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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 20:54

Mc 1/29-39

1-le quotidien de Jésus

Regardons ce quotidien. Il est allé à la synagogue, il est invité dans une maison. C’est celle de Simon et André, les 2 frères qu’il a appelé au bord du lac. Une maison où vivent plusieurs générations : des couples, des enfants, des grands-parents : on nomme la belle-mère de Pierre.

Regarder cette scène. Jésus y est à l’aise. C’est son quotidien comme le nôtre. C’est là qu’il est. Ne le cherchons pas ailleurs que dans notre propre quotidien.

 

2-Une femme malade relevée

Regarder les 3 gestes de Jésus :

Il s’approche

Il la réveille

Il lui saisit la main

Goûter la délicatesse de ces gestes.

Prenons conscience de la volonté de Jésus : il ne veut pas que cette femme (toutes les femmes) soit comme mortes, «  étendues ». Il les veut debout, vivantes, agissantes. Ici pour le service des repas (la diaconie des repas, la même diaconie que celle des anges en 1/13 ) mais ce sera aussi pour le service de la Parole, de l’évangélisation, de l’annonce de la résurrection.

 

3-Le soir venu, il guérissait

Comme cette femme qui s’est mise au service, Jésus aussi se met au service de tous ces gens qui lui apportent leurs maladies. Il est contagieux de santé psychique et spirituelle, c’est pourquoi il peut guérir.

 

4-Pas de parole sans agir

Il ne laisse pas parler les démons car ils savent qui il est. Pourquoi imposer ce silence ? Parce que leur savoir est un refus. Ils savent mais ils rejettent, agissent contre.

Leur savoir est faux. Le vrai savoir est engagement à le vivre.

 

5-Il priait

Il nous est bon de voir l’homme Jésus prier. Il s’autorise des moments de solitude, des moments à lui, pour se « retrouver », pour se « recentrer », pour ouvrir un espace de réflexion, de contemplation. C’est un besoin, c’est un droit, c’est une nécessité vitale pour lui…pour nous.

 

6-Il élargit l’espace

Allons ailleurs, c’est pour cela que je suis sorti.

Entendre ce désir de Jésus d’aller ailleurs d’élargir le champ de sa vie : partant de Capharnaüm, il va parcourir la Galilée ; c’est le début d’un décloisonnement qui, avec la Pentecôte, ira jusqu’au monde entier.

Jésus nous fait sortir de tout particularisme. Il commence à briser les barrières d’une religion ethnique, clanique, nationaliste. Allons ailleurs, sortons comme lui.

 

 

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 22:49

Mc 1/21-28

Ils entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.

On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.

Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :

« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »

Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. »

L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.

Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »

Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

 

1-Il enseigne

Il enseigne sans aucune autorisation institutionnelle. Il ne fait pas partie de la caste de ceux qui sont légitimes pour enseigner.

Il nous est donné 3 caractéristiques de son enseignement :

Ayant autorité, pas comme les scribes, neuf.

Quelle est cette autorité, quelle est cette nouveauté ? Pourquoi est-ce différent de l’enseignement des scribes ?

Les scribes sont dans la répétition et ils ne pratiquent pas forcément ce qu’il enseigne.

Jésus, lui, fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait.

Il parle de libération et il libère vraiment comme cet homme de ses démons.

La nouveauté de son enseignement en acte, c’est la libération.

Son autorité, c’est qu’il ne se contente pas d’en parler : il la réalise, il libère vraiment les gens de ce qui les entrave et les empêche de vivre.

 

2-La parole sans les actes

« Tu es le Saint de Dieu » ; qui dit cette formule parfaitement orthodoxe ? Un croyant ? Non, un démon ! Il dit la vérité mais ne vit pas dans la vérité, n’agit pas selon cette vérité. C’est cela de ce genre de démon que Jésus vient nous délivrer.

 

3-Aussitôt

L’évangile de Marc, c’est celui de la promptitude. Il est déjà aux versets : 10, 12, 18, 20, 21, 23, 28 et parcourra  tout l’évangile.

Une manière de nous dire : qu’attendons-nous de plus ? C’est maintenant, tout de suite…

 

 

 

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 15:10

 

Juste en sortant de la synagogue, ils allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d'André. Or la belle-mère de Simon était couchée, elle avait de la fièvre; aussitôt on parle d'elle à Jésus. Il s'approcha et la fit lever en lui prenant la main: la fièvre la quitta et elle se mit à les servir.

Mc 1/29-31

 

Jésus met l'harmonie, là où il est, dans les lieux où il passe.

Humblement il se laisse interpeller par sa famille de cœur: ses apôtres, ses collaborateur-trices, ses ami-es.

Jésus pose un geste fort, avec autorité: «Il menaça la fièvre» (comme il menace le vent en Mc 4/39).

Il relève : « La belle-mère était couchée» : il remet debout celle -celui- qui est malade.

La fièvre-nos fièvres,  sont aussi nos préoccupations intenses, les amertumes de nos cœurs blessés, aveuglés, fermés.

Ces «maladies» de cœurs qui empêchent la disponibilité et l'ouverture aux autres, l'écoute de la Parole. Et Jésus a autorité sur cela: «Il te guérit de toutes maladies.» (Ps.102. 2).

 Jésus rétablit la paix, le bon sens: «La fièvre la quitta et elle se mit à les servir.».

Paix du cœur et service pour les autres vont ensemble.

Jésus met toute femme, tout  homme au centre de ses préoccupations, nous sommes chacun-e son bien le plus précieux.

Cette femme se laisse approcher, toucher.

Nous aussi regardons Jésus s'approcher de nous et laissons-nous toucher et relever par Lui.

 

 

 

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 21:50

 

 

 

Voici que qu’écrit Raymond Winling à propos du  théologien Paul Tillich  (1886-1965)

« Tillich est un croyant convaincu que le christianisme apporte le plus authentique message de salut que l’homme puisse trouver sur cette terre.

 Mais il constate que ce message n’est pas compris. Tout se passe comme si les déformations et les distorsions se multipliaient et rendaient impossible une perception qui ne soit pas caricaturale. ..

Le fossé s’élargit de plus en plus entre la théologie et la pensée des laïcs qui vivent dans un monde placé sous le signe de la science.

D’où vient ce divorce entre le message chrétien et la pensée moderne ?...

Tillich sait quel rôle a joué la pensée de type scientifique avec son impérialisme exclusif.

Mais il voit d’autres raisons : il se montre sévère pour les Eglises chrétiennes qui vivent sur le passé et se montrent incapables  de trouver un langage adapté à l’homme moderne.

Que faire ?...

Partir de l’homme et des ses questions d’aujourd’hui, faire appel à ses intuitions, le conduire vers le Dieu qui lui parle à travers l’Ecriture et lui apporte la réponse aux questions vitales que la science se montre incapable d’assumer de façon valable. »

(La théologie contemporaine, Ed le Centurion, 1983, page 244)

 

Tillich est mort au moment du Concile Vatican II. Depuis beaucoup de théologiens ont su relever le défi et travailler à combler le divorce dont il parle. Mais il reste encore beaucoup à faire et surtout comment cela a-t-il rejoint le terrain des paroisses, des homélies, des catéchismes, des mentalités… ?

 

Quand cessera-t-on définitivement de penser que la Bible « est » la Parole de Dieu de manière fondamentaliste ? Alors qu’elle est une parole d’hommes marquée par leurs limites, leurs préjugés, leurs intérêts.  Et à ces hommes,  Dieu essaie avec patience d’insuffler une conversion : conversion de toutes ces fausses images qu’ils se font de Lui … Lente, patiente pédagogie. Le passage de la mer rouge, par exemple,  n’est pas l’acte d’un dieu qui ferait périr des soldats égyptiens mais, sous la forme de ce récit, la conscience qu’Israël a eu d’un Dieu qui dit non à l’esclavage.

 

Quand cessera-t-on définitivement d’instrumentaliser la Bible pour justifier des conceptions   qui enferment dans des schémas intouchables ?  Par exemple : « Homme et femme, il les créa », n’est pas le sceau d’une volonté de Dieu qui instituerait le mariage, mais le signe du respect et la raison de toute différence dont le féminin et le masculin sont le paradigme.

Ou encore, le choix des évangiles de relater la présence  de 12 apôtres masculins n’indique pas une  détermination du Christ à exclure les femmes des ministères,  mais renvoie à  la conscience de la première communauté chrétienne d’être le nouvel Israël.

 

Quand cessera-t-on définitivement de penser la croix du Christ comme le prix à payer pour que Dieu pardonne ? Il s’agit au contraire de saisir à quel point les actes du Christ, ses paroles, ses décisions ont été  et sont, encore aujourd’hui,  libérateurs, provoquant  la mise en danger de toute forme de totalitarisme, fut-il religieux.  Alors la croix n’est  plus le prix à payer mais l’aboutissement d’un chemin de liberté.

 

Quand cessera-t-on définitivement de penser que Dieu aurait écrit dans un grand livre les choix importants de nos vies, auxquels Il nous aurait, par ailleurs,  prédestinés ? C’est oublié que  Dieu s’inscrit au creux de notre liberté. C’est oublié que Sa tendresse nous supplie simplement  d’être nous-mêmes,  d’être  heureux-se .

 

Quand cessera-t- on d’enfermer l’humain dans une faute originelle, qui le dépasse ? N’est-il pas urgent de changer notre regard sur l’être humain ? La Bienveillance est inscrite, gravée en tout homme, toute femme. Elle est  plus résolue que la culpabilité, plus forte que la désespérance, plus tenace que la cruauté. Un Autre nous l’a dit : notre réalité ultime s’écrit en lettres de tendresse. 

 

Katrin Agafia et Michèle Jeunet

 

 

 

 

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 22:17

J’ai eu un coup de cœur en lisant cet article

C’est pourquoi, je vous partage cet article de Témoignage chrétien.

http://temoignagechretien.fr/articles/culture/olivier-py-le-theatre-comme-recherche-spirituelle

 

Olivier Py, le théâtre comme recherche spirituelle

Jean-Pierre Han

4 Juillet 2014

Le nouveau directeur du festival d’Avignon, par-delà l’écume et les polémiques de l’actualité politique et culturelle, revient sur sa quête d’une dangereuse aventure spirituelle qu’il assimile volontiers à celle d’une quête poétique.

 

TC : Votre pièce Jeunesse (2003) commence avec cette affirmation : « C’est de cette fenêtre que je te regarde, ô humanité… » Dans Les Enfants de Saturne (2007), un certain Monsieur Loyal (votre double ?) précise : « Si vous voulez voir le monde qui meurt, vous êtes aux premières loges. » Voilà qui situe d’emblée le rôle que vous vous assignez…

 

Olivier Py : Comme homme de théâtre. Avec mon histoire, celle d’un homme qui, n’ayant pas été un saint et ayant désespéré de la politique, a trouvé que le sens ne pouvait se faire que par le théâtre…

 

TC : Revenons à votre déclaration contre le Front national entre les deux tours des élections municipales. Votre prise de position, pour peu que l’on vous connaisse un peu, n’avait vraiment rien d’étonnant…

 

OP : Si, il y avait quelque chose d’étonnant, c’est qu’Avignon, c’est toute ma vie, c’est le grand amour de ma vie, mon destin. Arriver à prononcer rapidement que je partirais au cas où le Front national gagnerait les élections, ce n’était ni un coup de gueule ni de la désinvolture, c’était un geste grave. Mon histoire personnelle n’est pas très importante. Ce qui est important, c’est que tout cela a permis de redéfinir le Festival. Le Festival, ce n’est pas la Cour d’honneur du Palais des papes, c’est un lieu où les idées ont la parole.

On m’a parfois dit que j’étais un lâche, d’autres fois que j’avais du courage ; la vérité c’est qu’en fait, je n’avais absolument aucun choix, et aucun cas de conscience.

 

TC : Je voulais souligner le fait que vous avez toujours eu une attitude citoyenne, au cœur des affaires de notre monde. Vous avez, par exemple lors du conflit en ex-Yougoslavie, à propos de la Bosnie, fait la grève de la faim avec Ariane Mnouchkine et François Tanguy. Vous n’avez pas hésité à fustiger maintes fois l’attitude de l’Église concernant certains problèmes, vous qui êtes croyant.

 

OP : C’est vrai, mais j’ai toujours été suspect parce que catholique… de gauche ! Beaucoup de gens ne veulent pas comprendre ce que cela veut dire qu’être un homme engagé et être catholique. Je suis resté un homme libre. Je suis de gauche, mais quand la gauche a raison ! (rires)

Par rapport à mes critiques concernant certaines positions de l’Église, je ne suis pas sûr, là aussi, d’avoir vraiment eu le choix. J’ai réussi à tenir cette position sans contradiction avec moi-même : être homosexuel, défendre le « mariage pour tous », défendre la laïcité, tout cela est compatible avec ma foi, ma recherche théologique, ma mystique et ma religion. Je n’ai d’ailleurs pas été seul dans ce combat-là. Quand des questions de ce type se posent, on n’est jamais seul. Entre la foi et le monde, je rencontre des religieux qui m’aident.

 

TC : On trouve l’écho de ces débats dans votre œuvre…

 

OP : Oui, bien sûr. Mais pour continuer sur la question récente du « mariage pour tous », on m’a beaucoup dit que je devais souffrir de ce qui s’est passé en France durant l’année écoulée. En tant qu’homosexuel, un peu ; en tant que catholique, beaucoup ; je n’en peux plus de voir Christine Boutin représenter le message chrétien, alors que manifestement elle ne l’a pas beaucoup interrogé !

 

TC : Par rapport à l’Église, votre homosexualité vous met-elle mal à l’aise ?

 

OP : Très mal à l’aise ! L’Église, ce n’est pas que le catéchisme ou le Vatican ! Ce sont aussi des hommes et des femmes religieux que je rencontre et avec lesquels je peux établir un dialogue. L’Église, pour moi, reste une réalité. Il y a des contradictions, mais c’est normal.

 

TC : Dans Les Vainqueurs que vous avez présenté au festival d’Avignon en 2005, vous faites dire par un des personnages : « Voici peut-être la seule véritable réfutation du christianisme. C’est l’homme qui est le logos, c’est sa joie d’être, cette joie absolument libre qui est l’esprit. Dieu n’est que le mot prononcé pour supporter notre inachèvement, nous sommes ce qu’il faut être et parfaitement et il ne faut à ma vie rien retrancher et rien ajouter, elle est un drame admirablement équilibré, on n’imagine rien de plus beau que d’être immortel ! »

 

OP : Alors là, c’est Nietzsche ! Ce n’est qu’une part de moi qui dit cela. On écrit du théâtre, je crois, parce qu’on est irrésolu : on fait dialoguer sur scène tout ce qui dialogue dans notre propre âme. Cette part de l’âme qui est en moi, celle que j’appelle le poète, c’est la part du paganisme chantant.

Une part de l’âme qui enfonce le clou en ajoutant que « la théologie s’épuise où l’esthétique commence » !

Il y a une tentation de ne rien désirer d’autre que la vie. Et puis, tout cela est bien plus complexe que cela en a l’air, car au bout de neuf heures de spectacle (c’était la durée de la représentation !), comme dans la vie, et très laborieusement, il doit y avoir une synthèse qui s’exprime dans un christianisme qui n’est plus seulement métaphysique.

C’est comme un christianisme ontologique. C’est peut-être l’endroit où j’essaye de me tenir, même si ce n’est pas toujours facile. Le paradis, l’enfer, la métaphysique, l’eschatologie, je ne suis pas sûr, finalement, que cela m’intéresse tant que cela ! En revanche, savoir si je suis là, si je suis au présent, si l’être en face de moi, c’est le Christ… cela me semble être de bonnes questions.

C’est la raison pour laquelle il y a encore du théâtre pour moi. Je ne me compare pas à Paul Claudel, mais c’est vrai qu’à un moment donné, il s’est arrêté. Probablement parce que cela ne dialoguait plus en lui.
 

TC : « Être au présent », disiez-vous à l’instant. Il y a un autre présent qui vous travaille, c’est votre rapport avec les pays du Proche-Orient, de la Palestine, notamment.

 

OP : Avec le monde arabe en général. Je me sens une sorte de double dette vis-à-vis du monde arabe et vis-à-vis de l’Allemagne. Une double dette vis-à-vis de la Méditerranée et vis-à-vis du Rhin. Je me demande toujours, jusqu’à l’obsession, ce que c’est que la Méditerranée, et ce que c’est que le Rhin ! Avec la Méditerranée (1), c’est comme une histoire d’amour. La Méditerranée, jusqu’à la Palestine. La question palestinienne est effectivement toujours très présente. J’ai compris avec Mahmoud Darwich que la Palestine est une métaphore. Une métaphore qui me définit assez bien.

La Palestine n’est pas nationale. Le Palestinien connaît le même sort que l’artiste : il est à la fois errant et, en même temps, il n’a pas le droit de partir. Il est sans passeport. Cette question est « belle » et encore très vivace… C’est dans de tels lieux que l’on arrive à comprendre le monde.

À Avignon, le meilleur lieu d’observation se trouve dans les quartiers de Monclar. Là, on n’est plus devant un écran de télévision, on surmonte le protocole compassionnel, la culpabilité, on se retrouve face à des idées et à des êtres. Je pense que c’est la meilleure manière de faire de la politique.

 

TC : Concernant la Palestine où vous êtes allé, il y a un peu plus d’une dizaine d’années, vous nous disiez, lors d’un entretien que nous avions eu alors, que « ce pays est un pays d’épouvante, c’est un enfer. Le paysage est totalement dénaturé, la terre biblique est recouverte par la guerre. La souffrance du peuple palestinien est incommensurable. En parcourant physiquement le pays, on comprend pas mal de choses. D’abord, que les Territoires occupés portent bien leur nom : ils sont réellement occupés. Le grand Israël est territorialement réalisé. Mais la question n’est pas territoriale, elle est démographique ».

 

OP : Le problème que rencontre Israël aujourd’hui, c’est celui que l’on appelle la « guerre des berceaux », c’est le problème démographique. Cela va être de plus en plus difficile pour que cet État soit à la fois juif et démocratique. Le problème s’est encore intensifié ces dernières années, après qu’une porte ait été entrouverte avec les accords d’Oslo, et qu’elle ait été très vite refermée. Pour la petite histoire, je signale que nous recevons une compagnie de Tel Aviv cette année au Festival.

 

TC : Dans le même entretien, vous ajoutiez que « tout cela, pour moi, reste une plaie ouverte. Je ne suis pas un spécialiste des grandes causes, mais je considère l’amour que je porte à certains pays ou la compassion que j’ai pour la douleur de certains peuples comme une affaire de personne à personne. Ce qui se passe en Palestine est emblématique de ce qui se passe dans le monde mais, en plus, ça se passe sur cette terre-là. Même prononcer le nom de Palestine est en soi interdit… On s’ingénie vraiment à éliminer jusqu’à ce nom ».

 

OP : Il y a eu effectivement une volonté de détruire le nom même de Palestine. C’est là une forme de colonisation assez originale. Faire disparaître le nom, tout comme le paysage qui est désormais recouvert d’autoroutes et de plantations d’épicéas. Ce que je n’ai pas assez dit, c’est à quel point tout cela m’est douloureux parce que je suis ­profondément philosémite. Notamment à cause de mon aventure avec la Bible.

Je pense qu’être juif est une métaphore de l’humanité. Il y a ensuite l’amour que j’ai pu avoir pour Emmanuel Levinas, pour Jabès, et qui m’a fait me sentir profondément juif.

Ce qui est important, c’est que je revendique une certaine subjectivité dans mes engagements. Je n’ai pas combattu sur tous les fronts : j’en suis bien incapable. Il s’est simplement trouvé que j’ai parfois eu une place particulière. Être engagé, c’est être engagé là où l’on est, mais je ne suis en aucun cas un « engagé » professionnel !

 

TC : Tout ce que vous énoncez se retrouve dans la programmation du festival d’Avignon, sur son développement, et surtout dans la volonté de faire circuler la pensée.

 

OP : Effectivement, car le Festival n’est pas la vitrine des élégances spectaculaires. C’est une manière de penser le monde, le présent, l’engagement, l’indi­vidu, la collectivité. Mais c’est une manière de penser qui est différente de celle de l’Université.

 

TC : Vous dites avoir invité une compagnie théâtrale de Tel Aviv. Y aura-t-il aussi des spectacles arabes ?

 

OP : C’est la question du Sud qui est posée, que ce soit avec les Grecs ou les Arabes. C’est la Méditerranée qui est présente, parce que la question de l’axe Nord-Sud me paraît éminemment politique. Avignon, ce sont toutes les Méditerranées réunies, c’est le croisement de toutes. Et c’est bien pour cela que je m’y sens bien. Il y a, dès cette année, effectivement, des spectacles arabes.

 

TC : Vous semblez avoir une prédilection pour les tragiques grecs, dont vous avez mis en scène de nombreuses œuvres.

 

OP : Eschyle m’a donné des cours de rattrapage politique ! Mais j’ai également eu des cours de rattrapage politique avec Claudel, notamment dans la dernière partie du Soulier de Satin [qu’Olivier Py a intégralement mis en scène en 2003, NDLR].

Il y a là une méditation extrêmement importante sur la forme du monde, la globalisation, le transnational que je n’ai jamais trouvée ailleurs, avec une telle puissance. Claudel, en tant que poète et en tant que diplomate, voulait abattre les frontières.

J’aimerais bien refaire l’Orestie, refaire tout Eschyle. La trilogie – composée des Suppliantes, des Sept contre Thèbes et des Perses – que j’avais créée lorsque je dirigeais le théâtre de l’Odéon était l’exemple-type, pour moi, d’un théâtre populaire de forme très simple où tout repose sur les acteurs, dans une grande proximité avec le public. Je compte bien pouvoir présenter ce genre de spectacles dans le Festival décentralisé.

 

TC : Vous avez adapté l’Orestie d’Eschyle. Il n’y a guère d’écritures que vous n’ayez abordées…

 

OP : J’ai même écrit beaucoup de petites tribunes ici et là. Lorsque je suis remonté par quelque événement, cela m’aide de rester deux heures dans un bistrot à mettre mes idées au net sur un papier. Quant à l’écriture poétique qui, chez moi, est plutôt une écriture dramatique, elle est mon centre vital. Je peux renoncer à tout, sauf à ça. Je puis dire que je fais tout le reste avec une certaine facilité par rapport à l’engagement poétique.

Il y a deux choses que je fais pour moi, toujours avec une certaine cohérence, c’est écrire et chanter, deux choses auxquelles je ne pourrais jamais renoncer. Parce que ça, c’est vraiment difficile. On m’a dit, lorsque je suis intervenu en tant que directeur du Festival, entre les deux tours des municipales, que je prenais des risques.

Pour moi, ce ne sont pas des risques comparé à ceux de l’artiste lorsqu’il entre en scène, ou aux risques spirituels de l’écriture. Vraiment. Entrer en scène me semble toujours être de l’ordre de l’impossible.

La question du chant – par-delà le seul problème vocal – est une question centrale. Toutes les pièces pourraient s’appeler ainsi : qu’appelle-t-on chanter ? À partir de quel moment a-t-on conscience du continuum de sa présence au monde qui permet d’accéder au chant ? Chanter, trouver le chant, est hautement spirituel. J’ai un chant intérieur dont mon écriture témoigne, imparfaitement, maladroitement et de manière inquiète. Je ne suis pas un écrivain, je suis un poète.

Au cœur du geste d’écriture, il doit y avoir une joie. On peut écrire sans la joie, mais ce n’est pas mon chemin. Je n’ai pas choisi, personne ne choisit. Pour le chant, c’est identique. La prière, le chant, l’écriture poétique… il faut seulement être là. La recherche est la même.

Entrer en scène est de l’ordre du sacrifice. Les acteurs qui n’ont jamais ressenti cela, qui n’ont pas été à l’endroit du danger, qui est aussi l’endroit de la plus haute jouissance, passent à côté de ce qui fait leur spécificité et leur grandeur. Malheureusement pour l’homme (ou la femme) en scène, la jouissance est très fugace, alors il vit dans la nostalgie de cet instant de joie qu’il a peut-être atteint à un moment donné, qu’il rêve de retrouver sans en être certain… cela s’appelle le « trac ». Une notion sur laquelle on n’a pas assez médité.

Mais il faut en passer par un moment d’angoisse, avant d’être hors de soi, dans une forme d’extase. Or qui peut mener l’acteur à cet état, sinon le poète ? Et certainement pas le metteur en scène, qui n’est pas l’ami de l’acteur, mais son rival. Ma position, en tant que metteur en scène, c’est de jalouser la jouissance de l’acteur.

 

TC : En fait, vous êtes profondément acteur !

 

OP : Sans aucun doute. Mais, en même temps, le metteur en scène est un libérateur. Particulièrement avec les jeunes acteurs. Les plus âgés, eux, m’ont appris que cette aventure-là était strictement spirituelle, et que tout le reste que l’on peut appeler « art dramatique » n’avait pas grand intérêt.

J’essaye, avec les jeunes acteurs, de leur faire prendre conscience de l’extraordinaire aventure spirituelle qui est le jeu, une aventure qui ne ressemble à aucune autre, qui se situe à un niveau archaïque tout en étant toujours nouvelle et unique.

Ce sont des hommes comme Bruno Sermonne, mort à l’automne, ou comme Philippe Girard, qui m’ont fait prendre conscience du danger de l’aventure spirituelle, un danger absolu. Et il n’est pas question d’aller à un autre endroit que le danger. On va sur scène pour se perdre, pour mourir et renaître. Pas seulement pour mourir, ce serait trop narcissique !

 

TC : Encore faut-il, pour mener à bien cette aventure spirituelle, être bien entouré !

 

OP : Il y a nécessité d’une entraide profonde. Je pense même qu’il peut y avoir des spectacles qui fonctionnent parce qu’il y a une sorte d’entraide du plateau contre le metteur en scène ! Ce n’est pas grave, l’important, c’est que tous soient ensemble, et qu’ils reconstituent une sorte de paradis politique qui s’appelle la troupe. J’ai connu un tel paradis avec La Servante où nous étions trente ! L’agapè, l’amour politique : nous étions tous les uns pour les autres. C’est le poète qui fédère, plus que le metteur en scène. On reconnaît la force d’un poète dramatique à sa capacité à fédérer une troupe.

 

TC : Revenons à la joie de l’acteur sur le plateau : elle est un champ d’expérience spirituel et cela rejoint la croyance…

 

OP : Le spirituel croise le religieux. Une sorte de dynamique se créée ainsi. Rien n’est résolu, rien n’est clos. Ni la foi, ni l’amour de l’art, ni le théâtre… J’ai finalement eu une grande chance dans cette vie qui est la mienne : je fais exactement ce que je veux faire, à l’endroit exact où je voulais être… ça m’oblige à rendre grâce !
 

(1) Olivier Py a réalisé un moyen-métrage de fiction intitulé Méditerranées (2010, 32mn).

                                                                                            

Olivier Py : À un peu moins de 50 ans, son itinéraire artistique est d’une foisonnante richesse. À la fois acteur, chanteur, metteur en scène, dramatur­ge, romancier, cinéaste, chef de troupe, il a fait des études de philosophie et de théologie avant d’intégrer le CNSAD. Il a dirigé le CDN d’Orléans, puis le théâtre national de l’Odéon, avant d’être nommé en 2013 directeur du festival d’Avignon.

 

 

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 14:02

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Ce n’est pas courant d’en parler.

Et pourtant c’est important.

Cela suppose d’abord de s’arrêter. STOP ! Je me pose, qui est très proche de se reposer. 

 

Mais comment faire pour que ce soit vraiment une méditation ? Une relation avec Dieu ?

 

Voici un déroulement et une manière possible :

 

1-D’abord choisir un jour dans la semaine et un moment dans ce jour où on peut être tranquille.

 

2-Commencer par respirer profondément pour se détendre.

 

3-Faire un geste d’entrée en relation, celui qui exprime le mieux pour vous votre désir de vous rendre présent à Dieu.

 

4-Demander à Dieu de regarder la semaine écoulée ( ou le mois…ou même une année) avec son regard pour y découvrir comment elle a été une histoire sainte.

 

5-Ouvrir son agenda comme on ouvre la Bible !

D’abord tout simplement pour se rappeler les événements, les rencontres, les actions etc.

Les faits bruts, mais ensuite, il faut aller plus loin que cela.

 

6-En quoi tout cela est une Bible, une histoire sainte ?

Dans la Bible, Ancien et Nouveau Testament il y a des récits de création, d’alliance, de justice et d’injustice, d’amour et de haine ; Il y a des déplacements, des départs, des arrivées, des installation, des libérations d’esclavage, des exodes , des exils, des passages au désert ; il y a des conceptions, des naissances, des visitations, des combats, des guérisons, des appels, des passions, des morts, des résurrections, des pentecôtes… On peut allonger la liste.

Dans ce que j’ai vécu cette semaine, ce mois, cette année, y-a t-il quelque chose qui s’apparente à cela ?

 

7-Enfin, se rendre compte de ce que cela provoque en moi ? En vue d’un discernement.

*Joie, paix, confiance, espérance, dynamisme ? Cela m’indique des chemins à continuer, à consolider.

*Ou le contraire : tristesse, peur, méfiance, découragement ? Cela m’indique des chemins à questionner, à remettre en cause.

Parler de tout cela à Dieu.

 

Faire cela demande d’apprendre à « lire » sa vie autrement. Pour y découvrir que Dieu est compagnon de nos vies. Découvrir l’alliance entre l’action de Dieu et la nôtre mais aussi le désaccord. La première pour rendre grâce, le second pour y remédier.

 

 

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 16:56

Le Bon Pasteur

 

« Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. »

En rangeant mes cartes postales, j'ai trouvé différentes photos de berger avec son troupeau. Mais où donc est la place du berger ?

1°) En tête du troupeau ? Comme l'Arche d'Alliance, la Nuée de Yahvé conduisant Moïse et le peuple vers la Terre Promise.

2°) A l'arrière du troupeau ? Comme dans nos processions.

3°) Au cœur du troupeau ? Comme je l'ai vu un jour, sur une route de montagne. Ce berger pouvait à peine marcher, à peine avancer tant les moutons s'agglutinaient à lui !

 

Où est la place du berger ?

Y a-t-il une place spécifique qui lui soit automatiquement réservée ? Chaque place n'a-t-elle pas ses qualités et ses défauts ? L'erreur serait sans doute, d'occuper toujours la même place !

Et je contemple une autre carte postale : une tête d'agneau coincée au cœur du troupeau de moutons. Je n'ai pas résisté à l'humour de la légende qui accompagne cette image : « coincé en réunion. Je reviens au plus vite. »

Je regarde cette carte avec ravissement. D'un seul coup, Révélation ! Cette carte me donne la réponse à ma question. Cette réponse est là, vivante sous mes yeux ! Joie ! Émerveillement !

 

Le Bon Pasteur s'est fait Agneau, au milieu du troupeau, au service de l'humanité !Le Christ s'est levé de table, a pris le tablier du serviteur pour laver les pieds de ses frères et sœurs.Le Christ de l'Eucharistie est présenté par : « Voici l'Agneau de Dieu ! »

Pasteur-Agneau

Joie !

 

Aujourd'hui, je retrouve une autre image du Bon Pasteur ! Et cette image me console, dans ma souffrance d'être rejetée par mon Église. Comme j'aimerais qu'un jour, ces personnes qui me rejettent du troupeau (comme elles en rejettent tant d'autres) réalisent à quel point un tel rejet traumatise !

 

Le Bon Pasteur va à la recherche de la brebis perdue et la porte sur ses épaules!

Oui, le Christ vivant me console encore aujourd'hui. Oui, le Christ m'a de multiples fois, portée durant ma longue marche dans le désert. Oui, je crois qu'il me sera beaucoup pardonné car j'ai beaucoup aimé. Oui, je crois au Bon Pasteur qui fera tuer le veau gras, m'invitera à la fête malgré les ronchonnements de mon Église, digne frère aîné de l'enfant prodigue ! Oui, je crois que le Christ est là,vivant en moi comme en toute autre personne. Oui, je crois que le Christ ne rejette personne et que nous sommes, tous et toutes, sans aucune exclusion, sans aucune discrimination, appelées à travailler à la Vigne du Seigneur.

Alice Damay-Gouin

 

 

 

 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 11:27

appel-des-4-prmiers-disciples.jpgPeinture de He Qi

Mc 1/16-20

1-Un geste fondateur

Il choisit des pêcheurs. Ce choix a une signification : à cause de leur travail, ils ne peuvent pas être de bons « pratiquants » de la loi religieuse. Geste fondateur, car, en les choisissant, Jésus dit qu’il vient pour introduire un rapport à Dieu délivré de ce qui exclu. Toutes et tous sont appelé-es à une vie d’amitié avec Dieu au-delà de toute pratique formelle.

 

2-Une transformation progressive :

Devenir pêcheurs d’hommes.

Il y a dans le choix du ce mot pour dire leur nouvelle mission, beaucoup de respect pour le travail qui est le leur : Il reprend le même mot. Parce que c’est dans et par le meilleur de leur compétence  humaine qu’ils pourront être au service de l’Evangile. Ils mettront au service de l’Evangile, les mêmes qualités qu’ils ont en tant que professionnels de la pêche : patience, endurance, savoir-faire, connaissance…

Et cela demandera du temps : ils ne sont pas pêcheurs d’hommes, ils ont à le devenir, peu à peu.

 

3-Un appel : venir derrière lui

Etre derrière, c’est l’expression pour dire l’état de disciple d’un maitre. Ils vont être ses «  followers ». Le Christ est devant eux. Il les précédera toujours.

Ce qui veut dire que dans tout lieu où nous vivons, où nous allons, où nous témoignons du Christ, il est déjà là, il nous précède, il est à l’œuvre avec le Père et l’Esprit Saint.

Le Christ a déjà semé, en tout femme, en tout homme de ce monde croyant-e ou incroyant-e, en tout lieu, en toute époque.

Dieu est à l’œuvre, il travaille les cœurs, rencontrant résistance ou accueil. Il est devant nous, avant nous et nous recueillons le fruit de son travail.

 

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 13:26

Mc 1/14-15

14 Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;

15 il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

 

1-Il vient dans la Galilée

Nous sommes témoins d’un autre choix du Christ. Pour dire l’essentiel de sa mission, il choisit la Galilée, la région où il est né et une région qui a mauvaise réputation aux yeux des juifs de Judée ( Jn 7/57 ; Mt4/15). Il va aux frontières…

 

2- L’Evangile, la bonne nouvelle de Dieu

Il nous est dit une deuxième fois que ce que Jésus va faire et proclamer  est bon et nouveau.

Comme se fait-il que pendant l’histoire du christianisme, certains ont pu transformer cela en mauvaises nouvelles ?

 

3-Les premiers mots de Jésus

Marc nous livre l’essentiel :

Le temps est accompli

C’est maintenant. Ce n’est pas hier ni demain. Aujourd’hui.

Dans l’aujourd’hui de nos vies, le décisif est là. C’est fait, ce n’est pas à faire. C’est fait par lui pour nous. Un don.

Pour nous, il n’y a qu’une chose à faire : ouvrir les mains

Proche est le royaume de Dieu

Mais qu’est-ce que ce royaume ? Une monarchie à la manière de nos sociétés ? La vie future après la mort ?

Le royaume, c’est Jésus lui-même.

Oui, il est proche, proche de chacun-e de nous.

Le royaume, c’est une manière de penser, de vivre, de décider en cohérence avec celle de Jésus.

C’est le royaume de l’amour.

Jésus en est le roi car il l’a vécu jusqu’à l’extrême en étant roi-serviteur, roi-ami, roi-crucifié par fidélité à sa mission et à lui-même.

Regardons-le nous offrir son royaume d’amitié pour notre bonheur et celui de toutes et tous.

 

 

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 12:05

Interview d’une femme courageuse qui est actuellement la cible de catholiques intégristes. Vous pouvez lire aussi cet article en cliquant :

http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/monique-baujard-si-rien-ne-sort-du-synode-la-credibilite-de-l-eglise-s-en-ressentira-16-05-2014-52358_16.php

 

Monique Baujard : "Si rien ne sort du synode, la crédibilité de l'Eglise s’en ressentira"

 

"En octobre prochain se tiendra à Rome le synode très attendu sur la famille. A l'assemblée générale des Amis de La Vie,Monique Baujard, directrice du Service National Famille et Société à la Conférence des évêques de France, a répondu aux questions des journalistes et des lecteurs.

Monique Baujard est directrice du Service national Famille et Société à la Conférence des évêques de France. Néerlandaise d’origine, mariée, mère de quatre enfants, ayant travaillé près de 10 ans comme avocate au Barreau de Paris avant de faire une maîtrise de théologie, elle est chargée d’alimenter la réflexion de l’épiscopat sur des sujets complexes et sensibles. L'association des lecteurs de La Vie l'avait invité lors de son assemblée générale au siège du journal le 29 mars dernier pour un échange sur les enjeux du synode de cet automne.

Que pensez de cette démarche de consultation inhabituelle ?

Il y a 30 ans déjà, lors du précédent synode sur la famille, les évêques en France avaient sollicité l’avis des catholiques. Mais cette fois-ci, c’est le Vatican qui insiste pour que toutes les familles se sentent concernées par ce synode et que les difficultés éprouvées sur le terrain remontent. Comme il y avait peu de temps pour répondre au questionnaire, tous n’ont pas pu participer, mais l’on constate néanmoins une grande convergence dans les réponses.

Comment est-elle perçue dans le monde ?

Cette consultation a suscité beaucoup d’enthousiasme chez les fidèles dans le monde entier. Cela veut dire que les gens ont toujours envie de discuter en Eglise de la famille et c’est une bonne nouvelle. Le questionnaire, rédigé pour les évêques, a bien sûr été jugé difficile et, par exemple le Japon, a fait remarquer que les questions avaient été rédigées en Europe pour un public européen.

Comment expliquez-vous que Rome n’ait pas voulu rendre les synthèses publiques ?

Sur le site de la CEF vous trouverez le résumé de la synthèse réalisée pour la France par Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier et vice-président de la Conférence des évêques. Si les synthèses complètes n’ont pas été publiées, c’est avant tout pour laisser les mains libres au synode, pour que tout ne soit pas écrit d'avance. La démarche est prévue pour durer deux ans : un synode extraordinaire en 2014, auquel participeront les présidents des conférences épiscopales, suivi d’un synode ordinaire en 2015, auquel participeront d’autres évêques, élus par leur conférence.

Quelles aspirations s’en dégagent ?

Beaucoup de réponses ont pointé un décalage entre l’enseignement de l’Eglise et les choix des couples. La question des divorcés-remariés revient souvent et beaucoup de souffrances et d’incompréhensions se sont exprimées. Une évolution est certainement espérée et en même temps il faut être lucide : il y a des choses qui ne changeront pas. Il y a une conception spécifique du mariage catholique où les époux sont invités à refléter quelque chose de l’amour de Dieu, un Dieu fidèle d’âge en âge et qui donne la vie. Aussi l’indissolubilité, la fidélité et l’ouverture à la vie resteront des exigences du mariage catholique. Mais dans son intervention lors du Consistoire en février dernier, le cardinal Walter Kasper esquissait des pistes pour ouvrir un chemin de pénitence pour les divorcés-remariés pouvant permettre, dans certains cas et à certaines conditions, un accès au sacrement de réconciliation et à l’eucharistie.
L'accès aux sacrements pour les divorcés remariés ne concerne pas seulement l'eucharistie et la réconciliation, mais aussi le baptême. En effet, si une personne qui n’a jamais été baptisée épouse un(e) catholique divorcé(e) et qu’il ou elle découvre ensuite le Christ et souhaite demander le baptême, ce n'est canoniquement pas possible. Et cela heurte le bon sens des fidèles.

Et sur la contraception, quelles seraient les pistes ?

Il y aurait la possibilité de confier la mise en oeuvre concrète de la maîtrise de la fécondité, et donc la question des méthodes, à la responsabilité et la conscience éclairée des époux. Cela ne constituerait pas un vrai changement de doctrine, mais une simple application du principe de subsidiarité. Bien sûr, beaucoup de personnes diront que cela ne change rien en pratique, mais il me semble que l'appel à la conscience pousserait sans doute davantage les couples à réfléchir aux choix qu’ils font. Cela pourrait même permettre de faire découvrir le sens plus profond de cet appel à l’ouverture à la vie qui concerne la place que nous faisons aux autres dans notre vie.

Comment jugez-vous la préparation au mariage aujourd’hui en France ?

Beaucoup de choses se font en matière de préparation au mariage. La difficulté réside dans le fait que les fiancés sont souvent très éloignés de l’Eglise et ont besoin d’une première annonce de la foi pour prendre toute la mesure de l’engagement que représente le sacrement de mariage. La préparation au mariage va donc se rapprocher d’une démarche de catéchuménat, mais en même temps, elle ne doit pas décourager les jeunes. Comment leur faire prendre conscience des enjeux sans briser leur enthousiasme ou faire croire que le sacrement de mariage est réservé à une élite spirituelle ? C’est un vrai défi aujourd’hui.

Que peut faire l’Eglise concrètement pour aider les parents ?

Il est important que l'Eglise écoute les questions avant de donner les réponses, qu'elle soit attentive aux difficultés réelles des familles, aux nouvelles questions qui se posent, par exemple la conciliation vie professionnelle /vie familiale. Plusieurs diocèses ouvrent des Maisons des familles pour offrir justement des lieux d'écoute, quitte à renvoyer sur des professionnels pour des problèmes qui nécessitent un soutien spécifique. Il s’agit de prendre en compte la vie concrète des gens. Les questions relatives au début et à la fin de vie sont importantes, mais il faut aussi s’occuper de la vie de tous les jours et montrer comment la présence du Christ peut nous guider et nous soutenir au quotidien.
Ce thème était absent du questionnaire et, avec d’autres, nous avons suggéré que soit abordée la question de la précarité des familles. La grande pauvreté déstructure la famille. Quand elle ne peut jouer son rôle éducatif et social, tout le monde souffre. Aider les plus fragiles à reprendre confiance en eux-mêmes et à assumer leur rôle de parents, est primordial. Le Secours catholique fait un travail important dans ce domaine.

Le synode suscite beaucoup d’espoir de la part des catholiques pratiquants. Quelle est la marge de manœuvre de l’Eglise ?

Si rien ne sort du synode, la déception sera grande et cela pourra affecter la crédibilité de l’Eglise, au sens où elle ne paraitra pas capable de répondre aux questions actuelles. Il y a des évolutions possibles, en faisant une plus grande place à la miséricorde et en admettant que l’échec aussi fait partie de la vie. Mais cela demandera un effort de créativité de la part des évêques, qui ne sont pas forcément d’accord entre eux sur les orientations à prendre. Venant du monde entier, ils sont en effet sur le terrain confrontés à des situations très différentes. Et puis il y a des courants plus conservateurs qui veulent surtout que rien ne change. Dans sa lettre, le pape François a demandé aux familles de prier l’Esprit Saint pour qu’il éclaire les pères synodaux. Je pense qu’il faut prendre cette demande très au sérieux !"

 

 

 

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