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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 23:28

 

 

Ici commence la publication d’une étude que j’ai faite sur une encyclique du pape Jean-Paul II « Mulieris dignitatem » parue le 15 aout 1988. Cette étude comporte 80 pages. Je vais donc la publier à raison d’article de 3 ou 4 pages. J’espère que cela passionnera au point d’attendre avec impatience les suivants !

Je commence par l’introduction.

 

S'il est un bouleversement majeur intervenu depuis un siècle, en particulier en Occident, c'est bien celui des relations entre femmes et hommes. Ce bouleversement peut, parmi plusieurs aspects, se décrire comme l'émancipation d'une tutelle. Le domaine juridique en France en constitue une bonne illustration. Il faut attendre 1938 pour que soit supprimée la puissance maritale et abrogée l'incapacité civile des femmes; attendre 1965 pour que la femme mariée ne soit plus considérée comme mineure; 1966 pour qu'elle puisse exercer un métier sans avoir besoin de l'autorisation de son mari; attendre 1970 pour que la puissance paternelle soit remplacée par l'autorité parentale et que soit supprimée, dans le couple, la notion de chef de famille. (M. FERRAND, Féminin Masculin, Paris,  Ed. La Découverte 2004 collection repères n°389  page 120-122 ) Ces mesures ont contribué,  peu à peu, en France à sortir d’un système qui a prévalu pendant des siècles et qu’on a coutume de nommer patriarcal.

Mais cette émancipation et cette sortie du patriarcat sont  loin d'être gagnées dans toutes les parties du monde où des femmes continuent de subir violences et injustices, d'abord comme tout être humain, mais plus encore en tant que femmes. (« L’égalité sociale, politique et économique des femmes fait partie intégrante de la réalisation de l’ensemble des objectifs du Millénaire pour le développement. Tant que les femmes et les filles ne sont pas libérées de la pauvreté et de l’injustice, tous nos objectifs – la paix, la sécurité, le développement durable – seront en péril ».

Déclaration du Secrétaire général Ban Ki-moon, le 28 juin 2010, qui introduit le rapport de l’ONU : la justice pour les femmes, la clé pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. UNIFEM (Fonds de développement des Nations-Unies pour la femme) Sur internet : www.unifem.org/pdfs/MDGBrief-Fra.pdf.) De plus cette émancipation et cette sortie du patriarcat  sont  encore loin d'être acquises  dans tous les domaines, il suffit de citer parmi d'autres aspects, en France, la différence de rémunération, l’inégale répartition du travail matériel dans les familles, les violences conjugales dont majoritairement les femmes sont les victimes.

Une des questions débattues est d'évaluer la part positive du christianisme dans cette émancipation mais aussi sa part de responsabilité dans la légitimation et le maintien de ce patriarcat au cours de l'histoire.

Les raisons de cette hiérarchie dépassent largement la sphère chrétienne et religieuse (F.HERITIER, Masculin Féminin, II, dissoudre la hiérarchie, Paris, Ed. Odile Jacob, 443p ) mais  une certaine manière de traduire et d’interpréter les textes a  légitimé une situation de fait, ceci avec d’autant plus de force qu'elle se réclamait de l’autorité même de Dieu. De ce point de vue, ce travail  se veut une petite contribution à un travail de mémoire, en vue  de continuer à se libérer de pratiques discriminantes. Ceci explique pourquoi on y trouvera des citations importantes de textes qui ont façonné des mentalités et ont justifié des fonctionnements. Ils permettront de mieux saisir le regret que Jean-Paul II exprimait lui-même dans sa lettre aux femmes en juin 1995 :

« Il ne serait certes pas facile de déterminer des responsabilités précises, étant donné le poids des sédimentations culturelles, qui au cours des siècles ont formé les mentalités et les institutions. Mais si, dans ce domaine, on ne peut nier, surtout dans certains contextes historiques, la responsabilité objective de nombreux fils de l’Eglise, je le regrette sincèrement. » (JEAN-PAUL II, Lettre aux femmes, 29 juin 1995) Sans méconnaître l’apport positif  du christianisme (A.M. PELLETIER, Le christianisme et les femmes, 20 siècles d’histoire, Paris, Cerf, 2001,) la préoccupation qui est la mienne est de comprendre en quoi certaines traductions et interprétations de la Bible ont pu contribuer, légitimer et donc renforcer le maintien d'une situation inégalitaire. Et comment, aujourd’hui,  le discours du magistère romain peut-il aider cette émancipation ou la freiner.

C’est pourquoi, j’ai choisi de faire une lecture attentive de la lettre encyclique Mulieris dignitatem. Cette lettre est, à ce jour, un texte qui en la matière possède la plus haute autorité du magistère romain. Comment est pensée la différence homme-femme ? En quoi cette pensée de la différence est-elle au service de la justice, de l’émancipation des femmes de tout ce qui les entrave, en quoi favorise-t-elle leur libération ? En quoi, au contraire, cette pensée peut-elle freiner ce mouvement de justice, d’émancipation, de libération ?

La première partie de ce travail consistera en une lecture attentive chapitre par chapitre de ce document. Elle sera bienveillante pour mettre en lumière tout le positif et la nouveauté qu’elle comporte. Elle sera aussi questionnante, car, pour la femme que je suis, ( et bien sûr, bien au-delà de moi ) cette lettre est insatisfaisante. 

La deuxième partie développera la nouveauté du discours qui, de fait,  est au service d’une libération et qui représente des arguments forts contre toute discrimination. Cette nouveauté en premier lieu porte sur la théomorphie,  (la femme autant « image » de Dieu que l’homme masculin). Et pour faire saisir la nouveauté du discours, il sera nécessaire de faire mémoire de la théologie qui a prévalu avant le concile Vatican II, et pour qui cette théomorphie de la femme était loin d’être évidente.

En second lieu, la nouveauté porte sur l’interprétation du texte de la lettre aux Ephésiens au sujet de la soumission de la femme mariée à son mari. Mulieris dignitatem, en interprétant ce texte comme une soumission réciproque, rompt aussi avec ce qui était jusqu’alors enseigné.

Voici pour le côté positif qui est vraiment au service des femmes du monde entier dans leur combat contre tout ce qui les marginalise et le côté positif d’une pensée de la différence qui est non-discriminante.

Mais dans cette lettre, un autre discours se fait entendre à tel point que je me suis demandé si plusieurs auteurs, ayant des options différentes, se seraient partagé la rédaction de cette lettre.

En effet des pages fortes sur l’égalité dans la différence,  se côtoient avec une pensée de la différence qui réintroduit l’inégalité de deux manières : l’importance accordée à la symbolique de l’Epoux pour dire Dieu, donc de sa caractéristique masculine. La typologie Christ/ Adam qui met le masculin du côté du divin et la typologie Marie/Eve qui met le féminin du côté de la réponse humaine réceptrice.

La troisième partie essaiera après l’analyse des deux premières parties, de synthétiser les grandes lignes de l’anthropologie théologique de cette lettre encyclique pour mieux en comprendre les fondements.

Devant cette pensée particulière de la différence, dans son versant qui continue à véhiculer une inégalité, je me suis demandé à quelle condition un autre langage serait possible. C’est l’objet de la quatrième partie qui porte sur l’interprétation symbolique de la figure d’Adam, sur une autre conception de la révélation, une pensée trinitaire non monarchique, une anthropologie de la différence non-discriminant.

La pensée de la différence homme-femme pout être abordée sous des angles divers, par exemple psychologique, sociologique. J’ai choisi de me limiter à une lettre encyclique, aux textes bibliques et à leurs interprétations. A cause de l’impact qu’ils ont pu avoir et ont encore sur les mentalités et sur les décisions institutionnelles. A cause de l’importance qu’il y a à les interpréter différemment pour ouvrir un avenir meilleur pour les femmes et pour les hommes. La lettre encyclique Mulieris dignitatem m’a paru, de ce point de vue, être un bon lieu pour y déceler à la fois ce qui va dans le sens de l’avenir mais aussi de ce qui reste  un passé qui fige dans un stéréotype.

 

 

 

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 10:10

Ce récit de guérison (Mc 5, 25-34) peut nous éveiller à la liberté de Jésus. Pourquoi veut-Il savoir qui l’a touché ? Il sait qu’Il a guéri quelqu’un, cela ne lui suffit-Il pas ? Que veut-Il de plus ? Sûrement une rencontre personnelle. Car nous le savons, Il est plus qu’un « guérisseur », Il est sauveur. Le salut qu’Il donne, c’est d’abord Lui-même, c’est le cadeau d’une rencontre, d’une attention à l’autre, d’une question qui suscite une réponse, d’un dialogue qui s’installe.

 

Mais pour cette femme, le salut prend une dimension supplémentaire. Cette maladie dont elle souffre, est source d’exclusion sociale. Elle est considérée comme « impure » (Lv 15/9) et si elle a un contact physique avec quelqu’un, elle le rendra impur ! Au regard de cette loi religieuse, elle a donc rendu impurs tous les gens qu’elle a touchés dans la foule et Jésus Lui-même.

C’est donc une transgression majeure qui nous explique la stratégie d’anonymat de cette femme !

Et pour Jésus, vouloir rendre public aux yeux de tous cette guérison,  est une prise de position : Jésus ne se considère pas comme impur d’avoir été touché par elle et donc de fait, déclare caduque cette loi d’impureté qui excluait les femmes qui en étaient atteintes.

 

L’appeler « Ma fIlle » n’est pas anodin. Dans un cas semblable de situation d’exclusion,  à Zachée le publicain, Jésus dira : «  N’est-Il pas lui aussi fIls d’Abraham ? » (Lc 19/9). Ainsi, les  paroles qu’Il adresse à cette femme, lui rendent sa dignité, la valorisent au sujet de sa foi, la réintroduisent dans l’espace social, lui font cadeau de la paix.

 

Jésus a donné à cette femme « le désir et la force de briser les chaînes du destin qui entravaient sa liberté…la clarté libératrice de son enseignement a exorcisé sa peur. Il lui a rendu possible un avenir différent et Lui a rendu la parole à elle qui en était dépossédée » (Voir le livre de  J. MOINGT, l’homme qui venait de Dieu, Cerf, 2002, Cogitatio fidei n°176, p 47)

 

Voici la force libératrice de l’Evangile.

 

[25] Or, une femme atteinte d'un flux de sang depuis douze années,

[26] qui avait beaucoup souffert du fait de nombreux médecins et avait dépensé tout son avoir sans aucun profit, mais allait plutôt de mal en pis,

[27] avait entendu parler de Jésus ; venant par derrière dans la foule, elle toucha son manteau.

[28] Car elle se disait : "Si je touche au moins ses vêtements, je serai sauvée."

[29] Et aussitôt la source d'où elle perdait le sang fut tarie, et elle sentit dans son corps qu'elle était guérie de son infirmité.

[30] Et aussitôt Jésus eut conscience de la force qui était sortie de lui, et s'étant retourné dans la foule, il disait "Qui a touché mes vêtements ?"

[31] Ses disciples lui disaient : "Tu vois la foule qui te presse de tous côtés, et tu dis : Qui m'a touché ?"

[32] Et il regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela.

[33] Alors la femme, craintive et tremblante, sachant bien ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.

[34] Et il lui dit : "Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton infirmité."

 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 23:59

La source de la liberté de Jésus se trouve dans le récit du baptême quand il reçoit cette parole:

« Celui-ci est mon fils, l’Aimé en qui je me plais »

Etre fils en qui le Père se complaît, c’est n’avoir rien à prouver, rien à conquérir, car tout est déjà donné, offert.

Il ne peut donc plus avoir cette quête anxieuse, ce besoin de reconnaissance, cette avidité pour ce qu’on n’a pas, qui, pour nous, peut tellement nous rendre prisonniers des choses et des autres.

Il s’agit donc d’entendre cette parole du Père au Fils, l’entendre comme une parole qui dit sa liberté et croire que cela ne concerne pas seulement Jésus mais que c’est aussi pour nous, car Jésus  est venu pour nous partager sa liberté de Fils.

A nous aussi, le Père dit « Tu es mon fils, ma fille,

l’Aimé-e en qui je me plais ».

 

Et de ce fait, comme Jésus, nous pouvons dire des « oui » et des « non ».

Le oui de la foi,

et le non au doute qu’essaie d’insinuer le diable.

Le oui au manque,

comme espace pour creuser le désir, recevoir les êtres et les choses comme un don,

et le non à l’immédiateté du tout  tout-de-suite qui veut accaparer pour soi seul.

Le oui du long cheminement de la foi,

et le non de ce qui veut s’imposer par la force de l’évidence.

Le oui à un déjà donné de toute éternité, gratuitement par pure grâce,

et le non à un donnant-donnant, à la puissance au prix du rejet de l’amour.

 

Jésus sait qu’il est le Fils, donc que tout ce qui est au Père est à lui. C’est pourquoi, il est libre.

Il en est de même pour nous, puisque le Christ nous a fait cohéritiers avec lui.

Usons de cette liberté pour dire oui à la vie.

 

Matthieu 3/13-17

13] Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui.

[14] Celui-ci l'en détournait, en disant : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !"

[15] Mais Jésus lui répondit : "Laisse faire pour l'instant : car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice." Alors il le laisse faire.

[16] Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l'eau ; et voici que les cieux s'ouvrirent : il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

[17] Et voici qu'une voix venue des cieux disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur.

Matthieu 4/1-4

[1] Alors Jésus fut emmené au désert par l'Esprit, pour être tenté par le diable.

[2] Il jeûna durant 40 jours et 40 nuits, après quoi il eut faim.

[3] Et, s'approchant, le tentateur lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains."

[4] Mais il répondit : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu"

[5] Alors le diable le prend avec lui dans la Ville Sainte, et il le plaça sur le pinacle du Temple

[6] et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et sur leurs mains ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre."

[7] Jésus lui dit : "Il est encore écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu."

[8] De nouveau le diable le prend avec lui sur une très haute montagne, lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire

[9] et lui dit : "Tout cela, je te le donnerai, si, te prosternant, tu me rends hommage."

[10] Alors Jésus lui dit : "Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte."

[11] Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s'approchèrent, et ils le servaient.

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 18:36

Quelle joie de pouvoir être auditeurs de l’Evangile comme nous le sommes !

Quelle joie de pouvoir nous glisser dans ce groupe de publicains et de pécheurs  et comme eux s’approcher et écouter une parole où Jésus nous dit la valeur, le prix que nous avons à ses yeux.

Et oui, ces deux paraboles (comme la troisième bien connue, dite du « fils retrouvé ») nous disent d’abord le prix que nous avons aux yeux de Dieu. Elles nous comparent à une brebis, une pièce d’argent et un enfant. Ces comparaisons disent toutes les trois à leur manière une richesse et  une valeur qui ne doivent pas se perdre et qui demandent de tout mettre en œuvre pour être retrouvées. Et à chaque fois, cette valeur ou richesse est unique. Car pour Dieu, chacun, chacune de nous est sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien-aimé-e !

Qu’il est meilleur le regard de Dieu sur nous si nous le comparons à celui que nous avons sur nous-mêmes !

 

C’est pourquoi l’Evangile est bonne nouvelle. C’est pourquoi l’appel à la conversion est appel à changer notre regard. En fait, c’est faire un échange : renoncer au nôtre et accueillir celui de Dieu. Je suis sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien-aimé-e et il n’a de cesse de me chercher, de me trouver et de me retrouver.

 

L’autre lieu de conversion est donc aussi un appel à transformer nos images de Dieu. Sont-elles en coïncidence  avec ce qui nous est révélé ici de Dieu ?

Dieu comme un berger qui court à ma recherche, qui me met sur ses épaules.

Dieu comme une femme qui allume une lampe pour me chercher sans se lasser.

Dieu comme un père qui fait la fête à l’enfant retrouvé que je suis.

 

Oui, c’est bien de bonnes nouvelles pour notre vie dont l’Evangile est porteur. Laissons-nous libérer par elles. Ce sont elles qui peuvent dilater notre cœur et transformer quelque chose en nos vies.


Dans l'Evangile de Luc au chapitre 15 verset 1 à 10

[1] Cependant tous les publicains et les pécheurs s'approchaient de lui pour l'entendre.

[2] Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : "Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !"

[3] Il leur dit alors cette parabole :

[4] "Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et vient à en perdre une, n'abandonne les 99 autres dans le désert pour s'en aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée ?

[5] Et, quand il l'a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules

[6] et, de retour chez lui, il rassemble à moins que ton « assemble » sans « r » soit volontaire, comme plus bas ? amis et voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue !

[7] C'est ainsi, je vous le dis, qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes, qui n'ont pas besoin de se repentir.

[8] "Ou bien, quelle est la femme qui, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n'allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée ?

[9] Et, quand elle l'a retrouvée, elle rassemble amies et voisines et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, la drachme que j'avais perdue !

[10] C'est ainsi, je vous le dis, qu'il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent."

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 23:12

Bonjour à toutes celles et ceux qui lisent mon blog

Merci de l’attention que vous y portez  et de vos encouragements.

Vous me dites que cela vous aide et je m’en réjouis.

Depuis sa création en juillet 2011, ce blog a reçu 8143 visites et 18048 pages ont été lues. Il peut être facilement accessible si on écrit « au bonheur de Dieu » sur google puisqu’il est en premier sur la première page.

 

Cet article a pour but de répondre à des questions qu’on me pose.

 

1-Comment avoir la liste de tous les articles écrits ?

Sur la droite de la page qui s’affiche, vous avez un carré qui a pour titre « Présentation » (sur fond bleu) En dessous, vous en avez un autre qui s’appelle : « Articles récents ». (sur fond bleu) En bas de cette liste, vous cliquez sur liste complète.

Actuellement il y a 4 pages. C’est la 1ère qui apparaît. Si vous voulez voir les autres vous cliquez sur 2 ou 3 ou 4.

Si dans ces pages, un article vous intéresse, vous cliquez sur le titre.

 

2-Comment trouvez un article sur un sujet qui vous intéresse ?

Par exemple, vous cherchez un article qui parle du discernement.

Toujours sur la droite, en dessous de « Mes sites préférés», vous avez

« Recherche » (sur fond rose). Vous écrivez le mot de votre recherche. Vous cliquez sur OK. Vont apparaître tous les articles qui parlent de ce sujet ou qui ont ce mot dans l’article. Ensuite vous cliquez sur ceux qui vous intéressent.

 

3-Comment recevoir sur votre boîte mail, l’annonce d’un nouvel article ?

En dessous de « recherche » il y a également sur fond rose un carré appelé « Newsletter ». Vous écrivez votre adresse mail. Ensuite vous déroulez pour faire apparaître les deux options :

-notifications de publication d’articles : Si vous laissez le v, à chaque fois que j’écris un nouvel article, vous serez prévenus par un mail avec le titre de l’article et ses premiers mots

-newsletter du blog : si vous laissez le v, vous recevrez une lettre que j’écris de temps en temps.

Pour valider ces 2 options, n’oubliez pas de cliquer sur OK

Si vous ne souhaitez que l’une ou l’autre, vous enlevez le v

 

4-Comment écrire un commentaire à un article ?

En bas de tous les articles, il y a le mot « écrire un commentaire »

C’est écrit en bleu en tout petit. Vous cliquez. On vous demande votre adresse mail et vous écrivez votre réaction.

 

5-Comment m’écrire un message personnel ?

Tout en bas de tous les articles, il y a le mot contact. Vous cliquez dessus. On vous demande votre adresse mail et vous écrivez.

 

6-Comment imprimer un article?

En bas de chaque article, il y a le mot « plus ».

Vous vous positionnez dessus : apparait un dessin d’imprimante ;

Vous cliquez dessus. Le texte apparait et vous cliquez sur imprimer.

 

Bonne lecture et parlez-en aux ami-es !

 

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 23:41

Ce lundi au Centre spirituel du Cénacle de Versailles, nous avons eu une liturgie de la parole. Nous célébrons ainsi une fois par mois. Ce jour-là, c’était Sr Agnès Hédon qui l’animait.

Après un chant, nous avons écouté l’Evangile du jour. Elle nous a invité-es à le méditer en silence. Le voici

Jésus disait à la foule :

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.

Ne jugez pas, vous ne serez pas jugés ;

Ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés.

Pardonnez, et vous serez pardonnés.

Donnez, et vous recevrez :

                   une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,

                   qui sera versée dans votre tablier ;

 Car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. » Lc 6,36-38

Puis, par groupe de 3, nous avons partagé le fruit de notre méditation.

 

Nous avons ensuite écouté son commentaire. Le voici :

Il était une fois un homme assis près d'une oasis, à l'entrée d'une ville du Moyen Orient. Un jeune homme s'approche de lui et lui demande :

Je ne suis jamais venu dans cette ville. Comment sont les gens qui vivent ici ?

Le vieil homme lui répond par une question :

Comment étaient les gens de la ville d'où tu viens ?

Égoïstes et méchants. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'étais bien content de partir.

Tu trouveras les mêmes ici, lui répondit le vieil homme.

Un peu plus tard, un autre jeune homme s'approche et lui pose la même question :

Je viens d'arriver dans la région. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme lui répondit de même :

Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens de la ville d'où tu viens ?

Ils étaient bons, accueillants, honnêtes. J'y avais beaucoup d'amis et j'ai eu beaucoup de mal à les quitter.

Tu trouveras les mêmes ici, lui répondit le vieil homme.

Un marchand, qui faisait boire ses chameaux, avait entendu les deux conversations. Dès que le second jeune homme s'éloigna, il s'adressa au vieillard sur un ton de reproche :

Comment peux-tu donner deux réponses différentes à la même question ?

Mon fils, dit le vieillard, chacun porte son univers dans son cœur. D'où qu'il vienne, celui qui n'a rien trouvé de bon par le passé ne trouvera rien ici non plus. Par contre, celui qui avait des amis dans l'autre ville en trouvera de nouveaux ici. Car on se retrouve toujours dans l'autre, comme dans un miroir.

« La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

Une parole de sagesse.... ce que nous apprend la vie !

« Ne jugez pas, vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et vous recevrez. »

Finalement il s'agirait de savoir faire un bon calcul. Une sagesse qui serait une simple hygiène de vie : le moyen de ne pas se trouver pris dans des conflits et de cultiver la tranquillité ou au moins une paix apparente....

C'est la première phrase de ce petit passage de l'évangile de Luc qui fait la différence :

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. »

C'est ce « comme » qui change tout !

Cette miséricorde du Père, qui se décline en non jugement, non condamnation, don et pardon sans mesure, amour des ennemis, Jésus l'a manifestée sous nos yeux.

Le pardon tel que Jésus le révèle et l'incarne est inaccessible à l'homme laissé à ses seules forces.

Il faut être introduits dans la gratuité de Dieu, y avoir part, pour pouvoir offrir et accueillir un pardon à la manière de Dieu « comme lui ». Ce que nous, nous essayons de vivre tant bien que mal au jour le jour dans nos relations porte la trace de cette gratuité de Dieu.

Quand nous ne nous contentons pas d'excuses, d'oubli, de négation ou de silence, de justification, quand nous résistons à  la distance et la mésestime, déjà nous sommes sur le chemin du pardon évangélique et cela a goût de recréation, de résurrection.

« Apprenez de moi, mettez-vous à mon école, dit Jésus, car je suis doux et humble de cœur. »

Devant le Christ en croix :

« ...imaginant le Christ Notre Seigneur devant moi, placé sur la croix... » (Ex. Sp. n° 53)

Ecouter de lui :

« Père, pardonne-leur... »

« Aujourd'hui tu seras avec moi... »

« ...imaginant le Christ Notre Seigneur devant moi, placé sur la croix... »

Lui parler comme à un ami.

 

Nous sommes resté-es un moment en silence devant le Christ en croix, puis nous avons écouté le chant « Ame du Christ » en latin.

 

Cette liturgie de la Parole s’est terminée par une prière de conclusion :

« Quand j'aurai faim, donne-moi quelqu'un à nourrir.

Quand j'aurai soif, donne-moi quelqu'un à abreuver.

Quand j'aurai envie de pleurer, donne-moi quelqu'un à consoler.

Quand j'aurai mal, donne-moi quelqu'un à soigner.

Quand j'aurai envie d'être seul-e, donne-moi quelqu'un à visiter... »

Seigneur, élargis notre tablier, nos cœurs, pour les ajuster au tien

pour les ajuster au don que tu veux nous faire.

Conforme-nous chaque jour davantage à ta miséricorde.

Donne-nous aussi de bons yeux pour voir cette mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante

que tu verses déjà chaque jour dans nos tabliers,

et pour accueillir avec gratitude ce don des années de vie 40, 50, 60, 70 et 80 ans que tu nous donnes pour louer, aimer, servir.

Nous te le demandons par Jésus Christ, visage de ta miséricorde ;

Lui qui règne avec toi, Père, et avec l'Esprit Saint dans les siècles des siècles.

 

 

 

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 18:20

Voici un article qui traite du discernement. Pour le faire, je me suis inspirée d’un excellent petit livre écrit par Sr Monique Lorrain : Discerner. Que se passe-t-il en nous. Dans la collection Vie chrétienne. Je vous recommande la lecture de ce livre simple et profond.

 

1ère partie : Il se passe des choses en nous

Comment vas-tu ? Question qu’on pose quand on rencontre quelqu’un. Question importante. Personnellement je suggère souvent de la poser au début d’un temps de prière. Entendre Dieu qui nous la pose. Pouvoir lui parler de ce qui nous habite. Descendre en soi, sonder son cœur. Passer de la superficie de soi à l’intérieur de soi. Pas si facile. D’autant plus si on a eu une éducation qui vous a dit :

" ne t’écoute pas" ( Cela a pu avoir du positif, un appel à un dépassement de soi. Mais cela comporte des aspects négatifs, se couper de soi-même)

 

En tout cas dans une retraite spirituelle telle que la conçoit  Ignace de Loyola, il est important de s’y exercer : s’exercer à avoir accès à son cœur profond.

Il y a là une position théologique forte : le cœur profond c’est le lieu de Dieu, là où Il parle, donc le lieu d’une décision libre.  Le discernement va se faire à partir de  ce qu’on aura repéré comme mouvement dans son cœur profond.

Pas facile, donc il faut s'y exercer. Il va falloir que le texte biblique ne reste pas à l’extérieur à soi, donnant lieu seulement à des idées, une explication de texte, un commentaire, mais qu’il soit une parole qui nous rejoint au plus intime de nous.

Il va s’agir  de repérer ce qui dans ce texte m’a réjoui-e, m’a rendu-e heureux-se, m’a donné du goût de vivre d’aller de l’avant, du courage, de la paix.

Repérer au contraire, ce qui a été lieu de lourdeur, de tristesse, de découragement.

 

Cela vaut pour la méditation d’un texte mais aussi au terme d’une journée, pouvoir repérer ce qui m’a dynamisé-e ou m’a déprimé-e.

Si je ne suis pas attentif-ve à cela, je risque de me laisser balloter, comme un navire qui n’aurait pas de gouvernail et qui irait selon le vent.

 

Il s’agit donc de prendre conscience de ces mouvements en nous, ne pas les nier : oui je suis en colère de… ; oui j’ai tel désir de… ; oui, cela me rend heureux-se

Je vais pouvoir repérer ce qui est générateur de vie pour l’accueillir.

Repérer ce qui contrarie la vie en moi pour m’en défendre.

Si je fais cela je tiens le gouvernail : j’utilise le bon vent, je vais dans son sens et je me défends de celui qui me fait dériver.

 

 

2ème partie : d’où ça vient ?

Après les avoir repérés, il s’agit d’en trouver l’origine, d’où ça vient

 

1-Des mouvements peuvent venir de nous, en ce que nous sommes créé-es à l’image de Dieu.
Donc ils viennent de notre cœur dans sa capacité de bonté, de beauté, vérité

 

2-ils peuvent venir de la part blessée en nous : les blessures de la vie, celles reçues des autres, de celles aussi dont nous sommes acteurs

 

3-ils peuvent venir de l’Esprit Saint

Le cœur bon en nous et l’Esprit Saint sont solidaires, ils s’entraident mutuellement.

L’Esprit Saint encourage la vie, la bonté, la vérité qui est en nous. Il va aider à nous ouvrir davantage aux autres, au monde, à lui. Il va favoriser la joie, la louange, la lumière, la vérité, le pardon, la force, le courage

Il va panser nos blessures.

 

4- ils peuvent venir aussi du mauvais esprit

Car un autre veut empêcher tout cela, combattre la relation à Dieu. Il s’oppose à cet élan de vie, il veut défaire ce qui est bon et beau en nous, il essaie de susciter des mouvements de mensonge, de secret, de mépris, de tentation, de doute, de division, de désordre, de peur, de séduction.

Il va utiliser nos blessures pour nous enfoncer davantage.

 

3ème partie : l’action opposé de l’Esprit Saint et du mauvais esprit

Je reproduis ici le tableau très éclairant de Monique Lorrain à la page 13

LE MAUVAIS ESPRIT

contraint, oblige, enchaîne

embrouille, trompe

décourage, affaiblit

trouble, met dans la peur

inquiète sur le passé et le futur

fait douter

plonge dans le désespoir

favorise égoïsme et repli sur soi

divise, accuse, rend malveillant

enferme dans l'orgueil

rend triste, amer

entraîne à la désolation

aveugle et endurcit le coeur

fait douter du pardon

 

LE BON ESPRIT

invite, respecte notre liberté

éclaire, fait la vérité

encourage, fortifie

apaise, met dans la confiance

aide à vivre le moment présent

fortifie la foi

enracine dans l'espérance

entretient l'amour, l'ouverture

construit l'unité, la fraternité

met dans l'humilité

éveille à la joie, la louange

donne le goût spirituel

invite à la conversion, à la reconnaissance de notre péché

ouvre à la miséricorde

 

4ème partie : où ça va ?

 

1-Quand nous sommes en situation de dynamisme qui nous pousse vers le haut :

*L’Esprit Saint donne force, courage, chasse nos peurs, donne l’ énergie pour aimer, servir, il soutient ce qui en nous veut aller vers la vie, il veut nous conduire vers la vie.

*le mauvais esprit décourage, met des obstacles «  tu n’y arriveras jamais », il met l’inquiétude, le trouble, la méfiance en soi, en Dieu dans les autres, il veut nous nous faire changer de voie, quitter notre montée vers la vie et nous faire prendre la pente qui va vers la mort.

 

2-Quand nous sommes en situation de descente vers le bas

*l’Esprit Saint va nous dire : « attention », reprends –toi, rebrousse chemin, il suscite une légitime inquiétude, dérange notre somnolence, suscite une insatisfaction, il veut freiner et arrêter la descente qui nous mène à la mort.

*le mauvais esprit encourage la descente  « vas-y , ne t’inquiète pas , tout le monde fait pareil, ne te pose pas de question », il endort la conscience.

 

5ème partie : consolation/ désolation

 

1-Consolation

Il y a des périodes de notre vie où nous vivons une consolation spirituelle.

Période de vitalité spirituelle

Cela peut se vivre de différentes façons :

*cœur tout brûlant qu’ont connu les disciples d’Emmaüs Lc 24/32

L’amour de Dieu est ressenti de manière forte. Situation de l’amoureux

*pas forcément ressenti mais plus fréquent : augmentation de foi, de confiance en Dieu, en soi, dans les autres ; force qui permet d’avancer, même dans l’épreuve, une paix qui fait vivre le quotidien

*mais aussi sous forme d’une découverte douloureuse de son péché qui me fait me jeter dans les bras de Dieu, vraie contrition  (qui n’a rien à voir avec la fausse culpabilité, le remords qui est jugement terrible de soi par soi).

*consolation qui donne goût de Dieu, change notre regard.

Produit ce qui est décrit en Ga 5/22

 

Que faire en période de consolation ?

-puisque c’est un temps facile, en profiter pour mette en place dans ma vie des moyens pour structurer ma vie spirituelle.

-rendre grâce pour prendre conscience que c’est un don de Dieu, emplir ma mémoire de ce don, pour m’en souvenir quand ce sera plus difficile.

 

2-désolation

Plus rien ne va : obscurité, découragement, doute, tentation, Dieu semble loin

Manque de vitalité spirituelle, paresse, tiédeur, tristesse, comme une terre desséchée

Dans ces moments, nous somme fragiles et fragilisés et nous pouvons être plus sensibles au mauvais esprit qui veut nous détacher de Dieu.

 

Pourquoi peut-on passer de la consolation à la désolation ?

-à cause d’un manque de vigilance de notre part, de négligence. Le don de Dieu, on ne l’a pas alimenté comme un feu auquel on n’aurait plus donné de bois à brûler.

-mais , sans aucune faute de notre part, Dieu peut nous laisser sans secours particulier pour purifier notre cœur, pour l’aimer Lui-même et non pour ses dons ; mais Il ne nous enlève jamais la grâce qui suffit pour rester fidèle.

 

Que faire en période de désolation ?

-tenir le cap : ne pas changer les décisions prises, s’ancrer dans la prière même sèche et qui semble vide.

-ne pas s’affoler : je ne sens plus la présence de Dieu mais Il est là.

Ma grâce te suffit 2 Co 12/9

Je suis avec vous Mt 28/20

-en parler à quelqu’un de compétent en vie spirituelle.

-en profiter pour comprendre mieux mes points faibles qui favorisent la désolation et qui me fragilisent.

-faire mémoire des moments de consolation que j’ai pu avoir.

Le faire comme Israël : en exil où ils ont tout perdu (plus de roi, de terre, de temple) ils sont dans la désolation, ils se souviennent du temps où Dieu les a libérés de l’esclavage et conduits vers un pays de lait et de miel. S’appuyer là-dessus pour espérer.

 

 

 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 23:30

 

Dieu nous cherche, il désire une amitié avec nous. Nous le cherchons. Mais c’est lui qui a pris l’initiative. Si nous cherchons, c’est parce que lui, le premier nous a cherchés. Et même, nous pouvons dire qu’il nous a trouvés. Trouvés, car créés-es à son image, nous portons son image en nous. Trouvés par ce qu’il s’est fait l’un de nous par son incarnation et donc a épousé notre humanité et chacun-e de nous. Trouvés, parce que notre être est temple de l’Esprit. Trouvés parce qu’il a jeté sa Parole dans la terre de nos vies.

Que dire après cela ? Pousser le cri de Paul : «  Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm8/31)

Donc notre recherche de lui, ne peut être que réponse à son don.

Pour y répondre, il faut nous libérer des fausses images de Dieu. Une image est particulièrement dangereuse, celle qui fait croire que Dieu impose, exige à l’instar  d’un pouvoir dictatorial. Cela traîne dans nos têtes et nous empêche d’aller à lui dans la confiance. Non. Dieu a posture de mendiant qui se tient à la porte de nos vies et frappe à la porte doucement. Il n’entrera jamais de force, tant que nous n’aurons pas ouvert, Il restera sur le palier, en patience, en espérance qu’on lui ouvre un jour.

 

Dieu n’exige rien, IL DONNE TOUT. Il donne et se donne comme une graine jetée dans la terre de nos vies. Il se donne dans le pain et le vin de l’Eucharistie. Et communier, c’est entrer avec lui, à sa suite, à notre petite mesure, dans le don qu’Il fait de Lui.

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 11:59

 

Cela fait un mois et demi que je suis arrivée à Vogan dans la communauté de Notre Dame du Cénacle pour vivre ce temps de postulat, de partage de vie communautaire au sein d’une communauté qui, je peux vous l’assurer, n’engendre pas la mélancolie !!! Il est 18h, il fait nuit noire à Lomé lorsque la porte de l’avion s’ouvre sur nous (sœurs Hélène Poyet et Laurence Nannarone, et moi-même) et je suis prise par la chaleur étouffante qu’il règne ici. Heureusement, il s’agit d’une première impression qui s’estompe à mesure que nous nous éloignons de Lomé et de sa chaleur accumulée pendant la journée. Ici à Vogan, le climat est un peu plus clément et nous trouvons de l’air assez facilement (même si on m’assure que les grosses chaleurs sont pour les mois de janvier et février).

Le surlendemain de notre arrivée, nous repartons déjà pour quatre jours de reprise communautaire chez les clarisses d’Aképé (à côté de Lomé) et nous découvrons la liturgie africaine par ce qui se fait de mieux… Les sœurs de ce couvent ont vraiment une vocation particulière : elles chantent les offices mais elles les dansent aussi ! C’est très beau, très méditatif. Je parle de liturgie africaine parce qu’il y a dans ce couvent des sœurs togolaises, ivoiriennes, burkinabées, béninoises, ghanéennes et une française ! Et la liturgie reprend donc toutes les langues des sœurs. Et nous arrivons en plus le jour de la prise d’habit de sœur Marie-Louise de l’Eucharistie (et il s’en suit trois jours d’action de grâce)…

De retour à Vogan, c’est enfin le temps de découvrir le peuple de Dieu vers lequel le Seigneur nous envoie. Et c’est des « bonne arrivée » qui pleuvent. Ici c’est la salutation lorsqu’on arrive quelque part. Tout le monde vient nous saluer dans la rue, à la maison, à l’église. Très vite, je découvre la salutation que s’adressent les chrétiens (le prêtre au début de son homélie à l’assemblée, les gens pour se dire bonjour en arrivant à la paroisse, ou simplement lorsque l’on se croise dans la rue) « Nawo Kafu Yesu Kristo ! » et l’on répond « tegbe tegbe amen ! » ce qui se traduit ainsi : « Loué soit Jésus Christ ! » à quoi l’on est invité à répondre « à jamais ! ». Une très belle manière de se rappeler sans cesse de notre appartenance au Christ…

C’est au début de cette découverte de l’Eglise voganaise que je vis une étape importante puisque le lundi 10 octobre, nous célébrons mon entrée au postulat pendant un temps de prière partagée autour du texte de l’appel de Samuel. A cette occasion, sœur Simone, supérieure de la communauté, me remet des extraits des constitutions de la congrégation. C’est aussi le moment où je reçois une croix, semblable à celle de Patra qui vit dans la communauté de Raismes… un beau signe de communion avec elle sur ce chemin !

Si je m’émerveille de toutes les beautés de ce peuple et de ce pays, j’apprends aussi à me laisser déranger par tout ce qui est plus étonnant, plus difficile. Et je pense surtout à la manière dont la foi se vit ici (avec par exemple beaucoup de prières vocales). Il me semble que la mission des sœurs du Cénacle y est précieuse : accompagner vers une rencontre personnelle avec le Christ.

C’est ce que je découvre en participant avec elles à certains de leurs apostolats. La plus grande mission qui m’est confiée ici se situe auprès des catéchumènes de sœur Emilienne, à qui l’on a confié la catéchèse en français il y a quelques années. Elle a accompagné ses catéchumènes pendant quatre ans, jusqu’à leur confirmation, avec une pédagogie extra que j’ai la chance de découvrir aujourd’hui. Par exemple, je constate qu’un jeune accompagné par sœur Emilienne est capable de faire des choix. Il apprend à définir ses priorités et à s’y tenir. La particularité aussi de ce groupe de catéchumènes de première année avec qui nous venons de prendre la route, c’est qu’il va de 9 à 30 ans. Cela présente des difficultés bien sûr parce qu’il faut adapter le langage à toutes les personnes présentes en face de nous mais c’est aussi une source de richesses inépuisable pour chacun de se laisser toucher par les interrogations des autres. Moi je me laisse guider par l’expérience qu’Emilienne a vécue pendant les quatre dernières années. Les rencontres ont lieu le mercredi de 17h30 à 19h et le dimanche de 16h30 à 18h… vous l’avez compris, ils sont très motivés ces catéchumènes !!!

 

J’ai eu la chance d’accompagner également sœur Laurence qui a donné une session internoviciat sur le discernement à 61 novices de 13 instituts venus du sud Togo ! Le niveau scolaire étant assez bas (le niveau en français l’est aussi du coup !!!), je l’ai vu adapter son langage au public qui était en face d’elle d’une manière admirable. Elle a autant parlé en gestes qu’en parole et c’était assez extraordinaire également de la voir travailler avec l’Esprit Saint parce que certaines questions qui lui étaient posées étaient si compliquées à traiter, que trouver la réponse adaptée qui rassure, et les novices, et les maîtres et maîtresses des novices présents, relevait surtout de l’inspiration divine ! Et puis surtout, c’était une belle expérience du « Se livrer » de Mère Thérèse Couderc parce qu’elle a fait bien plus que se donner (entre les accompagnements qui se succédaient, les siestes qui disparaissaient à vue d’œil, et le sport en salle de réunion !). Très belle expérience pour moi.

Sinon, mes activités autres tournent beaucoup autour de l’accompagnement de jeunes. On m’a demandé d’être la sœur conseillère de la JEC de Vogan, ce qui consiste pour moi à aller rencontrer les différentes sections de la JEC, le mercredi à 12h à tour de rôle dans les écoles de la ville. La JEC, ce sont des sections de jeunes animées par des jeunes, et parfois, c’est difficile pour eux parce qu’ils ne sont pas formés à l’animation et ont une vie spirituelle souvent très nouvelle. Je suis donc au service du bureau qui m’envoie auprès des différentes sections. Je fais aussi un peu de soutien scolaire auprès des jeunes de la ville qui ont beaucoup de difficultés à passer le Bac compte tenu des conditions de travail parfois peu favorables. Il faut savoir qu’une classe de terminale regroupe un peu plus de 50 élèves et que souvent, ils arrivent au Bac sans avoir jamais été interrogés. On m’a demandé de proposer aux jeunes filles un groupe qui se réunira une fois par mois le samedi de 15h30 à 17h30 pour travailler ensemble la philosophie et le français. Ce groupe sera aussi à l’occasion un groupe de lecture qui va travailler le Petit Prince de Saint-Exupéry. Cela nous promet de belles heures d’échanges ! Nous étions 6 à la première rencontre et au moins deux jeunes nous rejoindrons peut-être encore. Et puis la maison est toujours ouverte aux jeunes qui veulent venir travailler ici (il y a des livres, des dictionnaires et de la lumière !!!) et quelques une saisissent l’occasion. Quand les sœurs sont disponibles, elles vont voir si elles peuvent les aider. La journée type commence ici à 5h45 du matin par l’eucharistie à la paroisse. Nous rentrons ensuite à la maison pour les laudes à 7h. Ensuite les activités prennent le pas : apostolats divers, services dans la maison, préparation de l’office. A 12h, le repas et ensuite, sieste obligatoire pour tout le monde (on ne peut rien faire avec la chaleur de toute façon). A 15h, la sonnerie de la porte est rebranchée et travail jusqu’à 18h. A 18h, nous vivons un temps d’adoration et à 18h30, les vêpres. Ensuite, le repas, une petite soirée et dodo !

Marielle, postulante

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:26

Ce WE, j’ai fait ce que je fais souvent : aider des chercheur-euses de Dieu à entrer dans une écoute profonde de la Parole de Dieu. C’est mon « cœur de métier » comme on dit ! Je le fais lors de soirées, journées, WE et retraites de plusieurs jours.

 

Mais ce WE dernier était particulier, parce que ce n’étaient pas des catholiques-romains qui me le demandaient. C’étaient des chrétiens d’une autre Eglise. Est-ce que cela changeait beaucoup de choses ? Non, car nous avons la même foi en Dieu Trinité d’amour, le même baptême, le même Christ, nous nous abreuvons au même Evangile de grâce et de liberté.

 

Ils et elles étaient  6 (dont 2 prêtres) venant de Suisse.

Nous avons commencé le vendredi par un temps de méditation guidé avec le texte du prophète Isaïe au chapitre 43 : Dieu qui dit à chacun-e de nous : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ».


Le samedi matin, nous avons fait un « dialogue contemplatif ». C’est une manière de contempler ensemble un Evangile.

L’après-midi, nous avons eu un temps d’expression artistique ( dessin, peinture, modelage) et je leur ai proposé un autre texte mais cette fois-ci en donnant des pistes comme je le fais sur ce blog, ce que j’appelle un REP ( Regard et Ecoute de la Parole).


Le dimanche, nous avons commencé par un temps d’éveil des sens dans le parc ( regarder, écouter, sentir, toucher, goûter) et nous avons terminé par la célébration de la Messe.

 

De la Messe ? Et bien oui, puisqu’il y avait 2 prêtres !  Je sens que vous vous interrogez. Je vous ai bien dit que ce groupe n’était  pas catholique-romain… mais ils sont tout de même catholiques !

Cela demande une explication.

Ce groupe est membre d’une Eglise qui  est née en 1870 du refus du dogme de l’infaillibilité pontificale et du refus de la juridiction du pape sur tous les diocèses du monde. Cela se passait au concile Vatican I. Des évêques ont refusé cela et ont fait scission. 

Cette Eglise compte actuellement 500 000 personnes dans une vingtaine de pays, en particulier en Suisse, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Croatie, USA…et France. Elle fait partie du Conseil œcuménique des Eglises.

 

Sur l’essentiel, peu de choses la séparent de l’Eglise catholique romaine.

Mais elle a quand même un certains nombre de différences qui touchent à l’ecclésiologie et à la discipline des sacrements :

Le mariage des prêtres est possible et il y a des femmes prêtres (à ce WE il y avait un homme prêtre et une femme prêtre) ; les divorcés et remariés ne sont pas  exclus des sacrements de l’Eucharistie et de la Réconciliation et peuvent se marier une seconde fois.

 

Tous les ans, dans chaque diocèse, un synode est convoqué avec des délégués élus par les fidèles des paroisses. Ce synode est composé de laïcs, de diacres et de prêtres, chacun-e ayant une voix à égalité.

Une Eglise d’un pays peut prendre une décision qui n’engage pas la même Eglise dans un autre pays.

Les évêques de chaque diocèse se retrouvent régulièrement autour d’un Evêque-Primat qui est à Utrecht aux Pays-Bas. Celui-ci  est garant de l’unité de cette Eglise mais  n’a pas juridiction sur les autres évêchés des autres pays.

 

On peut les appeler catholiques de l’Union d’ Utrecht. Ils sont connus aussi sous le nom de vieux-catholiques ou, en Suisse, sous celui de catholiques-chrétiens.

 

J’ai donc vécu avec eux et pour eux un super WE œcuménique.

 

Pour en savoir plus, on peut consulter

le site suisse-roman :

www.catholique-chretien.ch 

 le site d’une communauté à Strasbourg : 

www.vieux-catholique-alsace.com     

le site d’une fraternité :

www.fraternitestvincentdelerins.fr 

Enfin, si vous lisez l'allemand) vous pouvez aller voir le site de l’Union d’Utrecht :

www.utrechter-union.org 

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