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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 22:59

accueil copie

(Peinture de Sr Marie-Boniface, bénédictine de Vanves)

 

Regarder le Christ serviteur

Regarder ce qu’il fait, ce qu’il dit, ce qu’il est.

Le regarder, s’imprégner de lui.

S’imprégner de sa manière d’aimer.

Pour nous laisser aimer par lui.

Pour aimer  sa manière.

 

1ère piste : Jésus ne commence pas par parler mais il agit.

Essayer de vous représenter chacun de ces gestes:

Il se lève de table

Il quitte son manteau

Il met un linge autour de sa taille

Il verse de l’eau dans un bassin

Il se met à genoux

Il lave des pieds

Il est le Maitre, il est Seigneur, Il est Dieu

Et il est à genoux, serviteur

Prendre conscience de l’inouï de ce geste

Cela bouleverse nos idées sur Dieu

Dieu n’est plus en haut, il est en bas, en humble place

 

2ème piste : Chacun-e de nous peut entrer dans cette scène, se mettre à table avec les disciples.

Imaginez que Jésus s’approche de vous.

Il se met à genoux devant vous.

Il vous lave les pieds.

Comment je réagis à cela, à ce Dieu à genoux devant moi

Refuser comme Pierre tout d’abord ?

Accepter ensuite ?

Si j’accepte que Jésus me lave les pieds, j’accepte que Dieu m’aime, que Dieu prenne soin de moi, j’accepte de me laisser aimer par lui

Mais cela m’engage au même geste pour les autres.

 

3ème piste : Entendre la parole : je vous ai donné un exemple pour que vous agissiez comme j’ai agi pour vous.

Je peux faire mémoire de mes engagements au service de mes frères et sœurs, envers celles et ceux que je sers.

Et pouvoir dire : pour telle personne, de telle manière, par tel engagement humanitaire, social, politique, Seigneur, j’agis comme tu as agi.

 

4ème piste : Entendre la raison du geste du Christ tel qu’il est dit au début de ce texte :

Sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.

Jésus donne sa vie jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême de la croix. Il en donne le sens par ce geste du lavement des pieds.

Entendre son appel à le suivre : aimer jusqu’au bout.

 

 

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 23:32

zachee.jpg

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 19 verset 1 à 10

 [1] Entré dans Jéricho, il traversait la ville.

[2] Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c'était un chef de publicains, et qui était riche.

[3] Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille.

[4] Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là.

[5] Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi."

[6] Et vite il descendit et le reçut avec joie.

[7] Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : "Il est allé loger chez un homme pécheur !"

[8] Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : "Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple."

[9] Et Jésus lui dit : "Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham.

[10] Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu."

1ère piste :

Regardez Zachée. Que sait-on de lui ?

Son compte en banque et la mauvaise réputation qu’il a, car, comme publicain, collecteur d’impôts, les gens le soupçonnent de détourner de l’argent à son profit et d’être sympathisant à l’occupant romain.

Son estime de lui ne devait pas être facile : à ses propres yeux et à ceux des autres.

De plus son physique ne l’arrange pas : il est petit de taille.

Prenez du temps donc pour le regarder ainsi.

2ème piste :

Ensuite regardez Jésus ou plutôt, regardez Jésus qui regarde cet homme.

Dans cette foule, Zachée est le seul à être regardé et à qui Il parle. On peut se demander pourquoi.

Parce que Jésus est venu sauver ce qui est méprisé, exclu, blessé, mésestimé…

Donc, Il est venu pour chacun-e de nous, pour moi dans la mesure où personne n’est indemne de d’un mépris, d’une exclusion, d’une blessure, d’une mésestime…

Alors, devenons un Zachée, montons dans notre arbre et voyons la scène de son point de vue.

3ème piste :

Regardez Jésus qui lève les yeux vers moi. Comment me regarde-t-Il ?

Il me regarde avec amour, avec tendresse.

L’entendre prononcer mon prénom.

Entendre le seul désir qu’Il a au cœur : me rencontrer tel-le que je suis, comme je suis.

Dans ce prénom qu’Il prononce, sentir l’estime qu’Il a pour moi, la valeur  que j’ai à Ses yeux.

Goûter Son regard accueillant, bienveillant, désirant.

4ème piste :

Puis entendre la parole suivante : aujourd’hui, il me faut demeure chez toi.

Laissez retentir en moi ce « aujourd’hui ».

Ni hier, ni demain mais un aujourd’hui sans fin.

Entendre cet appel de Jésus à vivre l’aujourd’hui.

Entendre toute l’étendue de cet appel : « Aujourd’hui, vis pleinement ta vie, bois cette vie. »

5ème piste :

Regarder Zachée, toujours dans son arbre, qui prend une décision : il choisit de descendre et de répondre à cet appel. Il s’était caché dans son arbre pour voir sans être vu. La parole de Jésus lui donne la force de descendre, de s’affirmer, d’être vu sans complexe.

Descendre de l’arbre, Qu’est-ce que cela signifie pour moi, personnellement ?

Quelle décision de lâcher-prise ?

6ème piste :

Les regarder maintenant côte à côte, ni en-dessous, ni au-dessus mais à égalité, l’un avec l’autre.

Zachée est chez lui avec Jésus. Zachée peut vraiment « habiter » son existence.

Pour finir, étant devant Jésus, qu’ai-je envie de Lui dire ?

 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 23:42

14-crucifixion

(oeuvre du peintre chinois He QE)

 

Jésus-Christ donne accès à Dieu au fil d’une histoire qui rejoint nos vies jusqu’au bout.

Ce jusqu’au bout est celui de la mort. Il est passé par la mort comme chacun de nous.

Il est donc  accès à Dieu passible et non impassible.

La proximité va jusqu’au bout de la relation, jusqu’à l’extrême de nos vies qu’est la mort. Rien de ce qui fait nos vies, la naissance et la mort, ne lui sont étrangers. Dieu d’infinie proximité. Dieu avec nous.

De plus la mort est violente et injuste.

Elle dénonce toute injustice.

Le Dieu crucifié est jugement contre toute injustice.

Dieu victime de l‘injustice, est dénonciation de toute injustice.

Par la Croix qui est le jusqu’au bout de la proximité, Dieu souffre.

S’il n’était pas ce Dieu-là Dieu resterait  distant, froid, silencieux.»

Pour Moltmann, il y a obligation  de découvrir Dieu Lui-même dans la Passion du Christ et la Passion du Christ en Dieu.

Penser la passivité active qui est libre ouverture à l’affliction d’autrui, souffrance de l’amour passionné parce que « si Dieu était à tout point  de vue incapable de souffrir, Il serait aussi incapable d’aimer…

Dieu ne souffre pas comme la créature par manque d’être. En ce sens Il est impassible.

Il souffre cependant par Son Amour qui est la surabondance de Son Etre. En ce sens Il est passible. »

Jésus par Sa Vie et Sa Mort donne accès à ce Dieu-là. Cela permet de mettre en question la doctrine de la toute puissance de Dieu. Doctrine non crédible pour l’homme d’aujourd’hui.

La toute puissance que Dieu possède et manifeste dans le Christ, est la toute puissance de l’amour souffrant.

 

 Le Dieu crucifié p 38 et 39

C.E. ROLT, The World’s Redemption, London 1913, p 95, cité par J.Moltmann, Trinité et royaume de Dieu, p 48

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 22:49

Quelle recherche de Dieu, à partir des Evangiles revisités, peut à nouveau intéresser l’homme d’aujourd’hui et lui ouvrir des chemins de salut ?

 

Au début de son livre, L’homme qui venait de Dieu, (1), Joseph Moingt nous livre un début de réponse quand il s’interroge sur ce qui a pu étonner les contemporains de Jésus

 

Cet étonnement vient de l’originalité de l’accès à Dieu inauguré par le Christ, un accès qui est bonne nouvelle de salut pour nous encore aujourd’hui.

 

En suivant le texte de Joseph Moingt, voici ce qu’il me semble possible de repérer :

 

Jésus, ça se raconte.  

La bonne nouvelle de l’Evangile se présente sous forme de récit.

L’accès à Dieu par Jésus-Christ n’est pas un discours, mais une vie racontée. Vie racontée selon des intentions théologiques, des schémas de récit, mais qui reste en style narratif.

Vie racontée et interprétée de manière différente selon les époques. Aujourd’hui elle doit l’être sur fond d’une situation de modernité, d’un monde d’indifférence à la question de Dieu.

L’accès à Dieu, par ce récit évangélique, peut dire quelque chose de pertinent pour nous aujourd’hui, d’abord parce qu’il est récit.

Pourquoi ? Parce que le récit d’une vie (même théologisé et normé comme le sont les Evangiles) rejoint nos vies. Il y est question de naissances, d’actions, de paroles, de relations, de conflits, d’amitié, de souffrances, de repas, de mort, d’amour, de vie, d’espoir … et de ce fait rejoint les questions fondamentales de la vie humaine.

L’accès à Dieu par Jésus se dit au cœur d’une vie humaine. Il  peut donc  rejoindre nos questions.

Rejoindre ces questions, mais pour quoi faire?

 

 

Jésus, c’est des actes de libération.

Jésus rejoint nos vies pour le libérer. Pour les libérer de ce qui les empêche d’être humanisées et humanisantes.

Les miracles de Jésus le montrent bien quand ils décrivent des situations symboliques du  côté nocturne de notre vie : ce qui est lié au mal, à la souffrance, à la mort et met Jésus en contact avec des gens confrontés au tragique de l’existence : mort, maladie, pauvreté, injustice du sort, tout ce qui engendre des exclus. C’est Sa Parole « par l’intensité de la relation qu’Il nouait avec tous ces exclus  qui leur donnait la force de briser les chaînes de leur destin qui entravait leur liberté. » (2)

Ce récit rejoint nos vies pour les transformer, pour les libérer de ce qui les entrave. Le fait de donner des textes de guérisons pendant des retraites spirituelles, me montre bien la force de transformation dont ces textes aujourd’hui sont porteurs : guérison spirituelle de surdité, de mutisme, de paralysie…Nous sommes ici au cœur d’une expérience de salut.

Ce symbolisme nous est accessible car on peut pressentir que notre destin y est représenté : « La parole de Jésus est porteuse pour nous aussi d’un message et d’une force de libération » (3)

 

Jésus, c’est une parole libératrice.

Il y a dans son enseignement une Clarté libératrice.

« Il rendait possible à tous les humains un avenir différent, ouvert à une communication libre et fraternelle entre tous, parce qu’Il défendait la cause des opprimés, se faisait le partenaire de ceux qui n’avaient pas d’interlocuteur et rendait la parole à ceux qui en étaient dépossédés » (4)

Son enseignement peut être synthétisé par le mot de Royaume. Sa manière d’en parler donne à voir ce que Dieu veut. Quand un scribe lui déclare qu’aimer Dieu et le prochain vaut mieux que tous les sacrifices et les holocaustes, Jésus lui répond qu’il n’est pas loin du Royaume Mc12/34. Un royaume qui n’est refusé à personne.

L’Evangile de Marc commence par cette déclaration de proximité : « le royaume de Dieu est tout proche » Mc 1/15. Proximité du Royaume non pas temporelle mais dans  « l’horizon de l’existence de chaque jour »(5) Non pas refoulée dans le futur mais déjà là en toute occasion. Royaume déjà à l’œuvre dans l’histoire et dans les cœurs comme une semence.

Les images employées dans les paraboles prouvent cette proximité dont personne n’est exclu. Des images de la vie quotidienne comme la lampe, la mesure de farine, la pièce d’argent, la brebis, la semence. Un royaume fait d’événements courants et non pas enfermé dans un hors-monde ou dans un espace pensé comme sacré, séparé du profane. Par ce royaume donné comme proche, c’est la compréhension même de l’accès à Dieu qui est présentée. Un Dieu qui se trouve et se laisse trouver dans la vie humaine la plus simple quand elle est porteuse de vie, de croissance.

Qui a entendu ces paroles de Jésus a entendu Dieu, qui a vu celui qui les disait et qui les vivait a vu Dieu car Son « Message est inséparable de Sa Personne »(6)

 

Jésus, c’est la visibilité de Dieu

Qui est-Il ?

Lui-même posera la question : « Pour vous qui suis-je ? » La question de Dieu est donc à poser, en régime chrétien, au cœur de la vie humaine de Jésus.

La vie humaine de Jésus est accès auprès de Dieu.

Jésus dit Dieu par Sa Vie humaine. « Qui M’a vu a vu le Père ». C’est Sa Vie qui nous dit Dieu et nous donne accès à Lui, dans une connaissance qui ne peut qu’être expérience d’un « suivre ».

Il nous dit Dieu par l’originalité de Sa propre expérience de relation avec celui qu’Il appelle Père, par la manière singulière, marginale, de se situer face à Dieu dans un lien de réciprocité qui a questionné et peut continuer à questionner.

« Qui donc est Dieu pour Lui et qui est-Il en vérité pour tous les humains si Dieu trouve en Lui Sa vraie manifestation ? » (7)

Il nous dit Dieu et nous ouvre un chemin d’accès à Lui. Il parle et fait expérimenter par Son attitude même un Dieu miséricordieux. Il donne à voir un Dieu non de vengeance mais de  pardon, qui aime qu’on Lui fasse confiance, Pardonner, donner, accueillir les petits. Voici les constantes de l’image de Dieu qu’Il donne à voir.

 

Ce qui est donné à voir est une vraie révolution religieuse : c’est un Dieu qui sort des catégories du religieux

 

Joseph Moingt, l’homme qui venait de Dieu, Cerf, 2002

Idem p 47

P 48

P 47

P 60

P 58

P 57

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 13:02

femme adultère par He-Qi

 Dans l'evangile de Jean au chapitre 8 verset 1 à 11

(Reproduction d'une oeuvre du peintre chinois He QI)

 

[1] Quant à Jésus, il alla au mont des Oliviers.

[2] Mais, dès l'aurore, de nouveau il fut là dans le Temple, et tout le peuple venait à lui, et s'étant assis il les enseignait.

[3] Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu,

[4] ils disent à Jésus : "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.

[5] Or dans la Loi Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?"

[6] Ils disaient cela pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol.

[7] Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !"

[8] Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol.

[9] Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu.

[10] Alors, se redressant, Jésus lui dit : "Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?"

[11] Elle dit : "Personne, Seigneur." Alors Jésus dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus."

 

Que s’est- il passé pour cette femme ?

Elle aurait dû mourir, elle est vivante.

Elle aurait dû être condamnée, elle est graciée.

Elle était prisonnière, elle est libre.

Au lieu de la condamnation et de la mort, elle a reçu la grâce, la liberté et la vie.

De  fait Jésus l’a sauvée de la mort.

 

Se faisant, il pose un acte fort d’opposition à une loi religieuse qui est encore en vigueur, malheureusement,  aujourd’hui dans certains pays.

Un acte fort de refus de l’injustice faite aux femmes qui sont souvent les seules victimes de cette barbarie.

 

Alors, on peut imaginer le soulagement de cette femme, elle a vu la mort de près.

Après l’angoisse, elle se retrouve vivante, libre et pardonnée.

Elle est sauvée mais encore plus, elle sait qui l’a sauvée !

Ce qu’elle a vécu a dû enraciner en elle, un amour immense, une reconnaissance infinie pour Celui qui l’avait sauvée de la mort.

 

La question que j’ai envie de poser, à vous, à moi :

Sommes-nous dans les mêmes sentiments que cette femme ?

Eperdus de gratitude ?

 

Pour cela, il nous ressentir très fort que nous aussi nous sommes des sauvés.

Pourquoi ?

Parce que Dieu continue toujours de croire en nous.

C’est Dieu Lui-même qui continue de nous espérer.

C’est Dieu Lui-même qui ne cesse pas de nous aimer.

 

En interprétant ainsi cet Evangile, à ce second niveau de lecture, on a, me semble-t-il, une bonne clé de compréhension.

Nous sommes souvent trop moralisants dans notre compréhension des Ecritures.

La pointe de cet Evangile n’est pas de dire que l’adultère est une faute et que Jésus a pardonné à celle qui l’avait commise.

Cet adultère conjugal est symbolique d’un autre, celui du cœur, et de celui là, tous et toutes, nous en sommes malades, car cet adultère, c’est le manque à aimer.

 

Ce faisant, on comprend bien le témoignage des saints

Un saint, c’est celui qui a laissé l’amour de Dieu envahir sa vie et qui, à cette lumière, découvre la médiocrité de sa réponse.

Ils se découvrent comme une vitre qu’illumine le soleil et ce faisant, en révèle également toute la poussière.

Pour le saint, la moindre infidélité est un adultère car c’est un manquement à l’amour infini de Dieu.

Il mesure l’écart qui sépare son amour de l’amour de Dieu mais  ne s’en décourage pas car il sait que Dieu, Lui, ne se décourage pas.

 

Le silence de Jésus permet à chacun-e de s’interroger.

La parole de Jésus  renvoie chacun-e à lui-même.

On comprend mieux alors que tous s’en vont l’un après l’autre.

Jésus leur a permis de comprendre qu’eux aussi étaient adultères de leur Dieu.

 

C’est la grâce que nous pouvons nous souhaiter mutuellement pour que nous puissions découvrir que nous sommes tous sauvés par Sa seule grâce.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 23:57

En ce temps où l’Eglise catholique romaine est en attente de l’élection du pape, voici un texte du Frère Jean-Michel, prieur de la Communion Béthanie.

 

J'aime l'Eglise

J'aime l'Eglise. L'Eglise qui "vit l'Evangile à la manière de Marie de Nazareth"!

J'aime l'Eglise qui suit Marie dans la montagne et part avec elle à la rencontre de la vie. Elle rend visite aux femmes et aux hommes de ce temps et, au-delà des stérilités apparentes, elle est à l'affût de ce qui naît, de ce qui est possible, de la vie qui palpite en eux.

J'aime l'Eglise qui se réjouit et chante. Au lieu de se lamenter sur son sort et sur les malheurs de notre monde, elle s'émerveille de ce qui est beau sur la terre et dans le cœur de l'humanité. Et elle y voit l'œuvre de notre Dieu.

J'aime l'Eglise qui se sait l'objet d'un amour gratuit. J'aime l'Eglise qui contemple notre Dieu aux entrailles de mère. Elle l'a vu, Dieu, sur le pas de la porte, guetter l'improbable retour du fils; elle l'a vu se jeter à son cou, passer à son doigt l'anneau de fête et organiser lui-même la fête des retrouvailles...

Quand elle feuillette "l'album de famille", elle voit Zachée sur son sycomore, Matthieu et les publicains, une femme adultère, une Samaritaine, des étrangers, des lépreux, des mendiants, un prisonnier de droit commun, sur son poteau d'exécution. Alors, vous comprenez l'Eglise que j'aime, ne désespère de personne. Elle "n'éteint pas la mèche qui fume encore". Quand elle trouve quelqu'un sur le bord de la route, blessé par la vie, elle est saisie de compassion. Et avec une infinie délicatesse, une infinie douceur, elle soigne ses plaies. Elle est le port assuré et toujours ouvert.

J'aime l'Eglise qui ne connaît pas les réponses avant que les questions ne soient posées. Son chemin n'est pas tracé d'avance. Elle connaît les doutes et les inquiétudes, la nuit, la solitude. C'est le prix de la confiance. Elle participe à la conversation (l'Eglise de la conversation, cf. Pape Paul VI) et ne prétend pas tout savoir. Elle accepte de chercher.

J'aime l'Eglise qui habite à Nazareth, dans le silence et la simplicité. J'aime l'Eglise qui n'habite pas dans un château. Sa maison ressemble à toutes les autres. Elle sort de chez elle pour parler avec les autres habitants du village. Elle pleure et se réjouit avec eux. Mais jamais elle ne leur fait la leçon. Elle écoute surtout. Elle fait son marché, elle va chercher l'eau au puits, elle est invitée quand il y a un mariage. C'est là qu'elle rencontre les gens, "les petites gens!"

Beaucoup aiment s'asseoir un moment dans sa maison, on y respire une paix...

J'aime l'Eglise qui se tient au pied de la Croix de Jésus le Christ. J'aime l'Eglise qui ne se réfugie pas dans une forteresse, dans une chapelle ou dans un silence prudent quand des femmes, des hommes sont écrasés. Avec un humble courage, elle se tient aux côtés des plus petits, des plus fragiles.

J'aime l'Eglise qui laisse entrer le Souffle de Pentecôte, le vent qui pousse dehors et qui délie les langues. Et sur la place elle prend la parole. Pas pour asséner une doctrine, pour grossir ses rangs. Elle dit que la promesse est tenue, que le combat est gagné. Voici le grand secret qu'elle ne peut que murmurer : l'Amour est plus fort que la mort.

J'aime l'Eglise qui, tous les soirs, chante le Magnificat. Elle sait où sa joie demeure. Et voici :

Notre Dieu n'a pas trouvé inhabitable notre monde; il n'a pas trouvé inhabitable les plaies, la méchanceté, la haine, la violence de notre monde. C'est là qu'il nous a rejoints. Et là, sur la Croix, nous avons vu la "miséricorde", le cœur ouvert de notre Dieu.

J'aime l'Eglise : entrailles frémissantes.

Aujourd'hui, Jean-Michel, veux-tu être serviteur dans cette Eglise Servante?

Et Toi...?

Dimanche 17 février 2013, premier dimanche de Carême.

frère Jean-Michel+

prieur de la Communion Béthanie

La Communion Béthanie est une fraternité de prière dont la démarche contemplative vise à redire à chacun l’amour inconditionnel de Dieu pour tout être humain, en particulier auprès des personnes homosensibles, transgenres et de leurs proches.

Le service premier est la prière qui vient nourrir ensuite les temps d’accueil, de rencontres, et de réflexions théologiques.

La Communion Béthanie souhaite être un ‘signe’ d’unité dans l’Eglise, que celle-ci soit institutionnelle ou plus universelle au cœur de toute personne qui se place sous le regard de Dieu.

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 22:34

 

56.Fils.Prodigue

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 15 verset 11 à 32

11] Il dit encore : "Un homme avait deux fils.

[12] Le plus jeune dit à son père : Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. Et le père leur partagea son bien.

[13] Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l'inconduite.

[14] "Quand il eut tout dépensé, une famine sévère survint en cette contrée et il commença à sentir la privation.

[15] Il alla se mettre au service d'un des habitants de cette contrée, qui l'envoya dans ses champs garder les cochons.

[16] Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, et personne ne lui en donnait.

[17] Rentrant alors en lui-même, il se dit : Combien de mercenaires de mon père ont du pain en surabondance, et moi je suis ici à périr de faim !

[18] Je veux partir, aller vers mon père et lui dire : Père, j'ai péché contre le Ciel et envers toi ;

[19] je ne mérite plus d'être appelé ton fils, traite-moi comme l'un de tes mercenaires.

[20] Il partit donc et s'en alla vers son père. "Tandis qu'il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement.

[21] Le fils alors lui dit : Père, j'ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d'être appelé ton fils.

[22] Mais le père dit à ses serviteurs : Vite, apportez la plus belle robe et l'en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds.

[23] Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,

[24] car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! Et ils se mirent à festoyer.

[25] "Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il fut près de la maison, il entendit de la musique et des danses.

[26] Appelant un des serviteurs, il s'enquérait de ce que cela pouvait bien être.

[27] Celui-ci lui dit : C'est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu'il l'a recouvré en bonne santé.

[28] Il se mit alors en colère, et il refusait d'entrer. Son père sortit l'en prier.

[29] Mais il répondit à son père : Voilà tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau, à moi, pour festoyer avec mes amis ;

[30] et puis ton fils que voici revient-il, après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu fais tuer pour lui le veau gras !

[31] "Mais le père lui dit : Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.

[32] Mais il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !"

 

Cette parabole, c’est notre histoire.

La rencontre de la misère avec la miséricorde.

Notre misère et la miséricorde de Dieu.

La misère de ces deux hommes, la miséricorde de Dieu.

Leur misère, c’est de se tromper sur Dieu et sur eux-mêmes.

-Le fils aîné se considère comme un serviteur :

« Il y a tant d’années que je suis à ton service » dit-il.

Il se considère comme serviteur, et son Dieu est seulement un employeur.

-Le fils cadet se considère comme un consommateur et son Dieu est une tirelire, un héritage ou un coffre-fort.

Ils sont tous les deux dans le registre de l’avoir :

Le cadet dira : « donne-moi la part d’héritage qui me revient ».

L’ainé : « jamais tu ne m’as donné un chevreau ».

En fait ils ne savent pas qui ils sont en vérité et ils ne savent pas qui est leur Dieu.

Ces deux choses sont intimement liées :

Si on se vit en serviteur, on prend Dieu pour un maître et on va vivre dans le ressentiment de ce Dieu qui n’est même pas fichu de nous donner un petit chevreau.

Si on se vit en consommateur, on prend Dieu pour un distributeur et on va vivre en dilapidant sa vie.

Tout le chemin de conversion de ces deux hommes qui nous ressemblent, c’est d’enfin découvrir qui ils sont et qui est Dieu :

Qui est Dieu :

Il est le Dieu qui fait bon accueil au pécheur.

Dieu qui s’use les yeux à attendre le retour de son fils et qui ne désespère jamais de lui.

Dieu qui court, qui embrasse, qui fait la fête.

Dieu qui se réjouit.

Un père plus père que Dieu, il n’y en a pas.

Qui ils sont :

Des fils de Dieu, pas moins que cela.

En Jésus qui est le Fils par excellence, par Lui et à Sa suite, nous sommes fils ou fille de Dieu, c’est cela notre identité profonde.

 

-Etre fille, fils, ça veut dire savoir mon origine : je viens de Dieu, ma source est en Lui, je ne proviens pas du hasard mais du désir aimant de Dieu.

-Etre fille, fils, ça veut dire que ma vie a du sens, qu’elle a une finalité, une destination, je ne vais pas vers le néant mais vers une éternité avec Dieu.

-Etre fille, fils de Dieu, ça veut dire, savoir que je ne suis pas seul-e, que Dieu est le compagnon de ma vie.

 

Là, nous ne sommes plus dans le registre de l’avoir ni même du faire mais dans le domaine de l’être. Et c’est cela qui peut pacifier ma vie. Je n’ai rien à prouver : la raison d’être de ma vie, je la reçois d’un autre qui me la donne gratuitement pour que j’en vive pleinement.

 

-Etre fille, fils, c’est entendre la parole du Père au fils aîné. Il lui dit :

« Mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi »

On peut recueillir précieusement cette parole que Dieu nous donne aujourd’hui, c’est elle qui peut nous convertir.

Tout ce qui est à Dieu est à nous : Tout, sa vie, sa bonté, son éternité. Il n’y a rien à prendre, puisque tout est donné ; il n’y a qu’à en vivre, dans l’émerveillement et la reconnaissance de ce Dieu qui est toujours Père même si nous lui tournons le dos.

Tout simplement parce que nous ne pouvons pas changer Dieu !

Il est Miséricorde pour l’éternité.

 

 

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 09:39

 

 buisson-ardent-2.jpg

 

1ère piste :

le verset 1 : « Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro »

C’est important de regarder ce travail de berger qu’accomplit Moïse car ainsi on peut se rendre compte que Dieu rejoint Moise au milieu de son travail. C’est parce qu’il mène son troupeau, donc fait son travail, qu’il parvient à la montagne de Dieu. Je vous invite à rester à regarder cela. Un travail « profane » peut être le lieu pour chercher et trouver Dieu . Important car on a parfois inconsciemment la fausse idée que les choses sont un obstacle et qu’il faudrait les fuir pour être vraiment à Dieu. Non, ce monde nous a été donné pour qu’il soit médiateur de notre amour pour Dieu. Prendre soin du monde, des autres, de soi est expérience spirituelle.

Regarder cela au cœur de votre vie. Qu’est-ce qui dans l’usage que je fais des choses, du monde, de ma vie, du temps, de l’argent, est une aide pour trouver Dieu et l’aimer.

En regardant Moise prendre soin de son troupeau, regarder en quoi les actes de ma vie dans son plus concret et son plus humain sont une aide pour louer Dieu, sont expérience spirituelle.

2ème piste

le verset 2 : « Dieu lui apparut dans une flamme de feu du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré.» 

Regarder le buisson qui est en feu et pourtant ne brûle pas.

Comprendre que la présence de Dieu est éclairante comme feu,  réchauffante comme un amour mais qu’en aucun cas, elle ne détruit !

Je prends le  temps de regarder cela, pour laisser mon cœur entrer dans l’abandon, la disponibilité, dans la certitude que Dieu ne veut que du bon pour nous.

3ème piste: 

 le verset 4 : « Moïse, Moïse…me voici »

Entendre ces 2 mots

Celui de Dieu : Moïse

Celui de Moïse : me voici

Les entendre pour moi et entendre mon prénom

Dire comme Moïse, un « me voici inconditionnel », l’inconditionnel de la confiance

4ème piste:

le verset 5 : « le lieu où tu te tiens est une terre sainte »

Dieu déclare cette terre sainte : elleest le  lieu d’une rencontre cœur à cœur avec Moïse

Oui la terre de notre vie est sainte. Donc un appel à en prendre soin.

Entendre cet appel. Appel à  prendre soin de ma vie, de dire des oui à ce qui sanctifie ma vie, de dire des non à ce qui l’abîme.

Entendre cet appel à investir mon désir dans ce qui accomplira vraiment ma vie dans l’amitié avec Dieu

5ème piste:

verset 6 à 10 : « j’ai vu la misère de mon peuple… »

Regarder le visage de Dieu qui se révèle en ces lignes : Dieu qui ne résigne pas à l’injustice, qui la voit et veut la combattre par nos mains.

Le désir de Dieu rejoint et réveille le profond désir de justice de Moïse

Ecouter la mission confiée à Moïse car on peut y entendre le désir de Dieu : Dieu nous révèle qu’il nous veut libres. En regardant le désir de liberté que Dieu a pour nous, sentir qu’il veut «  élargir l’espace de notre tente », ré-ouvrir notre vie.

Laissons entrer le souffle de cette liberté dans notre cœur pour que du neuf, de l’imprévu puisse advenir.

6ème piste:

verset 11 et 12 : « Qui suis-je ?…Je suis avec toi »

Laisser retentir cette question et la réponse. Sentir ce que cela ouvre en moi.

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 21:02

 

Moise

Ce dimanche, ce sera la 1ère lecture qui va retenir notre attention : cette rencontre de Moïse avec Dieu.

Et il me semble qu’il nous faut retrouver l’étonnement devant ce qui nous est dit dans ce texte que nous connaissons bien.

Retrouver l’étonnement parce que  l’habitude risque de nous voiler l’inouï de ce qui est révélé.

Retrouvons des oreilles neuves, retrouvons des yeux étonnés devant l’image de Dieu qui nous est présentée.

Quoi ! Un Dieu qui prend l’initiative de la rencontre alors que nous pensons d'abord à  l’effort de l’homme à la recherche de Dieu.

Ici c’est le contraire : Dieu qui va au devant, c’est Lui qui provoque la rencontre,  Dieu en quête  d’un dialogue ; Dieu rejoint cet homme Moïse au cœur même de ce qui fait son travail ; Dieu qui se découvre dans la banalité du travail quotidien et qui déclare ce lieu de la vie des hommes comme une terre sainte.

Quoi !  Un Dieu qui nous connaît par notre nom, un Dieu pour quelqu’un et pour chacun-e et qui nous appelle.

Etre appelé-e, c’est être attendu-e, espéré-e, reconnu-e.

Et surtout l’étonnement est à son comble quand nous découvrons que non seulement Dieu nous parle mais qu’Il a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, enfin un cœur pour souffrir de notre souffrance, enfin une volonté de nous délivrer : « J’ai vu la misère de mon peuple, j’ai entendu ses cris. »

Mais ce n’est pas encore fini… d’étonnement en étonnement :

Il nous est donné de voir un Dieu qui associe l’homme à Son projet, un Dieu qui ne  fait pas tout, tout seul : « Tu feras sortir mon peuple » dit-il à Moïse.

Un Dieu qui a voulu avoir besoin de nous pour que nous soyons la visibilité de Son cœur, de Ses mains, de Son amour.

Et puis encore et encore, ce dialogue de Moïse avec  Dieu. Etonnant ! Un Dieu avec qui on peut discuter, auquel on peut poser des questions, qui autorise un questionnement : « s’ils demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? »

Et Marie sera bien fille d’Israël dans cette dignité et liberté qu’elle aura apprise de son Dieu quand elle demandera à L’Annonciation : « comment cela se fera-t-il ? »

Laissons-nous bouleverser, étonner ! Aucune autre religion ne dit cela.

Et j’ai envie de dire : soyons fiers de notre foi, pas au sens d’un mérite de notre part mais d’une fierté d’admiration : qu’elle est belle notre foi, qu’il est beau notre Dieu. Notre beau et grand Dieu comme dit St Paul.

Soyons fiers pour nourrir en nous un vrai désir de dire ce Dieu auquel nous croyons, pour faire partager la joie de Le connaître et de L’aimer.

Soyons fiers et surtout restons dans l’étonnement, ne nous habituons jamais.

Mais j’ai aussi envie de dire laissons-nous bousculer par Dieu, bousculer par cette image que Dieu donne de Lui-même, cette image belle et bonne qu’Il révèle à nos cœurs étonnés.

Laissons-nous convertir parce que la conversion la plus urgente du Carême, c’est la guérison de nos fausses images de Dieu.

Et nous en avons un exemple qui est dénoncé dans l’Evangile de ce jour :

Croire qu’un massacre est une punition de Dieu!

Croire qu’une tour qui s’effondre en faisant 18 victimes est une punition de Dieu!

Vous savez cette fameuse expression : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour qu’il m’arrive ce malheur ».

Image du dieu vengeur qui nous attend au coin de la rue pour nous punir et toutes les autres fausses images que nous traînons tous comme un fardeau et qui nous empêchent de nous abandonner dans la confiance comme un enfant dans les bras de ses parents, quand ceux-ci sont des parents aimants.

« Retire tes sandales » dit Dieu à Moïse.

Ces sandales à retirer, ce peut être pour nous, ces fausses images pour que nous puissions enfin nous approcher de la chaleur et de la lumière de ce Feu de l’amour de Dieu qui ne détruit rien ni jamais mais qui veut nous faire vivre en plénitude.

La conversion la plus urgente, la plus profonde, c’est la guérison de ces fausses images, car le péché a blessé notre intelligence de Dieu, a introduit son venin de suspicion.

C’est pourquoi nous avons tant besoin de nous laisser bousculer par Dieu, qu’Il vienne Lui-même contester nos fausses images. Il l’a fait, Il le fait par Sa Parole et Son Visage :

Parole de la 1ère Alliance comme ce texte de l’Exode.

Mais surtout Sa Parole et Son Visage qui est Jésus.

Notre prière dans ce temps de Carême peut se faire prière de reconnaissance et de gratitude :

« Merci Trinité toute sainte pour ce don de ce Visage révélé en Jésus, vérité sur Dieu que nous étions incapables d’imaginer ni d’espérer mais Visage  donné pour qu’enfin nos cœurs puissent contempler, adorer, aimer.

Beauté de Dieu qui seule peut nous combler. »

 

 

 

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 23:54

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Evangile de Luc au chapitre 9 verset 28 à 36

 [28] Or il advint, environ huit jours après ces paroles, que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier.

[29] Et il advint, comme il priait, que l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d'une blancheur fulgurante.

[30] Et voici que deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Elie

[31] qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu'il allait accomplir à Jérusalem.

[32] Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. S'étant bien réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui.

[33] Et il advint, comme ceux-ci se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus : "Maître, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie" : il ne savait ce qu'il disait.

[34] Et pendant qu'il disait cela, survint une nuée qui les prenait sous son ombre et ils furent saisis de peur en entrant dans la nuée.

[35] Et une voix partit de la nuée, qui disait : "Celui-ci est mon Fils, l'Elu, écoutez-le."

[36] Et quand la voix eut retenti, Jésus se trouva seul. Pour eux, ils gardèrent le silence et ne rapportèrent rien à personne, en ces jours-là, de ce qu'ils avaient vu.

 

Le sens de cet Evangile est bien connu. Jésus vient d’annoncer à Ses disciples, Sa mort prochaine. Par la Transfiguration, il leur annonce Sa Résurrection. Il leur révèle aussi la gloire de Sa divinité.

Cet Evangile doit être lu avec tout son arrière-fond biblique.

Je vais seulement m’attarder sur trois points :

le sommeil des apôtres

la suggestion de Pierre concernant les trois tentes

la prière de Jésus

 

- Le premier concerne le sommeil des apôtres.

On nous dit : « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. »

Ce n’est pas de la fatigue, ni du sommeil de la nuit : c’est une expérience de Dieu.

Rappelez-vous la 1ère lecture de ce jour : «  un sommeil mystérieux s’empara d’Abraham ».

Le sommeil ici est expérience de l’homme que Dieu fait entrer dans Son mystère. Le sommeil qui est arrachement à soi-même, oubli de soi, abandon confiant. Sommeil, là où Dieu agit secrètement et où nous nous laissons faire par Dieu. C’est l’expérience de la nuit, ces nuits que nous connaissons tous, nuit de la foi, nuit où Dieu semble absent mais nuit où Dieu travaille en nous sans que nous en ayons conscience, nuit de purification pour habituer nos yeux à la lumière.

Passage par la nuit. Mais pour un réveil…comme les apôtres dont on nous dit que « se réveillant, ils virent  la gloire de Jésus »

 

- le deuxième concerne cette histoire de tentes, de la demande de Pierre d’en planter trois, le texte nous disant qu’il ne savait pas ce qu’il disait.

Cette tente, ce n’est pas une simple question de camping !

C’est la tente de la rencontre. Quand le peuple était dans le désert, il allait à la tente de la rencontre, lieu de la présence de Dieu.

Mais pourquoi donc Pierre ne sait-il pas ce qu’il dit ?

La réponse est dans la suite du texte. On nous dit :

La nuée les couvre de son ombre,( remarquez, c’est la même expression utilisée pour l’Annonciation.)

Une voix leur demande d’écouter Jésus, le Fils.

Ils ne voient plus que Jésus seul.

Il n’est pas question de planter trois tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente, c’est le Christ dans la vérité de Son Humanité et de Sa Divinité.

Jésus seul : unique chemin, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie.

Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection.

Premier  né d’une multitude de frères, celui qui ouvre le passage pour que, à Sa Suite nous entrions dans la vie éternelle.

Avec le récit des tentations, nous savons que Sa Victoire est notre victoire.

Avec la Transfiguration, nous savons que Sa Résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de Son Corps glorieux (Ph 3/20).

Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyens des cieux comme nous l’assure St Paul dans la deuxième lecture, Nous sommes déjà ressuscités.

 

Cet Evangile est d’une immense richesse, je termine seulement par un dernier point :

Nous sommes dans St Luc, et St Luc, c’est l’Evangile de la prière. Matthieu et Marc ont aussi un récit de la Transfiguration. Luc est le seul à dire :

« Il alla sur la montagne pour prier.

Et pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre »

La prière, pour nous à la suite du Christ est une rencontre transfigurante.

C’est le lieu par excellence de la foi, puisqu’elle n’a de sens qu’en Dieu ; elle est le lieu de notre identité profonde, là où on s’affirme fils, fille du Père.

Prière de l’oreille, puisqu’il s’agit d’écouter Jésus comme le Père nous le demande : « écoutez –le » Et j’entends cette demande de Dieu, non comme un ordre mais comme une supplication, une prière de Dieu : «Je vous en prie, écoutez-Le ! » écoutez-Le pour vivre vraiment et pas à moitié !

Prière du regard aussi, qui est souvent une prière sans parole comme le paroissien du Curé d’Ars : « Dieu m’avise et je l’avise », prière d’admiration, d’étonnement, de gratitude, prière de simple présence dans la sécheresse mais qui attend le jour de voir Dieu, prière du veilleur qui est sûr que se lèvera l’aurore où je connaîtrai comme je suis connu, où j’aimerai comme je suis aimé.

Le jour où la Résurrection de Jésus, deviendra la nôtre en plénitude.

 

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