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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 21:59

Ce mot s’est répandu à grande vitesse en suscitant beaucoup de controverses. Ceci est mon premier article sur le sujet.

 

Les romans peuvent être de bons lieux de réflexion.

Voici quelques lignes écrites par Ken Follet dans Le vol du frelon (Livre de poche p 48)

L’action se passe en 1941 en Angleterre. Une femme, Hermia Mount, est membre des Renseignements britanniques le MI6, dirigeant la section danoise de l’espionnage. Elle rencontre un membre du gouvernement et voici un de leurs dialogues :

 

- On ne s’est pas trompés, lança-t-il en souriant, vous n’avez pas la langue dans votre poche.

- Que vous a-t-on appris d’autre ?

- Que vous êtes bilingue anglais et danois- ce qui, je présume, explique pourquoi vous dirigez le bureau danois.

- Non. La raison en est la guerre : autrefois aucune femme au sein du MI6 ne s’élevait jamais au-dessus du niveau d’assistante secrétaire.

Dépourvues d’esprit analytique, nous sommes mieux programmées pour tenir un intérieur et élever des enfants.

Mais depuis que la guerre est déclarée, notre cerveau a subi de remarquables modifications et nous sommes devenues capables de travaux qui précédemment relevaient des compétences d’un esprit masculin.

Il accueillit son ton sarcastique avec bonne humeur.

- Je l’ai remarqué aussi, dit-il, et cela ne cesse de m’émerveiller.

 

La question du genre se situe d’abord à ce niveau-là : des exclusions de certains rôles sociaux et professionnels (comme ici la responsabilité d’un réseau d’espionnage) relève d’une construction sociale qui se cache derrière une prétendue «  nature des choses »

( dépourvues d’esprit analytique, nous sommes mieux  programmées…).

Il faut des circonstances comme ici une guerre pour que la tromperie de cette construction soit démasquée. Hermia Mount se révèle capable «de travaux qui précédemment relevaient des compétences d’un esprit masculin.»

 

Parmi ceux et celles qui partent en guerre contre le genre y en a-t-il qui voudraient revenir aux temps où il était inimaginable qu’une femme soit médecin, chirurgien, enseignant, pilote d’avion, écrivain, chercheur etc… au nom d’une différenciation qui tiendrait à une

«  nature féminine » incapable de les exercer ou non-programmée pour cela par une volonté divine ?

Savent-ils que les arguments qui s’opposaient à l’accès des femmes à ces professions étaient les mêmes que ceux dont ils se servent : le maintien, le respect de la différence. « Si une femme devient chirurgien…elle va perdre sa féminité » disait-on.

 

Parmi celles et ceux qui partent en guerre contre le genre y en a-t-il, qui, par exemple signeraient ces déclarations :

« Depuis quand est-il d’usage de voir les femmes abandonner les soins pieux de leur ménage, le berceau de leurs enfants, pour venir sur la place publique…remplir des devoirs que la nature a départis à l’homme seul ? »

Procureur Chaumette, 1793

« Je ne crois pas qu’il faille s’occuper d’un régime d’instruction pour les jeunes filles…L’éducation publique ne leur convient pas puisqu’elles ne sont point appelées à vivre en public».

Napoléon

« L’homme tire sa dignité et sa sécurité de son emploi. La femme doit l’un et l’autre de son mariage».

 Jean Foyer, ministre de la Justice 1973

 

Il est sûrement légitime de s’interroger sur les positions les plus extrêmes de la question du genre. Mais il est malhonnête de la réduire à cela. Attention à ne pas être manipulé par ceux qui n’ont pas fait le deuil de leur perte de monopole, de leur position dominante et qui se lancent dans cette bataille pour essayer de récupérer du terrain perdu. Ou alors par ceux que cela arrange d’être les défenseurs acharnés de la différence pour justifier le non-accès de femmes à des responsabilités dans leur religion (des Eglises protestantes fondamentalistes, les tendances conservatrices de l’Islam et du Judaïsme, l’Eglise catholique romaine).

 

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 16:32

 Bonne Nouvelle d’un Dieu du côté des vaincus et vainqueur des forces de mort

 

Avec la mort du Christ, nous pouvons atteindre les sommets des fausses images de Dieu. Qu’est-ce que c’est que ce Dieu, ce Père qui aurait besoin de la mort de son Fils pour nous pardonner ? Cette mort pour réparer l’offense.

« un Dieu d’amour n’est pas compatible avec un être qui peut être offensé au point de devoir sacrifier son Fils pour rester en paix avec soi-même et se réconcilier avec l’offenseur »

p 507 de Qu’est-ce qu’un dogme de Juan louis Segundo ( CF 169)

Alors comment en parler pour que ce soit une bonne nouvelle ?

Dans le Verbe fait chair, Dieu est passé par la mort comme chacun de nous passe.

Dieu est donc passible et non impassible.

Il se fait proche jusqu’au bout de ce qui fait nos vie, jusqu’à l’extrême de nos vies qu’est la mort.

Rien de ce qui fait nos vies, la naissance et la mort, ne lui sont étrangers. Dieu d’infini proximité sans tricher. Dieu avec nous jusqu’au bout

Par la croix qui est le jusqu’au bout de la proximité, Dieu souffre. S’il n’était pas ce Dieu là Dieu resterait  distant, froid, silencieux 

De plus cette mort est violente et injuste. Elle dénonce donc toute injustice.

Le Dieu crucifié est jugement contre toute injustice.

Dieu victime de l‘injustice, est dénonciation de toute injustice.

Pour Moltmann, il y a obligation  de découvrir Dieu lui-même dans la passion du Christ et la passion du Christ en Dieu.

La croix est l’ouverture de Dieu à l’affliction d’autrui, souffrance de l’amour passionné

 « si Dieu était à tout point  de vue incapable de souffrir, il serait aussi incapable d’aimer…Dieu ne souffre pas comme la créature par manque d’être.. Il souffre par son amour qui est la surabondance de son être... »

« Jésus par sa vie et sa mort donne accès à ce Dieu là. Cela permet de mettre en question la doctrine de la toute puissance de Dieu. Doctrine non crédible pour l’homme d’aujourd’hui. La toute puissance que Dieu possède et manifeste dans le Christ, est la toute puissance de l’amour souffrant .

Et la résurrection est promesse, par un « déjà » survenu,  d’un avenir ouvert pour toutes et tous, d’un accès à Dieu dans le définitif de nos vies. Arrhes d’une promesse qui nous fait aspirer à en vivre en plénitude.

 

Trinité toute sainte, en toi, Verbe fait chair tu as connu la mort, tu nous as rejoint jusque là, jusque dans cette souffrance là.

Bénie sois-tu de nous ouvrir ainsi le passage vers la vie.

Donne-nous de recevoir cette vie de tout notre être.

 

Lecture continue de Mc avec un fil rouge :

La Passion de Jésus, c’est dès le début de son ministère qu’elle commence. Lire l’Evangile de Marc en continue

*en prenant conscience des oppositions, des refus, des incompréhensions qu’il soulève.

*en prenant conscience de son parti-pris pour les exclus, les perdants, les vaincus

*en me demandant : pourquoi, c’est une bonne nouvelle pour moi ?

 

Pistes sur Jn 20/19-28

1ère piste : Visualiser le lieu. Le texte nous dit que les disciples sont à l’intérieur d’une maison qu’ils ont verrouillée. Un lieu clos. Entrer dans la compréhension de cette fermeture. Le texte nous dit que c’est la peur qui  les a fait s’enfermer. On peut comprendre ! Disciples d’un condamné à mort, ils appartiennent au camp de la défaite, au parti de la défaite.

En fait, ils sont comme leur maître : enfermé-es dans un tombeau. Les rejoindre dans ce lieu : lieu de la déception après tant d’espoir suscité par l’action de Jésus quand ils le suivaient , lieu de tristesse après tant de joie que sa parole avait éveillé en eux, lieu de la nuit après tant de lumière que sa présence leur donnait, lieu de mort après tant de vie qu’il donnait à qui le rencontrait !

Les rejoindre dans ce lieu là. Pourquoi ? Parce que ce lieu c’est aussi le nôtre : notre vie aussi est traversée par des déceptions, des tristesses, des nuits, des morts. Si nous consentons à les rejoindre dans le lieu là, ce texte va  nous concerné : Ce texte va pouvoir parler en nous, nous parler. Il va nous dire que Jésus aujourd’hui vient nous rejoindre nous aussi. Nous allons pouvoir accueillir la phrase étonnante : « Jésus vint et se tint au milieu d’eux ». Cette bonne nouvelle va nous être dite à nous : Jésus nous rejoint au cœur même de ce qui peut faire mal dans notre vie, et aucun verrou au monde ne peut l’empêcher de nous rejoindre. Même ceux que je me suis mis moi-même. Mais pour cela, il vous sera nécessaire d’oser nommer ce qui en vous relève de la déception, de la tristesse, de la nuit, de la mort dans votre vie pour pouvoir ensuite regarder, étonné, ébloui, Jésus venir et se tenir là pour vous assurer de sa présence, et vous adresser sa parole de paix :« Paix à vous », parole 3 fois dites dans ce passage.

2ème piste :

Entendre une autre parole toute aussi étonnante : « Moi je vous envoie,  recevez l’Esprit Saint, remettez les péchés » Pour bien profiter de ces paroles du Christ, remarquons qu’elles s’adressent aux disciples, donc à chacun de nous. Nous sommes envoyés, pour cela nous recevons la force de l’Esprit Saint, et la mission confiée est d’être signe du pardon offert. Souvent, nous ne prenons pas assez au sérieux ce que nous dit Jésus, nous nous protégeons de ses paroles en nous disant : ce n’est pas à nous qu’il s’adresse. Baptisés, donc disciples nous sommes envoyés :

Accueillons cet envoi en mission, c’est constitutif de notre être baptismal.

L’Esprit nous a été donné au baptême et à la confirmation. Il nous a fait prêtre, prophète et roi.

-Roi pour gérer notre vie dans le sens de la justice, et ouvrer à un monde selon le cœur de Dieu

-Prêtre pour être des célébrants de son amour, devant lui pour le louer

-Prophète pour écouter sa parole et pouvoir en témoigner par nos actes et nos paroles

-Envoyés pour dire la miséricorde.

Ces mots de Jésus aux disciples sont pour nous.

Les écouter pour nous, de manière neuve et parler à Dieu à partir de cet appel

Lui dire comment je le vis déjà ou mon étonnement que cela s’adresse aussi à moi, ou une demande pour le vivre davantage, selon ce que vous sentirez en vous. Pour faire cela, si cela vous aide, considérez les lieux où vous êtes envoyé-es.

3ème piste :

Entendre une autre parole: « Nous avons vu le Seigneur »

Avec cette phrase, se rendre compte de l’extraordinaire de la joie. Le vaincu, le rejeté, le condamné, le crucifié mort sur la croix. Il est vivant et on a vu vivant. La lumière après la nuit, la joie après la douleur. Peser ce poids de joie des disciples. Peser la force de cette joie, qui seule explique la force de leur témoignage, la transformation que cela va opérer en eux et qui ira jusqu'à donner leur vie pour témoigner de lui. Cela voulait dire aussi pour eux que tout dans la vie de Jésus est véridique, que tout est digne de foi. Dieu a donné raison au crucifié contre ceux qui en avait fait un paria, un blasphémateur. Notre foi repose sur leur témoignage. Ils ont vu c’est pourquoi ils ont parlé. Ce  « voir » des disciples n’est pas le nôtre. Et pourtant, nous aussi d’une autre manière il nous est donné de voir !  Vous demander de quelle manière, dans votre vie, il vous est donné de voir.

4ème piste :

Regardez Thomas.

Patron des douteurs, un modèle pour nous qui pouvons vivre le doute lancinant mais surtout le modèle positif de ceux qui veulent bâtir leur foi sur une expérience personnelle et non sur une rumeur.  Regardez l’intuition qu’il a : cette expérience, il sent qu’il ne pourra la faire qu’en rejoignant le groupe des disciples, qu’en rejoignant a communauté des disciples. Pesez en votre  cœur, tout ce que vous devez à la communauté des chrétiens d’hier et d’aujourd’hui

5ème piste : Entendre la parole de Jésus

« Porte ton doigt ici :   voici mes mains. Avance ta main et mets-la dans mon côté »

Entendre ces paroles de Jésus à Thomas qui sont l’exacte réponse à sa demande : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous…si je ne mets pas ma main à son côté… »

Prendre conscience de la délicatesse de Jésus : Jésus approuve Thomas dans son désir de toucher et de voir, il le rejoint au cœur de son incrédulité, comme il nous rejoint aussi là où nous sommes et comme nous sommes.

6ème piste: Regarder avec les yeux de la foi ce corps glorieux de Jésus, ce corps ressuscité qui porte à jamais et pour l’éternité les marques de sa passion. Dans la foi, nous pouvons faire le même geste que Thomas et déposer en ses blessures, nos blessures, tristesses, déceptions, peurs, nuits dont j’ai conscience

7ème piste : Ecouter la béatitude que Jésus exprime :

« Heureux ceux qui croiront sans avoir vu » Il parle de nous.

Goûter là encore la délicatesse de Jésus. Il pense à nous qui ne sommes pas les témoins directs, et qui croient sur le témoignage des disciples. Joie de croire, laissons nous aller à cette joie

8ème piste : Ecouter le cri de Thomas

« Mon Seigneur et mon Dieu » Un cri qu’on peut avoir après tant de nuit. Il est le seul à le pousser. Heureuse nuit qui lui a valu un tel cri de joie et de foi. Ce cri, on peut le faire nôtre, on peut répéter cela plusieurs fois, pour laisser descendre en nous la réalité qu’elle signifie.

 

Pistes sur Lc24/13-32

1ère piste : « Deux d’entre eux ».

Qui sont ces « deux » ?

On est sûr que l’un d’eux est un homme puisqu’on donne son nom : Cléopas. Mais l’autre ? Un autre homme, une femme ? Toutes les peintures ont représenté deux hommes. Mais rien, dans ce texte ne permet cela ! Ce pouvait être un couple. Ce que l’on sait, c’est qu’ils ne faisaient pas partie des apôtres. Ce sont des disciples.

Ce premier élément peut nous pousser à demander une grâce, celle de bien lire, d’apprendre à mieux réfléchir, pour ne pas figer sa pensée. Demander la grâce de libérer mon intelligence des pensées toutes faites.

 

2ème piste : « Faisant route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de 60 stades ».

Les regarder tournant le dos à Jérusalem. Pourquoi s’en aller de Jérusalem ? Parce que tout est fini. La belle aventure est terminée. Jésus est mort et tout est retombé dans la mort. Ils tournent le dos à ce lieu de la défaite. Comprenons qu’ils ont raison de le faire. Ils tournent ainsi le dos à la mort et se sont remis en route pour aller vers l’avenir, aller vers la vie.

Je peux me demander : dans ma vie, à quel moment j’ai pu faire de même, des décisions qui m’ont permis de ne plus m’enfermer dans la mort et de partir, de me ré-ouvrir à la vie ?

 

3ème piste : «Ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. »

Nous avons là l’importance de parler. Parler à l’autre, c’est aussi le moyen de ne pas s’enfermer. La société le comprend bien quand elle crée des groupes de paroles. La guérison passe par la parole qui fait sortir de soi, faisant sortir hors de soi, ce qui est mortifère.

Quels sont mes lieux de parole  où je peux partager, relire ma vie ?

Un-e vrai-e ami-e ? Un conjoint ? Un-e personne accompagnateur-trice spirituel-le ?

Si oui, faire mémoire de tout ce que cela m’apporte. Rendre grâce.

Si je n’en ai pas, me demander : est-ce un manque, un désir ? 

 

4ème piste : « Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux. »

Regarder Jésus qui prend l’initiative de la rencontre et qui rejoint ces deux personnes sur leur chemin. Bien avant de chercher Dieu, c’est Lui qui nous cherche. Bien avant d’aimer Dieu, c’est Lui qui nous aime et Il nous rejoint au cœur même de notre vie. Il est le compagnon de nos vies, Il marche à nos côtés nous rejoint sur la route de notre vie.

Considérer ce désir de Dieu de faire route avec moi.

M’ouvrir à la joie de ce compagnonnage.

 

5ème piste : «Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? » 

Jésus qui leur pose une question : «De quoi discutiez-vous en chemin ?»  Nous découvrons aussi quelque chose de Dieu. Il nous révèle un Dieu qui donne la parole, un Dieu qui écoute. Cette question de Jésus va les faire sortir de leur détresse. Grâce à Lui ils vont pouvoir dire leur espérance déçue, leur découragement, leur révolte aussi, libérer une parole. Ils sont écoutés par Jésus dans ce qui fait leur vie. Jésus est celui qui se  découvre à nous comme l’ami à qui on peut tout confier, le confident de nos vies.

Entendre cette première question que Jésus pose. L’entendre pour moi. Là, maintenant, qu’est-ce que j’ai envie de partager avec Lui ? Envie de Lui dire comment je vais. A mon tour, j’épanche mon cœur devant Lui, je lui dis ce qui habite mon cœur. Je sens combien Jésus m’écoute, l’attention qu’Il porte à ma vie. ma vie L’intéresse. Je goûte la délicatesse de Son écoute.

 

6ème piste : « Quelques femmes qui sont des nôtres …sont revenues nous dire qu'elles ont  même eu la vision d'anges qui le disent vivant. »

Cela ne suffit pas que les autres nous disent leur foi, il nous faut faire une expérience personnelle de Dieu pour croire. Cette expérience prend des formes variées selon les personnes. Voir le Christ, c’est par exemple être touché par l’amour dont on a été bénéficiaire. Il est vivant dans tous les gestes auxquels je peux dire merci.

Quelle est la manière la plus courante pour moi de Le voir vivant dans ma vie ? Comment je l’ai vu vivant pendant cette retraite ?

 

7ème piste : "Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme."

Reste avec nous disent ces deux personnes.

Comment résonne cette demande en nous ? N’est-ce pas la demande de notre cœur qui a senti que par cet homme Jésus, quelque chose de fort éclaire nos vies?

Au terme de cette retraite, si on me demande pourquoi j’aime Jésus, je dirai quoi ?

 

8ème piste : « Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. »

Leurs yeux s’ouvrirent et ils Le reconnurent. Ils Le reconnaissent grâce à ce geste du pain partagé, le geste fait la veille de Sa mort : «  Il prit le pain, le rompit…ceci est Mon corps » ; le geste où Il dit Sa vie donnée pour nous. On reconnaît le Christ dans tout acte d’amour. Où sont amour et charité, Dieu est présent, car Dieu est amour.

Faire mémoire des actes d’amour dont j’ai été bénéficiaire, dont j’ai été l’auteur, dont j’ai été témoin. Et dire merci pour cela.

 

9ème piste : « Reconnu à la fraction du pain ».

Cléopas et l’autre personne, (homme ou femme) ne sont pas du groupe des 12 apôtres. Ils sont disciples. S’ils Le reconnaissent à la fraction du pain, c’est donc qu’ils étaient présents au dernier repas où Jésus institue l’Eucharistie, ils ont donc entendu la parole de Jésus : « faites ceci en mémoire de moi. »

Qu’est-ce que cela ouvre en moi ?

 

 

 

 

 

 

 

J.Moltmann, Trinité et royaume de Dieu P 38 et 39

C.E. ROLT, The World’s Redemption, London 1913, p 95, cité par J.Moltmann, Trinité et royaume de Dieu, p 48

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 22:06

Jésus et la pécheresse

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 7 verset 36 à 50   

Un des pharisiens l’a invité à déjeuner en sa compagnie. Il va dans la maison du pharisien. Il s’allonge. Une femme de mauvaise vie est en ville. Elle apprend qu’il prend un repas chez le pharisien. Elle apporte un flacon de parfum en albâtre. Elle est aux pieds de Jésus, derrière lui. Elle pleure, elle mouille ses pieds de larmes. Avec ses cheveux, elle essuie ses pieds et les baise tendrement. Elle les couvre de parfum. Son hôte  pharisien regarde. Il se dit : «  Lui, s’il était prophète, saurait quelle sorte de femme le touche. C’est une hors-la-loi »

Jésus lui répond : Simon, j’ai quelque chose à te dire. Parle, maître, dit-il. Deux hommes avaient des dettes auprès d’un créancier. L’un devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi le payer, il annula leurs créances. Qui l’aimera davantage ? Simon répond qu’il suppose que c’est celui à qui il a fait la plus grande faveur. Il lui dit : Tu as bien jugé.

Il se tourne vers la femme et dit à Simon : tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi et n’as pas versé d’eau  sur mes pieds. Elle, elle les a mouillés de ses larmes et les a essuyés de ses cheveux. Toi, tu ne m’as donné aucun  baiser. Elle, depuis mon arrivée, n’a cessé de me baiser tendrement les pieds. Toi, tu n’as pas parfumé mes cheveux. Elle, elle a couvert  mes pieds de parfum. Je te le dis : elle aime beaucoup, celle  à qui on a beaucoup pardonné. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu.

Après quoi, il dit à la femme : tes fautes ont été effacées. Ceux qui partageaient le repas pensent : « Qui est-il pour effacer même les fautes ? » Il a encore dit à la femme : Ta confiance t’a délivrée. Pars en paix.

«  Pour vivre il faut avoir été regardé au moins une fois, avoir été aimé au moins une fois, avoir été porté au moins une fois. Et après, quand cette chose-là vous a été donnée, vous pouvez être seul » (Christian Bobin)

Voici un merveilleux cadeau que Jésus vient de faire à cette femme, pécheresse : Il l’a regardée, Il l’a aimée, Il l’a accueillie, portée telle qu’elle est… D’objet, hors-la-loi, comme le dit Simon en son for intérieur, elle naît à elle-même. Bonne nouvelle pour chacun : je ne suis donc pas ce que mon histoire dit de moi,  je suis ce qu’un Autre dit de moi ! Un Autre, dont la bienveillance, respecte mon mystère. Libération inouïe, quand nos histoires sont trop lourdes à porter. Un jour, « devant Lui nous apaiserons notre cœur, car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, Il comprend tout » (saint Jean, ch 3, 18- 20). Jésus comprend cette femme, son parcours, sa souffrance, sa culpabilité… Et dans le silence, Il décèle le secret de sa vérité, qui traverse son langage pourtant si indécent aux yeux du monde, aux yeux de Simon.

 Jésus pose  alors des paroles qui soulignent la réalité de ce qu’elle vient de vivre : tes fautes ont été effacées, ta confiance t’a sauvé. Ce que tu viens d’expérimenter, de traverser, est de l’ordre de la vérité et tu dois en vivre.  Instant décisif  où le Verbe se fait Sens, et vient donner du poids à ce qui nous habite…

Il existe un parallèle entre cette femme et ce pharisien : aucun des deux, avant leur rencontre avec Jésus, n’accède à ce qui fait d’eux des sujets. L’une vit au rythme du désir d’autrui, quand l’autre est tributaire d’une éducation bien ordonnée. Ils existent tous les deux par leur façon d’agir et non par leur façon d’être. Et si la rencontre avec Jésus permet un retournement intérieur chez cette femme, le chemin semble inachevé pour Simon. Malgré une réelle pédagogie, Simon n’accède pas au royaume que lui propose Jésus. Le problème de Simon est qu’il sait. Il sait qui est cette femme.  Il ne peut se laisser bousculer par l’inattendu. Parce qu’il est incapable de percevoir la singularité de celle-ci, il ne peut accueillir son propre mystère, fait d’ombre et de lumière. Ainsi, pour assumer en paix, nos ténèbres, il nous faut saisir l’infime clarté qui habite tout être. Enfermer l’autre dans un jugement figé risque, au contraire, de fermer en nous l’accès à ce qui fait notre réalité et au-delà,  notre liberté. Jésus a conscience de tout cela. Il regarde Simon avec la même intensité que cette femme à ses pieds. Il aime l’un et l’autre et cherche à les éveiller chacun à leur propre vérité. Mais les murailles intérieures de Simon sont bien plus hautes, et l’amour a du mal à percer…

 

J’aime à penser que toutes ces rencontres racontées dans les évangiles sont inscrites dans le temps. En effet, il a fallu du temps à cette femme pour se laisser tomber aux pieds de Jésus. Il faudra aussi du temps à Simon  avant de consentir à l’Amour sans se sentir en danger ! D’ailleurs le temps de Dieu n’est pas celui des hommes, il porte en son sein une promesse d’éternité. Dieu ne cesse d’espérer !

Et, c’est ancrés dans ce lien indestructible que nous propose Jésus,  que nous pouvons accéder à cette part de nous-même, qui dit « je ».Comme la pécheresse, nous saurons alors risquer une parole, un geste, reflets de notre vérité et accueillir notre propre mystère comme un lieu de croissance de notre humanité.

 

Katrin Agafia

 

 

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 21:19

Bonne Nouvelle d’une responsabilité

Pour cette 7ème étape de la retraite de l’été, voici d’abord des notes de lecture du livre de Frédéric Lenoir : le Christ philosophe, chez Plon, essais, 2007, page 71 à 95. ( à lire si vous le connaissez pas !)

Ces notes sont suivies de pistes que je vous propose pour méditer.

 

L’éthique que le Christ a instauré ont historiquement débordé le champ religieux du christianisme pour fonder une éthique que nous considérons aujourd'hui en Occident comme universelle et laïque :

L'égalité :

En affirmant de manière forte le respect égal auquel chaque être humain a droit, Jésus s'inscrit dans une perspective universaliste et instaure une nouvelle éthique qui concerne toute l'humanité. Il est en rupture avec la morale de son temps qui reconnaissait le prochain uniquement parmi les siens, appartenant au même peuple, à la même caste, au même clan, à la même cité. Pour les Juifs d'alors, nulle égalité entre les Juifs et les non-Juifs. Nulle égalité non plus pour les Grecs de l'Antiquité entre les Grecs et les Barbares, entre les hommes et les femmes, entre les citoyens et les esclaves.

Pour Jésus, au contraire, parce que tous les humains sont fils et filles d'un même Père, ils sont tous frères et sœurs, donc tous égaux. Cette notion de fraternité humaine universelle, l'idée éthique d'humanité, est radicalement nouvelle dans la pensée occidentale.

Sa conception de l'altérité est alors révolutionnaire : l'autre, quel qu'il soit, est mon « prochain ».

Au IVème siècle, saint Jérôme résume ainsi l'égalité, signe de l'unicité de la nature de tous les hommes : « Celui que nous méprisons, dont nous ne pouvons souffrir la présence, dont la seule vue nous fait vomir, est pareil à nous, constitué absolument de la même glaise que nous, composé des mêmes éléments. Tout ce qu'il endure, nous aussi pouvons l'endurer 4. »

La justice sociale

Contrairement à d'autres prophètes de son époque, nous avons vu que Jésus n'a pas appelé à la révolte sociale ou politique, ni au renversement des riches ou des classes dirigeantes. Les Romains eux-mêmes ne l'ont pas perçu comme un agitateur.

Jésus fréquente les pauvres et s'adresse à eux, mais il ne méprise pas les riches pour leurs richesses.

Ce n'est pas l'argent, mais l'amour de l'argent qu'il dénonce : « Nul ne peut servir deux maîtres, ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent » (Matthieu, 6, 24).

 

L'idée centrale du message évangélique n'est pas l'interdiction ou le mépris de la richesse, mais la nécessité du partage. Jésus dénonce ceux qui accumulent les richesses sans se soucier des pauvres qui vivent à leurs portes. La parabole de Lazare et de l'homme riche est à cet égard édifiante.

Au temps de Jésus, les actions caritatives, ordonnées par la Torah, s'organisent essentiellement autour des synagogues. Mais les hommes pieux excluent les impurs de leur miséricorde.

« La foi, si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte », dira Jacques, le frère de Jésus (Jacques, 2,17).

Le message du Christ sur le don est résumé en une parole qui lui est attribuée par Paul dans les Actes des Apôtres, et que la majorité des exégètes reconnaissent comme un logion authentique : « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir» (Actes, 20, 35).

Le don, insiste Jésus, ne doit pas être l'apanage des riches : chacun doit donner à sa mesure. Et d'illustrer cet enseignement par l'histoire d'une pauvre veuve s'avançant vers le tronc du Temple où les riches mettent de grosses sommes. Elle-même n'a que deux piécettes à y déposer : e Cette veuve, qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le Trésor. Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre » (Marc, 12, 41-44).

Dans sa première lettre, Jean déclare :« Si quelqu'un, jouissant des biens de ce monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui? Petits enfants, n'aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité » (I Jean, 3, 17-18).

La non-violence et le pardon

Jésus est profondément pacifiste; il proclame le règne de Dieu et l'avènement d'une société de justice et de liberté, mais il refuse la violence pour y parvenir, « car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive » (Matthieu, 26, 52). Gandhi a répété de nombreuses fois que les Évangiles avaient inspiré sa lutte non violente pour l'indépendance de l'Inde.

Bien qu'elle ait constitué une avancée éthique considérable, la Torah n'a pas pour autant condamné la vengeance : « Tu donneras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, pied pour pied, brûlure pour brûlure, meurtrissure pour meurtrissure, plaie pour plaie » (Exode, 21, 23-25). Jésus appelle à un changement radical d'attitude et à un dépassement de l'ancienne Loi : « Vous avez entendu qu'il a été dit " œil pour œil et dent pour dent ". Et moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu'un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l'autre; veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau » (Matthieu, 5, 38-40).

 

Mais le Christ va plus loin. Non seulement il demande de ne pas répondre à la violence par la violence; non seulement il suggère de dévoiler la fausseté de l'agresseur en adoptant l'attitude exactement inverse à celle qu'il attend; mais en plus il exige de l'aimer! « Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! Moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Matthieu, 5, 43-45).

Voilà ce que sont la compassion et le pardon. C'est sans doute l'un des sommets de la sagesse du Christ. Et le pardon n'a pas de limites : Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois? " Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois » (Matthieu, 18, 21-22).

Jésus révèle le pardon comme un acte intérieur qui permet au cœur de l'homme de ne pas entrer dans la spirale de la haine et de la violence meurtrière.

Comme tout le reste, Il l'a non seulement enseigné, mais aussi pratiqué. Alors qu'il vient d'être trahi et abandonné par les siens, condamné injustement au supplice, torturé, insulté, raillé, crucifié, il crie vers Dieu avant de mourir : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font » (Luc, 23,33).

L'amour du prochain

« Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux » (Mat­thieu, 7, 12; Luc 6, 31). Au milieu de son discours éthique capital, le Sermon sur la montagne, Jésus reprend à son compte cette « règle d'or ». Cette règle figure en effet dans la Bible parmi les conseils que Tobie prodigue à son fils : « Ne fais à personne ce que tu n'aimerais pas subir » (Tobie, 4, 15).

Cependant, Jésus ne se contente pas de rappeler une règle ancienne. Quand il la place au centre d'un discours adressé à la foule réunie pour l'écouter, c'est pour lui conférer la portée universelle qu'il donne à l'ensemble de son message. Quand il dit aux siens « aimez-vous les uns autres comme je vous ai aimés » et qu'il présente cette injonction comme « un commandement nouveau » (Jean, 13, 34), il semble faire table rase de tout ce qui l'a précédé.

La nouveauté du message christique figure, dans la radicalisation des cette notion qu'il fait sienne.

Jésus place en effet l'amour au-dessus de toutes les lois : « Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et aimer le prochain comme soi-même, vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices » (Marc, 12, 33).

Mais il ne donne aucune limite à la définition de ce prochain qu'il faut aimer comme soi-même. De ce commandement nouveau, Jésus fait ainsi le signe distinctif de la communauté de ses disciples : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jean, 13, 35).

 

Demande de grâce : Trinité toute sainte, tu nous montre un chemin pour vivre ensemble dans l’amour. Donne-nous la joie et la force de te suivre pour bâtir le royaume de ton désir

Pistes sur Mc 10/46-52 la demande des fils de Zébédée

1ère piste :

 « Accorde-nous de siéger dans ta gloire »

Comprendre que le vrai sens du mot gloire, ce n’est pas  ce qui nous vient immédiatement à l’esprit. Cela n’a rien à voir avec la renommée, le bruit qu’on peut faire autour d’un nom célèbre, la réussite, le prestige, les honneurs.

Dans la Bible, cela veut dire la richesse de l’être, sa plénitude, sa densité d’existence, son poids. Puisque Dieu est amour et qu’il n’est que cela, la gloire de Dieu, c’est son poids d’amour.

La demande de Jacques et de Jean peut donc être prise positivement : siéger, habiter sa gloire, c’est nous enraciner dans l’amour, c’est une demande d’intimité, de proximité, être au plus près possible.

2ème piste :

On peut donc d’abord voir la manière dont Jésus aime, dont justement, il vit de cette gloire Il est d’abord quelqu’un qui favorise l’expression du désir. Il leur permet de l’exprimer : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »

Il sait discerner, je dirai faire du tri dans cette demande, il sait y voir ce qu’il y a de bon : ce désir de proximité et ce qui demande à être purifié car il n’y a pas de fauteuil dans le Royaume de l’amour. Fauteuil au sens de privilège, hiérarchie, préséance, place d’honneur.

C’est pourquoi il ne fait pas de reproche. Il comprend qu’ils n’ont pas compris. Il accueille leur désir et va le purifier. Pas de fauteuil mais une coupe à boire et être plongé dans un baptême.

Sa réponse, on peut la comprendre comme cela : Vous avez raison de vouloir être associé à ma gloire, au sens fort de ce poids d’amour. Mais cela doit être un amour qui ne triche pas. Un vrai amour, donc humble et souffrant, car aimer amène forcément de la souffrance et c’est cela qu’ils n’ont pas compris.

Pouvez-vous être avec moi autant dans la souffrance que dans la joie ? Pouvez-vous me suivre autant au jour de la Passion qu’aux jours de la Résurrection ?

Pouvez-vous partager ma coupe et mon Baptême ?

Regardons comment Jésus aime dans la délicatesse de ce dialogue : accueillir le meilleur du désir et le purifier. Mais aussi les appeler à une configuration avec lui : « Même nourriture et même boisson, me suivant dans la peine et dans la victoire » dira Ignace dans ses Exercices.

3ème piste :

La réponse finale de Jean et de Jacques : « Oui, nous le pouvons ».

Personne n’est exclu de cette réponse. Si nous sommes baptisés et si nous participons à l’Eucharistie, oui le pouvons puisque nous le faisons déjà. Nous avons été plongés dans les eaux du baptême et mieux,  nous sommes baptisés, plongés en Christ, c’est du présent ! Et nous buvons à la coupe à chaque eucharistie. Et nous le faisons dans la mesure exacte où nous aimons d’un amour humble qui forcément inclut de la souffrance.

4ème piste :

 Mais aussi nous le pouvons en écoutant l’enseignement qui suit sur le service.

Boire à la coupe et être plongé dans son baptême, c’est aussi se faire serviteur, renoncer aux formes diverses de domination, c’est que chacun soit le serviteur de tous. Sentez l’ambition que le Christ a pour nous dans cet enseignement sur le service. Il s’agit, oui de devenir grand, oui d’être le premier. Et cette ambition qui est celle des saints : être premier dans le don. Il y a bien de l’ambition mais pas à la manière habituelle. 

Oui, nous pouvons boire à la coupe et être plongé dans son baptême en vivant toute fonction, toute charge, tout travail, toute responsabilité comme un service.

5ème piste :

Il s’agit donc de regarder le Christ. Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir.

Oui nous le pouvons en le regardant, en nous imprégnant de ce qu’il est, de ce qu’il fait.

Pour cela, on peut  laisser remonter à la mémoire la vie du Christ vu sous l’angle du service

6ème piste :

« Donner sa vie en rançon » 

Ce mot peut nous arrêter et nous scandaliser ! Il ne faut pas le prendre au sens moderne du terme. Car alors on tombe dans une fausse image de Dieu.

La racine hébraïque de ce mot c’est le verbe délier, libérer. Il faudrait mieux traduire : donner sa vie pour nous libérer. Jésus en donnant sa vie pour nous sur la croix nous libère, en particulier de ces fausses images de Dieu. Sur la croix, Dieu se livre et veut nous désarmer de toute peur.

Le don de sa vie sur la croix, c’est l’extrême du don.

 

Pistes sur Lc 10/29-37 le bon samaritain

Dans cet Evangile, nous avons 2 personnages principaux : un homme qui quitte Jérusalem et tombe sur des bandits ; un autre originaire de Samarie qui le découvre et s’occupe de lui.

« Il prit soin de lui » nous dit le texte. Mais qui est « il », qui est « lui » ?

3 réponses sont possibles

Dans la première interprétation, il s’agit d’abord  de voir le Christ sous les traits de ce samaritain. Il s’identifie à cet homme méprisé, il s’identifie à cet homme qui fait du bien. On peut en le regardant prendre soin du blessé, passer dans notre mémoire tous les gestes de guérisons dont l’Evangile sont remplis.

Il est celui qui est en voyage ; et ce voyage n’est-il pas le chemin de Dieu pour nous rejoindre, pour unir sa vie à la notre dans l’Incarnation de l’enfant de Noël ?

Il s’agit ensuite de voir le blessé et d’accepter de s’identifier à ce blessé. Pas si facile que cela ! Car cela suppose de reconnaître en nous notre part d’ombre, de blessures, de souffrances, de les nommer et d’accepter que le Christ s’en occupe. Accepter de me laisser aimer. Laisser Dieu prendre soin de moi.

C’est d’abord à cette première lecture que nous invitons

1ère piste :

Ecouter la question du légiste : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Le texte nous dit que c’est pour l’éprouver. Au moins a-t-elle l’avantage d’ouvrir un dialogue, de se situer en état de demande, d’être ouvert à une réponse. Et moi au début de ce temps de prière, qu’est-ce que j’ai envie de demander au Christ, pour ouvrir un dialogue avec lui.

2ème piste :

Entendre la réponse de Jésus. Elle mérite qu’on s’y arrête. Jésus ne donne pas de réponse. Il le renvoie à sa propre connaissance des Ecritures, à sa propre expérience de Dieu. Jésus fait confiance à cet homme, il croit que de lui-même, il peut trouver ce qu’il cherche.

Rester à regarder cela, regarder en fait la confiance que Dieu me fait aussi, la foi qu’il a en moi, il croit qu’il y a en moi la capacité de trouver ce que je cherche.

3ème piste :

Entendre la citation de l’Ecriture que fait le légiste : « Tu aimeras » C’est un commandement

Pour y entrer, je vous propose cette prière écrite par K.Rahner :« Tu m’a ordonné de t’aimer…Mais en me commandant de T’aimer, Tu m’imposes ce que je n’aurais jamais eu l’audace de faire sans Ton ordre : T’aimer Toi-même, intimement, aimer Ta vie, me perdre en Toi, certain que Tu me reçois dans Ton cœur et que je puis te dire « Tu » à Toi qui est l’insondable secret de mon cœur. Oui, c’est dans l’amour que je puis Te trouver, Toi mon Dieu.

4ème piste :

Regarder le blessé sur le chemin, on nous dit qu’il  tombe au milieu de brigands, dépouillé, roué de coup, à demi-mort. Regarder cet homme comme image de notre humanité blessée.

5ème piste :

Regarder le Samaritain, image du Christ, celui qui est en voyage, celui du chemin de Dieu vers nous, le voyage de son Incarnation, pour nous rejoindre au cœur même de notre pauvreté comme de nos richesses. Regarder ses gestes. Il voit cela veut dire qu’il a de l’attention pour chacun et donc pour moi ; il est pris de pitié cela veut dire qu’il m’entoure de sa miséricorde ; il s’approche cela veut dire qu’il se fait mon prochain ; il soigne les plaies, verse de l’huile et du vin, on peut voir là préfiguration des sacrements, huile du baptême, vin de l’eucharistie ; il le chargea sur sa propre monture et le conduit à l’hôtellerie et pris soin de lui. On peut rester longtemps à regarder le Christ prendre soin de nous, de moi. Et surtout le laisser prendre soin de moi.

 

La deuxième interprétation

L’homme qui descends de Jérusalem, c’est le Christ, car il est celui qui de la crèche au crucifiement comme le dis un cantique ancien est celui qui s’est remis entre nos mains. Des mains qui l’ont fait tomber, dépouillé, roué de coup, mais aussi des mains qui ont pris soin de lui, les mains de Marie s’occupant de lui dans la nuit de Noël, lui apprenant à marcher quand il grandissait. Prendre soin de Dieu. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement dans ma vie ?

 

La troisième interprétation

L’homme qui descend de Jérusalem, c’est chacun de nous

L’homme qui est blessé, c’est chacun de nous

 

 

Pistes sur Mt 25/31-40 c’est à moi que vous l’avez fait

1ère piste :

Commencer en se rappelant une phrase de Jésus à la fin du lavement des pieds en Jn 13.

Il dit : «  C’est un exemple que je vous ai donné pour que, comme je vous ai fait, vous aussi vous fassiez ».

Cela vaut pour tout l’Evangile et pour celui-là aussi. La description des actes des brebis, c’est d’abord la description des actes de Jésus.

Voilà ce qu’il  fait pour nous :

Il nous donne à manger. Que nous donne-t-il ?

Il nous abreuve. De quoi ?

Il accueille l’étranger. Qui est-il ?

Il revêt notre nudité. Comment ?

Il nous visite dans nos prisons ? Quelles sont-elles ?

2ème piste :

Regarder ma vie et laisser Jésus me dire : « Venez les bénis de mon Père, hériter du royaume … »

Faire mémoire de tout ce qui dans ma vie est consacré à nourrir, abreuver, accueillir, revêtir, visiter…

Si j’ai du mal à le voir, demander l’aide de l’Esprit Saint.

Rendre grâce pour tout ce qui est bon, juste, vrai, généreux dans ma vie.

3ème piste :

Rendre grâce pour les gens que je connais (ou ceux qui me sont connus par les médias) , qu’ils soient croyants ou incroyants, et qui font ce que le Christ met en valeur : nourrir, abreuver, accueillir, revêtir, visiter…

4ème piste :

Me laisser étonner par les paroles du Christ :

«Dans la mesure où vous l’avez fait…c’est à moi que vous l’avez fait »

Quelle est la bonne nouvelle dans cette affirmation du Christ ?

 

 

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 11:56

Bonne Nouvelle d’une volonté libérante

La volonté de Dieu est une notion qui demande vraiment qu’on précise ce que cela veut vraiment dire.

Il y a des fausses conceptions de la volonté de Dieu comme il y a des fausses images de Dieu.

Une manière de progresser dans la vie spirituelle est de démasquer ces fausses conceptions et ces fausses images. Il y a à les démasquer car elles nous empêchent de progresser, elles paralysent, elles alimentent la méfiance envers Dieu ou la peur ou même le refus.

Une fausse conception de la volonté de Dieu, cela peut se dire ainsi : Dieu aurait de toute éternité décider ce que je dois être et faire. Par exemple, il aurait décidé que je dois me marier ou devenir religieux ; ou que je dois faire telle ou telle profession. Dieu avec un grand livre avec nos noms et en face, la décision de Dieu.

Non, 3 fois non.

Pourquoi cela ne peut pas être cela ?

-Parce que cela induit une image d’une volonté arbitraire de Dieu. Une sorte de caprice, pourquoi l’un et pas l’autre ? Il y a derrière cette conception une image d’un monarque absolu dont les décisions ont force de loi.

Il n’y a plus de liberté, il y aurait seulement  à chercher ce que Dieu veut sans que de mon côté, il puisse y avoir un quelconque désir.

-Parce que, c’est faire de Dieu, en fait, un mauvais parent, vous savez de ceux qui veulent à tout prix que leur fille fasse l’X, ou que leur fils fasse le même métier que le leur etc.

Le bon parent, au contraire, après avoir donné le meilleur de soi pour que son enfant grandisse, lui dira : je n’ai pas de plan sur toi, tu n’as pas à recevoir de moi tes choix : invente ta vie.

Dieu serait-il un moins bon parent que le meilleur d’entre nous ?

-Parce que c’est source d’angoisse. En effet comment vais-je découvrir cette volonté écrite de toute éternité. Qui me la dira ? Et si je me trompe ? Si je ne choisis pas ce que Dieu a choisis pour moi ? Si je choisis de me marier alors qu’il voulait que je sois carmélite ! Quelle horreur !

En disant cela, je vous donne un principe de discernement sur nos pensées sur Dieu.

Ce principe est le suivant : est-ce que penser de cette manière fait honneur à Dieu ou pas ?

Ici cela ne lui fait pas honneur puisque cela l’assimile à un parent autoritaire qui veut imposer sa volonté.

Mais aussi est-ce que cela fait rend honneur à notre humanité ? Si nous pensons que Dieu décide à notre place et si d’une certaine manière nous préférons qu’il décide à notre place, nous sommes dans une attitude infantile.

 

Mais alors ne veut-il rien ?

Il veut que nous inventions pour nous et pour les autres des chemins de bonheur, de justice, de liberté, de paix, de partage mais c’est à nous de les inventer, de les construire avec d’autres. Il ne nous dit pas : « tu dois » mais tu peux le faire. Ce qu’il veut, c’est que nous vivions à plein.

Il ne veut pas d’homme et de femme qui ne voudraient pas grandir, mais des femmes et des hommes debout, qui prennent en main leur vie, prennent des décisions, osent risquer.

De ce point de vue la parabole des talents nous dit bien cela. Le maître confie toute sa fortune et ne donne aucune consigne pour la faire fructifier. C’est à nous d’inventer pour que le don s’épanouisse en vie plus grande pour nous et les autres. Et quand le maître revient, les 2 premiers disent : voilà ce que tu m’as donné (donc la reconnaissance du don qui a été fait) et voilà ce que j’ai gagné (reconnaissance des fruits recueillis de son initiative) Mais encore faut-il avoir conscience du don qui nous est fait.

 

Mais alors comment décider ? Comment décider si ce n’est pas une parole extérieure à moi-même ?

Justement, en allant à l’intérieur de moi-même. Pour cela, au quotidien, favoriser l’intériorité, se donner des temps pour écouter ce qui se passe à l’intérieur de moi.  ( de ce point de vue la prière d’alliance est un bon temps d’arrêt.) Se donner des temps de gratuité, de silence, de solitude. Ne pas vivre à 300 à l’heure, dans un tourbillon où l’on se perd. Se donner du temps pour prier en regardant le style de vie de Jésus et son chemin de bonheur. En faisant une retraite. Tout cela pour chercher et trouver le désir profond, le désir fort. Il peut y avoir des désirs superficiels qui vont me satisfaire un moment mais qui ne peuvent me faire vivre profondément. Ils sont à la surface de nous-mêmes. Découvrir les désirs profonds, c’est comme désensabler une source, enlever des pierres, creuser profond pour atteindre la source qui va pouvoir jaillir en vraie vie.

Il s’agit de sonder mon cœur, me rendre attentifs aux mouvements qui l’habitent. Et faire confiance à ce qui en moi est porteur des éléments suivants :

1 la perspective de décider telle chose me donne de la paix, de la force tranquille, une joie simple.

2- elle me donne confiance en moi, dans les autres, en Dieu ; elle me met en confiance pour l’avenir.

 

On pourrait aussi dire que la volonté de Dieu c’est que nous l’aimions.

Je crois que c’est aussi une fausse conception. En tout cas pas une volonté au sens d’une obligation.

Je ne suis pas obligé d’aimer Dieu. Pas obligé d’être reconnaissant.

Je ne dois rien à Dieu. Son amour n’est pas une dette dont on serait forcé de s’acquitter.

Dieu a tout donné. Il attend une réponse, oui, puisque sa décision à lui, c’est de proposer son amour, son amitié. Mais l’amour ne se commande pas et Dieu le sait et il ne veut qu’on l’aime par obligation mais par un vrai désir.

Dieu ne peut que se tenir à la porte, ne peux dire que : « veux-tu ? »

En disant cela à quelqu’un en accompagnement, cette personne a été libérée. Elle était libéré de l’obligation d’aimer Dieu donc ne se sentant plus obligé elle pouvait répondre librement.

 

Demande de grâce : Trinité toute sainte, toi dont l’unique volonté est que nous soyons heureux, donne-moi d’entendre ton appel au bonheur.

 

Pistes Lc 13/10-17 femme courbée

Première piste :

Prendre conscience que Jésus enseigne autant par la parole que par les actes. Ici Il enseigne en libérant cette femme de ce qui la paralyse. Ses paroles expriment Sa volonté et Ses actes sont leur mise en œuvre. Il dit ce qu’Il fait et Il fait ce qu’Il dit.

Deuxième  piste :

Regarder cette femme courbée. Cette infirmité peut être d’un autre ordre que physique. On peut être courbée devant qui, devant quoi ?

Courbé-es devant des puissants,  de l’argent, de la magie, de la superstition, des gens qui pourrissent la vie des autres, des habitudes, des préjugés, des peurs, des fausses culpabilités, des fausses ambitions, etc.

Troisième piste :

« Femme te voilà déliée ».

Voir la volonté libérante de Jésus à l’œuvre : Il ne supporte pas de nous voir courbés-es. Il nous veut libres.

Regarder Sa parole agissante.

Entendre cette parole pour moi.

Quatrième piste :

Entendre l’objection du chef de la synagogue.

De quoi se fait-il le gardien ? Qu’est-ce qui est prioritaire pour lui ?

 

Cinquième piste :

Entendre la réponse que lui fait Jésus

Qu’est-ce qui est prioritaire pour Jésus ?

Sixième piste :

Regarder le contraste entre ces deux groupes.

L’un est couvert de honte, l’autre est dans la joie ;

Se demander pourquoi les priorités libérantes du cœur de Jésus rencontrent tant d’incompréhension ?

 

Pistes sur Lc 19/1-10 Zachée

1ère piste :

Regardez Zachée. Que sait-on de lui ?

Son compte en banque et la mauvaise réputation qu’il a, car, comme publicain, collecteur d’impôts, les gens le soupçonnent de détourner de l’argent à son profit et d’être sympathisant à l’occupant romain.

Son estime de lui ne devait pas être facile : à ses propres yeux et à ceux des autres. De plus son physique ne l’arrange pas : il est petit de taille.

Prenez du temps donc pour le regarder ainsi.

2ème piste :

Ensuite regardez Jésus ou plutôt, regardez Jésus qui regarde cet homme.

Dans cette foule, Zachée est le seul à être regardé et à qui Il parle. On peut se demander pourquoi.

Parce que Jésus est venu sauver ce qui est méprisé-e, exclu-e, blessé-e, mésestimé-e…

Donc, Il est venu pour chacun-e de nous, pour moi dans la mesure où personne n’est indemne de d’un mépris, d’une exclusion, d’une blessure, d’une mésestime…

Alors, devenons un Zachée, montons dans notre arbre et voyons la scène de son point de vue.

3ème piste :

Regardez Jésus qui lève les yeux vers moi. Comment me regarde-t-Il ?

Il me regarde avec amour, avec tendresse.

L’entendre prononcer mon prénom.

Entendre le seul désir qu’Il a au cœur : me rencontrer tel-le que je suis, comme je suis.

Dans ce prénom qu’Il prononce, sentir l’estime qu’Il a pour moi, la valeur  que j’ai à Ses yeux.

Goûter Son regard accueillant, bienveillant, désirant.

4ème piste :

Puis entendre la parole suivante : aujourd’hui, il me faut demeure chez toi.

Ni hier, ni demain mais un aujourd’hui sans fin.

Entendre cet appel de Jésus à vivre l’aujourd’hui.

Entendre toute l’étendue de cet appel : « Aujourd’hui, vis pleinement ta vie, bois cette vie. »

5ème piste :

Regarder Zachée, toujours dans son arbre, qui prend une décision : il choisit de descendre et de répondre à cet appel. Il s’était caché dans son arbre pour voir sans être vu. La parole de Jésus lui donne la force de descendre, de s’affirmer, d’être vu sans complexe.

Descendre de l’arbre, Qu’est-ce que cela signifie pour moi, personnellement ?

Quelle décision de lâcher-prise ?

6ème piste :

Les regarder maintenant côte à côte, ni en-dessous, ni au-dessus mais à égalité, l’un avec l’autre.

Zachée est chez lui avec Jésus. Zachée peut vraiment « habiter » son existence.

Pour finir, étant devant Jésus, qu’ai-je envie de Lui dire ?

 

 

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 14:25

Le chemin de la liberté ne l'ai-je pas trouvé au cœur de mes différents engagements notamment syndicaux et politiques ! Chemin de Libération de toute oppression, chemin de reconnaissance de notre Dignité humaine.

François nous dit : «  Le chrétien se doit de faire de la politique. » mais quelle politique ? Va-t-il mettre de la démocratie dans son institution ? Va-t-il reconnaître le droit de la femme à remplir les fonctions qui, jusqu'ici, lui sont  interdites ?   Va-t-il reconnaître la théologie de la Libération ? …

Durant des siècles, l’Église nous a appris la résignation, la soumission à sa « Pensée Unique » : « Acceptez votre situation. Vous trouverez le bonheur dans une autre vie ».

En France, le tapage médiatique de toute cette dernière année, initiée par des évêques montre à quel point la hiérarchie catholique veut encore ce pouvoir sur les consciences alors qu'elle sait que cela lui échappe.

Merci à mes ''camarades'' avec qui j'ai marché durant toutes ces années, dans la force de l'union, dans une vision de l'histoire de l'humanité. Durant toutes ces luttes ensemble, ces camarades m'ont donné la Dignité, la Libération de tous les fardeaux que des docteurs de la loi mettent sur nos épaules, la Liberté de penser par moi-même, chemin de Libération, de Liberté, de Bonheur, ici sur cette terre et maintenant. Merci donc à ces camarades...qui m'ont apporté cette Dignité humaine, qui m'ont donné l'usage de la parole, qui m'ont ouvert le chemin de la Libération, de la Liberté, dans la Fraternité. Ensemble, avec d'autres, nous marchons pour un mieux-vivre ensemble, un monde plus humain, plus fraternel et sororal.

J'ai longtemps marché dans le désert, mais croyant toujours au Christ et en sa bonne nouvelle et il m'a été donné de me retrouver sur la route vers Emmaüs et de Le Reconnaître et je cours rejoindre mes frères et sœurs en Galilée... Dans ma quête, ma soif de Dieu-Amour, j'écris toutes mes trouvailles, dans ma joie de partager. Je remercie Pierre, mon petit homme avec qui je peux partager. Merci à ceux et à celles qui publient

mes textes et merci aussi à ceux et celles qui me font un commentaire pour m'encourager !

 

Alice Damay-Gouin

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 15:21

Suite du résumé du livre de Joseph Moingt : l’homme qui venait de Dieu. Vous trouverez ce texte au début de son livre avec comme titre : la rumeur.

Ce passage est un petit chef d’œuvre. J’espère que le pauvre résumé que j’en fais n’est pas infidèle et qu’il vous donnera le goût de le lire. J’ai scanné ce texte. Si vous me le demandez, je peux vous l’envoyer par mail.

Les pistes de prière qui suivent, sont celle que j’ai donnée pendant une retraite fin juillet à Versailles.

 

Bonne nouvelle d’une libération.

1-Libération par l’émancipation de l’individu  du poids du groupe.

Dans une société du primat de la tradition et du groupe, il émancipe l’individu Mt 10/37 . Il y a chez Jésus un primat de l’individu sur le groupe car l’homme est la valeur première. Par exemple quand il déclare que le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. Ou encore quand il déclare que l’adhésion à sa personne est plus importante que les liens du sang : « qui sont ma mère, mes frères, mes sœurs… » . De ce fait, Il brise les chaines de liens ethniques, religieux, familiaux pour privilégier des liens choisis d’amitié avec lui et entre nous. Lui-même  est libre par rapport à sa famille 3/34

Il libère de ce qui peut emprisonner en particulier les institutions fussent-elles religieuses qui font peser des fardeaux sur le gens : « ils lient de pesant fardeau… »

Il pose le principe de la liberté de l’individu face à la société religieuse, de la liberté de la foi face à l’institution

 

2- Libération de de la peur

Combien de fois dit-il «  n’ayez pas peur »

Son enseignement libérateur exorcise  les mentalités viciées par la peur et qui cherchent des boucs émissaires. Quand on lui demande qui a péché, l’aveugle ou ses parents (Jn 9), il refuse le lien que que les gens font entre péché et maladie, lien qui est source d’exclusion.

 

3- Libération par un renversement des hiérarchies humaines

Le 1er= c’est celui qui se fait l’esclave de tous

Le succès, la puissance, la richesse ne sont pas signes de bénédictins divines. Et cela, il  va le payer de sa vie, car cela est trop contestataire.  Cela a pour conséquence le respect de tous, la personne n’est pas définie par la famille, la classe, la cité, le pays, le sexe. Tous sont fils et filles de Dieu donc égaux. La personne seule l’intéresse. Il met en valeur ceux qui sont considérés comme sans valeur, il fréquente ceux qui sont exclus, (lépreux, publicains, femmes, enfants, ).Il s’adresse en priorité à ceux qui sont en bas de l’échelle. Il est en contact avec des gens qui sont des figures  tragiques de l’existence, victime d’une fatalité, d’un entourage qui exclu. Il noue avec eux une relation intense, leur donnant le désir et la force de briser leur chaîne de destin qui entrave leur liberté. Par son enseignement et son comportement, il rend possible à tous un avenir différent, ouvert à une communication libre et fraternelle. Il défend les opprimés. Il se fait partenaire de ceux qui n’ont pas d’interlocuteur.  Il rend la parole à ceux qui en sont dépossédés. Il suscite un souffle de liberté et d’audace capable de mettre debout des gens.

 

4-Il libère en invitant les gens à un autre rapport à Dieu.

Son comportement et son enseignement est une révolution religieuse.

Il dénonce croyance et pratique liées à la pureté rituelle Mc7/15

Il s’en prend à une catégorie fondamentale de toute religion : celle du pur et de l’impur

Il est novateur car en rupture avec les mentalités et structures inhérentes au concept de religion :

-il refuse de considérer des personnes comme impures-pour lui l’amour l’emporte sur le service cultuel Mc 12/33

-il ébranle l’assurance dans l’efficacité du rite, il ébranle l’assurance du mérite par une observance littérale d’un rite, il détrône les sacrifices de leur suprématie.

C’est l’amour qui rend l’homme juge de la loi, il peut s’en dispenser et  ce peut être même un devoir de le faire.

-il aide à comprendre que la volonté de Dieu n’est pas écrit d’avance dans le texte de la Loi. L’autorité de la lettre peut être discutée et référée à une loi supérieure non écrite.

-Il prône une religion intérieure, cette intériorisation est novatrice. Elle affranchit de l’obéissance inconditionnelle à la loi religieuse. Elle affranchit de la peur du sacré. Car avec lui, la relation à Dieu n’est pas circonscrite par le rituel, elle est présente dans toutes les dimensions de l’existence humaine.

-A ceux qui le suivent, il ne donne pas des repères religieux, des privilèges, des interdits de culte, des traditions. Le seul repère c’est par rapport à lui, son enseignement, ses exemples, sa personne, sa propre relation à Dieu .

-Il inaugure un nouveau lien de réciprocité entre Dieu et l’homme. Il en change les codes d’accès à Dieu. Il n’affole pas les gens, la proximité du royaume, c’est l’existence de chaque jour. Cela dépend de chacun de s’en approcher ou de s’en éloigner« tu n’es pas loin du Royaume » dit-il en 12/34Le Royaume est déjà à l’œuvre mystérieusement  dans l’histoire, dans le cœur,  comme une semence 4/26. Il compare le Royaume à des histoires simples dans les paraboles : lampe, mesure, graine, 4/21-33.C’est un langage imagé et paisible de la vie quotidienne car le royaume est dans l’aujourd’hui du quotidien.

-Il indique non un Dieu de vengeance mais de pardon. Dieu qui aime qu’on lui fasse confiance

Pardonner, donner, accueillir 4/24 ;9/36 ;10/14 ;11/25. Voici les maîtres mots.

Le royaume qu’il annonce n’est pas une restauration de privilèges passés : royauté, temple, terre.

Accueillir le royaume c’est recevoir la parole que Dieu semé dans les cœurs : 4/20 et 30

Parole qui n’est refusé à personne : pécheurs, païens 12/9 ;7/24

Aucun triomphalisme .Aucun accent guerrier. Aucun appel aux armes. Aucune promesse de victoires éclatantes. Aucune ferveur patriotique. Aucun sentiment de supériorité ou de mise à part

Il ne flatte pas les foules, ne cherche pas à recruter. Il s’en va 1/35.

Pas d’honneur pour ses disciples  10/40.Pas de pratique distinctive d’ascèse 2/18.Pas souci de sa réputation 2/24.

Message et personnage sont inclassables, indéfinissables

Il soulève l’espérance car il fait tomber les barrières qui interdisaient à beaucoup l’accès à Dieu et détruis les sécurités auxquels d’autres se fiaient, les satisfactions de prestiges qu’elles contenaient.

Demande de grâce : Trinité toute sainte, toi qui nous veut libre, donne-moi de me laisser libérer par toi

 

Pistes sur Lc 8/43-48 Hémorroïsse

1ère piste :

Se demander pourquoi veut-il savoir qui l’a touché ? Il sait qu’il a guéri quelqu’un, cela ne lui suffit-il pas ? Que veut-il de plus ?

Sûrement une rencontre personnelle. Car nous le savons, il est plus qu’un « guérisseur », il est sauveur. Le salut qu’il donne, c’est d’abord lui-même, c’est le cadeau d’une rencontre, d’une attention à l’autre, d’une question qui suscite une réponse, d’un dialogue qui s’installe.

M’étonner de cela

2ème piste

Regarder cette femme

La  maladie dont elle souffre, est source d’exclusion sociale. Elle est considérée comme « impure » (Lv 15/9) et si elle a un contact physique avec quelqu’un, elle le rendra impur ! Au regard de cette loi religieuse, elle a donc rendu impurs tous les gens qu’elle a touché dans la foule et Jésus lui-même ! C’est une transgression majeure qui nous explique la stratégie d’anonymat de cette femme.

Sentir tout le poids d’exclusion que véhicule ce type de lois religieuses.

3ème piste

Comprendre l’enjeu qu’il y a à faire connaitre cettte guérison

Rendre public aux yeux de tous cette guérison a des conséquences de salut pour elle et pour cette foule. Jésus ne se considère pas comme impur d’avoir été touché par elle et donc de fait, déclare caduque cette loi d’impureté qui excluait les femmes qui en étaient atteintes.

Me laisser rejoindre par la liberté de Jésus qui ose braver ces lois excluantes

4ème piste

Entendre Jésus l’appeler : « ma fille »

L’appeler « Ma fille » n’est pas anodin. Dans un cas semblable de situation d’exclusion,  à Zachée le publicain, Jésus dira : «  N’est-il pas lui aussi fils d’Abraham ? » Lc 19/9. Les paroles qu’il lui adresse, lui rende sa dignité, la valorise au sujet de sa foi, la réintroduit dans l’espace social, lui fait cadeau de la paix.

Sentir toute la détermination qu’à Jésus pour libérer celles et ceux qu’il rencontre.

 

 

Pistes sur Jn 9/1-38 Aveugle-né 

Des ténébres à la lumière

1ère piste

Prendre conscience des ténèbres du début de ce texte

Au début du texte nous sommes en pleine ténèbre. Celle où est plongé un aveugle de naissance ? Oui, certes mais il y a pire. C’est celle des disciples qui sont plongés dans les ténèbres d’une religion qui explique la maladie par une faute commise. Et derrière cette explication se cache une ténèbre encore plus ténébreuse,  celle d’un dieu qui punirait les fautes en envoyant des maladies. Quelle ténèbre ! Et aujourd’hui encore en sommes-nous indemne ?

 

2ème piste :

Entendre la parole de Jésus : « Ni lui n’a péché, ni ses parents »

Cet Evangile, comme tout l’Evangile, est d’abord une libération par la parole forte de Jésus : « Ni lui n’a péché, ni ses parents »

Parole forte qui fait passer de la nuit au jour, de la ténèbre à la lumière. Première guérison si nous acceptons de nous laisser guérir.

Laisser résonner en moi cette parole libératrice du Christ. Sur quel aspect de ma vie ?

 

3ème piste

Regarder le comportement des pharisiens

Leur  impossibilité à sortir d’un système légaliste : selon eux une guérison fait le jour du sabbat ne peut pas venir de Dieu, celui qui l’accomplit ne peut être qu’un pécheur. C’est la  ténèbre de l’exclusion de tous ceux qui ne rentrent pas dans leur système. L’impossibilité à s’ouvrir à la nouveauté d’une parole, à l’inattendu d’une action. La culpabilisation qui enferme les gens dans la fatalité.

Devant ce type de  ténèbres, Jésus lui même n’a rien pu faire. La révolution spirituelle de Jésus ne peut rejoindre des gens murés dans leur certitude, les privilèges que cela leur donne et pour certains le « fonds de commerce «  que cela procure.

Ce comportement est de toujours. Dans notre monde, dans notre Eglise…

En moi-même ?

 

4ème piste

Regarder l’itinéraire spirituel de cet homme guéri

En contre-point, l’itinéraire de l’aveugle nous fait parcourir un chemin de lumière en lumière. Un cheminement d’une étonnante vérité. Il nous est donné de voir un homme vrai qui reste au plus près de son expérience, ni plus, ni moins.

Il nous est donné de voir la progression dans une confession de foi. Car la foi est un chemin et c’est autant le chemin que le but qui est important.

-Sa première confession de foi est d’abord sans parole. Elle est d’abord de se laisser faire par un homme qu’il ne connait pas. Il se laisse enduire de boue les yeux. –Sa Sa deuxième confession de foi est sans parole mais en acte : écouter la parole qui lui dit d’aller se laver dans la piscine de Siloé et y aller

-Sa troisième  confession de foi, c’est tout simplement la confession de lui-même : « c’est moi » et il va être fidèle jusqu’au bout en répétant plusieurs  fois dans le texte les événements qui lui sont arrivés dans l’exactitude de leur déroulement. Confession de foi sous forme de récit : voilà ce que j’ai vécu, voilà ce que cela a transformé dans ma vie. Mais quand on lui demande des choses qu’il ne sait pas, il dit : « je ne sais pas ».

Confronté aux pharisiens, il va faire un pas de plus dans la compréhension de ce qui lui arrive et c’est sa 4ème confession de foi : « C’est un prophète ». Cette confession de foi il va la tenir contre les pharisiens avec le simple bon sens qui comprend que seul celui qui vient de Dieu peut guérir un aveugle. Mais il va la payer au prix fort, celui d’être traité de pécheur-né et jeter dehors.

Regarder la liberté de cet homme. Il ne connait pas encore Jésus et pourtant, la lumière et la liberté de Jésus lui ont déjà été communiquées.

Me laisser atteindre par cette lumière et cette liberté.

 

5ème piste :

Prendre conscience de l’absence de Jésus

Pendant tout ce temps, Jésus semble absent. Jésus ne réapparaît qu’à la fin et on a l’impression que Jésus l’a laissé seul témoigner et combattre. C’est peut-être le sentiment que l’on a quelque fois au cœur de nos combats. Mais n’est-ce pas preuve de respect pour nous, de foi en notre capacité de vérité et de justice ? N’est-ce pas foi en l’Esprit qui nous habite et nous habilite au témoignage ?

Est-ce que cela rejoint un aspect de ma vie ?

 

6ème piste

Regarder la rencontre finale

En tout cas, Jésus est là pour l’accueillir quand il est jeté dehors, exclu. Devant lui, cet homme va garder cette même authenticité dont il a fait preuve depuis le début. Il ne sait pas qui est le fils de l’homme dont lui parle Jésus donc pas de raison d’y croire ! « Qui est-il pour que je croie en lui ?» Réponse étonnante ! Et oui, pour croire, il faut des raisons ! Jésus va lui en donner. Le fils de l’homme, c’est celui qui l’a guéri, qui lui a donner capacité à le voir ( tu le vois) et qui lui parle. Alors seulement peut jaillir sa 5ème confession de foi : «  je crois ». Nous sommes ici dans la lumière. Lumière qu’est Jésus lui-même, lumière d’un monde qui sort de l’exclusion, du mépris, de la fatalité. Lumière du royaume de Jésus à construire avec lui.

Et pour moi, quelles sont mes raisons de croire ?

 

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 16:49

Bonne Nouvelle d’un accès à Dieu ouvert à tous et toutes

Quelle image à partir des Evangiles revisité peut à nouveau intéresser les femms et les hommes d’aujourd’hui et leur ouvrir des chemins de salut ?

Cet Evangile revisité, bonne nouvelle, Joseph Moingt nous en livre une esquisse quand il s’interroge sur ce qui a pu étonner les contemporains de Jésus. Cet étonnement vient de l’originalité de l’accès à Dieu inauguré par le Christ, un accès qui est bonne nouvelle de salut pour nous aujourd’hui.

En suivant le texte de Joseph Moingt, voici ce qu’il me semble possible de repérer.

La bonne nouvelle de l’Evangile se présente sous forme de récit. L’accès à Dieu par Jésus-Christ n’est pas un discours, mais une vie racontée. Vie racontée selon des intentions théologiques, des schémas de récit, mais qui reste en style narratif.

Jésus, ça se raconte ! Vie racontée et interprétée de manière différente selon les époques. Aujourd’hui, il nous faut la raconter sur fond d’une situation de modernité, d’un monde d’indifférence à la question de Dieu. L’accès à Dieu par ce récit évangélique peut dire quelque chose de pertinent pour nous aujourd’hui, d’abord parce qu’il est récit.

Pourquoi ? Parce que le récit d’une vie (même théologisé et normé comme le sont les Evangiles) rejoint nos vies. Il est question de naissance, d’actions, de paroles, de relation, de conflit, d’amitié, de souffrance, de repas, de mort, d’amour, de vie, d’espoir … et de ce fait rejoint les questions fondamentales de la vie humaine. L’accès à Dieu par Jésus se dit au cœur d’une vie humaine donc peut rejoindre les nôtres. Les rejoindre, mais pour quoi ?

 

Pour les libérer de ce qui les empêche d’être humanisées et humanisantes. Les miracles de Jésus décrivent des situations symboliques sur le côté nocturne de notre vie : ce qui est lié au mal, à la souffrance, à la mort et met Jésus en contact avec des gens confrontés au tragique de l’existence : mort, maladie, pauvreté, injustice du sort, et de ce fait en font des exclus.

C’est sa parole « par l’intensité de la relation qu’il nouait avec tous ces exclus  qui leur donnait la force de briser les chaines de leur destin qui entravait leur liberté. » Ce récit rejoint nos vies pour les transformer, pour les libérer de ce qui les entravent. Le fait de donner des textes de guérisons pendant des retraites spirituelles, montre bien la force de transformation dont ces textes aujourd’hui sont porteurs : guérison spirituelle de surdité, de mutisme, de paralysie…Nous sommes ici au cœur d’une expérience de salut. Ce symbolisme nous est accessible car on peut pressentir que notre destin a nous y est représenté : « La parole de Jésus est porteuse pour nous aussi d’un message et d’une force de libération »

Egalement par  la clarté libératrice de son enseignement : « Il rendait possible à tous les humains un avenir différent, ouvert à une communication libre et fraternelle entre tous, parce qu’il défendait la cause des opprimés, se faisait le partenaire de ceux qui n’avaient pas d’interlocuteur et rendait la parole à ceux qui en étaient dépossédés »

 

Son enseignement peut être synthétisé par le mot de Royaume. Sa manière d’en parler donne à voir ce que Dieu veut. Quand un scribe lui déclare qu’aimer Dieu et le prochain vaut mieux que tous les sacrifices et les holocaustes, Jésus lui répond qu’il n’est pas loin du Royaume Mc12/34. Un royaume qui n’est refusé à personne.

L’Evangile de Marc commence par cette déclaration de proximité : « le royaume de Dieu est tout proche » Mc 1/15. Proximité du Royaume non pas temporelle mais dans  « l’horizon de l’existence de chaque jour » Non pas refoulé dans le futur mais déjà là en toute occasion. Royaume déjà à l’œuvre dans l’histoire et dans les cœurs comme une semence.

Les images employées dans les paraboles prouvent cette proximité dont personne n’est exclu. Des images de la vie quotidienne comme la lampe, la mesure de farine, la pièce d’argent, la brebis, la semence. Un royaume fait d’événement courant et non pas dans un hors-monde ou dans un espace pensé comme sacré, séparé du profane.

Par ce royaume donné comme proche, c’est la compréhension même de l’accès à Dieu qui est présenté. Un Dieu qui se trouve et se laisse trouvé dans la vie humaine la plus simple quand elle est porteuse de vie, de croissance.

Qui a entendu ces paroles de Jésus a entendu Dieu, qui a vu celui qui les disaient et qui les vivaient à vu Dieu car son « Message est inséparable de sa personne »

Actes et paroles de libération qui interroge sur son identité. Qui est-il ? Lui-même posera la question : « Pour vous qui suis-je ? » La question de Dieu est donc à poser, en régime chrétien, au cœur de la vie humaine de Jésus. La vie humaine de Jésus est accès auprès de Dieu. Jésus dit Dieu par sa vie humaine. « Qui m’a vu à vu le Père ». C’est sa vie qui nous dit Dieu et nous donne accès à lui, dans une connaissance qui ne peut qu’être expérience d’un « suivre ». Il nous dit Dieu par l’originalité de sa propre expérience de relation avec celui qu’il appelle Père  par la manière singulière, marginale, de se situer face à Dieu un lien de réciprocité qui a questionné et peut continuer à questionner. « Qui donc est Dieu pour lui et qui est-il en vérité pour tous les humains si Dieu trouve en lui sa vraie manifestation ? » Il nous dit Dieu et nous ouvre un chemin d’accès à lui. Il parle et fait expérimenter par son attitude même un Dieu miséricordieux. Il donne à voir un Dieu non de vengeance mais de  pardon, qui aime qu’on lui fasse confiance, Pardonner, donner, accueillir les petits. Voici les constantes de l’image de Dieu qu’il donne à voir.

Ce qui est donné à voir est une vraie révolution religieuse : c’est un Dieu qui sort des catégories du religieux.

 

 

Demande de grâce : Trinité toute sainte, qui rejoint chacun-e de nous, donne-moi de me laisser rejoindre par toi au cœur de ma vie

 

Pistes sur Lc15/1-10 brebis, pièce perdues, retrouvées
1- S’approcher et écouter

On y voit le groupe des publicains et des pécheurs :

Il y a deux verbes pour qualifier leur attitude : s’approcher et écouter

Rester à considérer ces 2 attitudes.

*Une décision de se rendre proche de cet homme Jésus, le côtoyer, se laisser changer par lui

*Une décision d’écouter : on a là le verbe qui court le long de toute la Bible : « Ecoute Israël »

Il s’agit de s’ouvrir à la parole d’un autre.

Entrons dans ces 2 attitudes : s’approcher de Jésus dans la confiance et le désir de s’ouvrir à sa parole et surtout de demander une confiance et un désir plus grand que ceux que nous avons. 

2-Faire bon accueil et manger

Voir l’attitude de Jésus par deux verbes aussi : faire bon accueil et manger.

Comprendre pourquoi Jésus fait bon accueil : tout simplement parce que il est devant des hommes et des femmes de désir, qui attendent quelque chose de lui, qui on soif de l’entendre.

Prendre conscience de la joie de Jésus.

Rester à regarder Jésus qui fait bon accueil sans condition préalable : le fait de s’approcher et de vouloir écouter suffit.

Rester à regarder ces repas qu’il prend avec eux : dans la société où vivait Jésus, manger est un signe fort de solidarité et de communion, c’est d’ailleurs cela qui scandalise les pharisiens.

3-Une brebis, une pièce, un fils

 Prendre du temps pour regarder les images que Jésus prend

pour parler de nous : une brebis, une pièce d’argent, un fils. Des images qui

 chacune à leur manière dise une richesse, une valeur. Nous sommes précieux pour Dieu.

A chaque fois c’est "un-e" , pour dire  que chacun-e est aimé-e, manière de reprendre Is 43/1-4 « tu as du prix à mes yeux et je t’aime »

4-Dieu à l’image d’un berger, d’une femme, d’un père.

Prendre du temps aussi pour regarder les images que Jésus emploie pour parler de Dieu :

-Dieu comme un berger

-Dieu comme une femme

-Dieu comme un père 

5- S’arrêter devant le trait commun de ces 3 paraboles

perdu / retrouvé

Dialoguer avec Dieu là- dessus : qu’est-ce qui dans ma vie est perdue et que Dieu cherche, recherche ? 

5- S’imprégner de la tonalité de joie de ces 3 paraboles, la joie de Dieu 

6-Regarder ce que Dieu fait :

*comme un berger :

Courir jusqu’à ce qu’il la retrouve

La mettre sur les épaules

Rassembler amis et voisins

         *comme une femme :

Allumer une lampe

Balayer la maison

Chercher soigneusement jusqu’à ce qu’elle l’a trouve

Rassembler amis et voisins

         *comme un père

Confier son héritage

Attendre son retour

Courir à sa rencontre

Le couvrir de baisers

Le revêtir de plus beaux habits

Festoyer 

 

3-pistes sur Lc 10/38-42 Marthe et Marie

Cet épisode de Marthe et Marie a été « lu » comme symbolique de la vie contemplative (Marie) et de la vie active (Marthe). C’était une lecture justificatrice de la supériorité de l’une sur l’autre.  C’est un bon exemple d’interprétation qui se fourvoie faute de connaissance du contexte historique mais aussi d’aveuglement plus ou moins conscient qui favorise des intérêts.  Comment se fait-il que la situation scandaleuse décrite dans ce texte, pour la société où vivait Jésus n’a pas été perçu ? Le scandale, c’est qu’une femme, dans la société patriarcale de ce temps,   ne peut pas être disciple d’un maître, un rabbi. Etre assise au pied d’un maitre et l’écouter,  est la position du disciple. Marie la prends et Jésus approuve son choix qui est une transgression du rôle dévolue aux femmes. La meilleure part est donc, pour les femmes, d’être disciple, une part à laquelle Jésus les autorise, les appelle, auquel il leur reconnait le droit d’aspirer. Il ne s’agit donc pas dans ce texte d’opposer l’écoute de Jésus au service de la maison. C’est un texte fort pour dire que les femmes de la même manière que les hommes, peuvent être disciple. Jésus prend position ainsi contre les discriminations dont étaient victimes les femmes sur ce point à son époque.

1er point :

Regarder Jésus. Comprendre que le désir de son cœur, c’est qu’on prête attention à ce qu’il dit, qu’on l’écoute. C’est cela dont il a besoin, dont il a soif.

2ème point

Regarder Marie qui lui offre ce que désire son cœur, elle lui offre un cœur qui écoute « elle restait à écouter sa parole ». Regarder son attitude corporelle, elle est assise à ses pieds.

3ème point

Entendre la parole de Jésus à Marthe : « tu t’inquiètes et tu t’agites ». Si vous le sentez, devant cette parole de Jésus, vous pouvez confier à Jésus ce qui vous inquiète et vous agite, car lui aussi sait écouter.

4ème point

S’étonner de ce que fait Jésus. Dans la société où il vivait, seuls des hommes pouvaient être disciples d’un maître. Ici, il institue Marie, une femme, comme disciple puisque le propre d’un disciple est d’être au pied d’un maître pour écouter son enseignement.

 Prendre conscience qu’avec cette attitude, Jésus prend position contre les discriminations dont sont victimes les femmes.

 

 

Joseph Moingt, l’homme qui venait de Dieu, Cerf, 2002

Idem p 47

P 48

P 47

P 60

P 58

P 57

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 20:32

bethanie12 Resur Lazare SC2

 

Dans l'Evangile de jean au chapitre 11 verset 20 à 27


[20] Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.

[21] Marthe dit à Jésus : "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.

[22] Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera."

[23] Jésus lui dit : "Ton frère ressuscitera" -

[24] "Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour."

[25] Jésus lui dit : "Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ;

[26] et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ?"

 

[27] Elle lui dit : "Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde."


Nous fêtons Marthe, une amie de Jésus

Puisqu’elle est son amie, elle peut un guide sûre pour grandir en amitié avec lui

 

Pour sa fête, l’Eglise nous propose 2 textes :

Le premier, bien connu, c’est l’épisode où elle fait un reproche à Jésus

Le deuxième qu’on vient d’entendre.

Il nous faut les prendre tous les deux car ils nous permettent de voir tout l’itinéraire de foi de cette femme.

 

Dans le premier, Marthe n’a pas encore eu accès au message libérateur de Jésus. Elle a intériorisé une exclusion : dans la société de son temps, une femme ne pouvait pas être disciple, à l’écoute d’un maitre.

Marie transgresse cette interdiction et Jésus l’approuve.

 

Dans le second texte, elle est devenue tellement disciple qu’elle nous offre une des plus belles confessions de foi de l’Evangile : « Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde. »

Aussi belle que celle de Pierre : « Tu es le messie, le Fils du Dieu vivant »

C’est sur la foi de Marthe et celle de Pierre que notre foi est bâtie.

 

Que s’est-il donc passé ?

Il me semble pouvoir répondre en disant qu’elle a vraiment entendu ce que lui disait Jésus.

A l’écoute du message libérateur de Jésus, elle a su quitter les fausses images infériorisantes d’elle-même pour oser être disciple, pour oser partager avec Marie cette meilleure part qui est celle de l’écoute de Dieu.

Elle l’a tellement écouté, tellement regardé, tellement aimé qu’elle a pu percevoir quelque chose de son mystère qui lui ont permis de faire cet acte de foi : « tu es le Christ »

C’est cette écoute et ce regard qui sont transformants.

 

 

N’est-ce pas ce qui se passe lors d’une retraite ? L’écouter, le regarder pour qu’il nous soit donné de quitter nos fausses images de nous-mêmes et de Dieu et pouvoir confesser que nous sommes des merveilles, et que Dieu est Seigneur de vie et de liberté.

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 08:30

Marc 9, 14-30

En rejoignant les autres disciples, ils virent une grande foule qui les entourait, et des scribes qui discutaient avec eux. Aussitôt qu’elle vit Jésus, toute la foule fut stupéfaite, et les gens accouraient pour le saluer. Il leur demanda : «  De quoi discutez-vous avec eux ? »

Un homme dans la foule lui répondit : «  Maître, je t’ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet ; cet esprit s’empare de lui n’importe où, il le jette par terre, l’enfant écume, grince des dents et devient tout raide. J’ai demandé à tes disciples d’expulser cet esprit, mais ils n’ont pas réussi. » Jésus leur dit : «  Génération incroyante, combien de temps devrai-je rester auprès de vous. Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le auprès de moi. »

On l’amena auprès de lui. Dès qu’il vit Jésus, l’esprit secoua violemment l’enfant ; celui-ci tomba, il se roulait par terre en écumant. Jésus interrogea le père : «  Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? » Il répondit : « Depuis sa petite enfance. Et souvent il l’a même jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr. Mais si tu y peux quelque chose, viens à notre secours par pitié pour nous ! » Jésus reprit : «Pourquoi dire : ‘ si tu peux..’ ? Tout est possible en faveur de celui qui croit. » Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! »

Jésus voyant que la foule s’attroupait, interpella vivement l’esprit mauvais : «  Esprit qui rends muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus jamais ! » L’esprit poussa des cris, secoua violemment l’enfant et sortit. L’enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : «  Il est mort. » Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout.

Quand Jésus fut rentré à la maison, seul avec ses disciples, ils l’interrogeaient en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas pu l’expulser» Jésus leur répondit : «  Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière. »

 

Deux parties dans ce texte : dans la première partie sans Jésus les disciples n’arrivent pas à délivrer le possédé. Dans la deuxième partie avec Jésus le possédé est délivré.

Imaginons dans la première partie la grande foule qui entoure les disciples discutant avec les scribes, écoutons le bruit, les cris, l’agitation de cette foule, le ton des discussions. Regardons cette foule qui, à la vue de Jésus est stupéfaite, le bruit s’arrête, tous les regards se tournent vers Lui.

Imaginons cette foule attroupée qui lâche les discussions et les scribes et se met en mouvement, attirée par la présence de Jésus. C’est leur désir, leur cœur qui les fait courir juste pour le saluer et avoir un contact direct avec Lui.

Imaginons encore Jésus qui ouvre le dialogue, désirant avoir un contact plus personnel et approfondi avec la foule. « De quoi discutez-vous avec eux ? »

Un homme sort de la foule et ose parler de sa souffrance. Il s’adresse à Jésus comme à un maître qui peut le guérir. Son fils, une part de lui-même, s’est laissé posséder par un esprit qui le rend muet. Il ne comprend pas d’où vient son mutisme et quelles sont les peurs qui l’empêchent de parler et de se révéler aux autres. Il raconte sa souffrance, la violence de ses symptômes. Il est devenu tout raide, tout sauvage et son expression n’est plus vraiment humaine. Il est coupé des autres et ne sait plus communiquer. Les disciples par leurs seules forces n’ont rien pu faire pour lui.

Après le récit de la maladie et de ses symptômes, Jésus veut mener l’homme plus loin dans la foi, il n’est pas seulement un médecin qui peut guérir. Ce qui l’intéresse c’est d’éveiller notre foi.

«  Génération incroyante, combien de temps devrai-je rester auprès de vous. Combien de temps devrai-je vous supporter ? » Toute une génération est atteinte par l’incroyance qui engendre les peurs et les difficultés de communiquer. Combien de temps aura-elle besoin de l’aide de Jésus ? Tout le temps. Jésus nous dit qu’il sera toujours avec nous.

« Amenez-le auprès de moi ».

Dans cette deuxième partie du texte, il ne s’agit plus de raconter seulement la maladie et ses symptômes mais de le faire dans la prière auprès de Jésus. Cette proximité déclenche la série de symptômes du possédé avec une violence décuplée. Il est secoué violemment, signe qu’un changement est entrain de s’opérer. Jésus reste calme et se penche sur la souffrance de cet homme. Il le fait parler de son mal. Quelle est son origine ? Depuis la petite enfance et cette souffrance a des tendances mortifères. C’est après avoir parlé de ce danger de mort qui le menace, après avoir touché le fond de sa misère que l’homme pousse son premier cri de foi.

« Si tu y peux quelque chose, viens à notre secours par pitié pour nous ».

Nous pouvons entendre ce cri comme une parole vraie  de l’homme qui n’en peut plus et imaginer l’expression de cet homme qui appelle au secours pour sa vie et celle des siens.

Et Jésus reprend les propres mots de l’homme pour l’amener à aller plus loin dans la foi : « Pourquoi dire :’ si tu peux’ ? Tout est possible en faveur de celui qui croit » L’homme sent naître en lui un désir brûlant de croire et s’écrie : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ». Laissons  résonner en nous cette prière, ce cri de foi d’un homme qui a compris que la foi est l’essentiel de la vie et que Jésus est venu pour nous sauver de nos peurs qui nous empêchent de croire en nous-mêmes, en les autres et en Dieu.

Jésus se préoccupe maintenant de faire grandir la foi de la foule qui de nouveau se regroupe cette fois-ci autour de Lui. C’est Lui le Maître : «  Esprit qui rends muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus jamais ». Nous pouvons entendre cet ordre de Jésus et le garder en mémoire quand nous serons assaillis par des pensées négatives qui nous empêchent de communiquer et nous enferment en nous-mêmes.

On peut encore entendre les cris de l’enfant comme les cris d’une naissance, le voir être secoué violemment  et puis par contraste entendre le silence qui suit et voir l’enfant devenu tout calme. « L’enfant devint comme un cadavre, tout le monde disait : «  il est mort ». Notre bonne santé spirituelle et notre proximité avec Jésus n’est pas toujours en accord avec ce que le monde pense et le changement qui s’opère en nous après l’expulsion des peurs et notre conversion peut déstabiliser le monde autour de nous.

Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout

C’est après avoir expulsé nos résistances, c’est dans l’abandon que nous pouvons saisir la main de Jésus  et nous mettre debout.

Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière Invitation à prier Dieu de nous délivrer du mal.

 


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