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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 15:45

 

 

Paroles de vie de Jésus contre celles de la mort.

 

Quand Jésus eut regagné en barque l'autre rive, une grande foule s'assembla près de lui. Il était au bord de la mer. Arrive l'un des chefs de la synagogue, nommé Jaïros; voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie avec insistance en disant: « Ma fille est près de mourir; viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive! » Jésus s'en alla avec lui.

Il parlait encore quand arrivent de chez le chef de la synagogue des gens qui disent: « ta fille est morte; pourquoi ennuyer encore le Maître? » Mais sans tenir compte de ces paroles, Jésus dit au chef de la synagogue: « Sois sans crainte, crois seulement. » Et il ne laissa personne l'accompagner, sauf pierre, Jacques et Jean le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de la synagogue. Jésus voit de l'agitation, des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit: « pourquoi cette agitation et ces pleurs? L'enfant n'est pas morte, elle dort. » Et ils se moquaient de lui. Mais il met tout le monde dehors et prend avec lui le père et la mère de l'enfant et ceux qui l'avaient accompagnés. Il entre là où se trouvait l'enfant, il prend la main de l'enfant et lui dit: « Talitha Qoum », ce qui veut dire: « Fillette, je te le dis, réveille-toi! » Aussitôt la fillette se leva et se mit à marcher, -car elle avait douze ans. Sur le coup, ils furent tous bouleversés. Et Jésus leur fit de vives recommandations pour que personne ne le sache, et il leur dit de donner à manger à la fillette.

 

 

Jésus écoute ce père de famille, il à pitié de lui et accède à sa demande, il le suit.

 

A son arrivée, il entend une parole abrupte, qui fait mal: « Ta fille est morte! » Aussitôt Jésus oppose une première Parole de Vie faisant appel à la confiance et à la foi du père: « Sois sans crainte, crois seulement. »

 

Aux paroles de moquerie et à l'incrédulité, Jésus annonce une  deuxième Parole de Vie: « L'enfant n'est pas morte, elle dort. »

 

Face à la mort Jésus prononce une troisième Parole de Vie: « Talitha Qoum! » un mot qui signifie se réveiller, se mettre debout…un mot de résurrection.

 

Comme nourrir le corps et ceux des autres est vital, Jésus  dit une quatrième Parole de Vie en demandant aux parents de donner à manger à la fillette.

 

Jésus guérit, relève, prend en compte notre humanité dans toute ses dimensions. Aucun aspect de notre être ne lui est étranger: spirituel, psychique et physique: on peut penser que ce jour-là, la famille fit un repas de fête!

Ces Paroles de Vie sont aussi pour nous. Comment nous les approprier, les adapter et les intégrer dans notre vie quotidienne? Cherchons...

 

 

Cathy Debay

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 21:02

 

 

 

 

 

You make a difference as you support the Sisters

 

Thousands ask Pope Francis to remove unjust mandate against U.S. Sisters

http://futurechurch.org/press-releases/thousands-ask-pope-francis-to-remove-unjust-mandate-against-us-sisters

Catholics came together in unprecedented fashion to support U.S. women religious. Over 17,500 signed petitions or sent letters to Pope Francis asking him to remove the Congregation for the Doctrine of the Faith's unjust mandate against the Leadership Conference of Women Religious (LCWR), an organization representing eighty percent of all US Catholic sisters.   

On Friday, Kate McElwee of the NunJustice Project delivered the signatures via the Swiss Guard, along with copies of Sr. Elizabeth Johnson's books (in Spanish) to Pope Francis.  She also delivered the signatures to Cardinal João Braz de Aviz, Prefect of the Congregation for Institutes of Consecrated Life and Societies of Apostolic Life, the curial office. 

Recently, Cardinal Gerhard Müller, head of the Congregation for the Doctrine of the Faith, told L'Osservatore Romano in reference to the Vatican's highly criticized investigation of U.S. nuns, "above all we have to clarify that we are not misogynists, we don't want to gobble up a woman a day!"

"If the Vatican wanted to prove that they are not misogynists, they could start by removing the unjust mandate against the nuns," said Deborah Rose-Milavec, a coalition spokesperson. She continued, "we remain inspired by the sisters courage in engaging church leadership while remaining faithful to the integrity of their calling. We promise our support as they pursue their mission to those on the margins despite attempts at institutional, sexist bullying."

NunJustice representative Kate McElwee personally delivered the petitions to the Vatican on Friday, September 12, 2014, along with Spanish versions of Sr. Elizabeth Johnson's books, "Consider Jesus" and "Quest for the Living God"  "Catholics all over the world support LCWR in their commitment to stay at the table with the Congregation for the Doctrine of the Faith and address the unjust mandate it issued in 2012, " said McElwee.

In addition, an estimated 200 private prayer services were also held during LCWR's August 12-15 annual assembly. The campaign supporting LCWR and Sr. Elizabeth Johnson was sponsored by the NunJustice Project, a coalition of 15 U.S Catholic reform organizations. Johnson is the recipient of LCWR's 2014 Annual Leadership Award.

In 2012 the CDF issued a statement accusing LCWR of promoting "radical feminist themes" and "corporate dissent" and detailed its intent to control speakers at the sisters' annual assembly and to whom LCWR can present its annual leadership award. This past April Cardinal Gerhard Mueller harshly criticized LCWR and Sr. Elizabeth Johnson, singling her out for her scholarship

"At the close of their 2014 Assembly, LCWR sent a clear message: they are standing strong," said Ryan Hoffman, another coalition spokesperson. "We are especially inspired by Dr. Johnson's comments upon receiving LCWR's 2014 Outstanding Leadership Award:

"When the moral authority of the hierarchy is hemorrhaging due to financial scandals and many bishops who ... cover up sexual abuse of children, a cover up that continues in some quarters to this day, and thousands are drifting away from the church ... the waste of time on this investigation is unconscionable."  

 

"Elizabeth Johnson is right, said Rose-Milavec, "These committed, faithful women are serving the most disenfranchised among us. Women are making the radical dream of Jesus real in today's world. It is outrageous that their work and ministry are even being called into question. "

 

The Nun Justice Project is a grassroots movement supported by the following organizations: American Catholic Council, Association for the Rights of Catholics in the Church, Call To Action, Catholics for Choice, CORPUS, DignityUSA, FutureChurch, New Ways Ministry, Quixote Center, RAPPORT (Renewing a Priestly People, Ordination Reconsidered Today), Voice of the Faithful, WATER: Women's Alliance for Theology, Ethics and Ritual, Women's Ordination Conference.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 13:40

Jesus-et-lhomme-a-la-main-paralysee.jpg

 

Jésus guérit l’homme à la main paralysé. Codex Egbert fin 10ème siècle.


Mc 3/1-6

Il entra de nouveau dans une synagogue, et il y avait là un homme qui avait la main desséchée.

Et ils l'épiaient pour voir s'il allait le guérir, le jour du sabbat, afin de l'accuser.

Il dit à l'homme qui avait la main sèche : "Lève-toi, là, au milieu."

Et il leur dit : "Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que de faire du mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer ?" Mais eux se taisaient.

Promenant alors sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : "Etends la main." Il l'étendit et sa main fut remise en état.

Etant sortis, les Pharisiens tenaient aussitôt conseil avec les Hérodiens contre lui, en vue de le perdre.

 

1-Une main desséchée

Qu’est-ce qu’une main desséchée ? Cela renvoie à quoi ?

Ce peut être notre capacité d’agir. Cette capacité peut-être amoindrie, faible, inopérante, paralysée dans sa dimension individuelle et collective.

Et dans ma propre vie, y-a-t-il des mains desséchées ?

 

2-La provocation de Jésus

Cet homme n’a rien demandé. Il est un parmi d’autres.

Jésus sait qu’il va provoquer le scandale des pharisiens en guérissant cet homme le jour du sabbat.

Comment comprendre que Jésus aille ainsi au devant des conflits de cette manière au point de mettre sa vie en danger ?

Qu’est-ce qui, chez Jésus, est suffisamment fort, essentiel, pour risquer sa vie sur ce geste et tous les autres qu’il fera de la sorte ?

 

3-Avec colère, désolé…

Nous sommes ici témoin de la colère de Jésus. Elle est causée par l’endurcissement du cœur. C’est une des caractéristiques de cet évangile de Marc qui ne craint pas de montrer l’intensité affective des sentiments de Jésus.

 

4-En vue de le perdre

Nous sommes au début de l’Evangile de Marc et déjà il est question de tuer Jésus. Cela montre bien la raison de la Passion et de la mort du Christ : un langage, des prises de positions, des actions, insupportables pour certains : ceux qui avaient tout à perdre par cet Evangile de liberté, d’amour et de miséricorde.

 

 

 

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 12:26
Voici un article paru dans le journal : la Tribune de Genève

http://www.tdg.ch/vivre/societe/femmes-meilleurs-preches-suisse/story/26536675

La Fédération des Eglises protestantes de Suisse a organisé le premier concours de prédication. Les trois vainqueurs sont désormais connus. Ce sont tous des femmes. En Romandie comme outre-Sarine!

C'est un concours inhabituel qu'a lancé La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS): celui de la prédication. But: mettre en lumière le travail des 2000 pasteurs qui officient dans notre pays. Et on connaît désormais les lauréats: ce sont toutes des femmes, quelles que soient les régions linguistiques du pays! Leurs écrits ont été sélectionnés parmi 245 textes reçus.

Isabelle Ott-Bächler, pasteure à Neuchâtel, a reçu le prix parmi 62 concurrents dans la catégorie français-italien pour un texte sur l'évangile selon Matthieu. C'est également une femme, Caroline Schroeder Field, qui a été élue pour la catégorie allemand-romanche. Elle officie à la cathédrale de Bâle, annonce ainsi ce mardi 9 septembre le communiqué de la FEPS.

Enfin, c'est encore une femme, une Jurassienne germanophone de la paroisse de Porrentruy, Manuela Liechti-Genge, qui a reçu le prix spécial du jury pour une prédication radiophonique.

Textes jugés anonymement

Le concours était ouvert à tout prédicateur, pasteur ou laïc du monde protestant helvétique», a rappelé Marina Kaempf, chargée de communication à la FEPS sur le site  http://protestinfo.ch Les textes ont été jugés de manière totalement anonyme par les membres du jury. «L’Église réformée est l’une des seules à accueillir les femmes comme prédicatrices à part entière. Ce palmarès met ainsi en évidence une force et une richesse de notre Église et nous nous en réjouissons beaucoup.»

Les femmes sont-elles différentes dans leur manière de prêcher? «Il y a peut-être une sensibilité un peu différente, mais je ne pense pas qu'elles soient différentes que les hommes en chaire», estime toutefois la pasteure Line Dépraz, présidente du jury français-italien sur  http://protestinfo.ch  

Les trois premiers prix seront chacun couronnés d’un montant de 1000 francs et les prédications seront publiées dans l’ouvrage « Prédications – un best of protestant » à paraître le 3 novembre.

Christine Talos.  

 

 

 

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 16:36

Si vous ne connaissez pas ce blog et que vous lisez l’anglais, je vous le recommande :

http://iglesiadescalza.blogspot.fr/

Voici un article qui vient de paraitre :

 

He is among us by José Antonio Pagola (English translation by Rebel Girl) Buenas Noticias: Blog de Jose Antonio Pagola


Matthew 18:15-20
Although Jesus' words, recorded by Matthew, are very important for the life of the Christian communities, they rarely draw the attention of commentators and preachers. This is Jesus' promise: "Where two or three are gathered together in my name, there am I in the midst of them." Jesus isn't thinking about massive celebrations like those in St. Peter's Square in Rome. Even though there are only two or three, there he is in their midst. It's not necessary for the hierarchy to be present; those who are gathered don't need to be many.

What's important is that "they are gathered," not dispersed or in confrontation -- that they aren't disparaging one another. The crucial thing is that they are gathering "in his name" -- that they are listening to his call, that they are identified with his plan for the kingdom of God. That Jesus is the center of their little group.

This real and living presence of Jesus is what must animate, guide and sustain the small communities of his followers. Jesus is the one who must inspire their prayers, their celebrations, projects and activities. That presence is the "secret" of every lively Christian community.

We Christians can't gather in our groups and communities today any which way -- out of habit, out of inertia, or to fulfill some religious obligation. We may be many or, perhaps, few. But what's important is that we gather in his name, drawn by him and his plan to make a more humane world.

We must reawaken awareness that we are Jesus' communities. We gather to hear his Gospel, to keep his memory alive, to be infected by his Spirit, to receive his joy and his peace within us, to proclaim his Good News.

The future of the Christian faith will depend in large part on what we Christians do in our specific communities in the coming decades. What Pope Francis can do in the Vatican isn't enough. Nor can we put our hope in the handful of priests who might be ordained in the coming years. Our only hope is Jesus Christ.

We are the ones who are to center our Christian communities on Jesus as the only force capable of regenerating our routine and worn out faith. The only one able to attract the men and women of today. The only one capable of engendering new faith in these times of unbelief. The renewal of the central bodies of the Church is urgent. The reform decrees, necessary. But nothing is as crucial as coming back radically to Jesus.

 

 

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 17:37

Mc 2/1 à 3/6 : une cohérence

Jésus dérange. Il se permet de pardonner comme Dieu, se faisant l’égal de Dieu. Il mange avec ceux qu’on considère pécheurs. Pour lui, la miséricorde est au-dessus de toute autre considération. Il déclare caduque toute notion d’impureté. Il se fait le compagnon de tous et de toutes. Il enlève le formalisme du jeûne et lui donne sens en fonction de lui. Il déclare dépassé les « vieux vêtements et les vieilles outres » de la religion pour nous vêtir de  la nouveauté de l’Evangile et boire le vin nouveau de la joie. Il redonne son vrai sens au sabbat : un jour fait pour l’homme et non une contrainte empêchant de vivre. Il pardonne comme Dieu et il se fait maitre du sabbat en luii donnant son vrai sens : le jour par excellence où triomphe la vie.

 

Tout ce passage se termine par une sentence de mort : « Ils tenaient conseil en vue de le perdre. »

 

Nous avons ici les raisons de la mort du Christ : sa parole et ses actes mettaient en danger la religion officielle : pardon, miséricorde, vin nouveau de la joie dans la liberté de l’Esprit , discernement : choisir ce qui fait vivre, faire du bien, sauver, est prioritaire sur toute autre chose.

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 11:46

appel-matthieu-57035_2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. 

En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.

Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre.

Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »

Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

 

Mc2/13-17

1-Assis au bureau de la douane

Cet homme est assis comme le paralytique de la scène précédente  était allongé : des images qui peuvent dire une prison, un lien qui ligote, qui attache, qui paralyse, qui empêche d’être libre et de prendre sa vie en main.

 

2-Suis-moi. Il se lève et le suit

La suite du Christ est une résurrection : se lever et pouvoir marcher. Jésus est celui qui fait se lever, qui ressuscite la vie en nous et nous fait aller de l’avant.

Il est intéressant de noter qu’on peut légitimement penser Lévi et Matthieu ne sont pas une même personne. On l’a fait parce que Mt 10/3 parle de Matthieu le publicain, mais cela peut être un autre publicain que Lévi. D’autant plus que dans ce verset on dit de Jacques qu’il est fils d’Alphée mais pas Matthieu.

Si Lévi et Matthieu sont deux personnes différentes, nous avons donc, avec l’appel de Lévi, un beau texte d’un appel d’un disciple qui ne fait pas partie du groupe des 12. Il devient symbolique de l’appel de tous les baptisé-es.

 

3-Il le suit

Pour aller où ? Dans sa propre maison…

Curieux !

En suivant Jésus, Lévi va dans propre maison.

Indication précieuse pour nous : Jésus nous conduit d’abord à l’intérieur de nous-mêmes pour habiter vraiment nos vies et l’accueillir en ce lieu-là

 

4-Nombreux

Jésus le conduit à l’intérieur de lui mais aussi pour y vivre avec des sœurs et des frères. Ils sont nombreux pour ce repas : repas du partage, de la solidarité, de l’action de grâce. La suite du Christ est personnelle et communautaire.

 

5-Ses disciples …nombreux

Précieuses indications qui nous permettent d’affirmer que les disciples ne sont pas seulement les 12 mais de nombreuses femmes et hommes qui le suivent.

 

6-Il mange avec les pécheurs

Jésus continue de déranger la religion officielle. Il y eu d’abord sa prétention à pardonner. Maintenant il appelle comme disciple un homme exclu à cause de son travail et il mange avec tous ceux qui sont déclarés pécheurs.

Pour bien comprendre l’attitude de Jésus vis à vis des pécheurs, il est nécessaire de savoir que Jésus vit dans une société qui pense que les justes sont ceux qui peuvent respecter toutes les prescriptions juridiques de la loi religieuse (respect du sabbat, des règles de puretés etc.). Beaucoup ne le peuvent pas à cause de leur condition sociale, de leur travail qui les empêchent d’observer tout cela.

Quand Jésus dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs », c’est ces pécheurs-là dont il parle : il est venu pour ceux qu’une loi religieuse a exclus de l’accès à Dieu et donc qui se croient exclus ! Il vient leur dire : non vous n’êtes pas exclus, Dieu vous aime.

Il vient donc dire à ceux qui se croient justes par ce qu’ils sont en règle avec des lois religieuses : vous êtes pécheurs. Et à ceux que la loi religieuse déclare pécheurs : vous êtes aimés de Dieu.

Mais il vient surtout dire à tous que la racine du péché, c’est le manque d’amour. Et là, tous sont pécheurs. Il vient dire à toutes et tous que le Dieu de miséricorde est comme un berger en quête de sa brebis perdue, comme une femme à la recherche d’un trésor perdu, comme un père dans l’attente de son fils perdu.

Il n’y a donc pour Jésus qu’une seule loi, celle de l’amour. Ainsi il dira : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit, voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les prophètes » Mt 22 /37-40

Amour et miséricorde permettent de comprendre le comportement de Jésus et l’étonnement qu’il a pu susciter. Il veut manger chez un collecteur d’impôts, appelle l’un d’eux, sans poser aucune condition. Il dira explicitement ce qu’il veut : « C’est la miséricorde que je désire » Mt 9/13 et c’est lui le premier qui fait miséricorde.

 

 

 

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 11:45

paralitique 4

 

Quelques jours plus tard, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison.

Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole.

Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.

Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.

Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »

Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes :

« Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »

Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?

Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?

Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé –

je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »

Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

 

Mc2/1-12

1-Capharnaüm

C’est la ville choisie par Jésus. Son camp de base en quelque sorte : la maison d’un ami, Simon. Cela permet de mieux saisir le quotidien de Jésus : il a une maison où se reposer, des amis sur qui il peut compter.

 

2-Il leur annonçait la Parole

Remarquons qu’il le fait dans une maison et non dans un lieu sacré, séparé du monde. C’est donc une parole qui est dite et entendu au cœur de ce qui fait la vie des gens.

 

3-Une personne paralysée et 4 amis

Regardons ces 5 hommes. Avant d’arriver là, le malade a du faire appel à ses amis, ils ont du se concerter, réfléchir comment contacter Jésus…en tout cas, leur décision a sa source dans une confiance entre eux et envers Jésus.

 

4-L’inventivité de l’amitié

Regarder comment ils surmontent les obstacles : prendre l’escalier extérieur, défaire la couche d’argile du toit, descendre le brancard avec des cordes.

Le texte ne nous a laissé aucune parole de leur part, mais ils ont parlé par leurs actes.

 

5-Tes péchés sont remis

Se laisser surprendre par cette parole. Pourquoi Jésus dit cela ? II a devant lui un homme manifestement paralysé, qui vient pour être guéri et pouvoir vivre debout, marcher comme les autres et…Jésus lui dit une parole de pardon. Pourquoi Jésus dit-il cela ?

 

6-Il blasphème

Parole de pardon d’autant plus étonnante qu’elle est, au regard de la religion,  blasphématoire, ce qui est bien déclaré par les scribes.

Il blasphème ?  Ou il dit la vérité ? Il dit la vérité de son être : il vient de Dieu, il est de Dieu, il est Dieu. Il est le Verbe fait chair dont nous parle St jean au chapitre 1 de son évangile.

 

7-Dresse-toi

La guérison physique est le signe de la liberté qu’apporte Jésus. Il met les gens debout, les délivre de la paralysie de leur cœur. Il nous veut vivant-e, libre, debout.

 

 

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 14:09

 

 

Voici une interview paru sur le site Site Redes Cristianas

http://www.feadulta.com/es/buscadoravanzado/item/5208-raul-vera-un-obispo-de-la-cuerda-del-papa.html

et la traduction française

 

RAÚL VERA, UN OBISPO DE LA CUERDA DEL PAPA

Escrito por  Jan Martínez Ahrens

 

 RAÚL VERA | OBISPO DE SALTILLO (MÉXICO)

 

Raúl Vera (Acámbaro, Guanajuato, 1945) es el obispo más amenazado de México. Un prelado que ha salido vivo de más de un atentado y cuyo trabajo en favor de los desaparecidos, migrantes, menores, indígenas, prostitutas y parias de todo tipo le ha granjeado odios feroces, incluido la letal enemistad del narco. Pero las amenazas no parecen hacerle mella.

Ingeniero de carrera e hijo intelectual del Mayo del 68, se ha forjado una leyenda de indomable. Su primer pulso llegó en 1995 cuando Juan Pablo II le envió como coadjutor a Chiapas, en plena efervescencia zapatista. Tenía como misión poner orden en la diócesis de san Cristóbal de las Casas, dirigida por el carismático Samuel Ruiz, un adalid de las tesis indigenistas y la teología de la liberación.

Al poco de llegar, aquel comisario político al que todos consideraban un conservador y cuyo destino era quitarle la mitra a Ruiz, acabó apoyando al clero local. Roma no olvidó. Cuatro años después fue enviado, como castigo, al árido obispado de Saltillo, en Coahuila, al norte del país. De poco sirvió. Desde ahí volvió a la trinchera. Ha plantado cara a los desmanes del Gobierno y también al terror de Los Zetas.

Su discurso, de fuerte contenido social, irredento en la lucha contra la desigualdad y furibundo contra el “capitalismo liberal”, le ha situado lejos del aristocrático y ortodoxo episcopado mexicano. 

Una distancia que aún agrandó más su actitud ante las mujeres abortistas y su defensa de los derechos de los homosexuales. Durante mucho tiempo, Raúl Vera ha sido la oveja negra, el díscolo, el anticuado izquierdista, hasta que el terremoto ideológico provocado por la llegada de Francisco a la cátedra de San Pedro ha insuflado nueva fuerza a su voz. Ahora, los otros obispos se giran para escucharle.

Pregunta. ¿Qué le aconsejaría visitar al Papa cuando venga a México?

Respuesta. Pues para empezar, que conociera la ruta de los migrantes. También le haría visitar una cárcel, porque a él le gusta ir a las cárceles; lo llevaría a los suburbios de una ciudad grande, porque él dice que tenemos que ir a la periferia. Le organizaría una visita de acuerdo con lo que él está pidiéndonos que atendamos. Y haría que quienes estén en primera fila sean los indígenas, sean los pobres..., porque eso no se hace, poner delante a los pobres...

P. Hace poco bautizó a la hija de una pareja lesbiana. ¿Qué piensa de la homosexualidad?

R. La homosexualidad, ay... es un tema al que nos hemos negado. Los que dicen que el homosexual es un enfermo, son los que están enfermos. Tengo un amigo que fue sacerdote y que es homosexual. Él dice que no reconocer a los homosexuales es como medir por las normas del rugby a los que juegan al fútbol, y luego decirles además que están violando las normas. La Iglesia tiene que acercarse a ellos no con condenas, sino con diálogo. No podemos anular toda la riqueza de una persona solamente por su preferencia sexual. Eso es enfermizo, eso es no tener corazón, es no tener sentido común.

P. ¿Y con el aborto no pasa lo mismo?

R. En el aborto pienso como piensa la Iglesia, que eso es un asesinato. Las diferencias están en cómo se trate, cómo se penalice. El aborto, como el matrimonio entre los homosexuales, nos ha servido de subterfugio para decir que tenemos moral en la Iglesia. Pero no somos capaces de defender los derechos de los obreros. Es muy fácil ir contra una mujer abortista, no tiene problema y además nos apoya la ultraderecha conservadora. Mire, aquí hubo una campaña nacional contra el aborto, a favor de la vida. ¿Y yo qué hice? Organizar rosarios por todo el pueblo para meditar sobre la defensa de la vida de los migrantes, la defensa de la vida de los mineros, la defensa de la vida de las mujeres y la defensa de la vida del no nacido. Pero somos unos hipócritas... Parecería que las únicas reglas morales fueran condenar a los matrimonios homosexuales, condenar a las abortistas. Y ya con eso, ya somos cristianos perfectos.

P. ¿Legalizaría la prostitución?

R. No, eso sería legalizar la explotación femenina. Yo creo en la dignidad de las mujeres. La prostituta es una mujer sumamente dañada, pero jamás debe perder su dignidad y el derecho al respeto. Estamos llegando a límites espantosos en el fenómeno de la trata y la explotación.

P. ¿Es usted socialista?

R. No me considero socialista. No he leído a Marx, no he militado en el socialismo, y nunca me gustó la tesis de la conversión en dictadura. Todos tenemos los mismos derechos y la misma dignidad, pero también tenemos libertad. Ahora bien, nunca he apoyado los métodos del capitalismo, Dios me libre. El verdadero sentido de la vida es la comunidad, el cuidado de los débiles y la participación en los bienes de la tierra por igual. Todo eso lo he aprendido del mundo indígena, de los pobres y los campesinos. Ellos me han enseñado el valor de la vida humana y también su capacidad para la alegría. Ellos me han enseñado a reír.

P. Usted se ha enfrentado al narco públicamente, ¿teme por su vida?

R. En Chiapas aprendí que había que arriesgar la vida si uno quería ponerse del lado de los pobres. De otro modo, no hubiera podido quedarme ahí mientras los paramilitares mataban a esos hermanos catequistas.

P. ¿Y aquí en el Estado de Coahuila, que es territorio de Los Zetas?

R. He aprendido que para defender la vida humana tienes que poner la tuya de por medio. No hay otra manera de ser pastor.

P. En México hay oficialmente más de 13.000 desaparecidos; en Coahuila, 1.800. Solo en dos pueblos del norte, los narcos se llevaron en pocos días y a plena luz a 300 personas sin que las autoridades hiciesen nada. ¿Qué cree que está pasando?

R. La impunidad ha permitido que eso suceda. La desaparición viene acompañada de la eliminación de todo indicio que permita la persecución: hacen desaparecer las personas y luego los cuerpos. Y todo se vuelve hipotético, porque nadie sale vivo. Y si alguien se separa de esos grupos, es persona muerta. En el caso de Allende lo hicieron a la luz del día, sin que hubiera la más mínima reacción de autoridades.

P. ¿Y no sería una solución para acabar con el narcotráfico legalizar las drogas?

R. No va a ser la solución.

P. ¿Por qué no?

R. Absolutamente no. Las drogas van ligadas a la depreciación de la vida humana. La descomposición del hombre no viene de la droga; a la droga se va, igual que se va al alcohol, por otra cosa. Para unos la vida no tiene sentido y la necesitan para vivir el sinsentido, y hay otros que no tienen ni dónde caerse muertos. Legalizando la droga no se soluciona el problema por el que la gente se droga. Y bastaría con prohibir unas para que descubriesen nuevas.

El obispo Vera lo dice suavemente. A sus 69 años se le ve tranquilo. Acabada la entrevista, se dirige a su despacho, repleto de libros, a cambiarse de vestiduras. Al lado está su habitación. No le importa que se mire dentro. Con su ordenador y la mesa desordenada parece el cuarto de un universitario, excepto por la cama, mínima, vieja y sin colchón, de fraile dominico.

 

Jan Martínez Ahrens

El País, 14 JUL 2014

 

 

Raul Vera, un évêque de la même étoffe que le Pape

 

Raul Vera (Acambaro,Guanajuato, 1945, dominicain) est l’évêque le plus menacé du Mexique.

Un prélat qui est sorti vivant de plus d’un attentat et dont l’œuvre en faveur de disparus, migrants, jeunes, indigènes, prostituées et parias de tout genre lui a acquis des haines féroces. Y compris celle, mortelle du cartel de la drogue. Mais les menaces ne paraissent pas lui faire d’effet.

 

Ingénieur de carrière et intellectuellement fils de Mai 68, il s’est forgé une légende de rebelle. Son premier coup arriva en 1995, quand Jean-Paul II l’envoya comme évêque coadjuteur au Chiapas, en pleine effervescence zapatiste. Il reçut la mission de mettre de l’ordre dans le diocèse de San Cristobal de las Casas, dirigé par le charismatique Samuel Ruiz, le champion des thèses indigènes, de la théologie de la libération.

A peine arrivé, ce ‘commissaire politique’ que tous voyaient comme un conservateur et dont la consigne était d’enlever sa mitre à Ruiz, finit par soutenir le clergé local.

Rome n’oublie pas.

Quatre ans après il fut expédié, en châtiment, à l’aride diocèse de Saltillo, au Coahuila, au nord du pays. Cela ne servit pas à grand-chose. Il revint là à son combat. Il fit face aux violences du gouvernement comme à la terreur des Zetas.

Ses paroles, de fort contenu social, basées dans la lutte contre les inégalités et révoltées contre le ‘capitalisme libéral’ le situent loin de l’aristocratique et orthodoxe épiscopat mexicain. Une distance agrandie encore par son attitude envers les femmes ayant avorté et sa défense des droits des homosexuels. Pendant longtemps Raul Vera  a été le mouton noir et l’indiscipliné, le vieux gauchiste, jusqu’à ce que le tremblement de terre idéologique provoqué par la venue de François au siège de Saint Pierre donne une force nouvelle à sa voix. Aujourd’hui, ce sont les autres évêques qui changent, pour l’écouter.

 

Question : Que conseillerez-vous au Pape de visiter quand il viendra à Mexico ?                                        

Réponse : Eh bien, pour commencer, qu’il connaisse les chemins des migrants. Aussi je lui ferai visiter une prison car elles l’intéressent. Je l’amènerai dans les faubourgs d’une grande cité car il nous dit que nous devons aller dans les banlieues. Je lui organiserai une visite  selon ce à quoi il nous demande d’être attentifs. Et je ferai que ceux qui sont en première file soient les indigènes, les pauvres… car cela ne se fait pas de mettre les pauvres devant.

 

Q : Il n’y a pas longtemps vous avez baptisé la fille d’un couple lesbien. Que pensez-vous de l’homosexualité ?

R : L’homosexualité, oui… c’est un sujet que nous avons refusé de voir. Ceux qui disent que l’homosexuel est un malade, ce sont eux les malades. J’ai un ami qui a été prêtre et qui est homosexuel. Il dit que ne pas reconnaître les homosexuels c’est comme si les joueurs de foot se moquaient des règles des rugbymen et disaient qu’ils violent les règles.

L’Eglise doit aller vers eux, non en condamnant mais en dialoguant. Nous ne pouvons pas annuler toute la richesse d’une personne rien que pour sa préférence sexuelle. C’est maladif, ne pas avoir de cœur ni de sens commun.

 

Q : Et avec l’avortement, n’est-ce pas pareil ?

R : Pour l’avortement, je pense comme l’Eglise, que cela c’est un assassinat. Ce qui fait la différence, c’est comment on le traite, comment on le pénalise.

L’avortement, comme le mariage entre homosexuels, nous a servi de subterfuge pour dire que nous avons une morale dans l’Eglise.

Mais nous ne sommes pas capables de défendre les droits des ouvriers. C’est plus facile d’aller contre une femme qui avorte : il n’y a pas de problème et en plus l’ultradroite conservatrice nous appuie.

Voyez, il y a eu une campagne nationale  contre l’avortement, en faveur de la vie. Et moi, qu’est-ce que j’ai fait ? Organiser  des chapelets, dans tout le peuple, pour méditer sur  la défense de la vie des migrants, la défense de la vie de la jeunesse, la défense de la vie des femmes et la défense de la vie avant la naissance.

Mais nous sommes bien des hypocrites. On dirait que les uniques règles morales soient de condamner les couples homosexuels, condamner les femmes qui avortent : ça suffit avec cela. Avec cela nous sommes des chrétiens parfaits.

 

Q : Légaliseriez-vous la prostitution ?

R : Non, car ce serait légaliser l’exploitation féminine. Je crois en la dignité des femmes. La prostituée est une femme à qui on fait un tort terrible mais elle ne doit jamais perdre sa dignité et le droit au respect. Nous sommes arrivés à des limites effrayantes dans le phénomène de la traite et de l’exploitation.

 

Q : Etes-vous socialiste ?

R : Je ne me considère pas comme un socialiste. Je n’ai pas lu Marx, pas milité dans le socialisme et jamais ne m’a plu la thèse d’une conversion à une dictature. Nous avons tous les mêmes droits et la même dignité, mais nous avons aussi la liberté. Mais bien, je n’ai jamais soutenu les méthodes  du capitalisme. Et Dieu m’en garde.

Le sens vrai de la vie c’est la communauté, le soin des faibles et la participation aux biens de la terre pour tous également.

Tout cela je l’ai appris du monde indigène, des pauvres et des paysans. Eux m’ont enseigné la valeur de la vie humaine et aussi leur aptitude à la joie. Ils m’ont appris à rire.

 

Q : Vous avez affronté la drogue publiquement, craignez-vous pour votre vie ?

R : Au Chiapas, j’ai appris qu’il faut risquer sa vie si on se met du côté des pauvres. Sinon je n’aurais pas pu rester  au moment où les paramilitaires tuaient ces frères catéchistes.

Q : Et ici, dans cet Etat du Coahuila, territoire des Zetas ?

R : J’ai appris que pour défendre la vie humaine tu dois risquer ta vie au milieu. Il n’y a pas d’autre manière d’être pasteur.

 

Q : A Mexico, il y a officiellement plus de 13.000 disparus, au Coahuila 1.800. Rien qu’en deux villages du nord, les narcos en peu de jours et en pleine lumière ont pris 300 personnes sans que les autorités ne fassent rien. Que croyez-vous qu’il se passe ?

R : L’impunité a permis que cela arrive. La disparition s’accompagne  de l’effacement de tout indice permettant des poursuites : ils font disparaître les personnes, puis les corps. Alors il n’y a que des doutes parce que personne ne reste vivant. Et si quelqu’un se retire de ces groupes c’est une personne morte. Dans le cas d’Allende, ils l’ont fait à la lumière du jour sans qu’il y ait la moindre action des autorités.

Q : Et ce ne serait pas une solution, pour en finir avec ce trafic, de légaliser les drogues ?

R : Ce ne sera pas la solution.

Q : Pourquoi pas ?

R : Absolument non. Les drogues sont reliées à la dépréciation de la vie humaine. La décomposition de l’homme ne vient pas de la drogue, elle y conduit, ainsi qu’à l’alcool par ailleurs.

Pour certains, la vie n’a pas de sens et ils ont besoin de drogue pour vivre cette absence de sens, et il y en a d’autres qui n’ont rien d’autre pour trouver la mort. Légaliser la drogue n’est pas résoudre le problème pour lequel ces gens se droguent. Et il suffirait d’en interdire certaines pour qu’on en invente de nouvelles.

…………

 

L’évêque Vera parle gentiment. A ses 69 ans on le rencontre tranquille. L’entrevue terminée, il va vers son appartement plein de livres, pour se changer, à côté de sa chambre. Peu importe qu’on regarde dedans. Avec son ordinateur et sa table en désordre on dirait le studio d’un étudiant, excepté pour le lit, petit, vieux et sans matelas, de frère dominicain.

 

Traduit de l'Espagnol par René Sournac

 

 

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 10:31

Le 12 août 2014, le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, présidé par le cardinal Jean-Louis Tauran, a appelé à une réaction claire et courageuse des responsables musulmans devant les crimes commis en Irak contre les minorités religieuses. Voici la déclaration du Conseil en intégralité.

Le monde entier a assisté, stupéfait, à ce qu’on appelle désormais «la restauration du califat» qui avait été aboli le 29 octobre 1923 par Kamal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne.

La contestation de cette «restauration» par la majorité des institutions religieuses et politiques musulmanes n’a pas empêché les jihadistes de l’«Etat Islamique» de commettre et de continuer à commettre des actions criminelles indicibles.

Ce Conseil pontifical, tous ceux qui sont engagés dans le dialogue interreligieux, les adeptes de toutes les religions ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté, ne peuvent que dénoncer et condamner sans ambiguïté ces pratiques indignes de l’homme:

- le massacre de personnes pour le seul motif de leur appartenance religieuse;

- la pratique exécrable de la décapitation, de la crucifixion et de la pendaison des cadavres dans les places publiques;

- le choix imposé aux chrétiens et aux yézidis entre la conversion à l’islam, le paiement d’un tribut (jizya) ou l’exode;

- l’expulsion forcée de dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des enfants, des vieillards, des femmes enceintes et des malades;

- l’enlèvement de jeunes filles et de femmes appartenant aux communautés yézidie et chrétienne comme butin de guerre (sabaya);

- l’imposition de la pratique barbare de l’infibulation;

- la destruction des lieux de culte et des mausolées chrétiens et musulmans;

- l’occupation forcée ou la désacralisation d’églises et de monastères;

- la retrait des crucifix et d’autres symboles religieux chrétiens ainsi que ceux d’autres communautés religieuses;

- la destruction du patrimoine religieux-culturel chrétien d’une valeur inestimable;

- la violence abjecte dans le but de terroriser les personnes pour les obliger à se rendre ou à fuir.

Aucune cause ne saurait justifier une telle barbarie et certainement pas une religion. Il s’agit d’une offense d’une extrême gravité envers l’humanité et envers Dieu qui en est le Créateur, comme l’a souvent rappelé le Pape François.

On ne peut oublier pourtant que chrétiens et musulmans ont pu vivre ensemble - il est vrai avec des hauts et des bas - au long des siècles, construisant une culture de la convivialité et une civilisation dont ils sont fiers. C’est d’ailleurs sur cette base que, ces dernières années, le dialogue entre chrétiens et musulmans a continué et s’est approfondi.

La situation dramatique des chrétiens, des yézidis et d’autres communautés religieuses et ethniques numériquement minoritaires en Irak exige une prise de position claire et courageuse de la part des responsables religieux, surtout musulmans, des personnes engagées dans le dialogue interreligieux et de toutes les personnes de bonne volonté. Tous doivent être unanimes dans la condamnation sans aucune ambiguïté de ces crimes et dénoncer l’invocation de la religion pour les justifier. Autrement quelle crédibilité auront les religions, leurs adeptes et leurs chefs? Quelle crédibilité pourrait avoir encore le dialogue interreligieux patiemment poursuivi ces dernières années?

Les responsables religieux sont aussi appelés à exercer leur influence auprès des gouvernants pour la cessation de ces crimes, la punition de ceux qui les commettent et le rétablissement d’un état de droit sur tout le territoire, tout en assurant le retour des expulsés chez eux. En rappelant la nécessité d’une éthique dans la gestion des sociétés humaines, ces mêmes chefs religieux ne manqueront pas de souligner que le soutien, le financement et l’armement du terrorisme est moralement condamnable.

Ceci dit, le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux est reconnaissant envers tous ceux et celles qui ont déjà élevé leurs voix pour dénoncer le terrorisme, surtout celui qui utilise la religion pour le justifier.

Unissons donc nos voix à celle du Pape François: « Que le Dieu de la paix suscite en tous un désir authentique de dialogue et de réconciliation. La violence ne se vainc pas par la violence. La violence se vainc par la paix!».

http://www.lavie.fr/actualite/documents/irak-declaration-du-conseil-pontifical-pour-le-dialogue-interreligieux-12-08-2014-55403_496.php

 

 

 

 

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