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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 23:01

Evangile de Jésus Christ selon St Luc ( 24, 36-49)

Comme ils en parlaient encore, Lui-même était là au milieu d'eux, et Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.

Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. »

Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.

 Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement.

Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.  Il le prit et le mangea devant eux.

Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »

Alors Il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures.

Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, Sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en Son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que Mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force venue d'en haut. »

 

* Un geste et une parole de reconnaissance

A Emmaüs , un geste, la fraction du paix, ici à Jérusalem, une parole, la paix soit avec vous.

Arrêtons-nous à ce geste, à cette parole car ce sont les signes du Ressuscité. Ses signes pour se faire reconnaître à nous encore aujourd’hui. Regardons les lieux de paix, les moments de paix, de nos vies, de nos proches, du monde et contemplons Jésus ressuscité présent par la paix donnée. Regardons les pacifiques que nous connaissons, de près ou de loin et contemplons Jésus ressuscité présent par la paix donnée. Regardons-nous aussi, nous-mêmes, dans nos gestes de paix, nos paroles de paix et contemplons Jésus ressuscité présent par la paix donnée. Et faisons de même avec les lieux, les moments, de partage pour y contempler aujourd’hui Jésus ressuscité, là,présent par le pain rompu pour être partagé.

 

* Ouvrir à l’intelligence des Ecritures

Ce passage est une reprise quasi mot à mot des paroles de Jésus aux disciples d’Emmaüs et un même acte, celui de les ouvrir à l’intelligence des Ecritures. Il est pédagogue et interprète les Ecritures  qui nous parlent de Lui.

Nous aussi, avec Jésus repassons dans notre mémoirequelques textes de l’Ecriture qui parlent de Lui :

Comme par exemple Joseph vendu par ses frères. Texte qu’on lit en carême car Joseph est figure du Christ vendu pour trente pièces d’argent. Suzanne, accusée injustement, car elle est figure de Jésus, l’innocent condamné. Le serviteur souffrant dans le livre d’Isaïe car il n’a plus visage d’homme. Il est figure de Jésus qu’on humilie, qu’on défigure, la croix de toutes les injustices. Mais ces trois figures de l’Ancien Testament nous disent aussi la Résurrection. Joseph sauveur de ses frères, Suzanne reconnue innocente, le Serviteur qui justifie les multitudes. C’est la résurrection de toutes les victoires de la vie.

Et dans l’écriture de nos vies, quels sont les passages de la mort à la vie ?

 

* Regardons le Dieu qui se révèle ainsi

L’intelligence des Ecritures, c’est l’intelligence de Dieu. Dieu d’infinie proximité. Dieu avec nous. Dieu crucifié, mort de mort violente et injuste. Cette mort dénonce toute injustice. Le Dieu crucifié, Dieu victime de l‘injustice est jugement et dénonciation de toute injustice. Par la croix qui est « le jusqu’au bout de la proximité », Dieu souffre. S’il n’était pas ce Dieu-là, Dieu resterait distant, froid, silencieux.

Jésus par sa vie et sa mort donne accès à ce Dieu-là. Cela permet de mettre en question la doctrine de la toute-puissance de Dieu. Doctrine non crédible pour l’homme d’aujourd’hui. La toute-puissance que Dieu possède et manifeste dans le Christ est la toute-puissance de l’amour souffrant. Et la Résurrection est promesse d’un avenir ouvert pour tous, d’un accès à Dieu dans le définitif de nos vies …

Laissons Jésus nous ouvrir à l’intelligence profonde de Sa mort et de Sa Résurrection et à la révélation de Dieu qu’Il nous donne.

 

* « Demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en haut."

Ce « demeurez » est parallèle à l’ordre que l’on trouve dans Actes 1,1-14 :

« Il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem mais d’y attendre ce que le Père avait promis … Vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ». Sur cet ordre de demeurer, ils vont monter à la chambre haute « remplis de joie ».

Il s’agit pour nous aussi de répondre à cette invitation à « demeurer » dans  la chambre haute de ce  Cénacle qui n’est pas un lieu mais une attitude intérieure.

Entrons dans une écoute de la Parole, entrons dans un éveil de la vie profonde, entrons dans l’accueil d’un don, entrons dans une vie animée par l’Esprit de Jésus.

Laissons-nous inviter doucement à entrer dans ce « demeurer », temps de gratuité, temps pour goûter simplement le fait de vivre et d’être aimé.

 

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 10:41

 Je viens par cet article vous informer d'un événement grave qui se passe dans l'Eglise catholique romaine aux Etats-Unis d'Amérique.

Rome impose à la Leadership Conference of Women Religious ( LCWR , en français on peut traduire par Conférence des Religieuses en responsabilité de leur communauté) une refonte de ses statuts, un évêque qui aura pouvoir de contrôle sur leurs décisions et  leur future organisation. La raison de cet ingérence, c'est leur liberté de parole sur un certains nombre de points en divergence avec celles des évêques.

Vous trouverez ci-dessous une réaction à cette situation. C’est une « actu » du site des Sœurs du Cénacle de France-Togo

http://www.ndcenacle.org/avec-nos-soeurs-etats-unis.html

Cet article montre bien le prophétisme et la liberté de la vie religieuse quand elle est fidèle à sa vocation.

 

Vous pouvez aussi visiter le site de cette LCWR, pour y découvrir l’ampleur de leur travail pour la justice et la foi, l’audace libre de leur parole qu’elles puisent dans l’Evangile de Jésus.

 http://www.lcwr.org 


 American Nuns...


Une Actu pour dire notre soutien et notre amitié aux religieuses américaines
Ce mercredi 18 avril, le Saint-Siège a décidé une réforme complète de la Conférence des religieuses des Etats-Unis, la Leadership Conference of Women Religious, l'organisme rassemblant plus des 80% des sœurs vivant aux Etats-Unis (plus de 50 000 membres).

Nos sœurs du Cénacle aux USA font partie de cette Conférence. C'est pourquoi, par ces quelques lignes nous venons leur dire notre soutien et notre amitié en cette période où elles sont publiquement mises en cause.

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi reproche notamment aux soeurs de trop "axer leurs travaux sur la pauvreté et l'injustice économique" et leur " absence de soutien aux enseignements de l'Eglise sur l'ordination des femmes et sur l'homosexualité." Elle déplore aussi "leur silence" concernant le droit à la vie de sa conception à la mort naturelle. De fait, le soutien des religieuses à la réforme de la santé du président démocrate - "Obamacare", qui comprend tout un volet de médecine reproductive et contraceptive - n'est certainement pas étranger à leur recadrage. 

Vivre à la suite du Christ dans la vie religieuse apostolique, c’est chercher à Lui ressembler toujours plus, à regarder et à aimer ce monde et tous ses habitants comme le Christ Jésus les aime et regarde. Filles d'un même Père qui ne fait pas acception de personnes Actes 10,34-35, nous désirons être la voix qui transmet une Bonne Nouvelle, celle de la Parole fondamentale dont le Souffle nous maintient en vie : C'est bon, c'est très bon  Genèse 1, 1-31.

Quand nous accueillons une personne, nous cherchons à imiter le Christ. C'est-à-dire, nous cherchons à rencontrer l'autre tel qu'il est, en entier, de manière inconditionnelle… sans lui demander ses papiers d'identité, son origine sociale, sa religion, son orientation sexuelle, etc. A la suite du Christ, nous voulons donc rejoindre chacun-e dans son aspiration à la vie et à l'amour.Je suis venu pour qu'ils aient la vie, et la vie en abondance Jean 10-10Choisis donc la Vie !  Deutéronome 30,19  C'est ce cri de notre Bon Dieu que nous faisons retentir. Oui, nous accueillons des couples qui ont recours à la contraception, des personnes homosexuelles, des femmes qui envisagent d'avorter, des hommes et des femmes qui ne vivent pas en conformité avec la loi morale de l'Eglise catholique… Oui la Bonne Nouvelle du Christ,l'Évangile de Dieu  Marc 1,14  n'exclut personne !

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 13:32

Au Centre spirituel du Cénacle

68 avenue de Paris 78000 Versailles

 

QUAND S'OUVRE l'OREILLE
Un parcours humain et spirituel
du mardi 10 juillet (19h) au lundi 16 juillet (9h)

Animé par
Monsieur Michel Corsi et Soeur Vanessa Micoulaud
contact et inscriptions : cenacle.versailles@wanadoo.fr

Travail de la voix parlée et chantée pour une libération du geste vocal de chacun.

*Repérer les sensations produites en nous.

*Se rendre disponibles à une écoute pleine, sereine et fructueuse des textes de l’Ecriture.

*S’initier à la prière et aux éléments de vie spirituelle selon la pédagogie ignatienne

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 21:04

La 2ème partie de cette étude de l’encyclique Mulieris dignitatem va mettre en valeur les heureuses ruptures avec la pensée classique. Pour mieux comprendre la profondeur de la rupture, j’exposerai la pensée qui était en vigueur encore très récemment.  D’abord dans des anciens textes du Droit canon, ensuite chez St Augustin.

 

 

2ème partie : Rupture et continuité de cette lettre encyclique avec la pensée classique.

 

J’appelle « pensée classique » ce qui a été pensé jusqu’à un passé récent dans le discours catholique romain. Mulieris dignitatem sur certains points est en rupture avec cette pensée. Sur d’autres, elle est en continuité.

Les ruptures :

*La première rupture est l’affirmation de la commune théomorphie de la femme et de l’homme.

Une pensée de la différence ne peut donc, de ce fait, mettre en cause une commune humanité théomorphe. 

*La seconde rupture est sa lecture de la Lettre aux Ephésiens qui affirme la soumission réciproque de l’homme et de la femme dans le couple et non la soumission de la femme seule. 

Une pensée de la différence ne peut donc de ce fait, justifier un statut inégalitaire.

*La troisième rupture est la reconnaissance d’une image féminine de Dieu.

Une pensée de la différence ne peut donc de ce fait exclure le féminin pour représenter le divin.

La continuité :

Mais conjointement à cette triple rupture existe dans cette lettre deux continuités avec la pensée classique.

*Tout d’abord la lettre encyclique justifie la posture féminine de l’Eglise par le caractère sponsal de la relation du Christ à l’Eglise, et met symboliquement les femmes uniquement du côté de l’Eglise, épouse réceptrice.

*Ensuite  la typologie Eve/Marie face à la typologie Adam/Christ  oublie de mettre les femmes dans la christotypie.

 

A : Rupture : la théomorphie au chapitre 3

Le chapitre 3 de cette lettre qui a pour titre « Image et ressemblance de Dieu » est une affirmation très forte de la dignité égale de l’homme et de la femme car tous deux sont créés à l’image de Dieu. Cette théomorphie est fondée sur le premier récit de la création dans le livre de la Genèse. Mais il n’est pas dit (et donc a fortiori regretté) que ce discours n’a pas été constant dans la réflexion chrétienne. La lettre donne l’impression que ce  discours a été le même depuis le début du christianisme jusqu’à maintenant. Or il n’en est rien. Le reconnaître et le regretter aurait été une bonne manière de prendre acte qu’un certain discours ecclésial a pu donner des arguments religieux légitimant la « valence différentielle des sexes »( « Valence différentielle des sexes » est un concept de F.HERITIER dans Masculin/Féminin,I et II, La pensée de la différence, Odile Jacob 1996 et Dissoudre la hiérarchie, 2002).

Passer sous silence la nouveauté de cet enseignement  empêche de voir la rupture, donc de reconnaître les erreurs du passé et de faire acte de repentance à son juste niveau.

C’est pourquoi, et pour vraiment saisir la nouveauté contenue dans cette lettre encyclique, il convient donc d’abord de rappeler quel pouvait être le discours avant le Concile Vatican II. Ce sera l’objet de la première étape. Cela permettra dans la deuxième étape de mieux saisir la rupture que représente ce chapitre 3 de la lettre encyclique. 

 

                            I : Pensée classique avant le Concile Vatican II

Commençons par des documents de Droit Canon.( I.RAMING, La situation inférieure de la femme dans le Droit canonique, Concilium 111, 1976, P63 à 72) Celui qui est en vigueur actuellement date de 1983. Il a remplacé celui de 1917 qui lui-même avait remplacé le Corpus Iuris Canonici établi sous le pape Grégoire XIII en 1582. Ce corpus dans sa première partie reprenant le travail de Gratien (1140) appelé décret de Gratien qui est une compilation de textes établie par un juriste romain au 4ème siècle (la 2ème partie est constituée par les décrétales de Grégoire IX (1234)). Par une fausse attribution à Augustin et à Ambroise ces textes ont profité du prestige de ces deux Pères de l’Eglise. Que trouvons-nous dans ces textes ? La femme n’était pas considérée comme image de Dieu dans l’ordre de la création. Adam représentait le premier homme exemplaire. Eve était vue comme secondaire parce que dérivée. Le couple originel était le prototype de tous ceux à venir, chaque « vir » héritant de la primauté d’Adam et chaque « mulier » de la dépendance d’Eve. « Caput mulieris vir » : la prééminence de l’homme sur la femme était justifiée par sa création en second de la côte d’Adam. Ils avaient en commun une même substance mais hiérarchisée car le privilège de l’image n’appartenant qu’à l’homme.

« … qu’elle soit image de Dieu, ce qui est absurde. De quelle façon en effet peut-il être dit de la femme qu’elle est image de Dieu, elle qu’on constate soumise à la domination de l’homme et n’avoir nulle autorité ? En effet elle ne peut ni enseigner, ni être témoin, ni dire la foi, ni juger et encore moins commander ! » ( CSEL 50, 83)

« L’homme en effet a été fait à l’image de Dieu, et non la femme » ( CSEL 81, II, 121)

Le voile de la femme était considéré comme signe de sa subordination en tant que non-théomorphe. « C’est pourquoi la femme doit se voiler la tête parce qu’elle n’est pas image de Dieu et doit se montrer soumise »( CSEL 81, II, 121)

Ces textes posent toutefois la question de leur conciliation avec Ga 3/28(« Baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni juif, ni grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme, car tous vous ne faites plus qu’un dans le Christ » Traduction de la Bible de Jérusalem). Pour cela, ils font  appel à la distinction entre l’ordre de la création et l’ordre du salut. Dans l’ordre du salut évoqué par ce verset de la lettre aux Galates, il y aurait équivalence de l’homme et de la femme mais non dans l'ordre de la création. Il y aurait donc deux sortes d’images : celle de la création attribuée exclusivement à l’homme, l'autre, celle du salut, accordée également à la femme.  

« Autre, cependant, est cette image que l’on dit être créée dans la connaissance du Sauveur et autre est l’image selon laquelle a été faite le premier humain. La première image est aussi dans la femme, puisqu’elle connaît celui qui l’a créé et, obéissant à sa volonté, elle s’abstient d’une vie honteuse et d’une activité mauvaise; mais la deuxième image, celle de la création, est dans l’homme seulement.…ainsi, si la femme ne se voilait pas la tête, elle serait elle-même image de Dieu, mais il serait incongru que celle qui a été faite soumise à l’homme soit dite image de Dieu »( CSEL 81, III, 197)

Ce qui donne en conclusion dans le décret de Gratien :

« Comme le dit Augustin : la ressemblance de l’homme à Dieu se trouve en ce qu’il fut créé comme le seul être dont tous les autres sont sortis, et qu’il possède, en quelque sorte, la domination de Dieu en tant que son représentant, puisqu’il porte en lui l’image du seul Dieu. Ainsi la femme n’est pas créée à l’image de Dieu. C’est pourquoi l’Ecriture dit : Dieu créa le mâle, à l’image de Dieu il le créa. C’est pourquoi l’apôtre dit aussi : l’homme ne doit pas se couvrir la tête car il est l’image et le reflet de Dieu, mais la femme doit se couvrir la tête car elle n’est ni le reflet ni l’image de Dieu »( Même référence)

On peut noter que l’auteur pour dénier à la femme d’être image de Dieu, s’appuie sur Gn 1 en traduisant par  vir au lieu de homo.  C’est d’abord une faute de traduction, c’est ensuite une manière d’interpréter Gn 1 à la lumière de Gn 2-3.

 

Dans les textes authentiques d'Augustin, on constate une tentative d'inclure le féminin dans la théomorphie. Selon Kari Borensen(K.BORENSEN, Imago Dei, privilège masculin ? Interprétation augustinienne et pseudo-augustinienne de Gn1/27 et 1 Co11/7, Augustinianum 25 (1985) p 213 à 234)  il est le premier à vouloir explicitement concilier des éléments scripturaires en apparence contradictoires.( Clément d’Alexandrie avait lui aussi inclus le féminin dans la théomorphie en mettant l'image dans l'âme rationnelle. Les femmes  sont images de Dieu dans leur âme malgré leur féminité inférieure. Le Pédagogue livre 1, Cerf, 1983, Sources Chrétiennes 70,10  )Comment concilier Gn 1/27 qui déclare l'humain masculin et féminin, image de Dieu  et 1Co11 /7 interprété comme une négation explicite de l’image divine chez la femme ? La réponse se trouve à plusieurs endroits dans son œuvre et peut se résumer en une distinction entre l’esprit qui est théomorphe et le corps qui est sexué. « La femme en tant qu’elle était aussi créature humaine (femina homo erat) avait une âme, une âme raisonnable, selon laquelle elle était, elle aussi, à l’image de Dieu »( AUGUSTIN, De Genesi ad  litteram III, 22; CSEL 28, II, 88-90; BA 48,266-9 )Cependant, au niveau corporel, pour Augustin, le corps mâle, seul, symbolise la partie théomorphe de l’âme humaine (qui se trouve également chez l’homme et  la femme) tandis que le corps féminin, considéré comme inférieur, symbolise la partie qui n’est pas à l’image de Dieu. (Déjà cité )

Il suggère aussi une autre explication à la non attribution de l’image divine de 1Co 11/7 :

« Avant la chute, la femme de moindre intelligence, vivait selon le sens charnel, n’avait pas encore reçu le privilège de l’image; elle aurait pu la recevoir peu à peu sous la conduite et par l’enseignement de l’homme » (AUGUSTIN, De Genesi ad  litteram XI,42; CSEL 28,I,376-7; BA 49,322-5)

Mais c'est dans le De Trinitatae XII, VII, 10 qu'il pose une affirmation forte de la femme image de Dieu avec, cependant, une différence importante:

« D’après la Genèse, c’est la nature humaine en tant que telle qui été faite à l’image de Dieu, nature qui existe en l’un et l’autre sexes et qui ne permet pas de mettre la femme à part, quand il s’agit de comprendre ce qu’est l’image de Dieu…Comment dès lors l’apôtre peut-il dire que l’homme est l’image de Dieu et qu’à ce titre il ne doit pas se voiler la tête, mais que la femme ne l’est pas et doit par conséquent voiler la sienne ? La raison, à mon sens, est celle que j’ai déjà apportée, lorsque j’ai traité de la nature humaine : la femme avec son mari est image de Dieu, de sorte que la totalité de cette substance humaine forme une seule image ; mais lorsqu’elle est considérée comme l’auxiliaire de l’homme -ce qui n’appartient qu’à elle seule- elle n’est pas image de Dieu ; par contre l’homme, en ce qu’il n’appartient qu’à lui, est image de Dieu, image aussi parfaite, aussi entière, que lorsque la femme lui est associée pour ne faire qu’un avec lui»( De Trinitate XII, 7,10 ; CCl 50,364-5; BA 16,229-31)

Pour Augustin donc, associée à l'homme, la femme est image de Dieu, mais  l'homme n'a pas besoin de la femme pour l'être, il l'est en lui-même, image parfaite, entière. La raison de la non-théomorphie de la femme sans l'homme, selon Augustin, ce serait donc son statut d'auxiliaire.

 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 20:57

92px-Brooklyn Museum - Interview between Jesus and Nicodemu

Entretien de Jésus et de  Nicodème, Aquarelle sur mine de plomb de JJ Tissot (1836-1902) , 23,2 x 17,8 . Brooklyn Museum.

Dans l’Evangile de Jean au chapitre 3 verset 1 à 8

 [1] Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs.

[2] Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : "Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui."

[3] Jésus lui répondit : "En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu."

[4] Nicodème lui dit : "Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ?"

[5] Jésus répondit : "En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.

[6] Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit.

[7] Ne t'étonne pas, si je t'ai dit : Il vous faut naître d'en haut.

[8] Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit."

1ère piste

Se rappeler l’itinéraire spirituel de Nicodème. Il va de la nuit à la lumière. En effet, ici, il se cache pour aller voir Jésus, incapable de faire cette démarche en plein jour. Mais ensuite il prendra une position courageuse devant les grands prêtres en 7/50, et enfin en 19/39 il fera le don de 100 livres de parfum pour la sépulture de Jésus

Et pour nous, qu’en est-il ? Quelle lumière après la nuit avons-nous pu déjà vivre ?

 

2ème piste

Mais ici au chapitre 3, cela commence mal. Nous sommes dans la nuit. La même mention de la nuit qu’on trouve aussi en Jean 19/39 pour la trahison de Judas.

Pourquoi venir de nuit ? Le texte ne le dit pas. Ne projetons pas trop vite une raison, comme la peur de se compromettre pour Jésus. Cela peut-être une raison plus profonde de l’ordre du verset 19 : préférer la nuit à la lumière. La nuit  peut-être ici, c’est de croire qu’on sait, il dit « nous savons ». Prétention à connaître qui est Jésus au lieu de laisser Jésus  se dire lui-même. Il reconnaît bien l’origine divine des actes de Jésus mais cette origine ne porte pas sur sa personne. Il lui fait un compliment qui enferme dans ce qu’il veut qu’il soit : un rabbi comme lui. Une manière de l’annexer à son monde.

Entrons dans une attitude d’accueil, essayons de nous défaire de nos savoirs trop connus pour nous ouvrir à ce que Jésus va nous dire et nous en étonner.

 

3ème piste

Comment Jésus réagit-Il devant quelqu’un qui croit savoir, qui affirme quelque chose de Lui, qui le catalogue et veut l’annexer ?

La réponse de Jésus est étonnante : au lieu de parler de Lui, Jésus renvoie Nicodème à lui-même, Il lui parle d’une naissance d’en haut pour lui, Il lui parle de quelque chose qui est important pour lui, qui l’implique, et qui concerne tout le monde.

Naître d’en haut. Mais qu’est-ce que naître d’en haut ?

Naître pour cet homme, chef des pharisiens, cela résonne comme une régression: lui le maître, redevenir enfant ? Cela implique un renversement de sa position de chef.

Il n’entend pas la parole de Jésus et la transforme.

Au lieu de reprendre l’expression exacte de Jésus, il dit autre chose : naître une 2ème du sein de sa mère, ce qui évidemment est impossible mais ce n’est pas ce que Jésus a dit !

Transformer une parole c’est une manière de se dérober, un refus d’entendre.

Sa mauvaise écoute est signe de sa difficulté à accueillir une liberté identique à celle du vent.

Et moi quelle attitude, me faut-il quitter pour me laisser conduire par la liberté de l’Esprit ?

 

4ème piste

Alors qu’est-ce que « naître d’en haut » ?

Peut-être que la réponse est dans la lettre de Jean où il dit que : « Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » 1 Jn 4/7

Naître d’en haut, c’est aimer. Aimer c’est connaître Dieu. Cela ouvre large la porte de la connaissance de Dieu, cela l’ouvre à l’universel au delà des cloisonnements religieux. Cela

fait entrer dans une fraternité, où tout homme, toute femme est fils et fille du Père, frère et sœur de Jésus.

Laisser retentir en moi cet appel à naître d’en haut, de Dieu, donc de naître à l’amour.

 

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 22:03

Dans l’Evangile selon Luc au chapitre 24 verset 13 à 32

[13] Et voici que, ce même jour, deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de 60 stades,

[14] et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé.

[15] Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux ;

[16] mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

[17] Il Leur dit : "Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ?" Et ils s'arrêtèrent, le visage sombre.

[18] Prenant la parole, l'un d'eux, nommé Cléophas, lui dit : "Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci" -

[19] "Quoi donc ?" Leur dit-il. Ils lui dirent : "Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s'est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,

[20] comment nos grands prêtres et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié.

[21] Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées !

[22] Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S'étant rendues de grand matin au tombeau

[23] et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu'elles ont même eu la vision d'anges qui le disent vivant.

[24] Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu !"

[25] Alors il leur dit : "O cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes !

[26] Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ?"

[27] Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

[28] Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d'aller plus loin.

[29] Mais ils le pressèrent en disant : "Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme." Il entra donc pour rester avec eux.

[30] Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna.

[31] Leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent... mais il avait disparu de devant eux.

[32] Et ils se dirent l'un à l'autre : "Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Ecritures ?"

 

Ce texte nous apprend beaucoup de choses sur Dieu et sur nous-mêmes.

En regardant d’abord Jésus qui prend l’initiative de la rencontre et qui rejoint ces deux personnes sur leur chemin, cela nous permet de prendre conscience que Dieu nous précède.

Bien avant de chercher Dieu, c’est Lui qui nous cherche. Bien avant d’aimer Dieu, c’est Lui qui nous aime et Il nous rejoint au cœur même de notre vie.

Il y a en Dieu un désir de relation, de communication avec nous, un désir d’amour. La foi, c’est prendre conscience de cela. Dieu me cherche, Dieu m’aime, chacun de nous est le désiré du cœur de Dieu, Dieu s’adresse à moi et me propose une relation d’amitié.

Une autre manière de le dire :

Dieu s’est engagé envers nous de manière définitive.

Dieu est définitivement pour nous, de notre côté, à nos côtés.

Il est le compagnon de nos vies, Il marche à nos côtés nous rejoint sur la route de notre vie.

 

En écoutant Jésus qui leur pose une question : «de quoi discutiez-vous en chemin ?» Nous découvrons aussi quelque chose de Dieu.

Dans l’Evangile, Jésus pose beaucoup de questions. Des questions ouvertes… Comme par exemple «Que veux-tu que je fasse pour toi ?»

En Jésus Dieu se révèle « maître en communication. » Il nous révèle un Dieu qui donne la parole, un Dieu qui écoute. La question de Jésus va les faire sortir de leur détresse. Grâce à Lui ils vont pouvoir dire leur espérance déçue, leur découragement, leur révolte aussi, libérer une parole. Ils sont écoutés par Jésus dans ce qui fait leur vie. Du coup ils vont devenir disponibles pour écouter à leur tour une parole révélatrice de sens.

Oui Jésus est vraiment maître ès communication.

A tel point que cet inconnu qu’ils n’ont pas encore reconnu, ils vont l’inviter à rester avec eux, avides de continuer le dialogue.

Ce faisant, Jésus nous révèle un Dieu qui n’exclut personne. Tous sont invités, accueillis, attendus. Il nous prend tels que nous sommes, là où nous en sommes. L’essentiel pour nous, pour que la relation avec Lui soit possible, c’est de désirer avancer avec Lui, c’est d’avoir un désir au cœur de mieux Le connaître, avoir un désir d’amitié.

 

Ce texte peut nous poser enfin une question impertinente (ou pertinente ! ), si nous consentons à penser…

Allons pas à pas :

1-Il nous est donné le nom de l’un des deux disciples : Cléophas.

2-Qui est le deuxième ? Toute l’iconographie nous a montré qu’ils étaient deux hommes. Mais rien ne prouve qu’il en soit ainsi. Ces deux pèlerins pouvaient être un couple, ou un frère et une sœur...

Donc le deuxième était peut-être une femme !

3-Comment reconnaissent-ils Jésus ? A la fraction du pain. Cela veut donc dire qu’ils étaient au dernier repas de Jésus, à la Cène.

4- Cela veut donc dire qu’à la Cène, il n’y avait pas que les 12 apôtres. Ils y avaient des disciples, comme Cléophas, des disciples, hommes et femmes.

5-Tous et toutes ont entendu ces paroles de Jésus : «Faites ceci en mémoire de moi».

6-Je laisse chacun-e tirer les conséquences de cela.

7-Voici ci-dessous une icône contemporaine où visiblement il s’agit d’un homme et d’une femme.

On peut la voir au monastère de Bose en Italie. Elle a été peinte par P.Riccomagno en style éthiopien

Emmaus-copie-1

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 23:27

Les sœurs du Cénacle sont présentes à Madagascar depuis plus de 50 ans. Actuellement elles sont une centaine réparties en une dizaine de communautés.

Voici le témoignage de Sr Arline. Elle nous raconte la célébration d’entrée en « 3ème an ».  Dans le cursus de formation des Sœurs du Cénacle, le 3ème an est la dernière étape avant l’engagement définitif.

 

J’aimerais partager avec vous mon expérience dans cette nouvelle étape de vie religieuse qu’on appelle 3ème An et qui prépare à l’engagement définitif.

Cette parole du Christ « Avance au large » anime ma vie depuis quelques années, et me pousse aujourd’hui à avancer, à aller en profondeur avec audace, car la vie nous réserve parfois bien des surprises !

La veille du 3 Mars dernier, j’ai pris un temps fort de prière pour relire ma vie : convaincue de ma redécouverte de cette Parole du Christ, j’ai senti que suivre le Christ n’est pas mon affaire personnelle mais une invitation à m’engager sérieusement dans la vie de l’Eglise et dans la vie de la Congrégation.

Pendant ce temps fort de prière, j’ai demandé à Dieu la grâce de fortifier en moi cette décision de risquer ma vie aujourd’hui, à suivre le Christ  pour toujours.

J’apprécie beaucoup l’importance et le sérieux de la formation à cette nouvelle étape. 

Le samedi 3 Mars 2012 était l’ouverture de la préparation, une belle cérémonie au cours de la Messe présidée par le Père Recteur du Petit Séminaire près de chez nous avec la communauté du Juvénat. La Sœur déléguée de la Province a dit un mot d’accueil en ouverture  soulignant l’importance et les caractéristiques de cette formation spéciale. Elle a ensuite présenté les 2 responsables de la formation qui dure 6 mois. Ces dernières ont exprimé chacune brièvement leur disponibilité à la confiance que la Congrégation fait à chacune d’elles.

Ensuite, ce qui m’a beaucoup interpelée dans cette cérémonie, c’est la signification du symbole de la bougie allumée tenue  par la première responsable de formation et qui m’a été  offerte en me disant : «  Aujourd’hui, et durant cette formation spéciale et tout au long de ta vie, que Dieu te comble de Sa grâce et de Sa lumière pour que tu sois  porteuse de lumière à tes sœurs  de la Congrégation et à tous ceux que tu rencontreras dans la vie ». Ensuite j’ai été invitée à distribuer aux sœurs présentes, des bougies  que j’ai allumées  avec la mienne.

En me tournant vers mes sœurs et exprimant ma devise « Avance au large », je partageais  ce que je ressentais en moi : ce jaillissement de disponibilité, de  joie, la formation offerte par la Congrégation, la grandeur de la mission du Cénacle « Faire naître de la vie dans ce monde où nous vivons ». Je me sens si petite  face à cela mais avec le Christ,  à qui j’ai donné ma parole,  j’avance au large, et je peux tout, comme dit Saint Paul dans une de ses épîtres.

Ce temps de formation est pour moi un temps d’expériences, comme une « école du cœur » pour se convertir, se renouveler, et grandir en Celui qui m’appelle sans cesse  à « avancer au large » et en profondeur. C’est encore un temps de grâce, de gratuité, de découverte,  mais aussi un temps de recherche personnelle, d’approfondissement et d’assimilation de tout ce que j’ai déjà acquis.

C’est aussi le temps d’un regard nouveau sur l’identité de la Congrégation et sur la vie fraternelle, avec l’aide de la responsable de formation notamment dans l’accompagnement.

Je peux dire que ma vision sur l’avenir me porte davantage  à « avancer au large » dans l’espérance.

                                          Arline Perle, Sœur du Cénacle malgache

 

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 21:47

Icone des femmes myrophores

Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 28 verset 1 à 10

 

 [1] Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre.

[2] Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit.

[3] Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige.

[4] A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts.

[5] Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.

[6] Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,

[7] et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit."

[8] Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

[9] Et voici que Jésus vint à leur rencontre : "Je vous salue", dit-il. Et elles de s'approcher et d'étreindre ses pieds en se prosternant devant lui.

[10] Alors Jésus leur dit : "Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront."

 

1ère piste : Regarder ces deux femmes unies dans la douleur.

Celui qu’elles aiment est mort. Celui qui savait aimer comme personne n’a jamais aimé, n’est plus. Celui en qui elles avaient mis tant d’espoir de libération est dans un tombeau.

Les rejoindre dans ce lieu là et aller avec elles à ce tombeau en osant parler à Dieu de ce qui dans ma vie est de l’ordre de la tristesse, du découragement etc…

 

2ème piste : Regarder l’ange qui roule la pierre et s’assoit dessus.

Le tombeau n’est plus fermé, il s’ouvre à la lumière du jour, signe déjà que de l’inouï peut survenir.

Dans ma vie, quels ont été ces signes avant-coureurs de changement de nuit en lumière ? Dans ma vie d’aujourd’hui, quels signes de lumière je peux remarquer pour m’en réjouir avec Dieu ?

 

3ème piste : Entendre le discours de l’ange.

Il nous dit de ne pas craindre. Il reconnaît en nous ce qui habite notre cœur, la recherche du Christ. Il annonce la vie plus forte que la mort. Il indique où trouver Jésus : en Galilée, là où Il nous précède.

Laisser retentir chacune de ces paroles, les laisser descendre en moi. Quelle est la Galilée où dans ma vie Jésus me précède et où Il m’attend pour Le rencontrer ?

En Galilée seulement ? Non, pas seulement, car dès maintenant aussi, dans l’obéissance à la mission reçue, ces femmes Le rencontrent. Aimer Jésus, c’est faire ce qu’Il dit. On peut donc Le trouver en toutes les activités faites pour Lui, selon Son esprit, en cohérence avec Son royaume.

 

4ème piste : Entendre Sa parole : « Je vous salue »

La même que celle adressée à Marie à l’Annonciation. Parole pour une autre naissance, celle de Dieu au plus profond de nous. Je vous salue est un mot intraduisible en français, il dit à la fois salut, joie et grâce.

En le disant à ces femmes, c’est à chacun-e de nous qu’Il le dit. Pour quelle naissance en nous ?

 

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 23:47

Jusqu'à maintenant, dans ce blog, et cette "boîte à outils" pour méditer, il a été question de lectio divina ( au sens de lecture attentive et savoureuse de la parole de Dieu) à la manière ignatienne. Avec ce 12ème numéro, voici la manière monastique de méditer. A y regarder de près, on se rend compte de fortes ressemblance. Le déroulement est différent mais les attitudes de fond sont identiques. La manière dont je la présente, dont je l'ai recueilli, est  également être marquée par l'expérience qui est la mienne et par les enseignements reçus. 


Cette manière de prier a été codifiée par un chartreux : Guigues au 12ème siècle

 Elle commence par une demande : prier l’Esprit Saint. Lui demander d’avoir  soif de cette parole de Dieu. Qu’il ouvre les yeux du cœur

Une grâce de lumière. La grâce d’un cœur qui écoute.

 

La première étape est la Lectio 

Cela commence par une simple lecture qui peut prendre plusieurs formes. Il s’agit de faire entrer le texte dans  notre esprit.

On  lit le texte plusieurs fois. On peut le faire à voix haute. Le lire dans plusieurs traductions. Le chanter. Le copier. L’apprendre par cœur

Se le raconter avec ses propres mots.

Le relire et voir ce que j’ai oublié ou si j’ai ajouté quelque chose.

Si c’est l’Evangile, voir le même texte en parallèle chez les autres évangélistes.

Trouver tous les moyens possibles pour « manger » cette parole, pour l’écouter.

 

La deuxième étape est la Meditatio :

Après avoir mangé cette parole, il s’agit de la ruminer.

Mettre en œuvre son intelligence. Comment ?

Prendre une Bible où il y a des notes en bas de page, et des références dans les marges. Lire les notes et aller lire  les textes qui sont dans les marges.

Faire 2 colonnes.

Quel visage de Dieu ce texte me donne-t-il ?

Quel visage de l’humain ?

Cette rumination peut conduire à l’actualisation : le sens existentiel pour moi. A l’exemple de Marie qui « qui conserve toutes ces choses en son cœur » Lc2/19.

Laisser s’imposer à moi un ou deux versets.

Les laisser me pénétrer. Me laisser aimer par eux.

 

La 3ème étape est l'Oratio :

Parler à Dieu à partir de ce texte, comme Marie qui parle à Dieu avec son Magnificat.

Lui parler avec nos mots à nous. Répandre son cœur devant Lui (Lm 2/19)

Dire sa joie, son émerveillement, son désir, sa louange, son action de grâce, un merci, une demande, une supplication, sa confiance, un regret, bénir Dieu.

Il s’agit de répondre à Dieu après l’avoir écouté.

 

La 4ème étape est la Contemplatio :

Cette 4ème étape n’est pas forcément atteinte, elle est pure grâce de Dieu. Elle s’apparente à ce que la tradition carmélitaine appelle l’oraison de simple présence.

Je suis là devant Dieu, heureux-se d’être là, sans mot.

Adhésion tranquille à cette parole.

 

 

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 11:04

Voici la suite et la fin de la première partie de l’analyse de l’encyclique Mulieris Dignitatem ( abrégé en MD suivi du numéro quand je fais une citation)

La suite des articles montrera comment cette pensée par certains côtés est en heureuse rupture avec la pensée classique et en quoi, malheureusement, elle est en continuité.

 

5-Eve et Marie

Dans le chapitre IV qui a pour titre Eve et Marie, ce passage de la Première lettre à Timothée  est curieusement cité à la fois pour dire qu’il y aurait une répartition des rôles dans la description du premier péché ( donc accréditant une part d’initiative malheureuse d’Eve) et pour dire que c’est le péché de l’être humain homme et femme. Ce faisant, il est  passé sous silence que cette répartition des rôles décrite dans Gn 3/1-5 et reprise en Tm 2/12-13, a été utilisée pour justifier le silence des femmes et leur interdiction d’enseigner.

La lettre encyclique d’ailleurs semble accréditer cette part particulière de responsabilité d’Eve en la mettant dans le titre du chapitre IV qui aborde  le mystère du péché et ses conséquences. Le texte cite Gn 3/16 où Dieu dit à la femme les souffrances de l’enfantement, la convoitise envers le mari et la domination de celui-ci sur elle. Dans le texte biblique, ces paroles sont attribuées à Dieu. Mais de quel ordre sont-elles ? Serait-ce un jugement qui prescrit la peine due au péché ? Dans ce cas, elles seraient légitimes et elles devraient peser sur les femmes jusqu’à la Parousie, justifiant la domination masculine comme conséquence d’un jugement de Dieu. Ou au contraire seraient-elles un constat de la situation de désordre produite par la convoitise et que Dieu ne peut que constater et déplorer ? (MD 9)  Dans ce dernier cas , il est légitime de  combattre  ces souffrances comme une forme d’injustice.

Curieusement le texte dissocie ces trois éléments sans donner de raison : la souffrance de l’enfantement est qualifiée de « peine » due au péché(Faudrait-il comprendre alors , que l’accouchement doit rester une souffrance pour les femmes, comme marque de cette punition due au péché ?), tandis que la convoitise et la domination sont décrites comme conséquences de la rupture de l’harmonie initiale. Il y a perte « de stabilité de l’égalité fondamentale que possèdent l’homme et la femme dans l’unité des deux » (MD 10)

Mais cette perte de l’égalité se fait au détriment de la femme. Pouquoi ? Le texte ne le dit pas. Si l’on interprète Gn 3/16 comme la peine que Dieu inflige à Eve pour sa désobéissance, cela se comprend. Si on l’interprète comme une conséquence du désordre introduit par le péché, cela ne permet pas de comprendre pourquoi cela se fait « surtout au détriment de la femme »( MD 10).

 

Ce paragraphe 10 comporte pourtant des paroles fortes sur la discrimination dont souffrent les femmes, sur la nécesité de la conversion et sur la force de la révélation de la commune image de Dieu de l’homme et de la femme pour combattre ces injustices. Ce combat fait partie intégrante du « vaste contexte des droits de la personne humaine »( MD  10).

Cependant, dans la pensée de l’auteur de l’encyclique,  cette opposition légitime ne doit pas conduire à nier les différences entre ce qui est masculin et féminin. Comment ces différences sont-elles exprimées ? Il s’agirait de caractéristiques, d’originalité, de richesses, de ressources qui sont propres à l’un et à l’autre.  L’épanouissement, la dignité et la vocation de l’un et de l’autre devrait tenir compte de ces caractéristiques propres. Dans le cas de la femme, ne pas tenir compte de cela conduirait à une « masculinisation », à une appropriation des caractéristiques masculines.

Nous avons dans ce paragraphe un positionnement majeur de cette lettre encyclique. Elle pose la différence sexuelle comme un critère discriminant de vocation. Dans une commune humanité, l’homme et la femme auraient des vocations différentes. Mais quelles sont ces caractéristiques que la femme ne devrait pas « s’approprier » ? Pourquoi ce désir d’appropriation n’ a-t-il pas d’équivalent chez les hommes ? (et qui serait le désir de l’homme de s’approprier les caractéristiques féminines). Quelles vocations sont interdites aux femmes car préjudiciables à leur féminité ? Le texte à cet endroit ne le dit pas précisement .( En se limitant à la situation française, peut-on dire que l’accès de femmes à presque tous les postes autrefois réservés aux hommes est une appropriation de caractéristiques masculines ? Il faut se rappeler que l’argument récurrent des opposants à l’élargissement des droits des femmes a souvent été que cela les masculiniserait. Si elles avaient le droit de voter, cela leur ferait perdre leur féminité, si elles devenaient médecin, etc) Plus haut, j’ai déjà repéré des éléments de réponse : la spécificité de la féminité se trouverait dans la maternité. Plus loin, nous trouverons un autre élément qui est l’impossibilité de la vocation presbytérale.

Toujours dans ce chapitre 4 la réflexion se tourne à nouveau vers Marie et amorce l’analogie qui va servir à distinguer ce qui relève du féminin et du masculin dans le mystère du salut, comme justication d’une différenciation.

La lettre encyclique cite le protévangile : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le tien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon ». Ce verset a été interprété par la tradition (Le texte donné en note par exemple : IRENEE de LYON, Adversus Haereses, III, 23, 7 ) comme l’annonce de la rédemption et compris cette fois-ci de manière positive pour Eve comme ancêtre du Christ et Marie comme mère du Christ. Elles deux, figures de femmes « se rejoignent sous le nom de la femme »( MD 11) Ainsi ces paroles du protévangile relues à la lumière du Nouveau Testament exprimeraient la mission de la femme. La lettre encyclique a conscience de la nouveauté de sa lecture concernant la comparaison Eve-Marie en ne mettant pas ici Eve du côté du péché. (Comme exemple de l’opposition Eve-Marie, voir le texte cite JUSTIN, Dialogue avec Tryphon, 100). Il valorise au contraire leur ressemblance. Eve, mère de tous les vivants (Gn3/20), témoin du commencement et Marie, témoin du nouveau commencement. Le protévangile, mettant  en relief la femme au commencement, permet de comprendre qu’en Marie, il y a le nouveau commencement de l’alliance nouvelle et définitive de  Dieu avec l’humanité. Ceci constitue la « nouveauté absolue de l’Evangile» ( MD 11). Dans l’Ancien Testament, seuls des hommes étaient témoins de l’alliance avec Dieu. Ici c’est une femme, Marie. C’est le signe qu’en Jésus-Christ, « il n’y a plus ni homme ni femme » citant Ga3/28.

Cependant cette comparaison entre Eve et Marie se comprend  dans le sens où Marie « assume en elle-même et fait sien le mystère de la femme dont le commencement est Eve, la mère des vivants » (MD11) La signification de l’analogie Eve-Marie, serait de retrouver en Marie la femme telle que Dieu l’a voulue dans la création, « dans la pensée éternelle de Dieu » (MD 11). Marie est donc le nouveau commencement de la dignité et de la vocation de la femme, de toutes les femmes et de chacune d’entre elles.

Nous avons ici encore la thèse principale de cette lettre qui est la mariotypie : Marie comme modèle pour les femmes. Quand Marie dans son Magnificat dit que Dieu a fait de grandes choses en elle, cela ne concernerait pas uniquement la conception du Christ mais cela concernerait aussi la découverte de la richesse de la féminité, «  de l’originalité éternelle de la femme telle que Dieu l’a voulue ».

 

6-Le comportement du Christ à l’égard des femmes de son temps

Ce chapitre V met bien en évidence le comportement de Jésus vis-à-vis des femmes de son temps, comportement différent de celui de ses contemporains. La lettre encyclique reconnaît que la société où Jésus vivait avait une tradition discriminatoire à l’égard des femmes, tradition où l’homme dominait. Cette discrimination est reconnue comme péché. Si Jésus s’y oppose, c’est qu’il est « Témoin du dessein éternel de Dieu sur l’être humain » (MD 12). Ce chapitre est un vaste panorama des rencontres de Jésus avec des femmes qui va toujours dans le sens de leur dignité. Mais à  l’intérieur de  cette description, il y a des prises de position à nouveau sur le spécifique féminin lié au mariage et à la maternité. Le texte parle de « sa disponibilité à l’accueil de la vie inscrite dans son éthos dès le commencement » (MD 14)  La manière d’interpréter l’Evangile de la femme adultère est intéressante à ce niveau. En sauvant la vie de cette femme, le texte met le Christ en position d’Adam à qui la femme fut confiée « dans sa différence féminine et sa capacité d’être mère » (MD14) Ce qui permet à nouveau de parler de la femme en contexte conjugal. En évoquant la cananéenne, il est noté que les femmes comprennent le Christ «  dans une réceptivité de l’esprit et du cœur » (MD15) et d’une manière générale la femme a montré vis-à-vis du Christ, « une sensibilité qui correspond à l’une des caractéristiques de sa féminité ».

En ce qui concerne la transmission par le Christ de la vérité divine aux femmes, il est bien signalé qu’elle s’est faite sur un pied d’égalité avec les hommes. Il est donc noté que l’attitude de Jésus confirme l’égalité de l’homme et de la femme, une parité fondée sur la création à l’image de Dieu. Tous les deux sont susceptibles de bénéficier de la vérité divine sans restriction du fait d’être homme ou femme. Mais on peut remarquer que la parité se situe au niveau de la réception du message de son accueil. L’est-il au  niveau actif de son annonce ? Le texte y fait seulement mention de manière discrète.

 

7-La personnalité de la femme se réalise en étant épouse et mère

A nouveau Marie est présentée aux femmes comme modèle puisqu’en elles coexistent la maternité et la virginité qui seraient les deux voies de la vocation de la femme. Le rôle de la femme serait de s’ouvrir à l’enfant à naître. L’enfant est le fruit de l’union nuptiale dans lequel la femme réalise « un don de soi » (MD18) spécial. C’est dans la conception et l’enfantement que la femme « se trouve » (MD 18) . Pour l’encyclique, la capacité de la femme à la maternité n’est pas seulement un élément  biophysiologique, «  La maternité est liée à la structure personnelle de l’être féminin et à la disposition personnelle du don » (MD 18). Pour fonder cela, le texte utilise la parole de Marie à l’annonciation : « Qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1/38). Ces paroles signifieraient la disponibilité de la femme au don de soi et à l’accueil de la vie nouvelle. Mais n’est-ce  pas réduire le sens du texte à la maternité au détriment de l’attitude fondamentale de foi requise pour tous et toutes ? N’est-ce pas réduire à la maternité ce qui relève uniquement d’un acquiescement au mystère du salut ?

La maternité est présentée comme un rôle particulier et le plus exigeant parce qu’être parent concernerait plus particulièrement la femme. La maternité en créant un contact particulier avec l’enfant à naître créerait  en elle une manière d’être particulière, elle développerait en elle une plus grande attention à la personne humaine concrète. Le rôle de la mère dans l’éducation serait donc plus décisif que celui du père, la mère ayant une priorité spécifique par rapport à l’homme. Vient ensuite une affirmation ambiguë : « La maternité, avant tout dans son sens biophysique dépend de l’homme ». A-t-on ici encore trace de la conception erronée  d’Aristote qui ne voyait le principe actif que dans la semence virile ? La suite du texte semble le confirmer puisque la maternité est qualifiée d’apparente passivité.

Marie est aussi modèle de la virginité consacrée puisqu’elle était « fermement résolue à conserver sa virginité » (MD 20). La virginité est donc aussi vocation de la femme. Une voie où elle peut épanouir sa personnalité de femme, car elle exprime aussi un don désintéressé à Dieu. Comment le comprendre si ce qui fait le propre de sa vocation est d’être épouse et mère ? La lettre encyclique répond en mettant le Christ en position d’époux vis-à-vis de la femme consacrée. Le célibat consacré de la femme est  don au Christ Epoux. « On ne peut comprendre correctement la virginité, la consécration de la femme dans la virginité,  sans faire appel à l’amour sponsal » (MD 20)

La prédisposition innée de la personnalité féminine à la condition d’épouse trouverait ainsi une réponse dans la virginité» (MD 20)  Le point commun de la vocation de la femme serait d’être épousée et d’être mère que ce soit dans le mariage ou la vie consacrée.

 

L’introduction au chapitre 1 semblait s’ouvrir à une dimension historique par la notion de signe des temps. Le dernier chapitre de cette lettre encyclique (MD 31 chapitre VIII)  se termine en affirmant que face à des changements, il faudrait revenir aux fondements qui se trouveraient dans le Christ, aux vérités et aux valeurs immuables dont le Christ serait le témoin. Le Christ est l’époux, l’Eglise est l’épouse. Cette analogie est «  la vérité sur la femme en tant qu’épouse. L’époux est celui qui aime. L’épouse est aimée : elle est celle qui reçoit l’amour pour aimer à son tour » (MD29)  Ceci, pas seulement dans le mariage car il s’agirait d’un universel fondé sur le fait d’être femme. La femme aurait donc reçu mission d’être prophète de cette attitude de réceptivité de l‘amour, « être aimée »,  qui, dans la Vierge Marie trouverait son expression la plus haute.

 

Cette lecture attentive a déjà permis de pointer des éléments importants de cette lettre encyclique et sa manière particulière de penser la différence. Les bouleversements historiques ne pourraient  remettre en cause ce qui est d’un ordre naturel voulu par Dieu. Cette différence est qualifiée et elle déterminerait des vocations différentes selon qu’on est une femme ou un homme. La femme serait du côté de l’accueil du don et non de son initiative. Elle serait fondamentalement épouse et mère que ce soit dans le mariage ou spirituellement dans le célibat consacré. Le paradigme de sa féminité serait la Vierge Marie.

 

La 2ème partie de ce travail va faire un pas de plus dans l’analyse de cette lettre encyclique en montrant de quelle manière elle comporte des éléments de rupture avec la pensée classique et en quoi elle reste en continuité avec elle.

 

 

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