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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 23:43

 

L’accès à Dieu par Jésus-Christ est pour tous, au-delà d’une confession explicite.

 

Cela englobe tous ceux et toutes celles qui ont vécu leur vie humaine avant le Christ, celles et ceux qui n’ont pas été rejoints ne serait-ce même par la connaissance de Son Existence, mais ceux aussi qui honnêtement ne peuvent pas croire.

Ils ont accès à Dieu par leur propre humanité.

On peut dire cela en allant jusqu’au bout de la logique de l’Incarnation et de la logique de la création.

Hommes et femmes images de Dieu sont tous et toutes des Adam créé-es à l’image de Celui qui est l’image par excellence,  Parole du Père, Logos de Dieu. Qui me voit et voit tout homme, toute femme, voit le Père. Bien sûr image voilée, souvent blessée et défigurée mais image qui reste gravée de manière indélébile.

L’Evangile de Matthieu en a fait la démonstration incontournable dans son chapitre 25/ 31-46  par la question suivante : « Quand nous est-il arrivé de Te voir affamé et de Te nourrir, assoiffé et de T’avoir désaltéré, étranger et de T’accueillir, nu et de Te vêtir, malade et prisonnier et de venir Te voir ? » Et sa réponse : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait.»

Ces versets sont souvent cités dans l’œuvre de Rahner. En effet, pour lui, du fait qu’il y a humanité, il y a événement d’une autocommunication. ( K.RAHNER, traité fondamental de la foi, 5ème étape )Dieu s’est Lui-même toujours et partout communiqué à tout humain comme le centre le plus intime de son existence, l’investissant de grâce et de responsabilité. Dieu toujours à l’œuvre là où l’humain existe comme humain (sujet, liberté, responsabilité). Dès toujours, ontologiquement orienté vers le Dieu d’absolue proximité. Même dans la faute, l’humain a conservé sa nature car la faute est dès toujours englobée et dépassée par la volonté de Dieu de Se communiquer Lui-même en vue de Jésus-Christ.

C’est l’inédit de Dieu en Jésus car il s’agit moins de penser comment nous avons accès à Dieu, mais plutôt comment Dieu a accès à nous. Nous sommes là  dans l’originalité du Christianisme.

Non religion de l’effort pour accéder à Dieu. Effort vain, voué à l’échec, source d’orgueil et d’intolérance, pour ceux qui se croient arrivés.

Mais plutôt, initiative de Dieu de nous rejoindre, déjà là dans l’acte créateur, accompli dans l’Incarnation qui Lui donne un visage humain à contempler.

On pourrait schématiser ainsi :

                                                              

Le chemin religieux :                     

L’humanité est en bas et doit pour avoir accès à Lui, monter vers Dieu, par son effort.

Et à mesure que l’on monte,de moins en moins de gens y parviennent. On en « perd en route »

 

Le chemin chrétien :              

C’est Dieu Trinité qui est en bas, en position de serviteur. (Qui M’a vu, a vu le Père=qui M’a vu laver les pieds de mes disciples). C’est Elle, la Trinité, qui fait tout le chemin et à mesure qu’Elle monte vers l’humanité, Elle les rejoint tous et toutes.

 

Le Dieu qui peut toucher les cœurs des hommes et des femmes d’aujourd’hui, n’est pas le Dieu en surplomb mais le Dieu «  en humble place » ( Exercices spirituels d’Ignace de Loyola n°144).

 

La condition, cependant, mais c’est un autre sujet, est que la figure offerte par l’Eglise en sa structure institutionnelle et en chacun-e de ses membres la rende visible dans l’aujourd’hui de l’histoire et ne la masque pas.


 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 22:33

Icone des femmes myrophores

 

Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 28 verset 1 à 10

 [1] Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre.

[2] Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit.

[3] Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige.

[4] A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts.

[5] Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.

[6] Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,

[7] et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit."

[8] Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

[9] Et voici que Jésus vint à leur rencontre : "Je vous salue", dit-il. Et elles de s'approcher et d'étreindre ses pieds en se prosternant devant lui.

[10] Alors Jésus leur dit : "Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront."

 

1ère piste : Regarder ces deux femmes unies dans la douleur.

Celui qu’elles aiment est mort. Celui qui savait aimer comme personne n’a jamais aimé, n’est plus. Celui en qui elles avaient mis tant d’espoir de libération est dans un tombeau.

Les rejoindre dans ce lieu là et aller avec elles à ce tombeau en osant parler à Dieu de ce qui dans ma vie est de l’ordre de la tristesse, du découragement…

 

2ème piste : Regarder l’ange qui roule la pierre et s’assoit dessus.

Le tombeau n’est plus fermé, il s’ouvre à la lumière du jour, signe déjà que de l’inouï peut survenir.

Dans ma vie, quels ont été ces signes avant-coureurs de changement de nuit en lumière ? Dans ma vie d’aujourd’hui, quels signes de lumière je peux remarquer pour m’en réjouir avec Dieu ?

 

3ème piste : Entendre le discours de l’ange.

Il nous dit de ne pas craindre. Il reconnaît en nous ce qui habite notre cœur, la recherche du Christ. Il annonce la vie plus forte que la mort. Il indique où trouver Jésus : en Galilée, là où Il nous précède.

Laisser retentir chacune de ces paroles, les laisser descendre en moi. Quelle est la Galilée où dans ma vie Jésus me précède et où Il m’attend pour Le rencontrer ?

En Galilée seulement ? Non, pas seulement, car dès maintenant aussi, dans l’obéissance à la mission reçue, ces femmes Le rencontrent. Aimer Jésus, c’est faire ce qu’Il dit.

Le découvrir en toutes mes activités faites pour Lui, selon Son esprit, en cohérence avec Son royaume.

 

4ème piste : Entendre Sa parole : « Je vous salue »

La même que celle adressée à Marie à l’Annonciation. Parole pour une autre naissance, celle de Dieu au plus profond de nous. Je vous salue est un mot intraduisible en français, il dit à la fois salut, joie et grâce.

En le disant à ces femmes, c’est à chacun-e de nous qu’Il le dit. Pour quelle naissance en nous ?

L’entendre me dire cela à moi aussi

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 10:53

46the_road_to_emmaus.jpgEmmaüs par le peintre He Qi

 

Evangile selon Luc, chapitre 24 verset 13 à 32

 [13] Et voici que, ce même jour, deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de 60 stades,

[14] et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé.

[15] Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux ;

[16] mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

[17] Il Leur dit : "Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ?" Et ils s'arrêtèrent, le visage sombre.

[18] Prenant la parole, l'un d'eux, nommé Cléophas, lui dit : "Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci" -

[19] "Quoi donc ?" Leur dit-il. Ils lui dirent : "Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s'est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,

[20] comment nos grands prêtres et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié.

[21] Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées !

[22] Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S'étant rendues de grand matin au tombeau

[23] et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu'elles ont même eu la vision d'anges qui le disent vivant.

[24] Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu !"

[25] Alors il leur dit : "O cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes

[26] Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ?"

[27] Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

[28] Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d'aller plus loin.

[29] Mais ils le pressèrent en disant : "Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme." Il entra donc pour rester avec eux.

[30] Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna.

[31] Leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent... mais il avait disparu de devant eux.

[32] Et ils se dirent l'un à l'autre : "Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Ecritures ?"

1ère piste : « Deux d’entre eux ».

Qui sont ces « deux » ?

On est sûr que l’un d’eux est un homme puisqu’on donne son nom : Cléopas. Mais l’autre ? Un autre homme, une femme ? Toutes les peintures ont représenté deux hommes. Mais rien, dans ce texte ne permet cela ! Ce pouvait être un couple. Ce que l’on sait, c’est qu’ils ne faisaient pas partie des apôtres. Ce sont des disciples.

Ce premier élément peut nous pousser à demander une grâce, celle de bien lire, d’apprendre à mieux réfléchir, pour ne pas figer sa pensée. Demander la grâce de libérer mon intelligence des pensées toutes faites.

 

2ème piste : « Faisant route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de 60 stades ».

Les regarder tournant le dos à Jérusalem. Pourquoi s’en aller de Jérusalem ? Parce que tout est fini. La belle aventure est terminée. Jésus est mort et tout est retombé dans la mort. Ils tournent le dos à ce lieu de la défaite. Comprenons qu’ils ont raison de le faire. Ils tournent ainsi le dos à la mort et se sont remis en route pour aller vers l’avenir, aller vers la vie.

Je peux me demander : dans ma vie, à quel moment j’ai pu faire de même, des décisions qui m’ont permis de ne plus m’enfermer dans la mort et de partir, de me ré-ouvrir à la vie ?

 

3ème piste : «Ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. »

Nous avons là l’importance de parler. Parler à l’autre, c’est aussi le moyen de ne pas s’enfermer. La société le comprend bien quand elle crée des groupes de paroles. La guérison passe par la parole qui fait sortir de soi, faisant sortir hors de soi, ce qui est mortifère.

Quels sont mes lieux de parole  où je peux partager, relire ma vie ?

Un-e vrai-e ami-e ? Un conjoint ? Un-e personne accompagnateur-trice spirituel-le ?

Si oui, faire mémoire de tout ce que cela m’apporte. Rendre grâce.

Si je n’en ai pas, me demander : est-ce un manque, un désir ? 

 

4ème piste : « Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux. »

Regarder Jésus qui prend l’initiative de la rencontre et qui rejoint ces deux personnes sur leur chemin. Bien avant de chercher Dieu, c’est Lui qui nous cherche. Bien avant d’aimer Dieu, c’est Lui qui nous aime et Il nous rejoint au cœur même de notre vie. Il est le compagnon de nos vies, Il marche à nos côtés nous rejoint sur la route de notre vie.

Considérer ce désir de Dieu de faire route avec moi.

M’ouvrir à la joie de ce compagnonnage.

 

5ème piste : «Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? » 

Jésus qui leur pose une question : «De quoi discutiez-vous en chemin ?»  Nous découvrons aussi quelque chose de Dieu. Il nous révèle un Dieu qui donne la parole, un Dieu qui écoute. Cette question de Jésus va les faire sortir de leur détresse. Grâce à Lui ils vont pouvoir dire leur espérance déçue, leur découragement, leur révolte aussi, libérer une parole. Ils sont écoutés par Jésus dans ce qui fait leur vie. Jésus est celui qui se  découvre à nous comme l’ami à qui on peut tout confier, le confident de nos vies.

Entendre cette première question que Jésus pose. L’entendre pour moi. Là, maintenant, qu’est-ce que j’ai envie de partager avec Lui ? Envie de Lui dire comment je vais. A mon tour, j’épanche mon cœur devant Lui, je lui dis ce qui habite mon cœur. Je sens combien Jésus m’ écoute, l’attention qu’Il porte à ma vie. ma vie L’intéresse. Je goûte la délicatesse de Son écoute.

 

6ème piste : « Quelques femmes qui sont des nôtres …sont revenues nous dire qu'elles ont  même eu la vision d'anges qui le disent vivant. »

Cela ne suffit pas que les autres nous disent leur foi, il nous faut faire une expérience personnelle de Dieu pour croire. Cette expérience prend des formes variées selon les personnes. Voir le Christ, c’est par exemple être touché par l’amour dont on a été bénéficiaire. Il est vivant dans tous les gestes auxquels je peux dire merci.

Quelle est la manière la plus courante pour moi de Le voir vivant dans ma vie ?

 

7ème piste : "Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme."

Reste avec nous disent ces deux personnes.

Comment résonne cette demande en nous ? N’est-ce pas la demande de notre cœur qui a senti que par cet homme Jésus, quelque chose de fort éclaire nos vies?

Si on me demande pourquoi j’aime Jésus, je dirai quoi ?

 

8ème piste : « Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. »

Leurs yeux s’ouvrirent et ils Le reconnurent. Ils Le reconnaissent grâce à ce geste du pain partagé, le geste fait la veille de Sa mort : «  Il prit le pain, le rompit…ceci est Mon corps » ; le geste où Il dit Sa vie donnée pour nous. On reconnaît le Christ dans tout acte d’amour. Où sont amour et charité, Dieu est présent, car Dieu est amour.

Faire mémoire des actes d’amour dont j’ai été bénéficiaire, dont j’ai été l’auteur, dont j’ai été témoin. Et dire merci pour cela.

 

9ème piste : « Reconnu à la fraction du pain ».

Cléopas et l’autre personne, (homme ou femme) ne sont pas du groupe des 12 apôtres. Ils sont disciples. S’ils Le reconnaissent à la fraction du pain, c’est donc qu’ils étaient présents au dernier repas où Jésus institue l’Eucharistie, ils ont donc entendu la parole de Jésus : « faites ceci en mémoire de moi. »

Qu’est-ce que cela ouvre en moi ?

 

 

 

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 22:59

accueil copie

(Peinture de Sr Marie-Boniface, bénédictine de Vanves)

 

Regarder le Christ serviteur

Regarder ce qu’il fait, ce qu’il dit, ce qu’il est.

Le regarder, s’imprégner de lui.

S’imprégner de sa manière d’aimer.

Pour nous laisser aimer par lui.

Pour aimer  sa manière.

 

1ère piste : Jésus ne commence pas par parler mais il agit.

Essayer de vous représenter chacun de ces gestes:

Il se lève de table

Il quitte son manteau

Il met un linge autour de sa taille

Il verse de l’eau dans un bassin

Il se met à genoux

Il lave des pieds

Il est le Maitre, il est Seigneur, Il est Dieu

Et il est à genoux, serviteur

Prendre conscience de l’inouï de ce geste

Cela bouleverse nos idées sur Dieu

Dieu n’est plus en haut, il est en bas, en humble place

 

2ème piste : Chacun-e de nous peut entrer dans cette scène, se mettre à table avec les disciples.

Imaginez que Jésus s’approche de vous.

Il se met à genoux devant vous.

Il vous lave les pieds.

Comment je réagis à cela, à ce Dieu à genoux devant moi

Refuser comme Pierre tout d’abord ?

Accepter ensuite ?

Si j’accepte que Jésus me lave les pieds, j’accepte que Dieu m’aime, que Dieu prenne soin de moi, j’accepte de me laisser aimer par lui

Mais cela m’engage au même geste pour les autres.

 

3ème piste : Entendre la parole : je vous ai donné un exemple pour que vous agissiez comme j’ai agi pour vous.

Je peux faire mémoire de mes engagements au service de mes frères et sœurs, envers celles et ceux que je sers.

Et pouvoir dire : pour telle personne, de telle manière, par tel engagement humanitaire, social, politique, Seigneur, j’agis comme tu as agi.

 

4ème piste : Entendre la raison du geste du Christ tel qu’il est dit au début de ce texte :

Sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.

Jésus donne sa vie jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême de la croix. Il en donne le sens par ce geste du lavement des pieds.

Entendre son appel à le suivre : aimer jusqu’au bout.

 

 

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 23:32

zachee.jpg

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 19 verset 1 à 10

 [1] Entré dans Jéricho, il traversait la ville.

[2] Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c'était un chef de publicains, et qui était riche.

[3] Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille.

[4] Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là.

[5] Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi."

[6] Et vite il descendit et le reçut avec joie.

[7] Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : "Il est allé loger chez un homme pécheur !"

[8] Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : "Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple."

[9] Et Jésus lui dit : "Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham.

[10] Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu."

1ère piste :

Regardez Zachée. Que sait-on de lui ?

Son compte en banque et la mauvaise réputation qu’il a, car, comme publicain, collecteur d’impôts, les gens le soupçonnent de détourner de l’argent à son profit et d’être sympathisant à l’occupant romain.

Son estime de lui ne devait pas être facile : à ses propres yeux et à ceux des autres.

De plus son physique ne l’arrange pas : il est petit de taille.

Prenez du temps donc pour le regarder ainsi.

2ème piste :

Ensuite regardez Jésus ou plutôt, regardez Jésus qui regarde cet homme.

Dans cette foule, Zachée est le seul à être regardé et à qui Il parle. On peut se demander pourquoi.

Parce que Jésus est venu sauver ce qui est méprisé, exclu, blessé, mésestimé…

Donc, Il est venu pour chacun-e de nous, pour moi dans la mesure où personne n’est indemne de d’un mépris, d’une exclusion, d’une blessure, d’une mésestime…

Alors, devenons un Zachée, montons dans notre arbre et voyons la scène de son point de vue.

3ème piste :

Regardez Jésus qui lève les yeux vers moi. Comment me regarde-t-Il ?

Il me regarde avec amour, avec tendresse.

L’entendre prononcer mon prénom.

Entendre le seul désir qu’Il a au cœur : me rencontrer tel-le que je suis, comme je suis.

Dans ce prénom qu’Il prononce, sentir l’estime qu’Il a pour moi, la valeur  que j’ai à Ses yeux.

Goûter Son regard accueillant, bienveillant, désirant.

4ème piste :

Puis entendre la parole suivante : aujourd’hui, il me faut demeure chez toi.

Laissez retentir en moi ce « aujourd’hui ».

Ni hier, ni demain mais un aujourd’hui sans fin.

Entendre cet appel de Jésus à vivre l’aujourd’hui.

Entendre toute l’étendue de cet appel : « Aujourd’hui, vis pleinement ta vie, bois cette vie. »

5ème piste :

Regarder Zachée, toujours dans son arbre, qui prend une décision : il choisit de descendre et de répondre à cet appel. Il s’était caché dans son arbre pour voir sans être vu. La parole de Jésus lui donne la force de descendre, de s’affirmer, d’être vu sans complexe.

Descendre de l’arbre, Qu’est-ce que cela signifie pour moi, personnellement ?

Quelle décision de lâcher-prise ?

6ème piste :

Les regarder maintenant côte à côte, ni en-dessous, ni au-dessus mais à égalité, l’un avec l’autre.

Zachée est chez lui avec Jésus. Zachée peut vraiment « habiter » son existence.

Pour finir, étant devant Jésus, qu’ai-je envie de Lui dire ?

 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 23:42

14-crucifixion

(oeuvre du peintre chinois He QE)

 

Jésus-Christ donne accès à Dieu au fil d’une histoire qui rejoint nos vies jusqu’au bout.

Ce jusqu’au bout est celui de la mort. Il est passé par la mort comme chacun de nous.

Il est donc  accès à Dieu passible et non impassible.

La proximité va jusqu’au bout de la relation, jusqu’à l’extrême de nos vies qu’est la mort. Rien de ce qui fait nos vies, la naissance et la mort, ne lui sont étrangers. Dieu d’infinie proximité. Dieu avec nous.

De plus la mort est violente et injuste.

Elle dénonce toute injustice.

Le Dieu crucifié est jugement contre toute injustice.

Dieu victime de l‘injustice, est dénonciation de toute injustice.

Par la Croix qui est le jusqu’au bout de la proximité, Dieu souffre.

S’il n’était pas ce Dieu-là Dieu resterait  distant, froid, silencieux.»

Pour Moltmann, il y a obligation  de découvrir Dieu Lui-même dans la Passion du Christ et la Passion du Christ en Dieu.

Penser la passivité active qui est libre ouverture à l’affliction d’autrui, souffrance de l’amour passionné parce que « si Dieu était à tout point  de vue incapable de souffrir, Il serait aussi incapable d’aimer…

Dieu ne souffre pas comme la créature par manque d’être. En ce sens Il est impassible.

Il souffre cependant par Son Amour qui est la surabondance de Son Etre. En ce sens Il est passible. »

Jésus par Sa Vie et Sa Mort donne accès à ce Dieu-là. Cela permet de mettre en question la doctrine de la toute puissance de Dieu. Doctrine non crédible pour l’homme d’aujourd’hui.

La toute puissance que Dieu possède et manifeste dans le Christ, est la toute puissance de l’amour souffrant.

 

 Le Dieu crucifié p 38 et 39

C.E. ROLT, The World’s Redemption, London 1913, p 95, cité par J.Moltmann, Trinité et royaume de Dieu, p 48

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 22:49

Quelle recherche de Dieu, à partir des Evangiles revisités, peut à nouveau intéresser l’homme d’aujourd’hui et lui ouvrir des chemins de salut ?

 

Au début de son livre, L’homme qui venait de Dieu, (1), Joseph Moingt nous livre un début de réponse quand il s’interroge sur ce qui a pu étonner les contemporains de Jésus

 

Cet étonnement vient de l’originalité de l’accès à Dieu inauguré par le Christ, un accès qui est bonne nouvelle de salut pour nous encore aujourd’hui.

 

En suivant le texte de Joseph Moingt, voici ce qu’il me semble possible de repérer :

 

Jésus, ça se raconte.  

La bonne nouvelle de l’Evangile se présente sous forme de récit.

L’accès à Dieu par Jésus-Christ n’est pas un discours, mais une vie racontée. Vie racontée selon des intentions théologiques, des schémas de récit, mais qui reste en style narratif.

Vie racontée et interprétée de manière différente selon les époques. Aujourd’hui elle doit l’être sur fond d’une situation de modernité, d’un monde d’indifférence à la question de Dieu.

L’accès à Dieu, par ce récit évangélique, peut dire quelque chose de pertinent pour nous aujourd’hui, d’abord parce qu’il est récit.

Pourquoi ? Parce que le récit d’une vie (même théologisé et normé comme le sont les Evangiles) rejoint nos vies. Il y est question de naissances, d’actions, de paroles, de relations, de conflits, d’amitié, de souffrances, de repas, de mort, d’amour, de vie, d’espoir … et de ce fait rejoint les questions fondamentales de la vie humaine.

L’accès à Dieu par Jésus se dit au cœur d’une vie humaine. Il  peut donc  rejoindre nos questions.

Rejoindre ces questions, mais pour quoi faire?

 

 

Jésus, c’est des actes de libération.

Jésus rejoint nos vies pour le libérer. Pour les libérer de ce qui les empêche d’être humanisées et humanisantes.

Les miracles de Jésus le montrent bien quand ils décrivent des situations symboliques du  côté nocturne de notre vie : ce qui est lié au mal, à la souffrance, à la mort et met Jésus en contact avec des gens confrontés au tragique de l’existence : mort, maladie, pauvreté, injustice du sort, tout ce qui engendre des exclus. C’est Sa Parole « par l’intensité de la relation qu’Il nouait avec tous ces exclus  qui leur donnait la force de briser les chaînes de leur destin qui entravait leur liberté. » (2)

Ce récit rejoint nos vies pour les transformer, pour les libérer de ce qui les entrave. Le fait de donner des textes de guérisons pendant des retraites spirituelles, me montre bien la force de transformation dont ces textes aujourd’hui sont porteurs : guérison spirituelle de surdité, de mutisme, de paralysie…Nous sommes ici au cœur d’une expérience de salut.

Ce symbolisme nous est accessible car on peut pressentir que notre destin y est représenté : « La parole de Jésus est porteuse pour nous aussi d’un message et d’une force de libération » (3)

 

Jésus, c’est une parole libératrice.

Il y a dans son enseignement une Clarté libératrice.

« Il rendait possible à tous les humains un avenir différent, ouvert à une communication libre et fraternelle entre tous, parce qu’Il défendait la cause des opprimés, se faisait le partenaire de ceux qui n’avaient pas d’interlocuteur et rendait la parole à ceux qui en étaient dépossédés » (4)

Son enseignement peut être synthétisé par le mot de Royaume. Sa manière d’en parler donne à voir ce que Dieu veut. Quand un scribe lui déclare qu’aimer Dieu et le prochain vaut mieux que tous les sacrifices et les holocaustes, Jésus lui répond qu’il n’est pas loin du Royaume Mc12/34. Un royaume qui n’est refusé à personne.

L’Evangile de Marc commence par cette déclaration de proximité : « le royaume de Dieu est tout proche » Mc 1/15. Proximité du Royaume non pas temporelle mais dans  « l’horizon de l’existence de chaque jour »(5) Non pas refoulée dans le futur mais déjà là en toute occasion. Royaume déjà à l’œuvre dans l’histoire et dans les cœurs comme une semence.

Les images employées dans les paraboles prouvent cette proximité dont personne n’est exclu. Des images de la vie quotidienne comme la lampe, la mesure de farine, la pièce d’argent, la brebis, la semence. Un royaume fait d’événements courants et non pas enfermé dans un hors-monde ou dans un espace pensé comme sacré, séparé du profane. Par ce royaume donné comme proche, c’est la compréhension même de l’accès à Dieu qui est présentée. Un Dieu qui se trouve et se laisse trouver dans la vie humaine la plus simple quand elle est porteuse de vie, de croissance.

Qui a entendu ces paroles de Jésus a entendu Dieu, qui a vu celui qui les disait et qui les vivait a vu Dieu car Son « Message est inséparable de Sa Personne »(6)

 

Jésus, c’est la visibilité de Dieu

Qui est-Il ?

Lui-même posera la question : « Pour vous qui suis-je ? » La question de Dieu est donc à poser, en régime chrétien, au cœur de la vie humaine de Jésus.

La vie humaine de Jésus est accès auprès de Dieu.

Jésus dit Dieu par Sa Vie humaine. « Qui M’a vu a vu le Père ». C’est Sa Vie qui nous dit Dieu et nous donne accès à Lui, dans une connaissance qui ne peut qu’être expérience d’un « suivre ».

Il nous dit Dieu par l’originalité de Sa propre expérience de relation avec celui qu’Il appelle Père, par la manière singulière, marginale, de se situer face à Dieu dans un lien de réciprocité qui a questionné et peut continuer à questionner.

« Qui donc est Dieu pour Lui et qui est-Il en vérité pour tous les humains si Dieu trouve en Lui Sa vraie manifestation ? » (7)

Il nous dit Dieu et nous ouvre un chemin d’accès à Lui. Il parle et fait expérimenter par Son attitude même un Dieu miséricordieux. Il donne à voir un Dieu non de vengeance mais de  pardon, qui aime qu’on Lui fasse confiance, Pardonner, donner, accueillir les petits. Voici les constantes de l’image de Dieu qu’Il donne à voir.

 

Ce qui est donné à voir est une vraie révolution religieuse : c’est un Dieu qui sort des catégories du religieux

 

Joseph Moingt, l’homme qui venait de Dieu, Cerf, 2002

Idem p 47

P 48

P 47

P 60

P 58

P 57

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 13:02

femme adultère par He-Qi

 Dans l'evangile de Jean au chapitre 8 verset 1 à 11

(Reproduction d'une oeuvre du peintre chinois He QI)

 

[1] Quant à Jésus, il alla au mont des Oliviers.

[2] Mais, dès l'aurore, de nouveau il fut là dans le Temple, et tout le peuple venait à lui, et s'étant assis il les enseignait.

[3] Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu,

[4] ils disent à Jésus : "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.

[5] Or dans la Loi Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?"

[6] Ils disaient cela pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol.

[7] Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !"

[8] Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol.

[9] Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu.

[10] Alors, se redressant, Jésus lui dit : "Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?"

[11] Elle dit : "Personne, Seigneur." Alors Jésus dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus."

 

Que s’est- il passé pour cette femme ?

Elle aurait dû mourir, elle est vivante.

Elle aurait dû être condamnée, elle est graciée.

Elle était prisonnière, elle est libre.

Au lieu de la condamnation et de la mort, elle a reçu la grâce, la liberté et la vie.

De  fait Jésus l’a sauvée de la mort.

 

Se faisant, il pose un acte fort d’opposition à une loi religieuse qui est encore en vigueur, malheureusement,  aujourd’hui dans certains pays.

Un acte fort de refus de l’injustice faite aux femmes qui sont souvent les seules victimes de cette barbarie.

 

Alors, on peut imaginer le soulagement de cette femme, elle a vu la mort de près.

Après l’angoisse, elle se retrouve vivante, libre et pardonnée.

Elle est sauvée mais encore plus, elle sait qui l’a sauvée !

Ce qu’elle a vécu a dû enraciner en elle, un amour immense, une reconnaissance infinie pour Celui qui l’avait sauvée de la mort.

 

La question que j’ai envie de poser, à vous, à moi :

Sommes-nous dans les mêmes sentiments que cette femme ?

Eperdus de gratitude ?

 

Pour cela, il nous ressentir très fort que nous aussi nous sommes des sauvés.

Pourquoi ?

Parce que Dieu continue toujours de croire en nous.

C’est Dieu Lui-même qui continue de nous espérer.

C’est Dieu Lui-même qui ne cesse pas de nous aimer.

 

En interprétant ainsi cet Evangile, à ce second niveau de lecture, on a, me semble-t-il, une bonne clé de compréhension.

Nous sommes souvent trop moralisants dans notre compréhension des Ecritures.

La pointe de cet Evangile n’est pas de dire que l’adultère est une faute et que Jésus a pardonné à celle qui l’avait commise.

Cet adultère conjugal est symbolique d’un autre, celui du cœur, et de celui là, tous et toutes, nous en sommes malades, car cet adultère, c’est le manque à aimer.

 

Ce faisant, on comprend bien le témoignage des saints

Un saint, c’est celui qui a laissé l’amour de Dieu envahir sa vie et qui, à cette lumière, découvre la médiocrité de sa réponse.

Ils se découvrent comme une vitre qu’illumine le soleil et ce faisant, en révèle également toute la poussière.

Pour le saint, la moindre infidélité est un adultère car c’est un manquement à l’amour infini de Dieu.

Il mesure l’écart qui sépare son amour de l’amour de Dieu mais  ne s’en décourage pas car il sait que Dieu, Lui, ne se décourage pas.

 

Le silence de Jésus permet à chacun-e de s’interroger.

La parole de Jésus  renvoie chacun-e à lui-même.

On comprend mieux alors que tous s’en vont l’un après l’autre.

Jésus leur a permis de comprendre qu’eux aussi étaient adultères de leur Dieu.

 

C’est la grâce que nous pouvons nous souhaiter mutuellement pour que nous puissions découvrir que nous sommes tous sauvés par Sa seule grâce.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 23:57

En ce temps où l’Eglise catholique romaine est en attente de l’élection du pape, voici un texte du Frère Jean-Michel, prieur de la Communion Béthanie.

 

J'aime l'Eglise

J'aime l'Eglise. L'Eglise qui "vit l'Evangile à la manière de Marie de Nazareth"!

J'aime l'Eglise qui suit Marie dans la montagne et part avec elle à la rencontre de la vie. Elle rend visite aux femmes et aux hommes de ce temps et, au-delà des stérilités apparentes, elle est à l'affût de ce qui naît, de ce qui est possible, de la vie qui palpite en eux.

J'aime l'Eglise qui se réjouit et chante. Au lieu de se lamenter sur son sort et sur les malheurs de notre monde, elle s'émerveille de ce qui est beau sur la terre et dans le cœur de l'humanité. Et elle y voit l'œuvre de notre Dieu.

J'aime l'Eglise qui se sait l'objet d'un amour gratuit. J'aime l'Eglise qui contemple notre Dieu aux entrailles de mère. Elle l'a vu, Dieu, sur le pas de la porte, guetter l'improbable retour du fils; elle l'a vu se jeter à son cou, passer à son doigt l'anneau de fête et organiser lui-même la fête des retrouvailles...

Quand elle feuillette "l'album de famille", elle voit Zachée sur son sycomore, Matthieu et les publicains, une femme adultère, une Samaritaine, des étrangers, des lépreux, des mendiants, un prisonnier de droit commun, sur son poteau d'exécution. Alors, vous comprenez l'Eglise que j'aime, ne désespère de personne. Elle "n'éteint pas la mèche qui fume encore". Quand elle trouve quelqu'un sur le bord de la route, blessé par la vie, elle est saisie de compassion. Et avec une infinie délicatesse, une infinie douceur, elle soigne ses plaies. Elle est le port assuré et toujours ouvert.

J'aime l'Eglise qui ne connaît pas les réponses avant que les questions ne soient posées. Son chemin n'est pas tracé d'avance. Elle connaît les doutes et les inquiétudes, la nuit, la solitude. C'est le prix de la confiance. Elle participe à la conversation (l'Eglise de la conversation, cf. Pape Paul VI) et ne prétend pas tout savoir. Elle accepte de chercher.

J'aime l'Eglise qui habite à Nazareth, dans le silence et la simplicité. J'aime l'Eglise qui n'habite pas dans un château. Sa maison ressemble à toutes les autres. Elle sort de chez elle pour parler avec les autres habitants du village. Elle pleure et se réjouit avec eux. Mais jamais elle ne leur fait la leçon. Elle écoute surtout. Elle fait son marché, elle va chercher l'eau au puits, elle est invitée quand il y a un mariage. C'est là qu'elle rencontre les gens, "les petites gens!"

Beaucoup aiment s'asseoir un moment dans sa maison, on y respire une paix...

J'aime l'Eglise qui se tient au pied de la Croix de Jésus le Christ. J'aime l'Eglise qui ne se réfugie pas dans une forteresse, dans une chapelle ou dans un silence prudent quand des femmes, des hommes sont écrasés. Avec un humble courage, elle se tient aux côtés des plus petits, des plus fragiles.

J'aime l'Eglise qui laisse entrer le Souffle de Pentecôte, le vent qui pousse dehors et qui délie les langues. Et sur la place elle prend la parole. Pas pour asséner une doctrine, pour grossir ses rangs. Elle dit que la promesse est tenue, que le combat est gagné. Voici le grand secret qu'elle ne peut que murmurer : l'Amour est plus fort que la mort.

J'aime l'Eglise qui, tous les soirs, chante le Magnificat. Elle sait où sa joie demeure. Et voici :

Notre Dieu n'a pas trouvé inhabitable notre monde; il n'a pas trouvé inhabitable les plaies, la méchanceté, la haine, la violence de notre monde. C'est là qu'il nous a rejoints. Et là, sur la Croix, nous avons vu la "miséricorde", le cœur ouvert de notre Dieu.

J'aime l'Eglise : entrailles frémissantes.

Aujourd'hui, Jean-Michel, veux-tu être serviteur dans cette Eglise Servante?

Et Toi...?

Dimanche 17 février 2013, premier dimanche de Carême.

frère Jean-Michel+

prieur de la Communion Béthanie

La Communion Béthanie est une fraternité de prière dont la démarche contemplative vise à redire à chacun l’amour inconditionnel de Dieu pour tout être humain, en particulier auprès des personnes homosensibles, transgenres et de leurs proches.

Le service premier est la prière qui vient nourrir ensuite les temps d’accueil, de rencontres, et de réflexions théologiques.

La Communion Béthanie souhaite être un ‘signe’ d’unité dans l’Eglise, que celle-ci soit institutionnelle ou plus universelle au cœur de toute personne qui se place sous le regard de Dieu.

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 22:34

 

56.Fils.Prodigue

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 15 verset 11 à 32

11] Il dit encore : "Un homme avait deux fils.

[12] Le plus jeune dit à son père : Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. Et le père leur partagea son bien.

[13] Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l'inconduite.

[14] "Quand il eut tout dépensé, une famine sévère survint en cette contrée et il commença à sentir la privation.

[15] Il alla se mettre au service d'un des habitants de cette contrée, qui l'envoya dans ses champs garder les cochons.

[16] Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, et personne ne lui en donnait.

[17] Rentrant alors en lui-même, il se dit : Combien de mercenaires de mon père ont du pain en surabondance, et moi je suis ici à périr de faim !

[18] Je veux partir, aller vers mon père et lui dire : Père, j'ai péché contre le Ciel et envers toi ;

[19] je ne mérite plus d'être appelé ton fils, traite-moi comme l'un de tes mercenaires.

[20] Il partit donc et s'en alla vers son père. "Tandis qu'il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement.

[21] Le fils alors lui dit : Père, j'ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d'être appelé ton fils.

[22] Mais le père dit à ses serviteurs : Vite, apportez la plus belle robe et l'en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds.

[23] Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,

[24] car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! Et ils se mirent à festoyer.

[25] "Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il fut près de la maison, il entendit de la musique et des danses.

[26] Appelant un des serviteurs, il s'enquérait de ce que cela pouvait bien être.

[27] Celui-ci lui dit : C'est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu'il l'a recouvré en bonne santé.

[28] Il se mit alors en colère, et il refusait d'entrer. Son père sortit l'en prier.

[29] Mais il répondit à son père : Voilà tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau, à moi, pour festoyer avec mes amis ;

[30] et puis ton fils que voici revient-il, après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu fais tuer pour lui le veau gras !

[31] "Mais le père lui dit : Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.

[32] Mais il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !"

 

Cette parabole, c’est notre histoire.

La rencontre de la misère avec la miséricorde.

Notre misère et la miséricorde de Dieu.

La misère de ces deux hommes, la miséricorde de Dieu.

Leur misère, c’est de se tromper sur Dieu et sur eux-mêmes.

-Le fils aîné se considère comme un serviteur :

« Il y a tant d’années que je suis à ton service » dit-il.

Il se considère comme serviteur, et son Dieu est seulement un employeur.

-Le fils cadet se considère comme un consommateur et son Dieu est une tirelire, un héritage ou un coffre-fort.

Ils sont tous les deux dans le registre de l’avoir :

Le cadet dira : « donne-moi la part d’héritage qui me revient ».

L’ainé : « jamais tu ne m’as donné un chevreau ».

En fait ils ne savent pas qui ils sont en vérité et ils ne savent pas qui est leur Dieu.

Ces deux choses sont intimement liées :

Si on se vit en serviteur, on prend Dieu pour un maître et on va vivre dans le ressentiment de ce Dieu qui n’est même pas fichu de nous donner un petit chevreau.

Si on se vit en consommateur, on prend Dieu pour un distributeur et on va vivre en dilapidant sa vie.

Tout le chemin de conversion de ces deux hommes qui nous ressemblent, c’est d’enfin découvrir qui ils sont et qui est Dieu :

Qui est Dieu :

Il est le Dieu qui fait bon accueil au pécheur.

Dieu qui s’use les yeux à attendre le retour de son fils et qui ne désespère jamais de lui.

Dieu qui court, qui embrasse, qui fait la fête.

Dieu qui se réjouit.

Un père plus père que Dieu, il n’y en a pas.

Qui ils sont :

Des fils de Dieu, pas moins que cela.

En Jésus qui est le Fils par excellence, par Lui et à Sa suite, nous sommes fils ou fille de Dieu, c’est cela notre identité profonde.

 

-Etre fille, fils, ça veut dire savoir mon origine : je viens de Dieu, ma source est en Lui, je ne proviens pas du hasard mais du désir aimant de Dieu.

-Etre fille, fils, ça veut dire que ma vie a du sens, qu’elle a une finalité, une destination, je ne vais pas vers le néant mais vers une éternité avec Dieu.

-Etre fille, fils de Dieu, ça veut dire, savoir que je ne suis pas seul-e, que Dieu est le compagnon de ma vie.

 

Là, nous ne sommes plus dans le registre de l’avoir ni même du faire mais dans le domaine de l’être. Et c’est cela qui peut pacifier ma vie. Je n’ai rien à prouver : la raison d’être de ma vie, je la reçois d’un autre qui me la donne gratuitement pour que j’en vive pleinement.

 

-Etre fille, fils, c’est entendre la parole du Père au fils aîné. Il lui dit :

« Mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi »

On peut recueillir précieusement cette parole que Dieu nous donne aujourd’hui, c’est elle qui peut nous convertir.

Tout ce qui est à Dieu est à nous : Tout, sa vie, sa bonté, son éternité. Il n’y a rien à prendre, puisque tout est donné ; il n’y a qu’à en vivre, dans l’émerveillement et la reconnaissance de ce Dieu qui est toujours Père même si nous lui tournons le dos.

Tout simplement parce que nous ne pouvons pas changer Dieu !

Il est Miséricorde pour l’éternité.

 

 

 

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