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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 22:33

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TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN

Grand hebdomadaire chrétien issu de la résistance, engagé dans tous les combats du XXème siècle : 
- Contre le nazisme, les guerres coloniales et le totalitarisme. 
- Pour le droit des personnes, les conquêtes sociales et les nouveaux droits du XXIème siècle

Témoignage chrétien est un journal au service d'une démocratie exigeante et de l'unité de la famille humaine.

Chaque jeudi, un quatre pages format journal pour décrypter l’actualité résolument tourné vers l’action, l’engagement, le partage des savoirs et les initiatives des groupes et des personnes qui se mobilisent pour faire grandir l’humanité… 

Tous les mois, un supplément magazine de 100 pages à l’hebdomadaire pour approfondir avec des témoignages, des initiatives, des rencontres et des débats les grandes interrogations qui nous traversent et ce sur le terrain politique comme sociétal, religieux ou éthique…

Pour s’abonner

http://temoignagechretien.fr/abonnements

En vous abonnant, vous permettez à cet hebdomadaire et au site temoignagechretien.fr de gagner en autonomie et indépendance financière tout en soutenant l’information plurielle !

J’écris dans cet hebdomadaire un billet spirituel.

Vous pouvez aller  lire les 2 premiers en cliquant sur les liens suivants :

http://temoignagechretien.fr/articles/commentaires-spirituels/saints-de-dieu

http://temoignagechretien.fr/articles/commentaires-spirituels/etonnante-famille

 

 

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 22:41

 

Actualité & retraites  2014

 

A quelques jours de la fête de Pâques...

toute l'équipe vous souhaite une très belle semaine sainte.

Que ce temps soit une chance pour chacun d'entre nous, d'entrer dans une plus grande "connaissance intérieure du Christ", en l'accompagnant sur son chemin de passion et de résurrection.

N'hésitez pas à vous inscrire à nos prochaines retraites* :

  • Retraite du temps pascal : Avec Manuel Grandin sj et l'équipe de NDWeb, découvrir les Actes des Apôtres comme fondement de la première histoire chrétienne. [24 avril - 9 juin Pentecôte]
  • Retraite Écologie : Avec Eric Charmetant sj et Jean-Pierre Delhomme cvx, répondre à l'appel du pape François à prier et grandir dans l'émerveillement et le respect de la création. [2-29 juin]
  • Retraite de l'été : Avec l'équipe de NDWeb, ne pas oublier de se nourrir spirituellement en méditant l'exhortation apostolique du pape François : La joie de l’Évangile.

 * : Pour s'inscrire, cliquez sur le lien modifier votre souscription en bas de ce mail. Il vous dirigera vers la page pour sélectionner la retraite désirée.


A bientôt,
Marie-Thérèse, Michèle et Grégoire, bref... NDWeb !

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 19:47

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (13, 1-20)

Avant la fête de la Pâque, Jésus sachant que son heure était venue, l’heure de passer de ce monde au Père, lui, qui avait aimé les siens qui sont dans le monde, les aima jusqu’à l’extrême.

Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait jeté au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, la pensée de le livrer, sachant que le Père a remis toutes choses entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il va vers Dieu, Jésus se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge dont il se ceint.

Il verse ensuite de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.

Il arrive ainsi à Simon-Pierre qui lui dit : « Toi, Seigneur, me laver les pieds ! » Jésus lui répond : « Ce que je fais, tu ne peux le savoir à présent, mais par la suite tu comprendras. » Pierre lui dit : « Me laver les pieds à moi ! Jamais ! »

Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu ne peux pas avoir part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, non pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »

…/…Lorsqu’il eut achevé de leur laver les pieds, Jésus prit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ? Vous m’appelez “le Maître et le Seigneur” et vous dites bien, car je le suis. Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi. En vérité, en vérité, je vous le dis, un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, vous serez heureux si du moins vous le mettez en pratique.

…/…En vérité, en vérité, je vous le dis, recevoir celui que j’enverrai, c’est me recevoir moi-même, et me recevoir c’est aussi recevoir Celui qui m’a envoyé. »

 

Cela se passe dans une maison de Jérusalem. Jésus y a fait préparer une salle pour manger  le repas de la Pâque avec ses disciples. Il y a une table prête pour la fête, et tout le nécessaire pour  les ablutions traditionnelles: les jarres remplies d’eau, un bassin, des linges empilés…

Entrer dans la salle; les disciples y sont à table, réunis autour de Jésus.

Imaginer l’inquiétude de ces hommes et de ces femmes, face au dénouement incertain de leur aventure ensemble. Car Jésus pressent son prochain retour vers son Père, et il va continuer ce soir là à manifester une fois encore son amour pour ses amis, et pour chacun de nous…

 

 

* Les mains de Jésus

Je contemple Jésus. Il a noué un linge autour de sa taille. Je le vois verser de l’eau dans un bassin ; j’entends le bruit de l’eau, comme lors d’un baptême.

Je regarde Jésus, calme et attentif, en tenue de serviteur ; son attitude, ses gestes,  penché tour à tour devant chacun de ses disciples, pour lui laver les pieds, puis les lui essuyer…

Je contemple son attitude empreinte de tendresse et de bonté,

lui à qui le Père a remis toutes choses entre les mains.

 

 

*Les mains de Pierre

Voici Jésus arrivé devant Pierre; il représente l’être humain qui veut bien suivre Jésus, sans en comprendre complètement le sens des paroles et des actes. Pierre a pourtant bien entendu Jésus prêcher l’amour des petits, bousculer certains codes sociaux, annoncer qui sera le plus grand  dans le royaume de Dieu… et voilà pourtant Pierre complètement dérouté et choqué par ce geste de Jésus, son maitre et Seigneur.

Je regarde Pierre, son attitude d’étonnement. J’écoute Pierre dans son dialogue avec Jésus, l’intonation de sa voix, ses paroles de protestation. Comment cela résonne-t-il en moi ?

 

 

*Je regarde les pieds de Pierre. Ils sont comme ceux de bien des hommes de cette époque, usés et poussiéreux, fatigués à force d’avoir marché sur les routes de Palestine  pour suivre Jésus. Dans leur dénuement, ils portent aussi le signe de la fidélité de Pierre. Dans leur nudité, ils expriment une manière de vulnérabilité et d’abandon.

Je contemple cette scène où Jésus s’agenouille devant Pierre, où les mains de Jésus prennent les pieds de Pierre, pour les lui laver,

dans une confiance et une humilité réciproques.

 

 

*Je me situe dans cette scène, et je présente intérieurement à Jésus mes propres pieds. Ils supportent  tout le poids de mon corps, de mon histoire. C’est l’outil qui me maintient stable, debout sur le sol, ancré sur la terre de mes racines. Et c’est aussi ce qui me permet d’avancer sur mon chemin de vie, comme le relais de beaucoup d’énergies et de fatigues, d’avancées et de faux pas.

Aujourd’hui, quel est l’objet de ma fatigue que je voudrais présenter à Jésus pour qu’il en prenne soin ?

 

 

* Comme un ami parle à son ami,

je confie à Jésus ma manière de recevoir, dans le quotidien de ma vie:

comment  j’accueille les paroles de sympathie, les gestes de sollicitude ; comment je dispose mon cœur à me laisser toucher par la Parole de Dieu ; comment je reconnais ce qui est source de vie…

 

Je pourrai alors me laisser enseigner par Jésus,

par son appel à aimer comme il aime,

tel un chemin de bonheur pour l’être humain.

 

 

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 23:37

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Dans l'Evangile de Jean  1/35-51

[35] Le lendemain, Jean se tenait là, de nouveau, avec deux de ses disciples.

[36] Regardant Jésus qui passait, il dit : "Voici l'agneau de Dieu."

[37] Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus.

[38] Jésus se retourna et, voyant qu'ils le suivaient, leur dit : "Que cherchez-vous ?" Ils lui dirent : "Rabbi - ce qui veut dire Maître - , où demeures-tu ?"

[39] Il leur dit : "Venez et voyez." Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure.

[40] André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et suivi Jésus.

[41] Il rencontre en premier lieu son frère Simon et lui dit : "Nous avons trouvé le Messie" - ce qui veut dire Christ.

[42] Il l'amena à Jésus. Jésus le regarda et dit : "Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t'appelleras Céphas" - ce qui veut dire Pierre.

[43] Le lendemain, Jésus résolut de partir pour la Galilée ; il rencontre Philippe et lui dit : "Suis-moi !"

[44] Philippe était de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre.

[45] Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : "Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l'avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth."

[46] Nathanaël lui dit : "De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ?" Philippe lui dit : "Viens et vois."

[47] Jésus vit Nathanaël venir vers lui et il dit de lui : "Voici vraiment un Israélite sans détours."

[48] Nathanaël lui dit : "D'où me connais-tu ?" Jésus lui répondit : "Avant que Philippe t'appelât, quant tu étais sous le figuier, je t'ai vu."

[49] Nathanaël reprit : "Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël."

[50] Jésus lui répondit : "Parce que je t'ai dit : Je t'ai vu sous le figuier, tu crois ! Tu verras mieux encore."

[51] Et il lui dit : "En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme."

Nous voici au bord du Jourdain. En ce temps-là, tous attendent un sauveur, un messie…  Et le texte nous dit que dans cette foule, il y en a deux plus malins que les autres.  Ils ont compris le message de Jean Baptiste. Le messie, le sauveur, c’est Lui, Jésus de Nazareth. Et ils se mettent à Le suivre…  et l’attente de ce sauveur est si fervente que la tentation doit être grande, pour ces deux disciples,  de s’accaparer Jésus pour en faire une idole que tous admireraient. Les hommes aiment tant se construire des images comme un reflet d’eux-mêmes, plutôt que se pencher sur leur propre mystère. Et pourtant, ce n’est pas ce qui va se passer : loin de saisir le Christ, c’est le Christ qui les saisit.

« Que cherchez-vous ? » et non pas « Qui cherchez-vous ? ». Par cette question, Jésus s’adresse directement à leur cœur, bien au-delà de leur quête d’un messie. Lui, Jésus, cet inconnu de passage,   leur donne à cet instant envie de parler vrai, d’être vrai… Comme si leurs aspirations les plus profondes étaient le germe d’un royaume à venir.  Comme si Dieu se tenait là, enfoui dans cette terre du désir qui habite leur cœur.

« Où demeures-tu ? » La voici donc leur véritable aspiration : celle de connaître ce qui fait le lieu, la terre de cet inconnu pour naître avec lui  et vivre une relation en plénitude,  avec la folle espérance que cet inconnu ne leur fasse pas défaut. Et Jésus ne leur fait pas défaut : «  Venez et voyez ». Sa réponse est celle d’un Amour, tout à la fois,  captif de notre liberté, et aussi obstiné que la lumière : sans cesse,  Il guette nos moindres ouvertures, pour s’y engouffrer et y demeurer.  Les mots se taisent soudain, même le temps s’évanouit et tout devient Présence. Chacun s’imprègne de l’autre au cœur de son histoire. Ainsi  les disciples qui rêvaient jusqu’ à présent  de trouver un maître, un guide, devinent quelque chose de bien plus grand : ils découvrent un ami.  

Un ami  qui leur parle, un ami qui les regarde. Et par Ses mots, par Son regard, ils prennent alors conscience de leur identité profonde : « tu t’appelleras Pierre », « suis-moi » . Les chemins du possible s’ouvrent  alors devant eux.  Formidable bonne nouvelle : ils ne deviendront  pas l’ombre ou la pâle copie d’un célèbre rabbi. Avec Jésus il est question d’être soi-même, d’être sujet. Comme pour Nathanaël, Jésus s’inscrit toujours dans ce qui fait la singularité de notre être : il nous tire vers nous-même.

Je ne sais pas s’il est possible de garder une telle expérience pour soi. Une telle  rencontre, à ce point dénuée de toute  peur, de tout esprit de jugement, ne peut que se partager  comme une contagion de l’Amour. Et c’est de contagion de l’Amour dont nous parle ce texte, quand il raconte comment les disciples vont à la rencontre de leurs amis. Par contre, nulle part dans ce texte, il n’est question de visibilité, de nombre de vocations, nulle part il n’est question de codes qui nous indiqueraient comment faire partie du « club des amis de Jésus. »  Ne nous trompons pas : l’évangélisation, c’est  avant tout, la contagion de notre rencontre avec le Christ.

Contagion de l’Amour quand il déborde nos raisonnements, nos jugements ;
Contagion de l’Amour quand il se lit sur nos visages ;
Contagion de l’Amour quand il transfigure chacun de nos gestes.

 La barre est bien haute, me direz-vous, tant cette rencontre est parasitée par nos soucis, nos doutes, nos nuits. Mais ne pensez-vous pas que Dieu sait cela ? Dieu nous connaît par cœur.  Et en réponse à nos inquiétudes, Il s’engage aux côtés de  chacun, chacune d’entre nous comme il s’est engagé auprès de Jacob dans l’ancien testament. Jacob est un personnage travaillé par le désir d’être béni. A tel point qu’il finit par trahir son frère pour obtenir la bénédiction de son père. Il est alors obligé de quitter sa tribu et de partir dans le désert, où il s’endort. Il est un peu dans le « brouillard », Jacob. Et c’est ce moment que Dieu choisit pour lui parler, pour s’engager avec lui. Cette parole adressée à Jacob, nous est destinée, pour toutes nos marches dans le « brouillard » :

«  Je suis avec toi, responsable de toi.
 Partout où tu iras,
 je te ferai revenir ici, sur cette terre.
 Je ne t’abandonnerai pas,
 jusqu’à ce  que j’aie fait ce que je t’ai dit. »
Genèse 28, verset 15.

 

N’est-ce pas là, la plus belle des promesses d’éternité ?

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 19:15

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01 En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance.

02 Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »

03 Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui.

04 Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler.

05 Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »

06 Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle,

07 et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

08 Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »

09 Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. »

10 Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? »

11 Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : “Va à Siloé et lave-toi.” J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. »

12 Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »

13 On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.

14 Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.

15 À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. »

16 Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés.

17 Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. »

18 Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents

19 et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? »

20 Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle.

21 Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »

22 Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ.

23 Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »

24 Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »

25 Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. »

26 Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »

27 Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’ave z pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »

28 Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples.

29 Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »

30 L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux.

31 Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.

32 Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.

33 Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »

34 Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.

35 Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »

36 Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »

37 Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »

38 Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.

 

Voilà bien un texte qui est une bonne nouvelle.

Une bonne nouvelle pour nous.

Pour vous, pour moi, pour chacun d’entre nous.

Une bonne nouvelle à partager à celles et ceux qui ne la connaissent pas !

Mais c’est quoi, cette nouvelle qui est bonne ?

Elle est bonne parce qu’elle nous libère.

Alors, d’abord, voyons de quoi elle nous libère.

 

Au début du texte nous sommes en pleine ténèbre. Celle où est plongé un aveugle de naissance. Et Jésus va libérer cet homme de sa cécité.

Oui, mais il y a une ténébre pire que la cécité,  c’est celle des disciples. En effet, par la question qu’ils posent :

« si cet homme est aveugle, c’est qu’il est pécheur ou que ses parents le sont ». On se rend compte qu’ils qui sont plongés dans les ténèbres d’une religion qui explique la maladie par une faute commise.

Combien on a besoin d’être libéré de cela, encore aujourd’hui !

Ne dit-on pas quand il nous arrive une épreuve : « qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour qu’il m’arrive çà ! »

Et derrière cette explication se cache une ténèbre encore plus ténébreuse,  celle qui nous fait imaginer un dieu qui punirait les fautes en envoyant des maladies. Quelle ténèbre !

Et aujourd’hui encore, ces fausses images de Dieu peuvent être en nous

 

Alors Jésus viens d’abord de nous libérer de cela.

Il le fait par une parole forte : « Ni lui n’a péché, ni ses parents »

Parole forte qui fait passer de la nuit au jour, de la ténèbre à la lumière, qui nous fait quitter nos fausses images de Dieu.

Encore faut-il que nous acceptions de les quitter pour nous ouvrir à un Dieu fondamentalement bon et que ne veut que du bon pour nous.

 

Mais le pire du pire, si c’est possible, est la ténèbre de la religion des pharisiens. Cette impossibilité qu’ils ont à sortir d’un système légaliste : selon eux une guérison fait le jour du sabbat ne peut pas venir de Dieu, celui qui l’accomplit ne peut être qu’un pécheur.

C’est la  ténèbre de l’exclusion de tous ceux qui ne rentrent pas dans leur système.

C’est l’impossibilité à s’ouvrir à la nouveauté d’une parole, à l’inattendu d’une action. La culpabilisation qui enferme les gens dans la fatalité.

Et nous sommes forcés de constater que devant ce type de  ténèbres, Jésus lui même n’a rien pu faire.

La révolution spirituelle de Jésus, la libération qu’il apporte ne peut rejoindre des gens murés dans leur certitude, les privilèges que cela leur donne et pour certains le « fonds de commerce «  que cela procure.

 

En contre-point, l’itinéraire de l’aveugle nous fait parcourir un chemin de lumière en lumière.

Un cheminement d’une étonnante vérité. Il nous est donné de voir un homme vrai qui reste au plus près de son expérience, ni plus, ni moins. Il nous est donné de voir la progression dans une confession de foi. Car nous le savons d’expérience, la foi est un chemin et c’est autant le chemin que le but qui est important.

 

Sa première confession de foi est d’abord sans parole. Elle est d’abord de se laisser faire par un homme qu’il ne connait pas. Il se laisse enduire de boue les yeux et il écoute la parole qui lui dit d’aller se laver dans la piscine de Siloé.

Pour nous également, notre confession de foi, c’est d’être en confiance vis-à-vis de Jésus, d’écouter sa parole, c’est de témoigner de lui par notre vie et nos actes.

Nous sommes envoyés pour cela, être apôtre de cela.

 

Sa deuxième confession de foi, c’est tout simplement la confession de lui-même : « c’est moi » dit-il et il va être fidèle jusqu’au bout en répétant plusieurs  fois dans le texte les événements qui lui sont arrivés dans l’exactitude de leur déroulement. Confession de foi sous forme de récit : « voilà ce que j’ai vécu, voilà ce que cela a transformé dans ma vie ». Et quand on lui demande des choses qu’il ne sait pas, il dit : « je ne sais pas ».

Pour nous également, notre confession de foi, c’est de partager tout simplement en quoi la rencontre avec le Christ change quelque chose dans notre vie. Et c’est cela que nos contemporains ont besoin pour être touché par l’Evangile.

Nous sommes envoyés pour cela, être apôtre de cela.

 

 

Confronté aux pharisiens, il va faire un pas de plus dans la compréhension de ce qui lui arrive et c’est sa 3ème confession de foi : « C’est un prophète ». Cette confession de foi il va la tenir contre l’opposition des pharisiens avec le simple bon sens qui comprend que seul celui qui vient de Dieu peut guérir un aveugle.

Mais il va la payer au prix fort, celui d’être traité de pécheur-né et jeter dehors.

Pour nous également, notre confession de foi peut passer par l’épreuve de l’incompréhension, de l’opposition. Témoigner d’un Evangile qui libère bouscule trop les conformismes et les privilèges.

Nous sommes envoyés pour cela, être apôtre de cela.

 

 

Pendant tout ce temps, Jésus semble absent. Jésus ne réapparaît qu’à la fin et on a l’impression que Jésus l’a laissé seul témoigner et combattre.

C’est peut-être le sentiment que l’on a quelque fois au cœur de nos combats. Mais n’est-ce pas preuve de respect pour nous, de foi en notre capacité de vérité et de justice ? N’est-ce pas foi en l’Esprit qui nous habite et nous habilite au témoignage ?

En tout cas, Jésus est là pour l’accueillir quand il est jeté dehors, exclu.

Devant Jésus, cet homme va garder cette même authenticité dont il a fait preuve depuis le début. Il ne sait pas qui est le fils de l’homme dont lui parle Jésus donc pas de raison d’y croire ! « Qui est-il pour que je croie en lui ?» Réponse étonnante ! Et oui, pour croire, il faut des raisons ! Jésus va lui en donner.

Le fils de l’homme, c’est celui qui t’a guéri, qui t’a donner capacité à le voir et c’est lui qui te parle.

Alors seulement peut jaillir sa 4ème confession de foi : «  Je crois ». Nous sommes ici dans la lumière. Lumière qu’est Jésus lui-même, lumière d’un monde qui sort de l’exclusion, du mépris, de la fatalité. Lumière du royaume de Jésus à construire avec lui.

Nous sommes envoyés pour cela, être apôtre de cela par le simple fait de notre baptême.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 10:22

 

 

Claude Géffré, établit une sorte de cahier des charges pour une théologie d’aujourd’hui. Il s’agit d’un véritable travail d’inculturation. Pas une simple adaptation mais une interprétation créatrice.

Pas une simple  traduction car on ne peut pas traduire sans déjà réinterpréter le contenu parce qu’il y a un lien indissociable entre les mots du langage et les signifiants. Le langage n’est pas seulement l’enveloppe matérielle d’une pensée, c’est le langage lui-même qui est le lieu du sens.

Il faut donc risquer une ré-interprétation du contenu. Cela ne se fera pas par un tri entre ce qui serait des éléments substantiels et accidentels, car la vérité du christianisme n’est pas identifiable avec un corpus de propositions de sens immuables. Le christianisme n’est pas d’abord un message auquel il faut adhérer mais « une expérience qui est devenue un message ».

Une nouvelle inculturation exige de réactualiser cette expérience chrétienne fondamentale dans un nouveau contexte historique et culturel, de produire une nouvelle figure historique du christianisme dans l’ordre de la confession de foi et de la pratique. C’est une opération herméneutique qui exige les questions suivantes :

-Quels sont les éléments fondamentaux de l’expérience chrétienne dont témoigne le Nouveau Testament ?

-Quelle est l’expérience historique, culturelle, religieuse de ceux à qui l’Evangile est annoncé ?

-Quelles corrélations critiques à faire entre ces  expériences ?

Le Nouveau Testament est un acte d’interprétation à confronter à un autre acte d’interprétation d’une Eglise incarnée dans une culture donnée.

C’est un travail d’actualisation.

Pour cela il faut rechercher ce qui essentiel à la foi apostolique : « ce qui est requis, c’est cela qui suffit ». En croyant que l’unité de foi ne requiert pas forcément une uniformité : elle n’est pas compromise par une pluralité de théologies, spiritualités, pratiques.

Et penser que le christianisme est mieux qu’une religion qui ferait nombre avec d’autres.

C’est un Esprit qui structure et métamorphose des éléments culturels, religieux, éthiques pré-existants et parce que toute tradition religieuse peut être l’expression de la présence universelle de l’Esprit de Dieu depuis l’origine du monde et parce que certaines de leurs richesses peuvent concourir à une meilleure explication des richesses de la religion en esprit et vérité inaugurée par le christianisme.

Ce qui fait la singularité du christianisme, ce n’est pas un ensemble d’objectivations doctrinales, rituelles, institutionnelles mais la puissance imprévisible de l’Esprit du Christ. 

La foi chrétienne  est toujours informée, conditionnée, colorée par l’expérience culturelle d’une époque.

La Foi selon sa visée  est substantiellement identique, mais il y a des âges historiques de la foi selon des univers culturels différents. La culture entre donc dans la définition de la foi.

Il ne peut y avoir appropriation de l’Evangile que sur la base d’une interpellation mutuelle et critique de la foi et de l’expérience humaine.

 

Claude Geffré invite donc à se poser les questions suivantes :

1-La parole du chrétien parle-t-elle au présent ?

2-Rejoint-elle les états de conscience de ceux auxquels elle s’adresse ?

3-Promeut-elle une nouvelle existence à partir de l’interprétation de leur vie ?

4-Y-a-t-il une interaction entre la foi et l’expérience humaine façonnée par une culture ?

5-Est-ce que la manière de parler de la  foi oriente, éclaire l’expérience humaine, accomplit ses attentes mais aussi les déplace, les met en jugement ?

 

 

 

C.GEFFRE, “la rencontre du christianisme et des cultures” le Supplément 192 (1995) p 69-91

E.SCHILLEBEECKX, Christ, the experience of Jesus as Lord, New-York, Crossroad, 1980

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 19:54

 

 

 

 

 

femme adultère par He-QiEvangile de Jésus-Christ selon saint Jean, 8, 1-12

Quant à Jésus, il alla au mont des Oliviers.  Mais, dès l'aurore, de nouveau il fut là dans le Temple, et tout le peuple venait à lui, et s'étant assis il les enseignait.  Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu,  ils disent à Jésus : "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.  Or dans la Loi Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?"

 Ils disaient cela pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol.  Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !" Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol.  Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu.  Alors, se redressant, Jésus lui dit: "Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?"  Elle dit : "Personne, Seigneur." Alors Jésus dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus."

 De nouveau Jésus leur adressa la parole et dit : "Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie."

 

Il existe deux murs qui nous empêchent d’accéder à la Vie : la peur et la honte. Dans ce texte, la femme adultère en fait la douloureuse expérience. Morte de peur, morte de honte, placée au milieu de tous, à la risée de tous, elle a déjà un peu perdu la vie. Devant la peur et la honte, les mots, ses mots, se sont enfuis, laissant place à un silence glacial. A cet instant, pour elle, le temps semble s’être pétrifié à tout jamais.

 

D’autres sont sous l’emprise de cette peur: ce sont les scribes et les pharisiens. Ils ont peur de perdre leur pouvoir, devant le succès de Jésus, mais surtout ils ont peur de ce qui fait leur propre fragilité. Alors comme des petits enfants qui couvrent leurs yeux de leurs mains, pensant ainsi ne pas être vus, ils se mentent à eux-mêmes, refusant de voir leur propre réalité, leur simple humanité. Ils se croient purs, car ils ont  tout simplement peur de leur propre histoire. Mais cette peur-là, enterrée et muselée, finit toujours par ressortir en prenant un autre visage : celui du jugement, de la haine, de la violence.

 

Intéressons-nous maintenant au Christ :

S’Il est bien vrai Dieu et vrai homme, il y a tout lieu de croire qu’à cet instant Il est Lui aussi traversé par cette peur. En effet, comment, pour Jésus, ne pas s’identifier à cette femme, alors que deux chapitres plus loin (au chapitre 11), les juifs ramasseront des pierres pour Le lapider, Lui, le Juste. Et au moment où l’étau de la peur se resserre, comment ne pas être pris dans la tentation de juger à Son tour ses accusateurs ? Rappelez-vous: la peur a si vite fait de changer de visage. Le combat mené 40 jours au désert n’est donc pas terminé pour Jésus.

Comment répondre à cette situation? Les mots ne viennent pas. Il lui faut descendre tout au fond de Lui-même. Bas, si bas qu’il s’assoit par terre, sur la terre des hommes. Dans le silence, Il rejoint cet espace où parfois nos vies se blottissent quand la douleur et la mort nous accablent; cet espace où il ne reste plus rien que l’infinie Présence « d’un Amour qui aime au-delà de tout amour ». En ce lieu, Il s’unit de tendresse à la femme adultère. En ce lieu, Il fait alors l’expérience de se tenir dans la main du Très-Bas ; il le dira quelques versets plus loin: «  je ne suis pas seul : il y a celui qui m’a envoyé »

C’est parce que Jésus n’est pas seul, qu’Il gagne Son combat: aucune parole blessante n’est prononcée à l’égard des scribes et des pharisiens. Il ne les juge pas, il ne les condamne pas et j’ose imaginer qu’Il les regarde avec le même amour qu’Il regarde la femme adultère. Il sait combien « ce qu’on emprisonne, nous retient en prison, et ce qu’on détruit nous détruit à son tour ». Il est pris d’égale compassion devant la misère de cette femme et devant l’aveuglement de ces hommes. Jésus les renvoie juste à eux-mêmes, les laissant libres d’un possible face à face avec Dieu. Sa seule pédagogie sera d’avoir Lui-même parcouru ce chemin. Il dira juste après : «  Moi non plus, je ne te condamne pas », sous-entendu, « moi aussi, comme tout homme, j’ai eu peur et j’ai été tenté de juger, mais j’y ai renoncé ».

La femme adultère est restée là, toujours aussi pétrifiée, au milieu du cercle, nous dit le texte alors que ces accusateurs sont partis. C’est comme si la peur et la honte n’avaient pas fini leur travail. Sachant cela, Jésus réveille alors en elle les mots qui peu de temps avant s’étaient enfuis. En acceptant de répondre à Jésus, elle quitte enfin sa peur pour renouer avec le monde des vivants. Elle prend conscience qu’elle n’a pas été détruite : ni par les pierres, ni par la honte. La voilà saine et sauve.

 

Nos peurs prennent souvent racine dans le mal que nous avons subi, et la crainte d’une possible répétition: peur de l’abandon, du jugement, de la condamnation…. Et nous nous protégeons comme nous pouvons en nous repliant sur nous-même ou en enfermant cet autre qui pourrait nous faire mal, dans un jugement définitif qui nous rassure. Pour certains d’entre nous, les blessures sont si profondes, qu’il devient impossible de changer ce mode de fonctionnement, malgré toute notre bonne volonté. Et pourtant, le Christ est tout autant bouleversé par notre propension à juger, à condamner ou à nous renfermer que par nos blessures.

Que nous reste-t-il alors si ce n’est  descendre en nous-mêmes, sur notre propre terre et, d’impuissance nous assoir avec Lui. Que nous reste-t-il si ce n’est accueillir Son silence, simplement, comme un gage de Sa présence ; une présence capable de tout entendre : nos peurs, nos hontes, nos néants. Car c’est bien ce lieu-là que le Christ est venu habiter, ce lieu-là qu’Il a choisi pour y écrire de Sa main, des lettres de tendresse. Par ce geste Il nous arrache à notre propre misère et nous hisse vers notre liberté. Alors, même si nous avons l’impression que notre cœur n’est plus qu’une terre aride, recouverte de poussière, rappelons-nous que Lui, le Très-Bas, en a fait Sa demeure. De cette terre aride, Il a fait une terre sacrée en laquelle Il ne cessera jamais d’espérer.

 

 

Maurice Bellet , « La traversée de l’en-bas »

Jean 8, 16

Christian Bobin, « Isabelle Bruges », coll. folio # 2820, p. 44

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 21:39

 

 Ecouter et voir la chanson de Zaz, on ira, plusieurs fois

http://www.youtube.com/watch?v=8IjWHBGzsu4


Sentir comment cette chanson vous touche : la voix, la musique, les paroles.


Lire le texte de cette chanson et l’imprimer


Souligner les phrases que vous aimez et vous demander pourquoi.


Lire à haute voix

On ira
Écouter Harlem au coin de Manhattan,
On ira
Rougir le thé dans les souks à Amman,
On ira
Nager dans le lit du fleuve Sénégal,
Et on verra brûler Bombay sous un feu de Bengale.
On ira
Gratter le ciel en dessous de Kyoto,
On ira
Sentir Rio battre au coeur de Janeiro,
On lèvera
Les yeux sur le plafond de la chapelle Sixtine,
Et on lèvera nos verres dans le café Pouchkine

Sentir l’universalisme qu’il y a dans ce passage, cette invitation à être habitant du monde sans frontière, sœur et frère de tous pays. « Mon cœur est grand comme le monde » ( Thérèse Couderc). Sentir que tous ces lieux sont beaux et sont un appel à admirer leur beauté.

Lire à haute voix

Oh ! Qu’elle est belle notre chance,
Aux mille couleurs de l’être humain,
Mélangées de nos différences,
À la croisée des destins.
Vous êtes les étoiles, nous sommes l’univers,
Vous êtes un grain de sable, nous sommes le désert,
Vous êtes mille pages et moi je suis la plume,
Oh, oh, oh, oh ! Oh, oh, oh !
Vous êtes l’horizon, et nous sommes la mer,
Vous êtes les saisons, et nous sommes la terre,
Vous êtes le rivage et moi je suis l’écume.
Oh, oh, oh, oh ! Oh, oh, oh !

Gouter cette exclamation : « qu’elle est belle notre chance »

Chance de vivre. La laisser raisonner en soi pour qu’elle ouvre en moi des fontaines de vie.

Me laisser rejoindre par la poésie de mots : étoiles, univers, grain de sable, désert, milles pages, plume, horizon, mer, saisons, terre, rivage, écume…

Litanies de beauté que nous sommes dans nos différences mélangées.

Lire à haute voix

On dira
Que les poètes n’ont pas de drapeau,
On fera
Des jours de fêtes autant qu’on a de héros,
On saura
Que les enfants sont les gardiens de l’âme,
Et qu’il y a des reines autant qu’il y a de femmes.
On dira
Que les rencontres font les plus beaux voyages,
On verra
Qu’on ne mérite que ce qui se partage,
On entendra
Chanter des musiques d’ailleurs,
Et l’on saura donner ce qu’on a de meilleur.

Entendre cet appel à agir : on dira, on fera, on saura, on verra, on entendra.

Donner ce qu’on a de meilleur, regard d’émerveillement sur les femmes, les enfants, et faire de chaque rencontre un voyage…

N’est-ce pas la vie de Jésus qui est chantée là ?

 

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 17:48

Naissance de Jean-Baptiste (Luc 1  57-66, 80)

Quand arriva le moment où Elisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : «  Non, il s’appellera Jean. » On lui répondit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean. » Et tout le monde en fut étonné. A l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces évènements. Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient : «  Que sera donc cet enfant ? » En effet la main du Seigneur était avec lui.

L’enfant grandit et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il devait être manifesté à Israël.

 

Imaginons Elisabeth, comblée de joie, tenant son bébé et entourée de toutes ces personnes qui accueillent l’enfant et forment des vœux pour lui, l’admirent, poussent des cris de joie, et  reconnaissent dans ce merveilleux bébé l’œuvre de Dieu. 

Chacun de nous a une seconde naissance à accomplir. Il y a en nous un désir qui nous pousse à vivre, à sortir de nous-mêmes et nous révéler au monde. C’est un chemin de vie difficile, une aventure à inventer. Mais nous ne sommes pas seuls. Dieu et les autres créent avec nous le miracle de notre naissance.

Dans toute vie il y a des blessures, c’est inévitable. La circoncision peut symboliser cette blessure mais c’est aussi le signe de l’alliance avec Dieu qui vient prodiguer sa miséricorde chaque fois que cette blessure est ravivée.

Admirons la force nouvelle d’Elisabeth qui s’affirme et résiste aux pressions de son entourage : « Non, il s’appellera Jean. » C’est un nom nouveau, qui signifie : Dieu fait grâce. Elisabeth priait dans son cœur pour les bienfaits reçus de Dieu. Maintenant c’est une parole devant les autres, un témoignage de foi.

Zacharie lui aussi a fait tout un chemin de foi. Il devient père d’un enfant qui n’aura pas le même nom que lui, qui ne sera pas comme lui, qui sera grand devant le Seigneur. Il accepte de se réjouir, de ne pas être jaloux. Sa bouche s’ouvre, sa langue se libère. Il n’y a plus de blocages à l’action de Dieu. Il s’abandonne et fait confiance...Zacharie lui aussi donne un témoignage de foi en parlant et bénissant Dieu.   Imaginons la joie d’Elisabeth de voir son mari sortir de son mutisme et partager avec elle que tout est grâce.

Tous ceux qui assistent à ces évènements sont étonnés. La parole circule, se raconte et s’approfondit dans les cœurs. Ils acceptent de ne pas savoir et de laisser la question ouverte sur le mystère de l’enfant.

Nous aussi nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir mais nous savons que la main de Dieu est avec nous et que c’est bon pour nous de prendre des moments de silence pour bien en prendre conscience et fortifier notre parole pour qu’elle soit plus vraie et vivante...

 

 

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 11:57

logocenaclemini

Mieux connaître les Sœurs du Cénacle ?

Rien de plus facile :

Visiter leur site : http://www.ndcenacle.org/

 

Etre tenu au courant des nouveautés ?

Une seule solution :

S’inscrire à la newsletter : en haut, à gauche de la page d’accueil du site. 

Bonne visite !

 

Michèle

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