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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 22:22

" Le silence de Dieu devant le malheur s'ouvre à nous comme un scandale où l'âme vacille. Le vertige est tel que nous n'avons de cesse d'inventer des réponses à nos vaines questions. N'est-ce pas la pesanteur des religions qui cherchent à combler nos anxiétés avec leurs discours et leurs rites, leurs codes et leurs sacrifices? Lourdeur de nos gestes et de nos doctrines pour asseoir des pouvoirs que nous certifions garantis par les dieux. Mais rien n' y fait: l'énigme demeure et les cris de l'humanité blessée ne cessent de remplir nos espaces. Jusqu'au moment où nos oreilles rendues plus attentives, distinguent dans l'horrible bruissement des actualités la question des justes qui ne cesse de déchirer le rideau du Temple: " mon Dieu, pourquoi nous as-tu abandonnés?"Ces voix ne sont pas celles de la révolte, des revendications, mais de l'anéantissement. En elles nous entendons sans fin l'appel du seul Juste qui n'a jamais renoncé à aimer, du fond du plus impensable abandon, prière d'une telle pureté que Dieu y reconnaît celle de Son propre Fils et y répond en l'appelant par delà la mort à la Vie"

Père Philippe Baud.

Paru dans la revue la chair et le souffle, volume 10, numéro 1, p 18

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 22:37
Méditons Marc 9/30 à 10/31: la subversion de Jésus

Marc 9/30 à 10/31

1-Deuxième annonce de la Passion 9/30-32

Dans l’Evangile de Marc, il y a 3 annonces de la passion. Voici la deuxième. Pourquoi cette insistance ? Cela montre la difficulté d’entrer dans cette perspective. Difficulté des disciples d’hier, difficulté d’aujourd’hui.

Pourquoi cette mort, pourquoi cet apparent échec ?

Parce que Jésus révèle un Dieu qui bouleverse les privilèges, les dominations pratiquées par les sociétés humaines. On découvre ainsi la raison de la mort de Jésus : il est dangereux pour tous les pouvoirs politiques et religieux. Tous les textes qui suivent cette deuxième annonce nous montrent la subversion opérée par Jésus. C’est pourquoi, il faut ne pas les couper les uns des autres. Ils montrent comment se comporter si on veut vivre de son esprit.

2-Subversion de la hiérarchie : Le premier, la première est celui, celle qui est au service (9/33-37)

Les disciples se demandent qui est le plus grand montrant ainsi la difficulté d’entrer dans le Royaume que Jésus annonce. Il rebondit sur le désir mais pour le purifier. Vous voulez être grand ? Alors soyez-le en vous faisant serviteur, en accueillant l’enfant, comme on accueille le Christ.

Soyez grand-e en accueillant celui, celle qui ne compte pas.

3-Subversion d’un monopole de salut (9/38-40)

Encore tout faux, les disciples ! Ils se croient seuls dépositaire d’un pouvoir de salut, ils se considèrent comme des maîtres que l’on suit alors que c’est seulement le Christ qui est suivi. Jésus brise leur rêve de monopole. Toute personne qui fait le bien est artisan du royaume. Parce que pour Jésus, la seule chose qui compte, c’est le bien de la personne.

4- Quelle conduite des disciples pour maintenir vivante la subversion ? (9/42 à 10/31)

*Une question de verre d’eau :

On maintient vivante la subversion du Christ si on a un sens fort de l’appartenance au Christ serviteur, seul titre qui permet d’être accueilli par les autres.

*Mains, pieds et œil :

On maintient vivante la subversion du Christ en sachant dire non à ce qui fait obstacle à cette appartenance au Christ serviteur. Sous l’image de la main, du pied, de l’œil, il s’agit de se séparer de bonnes chose si et seulement si elles m’empêchent d’être disciple du Christ serviteur.

Ce texte ne doit pas du tout être pris au sens littéral ! C’est une exagération pour dire les nécessaires ruptures avec ce qui empêche d’aimer. Oui, il y a des choses à quitter, à renoncer, à abandonner pour que la vie des uns et des autres soit plus belle, plus heureuse, plus aimante, plus libre, plus généreuse.

*Du sel :

On maintient vivante la subversion du Christ en salant sa vie, c'est-à-dire en faisant de sa vie quelque chose qui a du goût pour soi et pour les autres.

*Du divorce inégalitaire :

On maintient vivante la subversion du Christ en ne traitant pas les femmes comme des objets qu’on peut prendre et jeter. ( L’évangile de Marc a ajouté une réciproque qui était inconcevable dans la société juive )

*Des enfants :

On maintient vivante la subversion du Christ en accueillant ceux et celles qu’on rejette, ici des enfants et en accueillant le Royaume comme un petit enfant, c'est-à-dire dans la confiance de celui, celle qui sait recevoir.

*Du partage :

On maintient vivante la subversion du Christ en considérant les richesses comme des dons à partager et non à accaparer.

 

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 20:26
Méditons l’évangile de Marc 9/14-29 : Quatre paroles pour une guérison

En rejoignant les autres disciples, ils virent une grande foule qui les entourait, et des scribes qui discutaient avec eux.

Aussitôt qu’elle vit Jésus, toute la foule fut stupéfaite, et les gens accouraient pour le saluer. Il leur demanda : « De quoi discutez-vous avec eux ? »Quelqu’un dans la foule lui répondit : « Maître, je t’ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet ; cet esprit s’empare de lui n’importe où, il le jette par terre, l’enfant écume, grince des dents et devient tout raide. J’ai demandé à tes disciples d’expulser cet esprit, mais ils n’en ont pas été capables. »

Prenant la parole, Jésus leur dit : « Génération incroyante, combien de temps resterai-je auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. » On le lui amena. Dès qu’il vit Jésus, l’esprit fit entrer l’enfant en convulsions ; l’enfant tomba et se roulait par terre en écumant. Jésus interrogea le père : « Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? » Il répondit : « Depuis sa petite enfance. Et souvent il l’a même jeté dans le feu ou dans l’eau pour le faire périr. Mais si tu peux quelque chose, viens à notre secours, par compassion envers nous ! » Jésus lui déclara : « Pourquoi dire : “Si tu peux”… ? Tout est possible pour celui qui croit. » Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » Jésus vit que la foule s’attroupait ; il menaça l’esprit impur, en lui disant : « Esprit qui rends muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus jamais ! » Ayant poussé des cris et provoqué des convulsions, l’esprit sortit. L’enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : « Il est mort. » Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout. Quand Jésus fut rentré à la maison, ses disciples l’interrogèrent en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? » Jésus leur répondit : « Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière. »

 

1 « De quoi discutez-vous ? »

Cette question de Jésus permet à ce père de parler. Elle permet à ce père d’un enfant muet de parler et c’est le premier acte de la guérison. C’est une des rares fois où un descriptif de maladie est fourni avec tant de précisions. Jésus lui permet de déposer sa souffrance et d’être écouté.

 

2-« Il y a combien de temps ? »

Mais ce qui est déjà dit ne suffit pas à Jésus. Une autre question relance la possibilité d’en parler et cela amène cet homme à crier un appel au secours. Jésus lui a permis de crier son désir car rien ne peut se faire sans désir.

 

3-« Si tu peux… »

Jésus rebondit sur la parole de cet homme. Mais dans quel sens ? Est-ce le pouvoir de Jésus ou le sien ? La phrase qui suit : « Tout est possible à celui qui croit » ne nous aide pas à le déterminer. Cela peut renvoyer autant à la foi de Jésus qu’à celle de cet homme. Cependant, comme Jésus conclut souvent les guérisons en disant : « Ta foi t’a sauvé », on peut légitimement penser que ce pouvoir concerne ce père. C’est en lui qu’est la source de guérison de son enfant.

 

4-« Je te l’ordonne sors de lui…le prenant par la main, le releva et il se tint debout »

Quelque chose doit sortir de cet enfant, ce qui le possède et l’empêche d’être lui-même. La sortie est douloureuse, elle semble même provoquer la mort, la mort de ce qui l’empêchait de vivre. Cette guérison est une résurrection. Relever, se tenir debout sont des mots qui disent la résurrection

Il rend la vie à cet enfant, sa vie, car c’est pour cela qu’il est venu : « Je suis venu pour qu’on est la vie » Jn10/10

 

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 16:55

pour s'inscrire: http://www.ndcenacle.org/rubrique?lieu=2&proposition=897&id=24

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 23:45
Méditons l'Evangile de Marc 8/31: Victoire de Jésus

Marc 8/31

Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.

 

1-le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté…être tué.

La foi chrétienne est décidemment unique parmi les religions. Aucune ne présente Dieu ainsi : non seulement un Dieu qui a visage d’humanité, vraiment, réellement, et un Dieu qui va souffrir, être rejeté, être tué. Dieu dans la temporalité, Dieu jusque dans la mort.

La question à se poser est : Si la foi chrétienne dit vrai, qu’est-ce que cela change pour nous ?

Cela change tout.

Cela révèle un Dieu qui aime vraiment et qui le prouve. Dieu qui, dans son incarnation, nous a rencontré toutes et tous ; Dieu nous connait de l’intérieur jusqu’à l’expérience de la mort.

Cela révèle notre identité profonde : l’humain est le lieu de Dieu. Dieu est humanisé et l’humain divinisé. Echange réciproque sans confusion et sans séparation.

Et cela désigne le seul et unique lieu du sacré : chaque femme, chaque homme de tous les temps et de tous les lieux.

 

2-Le fils de l’homme doit…

Ce mot résonne mal à notre esprit et notre cœur.

Cela a été malheureusement interprété comme une nécessité de salut : la mort du Christ comme le prix à payer pour que Dieu pardonne. Perversion de la foi. Mais alors que signifie ce « doit ». Il y a bien un inévitable mais qui est à trouver autre part.

C’est l’inévitable d’un refus. Jésus a dû souffrir, être rejeté, mourir parce que sa personne, ses actes, ses paroles étaient et restent insupportable par ce qui, en nous, refuse ce qu’il vient nous donner.

L’insupportable d’un amour exigent car nous préférerons des amourettes.

L’insupportable de la liberté créatrice car nous préférons la sécurité de la répétition.

L’insupportable de la dignité de chacun-e car nous préférerons les hiérarchies sociales et religieuses.

L’insupportable de la justice car nous préférerons nos intérêts.

L’insupportable…

 

3-Et après trois jours, se lever.

La résurrection de Jésus fonde l’espérance au sens où elle atteste que le projet de Jésus est vainqueur. Pour celles et ceux qui le suivent cela signifie que malgré le refus, la victoire est possible. C’est possible que l’amour, la liberté, la dignité, la justice ait le dernier mot. Puisant dans sa résurrection, nous pouvons faire se lever le Royaume que Dieu veut.

 

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 12:24
Méditons l'évangile de Marc: Face à Jésus, quelle réaction ? Mc8/11-33

Mc 8/11-33

Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus ; pour le mettre à l’épreuve, ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : « Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ? Amen, je vous le déclare : aucun signe ne sera donné à cette génération. »

 

Puis il les quitta, remonta en barque, et il partit vers l’autre rive.

Les disciples avaient oublié d’emporter des pains ; ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque. Or Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode ! » Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains. Jésus s’en rend compte et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ? Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur endurci ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ! Vous ne vous rappelez pas ? Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? » Ils lui répondirent : « Douze.– Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? » Ils lui répondirent : « Sept. » Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »

 

Jésus et ses disciples arrivent à Bethsaïde. Des gens lui amènent un aveugle et le supplient de le toucher. Jésus prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait : « Aperçois-tu quelque chose ? »

Levant les yeux, l’homme disait : « J’aperçois les gens : ils ressemblent à des arbres que je vois marcher. » Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l’homme ; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté. Jésus le renvoya dans sa maison en disant : « Ne rentre même pas dans le village. »

 

Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

 

 

Face à Jésus, quelle réaction ?

1-Il y a celle des pharisiens qui demande un signe.

A cette demande, Jésus répond par le refus. En Mt et Mc, il dira quel est le vrai signe mais ici nous avons seulement ce que cela provoque chez lui : un profond mouvement intérieur, il gémit ! C’est une notation unique de l’Evangile.

Elle est accompagnée par une mise en garde de Jésus. La réaction des pharisiens est du levain dont il faut se méfier

 

2- il y a la réaction des disciples

C’est celle de gens qui n’ont rien compris. La encore il nous est donné d’être témoin de ce qui habite son cœur : Colère ? Déception ? En tout cas, sa critique est forte : des yeux qui ne voient pas, des oreilles qui n’entendent pas, pas de mémoire, pas de compréhension

 

3- un long chemin

La guérison de cet aveugle est là pour nous monter que le chemin de la foi est long, il faut du temps pour entrer dans la nouveauté apporté par Jésus. Elle montre que ce n’est que peu à peu que les disciples parviendront à la lumière de qui est Jésus vraiment.

N’est-ce pas aussi notre chemin ?

 

4-Pierre : Quel Messie ?

Pierre semble avoir un début de lumière mais c’est une lumière tronquée. Il dit bien que Jésus est le Messie mais qu’entend-il par là ? Sa réaction en entendant Jésus parler de sa souffrance prochaine et de sa mort montre qu’il en est resté à un Messie qui va rétablir une royauté politique. La encore un chemin est nécessaire pour arriver à comprendre vraiment Jésus et son projet

 

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 20:51

Humilité – Humiliation…

Le pape François a parlé de l’humilité.

« Laisser de la place pour Dieu, se vider… » Joie et merci !

Par contre associer humilité et humiliation … Je suis perplexe.

L’humilité peut m’aider à subir les humiliations mais celles-ci m’ont conduite sur le chemin de la révolte… Humiliée, révoltée, agressive, j’ai rencontré un Bon Samaritain qui m’a fait confiance, qui chemine avec moi, en me disant parfois : « non, Alice, là, je ne te suis pas car… »

Maintenant, je peux dire : « Dans un climat d’amour, d’amitié mutuelle, de confiance mutuelle, il n’y a pas de ressenti, d’humiliation. Nous avançons vers l’autre, avec l’autre, tels, telles que nous sommes. Il n’est pas question de savoir si Dieu s’abaisse en venant vers moi ! »

Dieu-Amour, NOTRE Père-Mère, nous aime, scrute des yeux pour nous apercevoir de très loin, court vers nous, nous embrasse, nous relève, nous met debout et nous invite à la fête !

Dieu ne nous demande qu’une seule chose : lui faire confiance.

« Que Ton règne vienne ! » Comme je demandais ce que cela veut dire, j’ai reçu cette magnifique réponse : « C’est la rencontre avec le Seigneur. C’est dans un cœur dénudé qu’il peut trouver place. » Joie ! Emerveillement en recevant cette réponse qui m’a transformée !

Voir le visage du Seigneur en moi, en toute autre personne et maintenant, me jeter, avec confiance, à chaque instant dans ses bras. Voilà mon humilité, ma joie, ma Paix, mon Espérance et mon esprit de Miséricorde.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 13:55

Les 2 témoins...à écouter

https://www.youtube.com/watch?v=jfi4qKMcXKE

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 21:28
Retraite spirituelle: Dieu est une Bonne Nouvelle

 

Vous cherchez comment :

*Vivre Dieu comme une bonne nouvelle ?

*Se donner 7 jours à soi-même de repos et de paix

*Méditer une parole de liberté ?

Cette proposition est pour vous.

Vous y vivrez des moments

  • de relaxation,
  • d’écoute profonde de son cœur et la Parole,
  • d’accompagnement personnalisé

où ?

Centre spirituel du Cénacle de Versailles

Quand ?

Du samedi 20 juin 18h au dimanche 28 juin 9h

Animé par qui ?

Sr Michèle Jeunet, rc

Plus d’infos et inscription en ligne :

http://www.ndcenacle.org/rubrique?lieu=4&proposition=1026&id=24

 

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 20:27

Merci à Didier de m'avoir envoyé son texte et bonne visite sur son blog:

http://didierlevy98.blogspot.fr/

« Durant le sabbat, elles observèrent le repos selon le commandement ».

Au fil des célébrations de Pâques, vient celle où l’on prend conscience de ce que la chronologie pascale comporte une énigme : pourquoi donc Jésus n’est-il pas ressuscité dès son passage par la mort ? Il meurt et le sabbat commence, et avec lui ce temps de silence, ce temps comme suspendu qui s’étend jusqu’à la rupture du deuil du dimanche matin quand la Révélation est faite aux femmes venues au tombeau : «Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, mais il est ressuscité ».

Et si la réponse se profilait dans ces localisations répétées que les récits évangéliques donnent de la mort de Jésus par rapport au sabbat et à la préparation rituelle de ce dernier. L’indication fournie par Luc « Durant le sabbat, elles observèrent le repos selon le commandement » n’apparaîtrait pas alors pour factuelle - le Livre n’est au demeurant pas fait pour être factuel ! - mais comme un signe destiné à guider l’intelligence de la foi dans l’éphéméride de la Résurrection.

Ephéméride qui se lirait en privilégiant l’idée que l'achèvement sur la Croix du parcours messianique étant consommé, la transcendance a acté sa promesse du salut pour l'humanité en s’ajustant sur la règle d'observance du sabbat. En s’insérant dans la rythmique des jours qu’elle a enseignée au peuple de son élection, et en se fixant sur l’assignation faite au ‘’septième jour’’ de son statut spécifique - un statut qui débordant le seul sabbat, posera un élément essentiel de la représentation anthropologique partagée par les trois civilisations issues des monothéismes : la consécration collective d’un jour de la semaine libéré de l’assujettissement à la quête de ressources matérielles, un espace réservé à la rencontre et à l’intimité avec l’Esprit et, plus amplement, à tout ce procède de la conviction que « l’homme ne se nourrit pas que de pain ».

Le Christ expire et est mis au tombeau avant que le sabbat ne commence- ceux qui l'ont fait condamner s'étaient inutilement inquiétés auprès de Pilate que son corps pût rester attaché à la croix le jour du sabbat : il rend l’esprit à la sixième heure et l'obscurcissement du ciel, temps de sabbat avant le commencement du sabbat, dure jusqu'à la neuvième. Cette économie du temps de la mort du Messie qui s’ordonne par rapport au repos sabbatique, a pour parallèle la symbolique calendaire de la Résurrection qui renvoie le constat et la proclamation de ce que le Christ est ressuscité au dimanche, c'est à dire à la fois au matin de Pâques et au jour suivant le sabbat.

Lecture qui donne ainsi à entendre dans « le troisième jour il est ressuscité des morts » la conjonction d’un alignement allégorique sur la Pâque et du parti qui serait pris de se référer au moment de ce constat et de cette proclamation. Reste cependant ouverte à l’interrogation spirituelle, face à la contemplation du mystère, la possibilité se représenter que la victoire du Christ sur la mort prend place, dans une compréhension de la chronologie non pas historicisante mais soutenue par le questionnement du sens, lorsque commence la nuit qui suit la levée du sabbat.

Au demeurant, en situant la venue au sépulcre des deux Maries « alors que commençait à luire le premier jour », ce qui signifie le plus probablement à l’apparition de l’étoile du soir, autrement dit à l’inauguration d’un nouveau jour (le repère de l’étoile du soir prévalant sur l’aube), Mathieu étaye ou encourage cette interprétation.

Une interprétation qui s’accorde à la puissance du lien qui rend inséparables l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. En ce qu’elle met dans toute sa lumière la dimension et la vocation de ce sabbat qui "a été donné aux hommes" pour être placé au cœur et comme à la charnière de la relation entre la transcendance et l’humanité.

Dimension qui s’illumine de ce que le dessein de Dieu dans l’accomplissement et la manifestation de la Résurrection épouse la temporalité que détermine et que règle la prescription du repos du 7 ème jour : car c’est bien d’un illumination dont il s’agit si la même suspension du temps ordinaire qui ouvre dans ce dernier l'intervalle ou le vide réservé à l’Esprit, vaut pour le déroulement des œuvres humaines et pour l’instant qui va enfermer l’impénétrabilité du fait inouï de la victoire du Messie sur la mort.

Instant que la transcendance a ainsi fait précéder de ce temps sabbatique, ce ‘’hors du temps‘’ dont dispose le travail de l’Esprit, comme s’il fallait que le monde en quelque sorte s’arrête et que son Créateur retienne son souffle avant que ne se produise la déflagration de la Résurrection annonciatrice pour chaque créature de la défaite de la mort et du salut.

Et pour faire mieux apparaître dans la chronologie pascale le passage du septième jour, dernier sabbat de l’Ancienne Alliance, au premier jour de la nouvelle séquence du projet de la transcendance, premier sabbat en devenir de la Nouvelle Alliance.

Demeure l’énigme dans l’énigme, ce « … est descendu aux enfers … » récité sans qu’on y prenne trop garde.

Cette descente aux enfers, par sa connotation hellénisante, a tout d’une formulation, ou d’une traduction, malheureuse : elle n’arrête pas la conception qui s’en forme au monde souterrain rendu par le mot hébreu shéol, mais renvoie l'imagination vers la représentation des enfers de la mythologie grecque - ce théâtre de légendes où siège le dieu des morts (dont le ‘’volage adorateur de mille objets divers’’ viendra ‘’déshonorer la couche’)’ et qu’habitent les héros fabuleux pour goûter aux « îles des Bienheureux » ou pour y recevoir leur châtiment ; des enfers auquel les défunts parviennent après que Charon les eut mis dans sa nacelle.

Pluriel dans un cas, singulier dans l’autre, ces ‘’enfers’’ qui contiennent tout le récit post testamentaire du samedi saint tendent à se confondre dans les représentations communes avec le lieu du châtiment éternel de Satan et des autres anges déchus ainsi que de tous les mortels morts sans s'être repentis de leurs péchés.

"Séjour des morts", en revanche, est moins susceptible de prêter à confusion et surtout s'accorde avec l'eschatologie chrétienne - sans lever en rien le mystère de la conformation et de la destination de ce séjour sensé être celui de l'attente.

Espace de l’attente ou figure proposée à notre intelligence de la foi ?

S’il s’agit d’une figure, elle serait projetée devant nous pour imager le passage, fût-il de l’ordre de l'instantanéité, de l'univers de la Création visible à l'Univers où la fin des temps est accomplie, et peut-être de toute éternité car le temps n’y a ni origine ni achèvement, de l'Univers dominé par la mort à l'Univers de la vie éternelle où la transcendance ne déploie aucun projet car tout projet est en elle pleinement et depuis toujours réalisé.

Un séjour des morts qui ne se situerait pas dans une chronologie du salut, qui ne constituerait pas un échelon ou un palier de cette chronologie, car la temporalité et les autres mesures qui bornent et ajustent notre monde, ou qui lui sont imparties pour en agencer ou en scander l‘existence, sont en tout étrangères, essentiellement nulles et non avenues, à la transcendance. Mais un espace des morts inclus dans l'unité qui est l'attribut de l'Etre, simple interstice par lequel s’opère la transition de la vie en humanité à l’incorporation des créatures humaines au règne du salut - un franchissement pour chaque créature et pour l’humanité entière dont l’ordonnancement est inconnaissable et inconcevable et dont l’espérance seule peut formuler la pensée, mais dont on présume qu’il a quelque chose à voir avec la belle formule d’Emmanuel Mounier évoquant ‘’l’insertion collective et cosmique de l’individu’’.

Dans cette vision de la résurrection universelle, l’espèce d’étape préalable qu’avait réservée le Christ ressuscité au séjour des morts apparaît comme une métaphore du passage entre les parallèles de la mort et de la vie, entre les parallèles de deux univers distincts ou disjoints mais appelés à se confondre - avec d’autres peut-être, insoupçonnés ou à peine entrevus - dans l’unité du Royaume qui serait la fin dernière. Une métaphore qui vient s'accorder à la mise en lumière de la puissance symbolique du sabbat que la transcription évangélique de l'histoire de la Révélation devait comporter et transmettre.

Didier Lévy

05 04 2015

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