortement ralentir la croissance en 2015, qui était déjà passé sous la barre des 4% en 2014 (3,8%).

L’économie équatorienne est dépendante des cours mondiaux du pétrole (40% des revenus de l’Etat et 60% des exportations). L’agriculture et la pêche constituent également des secteurs dynamiques : l’Equateur est le 1er exportateur mondial de bananes (un accord a été négocié à l’OMC sur ce sujet en 2009) et produit aussi des crevettes, du cacao, du thon, etc.

Les réformes de structures et la politique de dépenses publiques menées par le gouvernement Correa illustrent l’interventionnisme marqué dans la sphère économique. Des mesures de restrictions aux importations ont été décidées en janvier 2009 et en 2013 pour réduire le déficit commercial.

Le Président Correa ayant officiellement décidé en décembre 2008 la suspension du paiement de près de 40% de la dette internationale équatorienne, considérée comme illégitime, une opération de rachat de la dette a été réalisée avec succès en juin 2009. L’Equateur, qui a dénoncé certains accords bilatéraux de protection des investissements, s’est retiré en juillet 2009 du CIRDI (Centre International de Règlement des Différends), la nouvelle Constitution rendant impossible à l’Etat le recours à un arbitrage commercial impliquant un abandon de souveraineté.

Sur le plan social, le chômage (≈ 4,15 %) et le travail informel (≈ 55%) fragilisent la situation des populations les plus vulnérables, malgré les nombreuses subventions (logement, scolarisation, etc.). La pauvreté touche particulièrement les zones rurales et les populations indigènes. Elle est toutefois passée de 44,6% de la population en 2004 à 22,5 % en 2014.

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/equateur/presentation-de-l-equateur/

 

lire aussi :

http://www.legrandsoir.info/equateur-le-courage-politique-de-dire-non-a-la-dette-et-au-fmi.html

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 17:22
Evangile du 16 ème dimanche TO: Marc 6/30-34

Mc 6/30-46

Les apôtres se réunissent auprès de Jésus, et ils lui rapportèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné. Et il leur dit : "Venez vous-mêmes à l'écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu." De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux que les apôtres n'avaient pas même le temps de manger. Ils partirent donc dans la barque vers un lieu désert, à l'écart. Les voyant s'éloigner, beaucoup comprirent, et de toutes les villes on accourut là-bas, à pied, et on les devança. En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et il se mit à les enseigner longuement.

 

1-Se réunissent auprès de Jésus.

Que de choses en ces quelques mots. Une définition de l’Eglise : celles et ceux qui se rassemblent autour de Jésus pour l’écouter, vivre de sa vie, reconnaitre son action au cœur des femmes et des hommes de bonne volonté et pour annoncer la joie de l’Evangile.

 

2-Ils lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait…

Etonnant ce passage ! Cela fonde pour nous l’importance de relire sa vie, d’en parler, de pouvoir être écouté-e par quelqu’un.

Etonnant aussi par ce que cela nous donne l’image de Jésus écoutant. Il nous parle et aussi il nous écoute. Dieu n’est seulement Parole mais aussi Ecoute. Il s’intéresse à nos vies.

 

3-Reposez-vous un peu

Il y a dans cette phrase toute la tendresse de Jésus, son attention à ses disciples. Aujourd’hui, pour certain-es d’entre nous, cela peut être une invitation à prendre cela très au sérieux : prendre soin de soi, savoir se reposer, ne pas sombrer dans l’activisme, dans un travail idole ou drogue.

Savoir se reposer, c’est rester libre par rapport à ce qui se présente et qui peuvent être de fausses nécessités.

Faire du tri : est-ce indispensable, puis-je le déléguer ? Se reposer, c’est savoir trouver le sens de sa vie dans l’être et pas seulement dans le faire.

 

4-Jésus voit… Il a pitié… Il enseigne

Arrêtons-nous sur ces 3 verbes : voir, avoir pitié, enseigner.

Cela indique un chemin de perception pour mieux agir.

-Il s’agit en premier d’ouvrir les yeux sur le réel.

-Ensuite se laisser toucher par lui. Avoir pitié est une traduction qui ne rend pas compte de la profondeur de ce qu’éprouve Jésus, il s’agit de quelque chose de très fort : « il est remué jusqu’aux entrailles ».

-Pour enfin comprendre ce qu’il faut faire et agir.

Jésus fait ce chemin et nous l’indique comme moyen pour sortir de la répétition, s’ouvrir à du neuf.

Ici qu’a-t-il vu ? Des brebis sans berger.

Et nous que voyons-nous ?

 

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 14:47
Evangile du 14 ème dimanche TO Marc 6/1-6

Sorti de là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »

Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

 

1-La réaction des gens de son village

La traduction de Sr Jeanne d’Arc, op, est très éclairante.

« D’où ? A lui ! Tout cela ! Quelle sagesse ! Elle lui est donnée ? A lui ! »

Ceci à propos de l’enseignement qu’il donne et à propos de ce qu’il fait. On sent dans ces réactions une impossibilité à reconnaitre le don qui est fait à Jésus. Et donc l’incapacité à le recevoir en partage.

D’où vient cette incapacité ?

Dans cette synagogue, il y a ceux qui l’ont vu bébé, qui l’ont vu grandir, qui l’on vu charpentier. Il y en a aussi qui ont grandi avec lui, participé aux mêmes jeux : quelqu’un d’ordinaire comme eux. Et voici que celui-ci sort de l’ordinaire. Pourquoi tout cela est donné à Jésus et pas à eux ?

Devant le don donné à quelqu’un, deux réactions sont possibles :

La première est la joie, se réjouir du don qui est fait à un autre. D’autant plus réjouissant qu’il nous en fait bénéficier. Ce don vient de lui mais , par lui, il nous ai communiqué. Gratitude.

La deuxième est la jalousie. « Pourquoi lui et pas moi ? » On refuse alors à la fois le donateur et le don. C’est la réaction des gens de son village.

( Si vous avez vu le film Amedeus, c’est exactement de cela qu’il s’agit : le musicien Salieri ne supporte pas que le don absolu de la musique ait été donné à Mozart et pas à lui. Au lieu de jouir de sa musique comme un cadeau du ciel, il cherchera à le tuer)

 

2- Il s’étonnait de leur manque de foi

On a ici la trace d’un sentiment de Jésus : l’étonnement.

Il s’étonne d’un manque. Il leur manque la foi. Mais ici qu’est-ce que la foi ? C’est la foi en un don qui vient d’un autre et transmis par un autre. Un don à recevoir et non à posséder. La foi, c’est consentir à recevoir.

 

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