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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 21:07
les derniers combats de Jésus: Marc 12/13-44

Mc 12/13-44

Les derniers combats de Jésus : 2

On envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode pour lui tendre un piège en le faisant parler, et ceux-ci vinrent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? » Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. » Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? – De César », répondent-ils. Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.

 

Des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – viennent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient :

« Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.

Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi. À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » Jésus leur dit : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux. Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »

 

Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »

Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

 

Alors qu’il enseignait dans le Temple, Jésus, prenant la parole, déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ? David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !” David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir. Dans son enseignement, il disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.

Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

 

1-Pharisiens et hérodiens ou le piège de la disqualification

Si Jésus répond oui au paiement de l’impôt, on peut l’accuser de collaboration avec l’occupant. S’il dit non, on peut l’accuser de subversion. Piège qui semble impossible à sortir. Mais c’est Jésus qui va les piéger en leur demandant une pièce qu’ils tirent de leur poche. S’ils l’ont en poche c’est que déjà il collabore avec la monnaie de l’occupant. Qu’ils lui rendent sa monnaie puisqu’elle est à l’image de César. La réponse de Jésus n’est pas l’obéissance au pouvoir en place (comme malheureusement, ce fut interprété pendant de siècles). Mais plutôt soyez cohérent, ne pactisez pas avec un homme qui se prend pour Dieu. Par contre reconnaissez qui est Dieu et son image en chaque humain créé à son image et sa ressemblance.

 

2-Sadducéens ou le refus de la possession

Ils racontent cette histoire pour ridiculiser les pharisiens qui croient à la vie éternelle ; Mais la manière de la raconter est significative de leur machisme. Dans cette histoire la femme n’est qu’un objet qu’on se passe de frère en frère et une simple couveuse de semence masculine. Jésus se positionne pour la résurrection mais il fait plus. Sa réponse est égalitaire : on ne se marie pas, on est comme les anges. Sa réponse met homme et femme à égalité. Le Ciel conteste la terre. Le comportement du ciel est contestation de l’inégalité qui est vécu sur la terre. L’égarement dont il parle au verset 27 concerne leur absence de foi en la résurrection mais aussi leur conception inégalitaire des rapports homme-femme.

 

3-Scribes : vérité et mensonges

*Un scribe proche de la vérité du Royaume

Il y a là un cas unique dans tout l’Evangile : Un scribe en accord avec Jésus. Tous les deux, ils mettent l’amour de Dieu et des autres au cœur de la foi relativisant les actes cultuels (sacrifices et holocaustes)

*Des scribes dans l’erreur

Jésus porte la controverse sur l’identité du Messie. On le dit fils de David. Alors comment comprendre qu’au v 1 du psaume 110 David s’adresse à lui comme Seigneur ? Jésus affirme que la vraie filiation du Messie est divine.

*Des scribes dévoreurs du bien des veuves

L’attaque de Jésus porte ici sur leur manière de vivre

-leur recherche des honneurs

-leur exploitation des plus faibles

-leur hypocrisie

*Admiration pour une femme ou colère contre les scribes ?

Deux lectures sont possibles et pas forcément contradictoire.

Jésus admire cette femme qui donne tout ce qu’elle a pour vivre. Il voit en elle la préfiguration de sa passion où il donnera tout, toute sa vie.

Mais en même temps il est scandalisé contre les scribes dévoreurs des biens de veuves.

En effet que font-ils de cette offrande ?

 

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 08:24

Un article percutnt sur la crise grecque écrit par Michelle Piney sur son blog.

http://michellepinay.blog.lemonde.fr/2015/06/20/quils-aillent-au-diable/

Qu’ils aillent au diable!

Publié le 20 juin 2015

"S'ils ne sauvent pas la Grèce, qu'ils aillent au diable..." C'est l'ancien chancelier allemand social-démocrate, Helmut Schmidt, qui le dit. Et il n'est pas seul à le penser. Si les dirigeants européens sont incapables de trouver une solution à la crise grecque, de trouver une issue fondée sur la solidarité et la discipline collective, alors, ils ne méritent pas l'Europe. Ou plutôt l'Europe, la vraie, celle des peuples, celle de nos enthousiasmes, celle de la liberté de circulation, de la monnaie unique, de nos étudiants qui découvrent Erasmus, du mélange des cultures, méritait d'autres dirigeants. Si c'est le diktat de Madame Lagarde qui détermine l'avenir de la monnaie unique, alors qu'on cesse de nous parler du poids de l'Europe dans le monde, si c'est le Fonds Monétaire International qui décide du devenir des peuples européens, alors rangeons vite toutes nos illusions continentales et coulons nous dans le moule confectionné à Washington.

L'heure est grave! C'est un demi-siècle d'espérance, des décennies d'efforts acharnés pour construire sur les ruines d'une guerre abominable un projet commun, que l'on s'apprête à rayer d'un trait de stylo. Pourquoi? D'abord parce que la directrice du FMI et quelques autres grands responsables de la finance internationale, n'auront pas réussi à obtenir de la Grèce qu'elle diminue encore le niveau de ses retraites. Parce que le nouveau gouvernement grec recherchait une issue autre que l'humiliation. Mais que l'humiliation était obligatoire. Pour que plus personne n'ose plus jamais contester les dogmes forgés dans les entrailles des grandes banques et des organismes financiers qui savent toujours ce qu'il faut faire pour le bienfait des économies et donc des peuples, mais dont les pronostics sont démentis par les faits un à un depuis des années.

Ce sont les mêmes qui n'avaient pas vu venir la crise financière de 2008, qui au contraire s'enthousiasmaient devant un système financier en folie. Les mêmes qui ont dû finir par reconnaître qu'ils avaient fait plus de mal que de bien à la Grèce en lui imposant une austérité insoutenable. Les mêmes encore qui prédisent aujourd'hui que l'Europe n'a pas à craindre un "Grexit", une sortie de la Grèce de l'euro, et qui voudront demain nous dicter les mesures à prendre pour surmonter la crise dans laquelle ils auront plongé le continent.

Leurs modèles mathématiques financiers peuvent bien dire ce qu'ils veulent. Ce qui se joue autour de la question grecque les dépasse. C'est bel et bien la survie de l'Europe, comme ambition, comme projet commun, comme espérance pour la jeunesse du continent qui se joue aujourd'hui. C'est une page de l'histoire de l'Europe qui sera tournée si nos dirigeants ne se ressaisissent pas, sans que l'on sache bien qui pourra écrire la suivante. Si les Merkel, Hollande et consorts continuent plus longtemps à faire comme si c'était le FMI, la BCE et les marchés financiers qui font l'Europe. A refuser de voir que c'est d'eux mêmes que dépend l'avenir du continent. Qu'après les De Gaulle, Adenauer, Giscard, Schmidt, Mitterrand ou Kohl, c'est à eux aujourd'hui, François Hollande et Angela Merkel, qu'il incombe de décider du devenir du continent. De s'élever au niveau de l'Histoire, la grande, pas celle des déficits budgétaires, et des taux de TVA.

S'ils ne sont pas capables aujourd'hui de mettre de l'ordre dans la maison, d'en chasser les marchands, pour reprendre le pouvoir et le rendre cinq minutes aux peuples qui les ont désignés. Si prouver que l'Europe est autre chose qu'un grand marché les dépasse. S'ils n'ont pas le courage de reprendre les choses en main et d'imposer aux grecs comme aux organismes financiers, non pas telle ou telle mesure d'austérité, mais ce grand dessein que le continent cherche à s'inventer depuis le lendemain de la guerre... Alors, qu'ils aillent au diable!

Michelle Piney

 

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 14:28
Invité-es: Katrin Agafia, Marc 4/26-34, le Royaume selon Jésus

Marc 4/26-34

Il disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence :

nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.

D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.

Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?

Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences.

Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.

Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

 

Comment partager aux hommes un Royaume qui n’a rien à voir avec les royaumes de cette terre. Voilà une question qui a tourmenté Jésus jusqu’au bout. Mon Royaume n’est pas de ce monde[1], a-t-Il dit à Pilate juste avant de mourir. Dans Son Royaume, les arbres secs fleurissent et les arbres verts se dessèchent ! [2] Dans Son Royaume, les fous discréditent les sages, les affamés détrônent les puissants ! Dans Son Royaume, les premiers sont les derniers et les derniers, les premiers ! Non, vraiment, Son royaume n’est pas de ce monde. Alors, comment dire l’indicible de cette Vérité qui L’habite ? Tout simplement en racontant des paraboles : des histoires peuplées de brebis et de berger, de trésors enfouis, de pièces perdues, de sel et de lumière !

Aujourd’hui, Jésus nous conte l’histoire de grains semés par un paysan qui attend, sans comprendre le pourquoi du comment, l’heure de la moisson. Le temps semble être suspendu au mystère d’une vie qui germe sans bruit au plus profond de la terre. Incroyable Royaume où même le temps est soumis aux rythmes de nos maturations. Impuissant, le semeur attend et sa confiance fait le reste. Il laisse toute sa place au mystère. Il le sait, ce qu’il y a de plus petit est capable de contenir l’infini ; il suffit pour le comprendre de regarder la plus minuscule des graines. Elle se vide de sa substance pour s’élancer vers la lumière.
Etrange Royaume qui appelle à se vider plutôt qu’à se remplir, à se détacher plutôt qu’à s’approprier, pour grandir !
Comme pour la graine, il est alors question d’oser transpercer le poids de nos terres ; oser déplacer cette pierre qui entrave notre chemin pour nous hisser vers ce qui fait notre être tout entier. Comme cette jeune pousse devenue un arbre, s’aventurer à être ce pour quoi nous avons été créés: des hommes et des femmes libres, enracinés dans l’Amour.
Toutes les graines, c’est vrai, ne donnent pas le même arbre, mais, elles portent toutes en elle, la même promesse infinie de vie. Se risquer alors à vivre ! Mais vivre, pourquoi ? Pas pour être le plus fort, le plus riche, le plus intelligent. Non, vivre, simplement, pour abriter les oiseaux du ciel, nous disent les textes… Au fond, rien d’important aux yeux du monde. Juste, vivre pleinement et donner sa vie, sans réserve. Si on est fort, porter ! Si on est riche, soutenir ! Si on est intelligent, faire grandir ! Décidément, Son royaume n’est pas de ce monde.

Le Christ en a raconté beaucoup d’autres, des histoires, mais le monde ne les pas reçues Alors, Il n’a pas eu le choix : les mots de ses histoires ont pris chair en Lui. Il fallait que les hommes aient la vie. Et sur une croix, le grain de blé s’est entièrement vidé. Il ne restait plus rien de Lui qu’une étincelle de Lumière qui traversait la nuit. Et de cette étincelle, la Vie a germé, la Vie a jailli comme un appel à naître à un Royaume, tellement plus grand que nos vies.

[1] Saint Jean ch 18 – 36

[2] Ezéchiel ch 17-24

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 16:33

Jésus et ses disciples reviennent à Jérusalem. Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, les grands prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver. Ils lui demandaient : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Ou alors qui t’a donné cette autorité pour le faire ? » Jésus leur dit : « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela. Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. » Ils se faisaient entre eux ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Mais allons-nous dire : “Des hommes” ? » Ils avaient peur de la foule, car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète. Ils répondent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Alors Jésus leur dit : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »

 

Jésus se mit à leur parler en paraboles : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne. Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides. De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent. Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres. Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !” Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! » Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.

Jésus n’a aucune autorité officielle. Il n’est ni prêtre, ni scribe, ni docteur de la Loi. Il vient de faire un acte sacrilège vis-à-vis du temple en renversant la table des changeurs de monnaie. Et pourtant il « fait autorité ». Il a parlé et il parle avec autorité par la nouveauté de ses paroles et de ses actes. Que réponds Jésus quand on le lui demande par quelle autorité il fait cela ?

La réponse de Jésus est en deux temps :

*une non réponse : je ne vous dis pas v 33

*une réponse en forme de parabole 12/1-12

L’autorité de Jésus, c’est l’autorité du Fils aimé, envoyé par le Vigneron pour récolter les fruits de la vigne. Un fils aimé que les grands prêtres veulent tuer… et qui le tuerons. Mais il deviendra pierre d’angle d’un nouveau Temple, qui ne sera plus de pierre mais de chair : le Royaume de celles et ceux qui seront artisans de paix et de justice.

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 16:17
Méditons l'Evangile de Marc: 11/1-26, humilité et universalisme

 

Lorsqu’ils approchent de Jérusalem, vers Bethphagé et Béthanie, près du mont des Oliviers, Jésus envoie deux de ses disciples et leur dit : « Allez au village qui est en face de vous. Dès que vous y entrerez, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous dit : “Que faites-vous là ?”, répondez : “Le Seigneur en a besoin, mais il vous le renverra aussitôt.” » Ils partirent, trouvèrent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachèrent.Des gens qui se trouvaient là leur demandaient : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? » Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire. Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrirent de leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! » Jésus entra à Jérusalem, dans le Temple. Il parcourut du regard toutes choses et, comme c’était déjà le soir, il sortit pour aller à Béthanie avec les Douze. Le lendemain, quand ils quittèrent Béthanie, il eut faim. Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose ; mais, en s’approchant, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Alors il dit au figuier : « Que jamais plus personne ne mange de tes fruits ! » Et ses disciples avaient bien entendu. Ils arrivèrent à Jérusalem. Entré dans le Temple, Jésus se mit à expulser ceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le Temple. Il renversa les comptoirs des changeurs et les sièges des marchands de colombes, et il ne laissait personne transporter quoi que ce soit à travers le Temple. Il enseignait, et il déclarait aux gens : « L’Écriture ne dit-elle pas : Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ? Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Apprenant cela, les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le faire périr. En effet, ils avaient peur de lui, car toute la foule était frappée par son enseignement. Et quand le soir tomba, Jésus et ses disciples s’en allèrent hors de la ville. Le lendemain matin, en passant, ils virent le figuier qui était desséché jusqu’aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, dit à Jésus : « Rabbi, regarde : le figuier que tu as maudit est desséché. » Alors Jésus, prenant la parole, leur dit : « Ayez foi en Dieu. Amen, je vous le dis : quiconque dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera, cela lui sera accordé ! C’est pourquoi, je vous le dis : tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez obtenu, et cela vous sera accordé. Et quand vous vous tenez en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes. »

 

1-L’humilité de Jésus v 1 à 11

Cette humilité est rendu visible par le choix d’un ânon pour entrer à Jérusalem.

Jésus n’y entre pas comme un conquérant. Il est en humble place monté sur un petit âne.

Ce geste est très fort.

C’est celui d’un homme sans armée, désarmé, sans moyen de pression.

La réponse qu’il reçoit de la foule est à l’unisson de cette humilité.

En effet, il l’acclame par un cri d’appel : « Hosanna » qui signifie « viens en aide ».

Ce cri de pauvres est assorti d’une bénédiction : ils disent du bien de Jésus.

Sont-ils les mêmes qui crieront : « crucifie-le » ?

Rien ne permet de répondre à cette question.

 

2-L’universalisme du vrai temple qu’est Jésus v 12 à 26

Il faut prendre ensemble ces trois récits : le figuier, les vendeurs chassés du temple, encore le figuier.

Que représente ce figuier qui a des feuilles mais pas de fruits ?

Il représente le Temple de Jérusalem qui ne porte pas les fruits qu’on attend de lui, fruit de bonté, de justice, de miséricorde.

Il est devenu stérile comme ce figuier.

La raison ?

Il est devenu une « caverne de bandit » que certains se sont appropriés à leur profit et à l’usage exclusif d’un peuple au lieu d’en faire une maison ouverte à toutes et tous, une « maison de prière pour toutes les nations » (v 17)

Une maison où ce serait la confiance qui serait nécessaire et non les sacrifices sanglants d’animaux.

Une confiance capable de « déplacer les montagnes » ( v 23) et où le pardon serait au cœur de toute relation ( v 25-26).

 

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 20:29
Invité-es Katrin Agafia Lc 15/11-32 : Autoriser l'autre à exister.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15, 11-32

11 Et il dit : « Un homme avait deux fils. 12 Et le plus jeune dit au père : « Père donne-moi la part de bien qui m’échoit ! » Et il leur partagea les moyens d’existence.

13 Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout rassemblé, s’absenta dans un pays fort lointain, et là, il dispersa son bien en vivant de façon désespérée/sans porte de salut. 14 Quant il eut tout dépensé, une forte famine survint dans ce pays, et lui, il commença à être en manque. 15 Et il alla s’attacher à l’un des citoyens de ce pays et (celui-ci) l’envoya dans ses champs nourrir des cochons. 16 Et il désirait se bourrer (litt : être bourré) des caroubes que mangeaient les cochons, et personne ne lui donnait. 17 Et, venant en lui-même, il disait : « Combien de salariés de mon père ont du pain en surabondance, et moi, de famine je suis perdu ici ! 18 Je me lèverai et irai chez mon père et lui dirai : « Père, j’ai péché contre le ciel et en face de toi. 19 Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes salariés ! »

20 Et s’étant levé, il alla vers son père. Or, comme il était encore à distance, au loin, son père le vit et il fut ému aux entrailles et il courut se jeter à son cou, et se pencha pour l’embrasser. 21 Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et en face de toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. »

22 Mais le Père dit à ses esclaves : « Vite, sortez le plus beau vêtement (litt. : le premier) et habillez-le, donnez un anneau dans sa main et des sandales pour ses pieds 23 et apportez le veau gras, tuez-le, mangeons et réjouissons-nous 24 parce que celui-ci, mon fils, était mort et il a repris vie, il était perdu et il a été trouvé. » Et ils commencèrent à se réjouir.

25 Mais son fils aîné était au champ et quand, à son retour, il s’approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses 26 et, ayant appelé un des serviteurs, il lui demandait ce que cela pouvait bien être. 27 Il lui dit : « Ton frère est là et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a reçu en bonne santé. » Alors il fut pris de colère et il ne voulait pas entrer. Mais son père, étant sorti, le suppliait. 29 En réponse, il dit à son père : « Voilà tant d’années que je vis en esclave pour toi et jamais je n’ai passé outre à un ordre de toi, et à moi tu n’as jamais donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. 30 Mais quand ton fils, celui-ci, est arrivé, lui qui a dévoré tes moyens d’existence avec des prostituées, tu as tué le veau gras pour lui ! »

31 Mais il lui dit : « Enfant, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. 32 Mais il fallait se réjouir et être joyeux, parce que ton frère, celui-ci, était mort, et qu’il est venu à la vie, perdu et il a été trouvé ! »

Traduction de Lytta Basset, La joie imprenable Spiritualités vivantes 2014 Ed. Albin Michel p.45-47

 

Ce texte, on le connaît presque par cœur. Le père c’est Dieu. Le fils cadet, c’est nous quand nous n’en faisons qu’à notre tête. Le fils aîné, c’est encore nous, perdus dans la jalousie … Bref, si je me fie à la première lecture, voilà un texte plutôt moralisateur, qui m’a toujours laissée sur ma faim … Parce que si le père est vraiment à l’image de ce Dieu Père, pourquoi le fils cadet désire-t-il quitter la maison ? Pourquoi lui demande-t-il sa part d’héritage, comme si la mort avait déjà dit son dernier mot dans leur relation? Et, pourquoi le père ne cherche- t-il pas à dialoguer avec son fils ? J’ose alors une deuxième lecture : si c’était là, l’histoire toute simple d’un papa, et de ses deux fils … Une histoire familiale banale, où la parole circulerait mal, au moins au début. Et si cette histoire était juste là pour nous faire réfléchir à la façon dont nos relations humaines se laissent traverser par la Vie.

Il y a dans ce texte, deux attitudes différentes :

Tout d’abord celle du père. Il a deux fils, nous dit le texte. Tout comme dans les deux textes précédents, un berger a cent brebis, ou une femme a dix pièces. Ce père semble posséder ses fils. Ils font partie de ses richesses, si bien qu’il est incapable de les voir, pour eux-mêmes, avec leur propre désir. Il n’a jamais su deviner que son fils ainé rêvait de faire une fête, avec ses amis. Et quand son fils cadet lui demande « sa part de bien », il est incapable de lire entre les lignes, incapable de percevoir les aspirations profondes de son enfant. Le père est dans l’avoir et répond en « partageant » l’avoir. Le départ de son fils pour un pays lointain marque pour ce père, l’entrée dans un temps de dépossession et de distanciation, temps nécessaire pour enfin voir son fils, à son retour. Comme si la rencontre ne pouvait se faire que dans le dépouillement, comme si le manque avait enfin mis à nu ses entrailles, son être … voilà qu’il passe de l’avoir à l’être. Et parce qu’il vient de voir son fils, autrement, avec les yeux de son cœur, il réalise alors quelle faim consume son enfant ! Et il y a urgence ! Urgence à lui donner un vêtement, reflet de sa dignité, un anneau, sceau de son identité et des sandales, expression de sa liberté.

Les fils, eux, ne sont liés à leur père que par l’idée du mérite. Le fils aîné pense mériter un chevreau puisqu’il a toujours obéi. Quant au fils cadet, il, se contente de demander sa part d’héritage, celle qui lui est due. Jusqu’au bout, son lien à son père n’existe que dans le mérite ou plutôt le démérite : « je ne suis pas digne d’être appelé ton fils ». La gratuité semble absente de leur relation, comme si personne ne leur avait jamais dit « Quoique tu fasses ou que tu ne fasses pas, tu seras toujours mon fils. Tu peux vivre ! Ta véritable demeure prend sa source, là, dans ce désir que j’ai de te voir vivant et heureux». D’où le manque immense qui habite ces deux frères, cette faim qui les ronge au plus profond d’eux-mêmes et qu’ils pensent pouvoir combler par l’avoir … faim inassouvie, étouffée et enfouie qui les pousse tous les deux à s’exclure de la Vie.

Il faudra attendre la traversée du vide par ce papa, pour que la Vie puisse enfin surgir et se déverser, dans ses bras, dans sa bouche, dans son cœur et accueillir le désarroi de l’un ou la colère de l’autre, sans jugement. Une Vie si puissante, qu’elle autorise chacun à la joie, la joie du festin.

En première lecture, on nous dira que Dieu pardonne toujours à qui sait se repentir et c’est déjà beaucoup. Mais à la deuxième lecture, c’est bien du Royaume dont nous parle Jésus : un Royaume qui a germé dans le cœur d’un père et de ses fils. L’imprévisible de Dieu a surgi dans cette famille, autorisant chacun à une existence en plénitude. Comme pour ces fils, nos histoires humaines sont parfois marquées par le manque et l’absence comme autant de béances ‘impossibles à combler’; nous n’avons peut-être pas reçu ces mots qui nous autorisent à exister sans contrepartie, ni mérite. Et pourtant, cette autorisation à vivre n’est pas perdue, nous dit Jésus. Elle peut naître un jour, dans les bras, la bouche, le cœur de cette sœur, de ce frère en humanité de façon inopinée. C’est cela l’imprévisible de Dieu : l’irruption d’un Amour qui nous attend, qui nous désire Vivant ; un Amour qui nous revêt de ce plus beau vêtement, de cet anneau, de ces sandales pour nous hisser vers notre dignité, notre vérité et notre liberté. C’est alors, toute la joie de Dieu, joie de nous voir Vivants, qui nous est donnée, comme ça, pour rien, juste parce que nous sommes Ses enfants.

Katrin Agafia

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 22:18
Méditons l'évangile de Marc 10/32-45: la véritable ambition.

 

Les disciples étaient en route pour monter à Jérusalem ; Jésus marchait devant eux ; ils étaient saisis de frayeur, et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte. Prenant de nouveau les Douze auprès de lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera. » Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. » Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

 

1-Accorde-nous de siéger dans ta gloire

Comprendre que le vrai sens du mot gloire, ce n’est pas ce qui nous vient immédiatement à l’esprit. Cela n’a rien à voir avec la renommée, le bruit qu’on peut faire autour d’un nom célèbre, la réussite, le prestige, les honneurs.

Dans la Bible, cela veut dire la richesse de l’être, sa plénitude, sa densité d’existence, son poids.

Puisque Dieu est amour et qu’il n’est que cela, la gloire de Dieu, c’est son poids d’amour.

La demande de Jacques et de Jean peut donc être prise positivement : siéger, habiter sa gloire, c’est nous enraciner dans l’amour, c’est une demande d’intimité, de proximité, être au plus près possible.

 

2-Que voudriez-vous que je fasse pour vous ?

Avec cette question, il nous ai donné de voir la manière dont Jésus aime, dont justement, il vit de cette gloire.

Il est d’abord quelqu’un qui favorise l’expression du désir. Il leur permet de l’exprimer : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »

Il sait discerner, je dirai faire du tri dans cette demande, il sait y voir ce qu’il y a de bon : ce désir de proximité et ce qui demande à être purifié car il n’y a pas de fauteuil dans le Royaume de l’amour. Fauteuil au sens de privilège, hiérarchie, préséance, place d’honneur.

C’est pourquoi il ne fait pas de reproche. Il comprend qu’ils n’ont pas compris. Il accueille leur désir et va le purifier. Pas de fauteuil mais une coupe à boire et être plongé dans un baptême.

Sa réponse, on peut la comprendre comme cela : Vous avez raison de vouloir être associé à ma gloire, au sens fort de ce poids d’amour. Mais cela doit être un amour qui ne triche pas. Un vrai amour, donc humble et souffrant, car aimer amène forcément de la souffrance et c’est cela qu’ils n’ont pas compris.

Pouvez-vous être avec moi autant dans la souffrance que dans la joie ? Pouvez-vous me suivre autant au jour de la Passion qu’aux jours de la Résurrection ?

Pouvez-vous partager ma coupe et mon Baptême ?

Regardons comment Jésus aime dans la délicatesse de ce dialogue : accueillir le meilleur du désir et le purifier. Mais aussi les appeler à une configuration avec lui : « Même nourriture et même boisson, me suivant dans la peine et dans la victoire » dira Ignace de Loyola dans les Exercices spirituels.

 

3-Oui, nous le pouvons

C’est la réponse de Jean et de Jacques : « Oui, nous le pouvons ». c’est la leur mais c’est aussi la nôtre car

personne n’est exclu de cette réponse. Si nous sommes baptisés, oui le pouvons puisque nous le faisons déjà. Nous avons été plongés dans les eaux du baptême et mieux, nous sommes baptisés, plongés en Christ, c’est du présent ! Et tous et tous nous la faisons, incroyant ou croyant dans la mesure exacte où nous aimons d’un amour humble qui forcément inclut de la souffrance.

 

4-Boire à la coupe

Mais aussi nous le pouvons en écoutant l’enseignement qui suit sur le service.

Boire à la coupe et être plongé dans son baptême, c’est aussi se faire serviteur, renoncer aux formes diverses de domination.

Sentons l’ambition que le Christ a pour nous dans cet enseignement sur le service. Il s’agit, oui de devenir grand, oui d’être le premier. Cette ambition est celle des saints : être premier dans le don. Il y a bien de l’ambition mais pas à la manière habituelle.

Oui, nous pouvons boire à la coupe et être plongé dans son baptême en vivant toute fonction, toute charge, tout travail, toute responsabilité comme un service.

 

5-Le Fils de l’homme est venu pour servir

Il s’agit donc de regarder le Christ. Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir. Oui nous le pouvons en le regardant, en nous imprégnant de ce qu’il est, de ce qu’il fait. Pour cela, laissons remonter à la mémoire la vie du Christ vu sous l’angle du service. Il est serviteur d’un bout à l’autre de sa vie.

 

6-Donner sa vie en rançon

Ce mot peut nous arrêter et nous scandaliser ! Il ne faut pas le prendre au sens moderne du terme. Car alors on tombe dans une fausse image de Dieu.

La racine hébraïque de ce mot c’est le verbe délier, libérer. Il faudrait mieux traduire : donner sa vie pour nous libérer. Jésus en donnant sa vie pour nous sur la croix nous libère, en particulier de ces fausses images de Dieu. Sur la croix, Dieu se livre et veut nous désarmer, nous délier de toute peur.

Le don de sa vie sur la croix, c’est l’extrême du don.

 

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 11:08
Invité-es: Katrin Agafia, Bartimée mon frère, Luc 18/35-43

35 Or il advint, comme Jésus approchait de Jéricho, qu’un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. 36 Entendant une foule marcher, il s’enquérait de ce que cela pouvait être. 37 On lui annonça que c’était Jésus le Nazaréen qui passait.

38 Alors il s’écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » 39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » 40 Jésus s’arrêta et il ordonna de le lui amener. Quand il fut près, Jésus lui demanda : 41 « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : « Seigneur, que je recouvre la vue. » 42 Et Jésus lui dit : « recouvre la vue ! Ta foi t’a sauvé. »

 43 À l’instant même, il recouvra la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu

 

Bartimée, mon ami, mon frère,

J’ai lu ce soir ton histoire, plusieurs fois. Et puis, j’ai fermé les yeux et je t’ai vu, là, sur le bord du chemin, assis sur le sol, comme un moins que rien. Tu étais aveugle : ta vie dépendait de la pluie, du froid et de la charité de chacun. Certains jours, tu mangeais à ta faim et d’autres fois tu grelottais sous un porche sans personne pour te tendre la main. Tu le savais, tu n’étais rien, tu ne possédais rien que ce désir de vie qui semblait s’obstiner à te porter. Moi, tu sais, en te voyant ainsi à la croisée des chemins, je me suis dit que j’avais peut-être beaucoup à apprendre de toi. Tiens, par exemple, tu passes ta vie à ouvrir les mains, pour mendier une pièce, un regard, un peu de dignité alors que mes mains sont si souvent crispées, par peur de se livrer.

Un homme pourtant avait retenu toute ton attention. On t’en avait parlé car il s’intéressait aux moins que rien, comme toi. On disait même qu’il préférait les pauvres et les marginaux aux riches et aux puissants. Je suis d’accord avec toi, c’était le monde à l’envers. Et un jour cet homme, ce Jésus, est passé tout près de toi. Et là, tu t’es mis à crier si fort que tu aurais pu faire trembler une nouvelle fois les murs de Jéricho ! Ton cri, je m’en souviens encore, c’était bien plus qu’un cri, c’était une prière qui semblait venir tout droit du fond de ta douleur. Tout le monde, ce jour-là, t’a entendu, même l’Eternel. Miséricorde ! Voilà ce dont tu rêvais ! Que Jésus te regarde au moins une fois, toi le mendiant de Dignité. Mais c’était sans compter avec tous ceux qui cherchaient à étouffer ton cri ; tu comprends, tu dérangeais trop l’ordre établi. Chacun à sa place ! Un pauvre, ça peut faire l’aumône, mais sans faire de bruit, sans bousculer les codes et les convenances. En plus, tu imagines, avec tes cris, ils n’arrivaient même plus à écouter leur maître ! Pourtant, au lieu de te soumettre et te taire, tu t’es mis à crier encore plus fort, poussé par cette Vie qui t’arrachait à la nuit. Moi, je le sais, il n’y a pas plus obstiné que Bartimée ! Ta foi est une question de vie ou de mort. Elle est comme cette jeune pousse qui écarte la pierre pour grandir et ouvrir un chemin où le pouvoir et les codes n’ont aucune place. Tu sais Bartimée, quelques jours après Son séjour à Jéricho, Jésus a dit : « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la Vie ». Je crois que tu avais dû L’impressionner !

Alors Il t’a appelé. Il t’avait vu, entendu, toi le mendiant d’Amour ! Il allait se rendre présent à ce que tu étais ! Et moi, je n’en revenais pas : tous ces gens qui t’empêchaient de crier, se sont mis à t’aider et te guider! C’était encore une fois le monde à l’envers ! Et toi, tu t’es laissé faire, ton cœur était grand ouvert ! Parfois, j’aimerais tellement te ressembler !

Bref, te voilà debout, porté par la Vie, porté par les hommes, ton visage à hauteur de Son visage! Tu ne Le voyais pas mais tu L’entendais, et Il t’a parlé ! Il n’y avait aucune de ces paroles creuses, et bien ficelées dans Sa bouche, mais juste une question, presqu’une prière : « Que veux-tu je fasse pour toi ? » Cela se voyait, Jésus ne faisait pas semblant d’être disponible ! Il était là, pris tout entier par ta souffrance, comme s’Il voulait faire naître en toi les mots de ton désir. Alors quand tu as dit que tu voulais retrouver la vue, là tu m’as vraiment bluffé ! Par quelle audace, quelle folie diront certains, as-tu osé demander l’impossible ? Tu n’as pas hésité à exprimer le seul vrai rêve qui t’habitait depuis toujours, toi le mendiant de Lumière ! Tu étais vrai, incroyablement vrai, les mains nues, les yeux vides, et le cœur déjà baigné par Sa Lumière … Et puis tes yeux se sont ouverts et la première chose qu’ils ont vu, ce sont les yeux de Jésus. Je n’ose te demander jusqu’où Ce regard t’a aimé! Vos vies se touchaient, vos chemins se croisaient[1], cela se sentait : ce n’était pas seulement la vue que Jésus t’avait donné, c’était la Vie. Par ta confiance, par ton obstination, par ta persévérance tu avais obtenu la Vie, Bartimée ! Alors tu t’es mis à marcher derrière Jésus. Tu marchais, avec obstination, sans jamais t’arrêter, contemplant par-delà l’horizon, les reflets de Son Royaume.

Bartimée, ton cri, je le sais, portait en lui, le cri de tous les sans-voix de la terre ; ta demande, aussi folle soit-elle, emportait avec elle, les aspirations de ceux dont les mots sont noyés par trop de sanglots.

Bartimée, mon ami, mon frère, continue à crier encore longtemps cette foi qui t’a toujours habité : la foi des gens simples qui s’obstinent à aimer. Continue à crier, à supplier, devant l’Eternel au nom de tous les mendiants de la terre! Continue à crier la Vie jusqu’au cœur de nos nuits, sans jamais te lasser !

Avec toi Bartimée, tous ensemble, mendiants de Lumière pour l’éternité.

 

 

 

[1] A l’école de Bartimée (Tonio del’Olio)

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 21:04
La Trinité, une manière de vivre: Jean 15/9-17

Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.

Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

Cet évangile de Jean nous fait témoin d’une relation. Jésus se situe comme Fils devant le Père. Mais cette relation n’est pas fermée sur elle-même. Elle s’ouvre à nous et nous y fait entrer. Ce faisant, cet évangile donne son vrai nom à Dieu, l’essence de Dieu, son être. Non seulement Dieu aime mais il est Amour.

Bienheureux sommes-nous de pouvoir nous situer devant l’Amour qui est Dieu, tel qu’il se révèle à nous dans l’Evangile parce que nous y découvrons que l’amour qui est Dieu n’est pas solitaire. L’Amour qui est Dieu est en relation à l’intérieur de lui-même, car pour aimer il faut qu’il y ait de l’autre, de la différence et en même temps de l’unité.

Il y a donc bien de l’unité : un seul Dieu. Dans cette unité, il y a Dieu Source de l’amour et c’est le Père. Il y a Dieu Parole de l’amour et c’est le Fils. Il y a Dieu Souffle vivifiant de l’amour et c’est l’Esprit. Unité qui est union, communication, communication d’amour en elle-même, en Dieu même.

Et puisque c’est un amour véritable, il n’y a aucune trace dans la Trinité, aucune trace d’inégalité, aucune trace en Elle de supérieur et d’inférieur. En Elle c’est un infini et divin respect de l’altérité, sans confusion ni séparation. C’est une relation faite de don et d’accueil du don dans la réciprocité.

St Ignace de Loyola a magnifiquement compris cela quand il définit l’amour ainsi : « L’amour consiste en une communication réciproque, c'est-à-dire que celui qui aime donne et communique ce qu’il a à celui qu’il aime et de même à l’inverse celui qui est aimé à celui qui l’aime » ( Exercices spirituels n° 231)

Dieu dans sa Tri-Unité est aussi communication d’amour en dehors d’elle-même, Elle est pour nous, vers nous, tournée vers nous. C’est un amour diffusif de soi qui nous façonne à son image et à sa ressemblance.

Nous en sommes bénéficière mais aussi responsable. En effet la Trinité d’amour qui est Dieu, nous invite à vivre entre nous, ce qu’Elle vit en elle-même. Donc nous invite à vivre ce que nous sommes, à nouer entre nous le même type de relation qu’il y a en Dieu, faite d’égalité, de respect, de réciprocité. De ce fait la Trinité dit notre vocation, et cette vocation c’est une existence fraternelle, une existence sororelle. Il y a donc un lien fort entre la manière de vivre entre nous et la vie trinitaire. L’amitié entre nous, la justice entre nous, l’égalité entre nous, le respect entre nous, dit quelque chose de l’amitié trinitaire. L’amitié trinitaire est source et modèle des relations justes et fraternelles entre nous.

De ce fait, nous pouvons nous rendre compte que les affirmations de la foi ne nous laissent pas tranquilles. Elles ne sont pas là comme des formules qu’il suffirait de répéter. Non, les affirmations de notre foi interrogent nos manières de vivre en société. Les interrogent et les contestent.

Affirmer, confesser Dieu-Trinité est un engagement.

C’est s’engager à une vie qui promeut l’égalité, l’amitié, le respect, la réciprocité pour chacun, chacune à l’image de l’amour qui est Dieu. C’est une grâce à désirer, une grâce à demander pour que notre foi s’incarne davantage, s’incarne vraiment dans nos vies et dans nos sociétés. C’est cela « demeurez dans son amour ».

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 15:00
Peinture de Sr Ghislaine Pauquet, rc. Versailles

Peinture de Sr Ghislaine Pauquet, rc. Versailles

Bonne fête du Cénacle !

Le Cénacle, c’est un temps entre Ascension et Pentecôte pour nous redire l’importance de « faire communauté », l’importance de méditer l’Evangile pour devenir d’autre Christ, l’importance de demander la force et la lumière de l’Esprit pour témoigner d’un Evangile de liberté.

Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » …Alors, ils retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. Ac 1 / 4-5 et 12-14

 

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière,

avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. »

 « Tous ».

Il s’agit de l’Eglise entière ! Femmes et hommes. Tous et toutes disciples.

Regardons Marie. Pourquoi la pensons-nous uniquement silencieuse ?

Regardons- la enseignant, à tous et toutes, les chemins de la foi, l’accès nouveau à Dieu inauguré par le Christ.

Regardons- la transmettant son expérience du Christ son Fils et son Sauveur.

Regardons -la faisant comprendre son absence comme une chance : désormais il s’agit de  le chercher, le découvrir, le reconnaître à l’œuvre  avec nous, dans ce monde, par nos mains.

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