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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 18:41

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Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 9 verset 9 à 13

[9] Etant sorti, Jésus vit, en passant, un homme assis au bureau de la douane, appelé Matthieu, et il lui dit : "Suis-moi !" Et, se levant, il le suivit.

[10] Comme il était à table dans la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent se mettre à table avec Jésus et ses disciples.

[11] Ce qu'ayant vu, les Pharisiens disaient à ses disciples : "Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?"

[12] Mais lui, qui avait entendu, dit : "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades.

[13] Allez donc apprendre ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs."

 

Pour bien comprendre l’attitude de Jésus vis à vis des pécheurs, il faut savoir que Jésus vit dans une société qui pense qu’il y a des justes et des pécheurs. Les justes (ou plutôt ceux qui se croient justes) sont ceux qui peuvent respecter toutes les prescriptions juridiques de la loi religieuse (respect du sabbat, des règles de puretés etc…) . Beaucoup ne le peuvent pas à cause de leur condition sociale, et de leur travail qui les empêchent d’observer tout cela.

Quand Jésus dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » c’est ces pécheurs-là dont Il parle : Il est venu pour ceux qu’une loi religieuse a exclus de l’accès à Dieu et donc qui se croient exclus ! Il vient leur dire : non, vous n’êtes pas exclus, Dieu vous aime.

.Il vient donc dire à ceux qui se croient justes par ce qu’ils sont en règle avec des lois religieuses : vous êtes pécheurs. Et à ceux que la loi religieuse déclare pécheurs : vous êtes aimés de Dieu.

Mais Il vient surtout dire à tous que la racine du péché, c’est le manque d’amour. Et là, tous sont pécheurs. Il vient dire à tous que le Dieu de miséricorde est comme un berger en quête de sa brebis perdue, comme une femme à la recherche d’un trésor perdu, comme un père dans l’attente de son fils perdu.

Il n’y a donc pour Jésus qu’une seule loi, celle de l’amour.

Amour et miséricorde permettent de comprendre le comportement de Jésus et l’étonnement qu’Il a pu susciter. Il veut manger chez un collecteur d’impôts, appelle l’un d’eux, sans poser aucune condition. Il dira explicitement ce qu’Il veut : « C’est la miséricorde que Je désire » Considérerons donc l’homme que Jésus appelle. C’est un voleur mais Il ne lui demande pas de changer pour pouvoir ensuite l’appeler. Il ne met pas de condition préalable à l’appel. Il l’appelle au cœur même de sa situation de voleur.

Regardons Lévi qui offre un repas à Jésus. Mais quel est le sens symbolique de ce repas ? C’est l’offrande de la misère de sa vie vide de sens. La première chose que Jésus attend de nous c’est que nous lui fassions l’offrande de nos pauvretés pour Lui donner la liberté de nous combler.

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 23:10

Dans l’Evangile selon St Matthieu au chapitre 20 verset 17 à 29

 

[17] Devant monter à Jérusalem, Jésus prit avec lui les Douze en particulier et leur dit pendant la route :

[18] "Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort

[19] et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix ; et le troisième jour, il ressuscitera."

[20] Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de lui, avec ses fils, et se prosterna pour lui demander quelque chose.

[21] "Que veux-tu ?" Lui dit-il. Elle lui dit : "Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume."

[22] Jésus répondit : "Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ?" Ils lui disent : "Nous le pouvons" -

[23] "Soit, leur dit-il, vous boirez ma coupe ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas d'accorder cela, mais c'est pour ceux à qui mon Père l'a destiné."

[24] Les dix autres, qui avaient entendu, s'indignèrent contre les deux frères.

[25] Les ayant appelés près de lui, Jésus dit : "Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir.

[26] Il n'en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur,

[27] et celui qui voudra être le premier d'entre vous, sera votre esclave.

[28] C'est ainsi que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude."

[29] Comme ils sortaient de Jéricho, une foule nombreuse le suivit.

 

« Accorde-nous de siéger dans Ta gloire » demandent les fils de Zébédée. De quelle gloire s’agit-il ?

Cela n’a rien à voir avec la renommée, le bruit qu’on peut faire autour d’un nom célèbre, la réussite, le prestige, les honneurs.

Dans la Bible, cela veut dire la richesse de l’être, sa plénitude, sa densité d’existence, son poids.

Puisque Dieu est amour et qu’Il n’est que cela, la gloire de Dieu, c’est Son poids d’amour.

La demande de Jacques et de Jean peut donc être prise positivement : siéger, habiter Sa gloire, c’est nous enraciner dans l’amour, c’est une demande d’intimité, de proximité, être au plus près possible. C’est pourquoi Jésus ne fait aucun reproche. Il sait discerner, je dirais, faire du tri dans cette demande, Il sait y voir ce qu’il y a de bon : ce désir de proximité et ce qui demande à être purifié : il n’y a pas de fauteuil dans le Royaume de l’amour. Fauteuil au sens de privilège, hiérarchie, préséance, place d’honneur. Il accueille leur désir et va le purifier. Pas de fauteuil mais une coupe à boire et être plongé dans un baptême.

Sa réponse est une manière de dire : Vous avez raison de vouloir être associés à ma gloire, au sens fort de ce poids d’amour. Mais cela doit être un amour qui ne triche pas. Un vrai amour, donc humble et souffrant, car aimer amène forcément de la souffrance.

Pouvez-vous être avec moi autant dans la souffrance que dans la joie ? Pouvez-vous me suivre autant au jour de la Passion qu’aux jours de la Résurrection ? Boire à la coupe et être plongé dans son baptême, c’est  se faire serviteur, renoncer aux formes diverses de domination. Sentons l’ambition que le Christ a pour nous dans cet enseignement sur le service. Il s’agit, oui de devenir grand, oui d’être le premier. Et cette ambition est celle des saints, des saintes : être premier-e dans le don.

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 23:24

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit-Saint soient avec vous tous ».

2 Co13/13 


Bienheureux sommes-nous de pouvoir nous situer devant l’Amour qui est Dieu.

Amour,  donc pas Dieu solitaire.

Amour,  donc Dieu qui est relation en Lui-même, car pour aimer il faut qu’il y ait de l’altérité, de la différence.

Il y a Dieu source de l’amour et c’est le Père.

Il y a Dieu parole de l’amour et c’est le Fils.

Il y a Dieu souffle vivifiant de l’amour et c’est l’Esprit.

Dieu-Trinité de la foi chrétienne est donc communication d’amour en elle-même.

En Elle-même mais aussi pour nous et tournée vers nous.

Aucune inégalité en Elle-même, pas de supérieur et d’inférieur, une parfaite égalité.

Un infini et divin respect de l’altérité, sans confusion ni séparation.

Une relation faite de don et d’accueil du don dans la réciprocité.

Dieu-Trinité nous façonne à Son image et nous invite à vivre entre nous, ce qu’Elle vit en elle-même donc nous invitant à nouer entre nous le même type de relation faite d’égalité, de respect, de réciprocité.

La Trinité dit notre vocation : une existence fraternelle, sororelle.

Car il y a un lien fort entre la manière de vivre entre nous et la vie trinitaire. L’amitié entre nous est à l’image de l’amitié trinitaire.

De ce fait les affirmations de la foi ne nous laissent pas tranquilles. Confesser Dieu Trinité d’amour, s’est s’engager à une vie qui promeut l’égalité, l’amitié, le respect, la réciprocité pour chacun, chacune.

C’est une grâce à désirer et à demander que pour notre foi s’incarne davantage dans nos vies.

 .

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 00:22

Dans le livre du prophète Osée au chapitre 11verset 1 à 8

 

 [1] Quand Israël était jeune, je l'aimai, et d'Egypte j'appelai mon fils.

[2] Mais plus je les appelais, plus ils s'écartaient de moi ; aux Baals ils sacrifiaient, aux idoles ils brûlaient de l'encens.

[3] Et moi j'avais appris à marcher à Ephraïm, je le prenais par les bras, et ils n'ont pas compris que je prenais soin d'eux !

[4] Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour ; j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson tout contre leur joue, je m'inclinais vers lui et le faisais manger.

[5] Il ne reviendra pas au pays d'Egypte, mais Assur sera son roi. Puisqu'il a refusé de revenir à moi,

[6] l'épée sévira dans ses villes, elle anéantira ses verrous, elle dévorera à cause de leurs desseins.

[7] Mon peuple est cramponné à son infidélité. On les appelle en haut, pas un qui se relève !

[8] Comment t'abandonnerais-je, Ephraïm, te livrerais-je, Israël ? Comment te traiterais-je comme Adma, te rendrais-je semblable à Ceboyim ? Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent.

Ce texte commence par une déclaration d’amour : « Je l’ai aimé ». C’est un rappel de libération : « D’Egypte, J’ai appelé mon fils », c’est à dire que Je l’ai libéré de l’esclavage d’Egypte.

 

Il nous offre une belle image maternelle de Dieu : Elle est  comme une mère qui élève ses enfants apprenant à marcher, prenant dans ses bras, prenant  soin d’eux, menant avec des liens d’amour, posant contre sa joue, donnant à manger.

 

La suite est en complet contraste par la description de la réponse ingrate d’Israël. Ils se sont détournés, ils ont offert des sacrifices et rendu un culte à des idoles. Ils se sont endurcis dans l’idolâtrie qui consiste à adorer quelque chose qui n’est pas Dieu.

 

Il y a l’idole du pouvoir, de l’avoir auquel on sacrifie le reste au mépris des gens. C’est à la racine de la misère dans le monde, de la violence. Il y a l’idole du fanatisme, du racisme, du sexisme,  source d’injustice. Tout cela, c’est se détourner de Dieu, se détourner de l’Amour qui est Dieu. Cela « extermine, dévore », défigure ce que Dieu a voulu.

 

Devant cela Dieu pousse un cri« Comment pourrais-Je t’abandonner Israël ? »

Dieu nous dit là, qu’Il n’interviendra pas pour faire cesser cela. Mais qu’Il est avec nous pour  combattre ce qui est « malade » dans notre monde et pour bâtir un monde plus juste, un monde où seul l’Amour est premier. Amour des autres, du monde, de Dieu.

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 23:42

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 10 verset 38 à 42

[38] Comme ils faisaient route, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison.

[39] Celle-ci avait une sœur appelée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.

[40] Marthe, elle, était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit : "Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dis-lui donc de m'aider."

[41] Mais le Seigneur lui répondit : "Marthe, Marthe, tu te soucies et t'agites pour beaucoup de choses ;

[42] pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée."

 

Cet épisode de Marthe et Marie a été « lu » comme symbolique de la vie contemplative (Marie) et de la vie active (Marthe). C’était une lecture justificatrice de la supériorité de l’une sur l’autre.  C’est un bon exemple d’interprétation qui se fourvoie faute de connaissance du contexte historique mais aussi d’aveuglement plus ou moins conscient qui favorise des intérêts.  Comment se fait-il que la situation scandaleuse décrite dans ce texte, pour la société où vivait Jésus n’a pas été perçu ? Le scandale, c’est qu’une femme  ne peut pas être disciple d’un maître, un rabbi. Etre assise au pied d’un maitre et l’écouter,  est la position du disciple. Marie la prend et Jésus approuve son choix qui est une transgression du rôle dévolu aux femmes. La meilleure part est donc, pour les femmes, d’être disciple, une part à laquelle Jésus les autorise, les appelle, auquel il leur reconnaît le droit d’aspirer. Il ne s’agit donc pas dans ce texte d’opposer l’écoute de Jésus au service de la maison. C’est un texte fort pour dire que les femmes de la même manière que les hommes, peuvent être disciples. Jésus prend position ainsi contre les discriminations dont étaient victimes les femmes sur ce point à son époque.

Contemplons donc cette scène en nous attachant à cette relation étonnante entre Jésus et Marie.

Regardons Jésus. Comprenons que le désir de Son cœur, c’est qu’on prête attention à ce qu’Il dit, qu’on L’écoute. C’est cela dont Il a besoin, dont Il a soif.

Regardons Marie qui Lui offre ce que désire Son cœur. Elle lui offre un cœur qui écoute « elle restait à écouter Sa parole ». Regardons-la désirant cette place de disciple que seul Jésus à l’audace de lui accorder. Regardons-la briser les limites qu’on lui impose.

Laissons-nous étonner par la transgression qu’Il opère, similaire à tant d’autres qu’Il a accomplies pour faire éclater tout ce qui limite, tout ce qui enferme, tout ce qui exclut.

 

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 14:27

guerison-aveugle-3.jpg

Guérison d'un aveugle. Codex Egberti, 283X234

Dans l’Evangile de Jean au chapitre 9 verset 1 à 38

 [1] En passant, il vit un homme aveugle de naissance.

[2] Ses disciples lui demandèrent : "Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ?"

[3] Jésus répondit : "Ni lui ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu.

[4] Tant qu'il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de celui qui m'a envoyé ; la nuit vient, où nul ne peut travailler.

[5] Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde."

[6] Ayant dit cela, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, enduisit avec cette boue les yeux de l'aveugle

[7] et lui dit : "Va te laver à la piscine de Siloé" - ce qui veut dire : Envoyé. L'aveugle s'en alla donc, il se lava et revint en voyant clair.

[8] Les voisins et ceux qui étaient habitués à le voir auparavant, car c'était un mendiant, dirent alors : "N'est-ce pas celui qui se tenait assis à mendier ?"

[9] Les uns disaient : "C'est lui." D'autres disaient : "Non, mais il lui ressemble." Lui disait : "C'est moi."

[10] Ils lui dirent alors : "Comment donc tes yeux se sont-ils ouverts ?"

[11] Il répondit : "L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a enduit les yeux et m'a dit : Va-t'en à Siloé et lave-toi. Alors je suis parti, je me suis lavé et j'ai recouvré la vue."

[12] Ils lui dirent : "Où est-il ?" Il dit : "Je ne sais pas."

[13] On le conduit aux Pharisiens, l'ancien aveugle.

[14] Or c'était sabbat, le jour où Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.

[15] A leur tour les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Il leur dit : "Il m'a appliqué de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois."

[16] Certains des Pharisiens disaient : "Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là, puisqu'il n'observe pas le sabbat" ; d'autres disaient : "Comment un homme pécheur peut-il faire de tels signes ?" Et il y eut scission parmi eux.

[17] Alors ils dirent encore à l'aveugle : "Toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux ?" Il dit : "C'est un prophète."

[18] Les Juifs ne crurent pas qu'il eût été aveugle tant qu'ils n'eurent pas appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue.

[19] Ils leur demandèrent : "Celui-ci est-il votre fils dont vous dites qu'il est né aveugle ? Comment donc y voit-il à présent ?"

[20] Ses parents répondirent : "Nous savons que c'est notre fils et qu'il est né aveugle.

[21] Mais comment il y voit maintenant, nous ne le savons pas ; ou bien qui lui a ouvert les yeux, nous, nous ne le savons pas. Interrogez-le, il a l'âge ; lui-même s'expliquera sur son propre compte."

[22] Ses parents dirent cela parce qu'ils avaient peur des Juifs ; car déjà les Juifs étaient convenus que, si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.

[23] C'est pour cela que ses parents dirent : "Il a l'âge ; interrogez-le."

[24] Les Juifs appelèrent donc une seconde fois l'homme qui avait été aveugle et lui dirent : "Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur."

[25] Lui, répondit : "Si c'est un pécheur, je ne sais pas ; je ne sais qu'une chose : j'étais aveugle et à présent j'y vois."

[26] Ils lui dirent alors : "Que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ?"

[27] Il leur répondit : "Je vous l'ai déjà dit et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous l'entendre à nouveau ? Est-ce que, vous aussi, vous voudriez devenir ses disciples ?"

[28] Ils l'injurièrent et lui dirent : "C'est toi qui es son disciple ; mais nous, c'est de Moïse que nous sommes disciples.

[29] Nous savons, nous, que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d'où il est."

[30] L'homme leur répondit : "C'est bien là l'étonnant : que vous ne sachiez pas d'où il est, et qu'il m'ait ouvert les yeux.

[31] Nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs, mais si quelqu'un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l'écoute.

[32] Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.

[33] Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire." (34) Ils lui répondirent : "De naissance tu n'es que péché et tu nous fais la leçon !" Et ils le jetèrent dehors.

[35] Jésus apprit qu'ils l'avaient jeté dehors. Le rencontrant, il lui dit : "Crois-tu au Fils de l'homme ?"

[36] Il répondit : "Et qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ?"

[37] Jésus lui dit : "Tu le vois ; celui qui te parle, c'est lui."

[38] Alors il déclara : "Je crois, Seigneur", et il se prosterna devant lui.

 

 

Au début du texte nous sommes en pleine ténèbre. Celle où est plongé un aveugle de naissance ? Oui, certes, mais il y a pire. C’est celle des disciples qui sont plongés dans les ténèbres d’une religion qui explique la maladie par une faute commise. Et derrière cette explication se cache une ténèbre encore plus ténébreuse, celle d’un dieu qui punirait les fautes en envoyant des maladies. Quelle ténèbre ! Et aujourd’hui encore en sommes-nous indemnes ? Cet évangile, comme tout l’Évangile, est d’abord une libération par la parole forte de Jésus : « Ni lui n’a péché, ni ses parents »Parole forte qui fait passer de la nuit au jour, de la ténèbre à la lumière. Première guérison si nous acceptons de nous laisser guérir.

Et le pire du pire, si c’est possible, est la ténèbre de la religion des pharisiens. Cette impossibilité à sortir d’un système légaliste : selon eux une guérison faite le jour du sabbat ne peut pas venir de Dieu, celui qui l’accomplit ne peut être qu’un pécheur. C’est la ténèbre de l’exclusion de tous celles et ceux qui ne rentrent pas dans leur système. L’impossibilité à s’ouvrir à la nouveauté d’une parole, à l’inattendu d’une action. La culpabilisation qui enferme les gens dans la fatalité.

Devant ce type de ténèbres, Jésus lui même n’a rien pu faire. La révolution spirituelle de Jésus ne peut rejoindre des gens murés dans leur certitude, les privilèges que cela leur donne et pour certains le « fonds de commerce » ou de position sociale, ecclésiale que cela leur procure.

 

 

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 21:54

Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 13 verset 44 à 46

[44] "Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor qui était caché dans un champ et qu'un homme vient à trouver : il le recache, s'en va ravi de joie vendre tout ce qu'il possède, et achète ce champ.

[45] "Le Royaume des Cieux est encore semblable à un négociant en quête de perles fines :

[46] en ayant trouvé une de grand prix, il s'en est allé vendre tout ce qu'il possédait et il l'a achetée.

 

« Il va vendre tout ce qu’il possède et il achète ce champ ; il va vendre tout ce qu’il possède et il achète la perle » Qui donc est cet homme ? L’interprétation habituelle de cette parabole oriente toujours notre regard vers nous-mêmes, nous invitant à une réponse généreuse à l’appel de Dieu.

Mais ne pourrait-on pas renverser les rôles ?  Pour cela, faisons  un détour par l’admiration que Jésus a eue devant la veuve du temple : « Elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre » (Lc 21,4). Car il a vu là, dans ce geste, la préfiguration du don qu’Il allait faire, donner tout ce qu’II a, toute Sa vie.

Alors ne pourrait-on pas voir dans ce chercheur de trésor et ce découvreur de perle Jésus Lui-même ? Jésus qui donne toute Sa vie pour acquérir le trésor et la perle précieuse que nous sommes. « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » disait déjà le prophète Isaïe (Is 43,4).

Avec cette interprétation Dieu se révèle découvreur et chercheur. Surpris de la rencontre ou en quête de nous rencontrer. Dans les deux cas, aimant de notre beauté, nous considérant comme précieux à Ses yeux. Sur la croix, où Il donne tout, Il va jusqu’au bout du désir fou de nous montrer le vrai visage de Dieu qui peut vaincre nos résistances. Il est le démuni devant qui toutes nos peurs de Dieu peuvent tomber.

Il n’est pas habituel d’interpréter cette parabole ainsi. Cette interprétation peut nous aider aussi à mieux nous accueillir nous-mêmes : nous sommes trésor et perle, précieux aux yeux de Dieu. Alors pourquoi ne pas échanger notre regard contre le Sien ? M’accueillir comme Il m’accueille, me voir comme Il me voit.

Cette interprétation peut nous aider aussi à mieux accueillir Dieu comme chercheur de notre amitié, offrant la sienne et l’ayant prouvé au prix fort de la Croix.

 

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 23:06

Dans le premier livre des Rois au chapitre 17 verset 2 à 16 

[2] La parole du SEIGNEUR fut adressée à Elie :

[3] " Va-t'en d'ici, dirige-toi vers l'orient et cache-toi dans le ravin de Kerith qui est à l'est du Jourdain.

[4] Ainsi tu pourras boire au torrent, et j'ai ordonné aux corbeaux de te ravitailler là-bas. "

[5] Il partit et agit selon la parole du Seigneur ; il s'en alla habiter dans le ravin de Kerith qui est à l'est du Jourdain.

[6] Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin, du pain et de la viande le soir ; et il buvait au torrent.

[7] Au bout d'un certain temps, le torrent fut à sec, car il n'y avait pas eu de pluie sur le pays.

[8] La parole du SEIGNEUR lui fut adressée :

[9] " Lève-toi, va à Sarepta qui appartient à Sidon, tu y habiteras ; j'ai ordonné là-bas à une femme, à une veuve, de te ravitailler. "

[10] Il se leva, partit pour Sarepta et parvint à l'entrée de la ville. Il y avait là une femme, une veuve, qui ramassait du bois. Il l'appela et dit : " Va me chercher, je t'en prie, un peu d'eau dans la cruche pour que je boive ! "

[11] Elle alla en chercher. Il l'appela et dit : " Va me chercher, je t'en prie, un morceau de pain dans ta main ! "

[12] Elle répondit : " Par la vie du SEIGNEUR, ton Dieu ! Je n'ai rien de prêt, j'ai tout juste une poignée de farine dans la cruche et un petit peu d'huile dans la jarre ; quand j'aurai ramassé quelques morceaux de bois, je rentrerai et je préparerai ces aliments pour moi et pour mon fils ; nous les mangerons et puis nous mourrons. "

[13] Elie lui dit : " Ne crains pas ! Rentre et fais ce que tu as dit ; seulement, avec ce que tu as, fais-moi d'abord une petite galette et tu me l'apporteras ; tu en feras ensuite pour toi et pour ton fils.

[14] Car ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu d'Israël : Cruche de farine ne se videra jarre d'huile ne désemplira jusqu'au jour où le SEIGNEUR donnera la pluie à la surface du sol. "

[15] Elle s'en alla et fit comme Elie avait dit ; elle mangea, elle, lui et sa famille pendant des jours.

[16] La cruche de farine ne tarit pas et la jarre d'huile ne désemplit pas, selon la parole que le SEIGNEUR avait dite par l'intermédiaire d'Elie.

 

Elie va se cacher au torrent de Kerit à l’Est du Jourdain. Il le fait sous l’inspiration de Dieu. Expérience de solitude, de désert pour entendre une Parole de Dieu qui peut le nourrir. On peut faire un parallèle avec Jésus. Il a pris ce temps de 40 jours au désert pour fonder sa vie dans l’écoute de la Parole. Regarder cela et prendre conscience de ce que cela peut éveilleren moi.

 

Il va ensuite à Sarepta. Et c’est à une veuve que Dieu confie le soin de le garder en vie, une veuve d’un pays étranger. Là aussi, on peut faire un parallèle avec Jésus. Il demandera aussi à boire à une femme samaritaine. De ce fait ainsi Elie est préfiguration du Christ.

Repenser aux rencontres du Christ avec des étrangers, des païens, tout le bien qu’il dit d’eux. Signe que l’Esprit Saint anime des gens qui n’ont pas reçu la révélation biblique. Comment j’accueille cela ?

 

« Apporte –moi donc un peu d’eau…du pain » On peut entendre cette parole pour nous aussi. Et si c’était Dieu lui-même qui attendait quelque chose aussi de moi? Quoi ? Notre présence, notre amour…

 

Cette femme est au bord de la mort, la famine est terrible, elle n’a plus qu’un peu de farine et un peu d’huile. Il peut y avoir pour nous aussi des situations sans solution, quelque chose qui bloque en nous, une pauvreté, une blessure, une désespérance, un à quoi bon. Alors dans la prière, on peut reprendre à notre compte les mots de cette femme en les adaptant à notre situation : Je n’ai pas…Je n’ai qu’un…Si je fais, je vais pouvoir entendre les paroles du prophète pour moi-même. « Ne crains pas »,  appel à la confiance, appel à un don : Donne-moi ce que tu as, c’est à dire ce qui te préoccupe, donne-moi le peu que tu as et quelque chose de neuf pourra naître en ta vie. « Jarre de farine ne s’épuisera, cruche d’huile ne se videra »

 

Elle alla et fit comme lui avait dit Elie. Cette fois-ci, cette femme préfigure Marie dans son  « Qu’il me soit fait selon ta parole » et aussi l’appel qu’elle fait aux serviteurs de la noce : « Tout ce qu’il vous dira de faire, faites-le ».

Avec cette femme, avec Marie, entrer moi aussi dans cette confiance.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 17:32

Dans l'Evangile de Luc au chapitre 2  verset 41 à 52

[41] Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque.

[42] Et lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent, comme c'était la coutume pour la fête.

[43] Une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents.

[44] Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances.

[45] Ne l'ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem.

[46] Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ;

[47] et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses.

[48] A sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit : "Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés."

[49] Et il leur dit : "Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ?"

[50] Mais eux ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire.

[51] Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur.

[52] Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

1ère piste

Regarder ces parents.

*Regarder leur confiance en leur enfant. Ils savent le laisser vivre : une journée sans le voir, ce n’est pas une inquiétude. Ils n’ont pas cette attitude fébrile qui surprotège et étouffe.

Mais ils savent légitimement être inquiets au bout d’une journée sans le voir.

*Regarder tout ce qu’ils font pour le retrouver : chercher parmi les proches et connaissances, retourner à Jérusalem.

*Ecouter la parole de Marie à Jésus quand ils le retrouvent : « enfant pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ton père et moi sommes au supplice en te cherchant. Entendre comment cela est dit. Marie pose une question, elle n’accuse pas. Son angoisse dit son amour. Cela permet à l’enfant d’expliquer son attitude.

*La réponse de Jésus, ils ne la comprennent pas. C’est le propre des parents de ne pas comprendre le mystère de leur enfant. Accepter de ne pas comprendre et laisser l’autre aller son chemin, continuer à l’accompagner.

Laisser descendre en moi cette manière d’être parent qu’avaient Marie et Joseph.

 

2ème piste :

Regarder Jésus  

Sa décision d’aller au temple sans prévenir ses parents. S’étonner de cette attitude d’autonomie de celui qui prend sa vie en main. Il va chercher au temple une confirmation de ce qu’il pressent en lui. Il est tout entier dans cette recherche.

Le regarder parmi les docteurs de la Loi. Il écoute, il parle. Il pose des questions et lui aussi répond. Les Anciens sont étonnés de son intelligence et de ses réponses

 

3ème piste

Regarder Marie

Elle ne comprend pas mais retient en son cœur.

M’emplir de cette attitude car cela permet de comprendre que peu à peu l’obscur peut s’éclairer.

 

4ème piste

Joseph et Marie ont perdu Jésus pendant trois jours : trois jours de recherche sans trouver. Ce sont les trois jours entre Vendredi Saint et Pâques où Dieu semble absent où Dieu se tait.

Mettons toute notre ardeur à Le chercher. Le chercher c’est déjà Le trouver. Et Lui nous a déjà trouvés.

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 20:20

 

Le Centre spirituel du Cénacle propose 4 rencontres animées par des professeures de théologie du Centre Sèvres et du Cercle Culturel de l'Oasis :

Evelyne Maurice, Chantal Reynier et Isabelle Reusse

 

Sur les thèmes suivants :

Histoire du Concile, lundi 10 décembre

Pourquoi lire les Ecritures, lundi14 janvier

L’Eglise, lundi11 février

Tous appelés à la sainteté, lundi18 mars

 

de 20h30 à 22h

 

Chaque soirée présentera un texte majeur de Vatican II.

 

Il n'est pas nécessaire de s'inscrire à l'ensemble du parcours.

 

Inscrivez-vous en cliquant sur le lien : http://www.ndcenacle.org/?fonction=rubrique&lieu=4&proposition=549&id=24

 

Vous y trouverez le dépliant à télécharger.

Vous pouvez vous inscrire en ligne.

 

Venez nombreux, ça vaut la peine

 

 

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