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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 17:17

 

 

Bonne Sœur, c’est une expression que je n’aime pas…De manière caricaturale, on pense tout de suite à la bonne Sœur « toutes voiles dehors » du film la Grande Vadrouille ou encore à la série télévisée Thérèse.com qui donne l’image d’une religieuse certes perspicace mais dont la communauté ne brille pas par l’ouverture et l’intelligence !

Bonnes sœurs, on pense aussi tout de suite à un monastère, un lieu fermé et triste où des femmes s’enterrent. De récentes émissions ont pu déconstruire heureusement ces images.

 

Mais il existe une autre forme de vie religieuse encore plus inconnue, méconnue : les religieuses apostoliques. Savez-vous que vous pouvez les rencontrer sans savoir qu’elles le sont ?

J’en connais qui sont médecin, aide-ménagère, juge, éducatrice et… j’en ai même connu une qui était conductrice de bus !

 

Pour moi, c’est un peu différent, car j’ai choisi une forme de vie religieuse apostolique, on pourrait dire « spécialisée ». Vous allez le découvrir en me suivant durant une semaine. Ce ne sera pas exhaustif mais cela vous donnera une idée de mon travail, de ma vie. Vous verrez, c’est varié, on ne s’ennuie pas, et cela me passionne !

 

Les incontournables :

Chaque jour avec ma communauté, on commence par une prière ensemble le matin. Les « lève-tôt » auront déjà eu un temps de méditation personnelle. Pour moi, pour qui le réveil est toujours difficile, ce sera après !

Chaque jour, on mange ! Et les repas sont des temps de partage, ça peut être sérieux mais jamais triste et souvent joyeux. A la différence de beaucoup de gens, comme nous vivons dans un centre spirituel, il y a un service de restauration pour les groupes et personnes accueillis et nous en bénéficions. Donc pas de repas à faire !

Chaque nuit, on dort. Ici pas d’horaire fixe. Cela dépend des sœurs. On peut avoir des réunions le soir ou aimer travailler sur son ordi pour préparer des animations ou plein d’autres choses.

Etc. Etc. c'est-à-dire tout ce que tout le monde fait : S’occuper de soi : prendre  une douche, faire des achats…Et j’en oublie !

 

Plantons le décor !

Je travaille dans un centre spirituel. Nous le définissons ainsi :

Un lieu pour se poser et être à l’écoute de soi, de sa vie, de la Parole de Dieu, afin d’éclairer son existence, faire l’expérience d’une rencontre personnelle avec Dieu, s'épanouir dans tout son être, choisir en toute liberté dans l’esprit des Exercices d’Ignace de Loyola. Il est animé par une communauté de Sœurs  du Cénacle et une équipe de laïcs collaborateurs.

 

Maintenant, voyons cette semaine !

Dimanche

J’ai accueilli un groupe CVX venu pour une journée de partage de leur vie et de leur foi. J’ai célébré l’Eucharistie avec eux.

Ensuite j’ai fait des modifications sur le site internet http://www.ndcenacle.org de ma communauté. Il fallait changer la manière de s‘inscrire à certaines de nos propositions.

Le midi toute la communauté a déjeuné avec un autre groupe, Foi et lumière  qui regroupe des personnes handicapées. Un moment fort de rencontre. J’étais à côté de l’un deux qui en quelques mots m’a partagé sa foi.

L’après-midi j’étais de permanence au standard : répondre au téléphone mais aussi une présence pour les groupes dans la maison. J’avais amené mon ordinateur et j’ai pu aussi pendant ce temps travailler. Quel travail ? Vous allez voir, c’est divers !

Je fais partie de l’Equipe d’un site : NDW http://www.ndweb.org  qui propose en ligne diverses manières de méditer : avec un texte biblique, un psaume mais aussi une vidéo… ce jour-là j’ai travaillé à la mise en forme d’un psaume pour en faciliter la méditation.  Nous proposons aussi des retraites spirituelles en ligne. Ce jour- là j’ai continué à rédiger une retraite qui sera mise en ligne en février.

Revenue dans ma chambre, j’ai traité les mails de ma boîte, mis un article sur mon blog http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com , envoyé une newsletter aux sœurs d’Europe du groupe Justice qui a pour mission de sensibiliser, communiquer, agir sur des questions de justice. Par exemple dans ce numéro d’octobre il y avait un excellent article sur la manière dont les suédois ont réussi à faire diminuer la prostitution.

Le soir à 18h, nous avions en communauté un partage sur l’Evangile de ce dimanche.

Et le soir : les novices nous ont invitées à un jeu : un bon moment de rire

Retour dans ma chambre pour encore quelques moments de travail, un temps de relecture priée de ma journée, quelques pages d’un roman de Ken Follet et sommeil !

 

Lundi

Le lundi est une journée de repos…ou presque ! En tout cas, pour moi, cela veut dire ne pas mettre de réveil et pouvoir dormir jusqu’à plus soif. Donc petit déjeuner tardif, courses pour mon régime ( fromage 0% de MT !) , téléphone à ma famille, ménage de ma chambre et du couloir du 2ème étage, côté communauté

J’avais à répondre à un questionnaire sur les diverses implantations de nos communautés en Europe : je m’y suis donc mise car la date limite est le 1er novembre.

J’ai travaillé au  commentaire continu de l’Evangile de Marc que je mets au fur et à mesure sur mon blog et que peut-être je publierai un jour sur un livre.

 

Mardi

En novembre j’anime avec Agnès Penet, un WE spirituel qui allie le travail du clown et l’expérience spirituelle. Cela demandait donc de se rencontrer pour préparer. Ensuite, mettre noir sur blanc le déroulé et lister les choses à faire : interventions, points pratiques à répercuter au Centre Spirituel. Je me mettrai plus tard à la préparation des interventions.

Par contre ce qui devenait urgent, c’était la session européenne qui va avoir lieu du 19 au 21 octobre. Pour l’animer, nous avons fait appel à Sr Nathalie Becquart. Elle va nous aider à prendre la mesure du paysage actuel et du développement du numérique, en quoi cela engage une anthropologie, quelles répercussions éthiques et théologiques. Mais la journée de dimanche demande à être finalisée car j’ai fait appel à trois jeunes qui vont nous former ou nous faire progresser sur les réseaux sociaux. Il fallait aussi être au clair sur les questions de coût de cette session.

Du temps a été occupé aussi pour mettre en ligne d’autres dépliants sur le site de la communauté, finaliser une date pour une rencontre du groupe Justice de nos communautés  européennes à Liverpool : ce sera en février.

Le soir j’avais une réunion d’un groupe « baptisé-es 78 », et j’ai préparé le temps de prière.

Tous les mois, avec une Equipe de quatre  (trois laïques et moi) nous animons un temps fort spirituel : Goûter et partager la Parole http://www.ndcenacle.org/?fonction=rubrique&lieu=4&proposition=985&id=24 A chaque fois et à tour de rôle nous préparons des pistes pour la méditation et une homélie. C’était mon tour de faire les pistes. Ensuite, on s’envoie nos textes pour avis.

 

Mercredi

La session de formation approche : nous allons être 11 à nous former ou  progresser sur les réseaux sociaux.

Je prépare cette session depuis déjà un bon bout de temps. Ce jour- là j’ai travaillé à la préparation pratique : l’horaire pour les participants, briefing par mail aux jeunes qui vont intervenir le 1er jour, questions d’intendance à régler.

Dans mes journées, il ya toujours des mails à traiter, et ce jour-là j’ai continué à essayer de trouver une solution pour une rencontre du groupe Justice de soeurs anglaises et françaises. La solution n’est pas encore trouvée !

 

Jeudi

Ce jour- là, le problème de la rencontre du groupe Justice n’était pas encore réglée donc à nouveau mail pour trouver une solution ! Ensuite je suis allée à la Mission locale. C’est une décision que j’ai prise qui me permet d’avoir un engagement humanitaire qui est non-confessionnel. La Mission locale est un organisme officiel qui permet d’aider des jeunes en dehors du système scolaire. Depuis un an, j’accompagnais un garçon de Côte d’Ivoire pour perfectionner son français. Il a maintenant intégré un lycée professionnel. J’ai donc arrêté le parrainage avec lui mais notre prochain rendez-vous sera un repas avec la communauté. Ce matin je commençais avec une jeune femme du Sri lanka, également pour l’aider à mieux maîtriser le français.

Après j’ai accueilli une personne désireuse de suivre ce qu’on appelle la retraite dans la vie. http://www.ndcenacle.org/?fonction=rubrique&lieu=4&proposition=1039&id=24 C’est une possibilité de vivre un temps fort spirituel tout en gardant sa vie quotidienne ordinaire : une rencontre tous les 15 jours qui dure 1h30 qui permet de s’initier à la méditation chrétienne et où sont présentés des textes bibliques pour les méditer chez soi et un accompagnement personnel entre chaque rencontre. Cela se passe de novembre à mars.

Le reste de la journée, j’ai continué à préparer la session NTIC et j’ai finalisé une intervention que je dois donner à une rencontre qui aura lieu le 11 novembre organisée par le site : temoins.com

 

Vendredi

C’est la journée « réunion ». Cela commence par la réunion dite de secrétariat. Nous traitons certaines demandes d’accueil de groupes, les demandes d’animation, les demandes d’accompagnement et des points d’organisation.

L’après-midi : réunion de communauté. Ici plein de choses sont traitées car notre fonctionnement est assez « démocratique ». C’est le lieu aussi de réflexion, de partage.

Et certains vendredis, il y a une 3ème réunion : celle de programmation. Ici nous élaborons peu à peu le programme de l’année suivante. Relecture de ce qui a été proposé, modifications à faire, nouvelles animations à proposer…

 

Samedi

Ce matin, j’ai pu dormir plus tard. Et ensuite finaliser la préparation de la session qui commence demain : installation du matériel technique, rédaction de l’introduction que je vais faire pour cette session, photocopie d’articles qui vont être donnés.

Dans l’après-midi, j’ai été faire un petit tour devant la mairie car il y avait des stands d’associations versaillaises qui luttent contre la misère.

 

Maintenant, je suis prête pour accueillir les sessionistes

Ainsi s’achève mon récit d’une semaine de la vie d’une bonne Sœur ! La semaine suivante comportera des choses semblables et d’autres différentes. Ce n’est pas la monotonie, loin de là…et c’est passionnant !

 

 

 

 

 

 

 

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 10:55

Au Livre d’Isaïe 43, 1-5

01 Mais maintenant, ainsi parle le Seigneur, lui qui t’a créé, Jacob, et t’a façonné, Israël : Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.

02 Quand tu traverseras les eaux, je serai avec toi, les fleuves ne te submergeront pas. Quand tu marcheras au milieu du feu, tu ne te brûleras pas, la flamme ne te consumera pas.

03 Car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur. Pour payer ta rançon, j’ai donné l’Égypte, en échange de toi, l’Éthiopie et Seba.

04 Parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime.

Mais où est-il ce Dieu dont nous parle Isaïe ? Où est ce Dieu d’Amour, dont le silence assourdissant résonne parfois comme un scandale pour nos contemporains ? Où était-il ce Dieu de tendresse quand les chambres à gaz fonctionnaient à plein régime, ou lorsque les machettes prenaient soin d’achever les tutsis ?  Où est-il ton Dieu, Isaïe ?

Consolation pour certains, ce texte se heurte  à la colère de tout ceux dont la souffrance, la nuit, la tristesse ont  mis à nu le silence de Dieu.

Mais, regardons cette page de l’Ancien Testament, de plus près. Le chapitre 43 d’Isaïe  date du début du VIème siècle avant notre ère et s’adresse à ces juifs qui sont en exil à Babylone. A cette époque, le polythéisme s’impose comme religion. Yavhé est en « concurrence » avec de nombreuses divinités, en particulier, Bêl, le dieu babylonien. Dans ce contexte, l’un des thèmes central du livre d’Isaïe sera l’affirmation forte  du monothéisme, faisant de Yahvé un Dieu unique et mettant les autres divinités au rang de simples idoles à brûler.

Pour les babyloniens, Bêl est le créateur de l’univers. Isaïe rappelle alors que c’est bien  Yahvé, « celui qui t’a créé, façonné ». Pour les babyloniens, Bêl est un dieu fort, par ses exploits, capable de les protéger. Or, c’est étonnant, dans ce texte,  aucune prouesse de Yahvé : il n’arrête, ni les fleuves, ni le feu. Isaïe  risque un Dieu amoindri au regard des divinités babyloniennes. Alors devant la puissance d’un dieu comme Bêl, et au fond, devant la suffisance de nos propres  idoles, où est-il ton Dieu, Isaïe ?

En fait, nous le savons bien  celui « qui célèbre l’éloge de sa propre puissance ne dit mot du mystère de l’être,  de l’amour, de la mort » . Et c’est là tout le génie d’Isaïe qui ose un retournement  de l’idée même de Dieu. Non pas un Dieu puissant, mais un Dieu de tendresse qui nous appelle par notre nom ; non pas un Dieu tyran, mais un Dieu libérateur ; non pas un Dieu prodigieux, mais un Dieu aux mains vides…, vides d’avoir tout donné : les pays, les peuples, jusqu’à l’homme, sa plus belle œuvre dans la création. Oui, notre Dieu a les mains vides, Il se contente d’être : son faire consiste à être. Alors plutôt que d’anéantir la détresse, Il propose de la traverser : traverser l’eau qui submerge, le feu qui détruit, la mort qui  engloutit … mais, Il s’y engage avec nous : Il sera toujours avec nous. A tel point qu’Il laissera les hommes clouer Ses mains vides sur le bois d’une croix. C’est là, notre unique force : nous ne serons jamais seuls. Et cette promesse, cette parole, dans tout ce qu’elle a de plus dérisoire, ose se mesurer au pouvoir de la mort, ose nous précéder dans la nuit du néant tant elle est source de vie. Il s’agit donc de traverser … nous lever, … partir sur ce chemin d’errance, les mains vides, les pieds nus et consentir au silence. Marcher, s’affronter au vent, et s’obstiner, en tenant serré, fort, tout contre notre cœur, les mots de Sa promesse :

« Ne crains pas, je serai avec toi ».

Et puis, à notre tour, donner … donner au monde cette étincelle divine qui nous a été confiée dans un écrin de tendresse.

Alors, où est-Il ton Dieu, Isaïe ? N’est-Il pas là, agenouillé devant l’Homme, suppliant qu’on prenne soin de Lui ? Là, pendu aux croix des hommes, portant en Lui, chacun de nos cris ? Ne se tient-Il pas là, enfoui au plus profond de l’Homme, le tirant sans cesse vers la Vie ?

 

 

« Les échos du silence »  de  Sylvie Germain

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 16:07

 

Mc 3/20-35 

Il vient à la maison et de nouveau la foule se rassemble, au point qu'ils ne pouvaient pas même manger de pain. Et les siens, l'ayant appris, partirent pour se saisir de lui, car ils disaient : "Il a perdu le sens." Et les scribes qui étaient descendus de Jérusalem disaient : "Il est possédé de Béelzéboul", et encore : "C'est par le prince des démons qu'il expulse les démons." Les ayant appelés près de lui, il leur disait en paraboles : "Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume-là ne peut subsister.

Et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison-là ne pourra se maintenir. Or, si Satan s'est dressé contre lui-même et s'est divisé, il ne peut pas tenir, il est fini. Mais nul ne peut pénétrer dans la maison d'un homme fort et piller ses affaires s'il n'a d'abord ligoté cet homme fort, et alors il pillera sa maison."En vérité, je vous le dis, tout sera remis aux enfants des hommes, les péchés et les blasphèmes tant qu'il en auront proféré ; mais quiconque aura blasphémé contre l'Esprit Saint n'aura jamais de rémission : il est coupable d'une faute éternelle." C'est qu'ils disaient : "Il est possédé d'un esprit impur."

Sa mère et ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler.

Il y avait une foule assise autour de lui et on lui dit : "Voilà que ta mère et tes frères et tes sœurs sont là dehors qui te cherchent."

Il leur répond : "Qui est ma mère ? Et mes frères ?" Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit : "Voici ma mère et mes frères.

Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère."

Jésus,incompris par sa famille et refusé par les fonctionnaires de la religion

1-Sa famille

Les sien disent qu’ils déraisonnent, ils veulent le ramener avec eux. Cette démarche permet à Jésus de poser un acte fort de libération de tout esprit de clan, d’emprise familiale et introduire l’universalisme de la fraternité : « Qui est ma mère et mes frères ? » Ceux qui font la volonté de Dieu. Mais qu’est-ce que Dieu veut ? Ce qu’il veut, c’est le véritable amour. Cet universalisme rejoint tout homme, toute femme quelque soit sa religion ou son absence de religion : tous, toutes sont frères et sœurs du Christ en aimant vraiment.

 

2-Les fonctionnaires de la religion

Ici l’attaque est une accusation : Jésus aurait partie lié avec Béelzeboul, le chef des démons. Pour lui dire cela, ils sont descendus de Jérusalem, une manière de dire qu’ils sont mandatés par l’autorité politico-religieuse pour répandre cette accusation.

Jésus déconstruit cette accusation : le chef des démons ne peut pas se chasser lui-même ! Il ne peut pas se combattre lui-même. Par contre Jésus, et c’est ce qu’il explique au verset 27, est en capacité d’entrer dans la maison du fort, le lier, et piller sa maison, libérant l’esprit des gens.

 

3-« Pas de rémission pour l’éternité pour celui qui aura blasphémer contre l’Esprit, le saint».

Voici une des paroles dures de l’Evangile.

Le pardon donné qui n’est pas accepté enfer-me. Dieu lui-même est impuissant devant cette décision.

 

 

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 15:50

Voici le dernier article paru dans l'excellent blog de Garrigues et Sentiers. c'est la lettre aux jeunes écrite par les participants du 3ème Forum islamo-Chrétien. A lire et à diffuser. 

http://www.garriguesetsentiers.org/2014/10/nous-nous-engageons-a-agir.html

 

« Nous nous engageons ! »

En décembre 2013, dans une « Lettre ouverte aux jeunes de France », les participants au 3ème Forum islamo-chrétien ont proposé qu’ensemble, hommes et femmes de toutes générations et de toutes cultures promeuvent une société de liberté, d’égalité et de fraternité, fondée sur la reconnaissance de la diversité, le respect mutuel et la justice.

Aux jeunes, ils ont lancé cet appel :

À vous, jeunes croyants en Dieu, nous disons : « Ne soyez pas naïfs ! Soyez vigilants ! Dans l’épreuve, restez en accord avec vos valeurs humaines et fidèles à votre foi ! Vous appuyant sur la fidélité de Dieu, soyez artisans de paix ! »

À vous, tous les jeunes, nous disons : « Soyez des citoyens responsables ! Exercez votre liberté de manière active et réfléchie ! Travaillez à tisser des liens dans le respect des valeurs qui fondent notre République. »

Près d’un an plus tard, en regardant les événements de l’année 2014, force est de constater que les foyers de tension et d’absolutisation n’ont cessé de croître et que les chemins pris par les jeunes de France ont été divers.

La paix a fait place à la guerre civile ou aux conflits entre les peuples dans des pays comme ceux de l’Afrique subsaharienne, comme l’Ukraine, la Birmanie, la Libye, Israël et Palestine, l’Irak et la Syrie. Nous venons même d’assister au Proche-Orient à l’entrée en guerre de la France au sein d’une coalition d’une quarantaine de pays.

Le terrorisme et l’instabilité ont progressé dans la zone sahélienne et dans l’Afrique subsaharienne, parfois même « au nom de Dieu » ! Ainsi, en Centrafrique, animosité et haine de l’autre ont remplacé l’entente entre chrétiens et musulmans.

Persécutions, arrestations, viols, exécutions sommaires, telles ont été les exactions commises par l’organisation « Daesh », à l’encontre des civils en Irak et en Syrie parmi les musulmans chiites ou sunnites, les chrétiens, les Yézidis, les Kurdes, les Turcomans, les humanitaires, les journalistes et les reporters. Plus près de nous, en Algérie, le 24 septembre dernier, a été assassiné notre compatriote Hervé Gourdel.

En France même, au regard des événements internationaux et sous l’emprise des clichés médiatiques, des personnes en sont venues à exprimer publiquement le rejet de l’autre. Certains sont même parfois passés à l’acte. 2

 

Lors de récentes manifestations, on a entendu dans les rues de nos villes cette invective : « Mort aux Juifs ! ». Des églises et des calvaires ont été profanés. Les actes islamophobes se sont multipliés et banalisés. Des tags sont apparus avec cette inscription : « Mort aux Musulmans ! ».

Avec inquiétude, nous observons la montée de l’extrémisme, parfois même violent, chez des jeunes marginalisés, la dérive de quelques centaines de jeunes musulmans de France, présents en Irak et en Syrie aux côtés des terroristes de « Daesh », et le désir d’autres d’aller les rejoindre dans les zones de combat.

Mais tout n’est pas ténèbres. Familles et services de l’Etat ont fini par mesurer la gravité de ces situations. Des actions significatives sont en cours pour interpeller les responsables de ces recrutements et empêcher jeunes filles et garçons de se rendre en ces endroits.

Des jeunes vivent leur citoyenneté de manière constructive, au sein d’associations et de mouvements, par exemple dans le scoutisme, les clubs sportifs ou l’association interreligieuse Coexister ! Ils témoignent de ce que le dialogue et l’interconnaissance sont aujourd’hui, plus que jamais, nécessaires pour désamorcer cette situation explosive qui pousse les gens à vivre dans la peur et la crainte et à trouver refuge dans les options les plus extrêmes.

*

Ce regard sur notre époque et sur la vie de nos contemporains doit nous interroger sur nos propres responsabilités.

Avons-nous été assez vigilants ?

Avons-nous été suffisamment des veilleurs, prêts à dénoncer et à lutter, avec d’autres, contre les injustices de nos sociétés ?

Avons-nous été en capacité à donner aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui du sens à leur vie, au sein de nos traditions religieuses ?

Avons-nous été profondément des croyants libres et engagés, habités du souffle de Dieu, prêts à témoigner de la fraternité des hommes et à agir pour elle, conformément à nos Ecritures ?

Avons-nous été suffisamment des croyants miséricordieux pour aimer le bien et le vouloir sincèrement pour tous les humains, comme nous le demande notre Seigneur ?

Avons-nous suffisamment jeté de ponts entre nos différentes communautés, créé des espaces d’échange et de rencontre, et renforcé la dimension d’entre-connaissance ? 3

 

Avons-nous vraiment veillé à apaiser les relations entre toutes les composantes de la nation ?

Reconnaissons humblement que les événements actuels ne sont pas que la faute des autres. Par le silence ou l’indifférence des uns, la compromission des autres et les louvoiements en matière de stratégies politiques et d’idéologies religieuses, nous portons une part de responsabilité.

*

Aujourd’hui, avec force, à travers différents appels et déclarations, les principaux responsables des communautés juives, chrétiennes et musulmanes ont dénoncé les violences à l’égard des minorités et reconnu le droit à tous de pouvoir rester et vivre librement sur leurs terres, dans la dignité et la sécurité, et à pratiquer leur foi.

Mais il nous faut aller plus loin, à savoir nous engager ensemble, juifs, chrétiens et musulmans, là où nous vivons, à oeuvrer au quotidien pour être des artisans de paix et de justice, pour faire reculer l’extrémisme, la persécution et le mépris de l’autre.

Aussi :

 Nous, diacres, évêques, imams, muftis, prédicateurs laïcs, pasteurs, prêtres, rabbins, nous nous engageons à travers nos prédications à promouvoir le respect de l’autre croyant et à inviter nos fidèles à être des citoyens actifs pour contribuer à une société fraternelle et solidaire ;

 Nous, enseignants, formateurs, éducateurs et catéchètes, nous nous engageons à favoriser auprès des enfants et des jeunes l’ouverture, le respect et la connaissance des autres cultures ;

 Nous, responsables d’institutions et de mouvements, nous nous engageons à favoriser l’écoute, le dialogue et le débat franc et respectueux qui conduit à l’estime mutuelle ;

 Nous, écrivains, journalistes, responsables de publication, nous nous engageons à développer dans nos médias une culture de paix et de citoyenneté, et à relayer toute initiative, action ou information invitant à la fraternité humaine ;

 Nous, élus et militants politiques, nous nous engageons à respecter, défendre et promouvoir, concrètement et pour tous, les valeurs qui fondent notre République : Liberté, Egalité, Fraternité ;

 Nous, syndicalistes, ouvriers, artisans et chefs d’entreprise, nous nous engageons à soutenir les projets qui permettent aux jeunes de s’ouvrir aux autres, pour aller au-delà des idées reçues, s'enrichir des différences et trouver leur place dans la société ;

4

 

 

Nous, artistes, cinéastes et réalisateurs, nous nous engageons à initier et promouvoir des spectacles musicaux, films et pièces de théâtre qui promeuvent la culture du dialogue, l’écoute de l’autre et l’acceptation des différences ;

 Nous, intellectuels, éditeurs et penseurs, nous nous engageons à encourager toutes les initiatives de rencontres (forum, colloque, débat...), publications et espaces de réflexion qui favorisent le vivre-ensemble et luttent contre toutes les formes de rejet et d'extrémisme ;

 Nous, parents, nous nous engageons à transmettre à nos enfants ces valeurs millénaires que nos textes sacrés nous ont transmis, tel que le pardon, la miséricorde et la fraternité ;

 Nous, militants associatifs de tous horizons, nous nous engageons à développer les activités, loisirs et rencontres susceptibles d’apporter aux jeunes et aux enfants l'équilibre psychologique, spirituel, physique et intellectuel dont ils ont besoin.

 

Vous qui lisez ce texte, qui veut être une charte à l’engagement concret au quotidien, soyez nombreux à nous rejoindre !

Ainsi, croyants, citoyens, de toutes générations, nous nous engagerons ensemble, dans notre quotidien, à favoriser des attitudes de dialogue et de respect de l'autre pour construire ensemble un monde de paix.

Lyon, place Bellecour,

le mercredi 1er octobre 2014

Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon

Père Eklemandos, Eglise copte orthodoxe

Révérend Ben Harding, Eglise anglicane de Lyon

Père Garabed Harutyunyan, Eglise apostolique arménienne

Monsieur Kamel Kabtane, recteur de la Grande mosquée de Lyon

Père Nicolas Kakavelakis, Eglise orthodoxe grecque de Lyon

Monsieur Joël Rochat, président du Consistoire du Grand Lyon de l’Eglise protestante unie de France

Monsieur Richard Wertenschlag, grand rabbin de Lyon

Mgr Jean-Marc Aveline, évêque auxiliaire de Marseille

Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix – France

Mhammed Abdou Benmaamar, président de l’Union des musulmans du Rhône

Laïd Abdelkader Bendidi, président du CRCM Rhône-Alpes

Cheikh Khaled Bentounes, chef spirituel de la Fraternité soufie alawiyya

Mgr Yves Boivineau, président de Justice et Paix France

Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre

Benaissa Chana, vice-président du CRCM Rhône-Alpes 5

 

Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry, président du Conseil pour les relations interreligieuses de la Conférence des évêques de France

Mgr François Fonlupt, évêque de Rodez

Anouar Kbibech, président du Rassemblement des Musulmans de France

Amar Lasfar, président de l’Union des Organisations Islamiques de France

Mgr André Marceau, évêque de Nice

Ahmed Miktar, président de l'association imams de France, imam de la mosquée de Villeneuve d’Ascq

Mohammed Moussaoui, président de l’Union des Mosquées de France

Mgr Yves Patenôtre, prélat de la Mission de France, archevêque de Sens-Auxerre

Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, président de Pax Christi France

Christophe Roucou, directeur du Service des relations avec l’islam de la Conférence des évêques de France, Paris

Association Action Espoir

Fédération des Associations des Mosquées de l'Isère (FAMI)

Groupe interreligieux Fils d' Abraham, Lyon

Nacer Abouchi, professeur des universités, Lyon

Myriam Abtroun, sophrologue à Lyon

Youcef Achmaoui, enseignant en sciences islamiques, imam de Garges, journaliste à la chaîne IQRAA, Val d'Oise

Kaci Ait Yala, directeur général de Continental Edisson

Samir Arbache, professeur de théologie et d'histoire des religions - Faculté de Théologie - Université Catholique de Lille

Kamel Ariouat, responsable de la mosquée El Forqan à Vénissieux

Abdelwahab Bakli, professeur technique et responsable éducatif à Saint Etienne

Xavier de Barbeyrac, diacre, Saint-Marcel-lès-Valence

Salah Bayarassou, responsable de la mosquée Et-Tawba, Lyon 9ème

Jihade Belamri, chef d'entreprise à Lyon

Ahmed Belhay, responsable de la mosquée d’Oullins

Abdelbast Benhissen, imam de la mosquée de Pierre Bénite

Mohamed Bennaji, recteur de la mosquée de Meyzieu

Nora Berra, ancien ministre de la santé

Marc Botzung, prêtre spiritain, Paris

Mohamed Bouabdelli, responsable de la mosquée Erahma de Villeurbanne

Mouhssine Bouayade, chirurgien-dentiste, Saint-Priest

Frère Jean-François Bour, op, délégué diocésain au dialogue inter-religieux, Tours, Indre-et-Loire

Myriam Bouregba, sociologue, formatrice, actrice du dialogue islamo chrétien

Mohamed Bousekri, imam de la mosquée d’Annemasse

Khalid Bouyarmane, imam de la mosquée El Mohsinine "Croix blanche", Bourg-en-Bresse

Fouziya Bouzerda, adjoint au maire de Lyon, chargé du Commerce, de l’artisanat et du développement économique

Saïd Branine, directeur de la rédaction Oumma.com

Yves Brisciano, diacre, délégué diocésain aux relations avec l’islam, Créteil 6

 

Jean Carasso, journaliste, essayiste et éditeur, Vaucluse

Bénédicte du Chaffaut, théologienne, déléguée pour les relations avec les musulmans pour le diocèse de Grenoble-Vienne

Patrice Chocholski, curé-recteur d'Ars, Ars-sur-Formans (Ain)

Wafa Dahmane, journaliste à France 3 et Radio Salam, Lyon

Mustapha Dali, recteur de la mosquée Al Madina Al Mounawara de Cannes

Christian Delorme, prêtre du diocèse de Lyon

Abdallah Dliouah, imam de Valence

Bruno-Marie Duffé, vicaire épiscopal « Famille et Société » et ancien Directeur de l’Institut des Droits de l’Homme de l’Université Catholique de Lyon

Nicole Fabre, pasteur de l’Eglise protestante unie de France, aumônier des hôpitaux

Abdelhamid Fatah, médecin réanimateur à Bourgoin-Jallieu et Lyon sud

Henry Fautrad, prêtre au Mans (Sarthe)

Arnaud Favart, vicaire général de la Mission de France

Vincent Feroldi, déléguée pour les relations avec les musulmans du diocèse de Lyon et co-fondateur du Forum islamo-chrétien

Martine Frénéa, membre du service diocésain du dialogue interreligieux, Clermont-Ferrand

Brigitte Frois, présidente de Keren Or, synagogue libérale de Lyon

Azzedine Gaci, recteur de la mosquée Othmane à Villeurbanne et co-fondateur du Forum islamo-chrétien

Franck Gacogne, prêtre du diocèse de Lyon et curé de Bron

Pierre Guichard, professeur honoraire de l’Université Lyon 2

Marie Jo Guichenuy, déléguée épiscopale pour l’oecuménisme à Lyon

Bruno Abdelhak Guiderdoni, astrophysicien et directeur de l’Institut des Hautes études islamiques

Fawzi Hamdi, recteur de la mosquée Oqba de Vaulx-en-Velin

Ahmed Hamlaoui, recteur de la mosquée de Villefontaine, recteur de la mosquée Dar Essalam de Villefontaine

Sr Colette Hamza, déléguée pour les relations avec les musulmans du diocèse de Marseille

Mosatafa Hassan, responsable de la mosquée de Nantua

Gérard Houzé, groupes oecuménique et interreligieux à Bron

Julienne Jarry, Villeurbanne

Georges Jousse, délégué diocésain aux relations avec l’islam, Bordeaux

Tallele Jrad, enseignant dans un collège de Villefranche sur Saône

Said Kabbouche, directeur de cabinet de la maire de Vaulx-en-Velin

Ali Kismoune, président du club Rhône-Alpes-diversité

Abdelhamid Kisrane, recteur de la mosquée de Givors

Bernard Lochet, prêtre, vicaire général du diocèse de Clermont-Frrand

Belgacem Louichi, responsable de la mosquée de Bron -Terraillon

Régine Maire, déléguée à l’interreligieux pour le diocèse de Lyon

Karim Menhoudj, imam de la mosquée de Lyon-Gerland

Saliha Mertani, responsable associatif à Vénissieux

Bruno Michaud, délégué de l'évêque de Chambéry pour les relations avec les musulmans

Gaby Moge, déléguée du diocèse d'Annecy pour les relations avec l'islam

Walid Naas, responsable SCI de la mosquée El Forqan à Vénissieux 7

 

Hawwa Huê Trinh Nguyên, journaliste à Saphirnews.com, rédactrice en chef de Salamnews

Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux

Aldo Oumouden, porte-parole de la Grande mosquée Mohammed VI de Saint Etienne

Djamel Ourak, responsable de la mosquée Essalem, Lyon 3ème

Odile Payen, retraitée, Caluire et Cuire

René Pfertzel, rabbin de la synagogue libérale de Lyon

Emmanuel Pisani, directeur de l’ISTR de Paris

Jeanine et Michel Porte, délégués du diocèse de Moulins pour les relations avec l’islam, Montluçon

Jacques Purpan, prêtre de la Mission de France à Saint- Fons

Danièle Reppelin, membre du conseil diocésain de solidarité du diocèse de Lyon

Joël Satre, délégué diocésain aux relations avec les musulmans à Saint-Etienne

Hafid Sekhri, éducateur, membre du groupe interreligieux Abraham, Lyon 9ème

Mohamed Serbi, responsable de la mosquée de Chambéry

Jane Stranz, pasteur chargée de mission pour les relations oecuméniques de la Fédération protestante de France

Anne Thöni, pasteur de la Fédération protestante de France, présidente de la commission des relations avec l'islam, Paris

Magali Van Reeth, présidente de SIGNIS Europe, Aix en Provence

Anne-Sophie Vivier-Muresan, enseignante à l'Institut Catholique de Paris, Malakoff (Hauts de Seine)

 

Michel Younès, professeur de théologie et sciences religieuses, Université catholique de Lyon

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 13:31

 

« Chrétiens dans un nouveau monde ». Rencontre organisée par Témoins le Mardi 11 novembre 2014 à Bourg-la-Reine

         Depuis une trentaine d’années, un courant chrétien émergent, à la recherche d’expressions de foi en phase avec notre époque, s’exprime à travers Témoins, une association chrétienne interconfessionnelle…

Aujourd’hui, dans ce monde en pleine transformation, Témoins ressent le besoin de s’interroger plus avant sur la manière d’exprimer la vie et la présence chrétienne.

C’est pourquoi nous vous invitons à participer

le mardi 11 novembre 2014

à une rencontre sur le thème : 

« Chrétiens dans un nouveau monde ».

Dans une dynamique participative, cette rencontre se veut un point de départ dans une recherche commune pour un témoignage chrétien en phase avec la société actuelle.

 

Avancer dans l’espérance

         En effet, dans un monde en mutation, bruissant de menaces mais riche en avancées et en promesses, traversé par des mouvements de décomposition et de recomposition, dans un temps de crise qui peut être perçu aussi comme un temps de métamorphose, nous voulons avancer dans l’espérance, en reconnaissant la présence de Dieu dans son œuvre de libération, de transformation du monde et de nouvelle création en Christ ressuscité et dans le mouvement de l’Esprit, appelés à percevoir la nouveauté de son œuvre dans les « signes des temps ».

 

 Comment vivre notre foi et en témoigner ?

         Dans la culture nouvelle qui se répand et s’affirme, comment vivre notre foi et en témoigner ? En dialogue avec les aspirations et les questions nouvelles, comment trouver dans le message de l’Evangile, un chemin de vie, une réponse au désarroi existentiel et aussi un horizon aux valeurs positives qui apparaissent aujourd’hui ? Pour avancer ensemble dans une meilleure compréhension de ce que les hommes et les femmes qui nous entourent recherchent, nous entendrons expériences et réflexions. A partir de tel contexte, en réponse à tel désir ou questionnement et sans recourir à des formulations dépassées, quel message, quelle bonne nouvelle partager ? Dans un temps où l’authenticité est perçue comme une valeur fondamentale, comment exprimer notre foi dans le respect de chacun ?

 

De nouvelles manières d’être et de faire église

         La sociologie montre un rapport sensible entre croyances et environnements socio-culturels. La recherche de sens appelle et requiert le dialogue. Nous avons besoin de partager notre foi avec d’autres chrétiens dans une société mobile et diversifiée où les cheminements, les modes de rencontre prennent une forme nouvelle. Si les églises traditionnelles, aujourd’hui interrogées sur leur pertinence, continuent à répondre aux besoins de certains milieux, d’autres milieux ne s’y retrouvent plus. Témoins a mis en évidence des innovations qui cherchent à répondre aux attentes nouvelles, et tout particulièrement le courant de l’Eglise émergente qui répond au double mouvement de « l’autonomie croyante » et d’une recherche accrue de convivialité. Comme le montre Gabriel Monet dans son récent livre, ce courant manifeste une grande vitalité, tant dans sa pratique que dans la réflexion théologique. En France où ce courant peine à se développer, Témoins est à la recherche d’expressions nouvelles qui correspondent au même besoin et à la même réalité. A partir des expériences et des réflexions de plusieurs intervenants, nous nous interrogerons sur de nouvelles manières d’être et de faire église et sur la façon de les promouvoir.

 

Une dynamique participative

         Une des caractéristiques majeures de notre époque réside dans l’interactivité et dans l’interrelation. Nous vivons dans un univers de relations. Et dans l’esprit de la Pentecôte, nous sommes appelés à développer une dimension communautaire, une dynamique participative et une intelligence collective. Nous avons conscience de cet appel dans tous les registres de la vie. Très modestement nous voudrions que cette rencontre se déroule aussi dans cet esprit : un temps de partage convivial et fraternel. Bien plus, dans l’horizon qui s’ouvre à nous aujourd’hui, cette journée apparaît comme le point de départ d’un processus. Nous souhaitons que Témoins, se refonde dans une dynamique participative pour accompagner ce processus. La culture chrétienne interconfessionnelle qui s’exprime à Témoins ouvre la voie à une recherche partagée et sans frontières.

         « A Monde qui change, Eglise qui change » : c’est le titre du livre pionnier d’un leader de l’Eglise émergente en Angleterre, Michaël Moynagh. En reconnaissant l’œuvre de l’Esprit dans ce nouveau monde, recherchons des manières de vivre et de partager notre foi dans des expressions nouvelles. Que Dieu nous inspire dans cette prise de conscience et cet engagement.     

   

L'équipe d'organisation

 

 

http://www.temoins.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1091:%C2%AB-chr%C3%A9tiens-dans-un-nouveau-monde-%C2%BB-rencontre-organis%C3%A9e-par-t%C3%A9moins-le-mardi-11-novembre-2014-%C3%A0-92340-bourg-la-reine&catid=2:evenements-et-actualites&Itemid=76

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 15:12

 

 

Citation trouvée dans l’excellent blog:

http://www.garriguesetsentiers.org/2014/10/la-religion-universelle-du-dieu-obscur.html

 

 « Je crois qu’il y a une religion universelle avec laquelle on ne compte pas assez : c’est justement celle que combattent tous les penseurs, Freud y compris. Cette religion n’a pas de nom, ou plutôt elle a tous les noms, christianisme, judaïsme ou islam, mais elle consiste aussi bien dans toute conformité absolue à un ordre, une caste, une classe. En fait, elle traverse toutes les religions et même les idéologies athées : c’est celle du dieu obscur qui demande à l’homme le sacrifice de sa pensée, le renoncement à sa conscience (…) La seule religion qui pourrait m’intéresser serait celle qui donnerait aux humains deux choses que les religions d’habitude leur retirent : la conscience de ce faux dieu et surtout l’autorité pour le mettre dehors » 1.

1 – Marie Balmary : Le moine et la psychanalyste, éditions Albin Michel, 2005, pages 49-50

 

 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 09:53

Mc 3/7-19

Jésus avec ses disciples se retira vers la mer et une grande multitude le suivit de la Galilée ; et de la Judée, de Jérusalem, de l'Idumée, de la Transjordane, des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant entendu tout ce qu'il faisait, vint à lui.

Et il dit à ses disciples qu'une petite barque fût tenue à sa disposition, à cause de la foule, pour qu'ils ne l'écrasent pas.

Car il en guérit beaucoup, si bien que tous ceux qui avaient des infirmités se jetaient sur lui pour le toucher.

Et les esprits impurs, lorsqu'ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient en disant : "Tu es le Fils de Dieu !" Et il leur enjoignait avec force de ne pas le faire connaître.

Puis il gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu'il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons.

Il institua donc les Douze, et il donna à Simon le nom de Pierre, puis Jacques, le fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, c'est-à-dire fils du tonnerre, puis André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, le fils d'Alphée, Thaddée, Simon le Zélé, et Judas Iscarioth, celui-là même qui le livra.

 

1-Une retraite qui semble de courte durée

Il quitte Capharnaüm et veux se retirer vers la mer. Mais cela ne dure pas longtemps. Même si ce fut court, il est intéressant de voir le souci que Jésus a de se donner des temps de solitude, de silence et comment il initie ses disciples à cela.

Se retirer vers la mer… Quels sont mes lieux de retraite, de silence, de repos, où je refais mes forces physiques et spirituelles ?

 

2-Une foule nombreuse

Cette foule vient de toute la Galilée et d’autres pays proches. Juifs et païens. Jésus ne fait pas de distinction, il les accueille tous et toutes et en guérit beaucoup. Qu’est-ce que Jésus regarde ? La foi des gens, le reste ne compte pas.

 

3-Beaucoup de monde, entendant tout ce qu’il avait fait, vint à lui.

Ils entendent ce qu’il avait fait. Curieuse expression : entendre des actions ! Précieuse expression. Elle nous indique un chemin d’évangélisation. L’Evangile  se dit pas des actes qui parlent aux gens plus souvent que des paroles.

Qu’est-ce qui dans ma vie est « parole d’évangile en acte » ?

 

4-Il fait les 12

Quel est le sens de cet acte ? C’est un acte symbolique. Ils sont 12 comme jadis, Israël était le rassemblement de 12 tribus. Poser cet acte, c’est donc dire qu’avec Jésus vient le nouvel Israël attendu. Un rassemblement dont personne n’est exclu ( à l’image de 3/8).

 

 

 

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 15:45

 

 

Paroles de vie de Jésus contre celles de la mort.

 

Quand Jésus eut regagné en barque l'autre rive, une grande foule s'assembla près de lui. Il était au bord de la mer. Arrive l'un des chefs de la synagogue, nommé Jaïros; voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie avec insistance en disant: « Ma fille est près de mourir; viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive! » Jésus s'en alla avec lui.

Il parlait encore quand arrivent de chez le chef de la synagogue des gens qui disent: « ta fille est morte; pourquoi ennuyer encore le Maître? » Mais sans tenir compte de ces paroles, Jésus dit au chef de la synagogue: « Sois sans crainte, crois seulement. » Et il ne laissa personne l'accompagner, sauf pierre, Jacques et Jean le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de la synagogue. Jésus voit de l'agitation, des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit: « pourquoi cette agitation et ces pleurs? L'enfant n'est pas morte, elle dort. » Et ils se moquaient de lui. Mais il met tout le monde dehors et prend avec lui le père et la mère de l'enfant et ceux qui l'avaient accompagnés. Il entre là où se trouvait l'enfant, il prend la main de l'enfant et lui dit: « Talitha Qoum », ce qui veut dire: « Fillette, je te le dis, réveille-toi! » Aussitôt la fillette se leva et se mit à marcher, -car elle avait douze ans. Sur le coup, ils furent tous bouleversés. Et Jésus leur fit de vives recommandations pour que personne ne le sache, et il leur dit de donner à manger à la fillette.

 

 

Jésus écoute ce père de famille, il à pitié de lui et accède à sa demande, il le suit.

 

A son arrivée, il entend une parole abrupte, qui fait mal: « Ta fille est morte! » Aussitôt Jésus oppose une première Parole de Vie faisant appel à la confiance et à la foi du père: « Sois sans crainte, crois seulement. »

 

Aux paroles de moquerie et à l'incrédulité, Jésus annonce une  deuxième Parole de Vie: « L'enfant n'est pas morte, elle dort. »

 

Face à la mort Jésus prononce une troisième Parole de Vie: « Talitha Qoum! » un mot qui signifie se réveiller, se mettre debout…un mot de résurrection.

 

Comme nourrir le corps et ceux des autres est vital, Jésus  dit une quatrième Parole de Vie en demandant aux parents de donner à manger à la fillette.

 

Jésus guérit, relève, prend en compte notre humanité dans toute ses dimensions. Aucun aspect de notre être ne lui est étranger: spirituel, psychique et physique: on peut penser que ce jour-là, la famille fit un repas de fête!

Ces Paroles de Vie sont aussi pour nous. Comment nous les approprier, les adapter et les intégrer dans notre vie quotidienne? Cherchons...

 

 

Cathy Debay

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 21:02

 

 

 

 

 

You make a difference as you support the Sisters

 

Thousands ask Pope Francis to remove unjust mandate against U.S. Sisters

http://futurechurch.org/press-releases/thousands-ask-pope-francis-to-remove-unjust-mandate-against-us-sisters

Catholics came together in unprecedented fashion to support U.S. women religious. Over 17,500 signed petitions or sent letters to Pope Francis asking him to remove the Congregation for the Doctrine of the Faith's unjust mandate against the Leadership Conference of Women Religious (LCWR), an organization representing eighty percent of all US Catholic sisters.   

On Friday, Kate McElwee of the NunJustice Project delivered the signatures via the Swiss Guard, along with copies of Sr. Elizabeth Johnson's books (in Spanish) to Pope Francis.  She also delivered the signatures to Cardinal João Braz de Aviz, Prefect of the Congregation for Institutes of Consecrated Life and Societies of Apostolic Life, the curial office. 

Recently, Cardinal Gerhard Müller, head of the Congregation for the Doctrine of the Faith, told L'Osservatore Romano in reference to the Vatican's highly criticized investigation of U.S. nuns, "above all we have to clarify that we are not misogynists, we don't want to gobble up a woman a day!"

"If the Vatican wanted to prove that they are not misogynists, they could start by removing the unjust mandate against the nuns," said Deborah Rose-Milavec, a coalition spokesperson. She continued, "we remain inspired by the sisters courage in engaging church leadership while remaining faithful to the integrity of their calling. We promise our support as they pursue their mission to those on the margins despite attempts at institutional, sexist bullying."

NunJustice representative Kate McElwee personally delivered the petitions to the Vatican on Friday, September 12, 2014, along with Spanish versions of Sr. Elizabeth Johnson's books, "Consider Jesus" and "Quest for the Living God"  "Catholics all over the world support LCWR in their commitment to stay at the table with the Congregation for the Doctrine of the Faith and address the unjust mandate it issued in 2012, " said McElwee.

In addition, an estimated 200 private prayer services were also held during LCWR's August 12-15 annual assembly. The campaign supporting LCWR and Sr. Elizabeth Johnson was sponsored by the NunJustice Project, a coalition of 15 U.S Catholic reform organizations. Johnson is the recipient of LCWR's 2014 Annual Leadership Award.

In 2012 the CDF issued a statement accusing LCWR of promoting "radical feminist themes" and "corporate dissent" and detailed its intent to control speakers at the sisters' annual assembly and to whom LCWR can present its annual leadership award. This past April Cardinal Gerhard Mueller harshly criticized LCWR and Sr. Elizabeth Johnson, singling her out for her scholarship

"At the close of their 2014 Assembly, LCWR sent a clear message: they are standing strong," said Ryan Hoffman, another coalition spokesperson. "We are especially inspired by Dr. Johnson's comments upon receiving LCWR's 2014 Outstanding Leadership Award:

"When the moral authority of the hierarchy is hemorrhaging due to financial scandals and many bishops who ... cover up sexual abuse of children, a cover up that continues in some quarters to this day, and thousands are drifting away from the church ... the waste of time on this investigation is unconscionable."  

 

"Elizabeth Johnson is right, said Rose-Milavec, "These committed, faithful women are serving the most disenfranchised among us. Women are making the radical dream of Jesus real in today's world. It is outrageous that their work and ministry are even being called into question. "

 

The Nun Justice Project is a grassroots movement supported by the following organizations: American Catholic Council, Association for the Rights of Catholics in the Church, Call To Action, Catholics for Choice, CORPUS, DignityUSA, FutureChurch, New Ways Ministry, Quixote Center, RAPPORT (Renewing a Priestly People, Ordination Reconsidered Today), Voice of the Faithful, WATER: Women's Alliance for Theology, Ethics and Ritual, Women's Ordination Conference.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 13:40

Jesus-et-lhomme-a-la-main-paralysee.jpg

 

Jésus guérit l’homme à la main paralysé. Codex Egbert fin 10ème siècle.


Mc 3/1-6

Il entra de nouveau dans une synagogue, et il y avait là un homme qui avait la main desséchée.

Et ils l'épiaient pour voir s'il allait le guérir, le jour du sabbat, afin de l'accuser.

Il dit à l'homme qui avait la main sèche : "Lève-toi, là, au milieu."

Et il leur dit : "Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que de faire du mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer ?" Mais eux se taisaient.

Promenant alors sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : "Etends la main." Il l'étendit et sa main fut remise en état.

Etant sortis, les Pharisiens tenaient aussitôt conseil avec les Hérodiens contre lui, en vue de le perdre.

 

1-Une main desséchée

Qu’est-ce qu’une main desséchée ? Cela renvoie à quoi ?

Ce peut être notre capacité d’agir. Cette capacité peut-être amoindrie, faible, inopérante, paralysée dans sa dimension individuelle et collective.

Et dans ma propre vie, y-a-t-il des mains desséchées ?

 

2-La provocation de Jésus

Cet homme n’a rien demandé. Il est un parmi d’autres.

Jésus sait qu’il va provoquer le scandale des pharisiens en guérissant cet homme le jour du sabbat.

Comment comprendre que Jésus aille ainsi au devant des conflits de cette manière au point de mettre sa vie en danger ?

Qu’est-ce qui, chez Jésus, est suffisamment fort, essentiel, pour risquer sa vie sur ce geste et tous les autres qu’il fera de la sorte ?

 

3-Avec colère, désolé…

Nous sommes ici témoin de la colère de Jésus. Elle est causée par l’endurcissement du cœur. C’est une des caractéristiques de cet évangile de Marc qui ne craint pas de montrer l’intensité affective des sentiments de Jésus.

 

4-En vue de le perdre

Nous sommes au début de l’Evangile de Marc et déjà il est question de tuer Jésus. Cela montre bien la raison de la Passion et de la mort du Christ : un langage, des prises de positions, des actions, insupportables pour certains : ceux qui avaient tout à perdre par cet Evangile de liberté, d’amour et de miséricorde.

 

 

 

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