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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 23:58


Dans son livre
 Qu’est-ce qu’un dogme Segundo, distingue deux modèles différents pour penser la Révélation. D’abord le modèle iconique qui exposant en récits, en image, renvoyant à des questions existentielles, donnant à penser, est processus de recherche. Le second est digital. Digital au sens d’une vérité que l’on peut désigner du doigt, de l’ordre d’un dépôt. Il suppose que Dieu a déposé dans un contenant qui serait la Bible des vérités à croire et des normes à pratiquer. Vérités et normes qu’il suffirait d’extraire de cette « carrière » biblique. Ce travail d’extraction étant le fait de la Tradition qui au long de 20 siècles aurait peu à peu mis à découvert ce qui y était contenu, c'est-à-dire une information correcte une fois pour toutes, et pour toutes les questions, dans tous les contextes.

Ce dernier modèle se heurte à une difficulté majeure : la divergence dans la Bible, de théologies, leurs variétés qui n’est pas toujours conciliables, leurs diversités qui évitent d’enclore dans une seule perspective, dans le domaine de la foi comme dans celui de la morale. Pour le premier Testament. Il suffit de rappeler la foi ou la non-foi en la vie éternelle. Deux théologies qui s’affrontent encore au temps de Jésus et dont on a trace dans l’opposition entre pharisien et sadducéens (Par exemple en Mt 22/23…34). Egalement le conflit doctrinal sur la question de la rétribution. La richesse, la longue vie, la santé, le bonheur sont-ils des marques de bénédiction de Dieu en récompense d’une vie vertueuse ? Oui pour certains textes. Non pour d’autres (Par exemple Si1/13 s’oppose à la proclamation d’innocence de Job, Jb13/18). Le non le plus violent étant la révolte de Job qui proclame son innocence au cœur même de sa souffrance morale et physique. Egalement le problème à la fois politique et religieux de la royauté. Est-ce une institution voulue par Dieu ou au contraire une offense à Dieu qui est le seul roi d’Israël ? Sur ce point les textes bibliques s’opposent entre monarchistes et antimonarchistes. ( Par exemple 1S 8 et 2S 7)  Dans un registre moins conflictuel, les deux textes de la création en Genèse comportent, nous l’avons vu, deux anthropologies qui sont loin d’être conciliables.

Devant ce constat de divergences, de théologies différentes, une question se pose. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est parole de Dieu, inspiré par lui ? Mais surtout pourquoi dans cette Bible, y-a-t-il cette juxtaposition de position inconciliables. Pourquoi,  in fine, les rédacteurs n’ont-ils pas pris position en ne gardant qu’une des positions ? On peut répondre par le respect de  récits plus anciens mais un respect qui n’empêche pas d’en ajouter d’autres qui les corrigent ou même les contestent. Mais surtout, nous avons là le signe d’une conception particulière de la vérité. Non pas une vérité éternelle, anhistorique, monolithe, absolutisée,  mais une vérité qui se cherche dans les méandres de l’histoire humaine, qui s’approfondit  grâce à des crises, quand les réponses anciennes ne sont plus audibles, quand l’expérience vient les contredire de telle sorte  qu’elles ne sont plus satisfaisantes. Une vérité qui se cherche et qui ne s’arrête pas à un moment donné. Les  réponses anciennes et nouvelles sont gardées comme mémoire d’un cheminement de pensée, comme anamnèse d’une résolution d’une crise. Elles sont là toutes deux pour « apprendre à penser ». Apprendre à penser est un des concepts- clé de la théologie de la révélation que développe Segundo.

 

Le concile Vatican II s’approche de ce modèle en parlant de pédagogie divine, d’aspect provisoire et incomplet de la première alliance : « Ces livres, bien qu’ils contiennent de l’imparfait et du caduc, sont pourtant les témoins d’une véritable pédagogie divine ». (DV 15) De ce fait, on ne peut plus parler de Dieu comme « unique auteur » ( Contrairement à la position du Concile de Trente DZ 783) de la Bible car comment Dieu pourrait-il parler de manière imparfaite et caduque ? (Dèjà Divino afflante Spiritu de Pie XII en 1943 avait rompu avec cette conception en demandant de tenir compte de l’auteur humain (DZ 2294) qui n’est plus un secrétaire qui écrit sous la dictée mais qui est libre, créateur et limité par les connaissances et les instruments de son époque , limité et conditionné.)La constitution Dei Verbum prend acte qu’il faut parler d’auteurs bibliques comme de « vrais auteurs » (DV 11) qui ont écrit selon des genres littéraires différents, «  en des circonstances déterminées, dans les conditions de son temps, et l’état de sa culture » et selon «  soit des manières natives de sentir, de parler…soit de celles que l’on utilisait ça et là à cette époque dans les rapports humains » ( DV 12)

Mais Segundo va plus loin dans la compréhension de cette pédagogie divine. Mettre  la pédagogie divine à la place de Dieu comme auteur, c’est comprendre Dieu comme auteur d’un processus éducatif à travers les méandres humaines. Les Livres bibliques relatent ce processus éducatif. L’existence dans les textes de « choses provisoires et imparfaites » et contradictoires ne fait plus d’eux la dictée d’une vérité absolue. Ces faiblesses portent sur des capacités intellectuelles, des conditionnements des ignorances venant de leur société de leur culture et touchant à des facteurs décisifs de l’existence, sources d’attitudes et d’actions.

Mais ce côté provisoire et imparfait est considéré par Segundo comme positif. C’est la part d’erreurs de ce provisoire et de cet imparfait qui peut faire entrer en crise la connaissance antérieure. Parce que l’erreur et sa rectification font partie intégrante  de tout processus de connaissance  profonde et mûre de la vérité. De ce fait, il est possible de créer des hypothèses qui permettent de trouver des réponses plus adaptées. Le plan divin ne consiste pas à distribuer une information correcte une fois pour toutes, mais à faire avancer un processus éducatif où l’on apprend à apprendre à partir d’affirmation provisoire.

Segundo nous montre ainsi une profonde conception de la vérité et de l’erreur. L’erreur fait partie de la manière humaine d’accéder à la vérité,  vérité capable d’affronter des crises. Les crises permettant d’élaborer de nouvelle hypothèse, posant un problème nouveau qui remet en chemin de recherche. Les crises sont génératrices de découvertes nouvelles.  Chercher la vérité passe par la découverte du non-vrai, du non totalement vrai, de l’insuffisamment vrai, du partiellement erroné face à une réalité qui pousse vers une vérité plus grande. La recherche de la vérité passe par l’essai et l’erreur. Une erreur expérimentée, reconnue, rectifiée. Ce passage est le composant d’un processus d’intériorisation de la vérité. Sur le chemin, donc,  jalonné de choses imparfaites et provisoires (comme pour tout processus éducatif), nous pouvons avoir accès à une vérité toujours plus grande et une richesse de sens toujours plus profonde pour notre existence.

Pour Dei Verbum, ces choses provisoires et imparfaites de la Bible ne concernent que l’Ancien Testament. Cela veut-il dire que le Nouveau en est exempt ? Si nous répondons par l’affirmative, cela veut dire que Dieu aurait changé de méthode nous dit Segundo. Nous n’aurions plus avec le Nouveau Testament une pédagogie mais des informations  parfaites, invariables mettant fin au processus de recherche pourtant inhérent à l’expérience humaine. (DZ 2021)Parce qu’avec Jésus nous aurions un accès à la révélation immédiat et personnel de la vérité, que pourrait-il y avoir de nouveau, après lui,  qui justifierais encore une recherche ? ( L’interprétation du choix par le Christ de 12 hommes  (viri)  comme apôtres à l’exclusion de femmes , relève de cette conception d’une une vérité éternelle, anhistorique, monolithe, absolutisée.  Sur la question du choix des 12, voir J.MOINGT, Sur un débat clos, Revue de Sciences Religieuses, 83/3, 1994,    ) Face à cette question, deux conceptions s’opposent. La première dit oui, il n’y a plus rien à chercher, il y a seulement à  conserver et à propager la vérité possédée, seulement à mieux l’expliquer, à en donner des définitions plus précises. L’incarnation, dans cette conception est conçue comme fin effective de l’histoire. ( « L’histoire…a une fin…le christianisme est cette fin : le Christ s’est présenté comme venant à la fin des temps et comme introduisant le monde définitif…L’histoire n’est plus qu’en sursis » dans Jean DANIELOU, Essai sur le mystère de l’histoire, Cerf, 1982, p 14 et 23. Cité et critiqué par J.L. SEGUNDO , Qu’est-ce qu’un dogme, Cerf, 1992, collection Cogitation fidéi n°169, p 237, pour donner un exemple d’une théologie qui clôt l’histoire avec la venue du Christ.) La deuxième dit non, et c’est l’option de Segundo, pour deux raisons. D’abord l’incarnation ne fait pas interrompre le processus qui pousse l’homme à chercher. Ensuite comment la plus haute autocommunication de Dieu qu’est le Christ nous ferait cesser de penser, nous ferait abandonner notre aventure créatrice en quête de vérité ? Cette recherche de la vérité fait partie de la maturité dont nous parle Paul. Les hommes de la maturité sont des héritiers capables de construire du neuf, d’avoir des projets de liberté. Pour cela  la réalité histoire ne doit pas être  parvenue à son terme. Il y a donc dans la manière de recevoir le Nouveau Testament une façon d’avancer aussi,  à travers et grâce à des crises,  vers des données encore inconnues.

Ce processus vers la vérité qui continue après Jésus peut s’appuyer sur Jn16/7 : « Il vaut mieux pour vous que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous » et sur Jn 16/12-13 : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand il viendra, l’esprit de vérité, il vous conduira vers la vérité toute entière ; car il ne parlera pas de lui-même ; mais tout ce qu’il entendra, il le dira, et il vous annoncera les choses à venir. »

La Vérité incarnée qu’est le Christ continue de se dire après sa manifestation historique. Elle ne s’arrête pas à cette manifestation historique. Segundo cite pour cela St Augustin qui commente ces versets de Jean en écrivant : « Même le Seigneur en personne, en tant qu’il a daigné être notre chemin, n’a pas voulu nous retenir mais passer »( St AUGUSTIN,  De doctrina christiana I,1 ch 34; Œuvres, DDB,  vol XI p 226 ; cité par J.L. SEGUNDO p241 et 308 dans Qu’est-ce qu’un dogme ?). La vérité qu’est le Christ nous met en chemin vers la vérité. La pédagogie divine continue donc tout au long de l’histoire humaine avec l’Esprit Saint pour guide dans sa fonction éducatrice.

Le Christ n’a pas voulu nous retenir mais passer. Il est donc passé dans cette culture qui aujourd’hui n’est plus la nôtre. La manière dont le Nouveau Testament en rend témoignage relève comme pour l’Ancien Testament de la faiblesse humaine qui produit de l’imparfait et du provisoire (Dei Verbum 15 ). Mais loin de s’en désoler, il nous faut l’accueillir comme une marque du sérieux de l’incarnation de la vérité dans le temps.

Cette fonction éducatrice et créatrice de l’Esprit Saint, se découvre déjà à l’intérieur même du Nouveau Testament par la variété des langages de la foi. La reconnaissance de cette pluralité a d’importantes conséquences. Si cette pluralité existe dans le Nouveau Testament, cela légitime la pluralité des théologies dans l’histoire et pour aujourd’hui. On peut donc sortir légitimement d’une conception de la vérité monolithe et intemporelle.

Paul, par exemple, ne fait référence à aucun acte de Jésus, à aucune de ses paroles, il en parle de manière complètement nouvelle. Il n’invente pas mais il crée une théologie qui le fait découvrir d’une tout autre manière. Il en a lui-même conscience quand il écrit :   « Même si nous avons connu le Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus ainsi à présent»( 2 Co 5/16). Ce faisant il applique ici son  principe de la suprématie de l’esprit sur la lettre. De même l’auteur de l’Epître aux Hébreux, prendra lui aussi la liberté d’en parler avec un vocabulaire encore différent en disant par exemple que le Christ est l’unique grand-prêtre, un titre que les Evangiles ignorent complètement. Les communautés primitives, auteures des Evangiles sont aussi des créatrices, puisqu’elles vont écrire les Evangiles à la lumière de la résurrection. Enfin l’annonce de la foi, telle que relatée dans les Actes, va opérer un déplacement significatif, qu’on peut résumer ainsi : déplacement du royaume à la personne de Jésus, de la thématique du royaume à la thématique de Jésus-sauveur, de l’histoire à l’eschatologie imminente.

L’Evangile de Jean est aussi un bon exemple de créativité. Il raconte Jésus avec les mots, les concepts, les problématiques de ceux à qui il s’adresse. Il nous faut à notre tour faire preuve de la même créativité en répondant à d’autres problématiques. Continuer le processus avec lequel il a pensé, c'est-à-dire à partir de lui, apprendre à apprendre. Ce dialogue de Jean avec la culture de son temps a beaucoup  à nous apprendre. Mais il faut l’interpréter à l’intérieur  de ses limites, les dépasser et aller vers l’aujourd’hui de notre histoire et de nos cultures.

 

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 15:15

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 19 verset 1 à 10

[1] Entré dans Jéricho, il traversait la ville.

[2] Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c'était un chef de publicains, et qui était riche.

[3] Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille.

[4] Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là.

[5] Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi."

[6] Et vite il descendit et le reçut avec joie.

[7] Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : "Il est allé loger chez un homme pécheur !"

[8] Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : "Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple."

[9] Et Jésus lui dit : "Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham.

[10] Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu."

 

Ce récit est celui d’une quête, celle d’un homme insatisfait de sa vie et qui se donne les moyens d’essayer d’y remédier. Un homme dont la position sociale lui vaut à la fois les honneurs par les uns et le rejet par les autres. Un homme dont le métier l’amène parfois à poser des actes contraires à sa conscience. Et pourtant, Jésus ne lui a pas demandé de changer de métier…

Cette quête est aussi celle d’un juif croyant, dont le nom n’est pas choisi au hasard : en effet Zachée signifie en hébreu « celui qui est juste ». Et Jésus ne lui a pas donné d’autre nom…

Cette quête amène Zachée à sortir de chez lui, à courir, à inventer une manière originale d’apercevoir Jésus. Et Jésus le ramène chez lui, dans sa maison…

Alors, si Jésus ne lui demande pas de changer, ni de Le suivre, en  quoi cette rencontre est-elle si importante ?

… en quoi l’Evangile nous propose-t-il cet homme comme un compagnon sur notre chemin de foi ?…

* Zachée a pris acte de sa petitesse, ici celle du corps, et cela renvoie aussi à la fragilité et aux manques que tout être humain porte au fond du cœur. Au lieu de se décourager face à cet obstacle, il s’est mis en mouvement, pour voir ce Jésus dont on parle tant, écoutant en lui-même un désir inexpliqué.

On peut voir en Zachée un être humain en quête du vrai visage de Dieu ; comme Zachée, il exerce son activité  d’homme et de femme, avec ses compétences et ses manques, avec ses aspirations et ses

Contradictions ;  il vit dans un monde dont la complexité est source de tiraillements;  c’est un être humain qui ressent une aspiration à  vivre de manière plus pleine, un désir d’être en cohérence avec son être profond, une volonté de se rapprocher de Dieu.

*Dans cet Evangile, alors que le récit évoque beaucoup de mouvements, de déplacements - ceux de Zachée, de Jésus, de la foule - tout se joue en fait lors des haltes : quand Jésus pose                   Son regard sur Zachée, Son regard plein d’amour et de miséricorde, puis quand Il entre chez lui… Car Jésus est venu pour demeurer chez Zachée, et celui-ci l’accueille sans hésitation. Il y a là une convergence de deux désirs, qui  fait advenir une vraie rencontre: par sa seule présence, Jésus révèle autrui à lui-même, dans ce qu’il a de meilleur. La proximité du Christ manifeste en chacun une autre dimension de son être, et le provoque à unifier sa vie.

*Face à lui, Zachée décide de se déposséder de son argent superflu, il lâche prise sur ce qui lui paraissait autrefois indispensable pour se définir lui-même ; il a changé de regard sur lui-même et en accepte les conséquences; il ne change pas de vie, mais sa manière de vivre.  Son cœur peut désormais s’ouvrir à la détresse des autres, il reconnaît leur avoir causé des torts, et il décide de leur rendre justice en surabondance…

C’est le début d’un accomplissement : enfin Zachée ose être !

 Il a enfin accès à cette part de lui-même qu’il avait perdue ; là où le Christ peut demeurer, qu’Il peut éclairer, qu’Il peut sauver. Ainsi Zachée  retrouvera la dignité de son nom : « celui qui est juste ».

Comme Zachée, donnons à Jésus l’accès à notre maison, pour y demeurer aujourd’hui avec Lui.

Accordons-Lui notre confiance pour qu’Il réalise en notre cœur Son œuvre de vie, en chacun selon ce qu’il est.

 

Nous serons alors prêt-es à accueillir la Joie,

cette joie profonde que l’Evangile promet,

cette joie qui transparaîtra dans toute notre existence,

et qui nous confortera pour habiter la vie de tout notre être!

 

Elisabeth Blas

 

 

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 18:38

Pentecote-GhP-copie-1.JPG

 

 Cette année, vous voulez vivre autrement la fête de la Pentecôte.

Voilà ce que nous vous proposons

D’abord un repas convivial avec la communauté

Ensuite entrer dans une expérience d’écoute de l’Esprit-Saint par des textes bibliques, des hymnes, une homélie patristique, un temps d’intériorisation…

 

Pour en savoir plus et vous inscrire, vous cliquez sur ce lien :

http://www.ndcenacle.org/?fonction=rubrique&lieu=4&proposition=448&id=24

Samedi 18 mai à 19h

Centre spirituel du Cénacle de Versailles

68 av de Paris, 78000 Versailles

 

 

 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 15:02

 

Ce WE, j’étais à Ars pour la rencontre nationale des ENDS. (Equipe Notre-Dame Siloë) L’Equipe organisatrice m’avait demandé de commenter une phrase du Curé d’Ars : « Je ne regretterai pas d’avoir passé ma vie à croire  à l’Amour » pour aider le groupe à y réfléchir. Voici donc le topo que j’ai donné avec des questions pour faciliter le partage.

 

I  / « Je ne regretterai pas d’avoir passé ma vie

2 / à croire

3 / à l’Amour »

Voilà donc le thème de notre WE, qui est une citation du Curé d’Ars.

Il y a beaucoup de choses dans cette petite phrase.

I  / Avoir passé ma vie.

Cela dit une constance, un objectif qui a été la boussole de sa vie, son Nord, l’orientation qu’il a cherché à garder, le fondement de sa vie, le critère de ses décisions, ce qui permet de dire oui, ou non, à tel ou tel chemin qui s’ouvre devant soi.

 

Cette phrase peut d’abord nous interroger :

Et moi à quoi je passe ma vie ?

Quelle est la boussole de ma vie ? Le critère de mes décisions ?

Il y a sûrement en nous un désir de croire en l’Amour.

Ce qui peut nous aider à passer notre  vie à y croire, c’est entrer dans un combat :

*repérer tout  (idées,  décisions,  comportements…)  ce  qui m’aide à y croire,

pour accueillir cela, le développer, m’y engager.

*repérer tout (idées,  décisions,  comportements…)  ce qui ne m’aide pas à y croire, tout ce qui y fait obstacle.

pour l’écarter, ne pas m’y engager.

Qu’est-ce que j’ai déjà pu repérer de cela ?

 

2 / A croire

Il nous faut clarifier ce mot.

Croire n’est pas de l’ordre de la certitude qui s’imposerait à moi. C’est de l’ordre de la liberté d’une confiance. C’est donc un risque, mais un beau risque. Un risque non dénué de raison (il ne s’agit pas de croire en n’importe quoi et en n’importe qui) mais qui n’exige ni certitudes ni preuves absolues.

Croire, n’est pas seulement une attitude religieuse. Un athée est aussi un croyant ! Pas un croyant en Dieu, mais il peut croire de diverses manières. Il peut croire que sa vie a du sens, croire en l’amour de son conjoint, croire en la promesse qu’on lui fait…

Sans ce type de foi, on ne peut rien faire, on ne peut pas s’engager. Ce  mot est un mot qui n'appartient donc pas uniquement au vocabulaire religieux.

Mille expressions (« J'ai foi en lui », « Je t'en donne ma foi », etc.) scandent ainsi notre vie de tous les jours.

Nous ne pouvons pas tout vérifier par nous-mêmes et à tout instant ; il nous est indispensable de croire à la parole et à la bonne foi des autres.

Nous devons

« Jeter un pont de confiance en nous, dans les autres et dans la vie, non seulement pour surmonter l'incertitude paralysante, mais pour pouvoir réaliser quelque chose et nous réaliser nous-mêmes. »  Adolphe Gesché

Quelles sont les personnes en qui j’ai foi ?

Quelles décisions ai-je prises dans ma vie qui demandaient que j’aie foi en… ?

En dehors de la foi en Dieu, en quoi ai-je foi ? A quoi, à qui je donne ma foi ?

 

3 / A l’Amour

Quand le curé d’Ars dit cette phrase qui est le thème de notre WE, il dit aussi :

Je ne regretterai pas d’avoir passé ma vie à croire en Dieu.

Ce qui est d’abord intéressant à noter, c’est qu’il prend une position claire : Dieu = Amour.

En cela, il est fidèle à la Révélation :   

1Jean 4.7 :  

[7] Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour est de Dieu et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.

[8] Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est Amour.

Ces 2 versets de Jean sont fondamentaux.

Il ya une définition de Dieu : Dieu est Amour

C’est sa définition. Il n’est pas autre chose que cela. Ou si l’on dit autre chose, cela ne doit pas être en contradiction avec l’amour. Si l’on dit qu’Il est miséricordieux, c’est facile, la miséricorde est en cohérence avec l’amour, elle est le fruit de l’amour. Mais d’autres termes doivent être évalués à l’aune de l’amour. Nous pouvons parler de la justice de Dieu. Mais il faudra la comprendre comme une justice animée par l’amour. Nous pouvons parler de la toute-puissance de Dieu, à condition de la penser comme la toute- puissance de l’amour.

Nous pouvons dire qu’Il est roi, à condition de Le voir, serviteur qui par amour se met à laver les pieds de ses disciples. Etc.

Cependant la question la plus importante est de saisir vraiment ce qu’est « aimer » pour Dieu.

Nos amours humaines peuvent nous y aider. Mais nous sommes conscients qu’elles sont petites en face de l’infini de Son amour.

De plus, nos manières d’aimer peuvent être de mauvaises manières, de faux amours. Par exemple l’amour captateur, qui n’est que de la fausse monnaie ! Ou encore un amour qui s’impose au lieu de se proposer. Etc.

Quels sont les éléments qui font qu’un amour est vrai ?

            Quels sont ceux qui en font de la « fausse monnaie » ?

Alors comment Dieu aime-t-Il ? Comment répondre à cette question ?

La réponse est simple, et c’est un des fondements de notre foi.

Nous pouvons regarder, écouter l’Amour en acte…en regardant, en écoutant Jésus. Il est l’incarnation de l’Amour.

Cela peut être pour nous, une formidable motivation pour lire, méditer l’Evangile. Thérèse de Lisieux disait de l’Evangile qu’il était le « pur froment de Dieu ». Regarder, écouter Jésus et se demander à chacune de Ses paroles, de Ses actes : qu’est-ce que cela me dit de Sa manière d’aimer ? Donc qu’est-ce que cela me révèle de l’amour de Dieu ?

Motivation pour lire l’Evangile, également comme une grille de lecture. Question à se poser qui va orienter notre lecture, notre méditation.

Par exemple si je prends Mc 6/30-44

*Jésus aime en écoutant Ses disciples qui reviennent de mission…donc l’écoute est une manière d’aimer pour Dieu et un appel pour nous à aimer en écoutant.

*Jésus aime en les invitant à se reposer…donc l’attention à la fatigue des autres, l’invitation à se reposer est une manière d’aimer pour Dieu et un appel pour nous à aimer de cette même manière.

*Jésus aime en voyant la foule et en en prenant pitié car ils étaient comme des brebis sans berger…donc l’attention, le fait de voir ce qui manque est une manière d’aimer pour Dieu et un appel pour nous  à aimer de cette même manière.

 

Je vous laisse continuer à voir dans ce texte ce que cela dit de la manière dont Dieu aime.

Lire le texte de Mc 6/30-44 et continuer à chercher ce que cela nous dit de la manière d’aimer de Dieu.

 

Faisons un pas de plus. Croire à l’amour qui est Dieu, n’est pas une attitude seulement  intellectuelle. C’est une attitude existentielle. Je veux dire par là que c’est un engagement à recevoir cet amour, à le désirer, à l’accueillir.

Par exemple Zachée accueille Jésus dans sa maison. Il accepte que l’amour qui est Dieu habite sa vie. Une autre manière de le dire, c’est : il accepte de se laisser aimer.

Dieu aime mais Son amour est comme impuissant s’Il ne rencontre pas une liberté qui Lui dit oui.

Le plus beau verset pour montrer cela est en Apocalypse 3/30.

Dieu est à la porte. Il est en attente, Il est sur le palier de ma porte. Mais en aucun cas Il ne va la forcer. Tant que je ne Lui aurai pas dit d’entrer, Il n’entrera pas. Il est dépendant de ma réponse. On parle de la volonté de Dieu. Ici, on la voit ! Sa volonté c’est de proposer Son amitié. Mais Il sait que cela ne peut être que proposé, jamais imposé. C’est pourquoi, Il est comme un mendiant à la porte de nos vies.

Dieu frappe de petits coups sur ma porte. Ils sont audibles mais discrets. Cela n’a rien à voir avec le martèlement d’une descente de police ! Ce sont de petits coups d’un amoureux qui dit avec respect Son désir d’entrer.

Si on Lui ouvre : Il entre, Il est près de moi et moi près de Lui, nous prenons le repas ensemble. Dans une proximité de relation, de réciprocité, d’égalité comme celle de deux ami-es.

Ce qui a permis que cela se passe ainsi : Un acte de liberté : Du côté de Dieu, le désir de nous rejoindre. De notre côté, avoir décidé d’entendre, avoir décidé d’ouvrir.

Enfin croire à l’amour est un engagement à faire de même.

« Faire comme j’ai fait pour vous » dit Jésus après avoir lavé les pieds de Ses disciples.

C’est pourquoi, il si important de bien nommer Dieu.

Le nommer Amour, engage à aimer.

Je vous laisse avec ce passage de St Augustin.

 

Si vous avez encore du temps dans le groupe de partage, vous pourriez vous demander :

En quoi ce texte éclaire-t-il le thème de notre WE :

« Pour que tu puisses avoir un avant-goût de Dieu, sache que Dieu est amour, cet amour avec lequel nous aimons. Que personne ne dise : je ne sais pas ce que je suis en train d'aimer. Il suffit qu'il aime son frère et il aimera l'Amour lui-même ; parce qu'en réalité on connaît mieux l'amour avec lequel on aime son frère que ce frère lui-même ; parce qu'alors Dieu est déjà mieux connu que le frère lui-même. Beaucoup mieux connu parce qu'il est davantage présent, parce qu'il est plus proche, parce qu'il est plus sûr »

            SAINT AUGUSTIN, De Trinitate ; PL 42, col. 957-958.

 

 

 

 

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 14:04

(LUC 4 v.14-31)

Jésus vint à Nazareth où il avait grandi..Comme il en avait l’habitude il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

 

C’est déjà à Nazareth que Marie avait reçu la visite de l’ange pour lui annoncer  qu’elle était comblée de grâces, c’est là que Marie avait répondu qu’elle consentait à être servante de la Parole. Ensuite Marie avait médité dans son cœur l’annonce des bergers : celui qu’elle avait mis au monde serait bonne nouvelle pour tout le peuple.

C’est ici à Nazareth que Jésus révèle son identité et sa mission. Lui aussi s’identifie à la Parole. Il consent à être bonne nouvelle pour les pauvres.

 Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui.  J’imagine Jésus les yeux fermés laissant  l’Esprit reposer sur lui. Il laisse le temps à la Parole de s’incarner en lui. Il s’imprègne de cette bonne nouvelle reçue à son baptême : il est le fils bien-aimé du Père, il a sur lui la force de son Esprit pour accomplir cette mission  qu’il est bien incapable tout seul d’accomplir. C’est comme un pauvre, comme Marie qu’il consent à sa mission.

Tous dans la synagogue sont en attente, les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire :

Cette parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit

Jésus fait ici un cadeau à ceux qui l’ont vu grandir, il révèle qui il est, il révèle son secret. C’est une parole vraie tirée du plus profond de lui-même. C’est l’Ecriture qui lui a permis de prendre conscience de son identité et de sa mission et le fait de le révéler aux autres lui permet d’en prendre encore plus conscience.

Tous s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : «  n’est-ce pas là le fils de Joseph ? »

Etonnement devant cette nouvelle façon de lire l’Ecriture, étonnement devant ce nouveau visage de Jésus qu’ils ne connaissent pas. Jésus perçoit de l’incompréhension, de la jalousie chez les habitants de Nazareth, une tentation de le récupérer et de le garder pour eux exclusivement.

Jésus choisit de les interpeller. « Aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays »  Le ton est dur, provocateur. Mais il est important que dès le début les choses soient claires quitte à leur déplaire, ce qui ne manquera pas.

A ces mots, dans la synagogue tous devinrent furieux. Agressivité, violence contre Jésus.
Mais lui, passant au milieu d’eux allait son chemin.

Jésus malgré la souffrance reste calme. J’imagine Jésus passant imperturbable, digne, libre, seul mais habité par l’amour de son père, souffrant mais aussi plein de joie d’avoir été fidèle à lui-même, d’avoir suivi son chemin , les yeux fixés sur l’étoile qui  le guide. Ce Jésus qui passe au milieu d’eux me fait penser au Christ ressuscité « il vint  et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : la paix soit avec vous » (Jean 20-v.19). Et ce chemin qu’il suit c’est aussi le nôtre puisqu’Il est le Chemin.

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 17:17

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Madrid, Musée du Prado.  Fra Angelico.

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 1 verset 26 à 38

[26] Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth,

[27] à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie.

[28] Il entra et lui dit : "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi."

[29] A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation.

[30] Et l'ange lui dit : "Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

[31] Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus.

[32] Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ;

[33] il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin."

[34] Mais Marie dit à l'ange : "Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ?"

[35] L'ange lui répondit : "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu.

[36] Et voici qu'Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile ;

[37] car rien n'est impossible à Dieu."

[38] Marie dit alors : "Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole !" Et l'ange la quitta.

1-L’initiative de Dieu

On nous dit que l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville appelé Nazareth auprès d’une vierge appelée Marie.

On peut rester sur ce point.  S’arrêter, s’étonner du désir de Dieu de nous rejoindre : oui Dieu veut nous rejoindre, se communiquer à nous, se donner à nous.

2-Ensuite la manière de faire :

Il y a l’étendu du monde, il y a l’étendu du temps et il choisit une petite bourgade de rien du tout, Nazareth et une personne particulière : Marie.

Dieu n’aime pas en général mais dans le plus concret de l’existence.

L’universel de son amour est concret : en venant vers Marie, c’est vers chacun de nous qu’il vient, en elle, il rejoint les hommes et les femmes de tous les temps et de tous les pays.

Cette contemplation peut nous aider à aimer le quotidien de notre vie : ne pas chercher à trouver Dieu ailleurs que dans ce plus concret qu’il a voulu lui-même rejoindre.

Regarder cela pour aimer davantage  notre vie qui est lieu de Dieu.

3-La raison de sa venue

Elle  est donnée  par le nom de l’enfant : Jésus, c'est-à-dire Dieu sauve

Elle est donné par : « le Seigneur est avec toi »,  l’autre nom de Jésus, c’est à dire l’Emmanuel.

Exposons notre vie à sa venue pour qu’il vienne sauver ce qui a besoin d’être sauvé.

Qu’est-ce que j’aimerai que Dieu vienne sauver dans ma vie ? Laissez monter en soi le désir du cœur, laisser monter à la conscience claire le désir peut-être enfoui que Dieu vienne sauver tel aspect de ma vie d’aujourd’hui ou de mon passé.

4-la figure de Marie

Elle s’appelle Marie, mais un mot dans cet Evangile est comme un autre nom. Elle s’appelle « pleine de grâce » C’est à dire pleine de Dieu, pleine de la vie de Dieu, pleine de l’amitié de Dieu

Entendre ces mots adressés à Marie comme nous étant adressés aussi, car nous aussi, nous sommes béni de Dieu, choisi, choisi pour être saint dans l’amour, gratifié de sa grâce dans le Christ ( Ep 1/3-14)

5- Ecoute d’une révélation intérieure

Marie est en train de prier, de faire oraison comme nous, l’ange n’est pas une vision, mais une révélation intérieure qui la bouleverse comme nous même quand il nous a été donné de faire l’expérience d’une parole intérieure.

Dieu est vraiment le vivant, la parole qui peut bouleverser nos vies

Faire mémoire des paroles qui ont pût aussi changer nos vies, qui ont été révélation pour nous.

6-Comment savoir que cela vient bien de Dieu ?

Mais Marie ne prend pas pour « argent comptant » tout ce qui se passe dans son cœur, elle veut discerner, faire le tri, savoir si ce qu’elle entend au plus profond d’elle-même vient bien de Dieu.

Elle réfléchit, « elle réfléchissait à ce que pouvait être ce salut ».

Elle vérifie par trois signes : la paix, la joie, la force.

Comment ces 3 signes sont présents dans ce texte ?

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 23:51

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Dans l’Evangile de Jean au chapitre 20 verset 19 à 31

[19] Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : "Paix à vous !"

[20] Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur.

[21] Il leur dit alors, de nouveau : "Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie."

[22] Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : "Recevez l'Esprit Saint.

[23] Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus."

[24] Or Thomas, l'un des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux, lorsque vint Jésus.

[25] Les autres disciples lui dirent donc : "Nous avons vu le Seigneur !" Mais il leur dit : "Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas."

[26] Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau à l'intérieur et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant closes, et il se tint au milieu et dit : "Paix à vous.

[27] Puis il dit à Thomas : "Porte ton doigt ici : voici mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant."

[28] Thomas lui répondit : "Mon Seigneur et mon Dieu !"

[29] Jésus lui dit : "Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru."

[30] Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre.

[31] Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.

1ère piste :

Visualiser le lieu. Le texte nous dit que les disciples sont à l’intérieur d’une maison qu’ils ont verrouillée. Un lieu clos.

Entrer dans la compréhension de cette fermeture. Le texte nous dit que c’est la peur qui  les a fait s’enfermer. On peut comprendre ! Disciples d’un condamné à mort, ils appartiennent au camp de la défaite, au parti de la défaite.

En fait, ils sont comme leur maître : enfermés dans un tombeau.

Les rejoindre dans ce lieu : lieu de la déception après tant d’espoir suscité par l’action de Jésus quand ils le suivaient , lieu de tristesse après tant de joie que sa parole avait éveillé en eux, lieu de la nuit après tant de lumière que sa présence leur donnait, lieu de mort après tant de vie qu’il donnait à qui le rencontrait !

Les rejoindre dans ce lieu là.

Pourquoi ?

Parce que ce lieu c’est aussi le nôtre : notre vie aussi est traversée par des déceptions, des tristesses, des nuits, des morts.

Si nous consentons à les rejoindre dans le lieu là, ce texte va  nous concerné, ce texte va pouvoir parler en nous, nous parler.

Il va nous dire que Jésus aujourd’hui vient nous rejoindre nous aussi.

Nous allons pouvoir accueillir la phrase étonnante : « Jésus vint et se tint au milieu d’eux ».

Cette bonne nouvelle va nous être dite à nous : Jésus nous rejoint au cœur même de ce qui peut faire mal dans notre vie, et aucun verrou au monde ne peut l’empêcher de nous rejoindre.

Même ceux que je me suis mis moi-même.

Mais pour cela, il vous sera nécessaire d’oser nommer ce qui en vous relève de la déception, de la tristesse, de la nuit, de la mort dans votre vie pour pouvoir ensuite regarder, étonné, ébloui, Jésus venir et se tenir là pour vous assurer de sa présence, et vous adresser sa parole de paix :

« Paix à vous », parole 3 fois dites dans ce passage.

2ème piste

Entendre une autre parole toute aussi étonnante :

« Moi je vous envoie

recevez l’Esprit Saint, remettez les péchés »

Pour bien profiter de ces paroles du Christ, remarquons qu’elles s’adressent aux disciples, donc à chacun de nous.

Nous sommes envoyés, pour cela nous recevons la force de l’Esprit Saint , et la mission confiée est d’être signe du pardon offert.

Souvent, nous ne prenons pas assez au sérieux ce que nous dit Jésus, nous nous protégeons de ses paroles en nous disant : ce n’est pas à nous qu’il s’adresse.

Baptisés, donc disciples nous sommes envoyés :

Accueillons cet envoi en mission, c’est constitutif de notre être baptismal.

L’Esprit nous a été donné au baptême et à la confirmation.

Il nous a fait prêtre, prophète et roi.

-Roi pour gérer notre vie dans le sens de la justice, et ouvrer à un monde selon le cœur de Dieu

-Prêtre pour être des célébrants de son amour, devant lui pour le louer

-Prophète pour écouter sa parole et pouvoir en témoigner par nos actes et nos paroles

-Envoyés pour dire la miséricorde.

Ces mots de Jésus aux disciples sont pour nous.

Les écouter pour nous, de manière neuve et parler à Dieu à partir de cet appel

Lui dire comment je le vis déjà ou mon étonnement que cela s’adresse aussi à moi, ou une demande pour le vivre davantage, selon ce que vous sentirez en vous.

 3ème piste :

Entendre une autre parole

« Nous avons vu le Seigneur »

Avec cette phrase, se rendre compte de l’extraordinaire de la joie.

Le vaincu, le rejeté, le condamné, le crucifié mort sur la croix. Il est vivant et on l’a vu vivant.

La lumière après la nuit, la joie après la douleur.

Peser ce poids de joie des disciples.

Peser la force de cette joie, qui seule explique la force de leur témoignage, la transformation que cela va opérer en eux et qui ira jusqu'à donner leur vie pour témoigner de lui. Cela voulait dire aussi pour eux que tout dans la vie de Jésus est véridique, que tout est digne de foi.

Dieu a donné raison au crucifié contre ceux qui en avait fait un paria, un blasphémateur.

Notre foi repose sur leur témoignage.

Ils ont vu c’est pourquoi ils ont parlé.

Ce  « voir » des disciples n’est pas le nôtre. Et pourtant, nous aussi d’une autre manière il nous est donné de voir !

Vous demander de quelle manière, dans votre vie, il vous est donné de voir. 

4ème piste

Regardez Thomas.

Patron des douteurs, un modèle pour nous qui pouvons vivre le doute lancinant mais surtout le modèle positif de ceux qui veulent bâtir leur foi sur une expérience personnelle et non sur une rumeur.  Regardez l’intuition qu’il a : cette expérience, il sent qu’il ne pourra la faire qu’en rejoignant le groupe des disciples, qu’en rejoignant une communauté.

Pesez en votre  cœur, tout ce que vous devez à la communauté des chrétiens d’hier et d’aujourd’hui

5ème piste

Entendre la parole de Jésus

« Porte ton doigt ici :   voici mes mains. Avance ta main et mets-la dans mon côté »

Entendre ces paroles de Jésus à Thomas qui sont l’exacte réponse à sa demande : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous…si je ne mets pas ma main à son côté… »

Prendre conscience de la délicatesse de Jésus : Jésus approuve Thomas dans son désir de toucher et de voir, il le rejoint au cœur de son incrédulité, comme il nous rejoint aussi là où nous sommes et comme nous sommes.

6ème piste

Regarder avec les yeux de la foi ce corps glorieux de Jésus, ce corps ressuscité qui porte à jamais et pour l’éternité les marques de sa passion.

Dans la foi, nous pouvons faire le même geste que Thomas et déposer en ses blessures, nos blessures, tristesses, déceptions, peurs, nuits dont j’ai conscience 

7ème piste

Ecouter la béatitude que Jésus exprime :

« Heureux ceux qui croiront sans avoir vu »

Il parle de nous.

Goûter là encore la délicatesse de Jésus. Il pense à nous qui ne sommes pas les témoins directs, et qui croient sur le témoignage des disciples. Joie de croire, laissons nous aller à cette joie

8ème piste

Ecouter le cri de Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu »

Un cri qu’on peut avoir après tant de nuit. Il est le seul à le pousser. Heureuse nuit qui lui a valu un tel cri de joie et de foi.

Ce cri, on peut le faire nôtre, on peut répéter cela plusieurs fois, pour laisser descendre en nous la réalité qu’elle signifie.

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 23:43

 

L’accès à Dieu par Jésus-Christ est pour tous, au-delà d’une confession explicite.

 

Cela englobe tous ceux et toutes celles qui ont vécu leur vie humaine avant le Christ, celles et ceux qui n’ont pas été rejoints ne serait-ce même par la connaissance de Son Existence, mais ceux aussi qui honnêtement ne peuvent pas croire.

Ils ont accès à Dieu par leur propre humanité.

On peut dire cela en allant jusqu’au bout de la logique de l’Incarnation et de la logique de la création.

Hommes et femmes images de Dieu sont tous et toutes des Adam créé-es à l’image de Celui qui est l’image par excellence,  Parole du Père, Logos de Dieu. Qui me voit et voit tout homme, toute femme, voit le Père. Bien sûr image voilée, souvent blessée et défigurée mais image qui reste gravée de manière indélébile.

L’Evangile de Matthieu en a fait la démonstration incontournable dans son chapitre 25/ 31-46  par la question suivante : « Quand nous est-il arrivé de Te voir affamé et de Te nourrir, assoiffé et de T’avoir désaltéré, étranger et de T’accueillir, nu et de Te vêtir, malade et prisonnier et de venir Te voir ? » Et sa réponse : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait.»

Ces versets sont souvent cités dans l’œuvre de Rahner. En effet, pour lui, du fait qu’il y a humanité, il y a événement d’une autocommunication. ( K.RAHNER, traité fondamental de la foi, 5ème étape )Dieu s’est Lui-même toujours et partout communiqué à tout humain comme le centre le plus intime de son existence, l’investissant de grâce et de responsabilité. Dieu toujours à l’œuvre là où l’humain existe comme humain (sujet, liberté, responsabilité). Dès toujours, ontologiquement orienté vers le Dieu d’absolue proximité. Même dans la faute, l’humain a conservé sa nature car la faute est dès toujours englobée et dépassée par la volonté de Dieu de Se communiquer Lui-même en vue de Jésus-Christ.

C’est l’inédit de Dieu en Jésus car il s’agit moins de penser comment nous avons accès à Dieu, mais plutôt comment Dieu a accès à nous. Nous sommes là  dans l’originalité du Christianisme.

Non religion de l’effort pour accéder à Dieu. Effort vain, voué à l’échec, source d’orgueil et d’intolérance, pour ceux qui se croient arrivés.

Mais plutôt, initiative de Dieu de nous rejoindre, déjà là dans l’acte créateur, accompli dans l’Incarnation qui Lui donne un visage humain à contempler.

On pourrait schématiser ainsi :

                                                              

Le chemin religieux :                     

L’humanité est en bas et doit pour avoir accès à Lui, monter vers Dieu, par son effort.

Et à mesure que l’on monte,de moins en moins de gens y parviennent. On en « perd en route »

 

Le chemin chrétien :              

C’est Dieu Trinité qui est en bas, en position de serviteur. (Qui M’a vu, a vu le Père=qui M’a vu laver les pieds de mes disciples). C’est Elle, la Trinité, qui fait tout le chemin et à mesure qu’Elle monte vers l’humanité, Elle les rejoint tous et toutes.

 

Le Dieu qui peut toucher les cœurs des hommes et des femmes d’aujourd’hui, n’est pas le Dieu en surplomb mais le Dieu «  en humble place » ( Exercices spirituels d’Ignace de Loyola n°144).

 

La condition, cependant, mais c’est un autre sujet, est que la figure offerte par l’Eglise en sa structure institutionnelle et en chacun-e de ses membres la rende visible dans l’aujourd’hui de l’histoire et ne la masque pas.


 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 22:33

Icone des femmes myrophores

 

Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 28 verset 1 à 10

 [1] Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre.

[2] Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit.

[3] Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige.

[4] A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts.

[5] Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.

[6] Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,

[7] et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit."

[8] Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

[9] Et voici que Jésus vint à leur rencontre : "Je vous salue", dit-il. Et elles de s'approcher et d'étreindre ses pieds en se prosternant devant lui.

[10] Alors Jésus leur dit : "Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront."

 

1ère piste : Regarder ces deux femmes unies dans la douleur.

Celui qu’elles aiment est mort. Celui qui savait aimer comme personne n’a jamais aimé, n’est plus. Celui en qui elles avaient mis tant d’espoir de libération est dans un tombeau.

Les rejoindre dans ce lieu là et aller avec elles à ce tombeau en osant parler à Dieu de ce qui dans ma vie est de l’ordre de la tristesse, du découragement…

 

2ème piste : Regarder l’ange qui roule la pierre et s’assoit dessus.

Le tombeau n’est plus fermé, il s’ouvre à la lumière du jour, signe déjà que de l’inouï peut survenir.

Dans ma vie, quels ont été ces signes avant-coureurs de changement de nuit en lumière ? Dans ma vie d’aujourd’hui, quels signes de lumière je peux remarquer pour m’en réjouir avec Dieu ?

 

3ème piste : Entendre le discours de l’ange.

Il nous dit de ne pas craindre. Il reconnaît en nous ce qui habite notre cœur, la recherche du Christ. Il annonce la vie plus forte que la mort. Il indique où trouver Jésus : en Galilée, là où Il nous précède.

Laisser retentir chacune de ces paroles, les laisser descendre en moi. Quelle est la Galilée où dans ma vie Jésus me précède et où Il m’attend pour Le rencontrer ?

En Galilée seulement ? Non, pas seulement, car dès maintenant aussi, dans l’obéissance à la mission reçue, ces femmes Le rencontrent. Aimer Jésus, c’est faire ce qu’Il dit.

Le découvrir en toutes mes activités faites pour Lui, selon Son esprit, en cohérence avec Son royaume.

 

4ème piste : Entendre Sa parole : « Je vous salue »

La même que celle adressée à Marie à l’Annonciation. Parole pour une autre naissance, celle de Dieu au plus profond de nous. Je vous salue est un mot intraduisible en français, il dit à la fois salut, joie et grâce.

En le disant à ces femmes, c’est à chacun-e de nous qu’Il le dit. Pour quelle naissance en nous ?

L’entendre me dire cela à moi aussi

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 10:53

46the_road_to_emmaus.jpgEmmaüs par le peintre He Qi

 

Evangile selon Luc, chapitre 24 verset 13 à 32

 [13] Et voici que, ce même jour, deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de 60 stades,

[14] et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé.

[15] Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux ;

[16] mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

[17] Il Leur dit : "Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ?" Et ils s'arrêtèrent, le visage sombre.

[18] Prenant la parole, l'un d'eux, nommé Cléophas, lui dit : "Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci" -

[19] "Quoi donc ?" Leur dit-il. Ils lui dirent : "Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s'est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,

[20] comment nos grands prêtres et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié.

[21] Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées !

[22] Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S'étant rendues de grand matin au tombeau

[23] et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu'elles ont même eu la vision d'anges qui le disent vivant.

[24] Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu !"

[25] Alors il leur dit : "O cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes

[26] Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ?"

[27] Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

[28] Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d'aller plus loin.

[29] Mais ils le pressèrent en disant : "Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme." Il entra donc pour rester avec eux.

[30] Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna.

[31] Leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent... mais il avait disparu de devant eux.

[32] Et ils se dirent l'un à l'autre : "Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Ecritures ?"

1ère piste : « Deux d’entre eux ».

Qui sont ces « deux » ?

On est sûr que l’un d’eux est un homme puisqu’on donne son nom : Cléopas. Mais l’autre ? Un autre homme, une femme ? Toutes les peintures ont représenté deux hommes. Mais rien, dans ce texte ne permet cela ! Ce pouvait être un couple. Ce que l’on sait, c’est qu’ils ne faisaient pas partie des apôtres. Ce sont des disciples.

Ce premier élément peut nous pousser à demander une grâce, celle de bien lire, d’apprendre à mieux réfléchir, pour ne pas figer sa pensée. Demander la grâce de libérer mon intelligence des pensées toutes faites.

 

2ème piste : « Faisant route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de 60 stades ».

Les regarder tournant le dos à Jérusalem. Pourquoi s’en aller de Jérusalem ? Parce que tout est fini. La belle aventure est terminée. Jésus est mort et tout est retombé dans la mort. Ils tournent le dos à ce lieu de la défaite. Comprenons qu’ils ont raison de le faire. Ils tournent ainsi le dos à la mort et se sont remis en route pour aller vers l’avenir, aller vers la vie.

Je peux me demander : dans ma vie, à quel moment j’ai pu faire de même, des décisions qui m’ont permis de ne plus m’enfermer dans la mort et de partir, de me ré-ouvrir à la vie ?

 

3ème piste : «Ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. »

Nous avons là l’importance de parler. Parler à l’autre, c’est aussi le moyen de ne pas s’enfermer. La société le comprend bien quand elle crée des groupes de paroles. La guérison passe par la parole qui fait sortir de soi, faisant sortir hors de soi, ce qui est mortifère.

Quels sont mes lieux de parole  où je peux partager, relire ma vie ?

Un-e vrai-e ami-e ? Un conjoint ? Un-e personne accompagnateur-trice spirituel-le ?

Si oui, faire mémoire de tout ce que cela m’apporte. Rendre grâce.

Si je n’en ai pas, me demander : est-ce un manque, un désir ? 

 

4ème piste : « Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux. »

Regarder Jésus qui prend l’initiative de la rencontre et qui rejoint ces deux personnes sur leur chemin. Bien avant de chercher Dieu, c’est Lui qui nous cherche. Bien avant d’aimer Dieu, c’est Lui qui nous aime et Il nous rejoint au cœur même de notre vie. Il est le compagnon de nos vies, Il marche à nos côtés nous rejoint sur la route de notre vie.

Considérer ce désir de Dieu de faire route avec moi.

M’ouvrir à la joie de ce compagnonnage.

 

5ème piste : «Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? » 

Jésus qui leur pose une question : «De quoi discutiez-vous en chemin ?»  Nous découvrons aussi quelque chose de Dieu. Il nous révèle un Dieu qui donne la parole, un Dieu qui écoute. Cette question de Jésus va les faire sortir de leur détresse. Grâce à Lui ils vont pouvoir dire leur espérance déçue, leur découragement, leur révolte aussi, libérer une parole. Ils sont écoutés par Jésus dans ce qui fait leur vie. Jésus est celui qui se  découvre à nous comme l’ami à qui on peut tout confier, le confident de nos vies.

Entendre cette première question que Jésus pose. L’entendre pour moi. Là, maintenant, qu’est-ce que j’ai envie de partager avec Lui ? Envie de Lui dire comment je vais. A mon tour, j’épanche mon cœur devant Lui, je lui dis ce qui habite mon cœur. Je sens combien Jésus m’ écoute, l’attention qu’Il porte à ma vie. ma vie L’intéresse. Je goûte la délicatesse de Son écoute.

 

6ème piste : « Quelques femmes qui sont des nôtres …sont revenues nous dire qu'elles ont  même eu la vision d'anges qui le disent vivant. »

Cela ne suffit pas que les autres nous disent leur foi, il nous faut faire une expérience personnelle de Dieu pour croire. Cette expérience prend des formes variées selon les personnes. Voir le Christ, c’est par exemple être touché par l’amour dont on a été bénéficiaire. Il est vivant dans tous les gestes auxquels je peux dire merci.

Quelle est la manière la plus courante pour moi de Le voir vivant dans ma vie ?

 

7ème piste : "Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme."

Reste avec nous disent ces deux personnes.

Comment résonne cette demande en nous ? N’est-ce pas la demande de notre cœur qui a senti que par cet homme Jésus, quelque chose de fort éclaire nos vies?

Si on me demande pourquoi j’aime Jésus, je dirai quoi ?

 

8ème piste : « Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. »

Leurs yeux s’ouvrirent et ils Le reconnurent. Ils Le reconnaissent grâce à ce geste du pain partagé, le geste fait la veille de Sa mort : «  Il prit le pain, le rompit…ceci est Mon corps » ; le geste où Il dit Sa vie donnée pour nous. On reconnaît le Christ dans tout acte d’amour. Où sont amour et charité, Dieu est présent, car Dieu est amour.

Faire mémoire des actes d’amour dont j’ai été bénéficiaire, dont j’ai été l’auteur, dont j’ai été témoin. Et dire merci pour cela.

 

9ème piste : « Reconnu à la fraction du pain ».

Cléopas et l’autre personne, (homme ou femme) ne sont pas du groupe des 12 apôtres. Ils sont disciples. S’ils Le reconnaissent à la fraction du pain, c’est donc qu’ils étaient présents au dernier repas où Jésus institue l’Eucharistie, ils ont donc entendu la parole de Jésus : « faites ceci en mémoire de moi. »

Qu’est-ce que cela ouvre en moi ?

 

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans REP
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