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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 21:52

Du 3 au 7 mai 2013, des responsables internationales des ordres religieux féminins se sont réunis à Rome pour leur Assemblée générale.

Elle avait pour thème: " Pour vous, il ne doit pas en être ainsi"

Citation de Jésus en Mt 20/26 , pour dire que l'autorité doit être un service.

 

Ces responsables se sont interrogées sur leur manière d'exercer l' autorité.

Elles nous livrent, en déclaration finale, un texte magnifique.

Il serait judicieux que l'Eglise toute entière suive leur pas...en particulier certains clercs qui se croient investis de pouvoirs divins et imposent leurs options au lieu d'être à l'écoute de ce que l'Esprit dit en chaque baptisé-es. 

 

http://vd.pcn.net/fr/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=43&Itemid=45

http://vd.pcn.net/fr/index.php?option=com_docman&Itemid=12

 

 

ORIENTATIONS POUR LA MISSION DE L’UISG

“Ainsi doit-il en être parmi vous”

 

Comme religieuses appelées au service de l’autorité, nous désirons le vivre:

 

Comme Jésus de Nazareth, le Serviteur souffrant (Is 42), qui a lavé les pieds de ses disciples, nous enseignant ainsi le vrai sens de l’autorité comme service des autres, qui nous a donné l’exemple d’un amour qui se donne jusqu’aux ultimes conséquences.

 

Comme service de la vie, qui exige d’écouter avec le cœur, la réalité en nous-mêmes, dans la Congrégation, dans le monde et dans toute la création et de vivre dans un constant esprit de discernement, attentives à l’histoire et en communion avec l’Église.

 

Pénétrant les Écritures pour comprendre le vrai service de l’autorité, encourageant une vie de prière et de contemplation profonde pour servir les autres avec les attitudes évangéliques de compassion, de tendresse, d’humilité, de générosité sans limite, de patience pleine d’espérance et de don total.

 

Confessant l’ultime autorité de Dieu, gardant la “chaise vide” dans nos vies comme signe de l’espace qui appartient à Dieu seul. Reconnaissant et acceptant la force de notre faiblesse, de notre fragilité et de notre vulnérabilité personnelles ainsi que le besoin de promouvoir des “communautés adultes”.

 

Construisant des relations interpersonnelles de qualité qui conduisent à la communion fondée sur l’amour trinitaire par le moyen du respect mutuel, de la participation et du dialogue. Et partageant le service de l’autorité avec d’autres par la collaboration, la consultation et la solidarité, fortifiant ainsi la “confiance en soi”.

 

Comme “chercheuses du bien” dans les personnes et les événements, découvrant toujours les signes d’espérance, si petits soient-ils afin de les encourager, de les nourrir et de les célébrer.

 

Comme un chemin libre d’abus de pouvoir mais ouvert à ce qui déclenche et fait jaillir l’énergie au service de l’Évangile: “le pouvoir de l’encouragement, de l’influence, de l’hospitalité et de la résilience”.

 

Comme “compagnes de grâce”, leaders qui accompagnent la croissance, qui font jaillir une énergie nouvelle, qui ouvrent des horizons, qui offrent des défis et qui sont prêtes à oser avec courage comme les fondatrices/fondateurs de nos Congrégations, actualisant ainsi le charisme en cette époque de nouveaux commencements.

 

Optant avec passion pour “l’autorité de ceux et celles qui souffrent”, avec la “mystique des yeux ouverts”, écoutant leur douleur, les accompagnant dans leurs rêves et créant avec eux/elles des espaces où la vie puisse fleurir avec joie pour tous et pour toutes.

 

Vivant notre fécondité de manière qui rend possible une vie et une direction nouvelles, qui développe les qualités personnelles pour la mission, qui réponde au défi de l’interculturalité et prépare les futurs leaders.

 

Créant des espaces pour la solidarité globale et le travail en réseau avec des femmes et des hommes, religieux/ses et laïcs/laïques, favorisant le partenariat égalitaire, unissant nos voix en faveur de la justice et de celles et de ceux qui souffrent.

 

Comme Marie, la femme vaillante dans la foi, qui a su donner la vie, la nourrir dans toutes les situations et l’abandonner au moment opportun, acceptant ainsi que le rêve de Dieu se réalise en notre temps.

 

 

 

 

Marta Zechmeister, CJ. “L’autorité de ceux qui souffrent”.  P. 4

Charlotte Sumbamanu, STNJ de Kinshasa. “L’Exercice de l’Autorité dans une Communauté Adulte”. P. 4

Mary John Mananzan, OSB. “Le Leadership religieux: Perspectives post-Vatican II”.  P. 3

Mary Pat Garvin, RSM. “Compagnie de Grâce: une Métaphore pour la Vie Religieuse  aujourd’hui”. P. 7

Cf. Garvin, RSM. P. 1

Marian Ambrosio, IDP.  “ La Vie Religieuse au Brésil”

Marta Zechmeister, CJ. “L’autorité de ceux qui souffrent”.    P. 6

Cf. Zechmeister. P. 6

Pat Murray, IBVM. “ Leadership inter culturelle”

Prof. Bruna Costacurta. “L’autorité dans la Bible.” P. 4

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 14:35

Bonne Nouvelle d’un Dieu vulnérable

St Paul dans une de ses épitres nous qu’il existe deux périodes dans notre vie de foi : la période du lait et la période des nourritures solides. Le lait quand nous sommes enfant, les nourritures solides quand nous devenons adultes. Le risque, c’est de se contenter d’une nourriture d’enfant, c'est-à-dire de ne jamais grandir. Pourtant, pour des parents dignes de ce nom, leur désir c’est de voir grandir leurs enfants, pour que peu à peu, ils puissent avoir une relation d’adulte à adulte, d’égal à égal, de réciprocité.

Dans ce 3ème jour de retraite, une question peut nous aider: Quelle part dans ma foi est encore « infantile », quelle part est adulte ?

La part infantile de la relation à Dieu : penser Dieu comme celui qui va agir à notre place, celui dont il faut se concilier les bonnes grâces, celui qui récompense et qui punit. C’est le dieu des religions, en fait un dieu comme un Maitre à qui il faut obéir sinon il nous arrivera du malheur. On a un exemple de cela dans l’Evangile quand on demande à Jésus pourquoi cet homme est né aveugle. Est-ce à cause du péché de ces parents ? Poser cette question, c’est penser que Dieu punit lé péché des parents par la cécité de leur enfant. N’est-ce pas la même attitude quand quelqu’un dit encore aujourd’hui : Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour qu’il m’arrive cette tuile ? » . Attitude infantile qui nourrit la peur, la méfiance, la servilité.

La part adulte est à l’image de celle que nous avons vis-à-vis de nos parents quand la relation est juste. Relation d’égale à égale faite d’amour réciproque où l’un n’est pas supérieur à l’autre, : reconnaissance pour la vie reçue d’eux et non pas une dette qu’il faudrait payer sans espoir de  pouvoir la solder .

Je vais citer 2 auteurs à l’appui de cela

*Ignace de Loyola définit l’amour entre Dieu et nous comme une communication réciproque : c'est-à-dire que celui qui aime donne et communique ce qu’il a …à celui qu’il aime ; et de même à l’inverse celui qui est aimé à celui qui l’aime » (Exercices spirituels n° 231)

Nous sommes dans ce texte en parfaite égalité : Dieu est celui qui aime et qui est aimé et nous sommes ceux qui aimons et qui sommes aimés. L’amour consiste dans le don mutuel, réciproque.

*Enfin mon deuxième auteur sera…Jésus lui-même. Et nous arrivons là au cœur de notre retraite. Il s’agit d’accueillir l’Evangile en le dépoussiérant, en lui retrouvant sa force libératrice. Il faut vraiment réaliser que quand Jésus dit : «  Je ne vous appelle pas serviteur, je vous appelle AMI » il opère une révolution dans la conception des rapports de Dieu avec l’humanité.

C’est donc très important de prendre conscience des fausses images que nous faisons de Dieu, des représentations qui proviennent de notre imaginaire, qui n’ont rien à voir avec la réalité, l’Ancien Testament appelle cela des idoles et nous en avons tous.

Je vais donner encore quelques exemples pour bien me faire comprendre :

-Le dieu qui se cache au coin de la rue pour me prendre en flagrant délit de faute ;

-le dieu qui voit tout (Simone de Beauvoir)  à qui rien n’échappe pour mieux m’accuser ;

-le dieu qui tient notre destin dans ces mains et donc a écrit sur son grand livre ce que je dois faire, sinon ce sera le malheur pour moi ;

-le dieu paratonnerre, qui moyennant quelques sacrifices, me protégera des souffrances de la vie ;

-le dieu puissant qui impose sa loi de fer etc…

On peut allonger la liste, les exemples donnés sont des caricatures, mais nous n’en sommes pas indemnes et elles peuvent s’insinuer en nous sans qu’on y prenne garde.

L’enfant qui nait à Bethléem me guérit peu à peu de ces fausses images ; peu à peu par ce que on est lent à se laisser convertir, à quitter nos fausses représentations. Il nous faut longuement regarder ce vrai visage de Dieu qui se donne à voir dans la fragilité de cet enfant. L’Eternel qui est Dieu entre dans notre histoire en se faisant petit enfant. C’est une révolution de l’image de Dieu, c’est une subversion, une contestation radicale. Un enfant qui ne sait pas encore parler et qui pourtant nous dit simplement par ce qu’il est : « je ne suis pas ce que vous croyez, regardez-moi et vous saurez qui est vraiment Dieu. »

Regardons…Dieu est un petit enfant. Il nous aime le premier, il nous rejoint dans notre histoire : il se fait petit, vulnérable, à la merci de tous, ayant besoin de tous. On peut prendre dans ses mains,  on peut en faire n’importe quoi.

Et ce n’est que le début du dévoilement du vrai visage de Dieu.

Dieu a voulu vivre cela. Pour quelle raison ?

1- il veut nous dire : Voilà ce que je suis, croyez ce que je vous dis de moi et renoncez à vos fausses images

2-il veut nous dire aussi : chassez toute crainte, allez à ma rencontre comme les bergers et les rois mages en toute confiance et en toute joie.

On peut relire les 4 Evangiles avec cette clé de lecture :

En Jésus on découvre Dieu à l’écoute des gens, Dieu proche de tous, Dieu qui propose, qui appelle, qui suscite la liberté, et jamais ne s’impose, Dieu qui pardonne, Dieu qui guérit.

Peut-être la prière à faire pour chacun de nous, c’est de se mettre devant cet enfant, de le regarder et de lui parler : « Dis-moi mon Dieu quel amour de moi a pu te conduire à cette fragilité, cette vulnérabilité ?  Guéris les fausses images que je peux encore me faire qui sont des poisons pour ma vie et une offense à ton vrai visage. » Cela fait comprendre autrement le sens de la mort du Christ. Il a été crucifié car son message était insupportable à certains ; a ceux qui tirent profit et pouvoir de l’attitude infantile et servile que peut véhiculer toute religion. L’horizontalité de la relation amicale conteste de soi une hiérarchie où certains seraient détenteurs d’un pouvoir sacré et d’autres exclus. Non tous amis donc tous ayant accès à Dieu dans un esprit de liberté, de confiance.

L’attitude adulte, c’est donc d’être debout devant Dieu-Ami, marchant ensemble sur le même chemin, parlant ensemble ou encore assis l’un à côté de l’autre parlant et écoutant à tour de rôle.

C’est le critère de discernement que je vous partage. Comment je me situe devant Dieu ? Comme un ami pour son ami ? Passer ses attitudes de foi à ce tamis. Par exemple, quand je demande quelque chose à Dieu, est-ce ce que je le demanderais à un ami ? Sa présence, oui, son aide morale, oui, pouvoir lui parler pour que ce partage m’éclaire sur une décision, oui ; mais pas de décider à ma place ( attitude infantile), pas de manière magique pour que mon problème soit résolu. Il y a par exemple des Prières universelles à la Messe qui relèvent d’une foi adulte et d’autres qui sont infantiles.

Adulte : donnes-nous la force de ton esprit pour partager, donner de notre temps

Infantile : procure du pain à ceux qui n’en ont pas

La part infantile en nous est à purifier

La part adulte est toujours à approfondir

Et une retraite est un bon lieu pour cela.

 

Demande de grâce : Trinité toute sainte, Dieu Très-bas, aide-moi à me laisser toucher par ta vulnérabilité.

 

Lc2/1-20 Nativité

1ère piste :

Voir les personnages :

Ce qu’ils sont, pourquoi sont-ils là, et être là avec eux, me dégager de l’habitude et du déjà vu pour me laisser étonner : par exemple : Marie, Joseph sur le chemin ; puis Jésus une fois né ; les anges auprès des bergers. Laisser mes yeux se laisser impressionner de ce qu’ils sont, pour que ce qu’ils sont, s’impriment en moi, leur être même a quelque chose à me dire. Quelque chose du mystère de Dieu se dit déjà là.

 2ème piste

Ecouter les paroles, ce qui est dit ou ce qui n’est pas dit. Ecouter le silence de Jésus, lui le Verbe qui se fait bébé ne pouvant que crier. Écouter les paroles, non pour les méditer mais pour les écouter. Comment sont-elles dites, sur quel ton, les écouter, c’est les laisser descendre en soi.  Dans ce texte de Luc, seuls les paroles des anges et des bergers nous sont transmises. Ici il s’agit de laisser résonner le silence ou les cris de cet enfant ; les paroles des anges et des bergers ; les laisser descendre pour qu’elle fasse leur œuvre de lumière

3ème piste :

Me rendre attentif à ce que font les personnages du texte, leurs actes mais aussi des attitudes, des réactions, des regards, des gestes, des inactions aussi. Les sentir de l’intérieur : par exemple : la marche de Joseph et de Marie ; leur voyage pour qu’ensuite le Seigneur vienne à naître dans cette extrême pauvreté ; la mise au monde de Jésus par Marie ; la venue des bergers, l’attitude de Marie qui conserve toutes ces choses dans son cœur. C’est peu à peu pénétrer le mystère de Dieu qu’il m’est donné de voir, accéder à une connaissance intérieure du Christ pour mieux l’aimer.

4- « Elle mit au monde son fils premier-né » verset 6

Regarder cette mise au monde. N’hésitez pas à la regarder dans le plus concret. Celles qui sont mères parmi nous ont l’avantage de l’expérience vécue dans la chair. Regarder cet enfant qui est mis au monde et ce que notre foi nous en dit :

-Verbe fait chair, Dieu mis au monde. Nous laisser étonner. Dieu qui vient à naître, Dieu qui vient au monde. Sentir que cela bouleverse nos images de Dieu. Cela dit du neuf en Dieu, du jaillissement, de la nouveauté, du mouvement. Alors que nous voyons souvent Dieu du côté de l’immobilité.

-Verbe dans la fragilité d’un enfant. Il peut donc y avoir de la fragilité en Dieu, de la petitesse alors que nous le voyons du côté de la puissance et de la grandeur. Ici, un enfant qui peut pleurer, qui a faim, qui boit le lait du sein de sa mère. Se laisser toucher par ça. Et peut-être sentir nos résistances à accueillir ce que Dieu donne à voir de lui dans sa fragilité.

5-« Elle l’enveloppa de langes » v 6

Regarder comme Marie prend soin de lui.

Et oser nous aussi prendre soin de lui. Pourquoi ne pas demander à Marie de nous permettre de le prendre dans nos bras ? Si nous le faisons, il nous sera peut-être donné de vivre plus profondément que Dieu a besoin de nous, de nos soins, de notre attention. Cela aussi peut bousculer nos images. Habitué-e à vouloir que Dieu prenne soin de nous, ici, le voir qui a besoin de nous et prendre soin de lui. C’est peut-être entrer dans une vie spirituelle adulte qui donne et se donne après avoir beaucoup reçu.

6-« Couché dans une mangeoire » à 3 endroits dans le texte : v 6 ;12 ;16

Etonnant cette insistance pour dire 3 fois qu’il est mis, couché dans une mangeoire. Une mangeoire, c’est un endroit où l’on met la nourriture pour les animaux. Jésus dira un jour : « prenez et mangez ceci est mon corps livré pour vous » Ce corps est déjà là à la crèche, pour être nourriture de vie.

Dans notre contemplation aller de la Crèche à la Cène, de la Cène à la Crèche pour y voir Dieu qui se donne. Recevoir de lui et prendre soin de lui. Prendre soin de lui et recevoir de lui. Dans le va et vient d’une véritable amitié.

 

Jn13 /1-10 Le lavement des pieds

1ère piste :

Jésus ne commence pas par parler mais il agit.

Essayer de vous représenter chacun de ces gestes

Il se lève de table ; Il quitte son manteau ; Il met un linge autour de sa taille

Il verse de l’eau dans un bassin ; Il se met à genoux ; Il lave des pieds,

Il est le Maitre, il est Seigneur, Il est Dieu et il est à genoux, serviteur, le Très-Bas. Prendre conscience de l’inouï de ce geste. Cela bouleverse nos idées sur Dieu. Dieu n’est plus en haut, il est en bas, en humble place.

2ème piste :

Chacun-e de nous peut entrer dans cette scène, se mettre à table avec les disciples. Imaginez que Jésus s’approche de vous. Il se met à genoux devant vous. Il vous lave les pieds. Comment je réagis à cela, à ce Dieu à genoux devant moi. Refuser comme Pierre tout d’abord ? Accepter ensuite ? Si j’accepte que Jésus me lave les pieds, j’accepte que Dieu m’aime, que Dieu prenne soin de moi, j’accepte de me laisser aimer par lui.

3ème piste :

Entendre la raison du geste du Christ tel qu’il est dit au début de ce texte :

Sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.

Jésus donne sa vie jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême de la croix. Il en donne le sens par ce geste du lavement des pieds. Me laisser toucher par ce que je vois. Sa vulnérabilité qui se remet entre nos mains.

 

 

 

 

 

 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 20:08

Cet article est paru dans le Monde des religions. 

 

Frei Betto : "La foi chrétienne suppose inévitablement un positionnement politique"

http://www.lemondedesreligions.fr/entretiens/frei-betto-la-foi-chretienne-suppose-inevitablement-un-positionnement-politique-21-06-2013-3171_111.php

Au moment où les Brésiliens descendent dans les rues pour exprimer leur mécontentement social, le dominicain et théologien de la libération Frei Betto nous a accordé un rare entretien, dans lequel il s'exprime notamment sur le rôle de la théologie et de la religion dans la politique en Amérique du Sud.

 

Condamné, emprisonné à l’âge de 20 ans, torturé, Frei Betto (de son vrai nom Carlos Alberto Libânio Christo) l’a été par le régime des militaires au Brésil (1964-1984). Son crime ? Appartenir à l’Alliance pour la Libération Nationale et être un opposant à ce régime « frère jumeau d’Adolf Hitler ».

Né en 1944 à Belo Horizonte (Minas Gerais, Brésil), Frei Betto appartient à l’Ordre des Dominicains, et est un théologien de la libération très réputé, écrivain et militant politique, guidé, tout au long de sa vie, par la certitude que « l’Esprit Saint souffle où il veut et quand il veut » (lettre écrite en prison, à vingt ans, à un camarade de séminaire).

Auteur d’une cinquantaine de livres traduits en plusieurs langues – notamment de Fidel et la religion (1984) et d’Hôtel Brésil (2006) – Frei Betto a reçu plusieurs prix et distinctions, dont la médaille de la Résistance Chico Mendes, décernée en 1998 par le groupe Tortura Nunca Mais/RJ (Torture : plus jamais), le prix Paolo Borsellino, pour son engagement en faveur des droits de l’homme, et, très récemment, le prix Unesco/José Marti 2013. Avec Lula, il a été l’un des fondateurs du syndicat CUT (Central Única dos Trabalhadores, ou Centrale Unique des travailleurs), devenu ensuite le Parti des Travailleurs, s’est engagé dans le Mouvement des sans-terre, et a été à l’origine du programme Faim Zéro, lorsqu’il était le conseiller spécial du Président Lula.

Actualité

Le Brésil est actuellement secoué par un mouvement général de protestation pacifique contre la hausse des prix généralisée, contre les travaux pharaoniques pour la Coupe du monde de 2014 et les Jeux Olympiques de 2016, et, plus largement, contre la corruption. Quelle est votre analyse sur ces faits sociaux ?

Les manifestations actuelles expriment le mécontentement de la population face à l’augmentation de l’inflation, qui se reflète dans la hausse des prix des transports en commun et des produits alimentaires ; ceci constitue une réelle menace pour la stabilité économique, pouvant aller jusqu’à la dévaluation de la monnaie, le réal. On proteste tout aussi bien contre les dépenses exorbitantes que demande la préparation de la Coupe du Monde au Brésil, tandis que, à cause du manque d’investissements publics, l’éducation et la protection sociale sont de très mauvaise qualité.

Aucun parti n’est capable de canaliser ce mécontentement, pas plus l’Église ou la théologie de la libération. Il faut savoir qu’on est face à une mobilisation qui est née à partir des réseaux sociaux. Ce qu’il y a de préoccupant, c’est que tout ceci peut se terminer comme le mouvement « Occupy Wall Street », c’est-à-dire sans propositions, sans programme, sans continuité constructive.

Vous avez participé à la fondation des Communautés ecclésiales de base, dans le contexte politique des dictatures latino-américaines. Comment définiriez-vous le rôle actuel de la théologie de la libération, au moment où s’expriment de fortes inégalités sociales ?

La théologie de la libération, d’une certaine façon, a imprégné toute l’Église catholique. Les critiques de Jean-Paul II et de Benoît XVI contre le néolibéralisme le montrent. Aujourd’hui, la théologie de la libération perdure, même en Europe, où le chômage et les inégalités sociales augmentent. Comment parler de Jésus sans mentionner les graves problèmes économiques qui touchent tant de pauvres ?

La théologie de la libération n’est donc pas morte ?

Si elle est morte, comme le dit Gustavo Gutiérrez (prêtre péruvien, considéré comme fondateur de la théologie de la libération), on ne m’a pas convié à l’enterrement… Est libératrice toute théologie qui tienne en compte la situation de misère et de pauvreté dans le monde, des racismes et des fondamentalismes, des relations de genre et des avancées de la science, comme la génétique ou les nanotechnologies. Cette relation qui se tisse entre la réflexion théologique et la réalité dans laquelle nous vivons, est la grande contribution de la théologie de la libération. Je suggère de consulter les œuvres écrites par des théologiens de la libération pendant les dernières décennies pour constater à quel point elles accompagnent de nouvelles thématiques, comme la physique quantique, l’écologie et les alternatives au néolibéralisme.

Quel doit être, d’après vous, le rôle politique d’un ecclésiastique ?

Je suis d’avis que les évêques, les moines, les sœurs ne devraient s’affilier à des partis politiques que dans des circonstances exceptionnelles. Mais toute personne qui participe, dans l’Église, a un rôle politique au sens aristotélicien du terme. La politique se fait en participant ou en ne participant pas, en condamnant ou en sacralisant. Il est impossible de ne pas faire de politique. Il peut y avoir de la dissimulation, de la déception, mais jamais de la neutralité. Chaque chrétien doit trouver sa manière de participer à la vie politique, ce qui peut être fait, par exemple, par la prédication, l’engagement dans des associations ou dans des ONG.

Comment conciliez-vous religion et politique ?

Je termine à ce moment un livre sur ce sujet : Ce que la vie m’a enseigné (O que a vida me ensino, éditions Saraiva). Jésus n’est pas mort de maladie dans son lit ni d’un accident de chameau dans les rues de Jérusalem ! Il est mort comme Jean Moulin, arrêté, torturé et condamné, par deux pouvoirs politiques, à la peine de mort que les Romains appliquaient aux esclaves : la crucifixion.

Dans le monde actuel et dans cette culture de proportions globales, où le pauvre est une collectivité innombrable, l’amour ne peut plus être seulement pensé en termes de relations interpersonnelles. Il devient aussi une exigence politique, d’entraide dans la vie, un engagement libérateur. Ceci ne signifie pas qu’il faut rationnaliser l’amour au point d’ignorer ce qui est personnel, sous prétexte de s’intéresser au collectif. Les racines et les fruits de toute transformation sociale qui se veut complète seront toujours les mêmes : le cœur humain, là où la divinisation de la personne devient la divinisation de l’Histoire.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, en Amérique latine, on vit dans un contexte à la fois d’oppression et de libération. On ne peut pas imaginer une vie chrétienne qui soit politiquement neutre ou capable d’unir dans la religion des relations économiques injustes. Pour nous, chrétiens latino-américains, engagés pour le projet d’un Dieu de Vie, l’existence et la pauvreté, en tant que phénomène collectif, exigent, au nom de la foi, une prise de position.

Une telle réalité prouve que le projet de justice et de bonheur proposé par Dieu à l’être humain, tel qu’il est décrit dans les premiers chapitres de la Genèse, a été rompu par le péché originel. Les victimes de cette rupture sont principalement les pauvres, destinataires et récipiendaires de la Parole de Dieu. Pour cela, Jésus s’est mis à leurs côtés. Il ne l’a pas fait pour que les pauvres soient plus saints ou meilleurs que les riches, mais simplement parce que les pauvres sont pauvres – et l’existence collective des pauvres n’était pas prévue dans le projet originel de Dieu, dans lequel tous devaient partager les biens de la création et vivre comme frères et sœurs.

Personne ne choisit d’être pauvre. Tout pauvre est la victime involontaire de relations injustes. Pour cela les pauvres sont appelés par Jésus « bienheureux », puisqu’ils nourrissent l’espérance de changer cette situation, de façon à ce que la justice de Dieu puisse prévaloir.

Ainsi, l’expérience de la foi chrétienne en Amérique latine suppose inévitablement un positionnement politique. Que ce soit aux côté des forces d’oppression, comme le font ceux qui condamnent la violence politique des opprimés, sans s’interroger sur les mécanismes de la violence économique et du capitalisme ; ou que ce soit aux côtés des forces de libération, comme nous tous, qui avons en commun l’option préférentielle pour les pauvres.

Qui sont ceux qui ne s’interrogent pas sur ces mécanismes de la violence économique ?

Le fait est que nos références idéologiques ne nous permettent pas toujours de reconnaître avec certitude notre propre position. Les chrétiens, qui perçoivent sincèrement les symptômes (misère, infirmité, mort prématurée de millions de gens), ne parviennent pas à découvrir les causes de ces problèmes sociaux. En règle générale, de telles personnes jouissent de privilèges sociaux et/ou patrimoniaux, en tant que détenteurs de la propriété privée, et aussi de biens symboliques et/ou matériels. Ils élaborent une théologie qui leur permet de légitimer les mécanismes de domination à travers la séquestration du langage, en la promouvant au statut de sphère d’abstraction, comme si le discours religieux pouvait, de quelque façon que ce soit, cesser d’être aussi politique.

Pourriez-vous nous en dire plus sur la nécessité, pour un chrétien, de se sentir concerné par la misère des autres ?

C’est une exigence des Évangiles, une exigence de Jésus. Au chapitre 25 de l’Évangile de Matthieu, Jésus aborde le thème du bon et du mauvais serviteur. Une description prophétique des temps eschatologiques, lorsqu’aura lieu le Jugement final, contient une parole de Jésus : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez rendu visite ; j’étais en prison, et vous êtes venus à moi ». Et il ajoute : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Matthieu 25, 35-40). C’est aussi la signification de la parabole du Bon Samaritain, rapportée par l’Évangile de Luc (10, 25-37) : mieux vaut un homme qui interrompt son voyage pour secourir le nécessiteux qu’un lévite, un religieux qui, tout imbu de piété, lui passe devant dans la plus complète indifférence. Qui ne se préoccupe pas de la misère d’autrui n’est pas chrétien, même s’il est baptisé et s’il va à l’église.

Quelle est la relation entre révolutions politiques et révolutions religieuses ?

Dans toutes les révolutions politiques il y a eu un facteur religieux, en faveur mais aussi contre la révolution. C’était le cas dans les révolutions russe, chinoise, cubaine et sandiniste. Il y avait des chrétiens positionnés tant avec les oppresseurs qu’avec les libérateurs.

À l’heure actuelle, le danger réside dans le fondamentalisme religieux, quand on soumet la politique aux préceptes religieux, comme l’ont fait Ben Laden et George W. Bush. Nous courons le grave risque de perdre une importante conquête de la modernité : la laïcité de l’État et des partis politiques.

Pensez-vous que, dans l’Église catholique actuelle, il puisse y avoir une évolution positive, en mesure de répondre aux enjeux sociaux et aux nouvelles attentes des chrétiens ?

Oui, je place beaucoup d’espoir dans le pape François. J’espère qu’il promouvra une profonde réforme de la Curie romaine, qu’il défendra la cause des pauvres et des opprimés, et qu’il ouvrira le débat théologique sur les questions de sexualité.

Quel est le rôle de la prière ?

La foi fait de la prière un antidote contre l’aliénation. Prier, c’est se laisser questionner par l’Esprit de Dieu. Souvent, nous arrêtons de prier pour ne plus entendre l’appel de Dieu qui exige qu’on se convertisse, c’est-à-dire qu’on opère un changement de direction dans notre vie. Prier, c’est permettre que Dieu subvertisse notre existence, en nous enseignant à aimer comme Jésus a aimé : de façon libératrice.

Politique

Les sociologues parlent de « tournant à gauche » pour l’Amérique latine, depuis la victoire de Chavez en 1998 au Venezuela et tant d’autres victoires. N’estimez-vous pas, cependant, que les idéaux de gauche, imprégnés par la théologie de la libération, aient été affaiblis par l’exercice du pouvoir ?

Heureusement, les gouvernements progressistes en Amérique latine ne sont pas fondamentalistes. Dans les 50 dernières années, les pays d’Amérique latine sont passés par trois cercles politiques : le premier – les dictatures militaires – a été mis en déroute par la lutte populaire et par le désastre économique. Le deuxième – les gouvernements messianiques néolibéraux (Collor au Brésil; Menen en Argentine; Fujimori au Pérou; Caldera au Venezuela; García Mesa en Bolivie etc.) – a aussi échoué économiquement et a été sanctionné par les urnes. Nous sommes actuellement dans le troisième cycle, celui des gouvernements démocratiques, populaires, élus démocratiquement et indépendants, qui gouvernent en étant centrés sur les droits des plus pauvres.

Que faire, quand on est un État, pour parvenir au stade de la « démocratie économique » ?

La démocratie, qui était présente durant de longues années en Amérique latine, était à peine virtuelle, étant contrôlée par le pouvoir économique. Maintenant, nous passons d’une démocratie de délégation (on vote pour quelqu’un qui n’a pas de comptes à rendre), à une démocratie de représentation (où prédominent, dans l’échelon politique, les représentants des grands groupes économiques). Certains vont vers une démocratie participative. Cependant, nous sommes très loin de cette démocratie régie par les mouvements sociaux organisés.

Si vous deviez dire quels sont les évènements historiques, religieux et politiques les plus importants des quatre dernières décennies, lesquels mentionneriez-vous ?

Quatre décennies signifient de 1973 à 2013. Je dirais que les événements les plus significatifs ont été les suivants : la fin des dictatures militaires en Amérique latine, la chute du mur de Berlin, l’élection du pape François, l’ascension de la Chine comme puissance mondiale, l’élection de Lula à la présidence du Brésil, les visites de Jean-Paul II et de Benoît XVI à Cuba, et le fait qu’ils aient loué les réussites de la Révolution.

La religion au XXIe siècle

Quelle est votre opinion sur le paysage religieux du Brésil et de l’Amérique latine contemporaine ?

Avec la chute du mur de Berlin et le déclin des idéologies libertaires, les religions ont commencé à développer un rôle important, que ce soit comme facteur de libération que comme facteur d’oppression. Ce qui m’inquiète, au Brésil, c’est le fondamentalisme religieux qui s’articule politiquement dans le but de s’imposer à l’ensemble de la population, comme, du reste, dans d’autres régions du monde. Quant à l’explosion du nombre d’évangéliques et l’augmentation du nombre d’athées, je pense que cela oblige l’Église catholique à repenser ses méthodes d’évangélisation. En règle générale, ces méthodes sont archaïques, et sont centrées sur le moralisme et le cléricalisme.

Néanmoins j’apprécie notre diversité religieuse, considérée par beaucoup comme un phénomène de syncrétisme, de fusion entre des éléments provenant de religions diverses. Mais après tout, le christianisme au Brésil est aussi syncrétique que celui qui se pratique à Rome, où se mêlent christianisme, paganisme, judaïsme et de forts restes des traditions de la noblesse européenne.

Comment interprétez-vous les nouveaux défis posés à la religion au Brésil ?

Je pense que le plus grand défi de l’Église catholique est de valoriser la spiritualité plus que la religiosité, plus les communautés ecclésiales de base que les paroisses, plus l’option préférentielle pour les pauvres que les messes-show, plus l’enseignement de Jésus que le moralisme.

D’après vous, y-a-t-il un combat entre une Église conservatrice et une Église progressiste ?

Aucun combat. Elles vivent ensemble dans la même Église catholique, sous le même pape.

Vous avez dit à la presse que le nouveau pape, François, ne changera pas les choses en profondeur. Mais comment interprétez-vous son discours sur la pauvreté ? Le pape a vécu dans une favela de São Paulo, tout comme vous l’avez fait à Buenos Aires. Quelles différences peut-on faire entre François et un théologien de la libération comme vous ?

Je ne peux pas me comparer à Jorge Mario Bergoglio, et encore moins au pape François. Ce que nous avons en commun, c’est d’être latino-américains et de défendre les droits des pauvres. Oui, le pape a parlé de l’attention qu’il faut porter aux pauvres. J’espère qu’il parlera aussi des causes de la pauvreté. Dom Helder Câmara a dit : « Quand je parle des pauvres on m’appelle « chrétien ». Quand je dénonce les causes de la pauvreté, on me traite de communiste ».

Y-a-t-il une possibilité pour que le pape récupère des éléments de la théologie de la libération ?

C’est inévitable, pour un pape comme François, qui a une telle sensibilité pour les pauvres et la question sociale.

Quel est votre rêve pour l’Église de demain ?

Qu’elle soit plus évangélique, qu’elle reflète l’image de Jésus de Nazareth, qu’elle embrasse avec courage et amour les causes de pauvres, qu’elle promeuve les femmes dans le sacerdoce et l’épiscopat, qu’elle pratique le dialogue interreligieux, qu’elle parle la langue des jeunes, qu’elle regarde la science et la technologie comme des avancées positives.

International

Il y a eu divers Forums sociaux mondiaux, et de congrès de théologiens. Comment vit-on, de nos jours, la théologie de la libération hors du Brésil et de l’Amérique latine ?

La théologie de la libération a perdu son impact depuis que la conjoncture politique en Amérique latine a changé, et que Jean-Paul II a « vaticanisé » l’Église catholique sur notre continent. Mais elle continue, elle vit encore, que ce soit dans les Communautés ecclésiastiques de base, dans les pastorales populaires, ou dans les œuvres produites par les théologiens de la libération, en dialogue permanent avec les thèmes actuels. Personnellement, je ne suis en contact avec des théologiens de la libération d’autres pays et d’Afrique que par quelques rencontres internationales occasionnelles, mais aussi à travers la lecture de leurs écrits.

Quel lien pouvons-nous tisser entre théologie de la libération et alter-mondialisme ?

Si l’on entend le terme alter-mondialisme dans la ligne du Forum social mondial, qui est à la recherche d’un modèle alternatif de société pour remplacer le capitalisme actuel, j’affirme que la théologie de la libération considère ceci comme prioritaire, d’autant plus si l’on tient en compte l’expérience de nos peuples d’origine comme les indigènes, et de leur savoir du « bien vivre (Sumak Kawsay) ». Par cette expression, tirée de la langue andine kichua, on indique le modèle de développement équatorien, fondé sur une harmonie de long terme entre systèmes économiques, politiques, sociaux et environnementaux, en opposition au modèle d’accumulation capitaliste.

 

 

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 23:05

Bonne nouvelle d’un Dieu qui crée des créateurs et des créatrices libres

 

Nous pensons que le monde n’est pas le fruit du hasard mais d’un désir de Dieu. Dire cela, cela équivaut à dire que Dieu est créateur. Mais comment est-il créateur ? Qu’est-ce qu’il a créé ? Cette question mérite d’être creusée.

Il y a deux modèles : 

1-Soit il a créé un monde tout fait. Pour employer une comparaison de couture : un monde prêt à porter. Il n’y a qu’à enfiler le vêtement. Ce vêtement il est comme il est, on ne peut rien changer. Il y a un ordre des choses décidé par Dieu.  Un monde tout fait où il n’y a rien à changer, rien à créer, auquel il ne manque rien. Donc dans ce cas l’action humaine est de conserver les choses en leur état. La réponse de l’humain est de rien abimé de ce qui est sorti des mains de Dieu. La liberté s’exerce dans ce cas à pouvoir dire oui ou non à un ordre établi par Dieu. La liberté se fait obéissance à cet ordre dans le oui, elle se fait désobéissance,  révolte et péché dans le non.

*La première  conséquence, c’est que ce monde en soi a peu  d’intérêt puisque rien ne lui manque, qu’il n’y a rien à y faire de décisif qui lui manquerait, il est seulement le lieu d’une épreuve, le lieu où l’on fait ses  « preuves » de l’obéissance ou de la désobéissance.

*La deuxième conséquence c’est l’idée de Dieu que cela justifie. Un Dieu qui impose son modèle à l’exclusion de tout autre. C’est lui qui l’a fait ainsi. C’est un modèle où Dieu impose. Image d’un pouvoir absolu. Image de Dieu comme monarque absolu.

*la troisième  conséquence permet de justifier tous les conservatismes. Les choses de ce monde n’ont pas à être changées  parce qu’ elles sont telles que Dieu les a créés. Cela permet de justifier les instances de pouvoir. De même que Dieu  impose un ordre des choses, il est normal que certains l’imposent aux autres. Que Dieu commande, cela justifie que certains le fassent. Ainsi nous nous faisons une idée de Dieu conforme à ce qui se passe dans nos sociétés ou certains dominent les autres, où certains sont supérieurs aux autres. Le fait que Dieu soit aussi celui qui impose son modèle, justifie que qu’il en soit ainsi dans les relations humaines. Le ciel justifie la terre et la terre est à l’image du ciel. Nous projetons sur Dieu, le style de relations aliénés que nous vivons entre nous

« Les relations sociales basés sur la domination existant entre nous ont servi d’exemple pour concevoir la relation ente les humains et Dieu » Berdiaeff ,De l’esclavage à la liberté p 91

Cette conception du monde et de Dieu sont solidaires.

Dans ce modèle, le péché va s’appelé révolte, désobéissance, refus.

Et ce modèle est pour moi une des raisons de l’athéisme.

 

2-Mais il y a un autre modèle qui dit une autre image de Dieu, de l’humain et de la liberté

Dieu n’a pas créé un monde tout fait mais un monde à faire. Pour continuer la comparaison de la couture : ce n’est pas un monde prêt à porter. Ce sont des  vêtements a confectionné nous-mêmes. Dieu nous offre ce qu’il faut pour coudre mais c’est à nous d’être créatif, d’inventer des formes, des couleurs à l’infini. Ce monde n’est pas tout fait, il est à faire. Et si nous ne le faisons pas il y manquera ce que nous nous seuls pouvons faire, pouvons y apporter. Il ne s’agit pas de conserver un monde préétabli mais de bâtir un monde neuf. La liberté ici est liberté de création où chacun doit inventer son chemin.

Dans ce modèle, la liberté peut produire de l’inédit qui ajoute quelque chose d’original, quelque chose qui manque. C’est une liberté créatrice où tout humain doit inventer son chemin.

Les conséquences sont l’inverse

*La première  conséquence, c’est que ce monde à faire acquiert un intérêt fondamental. Sa création est remise à notre responsabilité. Il lui manque ce que nous arriverons à créer et qui ne serait pas sans nous. Ce que nous y ferons acquière une dimension de décisif. Il est lieu de créativité. La liberté n’est pas une épreuve, elle est condition de création.

*La deuxième conséquence c’est l’idée de Dieu que cela révèle. Un Dieu qui nous fait co-créateur. Il n’impose un modèle. Il ouvre des possibles confiés à notre créativité. Il n’est pas le Dieu qui impose et s’impose, qui dirige. Il crée comme la mer, les continents, en se retirant. Il n’est pas à I’image d’un pouvoir absolu mais son autorité est de celle qui autorise à vivre à plein. Va vers toi-même dira-t-il à Abraham.

*la troisième  conséquence permet de libérer l’initiative pour tous et toutes. Les choses de ce monde n’ont pas à rester telle quelle, elles peuvent et doivent être changées. Le pouvoir est rendu à chacun. Les instances de pouvoir sont légitimes non en soi mais dans la mesure où elles sont au service du progrès, de l’humanisation de toutes et de tous.

Ainsi cette autre idée de Dieu conteste  ce qui se passe dans nos sociétés où certains dominent les autres, où certains sont supérieurs aux autres. Le fait que Dieu ne soit pas celui qui impose son modèle, justifie la recherche de relations humaines basées sur la fraternité et l’égalité, la recherche de relations non aliénés.

Dans ce modèle, le péché va prendre une toute autre tonalité. Il va être plus de l’ordre de l’omission, du désintérêt des choses de ce monde, du non engagement à bâtir ce monde, de tout pouvoir dans la mesure où il empêche l’autre d’exister et d’inventer sa vie librement. Il va se découvrir en se demandant ce qui fait obstacle aux relations fraternelles, faites de respect et d’égalité.

La conversion va se comprendre comme conversion à une autre image de Dieu. Avoir entendu Dieu nous dire : « Va vers toi-même », avoir vraiment entendu cette parole va libérer notre cœur pour pouvoir dire et être pour les autres ce que Dieu fait pour nous. Donc se détourner de ce qui justifie l’injustice, le conservatisme, la domination, l’aliénation et accueillir ce qui nous stimule à bâtir des relations libérantes pour nous et pour les autres.

 

Quel choix faisons-nous? Lequel de ces 2 modèles informe nos vies?

 

Demande de grâce : Trinité toute sainte, créatrice des créateurs et créatrices que nous sommes, donne-moi d’accueillir la bonne nouvelle de ma liberté créatrice.

 

Mt 25/14-30 parabole des talents

Petit précision de départ de notre recherche

1  talent  est l’équivalent de 100 pièces d'or,  un poids de 20 kg et 17 années de travail.

2 talents à  200 pièces  à 34 années de travail.

5 talents à  500 pièces d'or à 85 années de travail

C’est donc bien une fortune qui est confié à ces 3 hommes : 17+34+85=136 années de travail

Le texte le dit bien : « il leur confie sa fortune » Les 3 reçoivent une somme énorme, même celui qui n’en reçoit qu’un. 17 années de travail, ou 34 ou 85 cela nous donne déjà une indication : il s’agit de l‘œuvre d’une vie.

Comment entendre cela. Est-ce un don, est-ce un prêt ? Est-ce un dépôt ? En tout cas c’est une confiance qui leur est faite.

La différence entre les 2 premiers et le 3ème  se joue d’ailleurs là. Comment ont-ils entendu compris ce geste de cet homme qui confie sa fortune ? Comment ont-ils accueilli ce geste à leur égard ?

De manière complètement différente.

On le découvre dans la manière de réagir quand l’homme revient. Les deux premiers font d’abord un acte de reconnaissance : « tu m’as confié 5 talents, 2 talents ». Acte de reconnaissance, ils reconnaissent que ces 5 ou 2 talents c’est bien cet homme qui leur a donné, et donner pas n’importe comment, comme une confiance qui leur était faite. Ils n’auraient rien pu faire s’il n’y avait pas eu cet acte d’initiative de confier sa fortune. Un don premier dont ils ont été bénéficiaires. Mais il faut remarquer qu’il y a une 2ème reconnaissance. Ils ajoutent « voilà 5 autres, 2 autres que j’ai gagnés » ; Il y a la reconnaissance qu’à partir du don premier, il y a leur travail, c’est bien grâce à eux que la mise a été doublé. Aucune fausse humilité chez eux. Et ce travail qui a été le leur, est loué par l’homme qui avait confié sa fortune

Tout autre est la réaction du 3ème, il ne commence pas son discours comme les autres. Il ne dit pas : tu m’as confié, il dit « le voici, tu as ton bien ». Il reconnait bien que ce talent vient de cet homme mais il ne l’a pas entendu comme un bien donné, un bien qui devenait le sien, un bien confié, et à travers lui, la confiance qui lui était faite, un bien dont il devenait responsable. Il lui rend comme quelque chose dont il n’avait rien à faire et d’ailleurs dont il n’a rien fait.

Faisons une 1ère interprétation de cette parabole. En quoi dit-elle quelque chose qui nous concerne, qui concerne notre vie ?

D’abord de croire que ce monde nous est confié pour le bâtir selon le cœur de Dieu. Ce monde n’est pas donné tout fait, et où il n’y aurait plus rien à faire. Non, ce monde est à faire. Dieu nous fait co-créateur. Une création à continuer, à perfectionner. Cela se joue dans toutes les dimensions de l’existence. On pourrait résumer en disant : avoir une vie féconde pour ce monde.

Pourquoi je dis une création à continuer ? L’homme confie sa fortune et s’en va. Il faut s’arrêter sue le sens de ce départ. Jésus dira aussi : il est bon que je m’en aille. Ce départ, c’est une manière de dire : «  A vous de jouer » à vous de continuer de construire, de bâtir, j’ai posé les fondements, c’est à vous maintenant de faire la maison. Laisser jaillir votre créativité. Je m’en vais pour que vous puissiez inventer, créer, innover dans le sens d’un monde plus juste et d’une vie toujours plus humaine. Pas d’autres repères que cela mais ils sont fondamentaux. C’est pourquoi, remarquons le, l’homme de la parabole ne donne aucune consigne, il ne dit pas faites ceci, ne faites pas cela, faites fructifier en faisant ceci ou cela. Non. Rien. Il confie sa fortune. Et c’est cet acte de confiance qu’il ya à recevoir, à comprendre comme une confiance sans limite. Une confiance qui est faites à chacun, à chacune. C’est à vous d’inventer votre réponse pour répondre à ma confiance. C’est un risque à prendre, des risques à poser.  

 

Pistes pour la prière

1er point : Regarder l’image de Dieu que nous donne cette parabole. C’est celle d’un Dieu qui confie toute sa fortune, ce qu’il a, ce qu’il est. Dans les Exercices, Ignace dit que l’amour consiste en une communication mutuelle où chacun donne ce qu’il a et ce qu’il est ( Exercices n°230) . Un Dieu qui se remet entre nos mains, ce qu’il est et son projet de vie pour le monde. Aucune consigne, pas de : « faites ceci, ne faites pas cela » Non. Confiance qui  laisse  à notre créativité d’inventer les moyens pour que cette richesse qui est Dieu même soit communiquée.

2ème point : Regarder ce que cette vraie et bonne image de Dieu provoque chez les 2 premiers serviteurs

Ils peuvent tout oser, tout risquer, parce que même s’ils connaissent  des échecs, c’est l’acte même de s’engager pour Dieu qui est la réussite de notre vie. Les deux premiers serviteurs auraient pu tout perdre de l’argent confié, ils auraient gagné la joie d’avoir engagé leur vie pour Dieu. Et ils auraient entendu pareillement l’appel à entrer dans la joie de leur maître puisque déjà elle les habitait.

3ème point :Ecoutez le dialogue entre le maître et ces 2 serviteurs

Ils ont la conscience aigüe  du don qui leur est fait : « tu m’as confié » disent-ils et voilà ce que j’ai gagné. Quelle alliance ! Alliance du don de Dieu et de notre réponse, de notre travail qui est bien le nôtre ! « Ce que j’ai gagné »

4ème point :Regarder la fausse image qui habite le troisième serviteur et qui est en complet contraste : celle d’un Dieu sévère, exigent, dur. Le pire peut-être est de croire que l’on sait : « J’ai appris à te connaître ainsi… » Et du coup, le don de ce talent n’a pas été reconnu comme donné : « Je suis allé enfouir ton talent : le voici tu as ton bien. Il n’a pas réalisé qu’il était bénéficiaire d’un cadeau, que c’était bien pour lui.

5ème point : Les paraboles sont là pour nous indiquer des chemins de vie et nous alerter sur ceux qui ne mènent qu’à des impasses. Alors entrons dans la joie de ceux et celles qui réalisent qu’il y a bien un don, que ce don est bien pour eux, pour elles, un don à vivre.   

 

Mt 13/44-45  parabole du trésor et de la perle

1ère piste

Malgré leur similitude, ces deux paraboles recèlent des différences. Ce que ces deux personnes ont en commun, c’est de vendre tout ce qu’elles avaient  pour acquérir l’une, un champ, l’autre une pierre précieuse. Mais la première trouve sans avoir cherché et la seconde trouve parce qu’elle a cherché. Le trésor était caché, la perle était visible à tous. Les motifs même de leur comportement sont différents. Pour le premier, ce qui le fait agir est la joie : «  C’est pour lui une telle joie ».  Pour la deuxième,  le motif est la valeur de la perle.

Les paraboles sont caractéristiques de l’enseignement de Jésus. Elle recèle un mystère, elle demande un déchiffrement, une interprétation. Elle ouvre un espace à l’interprétation. Un espace ouvert où le pluriel est possible. La vérité n’est pas enclose dans une définition, elle est ouverture de sens. Qui sont ces deux personnes ? Que représentent ce trésor et cette perle ? Y-a-t’il un sens aux différences entre les 2 paraboles ?

« Vendre tout ce qu’il a » peut faire écho à l’admiration que Jésus a eu devant la veuve du temple : « elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre » Lc 21/4. Mais cette veuve est une figure christique. Son geste préfigure le don que Jésus va faire de sa vie. Il va donner tout ce qu’il a, toute sa vie. Alors ici le découvreur de trésor et le chercheur de perle, c’est bien Jésus qui donne toute sa vie pour acquérir le trésor et la perle précieuse que nous sommes. « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » (Is 43/4)

Ici, Dieu se révèle découvreur et chercheur.  Surpris de la rencontre ou en quête de nous rencontrer. Dans les deux cas, aimant de notre beauté, nous considérant comme précieux à ses yeux. Sur la croix, où il donne tout, il va jusqu’au bout du désir fou de nous montrer le vrai visage de Dieu qui peut vaincre nos résistances. Il est le démuni devant qui toutes nos peurs de Dieu peuvent tomber.

Il n’est pas habituel d’interpréter cette parabole ainsi. Je vous propose de contempler cela.  Dieu qui nous considère comme un trésor et une perle, précieux à ses yeux. Dieu comme chercheur de notre amitié et offrant la sienne. Et l’ayant prouvé au prix fort de la croix.

En contemplant la manière dont Dieu me cherche comme un trésor ou une perle, apprendra auprès de lui à m’accueillir comme il m’accueille, à me voir comme il me voit.

Est-ce facile , difficile de faire cela ? En parler à Dieu.

 

2ème piste

Mais ce découvreur et ce chercheur, c’est aussi nous-mêmes dans la variété de nos itinéraires de foi. Sans chercher, nous avons trouvé un trésor, en cherchant, nous avons découvert une perle précieuse.  Ici, trésor et perle sont image de la beauté de Dieu.  Il a du prix à nos yeux au point de tout vendre. Mais Dieu s’achète-t-il ? Non évidemment. Mais vendre ici peut se comprendre comme l’absolu d’une confiance. Tout miser sur lui, faire de lui la raison de nos vies, de nos décisions, de nos options fondamentales. Dieu est comme un trésor, comme une perle pour celui, celle qui l’a découvert, qui l’a cherché et qui l’a compris pour ce qu’il est : Amour.

Il est plus habituel de le présenter de ce côté ! Mais l’invitation que je vous fais, ce serait dans votre dialogue avec Dieu, de voir comment Dieu est un trésor pour vous. En quoi il est précieux. Voir comment il inspire des choix, des décisions, des actions, des paroles. « vendre ce qu’on a », ce n’est pas uniquement les grandes décisions de sa vie, mais aussi les toutes petites qui peu à peu construise les grandes.

 

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 22:41

Une fois par semaine, je publierai des réflexions et des pistes de méditation pour prier pendant l'été. Voic le 1ère "livraison"

Dieu comme bonne nouvelle.

C’est un titre provocateur pour des gens qui ne considèrent pas Dieu comme une bonne nouvelle ! Des philosophes considèrent l’idée de Dieu comme dangereuse, mauvaise pour nous.

Pour Merleau-Ponty, L’humain meurt au contact de l’absolu,  car il est devant une perfection qui l’empêche d’exister.

Pour Sartre, si Dieu existe, l’humain ne peut pas être libre car il n’a comme seul choix que l’acquiescement à du déjà décidé par Dieu.

 

Il me semble qu’il faut prendre au sérieux ces critiques. Au sens où ce sont de fausses images de Dieu, mais de fausses images qui nous habitent et qu’il nous faut débusquer pour pouvoir s’en libérer.

Ce sont des images de Dieu à notre manière, souvent aliénante, infantile et projection de nos rêves.

Des fausses images qui réduisent l’humain à n’être qu’une marionnette à la merci d’un Dieu manipulateur.

Alors  la question est : à quelle condition Dieu est-il une bonne nouvelle pour nous ?

La réponse est simple : Dieu est une bonne nouvelle dans la mesure où nous allons chercher son visage dans la révélation judéo-chrétienne.

Mais il faut encore préciser cette réponse. Dieu est une bonne nouvelle dans la mesure où nous acceptons de convertir nos images au contact de cette révélation.

Et peut-être encore dans la mesure où nous nous mettons vraiment à réfléchir en quoi cette révélation change radicalement nos images de Dieu.

 

Jour 1- Ve 12 : Bonne nouvelle d’un Dieu créateur

Au début de l’Evangile de Jean il y a cette phrase :

« Au principe était la Parole…tout est par Elle »

Souvent, on traduit par au commencement, cela induit un commencement dans l’histoire. Au principe dit mieux que c’est un fondement de toute éternité.

On traduit aussi : tout fut. J’ai mis le verbe au présent car cela signifie que c’est depuis toujours et pour toujours.

Enfin dire Parole au lieu de Verbe dit mieux que cela nous concerne aussi car nous sommes des êtres de parole

Nous sommes trop habitués à cela. Essayons d’en saisir l’inouï.

Dieu est Parole et nous sommes parole.

Quelle conséquence pour nous ?

Si Dieu est parole, parler est divin. Parler, c’est participer à l’être même de Dieu. Et cela vaut pour toute femme, tout homme de ce monde, croyant ou non. Notre humanité est déjà divinisée par l’acte de parole.

 

 

Trinité toute sainte, créatrice de vie, donne-moi d’accueillir la bonne nouvelle de ta création, de ma création comme être de parole et de relation.

 

Pistes sur Is 43 versets 1 à 4  

1-« Ainsi parle le Seigneur »

Ecouter cette parole. Faire un acte de foi : oui, je crois que ce texte s’adresse à moi.

2-« Ton créateur »

Entendre cette parole. Elle me dit que Dieu est la source de ma vie

Toute ma vie, tout ce que je suis.

Comprendre que c’est une bonne nouvelle pour moi : je suis désiré-e du cœur de Dieu puisque il m’a créé-e. 

3-« Ne crains pas »

Laissez résonner cette phrase qui retentit 365 fois dans la Bible.

Dieu sait qu’il peut y avoir des peurs en nous.

Parler à Dieu des peurs qui sont les vôtres. Et sur chacune, écoutez Dieu qui vous dit : « Ne crains pas » 

4-« Je t’ai appelé-e »

Sentir toute la dignité de tout être humain qui est contenue dans cet appel. Nous sommes appelé-es à la vie, appelé-es à connaître Dieu, appelé-es à vivre de sa vie. Quelle dignité ! Pour tous, pour moi. Laissez Dieu me dire l’estime qu’il a pour moi.

Dire plusieurs fois mon prénom et me rendre vraiment compte que Dieu m’appelle par mon prénom car il désire une relation d’amitié avec moi.

5-« Tu es à moi »

On peut avoir du mal à entendre cette phrase pourtant. Mais appartenir à Dieu, c’est appartenir à l’amour, appartenir à un amour qui n’emprisonne pas mais libère.

Goûter cette phrase comme les mots d’un amour : je suis à toi, tu es à moi.

6-« Si tu traverses les eaux, je serai avec toi »

Ecouter la promesse qui est faite : je serai avec toi

Faire mémoire des moments de ma vie où j’ai eu conscience qu’il était avec moi.

M’appuyer là-dessus, pour faire confiance dans l’avenir. « Je suis avec vous pour toujours » dit Jésus en Mt 28/20

7-« Car je suis le Seigneur…tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix, et je t’aime »

La raison de tout cela, c’est Dieu lui-même,  la raison de son cœur. Il a voulu m’aimer. C’est son choix et je ne peux le changer !

Laissez résonner ces mots fabuleux : je compte aux yeux de Dieu, j’ai du prix à ses yeux.

Laissez retentir en moi cette déclaration d’amour que Dieu me fait :

Il me dit : « je t’aime »

 

Pistes sur Jn 2/1-11

1-Il y eut des noces.

L’écriture symbolique de Jean nous autorise à voir qu’à travers ces noces humaines, ce sont les Noces de Dieu avec nous dont il est question. Noces où nous sommes épousé-es et épousons. Ignace  de Loyola dans sa contemplation en vue de l’amour (Exercices  Spirituels  n°230) est bien dans cette tonalité.  Il est question d’un aimé et d’un aimant en réciprocité de don où chacun donne et reçoit ce que l’on a et ce que l’on est.

La relation à Dieu sous l’image de noces. Joie de l’union à Dieu. Dieu comme une épouse, un époux.

Chacun de nous comme épousé-e et épousant-e.

Mais pour entrer dans cette réciprocité de partage et d’abandon confiant, il me faut creuser une question : qui est Dieu pour moi ? Pour que je puisse l’accepter, il faut de l’apprivoisement, du respect. Il faut Dieu à hauteur humaine: le Très-Bas qui se fait le Très-Petit. Celui de la crèche. Le vulnérable. Oui, celui-là, je peux l’accueillir. Le très-Respectueux. Celui de la brise légère, celui qui humblement frappe à ma porte. Celui qui me loue, me respecte, me sert pour que je puisse consentir à son amitié. Expérimenter que l’amour de Dieu pour moi n’est pas dévorant. Ces noces, c’est une relation intime mais qui reste respectueuse de l’un et de l’autre. Pas une fusion.

2-Il n’y avait plus de vin, le vin des noces était épuisé.

« Ils n’ont plus de vin » Dans nos vies, certains jours, certaines périodes, le vin vient à manquer. Comme dans un couple où il n’y a plus d’amour, d’espérance, de foi. On a épuisé ses réserves, ce que l’on avait organisé, planifié. Vide. Plus rien. Qu’est-ce qui manque ? Peut-être ce qui manque, c’est le vin qu’on avait acheté de ses propres forces, de ses propres deniers. Vient le moment où cela est épuisé, où c’est épuisé. Que faire ? Consentir à ce manque. Attendre dans la patience. Il ne viendra peut-être que dans la Vision ou avant. Et la joie sera à la mesure de l’attente. Demeurer là.

3-Pourquoi la réponse de Jésus du verset 4 ?

« Mon heure n’est pas encore arrivée » se continue par une autre parole : « Remplissez d’eau ces jarres ». Comment le refus initial à la parole de Marie se transforme en acceptation ?

Jésus a modifié sa décision. Il est passé d’un non à un oui. Peut-être parce qu’il a continué à écouter la parole de Marie, il s’est laissé rejoindre par cette information du manque. Cela l’a touché au point de le faire changer de décision : « Ils n’ont plus de vin » cette phrase a fait son chemin en lui.

Qu’est-ce que cela nous révèle de Dieu ?

4-Les serviteurs ne boivent pas le vin mais ils le servent.

Nous pouvons être comme ces serviteurs : servir le bon vin mais ne pas profiter de la joie du vin.  Ils ont cependant une joie qui leur est propre, celle d’être unis-es au Christ par une union de volonté en faisant ce qu’il  dit de faire : Remplir ; Puiser ; Porter

5-Les convives n’ont rien su de ce manque et de sa résolution.

Ils ont joui du vin, c’est tout, ne connaissant pas sa provenance.

Qui est dans le secret de ce vin ?

Marie, Jésus, les servants, les disciples à la fin.

Qui n’en connaît pas la provenance ?

Les mariés, le maître du repas, les convives, c'est-à-dire la majorité des gens.

C’est le don d’un vin en abondance (600 litres X 6= 3600 l) dont on ne connaît pas la provenance.

N’est-ce pas le cas de tous ceux qui ne connaissent pas le Christ ?

Et pourtant cela ne semble pas préoccuper Jésus : l’essentiel, c’est que le vin ne manque pas. Absolue gratuité du donateur, discrétion, humilité de Dieu. La joie de Dieu, c’est la joie des convives. Car leur bonheur est sa joie. Mais ils sont unis à Dieu, ils le sont car ils communient à sa vie dans l’acte même de boire le vin qui vient de lui, dans l’acte même de vivre.

Est-ce donc si nécessaire de connaître la provenance ? Non ce n’est pas nécessaire. Mais c’est précieux.

Il n’est pas nécessaire de croire mais c’est un cadeau précieux. Ce vin, c’est le Christ lui-même dans la surabondance du don. Vin qui est son sang versé, livré pour nous, sang jailli de son cœur transpercé.

6-Le vin est meilleur. Pourquoi est-il meilleur ?

Parce qu’il opère un changement radical. Il fait passer d’une religion de purification, où l’on pose des conditions pour accéder à Dieu, fait d’effort humain, il fait passer de cela  au vin meilleur de la pure grâce, de l’absolue proximité sans condition préalable. 

 

 

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 20:29

Samedi 15 juin : engagement définitif de Marie Lacoste dans la Congrégation des Soeurs du Cénacle

 

Samedi 22 juin : engagement définitif de Nathalie Albert dans la Congrégation des Sœurs du Cénacle


Deux superbes célébrations.

Pour Marie, cela se passait dans l’Eglise St Ignace. La célébration a commencé autour d’un puits qui déjà évoquait l’Evangile qui allait être proclamé suivi d’une homélie faite par Sœur Lydia Vauthier.

Pour Nathalie, cela se passait dans l’église de Maisons-Lafitte chère au cœur de Nathalie puisque c’était sa paroisse. L’homélie a été faite à deux voix : un jésuite, Patrick Goujon et une sœur du Cénacle, Lydie Lang.

Les moments forts de ces célébrations sont bien sûr l’engagement des Sœurs. Cela se fait par plusieurs étapes : l’appel fait par le célébrant et auquel la sœur répond par : « Me voici » pour bien signifier la liberté de la réponse à Dieu. Pendant la litanie des saints, elle se prosterne. C’est un geste magnifique qui dit le don sans réserve de tout son être à Dieu. Ensuite vient le dialogue avec la Supérieure générale : elle explicite l’originalité notre style de vie (vœux de chasteté, obéissance, pauvreté ; vie communautaire, vie de prière, apostolat). La sœur répond : « oui, je le veux »

Enfin, vient la formule d’engagement, la remise de l’anneau, et la phrase qui conclut : « Désormais tout est commun entre nous ».

 

 Voici les photos de la célébration de Marie : 
https://plus.google.com/photos/100811441890901897150/albums/5894923874210335233

et les photos de la clébrations de Nathalie :
https://plus.google.com/photos/100811441890901897150/albums/5894933963480565841

 

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 20:24

 

Elle a été codifiée par un Chartreux : Guigues au 12ème siècle.

 

Voici quelques indications qui « actualisent » et modernisent cette manière de prier.

On peut commencer par une demande : prier l’Esprit Saint. Lui demander d’avoir  soif de cette Parole de Dieu. Qu’il ouvre les yeux de notre cœur.

Lui demander une grâce de lumière, la grâce d’un cœur qui écoute.

 

La première étape est la Lectio

Cela commence par une simple lecture qui peut prendre plusieurs formes. Il s’agit de faire « entrer » le texte dans  son esprit. On le lit plusieurs fois. On peut le faire à voix haute. Le lire dans plusieurs traductions. Le chanter. Le copier. L’apprendre par cœur. Se le raconter avec ses propres mots. Le relire et voir si on a oublié ou ajouté quelque chose.

Si c’est l’Evangile, voir le même texte en parallèle chez les autres Evangélistes.

Trouver tous les moyens possibles pour « manger » cette parole, pour l’écouter.

 

La deuxième étape est la Meditatio

Après avoir « mangé » cette parole, il s’agit de la ruminer.

Mettre en œuvre son l’intelligence. Comment ?

Prendre une Bible où il y a des notes en bas de page, et des références dans les marges. Lire les notes et aller lire  les textes qui sont dans les marges

Faire 2 colonnes :

Quel visage de Dieu ce texte me donne-t-il ?

Quel visage de l’humain ?

Cette rumination peut conduire à l’actualisation : le sens existentiel pour moi ?

Faire comme Marie « qui conservait toutes ces choses en son cœur » Lc2/19

Laisser s’imposer à moi un ou deux versets. Les laisser me pénétrer. Me laisser aimer par eux.

 

La troisième étape est l'Oratio

Parler à Dieu à partir de ce texte, comme Marie qui parle à Dieu avec son Magnificat.

Lui parler avec nos mots à nous. Répandre son cœur devant Lui : Lm 2/19

Dire sa joie, son émerveillement, son désir, sa louange, son action de grâce, un merci, une demande, une supplication, sa confiance, un regret, bénir Dieu.

Répondre à Dieu après L’avoir écouté.

 

La quatrième étape est la Contemplatio

Cette 4ème étape n’est pas forcément atteinte, elle est pure grâce de Dieu. Elle s’apparente à ce que la tradition carmélitaine appelle l’oraison de simple présence.

Je suis là devant Dieu, heureux-se d’être là, sans mot. Adhésion tranquille à cette Parole.

 

 

 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 23:14

« Après le sabbat, à l’heure où commençait le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine et l’autre Marie vinrent faire leur visite au tombeau de Jésus. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair et son vêtement était blanc comme la neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, furent bouleversés et devinrent comme morts.

Or l’ange, s’adressant aux femmes, leur dit : «  Vous, soyez sans crainte !  Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car Il est ressuscité, comme Il l’avait dit. Venez voir l’endroit où Il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : «Il est ressuscité d’entre les morts ; Il vous précède en Galilée : là, vous Le verrez !’ Voilà ce que j’avais à vous dire. » Vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.

Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : «  Je vous salue.» Elles s’approchèrent et, Lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant Lui. Alors Jésus leur dit : «  Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » ( Matthieu 28, 1-10)

 

Deux groupes de personnes assistent à cet événement.

D’un côté les femmes amoureuses font la démarche d’aller visiter le tombeau de Jésus. Dieu a remarqué cet acte d’amour et on peut se demander si Dieu n’attendait pas leur visite pour sortir du tombeau. Ce petit pas d’amour déclenche une série de bouleversements : le grand tremblement de terre, l’arrivée de l’ange éblouissant qui roule et s’assoit sur la pierre comme pour l’empêcher de rouler et refermer le tombeau.

De l’autre côté les gardes qui deviennent comme morts de peur.

Deux attitudes devant l’irruption de Dieu dans ma vie.

Soit à tout prix je cherche à garder le tombeau fermé, à répéter, à reproduire les attitudes que j’ai depuis toujours, défenses qui ont eu pour moi une utilité dans le passé mais qui n’ont plus lieu d’être  puisque le tombeau est vide, qu’il n’y a rien à garder et que c’est un chemin de mort.

Soit j’écoute l’ange qui sait que je cherche Jésus le Crucifié, qui m’encourage à aller voir à l’intérieur du tombeau l’endroit de ma blessure où je suis crucifiée. Il m’accompagne cet ange amical et pédagogue, il m’invite à m’asseoir avec lui sur la pierre pour l’empêcher de rouler et refermer le tombeau. Il m’aide dans le combat contre les forces de mort et m’apprend le chemin de la vie.

 Il me pousse : Vite, va dire aux autres, ne garde pas pour toi la bonne nouvelle que tu n’es pas enfermé(e) dans un tombeau, montre-le aux autres. Il y a une issue au tombeau et Jésus te précède, t’attire et t’invite à quitter ton tombeau comme l’étoile précédait les mages et  les conduisait à Jésus et au meilleur d’eux-mêmes.

«  Vite elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. » Joie de la peur surmontée qui donne dynamisme de vie et élan vers les autres et pendant qu’elles sont en chemin, obéissant à l’ange elles trouvent leur « Galilée ». Quelle joie pour Jésus de voir ces femmes obéissant à l’ange ! Quelle joie pour ces femmes amoureuses de recevoir le cadeau de Jésus venant à leur rencontre ! Quelle joie de l’entendre leur dire « je vous salue » ! Comme Marie à l’Annonciation elles expérimentent Jésus vivant en elles, elles sont sûres de Sa présence.

« Elles s’approchèrent et Lui saisissant les pieds elles se prosternèrent devant Lui » Comme les mages elles se prosternent, dans un geste d’adoration et de reconnaissance que Jésus reçoit. Moment de prière, de rencontre, d’intimité.

« Soyez sans crainte, allez dire à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée, c‘est là qu’ils me verront »

Jésus répète le message de l’ange, c’est dire son importance. C’est aussi un ordre : dire aux autres de trouver leur « Galilée », ce lieu de rencontre et d’intimité où Jésus les attend.

 

 

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 11:54

Voici un texte d'Adolphe Gesché dans son livre: Dieu pour penser le cosmos ( Cerf) p 22. Pour continuer à nous aider à sortir d'une anthropologie fixiste et fondamentaliste.

 

 

L'idée de création implique que la liberté est vue comme un don. Ce qui signifie, cette fois, que l'homme est appelé à l'invention, à la créativité. Comme on dit en allemand : « Jede Gabe ist eine Aufgabe », tout don est une tâche.

L'homme n'est pas simplement créé (comme le caillou ou le lézard), il est créé créateur. L'idée de créa­tion atteint toute sa signification dans l'homme. La liberté y devient créatrice.

 L'homme n'a pas devant lui un destin tout tracé, fût-ce par Dieu, et dont il ne serait que le scribe calquant sous dictée un texte divin.

Parler de l'homme créé créateur, c'est dire que la liberté lui a été donnée d'inventer du nouveau, de l'inconnu, voire de l'inouï; de faire de sa vie l'éclosion et l'invention de choses nouvelles, remises et confiées à ses choix et à ses initiatives.

Le don n'implique pas, lui non plus, une statique, mais une dynamique.

La liberté prend ici les contours d'une invention de notre être.

Adolphe Gesché

 

 

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 10:47

Prier avec un psaume, c’est s’exercer à parler. La bonne communication dans le couple passe par la capacité à parler, à oser exprimer ce que l’on vit, ressent, dans un langage qui soit à fois respectueux de l’autre et direct. Ne pas penser que l’autre devine ce qui se passe en nous.

Les psaumes sont de merveilleux pédagogues de la parole.

Il a 3 types de paroles dans le psaume :

 

1-Le psalmiste se parle à lui-même, il réfléchit, médite sur Dieu, le monde, sur lui-même :

Par exemple :

-heureux l’homme qui se plaît dans la loi du Seigneur ps 1

-le Seigneur est mon berger ps 22

-d’un grand espoir j’espérais le Seigneur ps 39

 

Se parler à soi-même est  important, cela veut dire se donner du temps pour la réflexion. Se poser, ne pas vivre à 200 à l’heure, réfléchir à sa vie, ses choix, prendre conscience de ses sentiments.

Le psalmiste le fait et donc le fréquenter peut être pour nous une bonne école.

 

2-Le psalmiste parle à d’autres :

Ce sont des invitations qu’il fait à d’autres :

par exemple :

-rendez grâce au Seigneur ps 135

-chantez au Seigneur un chant nouveau ps 149

-criez de joie pour le Seigneur ps 32

-venez mes fils, écoutez-moi ps 33

 

3-Mais la plus grande partie des psaumes est une parole directe à Dieu :

Par exemple :

-sauve-moi mon Dieu ps 3

-écoute mes paroles ps 5

-Seigneur, que fais-tu ? ps 6 ;

-pourquoi es-tu si loin ps 9

-Seigneur tu es mon refuge ps 7

-je ne t’ai pas caché mes torts ps 31

 

Le psalmiste peut nous apprendre à oser parler à Dieu, à oser Lui dire ce que l’on vit, ce que l’on ressent, oser être en vérité avec nos joies, nos souffrances, nos défauts, nos richesses, nos désirs, nos questions.

 

Faire cela, c’est sortir du flou, c’est ne pas se fuir mais accueillir ce que je vis pour en faire la matière de mon dialogue avec Dieu

Apprendre à vivre cette vérité devant Lui, est un bon apprentissage pour le vivre aussi avec son conjoint. Parler ainsi est une sortie de soi, une confiance. C’est quelque part consentir à me faire aider, sortir de ma suffisance pour les choses difficiles et pour ce qui me rend heureux, croire que l’autre sera heureux de ma joie.

 

Ces paroles adressées à Dieu peuvent prendre différentes formes :

 

Des demandes :

-Sauve-moi ps 3 

-Quand je crie, réponds-moi ps 4 

-Ecoute mes paroles ps 5

-Reprends –moi sans fureur 6

-Pourquoi es-tu si loin ? ps 9 

-Combien de temps vas-tu m’oublier ps 12

-Entends ma plainte ps 16 

-Prends pitié de moi, je suis en détresse ps 30

-Ne m’abandonne pas ps 37

-Ne retiens pas loin de moi Ta tendresse ps 39 

-Sois le rocher qui m’accueille ps 70

-Sois attentif ps 141

 

Des bénédictions ( au sens de dire du bien de l’autre) et des mercis :

-Grâce à Ton amour ps 5

-Pour Toi je danserai ps 9

-Je dirai Tes merveilles ps 9

-Tu entends ps 9 

-Je prends appui sur Ton amour ps 12

-J’ai fait de Toi mon refuge ps 15

-Je n’ai pas d’autre bonheur que Toi ps 15

-Je T’aime ps 17

-Tu prépares la table pour moi ps  22

-Je m’appuie sur Toi ps 24

-J’ai devant les yeux Ton amour ps 25

-Tu es beau ps 44

-Tu es là ps 101

-Je Te rends grâce ps 117

-Tu fais mon bonheur ps 118

 

Voilà que le psalmiste dit à Dieu

Cette liste prise au hasard de  ma lecture des psaumes m’a fait prendre conscience davantage que pour le psalmiste Dieu est vraiment l’intime de sa vie, son prochain le plus proche.

Cela nous invite à entrer dans cette même confiance, cette même proximité avec  Lui.

Le psautier est donc bien cette école de la proximité.

 

Mais cela m’a donné l’idée d’une question pour celles et ceux qui vivent en couple :

 

Dans votre vie de couple est-ce que vous vous dites aussi ces mots ?

 

 

 

 

 

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