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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 11:51

Le 8 avril, nous étions quelques centaines, place de la République, à rendre hommage aux victimes de la tuerie de Garissa.

Des drapeaux du Kénya, un drap où étaient mis les noms des victimes connues, de la peinture pour dessiner sa main et mettre un lumignon, signes modestes pour dire son indignation contre es meurtres et son soutien au peuple du Kénya.

Une minute de silence puis le nom de chacun-e d’eux a été prononcé suivi à chaque fois d’applaudissement pour leur rendre hommage. Car la tuerie de Garissa, ce n’est pas un chiffre, ce sont des femmes, des hommes à qui on a volé leur vie.

Dans d’autres villes de France, dans d’autres lieux, de tels rassemblements ont eu lieu.

Mais le contraste est énorme entre le 11 janvier et le 8 avril.

Des chefs d’états africains étaient là le 11 janvier et aucuns chefs d’états occidentaux à Garissa !

Pire peut-être ces mêmes chefs d’états africains présents à Paris pour des français-es et aucun d’eux au Kénya pour des africain-es !

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 19:16
Invité-es: Katrin Agafia, Emmaüs ou la tendresse du Vivant

Evangile de Luc, chapitre 24

Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »

Déçus… Ils sont trop déçus… Ce Jésus de Nazareth devait délivrer Israël de l’occupant romain. Ils avaient mis leur espoir en Lui, et une fois de plus, comme souvent dans la vie, ils sont déçus. Tout est fini. La nuit de la séparation aurait donc le dernier mot. Et pourtant, le corps de Jésus a disparu. Ils osent à peine se l’avouer : et s’Il était vivant, ressuscité ? Si cette relation tissée avec cet homme pouvait perdurer comme un lien indestructible. Nous en avons tous rêvé. Mais pour ces deux-là, pas question de se laisser déborder, le risque serait trop grand de se sentir une nouvelle fois trahis, abandonnés. Il faut s’en tenir au monde visible, à la politique. Et ils se protègent tant, qu’ils sont « empêchés » de reconnaître cet inconnu qui marche à leur côté. Tout ce chemin n’aura alors qu’un but pour le Christ : rendre Cléophas et son ami aussi vivants que Lui.

Il s’agit dans un premier temps de recréer ce lien perdu. Pour cela, Jésus entreprend d’expliquer les écritures non pour toucher leur raison, mais bien pour faire renaître leur relation. Alors, les souvenirs ressurgissent comme autant de lumières dans la nuit. Tout prend sens. L’intensité de Sa parole a brûlé leur cœur, reconnaîtront-ils plus tard… au point de réveiller en eux ce qui était éteint par la peur, par la mort : la promesse d’une espérance. Ainsi, comme le dit Christian Bobin, « Le Christ a trouvé par sa parole quelque chose qui tenait devant la mort. En face de l’intensité de ses propos, la mort a rougi, baissé les yeux de pudeur. Elle a trouvé son maître ». Peu à peu, un lien vacillant se dessine, où peut naître la confiance.

Et pourtant, voilà que Jésus s’éloigne, feignant de poursuivre sa route sans eux. Nouvelle déception, nouvel abandon. C’est insupportable... « Reste avec nous, le jour tombe déjà ! » Alors Jésus reste avec eux, silencieux. Et, par sa présence, ils font l’expérience d’un amour cohérent, qui apaise leur appréhension.

Leur relation en sort grandie. Elle s’épanouit naturellement dans l’échange, le partage du pain. A cet instant, à ce geste, une porte s’ouvre et laisse place au Mystère: Jésus est le Vivant et au-delà du visible, Il étreint le monde de Sa présence. Nous connaissons tous les paroles de ce psaume : « Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton et ta canne me protège » psaume 23, verset 4. Nous aussi, nous marchons parfois, comme les disciples d’Emmaüs, dans une vallée bien sombre, parfois complètement dévastée. Mais le Christ est avec nous, jusqu’en ce lieu. Par la croix, Il est descendu au plus profond de la détresse. En rétablissant le lien avec ses deux amis, Il les tire vers la vie, Il les tient en vie. C’est cela l’expérience de la résurrection : une intime relation avec le Vivant, qui se révèle dans les choses simples du présent et nous arrache à l’angoisse, au désespoir, à la mort. La foi est alors de l’ordre de l’audace : celle de saisir dans le bâton, dans la canne que Dieu nous tend, toute la tendresse du Vivant.

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 23:08
Belle fête de Pâques

A toutes et à tous belle fête de Pâques avec ces femmes apôtres de la Résurrection

 

Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre. Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit. Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige. A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts.

Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,

et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit." Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre : "Je vous salue", dit-il. Et elles de s'approcher et d'étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. Alors Jésus leur dit : "Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront."

Mt 28/1-10

Regardons ces deux femmes unies dans la douleur. Celui qu’elles aiment est mort. Celui qui savait aimer comme personne n’a jamais aimé, n’est plus. Celui en qui elles avaient mis tant d’espoir de libération est dans un tombeau.

Regardons l’ange qui roule la pierre et s’assoit dessus. Le tombeau n’est plus fermé, il s’ouvre à la lumière du jour, signe déjà que de l’inouï peut survenir.

Ecoutons le discours de l’ange. Il nous dit de ne pas craindre. Il reconnaît en nous ce qui habite notre cœur, la recherche du Christ. Il annonce la vie plus forte que la mort. Il indique où trouver Jésus : en Galilée, là où Il nous précède. En Galilée seulement ? Non, pas seulement, car dès maintenant aussi, dans l’écoute de la mission reçue, ces femmes Le rencontrent. Aimer Jésus, c’est Le découvrir en toutes mes activités faites pour Lui, selon Son esprit, en cohérence avec Son royaume.

Ecoutons la parole de Jésus : « Je vous salue » C’est la même que celle adressée à Marie à l’Annonciation. Parole pour une autre naissance, celle de Dieu au plus profond de nous. Je vous salue est un mot intraduisible en français, il dit à la fois salut, joie et grâce. En le disant à ces femmes, c’est à chacun-e de nous qu’il le dit.

Pour quelle naissance en nous ?

Ecoutons « Ne craignez pas, allez annoncer à mes frères ». Jésus les institue apôtres de sa résurrection.

Il nous institue apôtres !

 

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 16:56
Du fermé à l'ouvert: le tombeau vide Jn 20/1-9

Jn 20/1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensembles, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

 

Le tombeau était scellé. La mort semblait triompher. C’était à la fois la personne de Jésus mais aussi son message, le Royaume dont il témoignait qui étaient enterrés. Un Royaume qu’il avait commencé à instaurer par ses paroles et ses actes. Royaume de respect de toutes et tous sans discrimination. Royaume de frères et sœurs dans l’égalité. Royaume de justice, de pardon, de partage. Royaume de joie. C’est tout cela qui se trouvait enfermé dans la nuit du tombeau. Et l’inouï se produit : la tombe est ouverte et vide. Où est-il ? La vie a triomphé de la mort. Dieu a ouvert ce qui était fermé. Et cette ouverture est pour nous le gage de la victoire sur tout ce qui nous enferme, de tout ce qui est mortifère : Dieu est de notre côté dans l’Ouvert. Et c’est depuis toujours que Dieu a pris le parti de l’Ouvert : Créer, recréer, ressusciter, c’est ouvrir. Prendrons-nous le même parti ? Pour cela, une vraie conversion est nécessaire : la résurrection du Christ n’est pas quelque chose à croire comme on récite une formule, c’est quelque chose à vivre. Vivre ce que l’on croit, c’est répondre à un appel à vivre autrement. La foi est un engagement, une prise de position, un combat pour faire gagner la vie, pour faire gagner le royaume de respect d’égalité, de partage de justice inauguré par Jésus. C’est vivre dans l’ouvert. Un des drames de l’histoire de l’Eglise, c’est de n’avoir pas su assez tiré les conséquences politiques et sociales de la résurrection. La résurrection donne raison à Jésus, donne raison à ce qu’il a fait contre ceux qui l’ont crucifié au nom de fausses conceptions de Dieu, et parce que Jésus remettait en cause l’utilisation religieuse du pouvoir et voulait un royaume de justice. Au lieu d’en faire un formidable levier de résistance à l’injustice, elle a souvent servi à n’être qu’un article de foi qui renvoyait la justice à la vie après la mort, ne contestait aucun pouvoir, confortait une résignation. L’impossibilité d’une lecture sociale et politique de la résurrection s’explique par la résistance au changement mais aussi au fait qu’on vivait dans un monde qui semblait immobile : entre naissance et mort d’une personne, rien n’avait changé. Aujourd’hui, dans nos sociétés, entre sa naissance et sa mort une personne a pu voir et vivre de profonds bouleversements. C’est pourquoi, la lecture sociale de la résurrection a plus de chance aujourd’hui d’être reçue. La résurrection est bien l’espérance que nos vies sont faites pour l’éternité, que rien n’est jamais perdu pour Dieu, jamais fini pour Dieu mais elle est aussi la certitude que Dieu ne se résigne pas à l’injustice, qu’il la combat à côté de ceux qui la subissent et la combattent. Comment faire pour que l’orthodoxie d’un énoncé de foi ne reste pas inopérante dans nos vies et nos sociétés ?

« Il vit et il cru ». Qui y-a-t-il à voir et croire ? Hier et aujourd’hui ?

Voir le Christ humilié et crucifié en tout personne humaine qui souffre, dans toutes les déshumanisations de notre monde Voir la résurrection à l’œuvre en tout lieu, en toute action, en toute personne, en tout ce qui humanise notre monde. Croire en la résurrection, c’est croire sortir de ce qui est fermé pour ouvrir les chemins du possible.

 

J'ai écrit cet article pour le numéro 3628 de la lettre de Témoignage chrétien du 2 avril 2015

 

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 15:12

 

Semaine Sainte :

avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la souffrance.

 

Avec celles et ceux…avec les familles et proches des victimes du crash A 320, hurlement de douleurs…avec celles et ceux  qui crient leur révolte  devant la lapidation de femmes…avec les persécuté-es pour leur foi ou leur non-foi…avec les enfants maltraités…avec les femmes humiliées, violées, tuées…avec tous humains qui subissent la violence et l’injustice…avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la foi, la nuit de l’espérance, la nuit de l’amour…

La liste est longue et sans fin.

 

Entrer dans la semaine sainte avec elles, avec eux, avec ma nuit, avec la leur.

Dieu crie aussi de douleur avec elles, avec eux, avec nous.

Il est là avec nous, non seulement un jour du temps quand il a hurlé de douleur sur la croix.

Mais aussi, de tout temps, il crie sa douleur pour tout ce qui dans ce monde pourtant si beau, est défiguré par l’injustice ou par l’absurde.

Il est là avec nous, sans mot, mais il est là.

Il nous prend la main, il nous prend dans ses bras pour que de la douleur puisse naitre peu à peu une détermination, une force pour combattre, une force pour vivre et faire vivre.

 

Mais pour cela, arrêtons de dire que la mort du Christ sur la croix est la volonté de Dieu comme condition du pardon !

Le Christ est mort parce que sa vie, ses paroles, ses actions étaient intolérables à ceux qui font de la religion leur fond de commerce et la justification de leur pouvoir.

Le Christ est celui à qui tous les bourreaux font violence.

La miséricorde qui est Dieu n’a besoin d’aucune souffrance ni d’aucune croix pour être remuée aux entrailles devant nos égarements.

 

En regardant la croix du Christ,

je vois Dieu qui a crié de douleur et qui continue de crier,

je vois Dieu qui étend les bras pour nous relever, nous guérir, nous pousser à lutter contre toute injustice et toute absurdité.

 

 

 

 

Semaine Sainte : avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la souffrance.
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 22:49

 

Delphine Horvilleur, le rabbin est une femme

C'est une femme belle et rebelle qui a choisi un métier d'homme, une mère de famille qui a goûté à la médecine, au journalisme et au mannequinat avant de se lancer... dans le rabbinat. Delphine Horvilleur est la deuxième femme rabbin du mouvement juif libéral de France.

http://www.rts.ch/play/tv/faut-pas-croire/video/delphine-horvilleur-le-rabbin-est-une-femme?id=6641301

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 10:25
Méditons l'Evangile de Marc l'ouverture à l'universel

 

Mc 6/47 à 8/11

1-Un récit symbolique de la passion et de la résurrection Mc 6/47-56

Solitude du Christ toute une nuit dans la mort.

Marche sur l’eau, comme victoire sur la mort.

Le petit matin, il se manifeste à ceux qui ont affronté la déroute.

Les disciples qui le prennent pour un fantôme comme en Lc 24/31 et ne le reconnaissent pas.

Le réconfort par une parole de confiance : « Je suis » , ne craignez pas.

Leurs cœurs endurcis qui ont du mal à croire.

Villages, villes, champs : ensuite, un message de vie qui parcourt le monde des villages, des villes et de champs

 

2-Une prise de position contre le mépris du profane et des aliments Mc 7/1-23

Contre un mépris du profane : Ici le rituel de la purification des mains

*Derrière ce rituel de purification, il y a une conception du monde : ce qui relève de la vie quotidienne est profane et ce profane est impur.

*La conception du monde qu’à Jésus est à l’opposé de cela. Pour lui le profane n’est pas impur car ce profane, il l’a pris en s’incarnant, il l’a fait sien. Il brise la distinction entre profane et sacré. Ou plutôt : le profane est sacré et le sacré c’est la vie humaine

*Sa critique porte aussi sur un rituel qui n’est que formel, extérieur, n’engageant pas la vie concrète et le cœur et qui même est un prétexte pour éviter l’engagement concret pour les autres comme par exemple l’aide aux parents.

 

Contre un mépris de certains aliments

Marc donne la raison de l’enseignement de Jésus : il déclare pur tous les aliments faisant éclater tout le légalisme alimentaire de la religion de son temps. La transgression de Jésus repose sur le primat de la parole et du cœur. L’important ce n’est pas ce qui entre par la bouche (les aliments) mais ce qui sort de la bouche (les paroles) car cela vient du cœur.

 

3-L’ouverture à l’universelle grâce à une femme Mc 7/24 à 8/11

Voici 3 récits qui se passent en terre païenne. Pour quoi ce choix de Jésus de s’y rendre vers les frontières de Tyr. La raison n’en est pas donnée. Peut-être un moment de retraite que vient troubler une femme en souci de son enfant. Il part ensuite vers la Décapole et fait une guérison. Enfin il nourrit une foule.

Une femme fait changer Jésus

Jésus a choisi Tyr comme lieu de repli. Cela ne le gène pas puisqu’il vient de faire tomber les frontières entre le pur l’impur. Mais pour lui, guérir des païens n’est pas encore à l’ordre du jour. Une femme va le faire changer d’avis. Comme Marie à cana, elle va provoquer le signe qu’est venu le temps de l’universalisme du Royaume.

Ecoutons leur dialogue à propos de sa petite fille.

Au verset 25, il est question de la petite fille

Au verset 27 Jésus dit se réserver pour les enfants

A la fin la petite fille est appelé enfant donc va avoir accès à la table des enfants.

Cette femme a aidé Jésus à élargir l’espace du royaume des enfants du Père.

Ce pain désormais donné aussi aux enfants de tous temps et de tous lieux va ensuite être donné à profusion au chapitre 8.

Regarder Jésus qui a su se laisser déplacer par cette femme.

Regarder cette femme qui a su rebondir sur l’obstacle du refus initial

Ainsi, grâce à cette femme, lorsqu’on lui amène un sourd-muet, Jésus n’a plus aucun hésitation, il le guérit et il multiplie les pain en terre païenne.

Le passage est fait.

 

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 17:00
Jésus libérateur de lois excluantes: Luc 8/42-48

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8, 42-48

Les foules le pressaient au point de l’étouffer. Or, une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans, et qui avait dépensé tous ses biens chez les médecins sans que personne n’ait pu la guérir, s’approcha de lui par-derrière et toucha la frange de son vêtement. À l’instant même, sa perte de sang s’arrêta.

Mais Jésus dit : « Qui m’a touché ? » Comme ils s’en défendaient tous, Pierre lui dit : « Maître, les foules te bousculent et t’écrasent. »

Mais Jésus reprit : « Quelqu’un m’a touché, car j’ai reconnu qu’une force était sortie de moi. »

La femme, se voyant découverte, vint, toute tremblante, se jeter à ses pieds ; elle raconta devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie à l’instant même.

Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

 

Il est des questions de Jésus qui sont curieuses ! Pourquoi veut-il savoir qui l’a touché ? Il sait qu’il a guéri quelqu’un, cela ne lui suffit-il pas ? Que veut-il de plus ?

Assurément il veut une rencontre personnelle. Car nous le savons, il est plus qu’un « guérisseur », il est sauveur. Le salut qu’il donne, c’est d’abord lui-même, c’est le cadeau d’une rencontre, d’une attention à l’autre, d’une question qui suscite une réponse, d’un dialogue qui s’installe. Et on peut déjà s’étonner de cela.

 

Mais il nous faut aller plus loin.

Et pour cela comprendre que la maladie dont souffre cette femme, est source d’exclusion sociale.

Elle est considérée comme « impure »[1] et si elle a un contact physique avec quelqu’un, elle le rendra impur !

Au regard de cette loi religieuse, elle a donc rendu impurs tous les gens qu’elle a touchés dans la foule et Jésus lui-même ! C’est une transgression majeure qui nous explique sa stratégie d’anonymat.

Jésus approuve cette transgression car il veut libérer les gens de tout le poids d’exclusion que véhicule ce type de lois religieuses.

Il y a donc un enjeu majeur à faire connaitre cette guérison :

Rendre public aux yeux de tous cette guérison a des conséquences de salut pour cette femme et pour la foule.

Jésus ne se considère pas impur d’avoir été touché par elle, et donc de fait, déclare caduque cette loi d’impureté qui excluait les femmes qui en étaient atteintes.

Nous avons là un exemple fondamental de la révolution religieuse qu’apporte Jésus, un exemple de sa liberté qui brave ces lois excluantes.

Il la guérit, il la libère comme il nous libère.

L’appeler « Ma fille » n’est pas non plus anodin. Dans un cas semblable de situation d’exclusion, à Zachée le publicain, Jésus dira : « N’est-il pas lui aussi fils d’Abraham ? »[2].

Les paroles qu’il lui adresse, le fait de l ‘appeler ma fille lui rendent sa dignité, la valorise au sujet de sa foi, la réintroduit dans l’espace social, lui fait cadeau de la paix.

Nous avons là toute la détermination de Jésus pour libérer celles et ceux qu’il rencontre. Il a la même détermination pour nous aujourd’hui. Alors, laissons-nous libérer par lui.

 

 

[1] Lv 15,9

[2] Lc 19,9

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 23:19
Méditons avec l'évangile de Marc 6/30-46, le pain partagé

Mc 6/30-46

Les apôtres se réunissent auprès de Jésus, et ils lui rapportèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné. Et il leur dit : "Venez vous-mêmes à l'écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu." De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux que les apôtres n'avaient pas même le temps de manger. Ils partirent donc dans la barque vers un lieu désert, à l'écart.Les voyant s'éloigner, beaucoup comprirent, et de toutes les villes on accourut là-bas, à pied, et on les devança.En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et il se mit à les enseigner longuement.L'heure étant déjà très avancée, ses disciples s'approchèrent et lui dirent : "L'endroit est désert et l'heure est déjà très avancée ; renvoie-les afin qu'ils aillent dans les fermes et les villages d'alentour s'acheter de quoi manger." Il leur répondit : "Donnez-leur vous-mêmes à manger." Ils lui disent : "Faudra-t-il que nous allions acheter des pains pour 200 deniers, afin de leur donner à manger ?" Il leur dit : "Combien de pains avez-vous ? Allez voir." S'en étant informés, ils disent : "Cinq, et deux poissons." Alors il leur ordonna de les faire tous s'étendre par groupes de convives sur l'herbe verte. Et ils s'allongèrent à terre par carrés de cent et de 50. Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, il bénit et rompit les pains, et il les donnait à ses disciples pour les leur servir. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés ; et l'on emporta les morceaux, plein douze couffins avec les restes des poissons. Et ceux qui avaient mangé les pains étaient 5.000 hommes. Et aussitôt il obligea ses disciples à monter dans la barque et à prendre les devants vers Bethsaïde, pendant que lui-même renverrait la foule. Et quand il les eut congédiés, il s'en alla dans la montagne pour prier.

 

1-Se rassembler autour de Jésus.

Que de choses en ces quelques mots. Une définition de l’Eglise : ceux qui se rassemblent autour de Jésus pour l’écouter, vivre de sa vie pour que le monde en soit ensemencé.

 

2-Ils lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait…

Etonnant ce passage ! Cela fonde pour nous l’importance de relire sa vie, d’en parler, de pouvoir être écouter par quelqu’un.

Etonnant aussi par ce que cela nous donne l’image de Jésus écoutant. Il nous parle et aussi il nous écoute.

 

3-Reposez-vous un peu

Il y a dans cette phrase toute la tendresse de Jésus, son attention à ses disciples. Aujourd’hui, pour certain-es d’entre nous, cela peut être une invitation à prendre très au sérieux : prendre soin de soi, savoir se reposer, ne pas sombrer dans l’activisme, dans un travail idole ou drogue.

Savoir se reposer, c’est rester libre par rapport à ce qui se présente et qui peuvent être de fausses nécessités.

Faire du tri : est-ce indispensable, puis-je le déléguer ? Se reposer, c’est savoir trouver le sens de sa vie dans l’être et pas seulement dans le faire.

 

4-Jésus voit…Il est remué aux entrailles…Il enseigne

Arrêtons-nous sur ces 3 verbes : voir, être remué, enseigner.

Cela indique un chemin de perception pour mieux agir.

-Il s’agit en premier d’ouvrir les yeux sur le réel.

-Ensuite se laisser toucher par lui.

-Pour enfin comprendre ce qu’il faut faire et agir.

Jésus fait ce chemin et nous l’indique comme moyen pour sortir de la répétition, s’ouvrir à du neuf.

Ici qu’a-t-il vu ? Des brebis sans berger.

Et nous que voyons-nous ?

 

5-Renvoie-les…Donnez-leur…

Devant l’heure tardive et la nécessité de nourrir cette foule, voici deux solutions : que les gens aillent s’acheter ou que les apôtres le fassent.

C’est aucune des deux que Jésus choisit. Devant deux choix, il y a quelque fois une 3ème solution qui est la bonne. C’est celle de Jésus qui sera la bonne : la bénédiction de 5 pains,de 2 poissons nourrit 5000 personnes.

Après avoir nourri de sa parole, il nous nourrit de son pain. Miracle de la bénédiction, miracle du partage.

 

6-Cinq pains et deux poissons

Le peu qui est donné est multiplié. Ce peu, c’est ce que nous pouvons donner. Mais donné à Jésus, passé par ses mains, ce peu acquiert une fécondité insoupçonnée.

Et ce peu, Jésus en a besoin. Si nous ne le donnons pas, il ne peut rien faire. C’est le peu de la foi, de la confiance, du don.

 

7-Il renvoie la foule et s’en va prier.

Dans l’Evangile de Jean, nous savons pourquoi il fait cela : la foule veut le faire roi. Il affronte ici la même tentation racontée en Matthieu chapitre 5. Il n’y succombe pas et s’y oppose par l’éloignement et la prière.

Regardons Jésus en prière. Dans le silence, la solitude, il puise les raisons de son attitude, de ses actes, de ses paroles, la raison de sa vie.

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:14

AEFJN, le Réseau, sa vision et sa mission

http://www.aefjn.org/index.php/a-notre-sujet.html

 

La vision d'AEFJN

Un monde dans lequel chacun peut bénéficier du partage des dons de la création et avoir l'opportunité d'épanouir ses capacités, dons reçues de Dieu.

Une culture où les personnes, spécialement les pauvres, sont au cœur des politiques économiques et sociales.

Une Afrique qui s'affirme dans l'égalité dans ses relations avec les autres puissances mondiales.

 

Nos valeurs

Notre foi chrétienne

Notre option préférentielle pour les pauvres

Notre désir de justice au plan mondial et de partage équitable des dons de la création pour tous et plus spécialement pour les populations d'Afrique

Un profond respect de la dignité de chaque être humain

Un souci de relations équitables et justes entre l'Afrique et l'Europe, pour le bien commun de tous

 

Le Réseau Foi et Justice Afrique-Europe (AEFJN), est un réseau international basé sur la foi, mandaté par presque cinquante Instituts religieux ou missionnaires catholiques œuvrant en Afrique et en Europe. Depuis 1988, il travaille à promouvoir des relations économiques équitables entre l'Afrique et l'Europe.

AEFJN veut promouvoir la justice économique entre l'Union Européenne et l'Afrique, ceci pour permettre d'assurer un avenir meilleur aux populations africaines.

 

Les parties du réseau AEFJN

Les Antennes et le Secrétariat international

Un Secrétariat International, basé à Bruxelles, (Belgique) coordonne les activités du Réseau et fait du plaidoyer auprès des Institutions Européennes en faveur de relations plus équitables entre l'Union Européenne et les pays d'Afrique.

Des groupes de religieux(ses) et des laïcs de différents pays d'Afrique et d'Europe, forment les Antennes d'AEFJN. Ils représentent les préoccupations d'AEFJN au niveau national.

AEFJN a 13 antennes dans 12 pays européens: Belgique, France, Allemagne, Irlande, Italie, Malte, les Pays-Bas, Espagne (Madrid et Barcelone), Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Suisse.

 

Les congrégations membres
Près de cinquante instituts religieux catholiques ou missionnaires présents en Afrique et en Europe sont membres d'AEFJN. La personne de contact représente la congrégation à l'Assemblée générale annuelle AEFJN.

Les membres d'AEFJN, dont beaucoup sont ou ont été missionnaires, ont l'expérience de la vie en Afrique dans sa réalité et gardent des liens étroits avec ses populations. Leur foi chrétienne nourrit un profond respect pour chaque être humain et le désir de permettre aux personnes qui n'ont pas encore accès à leur part des ressources de la création, de l'acquérir.

 

L'Exécutif

AEFJN est dirigé par un Comité Exécutif élu par les membres des Instituts du Réseau.

 

La Mission d'AEFJN

Motivés par notre foi chrétienne et enrichis de l'enseignement de la doctrine sociale de l'Eglise, nous voulons être présents là où sont prises les décisions politiques qui traitent des relations économiques entre l'Afrique et l'Europe.

En tant que citoyens de nos pays respectifs et de l'Union Européenne, nous plaidons auprès de preneurs de décision au plan national par le biais de nos « antennes », et au plan européen, par celui du Secrétariat international de Bruxelles.

Grâce aux réseaux qu'offrent nos communautés et nos Eglises, nous joignons d'autres groupes d'Eglise et de la société civile afin de promouvoir une cause commune pour un monde empreint de respect, de compassion et de justice.

 

D'autres traits d'AEFJN

Une présence continue parmi les pauvres en Afrique, grâce aux congrégations membres, permet une connaissance réelle de leur vie.

Les membres d'AEFJN, présents en Afrique et en Europe, sont en lien avec toutes les couches de la société et connaissent bien le contexte africain.

AEFJN se concentre sur les questions économiques qui affectent les relations entre l'Afrique et l'Union Européenne ainsi que ses états membres.

AEFJN veut influencer les politiques économiques qui touchent l'Afrique.

AEFJN distribue à ses membres ainsi qu'à l'opinion publique l'information relative aux sujets d' injustice structurelle.

AEFJN est un réseau chrétien mais peut prendre des décisions indépendamment de l'Eglise institutionnelle.

 

Nos points forts vis-à-vis de l'Afrique et l'Europe

Connaissance de la réalité au niveau de la base fondée sur l'expérience personnelle.

La connaissance de la politique de l'UE envers l'Afrique

Notre réseau qui touche les membres de nos congrégations et institutions à tous les niveaux.

 

AEFJN fait du lobbying et du plaidoyer à différents niveaux:

Avec d'autres partenaires (société civile, ONG, groupes confessionnels) qui travaillent sur les mêmes questions et ont les mêmes préoccupations. AEFJN coordonne ses activités au niveau européen et national, s'unissant à la réflexion commune sur les enjeux et se concentre sur les domaines dans lesquels des activités communes, telles que des déclarations conjointes, des positions et des conférences peuvent être mis sur pied.

Au niveau de l'Eglise pour sensibiliser les religieux, missionnaires et laïcs, sur l'impact des politiques commerciales sur les populations d'Afrique. AEFJN travaille pour changer les structures injustes qui entraînent un appauvrissement et d’inégalité dans le peuple et les pays de l'Afrique.

Au niveau national, en collaboration avec le Secrétariat international, les antennes d'AEFJN travaillent au niveau national, pour sensibiliser et afin de faire du plaidoyer auprès des gouvernements nationaux, des parlements et des groupes confessionnels.

Au niveau de l'UE, le Secrétariat International est en contact avec les différentes directions générales de la Commission Européenne, avec le Parlement Européen et avec le Conseil.

Au niveau de l'Afrique AEFJN est en contact avec un certain nombre de groupes en Afrique qui travaillent sur les questions économiques.

Réunion d'AEFJN au Forum Social Mondial - Nairobi 2007

 

AEFJN au FMS - Nairobi 2007

Les membres de congrégations AEFJN travaillant sur les questions de justice se sont réunis à Nairobi au cours du Forum social mondial, pour mieux connaître le réseau.

Notre adresse

AEFJN Secrétariat international


174, rue Joseph II
B - 1000 Bruxelles
Belgique
Tél. +32. (0) 2.234.68.10
Fax +32. (0) 2.231.14.13
Courrier électronique: aefjn@aefjn.org

 

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