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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 10:51

J'ai beaucoup aimé cet interview car elle m'a confortée dans le travail qui est le nôtre comme sœurs du Cénacle, en particulier dans un Centre spirituel à Versailles où les gens qui viennent retrouve le temps de vivre.

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 21:21
Homélie du 3ème dimanche de Carême sous forme de méditation: Samaritaine en Jn 4

Jean 4, 5-26 et 39-43

03 Dès lors, il quitta la Judée pour retourner en Galilée. Or, il lui fallait traverser la Samarie.

05 Il arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. » La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. » La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !...Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. » Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

 

 

1-Regarder Jésus, assis sur le bord du puits, fatigué.

Le regarder pour saisir jusqu’où va le réalisme de l’Incarnation du Verbe de Dieu.

Ce faisant, il me rejoint au cœur même des fatigues qui sont les miennes.

Goûter cette proximité de Dieu au cœur de ce qui est fatigué en moi.

Et me demander : pourquoi est-il fatigué ?

 

2-Regarder cette femme qui vient puiser de l’eau.

Cette activité est vitale. L’eau est d’absolue nécessité pour vivre.

Ce besoin d’eau dit aussi son désir de vie. Elle cherche la vie. Elle est en quête. Et c’est cette recherche qui va lui permettre d’être ouverte à la rencontre de celui qui peut la combler.

« Puiser de l’eau » Où dans ma vie, est-ce que je puise l’eau qui m’est nécessaire et qui me permet une rencontre avec le Christ ?

 

3-Entendre la parole de Jésus : « Donne-moi à boire »

L’entendre d’abord comme la demande d’un pauvre qui a besoin de l’autre ; Il demande de l’aide. Il l’a demandée à cette femme. Dieu n’est pas « suffisant ». Il a besoin de nous. Il est mendiant. Il a soif d’eau mais plus encore…de quoi a-t-il soif ?

Me laisser toucher par cette image de Dieu donnée ici : Dieu qui a besoin de nous.

Entendre cette parole pour moi : quelle est l’eau dont il a besoin et que je peux lui donner ?

 

4-Entendre cette parole : « Si tu savais le don de Dieu »

Quel est ce don ? Quel est le don que Jésus peut donner ?

Don de sa présence, de sa vie, de son amour…

Pour moi quel est le don de Dieu ?

 

5-Entendre cette parole : « Ni sur cette montagne, ni à Jérusalem…ceux qui adorent, c’est dans l’esprit et la vérité »

Se laisser atteindre par cette parole. Comprendre qu’elle bouleverse nos conceptions du religieux : il n’y a pas de lieux sacrés où serait enfermé le divin. L’adoration est une attitude du cœur qui sait voir Dieu dans ce qui est vrai, juste, bon en toute femme, en tout homme quelque soit son appartenance ethnique ou religieuse.

Quel chemin cette parole ouvre-t-elle dans mon cœur ?

 

6-Entendre : « JE LE SUIS, moi qui te parle »

Jésus s’approprie la révélation faite à Moïse au Sinaï (Ex 3/14). Il est Dieu.

Cela fait de ce texte un des plus hauts sommets de révélation de tous les Evangiles. Ce don de révélation, il le fait à une femme méprisée.

Peser combien Jésus subvertit ainsi les privilèges et les pouvoirs : sa plus haute révélation, il l’adresse à une méprisée socialement.

Comment cela résonne-t-il en moi ?

 

7-Regarder la femme qui laisse sa cruche, court en ville et dit ...

Cette femme a été appelée par Jésus à une relation intime de connaissance et d’amour avec lui. De cet appel vient sa vocation : être apôtre du Christ. Elle laisse sa cruche comme d’autres ont laissé leurs filets. Elle n’en a plus besoin car, maintenant, elle va devenir apôtre de l’eau vive que donne Jésus. Un apostolat fructueux puisqu’elle est la seule dans tout l’Evangile à avoir converti une ville entière !

Comment résonne en moi le geste de cette femme de lâcher sa cruche ?

 

 

 

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 23:18
Homélie de Sr Michèle pour le 2ème dimanche de Carême Année A: Mt 17/1-9

Mt 17/1-9

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.

Une histoire de tentes ?

Pierre demande d’en planter 3. Il ne s’agit pas d’une simple affaire de camping !

Cela renvoie à la tente de la Rencontre, quand le peuple était dans le désert, il allait à la tente de la Rencontre, lieu de la présence de Dieu. Et la nuée qui les couve de son ombre (la même expression utilisée pour l’Annonciation en Luc 1/35) montre bien que nous sommes là dans une expérience de rencontre avec Dieu.

Enfin, une voix leur demande d’écouter Jésus, le Fils et ils ne voient plus que Jésus seul.

Tout cela nous permet de comprendre qu’il n’est pas question de planter 3 tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente de la rencontre, c’est le Christ dans la vérité de son humanité et de sa divinité.

Jésus seul : unique chemin, unique demeure, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie.

Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection.

1er né d’une multitude de frères et de sœurs, celui qui ouvre le passage pour que, à sa suite, nous entrions dans la vie éternelle.

Avec le récit des tentations, nous savons que sa victoire est notre victoire.

Avec la transfiguration, nous savons que sa résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux (Ph 3/20)

Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyen-nes des cieux. Nous sommes déjà ressuscité-es.

 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 23:02
Homélie de Sr Michèle 1er dimanche de Carême année A. Mt 4/1-11

 

Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Mt 4/1-11

L’Evangile que nous venons d’entendre, on l’appelle habituellement le récit des Tentations de Jésus.

Il vaudrait mieux l’appeler autrement : l’Evangile de la Victoire de Jésus.

Là où dans le désert, le peuple hébreu avait succombé, Jésus, lui, sort vainqueur.

Cela me semble intéressant de commencer notre Carême par la contemplation d’une victoire : Jésus victorieux.

Cela me semble intéressant parce que nous avons besoin de cette victoire, besoin de comprendre que Jésus a su vaincre le mal, que le mal s’est comme brisé sur sa Personne.

Toute la vie du Christ est une victoire sur le mal, toute sa vie est un non à la mort, au mensonge, à l’idolâtrie, à la haine, au péché.

Toute la vie du Christ est un oui à la vie, oui à Dieu, oui à la vérité, à la justice, à la bonté, au pardon.

Toute sa vie est une victoire et la Croix, dans cette perspective, est la victoire absolue, puisqu’elle est victoire de l’amour et du pardon qui vont jusqu’au bout.

Cette victoire nous révèle quelque chose d’inouï : Dieu nous a donné son Fils pour que nos vies, notre humanité, notre Histoire trouvent en lui, la source du salut.

Sauvées en lui, définitivement, parce que Dieu est plus grand que notre mal, parce que Dieu est plus fort que notre péché.

En nous donnant son Fils, Dieu a introduit dans notre monde, pour tous les temps, pour aujourd’hui, pour hier et pour demain, la semence de sa victoire.

Oui, nous avons besoin de regarder cette victoire, car dans nos vies qui sont toutes marquées d’une manière ou d’une autre par une souffrance, un échec, une faute, il nous est bon de regarder cette victoire du Christ, gage de cette victoire définitive qui nous est promise et semence qui travaille aujourd'hui le monde à la manière d’un ferment.

Sa victoire qui est notre victoire.

C’est pourquoi, après la victoire, je vous invite à regarder où Jésus a remporté cette victoire.

Il l’a remportée dans un désert, c’est à dire qu’il nous a rejoints dans le désert de nos vies, jusqu’au plus désertique de nos vies.

Il vient donner la vie, sa vie par sa présence, faire jaillir la source d’eau vive qu’est son amour.

Pour que cet Evangile fasse son œuvre en nous, cela suppose de regarder Jésus :

Dieu fait homme, lumière du monde, chemin, vérité, venu pour nous donner une vie qui ressemble à la sienne, nous partager sa lumière.

Il est au désert de notre monde, de nos vies et il l’habite de sa présence.

Alors, puisqu’il est venu pour habiter de sa présence le désert de nos vies, cela veut dire cette chose capitale :

Il est là, avec nous, à côté de nous, d’une présence définitive. Il a fait tout le chemin pour nous rejoindre et nous rejoindre jusque dans les recoins les plus désertiques de nos vies.

S’il a fait tout le chemin, il est là présent, alors que nous reste-t-il à faire ?

La seule chose à faire, c’est d’y croire et de me laisser aimer par lui.

Ce temps du Carême, un temps privilégié pour croire que Dieu est là, compagnon de ma vie, l’ami par excellence qui ne me lâchera jamais la main.

Ce temps de Carême, un temps privilégié pour m’offrir à son amour, me laisser aimer par lui au cœur même des déserts de ma vie.

Chacun de nous a ses déserts…Ce sont nos pauvretés, nos fragilités, nos blessures, nos souffrances, nos choix tordus, nos cœurs étriqués…Et même notre péché !

Nous laisser aimer au cœur même de nos pauvretés, au cœur même de notre péché. Accepter sa présence au cœur même de notre misère.

Ce n’est pas facile, car notre réaction spontanée c’est de croire que nous serons dignes de Dieu quand nous serons impeccables.

Non, Dieu nous veut tout de suite et il nous prend dans ses bras, avec notre boue, et nous embrasse tendrement.

Jésus vient dans nos déserts pour les habiter de sa présence :

Une pauvreté habitée par sa présence est toujours une pauvreté mais cela devient un lieu de rencontre avec l’Amour qui est Dieu, un lieu où je laisse Dieu m’aimer tel-le que je suis, un lieu d’ouverture à la Grâce, une brèche où Dieu peut enfin laisser couler sa vie.

Nous entrons dans cette 1ère semaine de Carême, une semaine devant nous pour :

Croire que Dieu est présent au cœur de nos déserts.

Le laisser m’aimer au cœur même de ce qui cloche dans ma vie.

Voilà notre lieu de conversion, une attitude qui va permettre à Dieu d’agir et de faire du neuf dans nos vies.

Pour cela, il nous donne trois Paroles :

« l’homme vivra de la Parole de Dieu » :

*appel à écouter Dieu

- « tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c’est à Lui seul que tu rendras un culte » :

*appel à la préférence pour Dieu

- « tu ne mettras pas à l’épreuve, le Seigneur ton Dieu » :

*appel à la confiance en Dieu.

Ces trois paroles sont le secret de la victoire du Christ pendant ces 40 jours au désert et durant toute sa vie.

Ce sont les paroles de notre victoire et de notre bonheur.

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 20:39
Les 95 thèses sociales de la Fédération de l'Entraide protestante

En octobre 1517, le moine Martin Luther rendait publiques ses 95 thèses. Ce geste donnait le coup d’envoi de la Réforme protestante. Cinq cents ans plus tard, en référence à ce geste symbolique, la Fédération de l’Entraide Protestante propose 95 thèses sociales, ancrées dans leur époque comme l’étaient celles de Luther, poursuivant ainsi en 2017 le projet réformateur.

Une video choc: http://eglise-protestante-unie.terres.du.milieu.overblog.com/2017/02/video-de-la-federation-protestante-de-france.html

Et l'intégralité de des 95 thèses:

https://www.eglise-protestante-unie.fr/prod/file/epudf/upload/nation/PDF/FEP_95%20Thèses%20sociales.pdf

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 16:02
Le devoir de désobéir à l'inacceptable dans le livre de l'Exode chapitre 1et 2

Livre de l’Exode 1/8 à 2/10

 

Un nouveau roi vint au pouvoir en Égypte. Il n’avait pas connu Joseph. Il dit à son peuple : « Voici que le peuple des fils d’Israël est maintenant plus nombreux et plus puissant que nous.

10 Prenons donc les dispositions voulues pour l’empêcher de se multiplier. Car, s’il y avait une guerre, il se joindrait à nos ennemis, combattrait contre nous, et ensuite il sortirait du pays. » On imposa donc aux fils d’Israël des chefs de corvée pour les accabler de travaux pénibles. Ils durent bâtir pour Pharaon les villes d’entrepôts de Pithome et de Ramsès. Mais, plus on les accablait, plus ils se multipliaient et proliféraient, ce qui les fit détester. Les Égyptiens soumirent les fils d’Israël à un dur esclavage et leur rendirent la vie intenable à force de corvées : préparation de l’argile et des briques et toutes sortes de travaux à la campagne ; tous ces travaux étaient pour eux un dur esclavage. Alors le roi d’Égypte parla aux sages-femmes des Hébreux dont l’une s’appelait Shifra et l’autre Poua ; il leur dit : « Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux, regardez bien le sexe de l’enfant : si c’est un garçon, faites-le mourir ; si c’est une fille, laissez-la vivre. » Mais les sages-femmes craignirent Dieu et n’obéirent pas à l’ordre du roi : elles laissèrent vivre les garçons. Alors le roi d’Égypte les appela et leur dit : « Pourquoi avez-vous agi de la sorte, pourquoi avez-vous laissé vivre les garçons ? » Les sages-femmes répondirent à Pharaon : « Les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Égyptiennes, elles sont pleines de vitalité ; avant l’arrivée de la sage-femme, elles ont déjà accouché. » Dieu accorda ses bienfaits aux sages-femmes ; le peuple devint très nombreux et très fort. Comme les sages-femmes avaient craint Dieu, il leur avait accordé une descendance. Pharaon donna cet ordre à tout son peuple : « Tous les fils qui naîtront aux Hébreux, jetez-les dans le Nil. Ne laissez vivre que les filles. » Un homme de la tribu de Lévi avait épousé une femme de la même tribu. Elle devint enceinte, et elle enfanta un fils. Voyant qu’il était beau, elle le cacha durant trois mois. Lorsqu’il lui fut impossible de le tenir caché plus longtemps, elle prit une corbeille de jonc, qu’elle enduisit de bitume et de goudron. Elle y plaça l’enfant, et déposa la corbeille au bord du Nil, au milieu des roseaux. La sœur de l’enfant se tenait à distance pour voir ce qui allait arriver. La fille de Pharaon descendit au fleuve pour s’y baigner, tandis que ses suivantes se promenaient sur la rive. Elle aperçut la corbeille parmi les roseaux et envoya sa servante pour la prendre. Elle l’ouvrit et elle vit l’enfant. C’était un petit garçon, il pleurait. Elle en eut pitié et dit : « C’est un enfant des Hébreux. » La sœur de l’enfant dit alors à la fille de Pharaon : « Veux-tu que j’aille te chercher, parmi les femmes des Hébreux, une nourrice qui, pour toi, nourrira l’enfant ? »

La fille de Pharaon lui répondit : « Va. » La jeune fille alla donc chercher la mère de l’enfant. La fille de Pharaon dit à celle-ci : « Emmène cet enfant et nourris-le pour moi. C’est moi qui te donnerai ton salaire. » Alors la femme emporta l’enfant et le nourrit. Lorsque l’enfant eut grandi, elle le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme son propre fils ; elle lui donna le nom de Moïse, en disant : « Je l’ai tiré des eaux. »

 

Aux USA, au 19ème siècle, la guerre de Sécession, mit fin à l'esclavage sans mettre fin aux préjugés raciaux. Dans les décennies qui suivirent, des Américains d'origine européenne promulguèrent des centaines de lois destinées à empêcher les Blancs et les Noirs de vivre, de travailler, voire de prendre les transports en commun, ensemble.

Au milieu du 20ème siècle, l'un des premiers gestes réussis de contestation à ces lois se produisit à Montgomery, dans l'Alabama :

En mars 1955, une adolescente du nom de Claudette Colvin fut arrêtée pour avoir refusé de céder sa place à une Blanche dans un bus et, pour la première fois dans les annales de l'histoire de la ville, elle porta l'affaire en justice et gagna le procès.

Et ainsi, Claudette Colvin contribua à la fin de la ségrégation raciale dans les transports publics de l'État.

Claudette, qui a maintenant 76 ans peut être fière d'avoir pu, alors qu’elle avait 15 ans, préparer la voie à la première grande victoire du mouvement des droits civiques aux États-Unis.

« Quand il s'agit de justice, déclare Claudette, il n'y a pas de moyen facile de l'obtenir. On ne peut pas l'édulcorer. Il faut prendre position et dire : « Ce n'est pas juste. » Et je l'ai fait. »

Dans ce texte de l’Exode, nous avons des femmes qui elles aussi ont refusé l’inacceptable.

Elles nous montrent l’exemple d’une désobéissance légitime quand il s’agit de résister au mal.

Comment ont-elles désobéi ?

Comment sont-elles rentrées en résistance ?

En prenant les moyens qu’il fallait :

- des sages-femmes ont laissé vivre les garçons (1, 17)

- elles ont inventé un mensonge légitime pour ne pas subir la répression : « nous arrivons trop tard »(1,19)

- une mère a refusé qu’on tue son enfant.

- elle l’ a aimé en acceptant de le perdre pour qu’il ait une chance de vivre (2, 1-3)

- une princesse a désobéi aux ordres de son pharaon de père en recueillant l’enfant (2, 5-10)

Pour cela, encore faut-il avoir une idée claire de ce qu’est le mal.

Dans ce texte, le mal c’est :

- L’ignorance de l’histoire : Pharaon n’avait pas connu Joseph et ne savait pas que le juif joseph avait sauvé son peuple

Son ignorance de l’histoire l’empêche de considérer positivement le peuple juif.

- Une peur sans fondement, qui se nourrit d’imaginaire : « En cas de guerre, ils pourraient bien se joindre à nos ennemis » (1, 10).

- L’exploitation, l’esclavage, la violence, le génocide (1,11.14 et 1, 22).

 

 

Dire non, résister, désobéir, sont donc des chemins de foi, de salut.

Jésus a dit non à des lois sociales et religieuses qui étaient injustes.

Le suivre aujourd’hui, cela peut être aussi de résister, de dire non, de désobéir à ce que, en conscience, on juge injuste.

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 16:44
Conférence sur le livre: Masculin-Féminin. Où en sommes-nous? Décryptage d'une encyclique

Voici le texte d'une conférence que j'ai donné pour présenter mon livre.

 

Choisir ce thème du masculin-féminin a plusieurs raisons.

- la conscience aigüe que le discours et la pratique concernant les femmes dans l’Eglise catholique romaine est une des causes de la déchristianisation. (Voir à ce sujet le n° de la revue Etudes de janvier 2011 par Joseph Moingt : la femme et l’avenir de l’Eglise p 67)

On a pu parler de la perte de la classe ouvrière, on peut parler de la perte d’un nombre important de femmes. Le pic de l’hémorragie ayant été provoqué par la publication d’humanae vitae.

-il y a donc un problème entre l’Eglise catholique et les femmes ! Ce problème se focalise sur l’obstination à exclure les femmes des ministères. Ce n’est pas l’unique problème mais c’est le problème source de toute une conception du féminin et de masculin.

Mon livre n’a pas voulu aborder ce problème de front mais de chercher les racines de cette exclusion par un modèle féminin qui n’est plus audible dans des sociétés marquées par la modernité.

Pour cela je me suis plongé dans une lettre encyclique peu connue qui a pour titre Mulieris dignitatem. Elle date de 1988 sous la signature de Jean-Paul II. Elle mérite d’être lu car on y découvre des prises de positions, on pourrait dire libératrice pour les femmes et d’autres qui continuent de les enfermer dans un stéréotype. L’hypothèse de deux auteurs n’est pas à exclure !

L’un qui a voulu au maximum correspondre à la modernité des rapports homme/femme en les fondant sur une interprétation renouvelée de textes bibliques. Et c’est heureux !

L’autre continuant de pratiquer une lecture fondamentaliste d’autres textes bibliques et une symbolique pour justifier l’exclusion des femmes des ministères. Et c’est malheureux !

 

Je suis très critique sur cette encyclique, ce sera la 2ème partie de mon intervention de ce soir.

Mais il me semble important de pointer dans un premier temps ces aspects innovants car on peut s’en servir pour contrer le sexisme.

 

*Le fameux texte des Ephésiens sur la soumission de la femme au mari est expliqué dans cette Lettre par le contexte social du temps de Paul. Cette lettre nous dit qu’il faut l’interpréter comme une soumission réciproque. Je cite :

Le défi de l’ethos de la Rédemption est clair et définitif. Toutes les motivations de la soumission de la femme à l’homme dans le mariage doivent être interprétées dans le sens d’une soumission réciproque.

 

*Pour cette lettre encyclique, le texte de Gn 1 : « homme et femme à l’image de Dieu » est la parole biblique fondatrice pour penser le rapport homme/femme.

Elle fonde théologiquement les points suivants au chapitre 3 qui a pour titre « Image et ressemblance de Dieu ».

C’est une affirmation très forte de la dignité égale de l’homme et de la femme car tous deux sont créés à l’image de Dieu.

« Le texte biblique fournit des bases suffisantes pour que l’on reconnaisse l’égalité essentielle de l’homme et de la femme du point de vue de l’humanité »

 

Cette égalité se décline sous plusieurs aspects:

-L’homme et la femme possèdent une commune humanité :

Tous les deux sont des êtres humains, l’homme et la femme, à un degré égal tous les deux.

-Ils ont une commune vocation à la domination de la terre et une origine commune.

Le Créateur confie la domination de la terre au genre humain, à toutes les personnes, à tous les hommes et à toutes les femmes, qui puisent leur dignité et leur vocation dans leur origine commune.

-Ils possèdent en commun le statut de personne humaine :

L’homme est une personne et cela dans la même mesure pour l’homme et pour la femme.

-Leur relation est régi par la réciprocité

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Genèse 2 verset 18 )

n’est pas compris comme s’adressant seulement au masculin mais aussi au féminin, visant l’unité des deux. Il est question d’une

«relation réciproque de l’homme à l’égard de la femme et de la femme à l’égard de l’homme. »

Et l’aide dont parle Genèse 2, 18-25 n’est pas non plus interprétée à sens unique : l’une et l’autre sont aides mutuelles au service de la découverte et de la confirmation de leur humanité :

La femme doit aider l’homme et en même temps l’homme doit aider la femme…il s'agit d’une aide des deux côtés et d’une aide réciproque.

 

-Leur commune humanité est voulue pour elle-même par Dieu :

L’homme -homme et femme- est le seul être parmi les créatures du monde visible que Dieu créateur ait voulu pour lui-même 39

 

-Homme et femme sont image de Dieu

Cette anthropologie de l’égalité homme-femme se fonde sur la théomorphie, c'est-à-dire sur la création de l’humain, homme et femme, à l’image de Dieu. Ce chapitre est d’une totale clarté, C’est le thème de l’image qui est fondement de tout ce passage, et fonde l’égalité de l’homme et de la femme. Cette image de Dieu dont ils sont porteurs tous les deux, est la caractéristique essentielle de l’être humain, homme et femme, personne à l’image du Dieu personnel, et en ce sens semblable à Dieu.

 

-Dieu peut se dire au féminin

Tout ce discours novateur permet même d’ouvrir à une autre représentation de Dieu. En allant jusqu’au bout de sa logique, l’égalité fondée sur une commune théomorphie permet de concevoir Dieu sous des traits non seulement masculins mais également féminins.

Dans l’ensemble du corpus biblique, ces images sont en majorité masculines. Mais cette lettre encyclique fait remarquer qu'il y en a de féminines. Par exemple le livre d’Isaïe, au chapitre 49 verset 14 à 15, où Dieu est comparé à une femme qui n’oubliera jamais ses enfants et Isaïe 66 verset 13, comme une mère qui console.

 

Si la lettre encyclique s’était arrêtée là, c’était un vrai progrès.

Mais non seulement il y a une suite qui est désastreuse mais il y a d’abord une première critique à faire et elle est de taille.

Les personnes peu au fait de l’histoire de la pensée chrétienne depuis 2000 ans pourrait penser en lisant cette première partie de la lettre que l’Eglise catholique a toujours eu ce langage. Mais il n’en est rien.

Cette lettre peut être considérée comme une rupture avec le discours qui a dominé pendant 20 siècles.

Heureuse rupture donc et qui permet de dire que le discours peut changer et pourra encore changer.

 

Pour mesurer l’ampleur de cette rupture, je vous propose quelques flashs :

*Un texte du Droit canon

La femme ne serait pas image de Dieu dans l’ordre de la création. Adam est le premier homme exemplaire. Eve est secondaire parce que dérivée. Le couple originel est le prototype de tous ceux à venir, chaque « vir » (mot latin pour le masculin) héritant de la primauté d’Adam et chaque « mulier » (mot latin pour dire le féminin) héritant de la dépendance d’Eve.

qu’elle soit image de Dieu, ce qui est absurde. De quelle façon en effet peut-il être dit de la femme qu’elle est image de Dieu, elle qu’on constate soumise à la domination de l’homme et n’avoir nulle autorité ? En effet, elle ne peut ni enseigner, ni être témoin, ni dire la foi, ni juger et encore moins commander ! L’homme en effet a été fait à l’image de Dieu, et non la femme.

Le voile de la femme était considéré comme un signe de sa subordination en tant que non-théomorphe.

C’est pourquoi la femme doit se voiler la tête parce qu’elle n’est pas image de Dieu et doit se montrer soumise

 

*St Augustin

La femme avec son mari est image de Dieu, de sorte que la totalité de cette substance humaine forme une seule image ; mais lorsqu’elle est considérée comme l’auxiliaire de l’homme - ce qui n’appartient qu’à elle seule - elle n’est pas image de Dieu ; par contre l’homme, en ce qu’il n’appartient qu’à lui, est image de Dieu…

Dans la pensée d’Augustin, on voit donc que, associée à l'homme, la femme est image de Dieu. Mais l'homme n'a pas besoin de la femme pour l'être. Il l'est en lui-même, image parfaite, entière. Et la raison de la non-théomorphie de la femme sans l'homme, c'est son statut d'auxiliaire.

 

*St Thomas

…pour ce qui est de certains traits secondaires, l'image de Dieu se trouve dans l'homme d'une façon qui ne se vérifie pas dans la femme ; en effet, l'homme est principe et fin de la femme, comme Dieu est principe et fin de toute la création. Aussi, une fois que St. Paul eut dit : L'homme est l'image et la gloire de Dieu tandis que la femme est la gloire de l'homme, il montra la raison pour laquelle il avait dit cela en ajoutant : Car ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme, et ce n'est pas l'homme qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme.

 

*St Bonaventure

Le sexe masculin est nécessaire pour la réception des Ordres… car nul ne peut recevoir les Ordres s’il n’est image de Dieu, parce que dans ce sacrement la personne humaine devient d’une certaine manière Dieu 33 ou divine, puisqu’elle devient participante au pouvoir divin. Mais c’est l’homme qui est, en raison de son sexe, Imago Dei, comme il est dit dans le chapitre 11 de la 1ère lettre aux Corinthiens. Il est donc impossible à une femme d’être ordonnée.

 

*le Pape Pie XI, dans l’encyclique Casti connubii.

C’est une bonne illustration de la doctrine classique qui a prévalu jusqu'au Concile Vatican II.

…La société domestique ayant été bien affermie par le lien de cette charité, il est nécessaire d'y faire fleurir ce que saint Augustin appelle l'ordre de l'amour. Cet ordre implique et la primauté du mari sur sa femme et ses enfants, et la soumission empressée de la femme ainsi que son obéissance spontanée, ce que l'Apôtre recommande en ces termes : Que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur ; parce que l'homme est le chef de la femme comme le Christ est le Chef de l'Eglise.

Pour ce qui regarde la structure même de la famille et sa loi fondamentale établie et fixée par Dieu, il n'est jamais, ni nulle part, permis de les bouleverser ou d'y porter atteinte.

 

*En 1880, une autre encyclique avait abordé le même thème :

L'homme est le prince de la famille et le chef de la femme ; celle-ci, toutefois, parce qu'elle est, par rapport à lui, la chair de sa chair et l'os de ses os, sera soumise, elle obéira à son mari, non point à la façon d'une servante, mais comme une associée ; et ainsi, son obéissance ne manquera ni de beauté ni de dignité. Dans celui qui commande et dans celle qui obéit - parce que le premier reproduit l'image du Christ, et la seconde l'image de l'Eglise, - la charité divine ne devra jamais cesser d'être la régulatrice de leur devoir respectif.

 

Je termine par ces citations pour bien montrer la rupture que Mulierisdignitatem instaure par rapport aux encycliques précédentes :

Non théomorphie de la femme, soumission dans le plan de Dieu, statut d’auxiliaire.

 

 

J’en viens maintenant à la 2ème partie de la lettre encyclique qui est extrêmement malheureuse pour les femmes. S’il faut résumer en une formule, on peut dire :

Le masculin du côté du divin et le féminin du côté de l’humain

Enfermement du féminin dans des stéréotypes très étroit

1-D’abord : masculin du côté du divin et le féminin du côté de l’humain

*Le masculin du côté du divin puisque le Christ est un époux au masculin

Pour étayer cette idée fondamentale, la lettre s’appuie sur la permanence biblique à présenter Dieu comme un époux et Israël comme son épouse dans l’Ancien Testament.

l’amour de Dieu pour son peuple, semblable à celui d’un époux, exprimerait la qualité sponsale de cet amour qui ne pourrait être que masculine.

Christ est l’époux et par là s’exprime la vérité sur l’amour de Dieu qui a aimé le premier. Un époux qui, en s’incarnant, est devenu vrai homme au masculin. « Le symbole de l’époux est donc du genre masculin C’est par ce symbole masculin que Dieu exprime son amour.

Elle met les hommes seuls du côté de l’époux puisqu’ils ont le sexe de l’époux. Et cela permet de justifier l’assymétrie du masculin et du féminin dans la célébration de l’Eucharistie.

Si le Christ, en instituant l'Eucharistie, l'a liée d'une manière aussi explicite au service sacerdotal des Apôtres, il est légitime de penser qu'il voulait de cette façon exprimer la relation entre l'homme et la femme, entre ce qui est "féminin" et ce qui est "masculin", voulue par Dieu tant dans le mystère de la Création que dans celui de la Rédemption. Dans l'Eucharistie s'exprime avant tout sacramentellement l'acte rédempteur du Christ-Epoux envers l'Eglise-Epouse. Cela devient transparent et sans équivoque lorsque le service sacramentel de l'Eucharistie, où le prêtre agit "in persona Christi", est accompli par l'homme.

*le féminin du côté de l’humain et Marie en est l’essence

Pour la lettre encyclique, Marie est l'archétype de la dignité de la femme.

En Marie « on retrouve la femme telle qu'elle fut voulue dans la création et donc dans la pensée éternelle de Dieu, au sein de la très sainte Trinité. Marie est le nouveau commencement de la dignité et de la vocation de la femme, de toutes les femmes et de chacune d'elles…

*Conséquences inégalitaire d’une symbolique allégorisante

Pour cette lettre le Christ n’est pas « comme » un époux, simple image pour dire une fidélité. Non, il EST époux, identification terme à terme du Christ à l’époux.

Cette symbolique allégorisante se décline ainsi :

Adam de sexe Masculin= Christ nouvel Adam = époux = principe masculin = les hommes concrets ;

Eve= Marie nouvelle Eve = épouse et mère = principe féminin= les femmes concrètes.

Avec cette symbolique allégorisante, le féminin et donc toutes les femmes, ne peuvent qu’être dans une position seconde, réceptrice, uniquement du côté de l’humain, tandis que le principe masculin et donc tous les hommes se voient attribuer la position première, initiatrice, ayant part à la dimension divine du Christ.

Nous avons vu qu’il y a bien rupture avec une anthropologie inégalitaire des sexes dans cette lettre encyclique. Mais l’inégalité est réintroduite dans la symbolique allégorisante du mystère de l’Eglise. Dans ce mystère, le féminin est remis à une place inégale.

*Critique

Le lien entre Eve et Marie est présentée comme le mystère de la femme et il est situé face au lien Adam/Christ dont on dit qu’il est mystère du Christ. Cela veut dire que la typologie Adam/Christ dit le mystère de l’homme masculin et uniquement lui.

Il n’est pas théologiquement juste de dire cela parce que le Christ et Marie sont des modèles pour tout humain qu'il soit femme ou homme. Bien sûr le sexe de Marie est féminin et le sexe de Jésus en son humanité est masculin. Mais la foi a tenu que l'Incarnation assumait tout l'humain. C'est un enjeu de salut, selon l'adage classique que ce qui n'est pas assumé, n'est pas sauvé. Le credo nous fait dire : homo factus est et non pas vir factus est. Il faut donc penser qu'en assumant la nature humaine sous sa limite inévitable d'un sexe et non de l'autre, ce sont les humains des deux sexes qu'il assumait et sauvait.

Les liens Eve/Marie et Adam/Christ tels que le pense Mulieris dignitatem sont dangereuses pour les femmes. Car ils rétablissent une hiérarchie : le féminin serait tout entier du côté du créé, de l’humain ; le masculin par son union au Verbe serait seul à être uni à Dieu.

Pour contrer cette pensée, Il faut donc continuer à dire et à tenir que le Christ est le modèle et le nouveau commencement de la dignité et de la vocation de tous les humains, femme et homme, de toutes les femmes et de tous les hommes, de chacune d'elles et de chacun d'eux.

Au n° 11 de la lettre, le fait de situer aussi Marie modèle du féminin, sans faire du Christ aussi le modèle des femmes, réintroduit une hiérarchie qui peut être légitimement interrogée y compris au niveau de sa justesse doctrinale.

Par l'incarnation c’est la nature humaine qui est assumée, ce qui fait que les femmes, comme les hommes, sont uni-es à lui. Par le baptême, des êtres humains, hommes et femmes deviennent d'autres "Christ", sont configurés à lui. On peut donc regretter que cette dimension baptismale qui configure au Christ les femmes comme les hommes soit absente de la lettre.

2-Un enfermement du féminin

*dans une vocation d’épouse et de mère

La vocation de la femme serait d’être épouse et mère. Donc si on réfléchit, elle n’est pas pensée pour elle-même mais pour son mari en étant épouse et pour son mari en étant mère des enfants de son mari.Le magistère romain a cru bon d’écrire une lettre encyclique sur la femme qui a pour titre Mulieris dignitatem. Mais il n’existe pas jusqu’à présent un document similaire qui aurait pour titre Viri dignitatem. Pourquoi ? Parce que dans cette pensée, ce qui serait dit de l’homme masculin (viri), ne pourrait être que l’équivalent de l’humain (homo). Un texte sur la femme (mulier), devant l’absence d’un texte sur l’homme masculin, dit, de fait, que le masculin continue d’être pensé par le magistère romain comme générique de l’humain, sans particularité, et que seul le féminin en comporte, la particularisant, l’incluant tout en le mettant à part et la pensant, non pour elle-même mais pour l’homme masculin.

* en posture de réceptivité

Pour cette lettre encyclique, la position d’épouse serait la vérité sur la femme. L’époux est considéré comme celui qui donne et l’épouse celle qui reçoit. L’épouse est aimée et reçoit l’amour pour aimer à son tour. Il s’agirait d’un universel fondé sur le fait d’être femme. La femme aurait donc reçu mission d’être prophète de cette attitude de réceptivité de l‘amour, « être aimé », qui, dans la Vierge Marie trouverait son expression la plus haute. Cela induit une dimension passive de Marie comme figure des femmes. Cela la met et les mets du côté de la réceptivité d’une action dont elles n’ont pas l’initiative. Ceci est légitime pour l’attitude de foi comme accueil par le croyant d’une grâce qui lui vient de Dieu. Cela ne l’est pas si on en fait le paradigme du féminin et cela n’est pas recevable dans une anthropologie qui reconnaît aux femmes une identique posture d’initiative.

*en femme éternelle

Comme pour d’autres encycliques ayant pour thème la sexualité, le biologique[6] est une donnée normative, donc statique. Il y aurait un ordre de la nature qui est destin pour la femme. Cela pouvait se comprendre dans les situations historiques passées où l’espérance de vie ne dépassait guère 40 ans, où la multiplication des naissances se justifiait par une très grande mortalité. Cela n’est plus la réalité pour une part importante de femmes dans le monde d’aujourd’hui. L’horizon vocationnel des femmes en France, par exemple, ne se réduit pas à être épouse et mère, comme par exemple l’investissement dans le travail professionnel, l’accession (en pratique, non sans difficultés et sinon en théorie) à tous les postes de responsabilités dans la société civile. La créativité des femmes n’est maintenant plus limitée à la seule maternité, elles peuvent s’épanouir dans tous les domaines du politique, de l’économique, du social, du culturel …Tous ces domaines demandent autant de qualités d’initiative que de réceptivité, ils ne se vivent pas selon le schéma de la lettre encyclique fondée sur un don au masculin et l’accueil du don au féminin mais selon une réciprocité où chacun donne et reçoit sans prééminence. La soi-disante réceptivité féminine ne serait-elle alors signifiante que pour la symbolique ecclésiale ? Dans ce cas, pourquoi y aurait-il posture d’initiative dans ce qui est de l’ordre humain et seulement posture de réceptivité dans le domaine ecclésial ? Cela reviendrait à penser une double anthropologie contradictoire.

*dans une conception statique de la révélation

Il n’est pas légitime, à partir du donné de la foi d’un sauveur masculin né d’une femme, vierge et mère, d’en tirer une anthropologie du masculin et du féminin.Il fut un temps où l’on tirait de la Bible une cosmologie, ce qui, à l’époque moderne, a introduit le conflit entre science et foi. C’est la même contestable démarche qui anime cette Lettre encyclique dangereuse pour les femmes mais également pour la crédibilité du magistère romain. Le magistère romain a renoncé à fonder bibliquement une cosmologie. Le temps n’est plus à la défense d’une création en sept jours. De même, il n’est plus possible de chercher dans la Bible une anthropologie révélée du masculin et du féminin, qui dirait de toute éternité ce qu’est une femme, ce qu’elle doit être et rester. La lettre encyclique relève de ce mode de pensée. Elle ne peut être reçue par les femmes qui luttent pour ne pas être enfermées dans des stéréotypes qui les empêchent de développer toutes leurs potentialités humaines. La Révélation se situe au niveau du sens de l’existence, d’une anthropologie fondamentale, d’un être humain à l’image de Dieu, aimé et capable d’aimer, digne de respect. Cette anthropologie dit le sens de l’existence humaine et son orientation vers Dieu mais elle n’offre pas une anthropologie particulière, une science anthropologique révélée de ce que serait le féminin et le masculin. Cette anthropologie particulière est à bâtir par l’expérience de tous et de toutes, chrétiens ou non.

Il faut sortir de cet enfermement. C’est ce que j’ai essayé de faire dans la 2ème partie de mon livre. L’enjeu est d’importance, c’est celui de favoriser un christianisme qui se positionne de manière claire contre toutes les formes de discrimination, pour une libération de toutes et de tous. La manière de parler de la différence homme-femme et la manière de représenter Dieu, font partie de cette libération, soit pour la favoriser, soit pour s’y opposer ou la freiner.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 19:02
Quelques aspects d'une vie religieuse apostolique: une autre manière d'en parler

La vie religieuse est une manière, parmi d’autres, de suivre le Christ.

 

Parmi d’autres manières et pas mieux que les autres, mais avec les particularités suivantes :

 

*Un vivre avec d’autres (on appelle cela la vie communautaire) :

Dans le quotidien de la vie : un même lieu d’habitat, les repas, la liturgie, le partage, le soutien mutuel…

 

*une mise en commun de ce que l’on a et de ce que l’on est (on appelle cela la pauvreté)

Ce n’est pas la misère mais une manière de vivre la solidarité et le partage.

 

*une manière d’aimer originale (on appelle cela la chasteté continente)

Pour focaliser ses puissances affectives sur le Christ et accueillir les autres comme des frères et des sœurs

 

*une façon de faire des choix en dialogue (on appelle cela l’obéissance)

Ne pas vivre en solo mais chercher avec sa communauté et la responsable ce qui est le mieux pour vivre de l’Evangile du Christ.

 

*un enracinement fort dans une vie de prière personnelle.

Contempler le Christ pour que quelque chose de lui passe dans nos mains, nos cœurs, nos vies

 

*Une passion

Elle prend toute la vie pour que le Christ soit connu et aimer.

 

Et si l’on est une Sœur du Cénacle travaillant dans un Centre spirituel, on vit cela en animant des retraites, des temps-forts spirituels, en accompagnant spirituellement… mais on le fait, façonnée par la vie communautaire, les vœux de pauvreté, chasteté, obéissance, (ainsi que je les ai défini), la vie de prière, la passion pour le Christ.

 

La vie religieuse porte une utopie d’un autre type de rapports humains, un autre type de rapport au monde, à l’opposé de l’exploitation sexuelle, de la domination politique, de l’oppression économique et montre que d’autres chemins d’un vivre ensemble sont possibles : un monde d’accueil inconditionnel, de pardon, de dignité, de partage, de liberté spirituelle, de justice, de solidarité, d’égalité pour toutes et tous, de primat de la personne… Et cela informe toutes les propositions que nous faisons, les groupes que nous animons, notre manière de transmettre la foi, d’accompagner les personnes, d’accueillir…

Sr Michèle Jeunet, rc

 

 

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:49

Un jeune musicien plein de talent.

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 10:25
Le sel des béatitudes: 5ème dimanche du TO, Matthieu 5/1-13

Matthieu chapitre 5 verset 13

"Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel vient à s'affadir, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens.

 

Matthieu chapitre 5 verset 1 à 12

Voyant les foules, il gravit la montagne, et quand il fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. Et prenant la parole, il les enseignait en disant : "Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux les doux, car ils posséderont la terre. Heureux les affligés, car ils seront consolés. Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi. Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.

 

Pourquoi commencer par le verset 13 du chapitre 5 de Mathieu et ensuite seulement les versets 1 à 12 ?

Pour mieux comprendre la signification du sel dont parle Jésus.

Le sel donne du goût aux aliments, les béatitudes donnent goût à la vie.

De même que le sel est nécessaire, de même les disciples ont dans le monde une fonction unique et irremplaçable, source de saveur, de sens. Leur existence est dotée de nouvelles bases celle des béatitudes.

Pour chacune de ses béatitudes, il est important, d’abord, de regarder Jésus qui les a vécus. On peut faire mémoire des textes évangéliques qui nous le montre pauvre de cœur, doux, pleurant, assoiffé de justice, miséricordieux, pur, artisan de paix.

Il en a fait le sel de sa vie.

Ce qu’il nous dit là, c’est quelque chose qu’il a expérimenté comme chemin de vie, et c’est pour cela qu’il nous le propose.

 

1-Sel de la pauvreté du cœur

Nous sommes faits pour le bonheur. Le vrai bonheur qui est l’amitié avec Dieu, l’expérience d’un cœur à cœur avec lui.

C’est le vrai trésor et la vraie richesse. Cette amitié qui rend vraiment heureux-se, c’est le cadeau de Dieu.

Pour accueillir un cadeau, il faut des mains vides, un cœur de pauvre qui désire, qui attend, qui espère la seule vraie richesse qui est notre Dieu lui-même.

-Rendre grâce pour l’amour gratuit de Dieu qui aime le premier sans exiger rien en retour, qui donne son amitié sans mérite de ma part, indépendamment de ce que je fais ou ne fais pas.

On n’a pas le pouvoir de le faire « changer d’avis » à notre sujet !

-Quelle expérience ai-je d’une pauvreté qui source de richesse et de goût de vivre ?

Pauvreté qui est espace ouvert pour être rempli.

-Faire mémoire de moment de ma vie où j’ai expérimenté cela.

2-Sel de la douceur

Quand on est pauvre de cœur pour être riche de Dieu, on accepte mieux ses faiblesses, ses fragilités, on devient doux, douce envers soi-même et envers les autres. Dieu nous traite avec douceur et ses manières deviennent les nôtres.

-Sur quel point ai-je conscience que Dieu me prend avec douceur ?

3-Sel des larmes

Béatitude des larmes, larmes de celui, de celle qui se reconnaît aimé-e de Dieu et qui pleure de l’aimer si peu en retour.

Larmes de la contrition du cœur.

« Pleurer de joie » : larmes de joie d’un bonheur humain après une longue attente…

-Sont-elles venues un jour aux yeux de mon cœur ? Si non les demander comme une grâce insigne.

4-Sel de la justice

Faim et soif d’un monde juste, c’est à dire ajusté au projet de Dieu

Faim et soif que nos vies plaisent à Dieu parce que ajusté à son amour.

-Mettre ce sel dans ma prière en priant pour tous ceux et celles qui luttent pour plus de justice.

-Prendre conscience de ce qui dans ma vie est ajusté au projet de Dieu, des choix que je fais qui vont dans le sens de la justice, dans le sens d’un combat pour la justice, la dignité humaine. Rendre grâce à Dieu.

-Demander des forces neuves pour continuer.

4-Sel de la miséricorde

Heureusement qu’il y a la miséricorde de Dieu !

Dieu plus grand que notre cœur.

Dieu qui ne nous réduit pas à nos actes.

Dieu qui continue de nous aimer.

Dieu qui nous ouvre toujours un avenir.

Dieu patient qui ne désespère jamais de nous.

-Me jeter dans les bras du Père et rester là à goûter la saveur de ses bras autant maternels que paternels qui me pressent contre son cœur

5-Sel de la pureté

Cœur pur et chaste qui renonce à se servir des autres, qui ne veut pas les posséder ni les dominer.

La chasteté est une attitude du cœur. Etre chaste, c’est ne pas instrumentaliser l’autre à mon profit.

Le cœur pur nous ouvre le regard sur le mystère de Dieu, lui qui est pur amour de gratuité.

-Examiner les relations que j’ai (famille, amitié, travail, engagement) mes attitudes permettent-elles aux autres d’être libre ou font-elles pression sur eux ? Selon le cas, remercier ou demander pardon et l’aide de Dieu.

-Rester là sans vouloir autre chose que d’être là devant lui, pour lui.

Le laisser me purifier par le sel de sa Présence.

 

Etre pauvre, doux, pleurer devant tant d’amour de notre Dieu, avoir faim d’une vie ajustée à son projet, se livrer à sa miséricorde, purifier son cœur au contact du Cœur du Christ…

C’est se pacifier et pacifier autour de soi, c’est être artisan de paix dans notre monde, sel de la terre.

 

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