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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 21:20

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 4 verset 1 à 13

[1] Jésus, rempli d'Esprit Saint, revint du Jourdain et il était mené par l'Esprit à travers le désert

[2] durant 40 jours, tenté par le diable. Il ne mangea rien en ces jours-là et, quand ils furent écoulés, il eut faim.

[3] Le diable lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu'elle devienne du pain."

[4] Et Jésus lui répondit : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme."

[5] L'emmenant plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l'univers

[6] et lui dit : "Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux.

[7] Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t'appartiendra tout entière."

[8] Et Jésus lui dit : "Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte."

[9] Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ;

[10] car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent.

[11] Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre."

[12] Mais Jésus lui répondit : "Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu."

[13] Ayant ainsi épuisé toute tentation, le diable s'éloigna de lui jusqu'au moment favorable.

 

1ère tentation

Jésus n’a rien à prouver, il est le Fils et le diable lui demande de le prouver.

Il part d’un doute : « si tu es… » La liberté de Jésus, c’est de croire la parole du Père.

La prison pour nous c’est souvent d’écouter d’autres voix, d’écouter la parole de soupçon.

Et de ce point de vue ce récit est l’anti-Genèse 3 : le récit symbolique d’Adam et Eve illustre bien cette écoute  du soupçon sur Dieu insinuée par le Démon qui semble dire que Dieu est jaloux et ne veut pas tout  donner et qu’il faut prendre de force.

Notre liberté c’est de croire, qu’à la suite de Jésus, co-héritiers avec Lui, Lui le Fils aîné, Dieu nous a tout donné puisque nous sommes Ses filles et Ses fils.

Ecouter la réponse de Jésus

Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme."

Jésus ne dit pas : je te dis que ce n’est pas…

Il dit : « il est écrit » En même temps, Il s’efface devant une parole qui n’est pas la sienne, une objectivité qui ne dépend que de Dieu, et en même temps, c’est éminemment Sa parole, la sienne, Lui qui est la Parole du Père.

Donner cette parole, c’est Sa mission et c’est équivalent : se donner. Jésus en renonçant à faire de ces pierres du pain pour Lui, va pouvoir un jour de Sa vie publique, faire de quelques pains, une multitude de pains ; faire d’un pain Son corps pour la multitude. Cette objectivité de la parole est aussi pour nous la source de notre liberté, cela ne dépend pas de nous, de nos bonnes ou mauvaises dispositions : la Parole nous fait vivre.

Ce qui dépend de nous, c’est d’y consentir, de nous laisser vivre par Elle.

Nous recevoir de Dieu qui prouve notre vie. Pauvreté qui est source de fécondité.

 

2ème tentation

Entendre le piège. 

  L'emmenant plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l'univers

 et lui dit : "Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux.

 Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t'appartiendra tout entière."

Nous sommes encore dans la même stratégie que dans Genèse 3 où le serpent fait désirer un fruit en montrant combien il est bon. La séduction par le voir pour désirer la puissance. La stratégie du démon, c’est le donnant-donnant : la puissance au prix de la chute et du rejet de Dieu. La stratégie du Père, c’est ce que Jésus dira en Jean : « Tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi » et qui est dit aussi de notre relation à Dieu à la fin de la parabole des deux fils : « tout ce qui est à moi est à toi » Luc 15/31

La stratégie du Père ce n’est pas le donnant-donnant mais le déjà donné de toute éternité.

Entendre la réponse de Jésus.

« Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte."»

Le christianisme n’est pas rejet de la puissance, mais usage de la puissance comme forces neuves pour transformer ce monde, puissance de guérison et de résurrection

La source de cette puissance, c’est l’adoration du Père qui libère de toute idolâtrie et libère nos forces pour servir ce monde.

 

3ème tentation

Entendre le 3ème piège à la liberté.

«  Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ;

 car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent.

Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre."

Il n’y a rien à prouver devant Dieu et rien à prouver devant les autres.

Le piège du diable est le refus de la liberté : s’imposer par l’évidence et non par le lent cheminement de la foi. Fais cela et on croira à toi, on sera forcé de croire en toi.

Il y a dans ce refus de cette tentation, un respect de nous-mêmes : on n’impose pas la foi. Elle est lent travail d’éveil du cœur. Il y aura ce même refus quand Jésus dira  qu’il pourrait avoir des légions d’anges pour empêcher Son arrestation, refus qui va Le briser, qui va faire de Lui cette pierre rejetée par les bâtisseurs. Mais c’est ce refus libre qui fera de Lui la pierre d’angle, pierre de fondation du vrai temple de Dieu.

Appel pour nous à vivre ce même respect, qui peut nous aider à être libres par rapport à la réussite ou aux échecs. Confiance, attente, patience. Etre méprisé plutôt que prisonnier de la quête des honneurs, du « à tout prix de la réussite ».

Entendre la réponse de Jésus « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu».

A nouveau une parole qui n’est pas la sienne et qui est éminemment la sienne.

L’homme est créé pour louer, respecter…et non manipuler, instrumentaliser, utiliser. Entrer dans une relation qui libère et qui n’aliène pas l’autre et moi-même. Ne pas vouloir avoir prise sur son origine mais sachant la source de ma vie qui est le Père, vivre ma vie en allant de l’avant, sûr d’une parole qui m’autorise à vivre ma vie, à l’inventer en pleine responsabilité. Cette liberté, Jésus la veut aussi pour nous.  La même liberté qui est La sienne.

 

 

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 20:07

tentations-copie-1.jpg

 

 

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 4 verset 1 à 13

[1] Jésus, rempli d'Esprit Saint, revint du Jourdain et il était mené par l'Esprit à travers le désert

[2] durant 40 jours, tenté par le diable. Il ne mangea rien en ces jours-là et, quand ils furent écoulés, il eut faim.

[3] Le diable lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu'elle devienne du pain."

[4] Et Jésus lui répondit : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme."

[5] L'emmenant plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l'univers

[6] et lui dit : "Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux.

[7] Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t'appartiendra tout entière."

[8] Et Jésus lui dit : "Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte."

[9] Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ;

[10] car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent.

[11] Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre."

[12] Mais Jésus lui répondit : "Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu."

[13] Ayant ainsi épuisé toute tentation, le diable s'éloigna de lui jusqu'au moment favorable.

L’Evangile  que nous venons d’entendre, on l’appelle habituellement le récit des Tentations de Jésus.

J’ai envie de l’appeler autrement : l’Evangile de la Victoire de Jésus.

Là où dans le désert, le peuple hébreu avait succombé, Jésus, lui, sort vainqueur.

Cela me semble intéressant de commencer notre Carême par la contemplation d’une victoire : Jésus victorieux.

Cela me semble intéressant parce que nous avons besoin de cette victoire, besoin de comprendre que Jésus a su vaincre le mal, que le mal s’est comme brisé sur Sa Personne.

Toute la vie du Christ est une victoire sur le mal, toute Sa vie est un non à la mort, au mensonge, à l’idolâtrie, à la haine, au péché.

Toute la vie du Christ est un oui à la vie, oui à Dieu, oui à la vérité, à la justice, à la bonté, au pardon.

Toute Sa vie est une victoire et la Croix, dans cette perspective, est la victoire absolue, puisqu’elle est victoire de l’amour et du pardon qui vont jusqu’au bout.

Cette victoire nous révèle quelque chose d’inouï : Dieu nous a donné son Fils pour que nos vies, notre humanité, notre Histoire trouvent en Lui, la source du salut.

Sauvées en Lui, définitivement, parce que Dieu est plus grand que notre mal, parce que Dieu est plus fort que notre péché.

En nous donnant son Fils, Dieu a introduit dans notre monde, pour tous les temps, pour aujourd’hui, pour hier et pour demain, la semence de Sa victoire.

Oui, nous avons besoin de regarder cette victoire, car dans nos vies qui sont toutes marquées d’une manière ou d’une autre par une souffrance, un échec, une faute, il nous est bon de regarder cette victoire du Christ, gage de cette victoire définitive qui nous est promise et semence qui travaille le monde à la manière d’un ferment.

Sa victoire qui est notre victoire.

 

C’est pourquoi, après la victoire, je vous invite à regarder où Jésus a remporté cette victoire.

Il l’a remportée dans un désert, c’est à dire qu’Il nous a rejoints dans le désert de nos vies, jusqu’à ce qu’il peut y avoir de désertique dans nos vies.

Il vient donner la vie, Sa vie par Sa présence, faire jaillir la source d’eau vive qu’est Son amour.

Pour que cet Evangile fasse son œuvre en nous, cela suppose de regarder Jésus :

Dieu fait homme, lumière du monde, chemin, vérité, venu pour nous donner une vie qui ressemble à La Sienne, nous partager Sa lumière.

Il est au désert de notre monde, de nos vies et Il l’habite de Sa présence.

Alors, puisqu’Il est venu pour habiter de Sa présence le désert de nos vies, cela veut dire cette chose capitale :

Il est là, avec nous, à côté de nous, d’une présence définitive. Il a fait tout le chemin pour nous rejoindre et nous rejoindre  jusque dans les recoins les plus désertiques de nos vies.

S’Il a fait tout le chemin, Il est là présent, alors que nous reste-t-il à faire ?

La seule chose à faire, c’est d’y croire et de me laisser aimer par Lui.

Ce temps du Carême, un temps privilégié pour croire que Dieu est là, compagnon de ma vie, l’ami par excellence qui ne me lâchera jamais la main.

Ce temps de Carême, un temps privilégié pour m’offrir à Son amour, me laisser aimer par Lui au cœur même des déserts de ma vie.

Chacun de nous a ses déserts…Ce sont nos pauvretés, nos fragilités, nos blessures, nos souffrances, nos choix tordus, nos cœurs étriqués…Et même notre péché !

Nous laisser aimer au cœur même de nos pauvretés, au cœur même de notre péché. Accepter Sa présence au cœur même de notre misère.

Ce n’est pas facile, car notre réaction spontanée c’est de croire que nous serons dignes de Dieu quand nous serons impeccables.

Non, Dieu nous veut tout de suite et Il nous prend dans Ses bras, avec notre boue, et nous embrasse tendrement.

Jésus vient dans nos déserts pour les habiter de Sa présence :

Une pauvreté habitée par Sa présence est toujours une pauvreté mais cela devient un lieu de rencontre avec l’Amour qui est Dieu, un lieu où je laisse Dieu m’aimer tel(le) que je suis, un lieu d’ouverture à la Grâce, une brèche où Dieu peut enfin laisser couler Sa vie.

Nous entrons dans cette 1ère semaine de Carême, une semaine devant nous pour :

Croire que Dieu est présent au cœur de nos déserts,

Le laisser m’aimer au cœur même de ce qui cloche dans ma vie.

Voilà notre lieu de conversion, une attitude qui va permettre à Dieu d’agir et de faire du neuf dans nos vies.

Pour cela, il nous donne trois  Paroles :

« l’homme vivra de la Parole de Dieu » :

*appel à écouter Dieu :

-  « tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c’est à Lui seul que tu rendras un culte » :

*appel à la préférence pour Dieu :

- « tu ne mettras pas à l’épreuve, le Seigneur ton Dieu » :

*appel à la confiance en Dieu.

 

Ces trois paroles sont le secret de la victoire du Christ pendant ces 40 jours au désert et durant toute Sa vie.

Ce sont les paroles de notre victoire et de notre bonheur.

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 00:02

 

 Voici un 3ème article de Cécile. Elle nous fait revenir à la nativité. Mais c'est pour mieux nous conduire l'estime de nous-même.


"Où est le roi des juifs qui vient de naître? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui."

Comment développer son estime de soi? C'est le titre d'une catéchèse pour enfants  parlant de la visite des mages.

Bien-sûr cette étoile me mène à Jésus et chacun a son chemin mais aussi cette étoile me  conduit vers moi-même, vers le meilleur de moi-même et c'est le même chemin. Il y a des milliers d'étoiles dans le ciel comme il y a des milliers d'hommes sur la terre mais il y  a une étoile unique qui me concerne et ma vie est un chemin pour allumer cette étoile qui éclairera ma vie et celle des autres.

L'étoile se lève, disparaît, s'arrête, me précède.. cette étoile est vivante et ce mot "précède" me fait  penser à Jésus ressuscité qui me précède en Galilée. Je ne suis donc pas seule dans ma recherche. Jésus est à mes côtés et me protège des dangers,  de tous les "Hérode" qui me freinent et m'empêchent de poursuivre mon chemin.

 "Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie"

Je peux d'autant mieux imaginer la grande tristesse qui était la leur quand ils ne voyaient plus l'étoile. C'est une expérience de mort et de résurrection.  Le chemin peut être long, tortueux, douloureux mais j'ai l'assurance que la joie suivra. La joie d'être pleinement moi-même, d'être pleinement l'étoile que je suis destinée à être. J'ai besoin des autres pour m'aider à reconnaître l'étoile qui m'est destinée parce que l'image est floue, embrouillée,   ils me guident sur le chemin, ils me précèdent à rendre hommage  à mon étoile, ils s'émerveillent de sa beauté.

"En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui."

Avec cette grande joie dans le coeur d'avoir trouvé mon étoile et  le terrain où mon étoile peut s' exprimer, il me reste encore un pas à faire, c'est  d'entrer dans la maison, dans la profondeur de mon être et de me mettre en prière. Non  je ne suis pas seule sur mon chemin, Dieu est à mes côtés,  petit et discret comme un enfant, ayant besoin que je prenne soin de lui, que je lui exprime ma reconnaissance.

"Ils ouvrirent leurs coffrets et offrirent des présents"

Avec cette joie et cette reconnaissance dans le coeur,  ayant appris à aimer la merveille que je suis, c'est tout naturellement que j'ouvre mon coeur et offre le meilleur de moi-même.

"Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin"

Oui je ne suis plus la même, je reviens à  ma vie quotidienne après cette expérience de prière. Mon regard sur moi-même et sur les autres a changé. Il est plein d'amour et de reconnaissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 21:42

0.08 0 0 0 498 439 csupload 27618537Duccio di Buoninsegna (1255-1319) Appel de Pierre et d'André

Dans l’Evangile de  Luc au chapitre  5 verset 1 à 11

 Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de Lui pour écouter la parole de Dieu.

 Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis Il s'assit et, de la barque, Il enseignait la foule. Quand Il eut fini de parler, Il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »

 Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »

Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.

 Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.

A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pêcheur. » L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

 Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils Le suivirent.

 

1ère piste :Regarder ce que fait Jésus

« Pressé par la foule »

Parce que c’est un homme qui n’a pas peur de se mêler aux gens. Il est en pleine pâte humaine. Immergé ; Comme le levain dans la pâte dont Il parle.

« Il se tient au bord du lac »

Se tenir, c’est être présent, être bien là, tenir sa place et être attentif.

« Il voit deux barques »

Jésus sait regarder, être attentif aux gens et aux choses.

« Il monte dans l’une des barques »

Il sait se servir de ce qui est utile, ce qui est à sa portée pour enseigner. Il sait demander, avoir besoin de l’aide des autres

« Il enseignait »

Il donne de lui-même dans cet enseignement. Il se donne.

 

2ème piste : Ecouter ce qu’Il dit

« Avance au large »

« Jetez les filets»

« Sois sans crainte»

« Ce sont des hommes que tu prendras »

Laissons ces paroles retentir en notre cœur

 

3ème piste : A travers ces actions et ces paroles, saisir les intentions de Son cœur.

Pourquoi agit-Il ainsi, parle-t-Il ainsi ?

Qu’est-ce qui L’anime ?

Quelles sont Ses options profondes, Ses convictions ?

Faire cela pour mieux Le connaître…et pour mieux L’aimer.

 

4ème piste : choisir un aspect particulier du texte.

Par exemple :

1-Étant donné la foule qui s’écrase autour de Lui, Jésus a besoin d’une barque pour pouvoir mieux enseigner. Jésus a besoin de Simon. Il a besoin de nous. Il a besoin de moi.

*Regardez ce que fait Jésus : Il demande de l’aide à Simon.

*Prendre conscience d’un style de comportement : aucune auto-suffisance, mais un désir de partenariat, de participation à Sa mission.

*Regardez Son humilité qui sait reconnaître le besoin qu’Il a des autres.

*Comment je réagis à cela ?

         2-Après un temps d’enseignement, Jésus demande une chose étonnante à Simon : avance au large et jetez les filets.

« Avance au large ». Cette demande du Christ est à entendre dans l’aujourd’hui de nos vies. C’est le Christ vivant, ressuscité qui aujourd’hui nous parle.

*Quel est ce « large » auquel Jésus nous invite ? Élargir l’espace de nos vies ? Elargir l’étroitesse de nos idées ? Ouvrir large notre cœur à son amour… ?

 

3-Il s’agit non seulement d’avancer au large mais « de jeter les filets ». On peut comprendre l’étonnement de Simon. C’est lui le professionnel de la pêche mais, malgré tout son savoir-faire, il n’a pris aucun poisson. Il n’y a aucune raison qu’ils en prennent maintenant. Pourtant il va le faire. Il va entendre cette demande.

*Sentir la confiance de Simon en la parole de Jésus.

*Pressentir l’intuition qu’il a que, de Jésus, ne peut venir qu’une abondance de vie.

*Regarder le résultat de la confiance : la grande quantité de poissons qui remplit deux barques entières.

*Pour moi, personnellement, quelles sont les raisons de ma confiance ?

 

4-Comme Pierre, nous nous savons pêcheurs, fragiles, dans le sens d’une résistance profonde à entrer dans la confiance, à convertir nos fausses images de Dieu. Mais l’inouï de tout l’Évangile, c’est d’être appelé au cœur même de ce péché, de cette résistance, de cette fragilité. Il a seulement besoin de disciples qui sont conscients de cela et qui font un chemin d’action de grâce envers Celui qui les rejoint là où ils sont, les appelle comme ils sont.

*Goûter simplement cette joie d’être appelé au cœur même de mes résistances.

*Laisser monter en moi l’action de grâce. C’est le secret de la sainteté.

 

5ème piste :

Dans tout cela, me demander : comment Jésus aime ?

Quelle est Sa manière particulière qu’Il a d’aimer dans ce texte ?

 

6ème piste :

Me laisser aimer par Lui de cette manière.

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 09:44

 

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 4 verset 21 à 30

[21] Alors il se mit à leur dire : "Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Ecriture."

[22] Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : "N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ?"

[23] Et il leur dit : "A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie."

[24] Et il dit : "En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie.

[25] "Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Elie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;

[26] et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Elie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.

[27] Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Elisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien."

[28] Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.

[29] Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter.

[30] Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin...

 

1ère piste : "N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ?"

Sentir la nuance de mépris qu’il y a dans la réflexion des gens de son village : il n’est que le fils de Joseph. C’est le choix de l’Incarnation. Dieu n’a pas pris chair dans les sphères des puissants, des opulents, des gens connus qui font la une de l’Histoire. (St Paul dira la même chose : « Ce qui dans le monde est sans naissance et que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi » 1ère lettre aux Corinthiens chapitre 1 verset 28.) Le choix du Christ montre l’infinie dignité de chaque homme, chaque femme, simplement du fait de son humanité. C’est pourquoi personne ne doit être écrasé. Cet infini respect inauguré par le Christ est libération du mépris.

Cela nous invite à inventer d’autres types de relation entre nous et dans nos sociétés. S’interroger là-dessus.

 

2ème piste :

Ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter.

La fin de son discours suscite la colère et la volonté de le tuer.

Se poser la question : pourquoi cela ? Son message universaliste qui met en valeur des gens étrangers est insupportable pour des esprits fermés, imbus de leur privilège religieux.

Mieux prendre conscience du caractère subversif des paroles de Jésus.

 

3ème piste :

Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin...

Aller son chemin, c’est ne pas se laisser détourner de ce qu’on croit juste, continuer malgré les oppositions.

Contempler la liberté de Jésus pour que cette liberté devienne la nôtre.

 

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 19:02

Comme je le disais dans la dernière newsletter, je vais essayer chaque vendredi de mettre soit des pistes de méditation, soit un commentaire, soit une homélie sur le dimanche suivant. Voici des pistes de méditation sur l’Evangile du 3ème dimanche ordinaire.

 

Dans l’Evangile de Luc

Chapitre 1 versets 1 à 4 et chapitre 4 versets 14 à 21.

[1] Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,

[2] d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole,

[3] j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé exactement de tout depuis les origines d'en écrire pour toi l'exposé suivi, excellent Théophile,

[4] pour que tu te rendes bien compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus.

[14] Jésus retourna en Galilée, avec la puissance de l'Esprit, et une rumeur se répandit par toute la région à son sujet.

[15] Il enseignait dans leurs synagogues, glorifié par tous.

[16] Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.

[17] On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit :

[18] L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,

[19] proclamer une année de grâce du Seigneur.

[20] Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.

[21] Alors il se mit à leur dire : "Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Ecriture."

 

1ère piste :

« Cher Théophile » 

Chacun de nous est Théophile, c’est à dire aimant Dieu et aimé de Dieu.

On peut aimer de façon différente selon les étapes de notre vie spirituelle.

On peut aimer en cherchant Dieu et d’une certaine manière nous sommes toujours en recherche, des chercheurs-euses de Dieu, en quête de Son visage, quête qui sera seulement comblée quand nous Le verrons face à face.

Mais plus profondément encore nous sommes des Théophiles parce que Dieu, Lui, nous a trouvé-es, Il a mis Son image en nous et Il a fait de notre vie Sa demeure.

Il habite notre cœur, Il est chez Lui chez nous.

Notre contemplation, ce peut être une plus grande attention à ce mystère de la Présence de Dieu en nous.

 

2ème piste :

Nous avons avec ce texte le projet de Jésus. Il veut que nos vies individuelles et nos sociétés soient restructurées selon les valeurs du cœur de Dieu. Que la volonté de Dieu se fasse sur terre comme elle se fait dans le ciel. Un projet qui demande notre collaboration. Il s’agit de chercher le royaume,  d’entrer dans un chemin de transformation des cœurs et des sociétés.

« Donner une Bonne Nouvelle aux pauvres…libérer les captifs…libérer ceux qui sont écrasés ».

Pourquoi est-ce une Bonne Nouvelle ? Quel est le contenu de cette nouvelle, de cette nouveauté ? De cette libération ? En quoi, c’est une contestation ?

 

3ème piste :

Pour bien entendre ce texte, on peut le rapprocher d’un autre en Luc 6 /22-23 : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boîteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; et heureux celui pour qui je ne serai pas occasion de chute »

Jésus montre quel changement est déjà à l’œuvre. Il nous appelle et nous associe à Son œuvre pour qu’il y ait dans notre monde, moins de mensonge et plus de vérité ( guérison d’aveugle) ; plus de liberté pour que chacun-e puisse marcher librement ( boîteux) ; un accès à la santé le plus large possible ( lépreux) ; entendre que Dieu nous aime ( sourds) ; travailler à ce que la vie soit plus forte que tout , combattre toute injustice qui écrase les gens (résurrection) .

Jésus a commencé ce règne. Il a besoin de nous pour le continuer (Celui qui croit en moi, fera lui aussi les œuvres que je fais, il en fera même de plus grandes parce que je vais au Père (Jn 14/12).

Pour cela, il faut d’abord se mettre dans la foule de celles et ceux qui ont besoin de guérison : ce qui est aveugle, boiteux, lépreux, sourd en soi. Et se laisser guérir par le Christ. Alors, nous pourrons transmettre la vie reçue de Lui, autour de nous.

 

 

 

 

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 12:31

Voici une super proposition pour le Carême de Notre Dame du Web, Centre spirituel ignatien sur Internet.

Guidés par Abraham, Moïse, Josué, Paul et les apôtres, prenez le chemin de la vie. 40 jours pour goûter,sentir, toucher, entendre et voir concrétement l’amour de Dieu.

Voici les pistes que vous trouverez chaque semaine :

Une introduction à la semaine

Un passage biblique avec des pistes pour guider votre prière

Une œuvre d’art à contempler

Une musique à découvrir ou redécouvrir : la passion selon Saint Matthieu de Bach

Des exercices pratiques pour ancrer votre démarche dans le quotidien

Un extrait d'une conférence sur la dimension diaconale de l'Eglise, par Etienne Grieu, sj

Deux propositions d’images pour habiller votre fond d’écran

Un livre d’Or pour y laisser vos perles, vos découvertes, ce qui vous a aidé dans la prière

Une boite aux lettres spéciale où les internautes peuvent écrire des questions plus personnelles ou techniques. Une permanence est assurée tous les jours.

_____________________________________

Pour vous inscrire:

Lien : http://www.ndweb.org/inscription-et-gestion-des-abonnements/

 

Tentez l’aventure d’une cyber-retraite !

Et en plus…c’est gratuit !

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 00:07

 

Voici un enseignement que j’ai donné lors d’une journée de méditation.

Nous en en avons une chaque année où, ensemble communauté et laïcs associés à la mission de notre centre spirituel, nous méditons la parole de Dieu et approfondissons notre foi.

Cette fois-là, nous avons voulu mieux éclairer quelques aspects de la spiritualité ignatienne telle que les Sœurs du Cénacle  la vivent. Car la spiritualité ignatienne que nous vivons est « colorée » fortement par le mystère du Cénacle et l’expérience d’une femme qui a nom Thérèse Couderc.

 

Cette spiritualité prend sa source dans le mystère de Dieu fait chair. C’est à dire embrassent à bras le corps la chair, le monde, le temps et de ce fait faisant de la chair, du monde, du temps, le lieu de Dieu, le lieu où nous pouvons Le trouver.

Il faut peser avec sérieux tout l’inouï de cela. Cela bouleverse toutes les perspectives spontanées de l’attitude religieuse qui se dit plutôt dans la fuite du monde.

Suivre le Christ ne va pas donc être le chemin inverse qu’Il a choisi mais son chemin à Lui : après Lui, avec Lui prendre à bras le corps notre humanité, ce monde, ce temps comme lieu pour L’aimer et faire Son œuvre à Sa manière, selon Son esprit.

Pour cela continuer une quête : la quête d’un visage, celui de Jésus qui est visage de Dieu. Depuis le jour de Noël, Dieu a un visage. Visage à contempler.

 

I : Spiritualité d’une Présence de bonté et de la reconnaissance.

Et que nous dit ce visage ?

Il nous dit une présence de bonté. « Dieu est bon, Il est plus que bon, Il est la Bonté. » ( Ste Thérèse Couderc)

Bonté de l’enfant de la crèche. Bonté de cet homme Jésus dont tous les actes, toutes  les paroles nous disent un Dieu pour nous, en notre faveur et jamais contre nous. Bonté de ce visage défiguré sur la Croix qui continue de nous aimer, de nous espérer, de croire en nous.

Présence de bonté qui a un visage pour nous révéler notre vrai visage. Bonté semée en nous par Dieu pour tous les humains de tous les temps et de tous les lieux.

Bonté communiquée par Dieu comme notre marque de fabrique, la Bible le dit plus joliment en parlant d’humain créé à l’image de Dieu. Bonté à reconnaître et à faire grandir comme le bon grain de la parabole.

Bonté à reconnaître et à faire grandir en soi et en chacun-e.

Bonté à reconnaître en tout ce qui est pour nous, avec nous, de notre côté comme la chaise sur laquelle nous sommes assis.

Ainsi le créé est signe d’une présence de bonté.

Spiritualité qui ne va donc pas s’éloigner du monde mais reconnaître en ce monde la source de la bonté des choses, des personnes. Cette source qui est Dieu, amour qui se communique, se livrant dans ce dont Il est la source.

On y reconnaît bien là la raison de cette première partie de la prière d’alliance qui est le merci.

Merci des signes de cette bonté dans ce que j’ai reçu des autres, des choses, merci de ce que j’ai pu donner aux autres. Spiritualité de la gratitude pour ce qui est donné à fleur de peau, dans le plus banal et le plus concret.

 

II : Spiritualité de l’histoire,  de la responsabilité et du choix.

L’entrée de Dieu dans notre histoire fait de chacune de nos vies des histoires saintes, donnant à nos gestes valeur de louange.  Agir, c’est faire circuler ce que nous tenons de Dieu. Pour cela, l’exigence est dans l’écoute de l’Esprit qui nous rend familier de  Dieu et passionné d’une inépuisable parole à écouter et à dire.

Cet esprit féconde la terre de notre cœur pour que nos vies donnent la vie et soient mobilisées, soient instrument vivant, actif, accordé au cœur de Dieu.

Dieu a besoin de nos vies pour se rendre visible dans l’aujourd’hui de notre histoire.

Il s’agit donc de collaborer au travail même de Dieu qui crée, libère, sanctifie dans un style de vie qui promeut la responsabilité et le choix.

Dieu appelle à un service créateur qui ne se satisfait pas de réponses préfabriquées, annulant les questions, mais qui cherche des chemins de vie. Je pense spécialement à la parabole des talents où le maître confie toute sa fortune en ne donnant aucune instruction, laissant tout à l’initiative amoureuse de ceux et celles à qui il confie tout.

Dieu ne résout pas à notre place mais il nous soutient pour assumer la responsabilité qui est la nôtre dans son œuvre de recréation. Recherche qui n’a pas peur du risque, et consentement aux lentes recherches humaines.

Déceler les besoins les plus profonds, les réalisations les plus ouvertes à l’avenir. Vivre le plein emploi des dons .Vérifier la pertinence des engagements, des intuitions, des analyses. Donc habiter le temps,  favoriser l’être-avec, la rencontre. Chercher le désirable et le possible aujourd’hui. Faire des choix selon le cœur de Dieu.

 

III : Spiritualité du corps et vie mariale.

Ainsi donc comme les  réalités de ce monde sont des matières nobles de l’œuvre de Dieu à poursuivre, creuset d’une transfiguration, le Monde est corps de Dieu, le Corps de l’humain et du monde sont infiniment précieux. Corps du monde qui est corps de Dieu. Et Marie a tissé ce corps.

Elle a offert notre terre à Dieu.

Marie est cénacle de la rencontre, chambre haute de l’Esprit. Lieu et milieu où s’opère toujours dans l’aujourd’hui le  don de l’Esprit, l’enfantement à la vie de Jésus-Christ. Marie nous invite donc à un service amoureux de la terre, à l’audace d’entrer dans le charnel. Etre comme elle et avec elle,  partenaire de Dieu. Elle nous stimule dans le courage des commencements, des incarnations minimes mais réelles portées par un souffle immense. Parce que Dieu naît toujours comme un germe enfoui dans notre monde.

Ce monde fait pour devenir Christ. Ce monde qui est déjà  pain  et vin a déjà été saisi par Lui.

Ce pain de nos vies déjà saisi par Lui pour en faire Son corps. « Ceci est mon corps »

Notre parole, notre agir, notre être pour offrir un corps au Christ.

Vivre joyeusement le don et la tache de laisser Son visage, Son corps devenir en nous.

Nous ne sommes que pour Lui. Il ne sera pas sans nous.

 

Sr Michèle Jeunet, rc

En s’inspirant librement du livre de :

Sr Ghislaine Côté, rc Le Cénacle. Fondements christologiques et spiritualité Editions Beauchesne Paris 1991 p399 à 411

 

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 21:45

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Dans l'Evangile de Luc chapitre 3 verset 15-16 et 21-22

 

[15] Comme le peuple était dans l'attente et que tous se demandaient en leur cœur, au sujet de Jean, s'il n'était pas le Christ,

[16] Jean prit la parole et leur dit à tous : "Pour moi, je vous baptise avec de l'eau, mais vient le plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu.

 [21] Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit,

[22] et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : "Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré."

 

Nous venons d'entendre ce récit. Mais cela ne suffit pas. Il mérite d'être écouté et contemplé pour qu'il fasse une œuvre de vie en nous, qu'il transforme quelque chose en nous.

 

Regardons Jésus

Il était au milieu de la foule. Il attendait son tour.

Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège.

Un homme au milieu d'autres.

Regarder Jésus qui est rentré dans l'eau jusqu'au cou, entièrement enseveli par l'eau. Quel est le sens de cet acte du Christ ?

Il n'avait aucun besoin de ce baptême de Jean qui était un rite de purification des péchés. Non. Cette plongée dans l'eau est à l'image de Son Incarnation.

Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous rejoindre.

Il n'a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l'eau, Il sanctifie toute la matière de nos vies. Il rend saint le plus quotidien de nos vies.

Laissons-nous étonner par ce que nous voyons : le Très-Haut qui se fait Très-Bas, l'humilité du Verbe qui s'est fait l'un de nous sans revendiquer aucun privilège. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu... » Ph2/6

 

Regardons Jésus qui prie.

Luc est le seul comme à son habitude à mentionner la prière de Jésus. Il nous met devant le mystère de la prière de Jésus.

Un mystère qui s'éclaire un peu si l'on comprend que prier n'est pas seulement demander. Prier, c'est écouter, contempler. Jésus écoute le Père et l'Esprit. Il écoute la vie trinitaire en Lui au coeur même de Son humanité.

Sa prière est donc sa présence à son être même.

A notre petite mesure il en va un peu de même pour nous.

Persévérons dans cette prière qui est descente dans notre coeur profond là où demeure la Trinité pour écouter et contempler Dieu présent à l'intime de nous.

 

Ecoutons ce qui nous est dit : « Alors le ciel s'ouvrit »

Les juifs ne prononcent pas le nom de Dieu. Ils le remplacent par d'autres mots comme celui-ci : le ciel

S'ouvre le ciel cela veut donc dire Dieu s'ouvre.

Dieu s'ouvre comme une porte qui s'ouvre et donne accès, permet d'entrer.

Il est de toujours à toujours ouverture puisqu'Il est amour mais ici l'ouverture est portée à son achèvement de révélation.

Révélation trinitaire du Père comme source de vie, de l'Esprit comme souffle de vie, du Fils comme parole de vie.

La porte est donc ouverte, c'est une invitation à entrer.

Resterons-nous à la porte ?

Ou alors, accepterons-nous cet accès à Dieu, offert, gratuit, sans conditions, pour tout homme, toute femme, chacun, chacune de nous ?

 

Entendre ce que Jésus entend.

«C'est toi mon fils. Moi aujourd'hui, Je t'ai engendré »

Il faut bien comprendre cette phrase. Dieu prononce cette phrase de toute éternité. Nous le rappelons dans le Credo de Nicée-Constantinople :  «  engendré, non pas créé ». Ce n'est pas un aujourd'hui temporel mais un aujourd'hui éternel, sans commencement ni fin. C'est l'identité du Christ qui se dit là.

Mais c'est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’aîné d'une multitude de frères et de sœurs.

Avec Lui, par Lui, nous avons mission d'être les célébrants de Son amour ; mission d'écouter Sa parole pour pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles et dire partout les merveilles de Dieu ; mission d’être au monde justice de Dieu et œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

 

Pour cela, pour faire cela, pour être cela, entrons dans le don qu'Il fait de Lui à chaque Eucharistie : Il S'est livré, entrons avec Lui dans Son offrande.

 

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 23:55

 

Suite de « bonnes pages » d’Adolphe Gesché

Dieu pour penser la destinée, p 156 à 159

 (Editions du Cerf 2004 ISBN 2-204-05285-X)

N'est-ce pas un luxe inexcusable que de se poser la question de Dieu, alors que tant d'urgences et de priorités concrètes nous requièrent dans ce monde ? Dans ce monde où il y a la faim, l'injustice, la violence, la guerre, la pauvreté ?Coupable distraction métaphysique que de s'arrêter au problème de Dieu alors que « la maison de l'homme brûle » ?

Il ne s'agit pas d'évasion, si nous nous rendons compte que dans ce mot « Dieu » se trouve ultimement symbolisée, rassemblée et déterminée toute une manière de comprendre l'homme et la société, le type d'homme et de société qu'on veut ou qu'on ne veut pas. À ce titre, être au clair avec l'idée de Dieu, c'est en fait porter son attention sur ce qui, fondamentalement, détermine une certaine image du salut de l'homme et de la société.

L'idée de Dieu, en effet, n'est jamais, que nous le voulions ou non, une idée totalement « innocente ». Toute image de Dieu commande et implique partiellement une certaine idée de la société et de l'homme. S'interroger sur Dieu n'est donc pas poser une question gratuite ; c'est, d'emblée, poser – et poser radicalement, dans sa racine – la question bien actuelle et urgente du rapport que nous souhaitons entre les hommes. Un rap­port entravé ou sauvé par l'idée de Dieu ?

La sociologie a éveillé notre attention sur ceci : que la façon dont nous nous représentons Dieu et son salut est, pour une part, forgée par les intérêts et les modèles sociaux qui sont les nôtres'. Au XVIIème siècle, la manière dont on conçoit Dieu est partiellement dépendante de celle dont on conçoit la société, fortement hiérarchisée et monarchiques ; au XIXème siècle, la manière dont souvent on conçoit Dieu, garant d'un ordre social, fondé sur la propriété (code Napoléon) et la production (révolution industrielle), est largement tributaire d'un modèle de société où ce qui compte c'est un certain type de rendement et de progrès -, où la pauvreté est signe de paresse, voire de stigmatisation divine'. On pourrait multiplier les exemples, qui tous montreraient que jamais – la chose est d'ailleurs inévitable – l'image de Dieu n'est parfaitement « objective », qu'elle est toujours culturellement chargée.

Plus important : l'image de Dieu qui a ainsi été en partie commandée par des modèles et des intérêts sociaux – « image instituée » – devient par une sorte de choc en retour « image instituante » : au nom de l'image de Dieu, reflet de nos structures sociales, nous allons nous mettre à légitimer un type de société et en condamner peut-être un autre qui veut naître, mais n'est pas conforme aux intérêts dominants. Au nom d'une théologie qui souligne en Dieu le Maître tout-puissant, le Père monarchique qui veut l'ordre et la soumission, on va, au XVIIe siècle, légitimer théologiquement un ordre social où le droit du roi, un droit « divin » précisément, est omnipuissant et omniprésent '; où, quand on est né pauvre, il faut voir là un signe de la volonté de Dieu à laquelle on ne peut guère toucher. Même type de réflexe au xixe siècle, où l'idée d'un Dieu qui, par la réussite dans la richesse et l'entreprise, montre de quel côté est le mérite, sert à écarter, comme attentatoires à la volonté de Dieu, plusieurs revendications légitimes et prêche trop souvent la résignation comme seule attitude religieuse ". La religion, alors oui,, a servi d'opium. Elle a été utilisée. Elle s'est écartée du salut.

On le voit donc, se pencher sur l'idée que nous nous faisons de Dieu n'est pas un « problème de luxe ». Si nous sommes préoccupés d'un salut qui a aussi ses dimensions concrètes et terrestres, nous voyons que, avec l'idée de Dieu, nous détenons une clé fondamentale de l'avenir de l'homme. Tant que l'idée de Dieu sera de telle ou telle sorte et n'aura pas été remise en question et modifiée s'il se doit, nous n'aurons pas été à la racine ultime d'une situation que nous voulons éventuellement changer. Le croyant est ici en première ligne, dans la mesure où il détient une clé qui peut ouvrir ou fermer. « Derrière toute politique, il y a une théologie », disait Proudhon ". Ce fut, plus concrètement et très dramatiquement, l'expérience d'un P. Tillich quittant l'Allemagne des années 30 : « Si Hitler était le produit de ce que nous croyions être la vraie philosophie et la seule théologie, il fallait qu'elles fussent toutes deux fausses. C'est par cette conclusion presque désespérée que nous avons quitté l'Allemagne ". » Bien des horreurs qui se passent sur cette terre ne sont pas seulement imputables aux hommes qui ont le pouvoir, mais aussi à ceux qui manient les idées. Mot atroce, mais combien vrai, de Jean Rostand : « X... n'a pas de sang sur les mains, il en a sur l'esprit". »

La question qui nous est ainsi posée est celle qui déjà l'était dans l'Ancien Testament : « À qui donc [ou : à quoi donc] avez-vous laissé ressembler Dieu ? » (Is 40, 18), quelle image en avez-vous instituée ? Est-ce celle qui répond à sa vérité et au salut de l'homme, ou celle que vous avez déformée au gré de vos intérêts ? En posant cette question, on ne fait pas outrage à Dieu. Au contraire, c'est parce qu'on veut respecter la vérité de Dieu et sa volonté sur le salut de l'homme, qu'on se montre sensible à ce que nous en faisons. Au reste, ce ne sont pas seulement les sciences humaines qui nous invitent ainsi à revisiter notre tendance à faire Dieu à notre image. Les Pères de l'Église le savaient déjà, qui demandaient que l'on corrigeât sans cesse l'image de Dieu abîmée en idoles par la pente même de notre esprit. Simplement, le développement des connaissances met à jour des sources de formation d'idoles insoupçonnées jusqu'ici. Notre devoir d'aujourd'hui consiste à rencontrer un problème éternel dans les termes où il se pose à nous.

 

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