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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 14:32

En janvier 2013, le Centre Spirituel du Cénacle de Versailles propose un WE : 
Le oui inconditionnel de Dieu sur nos vies 

du samedi 19 janvier ( 14:30)
au dimanche 20 janvier (17:00)
C’est une retraite qui s’adresse particulièrement ( mais 
non exclusivement) aux personnes homosexuelles et transgenres.

Le christianisme est défiguré quand il se fait excluant par des paroles et des actes. Le Christ, lui, est inclusif. Il s’adresse à toute personne pour l’assurer du oui inconditionnel que Dieu porte à chacune, chacun.
Le Christ nous révèle que nous sommes des merveilles à ses yeux. Il nous rend notre dignité et nous envoie sur les chemins du monde.

C’est ce chemin de fierté qui sera proposé dans cette retraite qui s’adresse particulièrement (mais non exclusivement) aux personnes homosexuelles et transgenres.


Une retraite qui permettra de progresser pour qu’un oui fort et aimant jaillisse en nos cœurs. Un oui à nous-mêmes et à Dieu.
Pour cela, nous écouterons la Parole de Dieu en expérimentant plusieurs manières de méditer.

Il sera animé par Mmes Brigitte Chazel, Marina Zuccon et Sr Michèle Jeunet,rc

Pour plus d’infos et pour vous inscrire en ligne, cliquez sur le lien :
http://www.ndcenacle.org/fonction=rubrique&lieu=4&proposition=455&id=24

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 11:43

Voici une nouvelle rubrique de mon blog: Invitation à lire. j'y mettrai des extraits de livres que j'aime. Et si vous aimez aussi, vous aurez le désir de lire tout!

Je commence avec un extrait du livre de Adolphe Gesché: dieu pour penser la destinée (Ed itions du Cerf 2004 ISBN 2-204-05285-X)

 

"Une vérité anthropologique générale. Est-il si sûr que tout ce que nous pensons soit pleinement vérifiable et que tout ce que nous faisons repose sur des assurances ? Je ne le crois pas. Et j'ajouterais qu'il est heureux qu'il en soit ainsi. En tout cas, dès qu'il s'agit, non point du quotidien immédiat et matériel, où des assurances quasi absolues sont indispensables à notre sécurité et à notre survie, mais là où il s'agit de toutes ces choses grandes et importantes, et qui nous définissent vraiment comme hommes. Je pense à l'amour, à la fidélité, à la mise au monde d'un enfant, à l'éducation : qui parlera jamais ici de certitudes et de preuves ? On peut même penser qu'on n'en voudrait ici justement pas, pas trop en tout cas. L'amour aurait-il seulement sens s'il se fondait sur une assurance donnée d'avance, s'il ne comportait au contraire cette part d'aventure, d'énigme et de risque courus ensemble, ce pour quoi même l'amour a quelque goût ? Et des parents qui décident de mettre au monde un enfant ne savent-ils pas les risques qu'à tous égards ils prennent ?

La force de la vie est là pour nous assurer contre toutes les dénégations. La vie, en son sens même, comporte l'énigme et l'ignorance, et surtout là, précisément, où il s'agit des choses les plus importantes, celles en lesquelles nous mettons le sens le plus profond de notre être. On ne s'assure pas de l'amour ou de la fidélité de quelqu'un, d'une vocation ou des grands choix de vie, comme on s'assure de choses mesurables et quanti­fiables. On ne vérifie pas son enfant avant de le faire. Vérifie-t-on jamais un être ? Il y a même des recherches de garanties qui paralysent et condamnent d'avance toute expérience. La foi pourrait être cette assurance d'un tout autre genre : celle qui ouvre à la découverte (et à son désir). A une découverte qui, autrement, ne pourrait se faire.         

Seul un acte de foi, même au sens tout profane du mot, peut nous engager en certaines voies, qui sans lui seraient impossibles. Son absence nous ferait manquer les expériences les plus prégnantes de l'existence humaine. Aussi bien, avec ce mot de foi, voici prononcé un mot capital. Car peut-on imaginer quoi que ce soit d'un peu important sans un minimum de cette foi qui nous fait sauter par-dessus les zones d'ombre et d'inconnu ?

Le mot « foi » est un mot qui n'appartient pas uniquement au vocabulaire religieux. Mille expressions (« J'ai foi en lui », « Je t'en donne ma foi », etc.) scandent ainsi notre vie de tous les jours. Nous ne pouvons pas tout vérifier par nous-mêmes et à tout instant ; il nous est indispensable de croire à la parole et à la bonne foi des autres. Nous devons nous décentrer de nous-mêmes, renoncer à nos prétentions et illusions de pouvoir tout contrôler par nous-mêmes. Nous devons et, encore une fois : surtout dans les actes les plus existentiels – devant tant de choses en partie opaques et précisément invérifiables, jeter un pont de confiance en nous, dans les autres et dans la vie, non seulement pour surmonter l'incertitude paralysante, mais pour pouvoir réaliser quelque chose et nous réaliser nous-mêmes.

Très souvent même, c'est parce qu'elle passe outre à la véri­lication que la foi, en rendant l'acte possible, assure par là même la vérification que l'on attendait. La foi est vérifiante, il y a en elle un « caractère vérifiant » qui, comme dans l'amour, révèle et manifeste – véri-fie – le bien-fondé et la vérité d'une décision où la raison demeurait incertaine de ses choix . « Une telle transcendance à la vérification marque tous les aspects essentiels de l'existence humaine ". »

Certes, ceci ne prouve pas encore qu'existe ce salut que le soupçon qualifiait d'invérifiable. Mais tout ceci montre qu'il y a dans la réalité une part incontournable d'énigme, au-devant de laquelle nous devons comme forcer les limites de la simple raison si nous voulons entrer dans certaines expériences décisives. Celle du salut pour­rait être de celles-là. Nous n'aurions même pas dû, pour cela, quitter les chemins d'une anthropologie toute profane de l'acte de foi.

« Un être de foi » telle pourrait d'ailleurs être une des définitions de l'homme (comme on dit : « être de raison »). L'homme avance en raisonnant, mais il avance aussi en croyant, credendo. Les plus grandes aventures ont souvent été fondées sur le risque, « le beau risque » dont parle Platon. L'homme est là tout entier, lui qui, dans la création, est l'être qui ose, invente, transgresse l'évidence, met au monde, refuse de ne suivre que les évidences."

Adolphe Gesché, Dieu pour penser la destinée, p 62 et 63


 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 18:54

 

 

1-Confiant-e car  aimé-e

Quand je dis cela, pour moi, c’est l’essentiel du christianisme.

La découverte que Dieu nous aime et qu’ainsi nous sommes aimé-es.

Je ne sais pas comment l’exprimer, cela a mis au cœur de ma vie, comme une sorte de sécurité : beaucoup de choses peuvent s’écrouler autour de moi, mais Son amour pour moi, ça c’est solide, ça tient, même si je n’en ai plus  conscience : Il continue de m’aimer comme Il le fait pour chacun de nous.

Dieu est un ami qui ne vous manquera jamais.

Si on se sait aimé-es tel-le qu’on est avec ses qualités et ses défauts, avec son passé et son présent, on va pouvoir peu à peu s’accepter soi-même.

Déjà, tel-les que nous sommes, nous sommes aimables aux yeux de Dieu.

On va peu à peu être délivré-es de la sévérité avec soi-même, de la mauvaise culpabilité, de la jalousie, du ressentiment, du jugement des autres.

 En disant cela, je ne dis pas qu’on vit toujours « cui-cui, les petits oiseaux », ni que cela nous protège des souffrances de la vie, mais qu’on les vivra autrement.

Se savoir aimé-es par Dieu, n’est pas une assurance contre la souffrance, mais on n’est pas seul, l’amitié de Dieu est là, à la fois, cela ne change rien et cela change tout, car on n’est pas seul.

 

2-Confiant-e parce que ma vie à du sens

J’ai connu les deux situations : sans la foi et avec la foi.

Sans la foi : ça veut dire que notre vie est un instant dans l’immensité du temps, une poussière dans l’immensité de l’espace, le fruit du hasard et que nous allons vers le néant.

Il y a une angoisse profonde qui nous habite toutes et tous, souvent cachée.

La foi nous dit autre chose que ça :

Elle nous dit que ne sommes pas le fruit du hasard et que notre destination finale n’est pas le néant.

Elle nous dit que nous sommes le fruit d’une volonté aimante de Dieu et que nous sommes faits pour une vie éternelle.

Notre origine est divine et faite pour un  amour qui n’aura pas de fin.

Vivre sa vie en sachant cela, nous établit dans la paix : nous sommes depuis toujours et pour toujours dans les mains aimantes de Dieu.

Cela ne veut pas dire encore une fois que tout est facile ; le croyant connaît aussi des peurs, des angoisses, mais en s’appuyant sur sa foi, il est délivré de l’angoisse du néant qui est à l’opposé de la paix.

 

3-Confiant-e car découvrant la valeur de ma vie

En accueillant la foi qui m’était proposée par le christianisme, j’ai appris que chacun-e de nous a une valeur infinie, ce qui change son regard sur soi et sur les autres.

La foi me dit que nous sommes capables de bonté, de vérité, de justice, de liberté, parce que Dieu nous a faits comme Lui, à Sa ressemblance. Ça change profondément l’image que j’ai de moi.

Dieu a d’abord une image positive de moi, d’abord, surtout et j’ai envie de dire toujours. De moi et donc des autres.

« Merveille que je suis » dit le psaume 139.

Assez étonnant tout de même ! Grâce à Dieu, je peux m’accueillir comme un cadeau, m’accueillir dans la confiance, sûre de moi grâce au regard positif de Dieu sur moi.

C’est comme un contre poison du mépris de soi.

Mais cela fonde aussi la lutte contre toute forme d’injustice, de  discrimination, de pauvreté, de racisme, de sexisme, parce que tout homme, toute femme a valeur infinie.

 

4-Confiant-e parce pardonné-e

Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus.

Croire en Dieu qui pardonne est une formidable source de confiance.

Il m’arrive souvent de regarder le Christ en croix et j’y vois un pardon infini.

On est sauvé parce qu’on est infiniment aimé-e mais aussi infiniment pardonné-e.

C’est une formidable source de confiance, car devant Lui, avec Lui, pour Lui, rien n’est jamais perdu, rien n’est jamais fini, qu’il y a toujours un avenir qu’Il m’offre pour revivre, repartir, recommencer.

 

5-Confiant parce que Dieu est un ami

Il y a dans notre vie un allié, toujours de notre côté, jamais contre nous, toujours pour nous. Cette amitié que Dieu nous porte, elle nous est prouvée dans l’existence de Jésus. Cela est facteur de paix. Cela m’établit dans la paix en me montrant un Dieu avec nous pour lutter contre le mal, avec nous pour que la vie l’emporte.

Dieu connaît nos peurs, c’est pourquoi, il y a comme un refrain qui parcourt toute la Bible et que Jésus reprend : « n’ayez pas peur…la paix soit avec vous ».

Ne pas s’habituer à l’inouï de notre foi chrétienne.

Et la vraie conversion n’est pas d’abord morale mais changement de conception de Dieu : quittez vos images fausses et mauvaises pour vous, pour s’ouvrir à du neuf :

C’est très important de prendre conscience des fausses images que nous nous faisons de Dieu, des représentations qui proviennent de notre imaginaire, qui n’ont rien à voir avec la réalité, l’Ancien Testament appelle cela des idoles et nous en avons tous.

Je vais donner quelques exemples pour bien me faire comprendre :

Le dieu qui se cache au coin de la rue pour me prendre en flagrant délit de faute ;

Le dieu voyeur à qui rien n’échappe pour mieux m’accuser ;

Le dieu fatalité qui a écrit sur son grand livre ce que je dois faire, sinon ce sera le malheur pour moi ;

Le dieu paratonnerre, qui moyennant quelques sacrifices, me protégera des souffrances de la vie ;

Ce dieu puissant qui impose sa loi de fer etc…

On peut allonger la liste, les exemples donnés sont des caricatures, mais nous n’en sommes pas indemnes et elles peuvent s’insinuer en nous sans qu’on y prenne garde.

Le Christ guérit peu à peu de ces fausses images, peu à peu parce que on est lent à se laisser convertir, à quitter nos fausses représentations.

Pour cela, il nous faut beaucoup de temps, il nous faut longuement regarder ce vrai visage de Dieu qui Se donne à voir dans la fragilité de l’enfant de Noël, dans la charité, le respect, la liberté, la miséricorde de cet homme Jésus, le vrai visage de Dieu qui Se dit par la Croix : Dieu souffrant, et aimant jusqu’au bout. 

L’Eternel qui est Dieu entre dans notre histoire en se faisant petit enfant et connaît la souffrance et la mort sur la Croix.

C’est une révolution de l’image de Dieu, c’est une subversion, une contestation radicale de nos images spontanées, de nos fausses images. Les premiers chrétiens étaient considérés par leurs contemporains, gens très religieux comme athées, parce que leur foi ne correspondait pas du tout à l’idée commune de Dieu.

Un enfant qui ne sait pas encore parler et qui pourtant nous dit simplement par ce qu’Il est : « je ne suis pas ce que vous croyez, regardez-moi et vous saurez qui est vraiment Dieu. »

Dieu qui nous aime le premier, qui nous rejoint dans notre histoire, qui se fait petit, vulnérable, à la merci de tous, ayant besoin de tous, qu’on peut prendre dans ses mains, dont on peut faire n’importe quoi, fragile.

Et Noël n’est que le début du dévoilement du vrai visage de Dieu.

Un jour, Jésus dira : «Qui me voit, voit le Père ».

Pour être cohérent, il faut aller jusqu’à dire : Dieu a voulu vivre cela.

Pour quelle raison ?

1- Voilà ce que je suis, croyez ce que je vous dis de moi et renoncez à vos fausses images.

2-Donc chassez toute crainte, allez à Ma rencontre en toute confiance et en toute joie.

 

6-Confiant parce qu’on y découvre une sagesse de vie

En regardant Jésus et en mettant nos pas dans ses pas, j’ai l’assurance d’un chemin de lumière, de vérité et de vie qui se décline dans une très longue liste :

Amour, pardon, miséricorde, confiance, espérance, don, fidélité, liberté etc.

En Jésus, je possède l’image réussie de notre humanité, l’image accomplie, la plénitude de notre humanité, l’homme dans sa vérité donc ce vers quoi je peux tendre si je veux réussir ma vie, mais donc aussi l’assurance que c’est possible, parce que Jésus a inauguré une autre logique qui est vrai chemin d’humanité. Avec la force qu’Il nous donne, c’est possible de vivre comme Lui.

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 18:21

 

 

Seigneur Jésus-Christ, suis-je entrain de me laisser « apprivoiser » par cette fête de Noël ? Lorsque j'étais gamine, nous fêtions joyeusement Noël, en famille. Des frères aînés construisaient une crèche. Je me souviens d'une crèche faite en bois avec un toit garni de paille, fruit du travail de la ferme. Toute la famille, parents et les 13 enfants, nous allions à la messe de minuit, nous chantions de tout notre cœur « Minuit, Chrétiens... » et participions avec joie à toute cette messe. Puis, le matin, à notre réveil, nous découvrions nos cadeaux et nous défilions devant nos parents pour les embrasser en disant : «Merci petit Jésus ». Oui, souvenirs heureux ! Mais je n'aimais pas, dans la liturgie, ce chant :« réjouissez- vous car, aujourd'hui, un Sauveur nous est né ». J'enrageais, en silence. J'étais jeune, heureuse de vivre. Qu'avais-je besoin d'un Sauveur ? Etre sauvée de quoi ?... Et bien sûr, je gardais cette rancœur pour moi.

Seigneur Jésus-Christ, aujourd'hui, ayant un âge certain, oserais-je dire que j'ai peut-être gardé mon âme d'enfant ? Que je ne me fais aucun souci pour mon salut individuel. Je suis heureuse de vivre. Et je crois surtout, qu'en cette fête de Noël, j'ai une raison beaucoup plus forte de me réjouir... : TU T'ES INCARNE.

Seigneur, puissions-nous comprendre le sens profond de cette réalité !

« En ce jour de Noël, un enfant nous est né et il a besoin de notre tendresse » a dit Mgr Michel Dubost. Et merci aussi à François qui a imaginé une crèche vivante du côté d'Assise. Oui, Seigneur ! Que je Te contemple, Toi, vivant, bébé fragile ayant besoin des autres pour avancer dans la vie. Oui, Seigneur, donne-moi de Te contempler avec, peut-être, les yeux de Marie, de Joseph, des bergers, des mages. Qu'ont-ils(elles) vu en Toi, si fragile, personne déplacée, rejetée au point de naître dans une crèche, puis exilée ? Oui, qu'ont-ils (elles) vu ?

Aujourd'hui, « les crèches vivantes sont dans les camps Palestiniens » a écrit Mgr Jacques Gaillot en 1989... Aujourd’hui, les crèches vivantes sont en Palestine, en Syrie, etc.,  à Florange où les ouvriers luttent toujours pour préserver leur travail, à Echirolles où des familles en deuil, soutenues, renaissent à la vie, après le massacre de 2 jeunes...Seigneur, apprends-moi à être attentive aux informations, à découvrir la souffrance des personnes qui sont au cœur d'une information ou d'un fait divers.

Tu T'es incarné. Seigneur Jésus-Christ, apprends-moi à Te contempler dans ce début de Ta vie humaine. Que, par mes yeux, mes oreilles, mes membres, mon cœur, tout mon être, je m'imprègne de Ta Présence, de Ton existence, au cœur des autres. Apprends-moi à Te chercher encore davantage, là où je suis, autour de moi, auprès des pauvres.

Tu T'es incarné,... Tu es VIE.

Seigneur, que je sache Te voir en chacun(e) d'entre-nous, pauvres, misérables, nécessiteux-nécessiteuses, ceux et celles qui souffrent de la misère, de la précarité, qui souffrent de terribles conditions de travail, de ne pas avoir de travail, de la maladie, de la vieillesse, de la solitude, de l'enfermement, de l'isolement, de l'indifférence, du mépris, du rejet, de la haine ou d'être stigmatisé(e)s car exilé(e)s ou ne vivant pas comme nous, ceux et celles qui vivent comme des parias que l'on considère comme mort-es...

Seigneur, Tu es né pauvre, Tu as vécu pauvre et Tu es mort misérable! Alors, Seigneur, comment peut-on encore supporter tous ces symboles de richesse, de pouvoirs temporels, de puissance, toutes ces courbettes... dans Ton Eglise. Seigneur, que la situation des pauvres de ce pays soit notre souci et que nous sachions nous réjouir de ce que l'Etat pense réquisitionner, dans une liste de plusieurs institutions comme la SNCF et autres..., quelques-uns de nos bâtiments libres appartenant (?) à notre Eglise.

1) Seigneur, Tu T'es incarné et tu nous as fait découvrir notre FRATERNITE-SORORALITE. Nous sommes tous frères et sœurs, en humanité. « Il n'y aura plus ni Juifs, ni grecs … ni homme, ni femme... » . Seigneur, que toute hiérarchie, toute discrimination et tout rejet nous deviennent insupportables !

2) Seigneur, Tu T'es incarné et tu nous as fait découvrir DIEU-AMOUR.

Nous avons tous, toutes Un seul Père. Mais serions-nous tous et toutes orphelin-es de Mère ? Dieu est-Il masculin ? Pourtant, dans la Genèse, Dieu nous créa à Son image : « homme et femme, Il-Elle les créa. » Et il paraît qu'un enfant ne connaissant pas sa mère a un mal insurmontable à se construire, alors, Seigneur, qu'on me laisse ma filiation, fille de Dieu-Amour Père-Mère !

3) Seigneur, Tu T'es incarné et Tu nous fais découvrir l'Amour, un Amour sans aucune condition ! (parabole de l'enfant prodigue)

4) Seigneur, Tu T'es incarné : le VERBE s'est fait CHAIR !

La Parole s'est incarnée ! La Parole et... non le silence qui m'a fait tant de mal.

Jésus, Tu es la Route, la Vérité, la Vie ! Tu as rompu avec le silence, Ta Parole est Vérité, Ta Parole est Délivrance. Ta Parole est Partage. Ta Parole est Engagement avec les autres.

Fille timide, parlant peu, ayant passé 60 ans, quelle ne fut pas ma joie le jour où j'ai osé donner l'un de mes premiers textes à un couple ami ! J'ai effectivement senti les hautes murailles de Jéricho s'effondrer d'un seul coup, me délivrant de ce silence qui m'avait si bien emmurée. Et maintenant, j'ose m'affirmer. Cela m’a valu d'être terrassée sur le chemin de Damas, de connaître le silence et le mépris de ceux (celles?) qui savent et qui n'ont pas besoin de moi ! Combien insensée ai-je été en envoyant une prière aux évêques ! Insensée, j'avais oublié qu'ils avaient tout ce qu'il faut dans ce domaine ! Oui, Seigneur, Tu m'as appris que c'est dans le besoin que nous sommes plus ouvert-es aux autres ! Je parle. Chaque fois, le découragement me guette. J'envoie quelques bouteilles à la mer. Mais, Seigneur, on me relève et je reprends la Route, la Parole car je crois que, malgré tout, Tu es là !

Qu'en cette fête de Noël, nous puissions, dans l'Amour du Christ, vivre la Parole en l'Esprit de Vérité, Parole qui est Délivrance, Espérance, Ouverture, Confiance, Partage et Engagement avec les autres, dans la Paix du Christ.

 

Puis-je en profiter pour remercier ceux et celles qui me font la joie de mettre un commentaire à mes textes. Cela m'aide aussi à découvrir certains aspects que je n'avais pas vus. Merci et joyeux Noël.

Alice Damay-Gouin

 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 22:54

 Dans l’Evangile selon Luc au chapitre 2 verset 1 à 20

 

[1] Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier.

[2] Ce premier recensement eut lieu à l'époque où Quirinius était gouverneur de Syrie.

[3] Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville ;

[4] Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s'appelle Bethléem en Judée, parce qu'il était de la famille et de la descendance de David,

[5] pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.

[6] Or, pendant qu'ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ;

[7] elle accoucha de son fils premier-né, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle d'hôtes.

[8] Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau.

[9] Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d'une grande crainte.

[10] L'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :

[11] Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ;

[12] et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. "

[13] Tout à coup il y eut avec l'ange l'armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait :

[14] " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. "

[15] Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : " Allons donc jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. "

[16] Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire.

[17] Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant.

[18] Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers.

[19] Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens.

[20] Puis les bergers s'en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé.

 

« Elle mit au monde son fils premier-né » verset 6.

Regarder cette mise au monde. Ne pas hésiter à la regarder dans le plus concret. Regarder cet enfant qui est mis au monde et ce que notre foi nous en dit : Verbe fait chair, Dieu mis au monde. Nous laisser étonner. Dieu qui vient à naître, Dieu qui vient au monde. Sentir que cela bouleverse nos images de Dieu. Cela dit du neuf en Dieu, du jaillissement, de la nouveauté, du mouvement. Alors que nous voyons souvent Dieu du côté de l’immobilité. Verbe dans la fragilité d’un enfant. Il peut donc y avoir de la fragilité en Dieu, de la petitesse alors que nous le voyons du côté de la puissance et de la grandeur. Ici, un enfant qui peut pleurer, qui a faim, qui boit le lait du sein de sa mère. Se laisser toucher par ça. Et peut-être sentir nos résistances à accueillir ce que Dieu donne à voir de Lui dans Sa fragilité.

« Elle l’enveloppa de langes » v 6.

Regarder comme Marie prend soin de Lui. Et oser nous aussi prendre soin de Lui. Pourquoi ne pas demander à Marie de nous permettre de le prendre dans nos bras ? Si nous le faisons, il nous sera peut-être donné de vivre plus profondément que Dieu a besoin de nous, de nos soins, de notre attention. Cela aussi peut bousculer nos images. Habitués-es à vouloir que Dieu prenne soin de nous, ici, Le voir qui a besoin de nous et prendre soin de Lui. C’est peut-être entrer dans une vie spirituelle adulte qui donne et se donne après avoir beaucoup reçu.

« Couché dans une mangeoire »  v 6 ;12 ;16.

Etonnant cette insistance pour dire 3 fois qu’il est mis dans une mangeoire. C’est un endroit où l’on met la nourriture pour les animaux. Jésus dira un jour : « Prenez et mangez ceci est mon corps livré pour vous » Ce corps est déjà là à la crèche, pour être nourriture de vie. Aller de la Crèche à la Cène, de la Cène à la Crèche pour y voir Dieu qui se donne. Recevoir et donner dans le va et vient d’une véritable amitié.

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 23:13

 

Dimanche dernier, j’ai participé à une messe qui prend son temps. C’est une manière originale de vivre la liturgie de la Parole au cours d’une Eucharistie. L’Evangile est lu deux fois. Après la première fois,  quelqu’un en fait un commentaire. Ensuite il y a 15 minutes de silence avec des pistes qui aident à la méditation. Puis, 5 minutes de partage en petit groupe. Enfin l’Evangile est lu une deuxième fois.

Il y a plusieurs avantages à cette manière de vivre la liturgie de la Parole :

 

*On a le temps de prier ces textes. Ces 15 mn permettent à chacun-e d’intérioriser la Parole.

*Les 5 mn permettent une vie fraternelle où l’on partage quelque chose d’important qui est le fruit de sa méditation.

*le commentaire peut être fait par un-e baptisé-e ce qui permet à des femmes et des hommes d’enrichir, d’élargir la compréhension de la Parole de Dieu.

*cela enlève donc à la célébration eucharistique son caractère trop clérical. C’est la prière de toutes et tous et moins un « one man show » du prêtre.

 

Cette manière de célébrer a été initiée par le cardinal Martini quand il était évêque de Milan. Elle est célébrée dans plusieurs villes de France, par exemple à Paris, tous les dimanches soir à l’église St Ignace.

Dans les Yvelines, cela se passe trois fois dans l’année à l’Ecole Ste Geneviève, à l’initiative d’ordres religieux et de mouvements qui vivent de la spiritualité d’Ignace de Loyola (Jésuites, Sœurs du Cénacle, MEJ, CVX, Cor Unum, Chemin neuf, MCC)

 

Ce dimanche, c’était aux sœurs du Cénacle de l’animer ;

Je vous mets ci-dessous le commentaire que j’ai fait et les pistes que j’ai données pour la méditation.

 

Personnellement, j’aime beaucoup cette manière de célébrer. Cela permet d’entrer plus profondément dans le Mystère qu’on célèbre. Les 15 mn de silence sont comme une respiration où l’on s’emplit de la Parole, où on peut la goûter, s’en nourrir.

Il s’agit bien alors des 2 tables : celle de la Parole et celle du Pain

 

Livre de Baruch - Chapitre 5

01 Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,

02 enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel.

03 Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,

04 car Dieu pour toujours te donnera ces noms :« Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».

05 Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l'Orient : vois tes enfants rassemblés du levant au couchant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.

06 Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal.

07 Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu'Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.

08 Sur l'ordre de Dieu, les forêts et leurs arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ;

09 car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, lui donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice.

 

Psaumes - Psaume 125

01 Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,* nous étions comme en rêve !

02 Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie ; + alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » *

03 Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

04 Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert.

05 Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie : +

06 il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ; * il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc - Chapitre 3

01 L'an quinze du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d'Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d'Abilène,

02 les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.

03 Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés,

04 comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe :A travers le désert, une voix crie :Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.

05 Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ;

06 et tout homme verra le salut de Dieu.

 

Commentaire

Dans le temps de l’Avent, toutes les lectures sont en cohérence les unes avec les autres. Ici, l’Evangile se sert de citations tirées des livres l’Isaïe et de Baruch.

Au début de Christianisme, certains chrétiens refusaient l’Ancien Testament ! Heureusement ils n’ont pas réussi car nous aurions perdu comme un code d’interprétation du Nouveau.

Le livre de Baruch a été écrit un siècle avant le Christ. On sent bien dans le texte de ce jour qu’il est un appel à l’espérance dans une situation désespérante. Il offre une vision d’avenir faite de joie, de dignité retrouvée, d’un peuple exilé qui retrouve sa terre. Il utilise des images de collines abaissées, de ravins comblés, comme autant de difficultés dépassées.

En quoi cela peut-il nous concerner ? En quoi cela rejoint-il les situations qui sont les nôtres ?

Et si, pour l’Evangéliste, le Christ est celui qui réalise cela,  comment nous redonne-t-Il espérance au cœur des difficultés. Comment nous offre-t-Il une vision de joie. Comment nous fait-Il sortir de nos exils ? Comment nous fait-Il quitter nos robes de tristesse ?

 

Questions importantes à nous poser en ce temps de l’Avent. Je risque quelques réponses :

Avec le Christ nous faisons l’expérience d’être aimé-e inconditionnellement ;

Avec le Christ, notre vie a du sens ;

Avec le Christ, des chemins de vie nous sont offerts ;

Il nous ouvre un avenir dès maintenant et pour toujours.

Il est avec nous, comme un ami.

Cela ne règle pas les problèmes comme par magie mais cela nous donne de l’énergie pour les prendre à bras le corps. Nous ne sommes pas seuls-es.

Avec le Christ, avec d’autres, nous pouvons bâtir une cité de justice et de paix.

Alors des ravins peuvent être comblés, des montagnes abaissées ; les passages tortueux devenir droits, les routes déformées être aplanies.

Alors tout homme, toute femme peut voir le salut de notre Dieu.

 

Pistes pour la méditation

1ère piste

« Quitte ta robe de tristesse ».

Comment j’entends cet appel du prophète Baruch ?

Ai-je à quitter une tristesse ?

 

2ème piste

« Enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel. »

S’il nous est proposé ce manteau de la justice de Dieu et ce diadème de gloire, c’est que nous avons du prix aux yeux de Dieu. Goûter cela comme un cadeau que Dieu nous fait. Accepter ce manteau, ce diadème.

 

3ème piste

« Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées »

Prendre conscience que c’est une décision de Dieu.

Me demander quelles sont dans nos vies ces montagnes abaissées et ces vallées comblées. Comment ma foi au Christ permet-elle cela ?

 

 

 

 

 

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 18:41

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Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 9 verset 9 à 13

[9] Etant sorti, Jésus vit, en passant, un homme assis au bureau de la douane, appelé Matthieu, et il lui dit : "Suis-moi !" Et, se levant, il le suivit.

[10] Comme il était à table dans la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent se mettre à table avec Jésus et ses disciples.

[11] Ce qu'ayant vu, les Pharisiens disaient à ses disciples : "Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?"

[12] Mais lui, qui avait entendu, dit : "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades.

[13] Allez donc apprendre ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs."

 

Pour bien comprendre l’attitude de Jésus vis à vis des pécheurs, il faut savoir que Jésus vit dans une société qui pense qu’il y a des justes et des pécheurs. Les justes (ou plutôt ceux qui se croient justes) sont ceux qui peuvent respecter toutes les prescriptions juridiques de la loi religieuse (respect du sabbat, des règles de puretés etc…) . Beaucoup ne le peuvent pas à cause de leur condition sociale, et de leur travail qui les empêchent d’observer tout cela.

Quand Jésus dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » c’est ces pécheurs-là dont Il parle : Il est venu pour ceux qu’une loi religieuse a exclus de l’accès à Dieu et donc qui se croient exclus ! Il vient leur dire : non, vous n’êtes pas exclus, Dieu vous aime.

.Il vient donc dire à ceux qui se croient justes par ce qu’ils sont en règle avec des lois religieuses : vous êtes pécheurs. Et à ceux que la loi religieuse déclare pécheurs : vous êtes aimés de Dieu.

Mais Il vient surtout dire à tous que la racine du péché, c’est le manque d’amour. Et là, tous sont pécheurs. Il vient dire à tous que le Dieu de miséricorde est comme un berger en quête de sa brebis perdue, comme une femme à la recherche d’un trésor perdu, comme un père dans l’attente de son fils perdu.

Il n’y a donc pour Jésus qu’une seule loi, celle de l’amour.

Amour et miséricorde permettent de comprendre le comportement de Jésus et l’étonnement qu’Il a pu susciter. Il veut manger chez un collecteur d’impôts, appelle l’un d’eux, sans poser aucune condition. Il dira explicitement ce qu’Il veut : « C’est la miséricorde que Je désire » Considérerons donc l’homme que Jésus appelle. C’est un voleur mais Il ne lui demande pas de changer pour pouvoir ensuite l’appeler. Il ne met pas de condition préalable à l’appel. Il l’appelle au cœur même de sa situation de voleur.

Regardons Lévi qui offre un repas à Jésus. Mais quel est le sens symbolique de ce repas ? C’est l’offrande de la misère de sa vie vide de sens. La première chose que Jésus attend de nous c’est que nous lui fassions l’offrande de nos pauvretés pour Lui donner la liberté de nous combler.

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 23:10

Dans l’Evangile selon St Matthieu au chapitre 20 verset 17 à 29

 

[17] Devant monter à Jérusalem, Jésus prit avec lui les Douze en particulier et leur dit pendant la route :

[18] "Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort

[19] et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix ; et le troisième jour, il ressuscitera."

[20] Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de lui, avec ses fils, et se prosterna pour lui demander quelque chose.

[21] "Que veux-tu ?" Lui dit-il. Elle lui dit : "Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume."

[22] Jésus répondit : "Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ?" Ils lui disent : "Nous le pouvons" -

[23] "Soit, leur dit-il, vous boirez ma coupe ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas d'accorder cela, mais c'est pour ceux à qui mon Père l'a destiné."

[24] Les dix autres, qui avaient entendu, s'indignèrent contre les deux frères.

[25] Les ayant appelés près de lui, Jésus dit : "Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir.

[26] Il n'en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur,

[27] et celui qui voudra être le premier d'entre vous, sera votre esclave.

[28] C'est ainsi que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude."

[29] Comme ils sortaient de Jéricho, une foule nombreuse le suivit.

 

« Accorde-nous de siéger dans Ta gloire » demandent les fils de Zébédée. De quelle gloire s’agit-il ?

Cela n’a rien à voir avec la renommée, le bruit qu’on peut faire autour d’un nom célèbre, la réussite, le prestige, les honneurs.

Dans la Bible, cela veut dire la richesse de l’être, sa plénitude, sa densité d’existence, son poids.

Puisque Dieu est amour et qu’Il n’est que cela, la gloire de Dieu, c’est Son poids d’amour.

La demande de Jacques et de Jean peut donc être prise positivement : siéger, habiter Sa gloire, c’est nous enraciner dans l’amour, c’est une demande d’intimité, de proximité, être au plus près possible. C’est pourquoi Jésus ne fait aucun reproche. Il sait discerner, je dirais, faire du tri dans cette demande, Il sait y voir ce qu’il y a de bon : ce désir de proximité et ce qui demande à être purifié : il n’y a pas de fauteuil dans le Royaume de l’amour. Fauteuil au sens de privilège, hiérarchie, préséance, place d’honneur. Il accueille leur désir et va le purifier. Pas de fauteuil mais une coupe à boire et être plongé dans un baptême.

Sa réponse est une manière de dire : Vous avez raison de vouloir être associés à ma gloire, au sens fort de ce poids d’amour. Mais cela doit être un amour qui ne triche pas. Un vrai amour, donc humble et souffrant, car aimer amène forcément de la souffrance.

Pouvez-vous être avec moi autant dans la souffrance que dans la joie ? Pouvez-vous me suivre autant au jour de la Passion qu’aux jours de la Résurrection ? Boire à la coupe et être plongé dans son baptême, c’est  se faire serviteur, renoncer aux formes diverses de domination. Sentons l’ambition que le Christ a pour nous dans cet enseignement sur le service. Il s’agit, oui de devenir grand, oui d’être le premier. Et cette ambition est celle des saints, des saintes : être premier-e dans le don.

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 23:24

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit-Saint soient avec vous tous ».

2 Co13/13 


Bienheureux sommes-nous de pouvoir nous situer devant l’Amour qui est Dieu.

Amour,  donc pas Dieu solitaire.

Amour,  donc Dieu qui est relation en Lui-même, car pour aimer il faut qu’il y ait de l’altérité, de la différence.

Il y a Dieu source de l’amour et c’est le Père.

Il y a Dieu parole de l’amour et c’est le Fils.

Il y a Dieu souffle vivifiant de l’amour et c’est l’Esprit.

Dieu-Trinité de la foi chrétienne est donc communication d’amour en elle-même.

En Elle-même mais aussi pour nous et tournée vers nous.

Aucune inégalité en Elle-même, pas de supérieur et d’inférieur, une parfaite égalité.

Un infini et divin respect de l’altérité, sans confusion ni séparation.

Une relation faite de don et d’accueil du don dans la réciprocité.

Dieu-Trinité nous façonne à Son image et nous invite à vivre entre nous, ce qu’Elle vit en elle-même donc nous invitant à nouer entre nous le même type de relation faite d’égalité, de respect, de réciprocité.

La Trinité dit notre vocation : une existence fraternelle, sororelle.

Car il y a un lien fort entre la manière de vivre entre nous et la vie trinitaire. L’amitié entre nous est à l’image de l’amitié trinitaire.

De ce fait les affirmations de la foi ne nous laissent pas tranquilles. Confesser Dieu Trinité d’amour, s’est s’engager à une vie qui promeut l’égalité, l’amitié, le respect, la réciprocité pour chacun, chacune.

C’est une grâce à désirer et à demander que pour notre foi s’incarne davantage dans nos vies.

 .

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 00:22

Dans le livre du prophète Osée au chapitre 11verset 1 à 8

 

 [1] Quand Israël était jeune, je l'aimai, et d'Egypte j'appelai mon fils.

[2] Mais plus je les appelais, plus ils s'écartaient de moi ; aux Baals ils sacrifiaient, aux idoles ils brûlaient de l'encens.

[3] Et moi j'avais appris à marcher à Ephraïm, je le prenais par les bras, et ils n'ont pas compris que je prenais soin d'eux !

[4] Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour ; j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson tout contre leur joue, je m'inclinais vers lui et le faisais manger.

[5] Il ne reviendra pas au pays d'Egypte, mais Assur sera son roi. Puisqu'il a refusé de revenir à moi,

[6] l'épée sévira dans ses villes, elle anéantira ses verrous, elle dévorera à cause de leurs desseins.

[7] Mon peuple est cramponné à son infidélité. On les appelle en haut, pas un qui se relève !

[8] Comment t'abandonnerais-je, Ephraïm, te livrerais-je, Israël ? Comment te traiterais-je comme Adma, te rendrais-je semblable à Ceboyim ? Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent.

Ce texte commence par une déclaration d’amour : « Je l’ai aimé ». C’est un rappel de libération : « D’Egypte, J’ai appelé mon fils », c’est à dire que Je l’ai libéré de l’esclavage d’Egypte.

 

Il nous offre une belle image maternelle de Dieu : Elle est  comme une mère qui élève ses enfants apprenant à marcher, prenant dans ses bras, prenant  soin d’eux, menant avec des liens d’amour, posant contre sa joue, donnant à manger.

 

La suite est en complet contraste par la description de la réponse ingrate d’Israël. Ils se sont détournés, ils ont offert des sacrifices et rendu un culte à des idoles. Ils se sont endurcis dans l’idolâtrie qui consiste à adorer quelque chose qui n’est pas Dieu.

 

Il y a l’idole du pouvoir, de l’avoir auquel on sacrifie le reste au mépris des gens. C’est à la racine de la misère dans le monde, de la violence. Il y a l’idole du fanatisme, du racisme, du sexisme,  source d’injustice. Tout cela, c’est se détourner de Dieu, se détourner de l’Amour qui est Dieu. Cela « extermine, dévore », défigure ce que Dieu a voulu.

 

Devant cela Dieu pousse un cri« Comment pourrais-Je t’abandonner Israël ? »

Dieu nous dit là, qu’Il n’interviendra pas pour faire cesser cela. Mais qu’Il est avec nous pour  combattre ce qui est « malade » dans notre monde et pour bâtir un monde plus juste, un monde où seul l’Amour est premier. Amour des autres, du monde, de Dieu.

 

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