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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 21:47

Icone des femmes myrophores

Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 28 verset 1 à 10

 

 [1] Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre.

[2] Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit.

[3] Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige.

[4] A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts.

[5] Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.

[6] Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,

[7] et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit."

[8] Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

[9] Et voici que Jésus vint à leur rencontre : "Je vous salue", dit-il. Et elles de s'approcher et d'étreindre ses pieds en se prosternant devant lui.

[10] Alors Jésus leur dit : "Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront."

 

1ère piste : Regarder ces deux femmes unies dans la douleur.

Celui qu’elles aiment est mort. Celui qui savait aimer comme personne n’a jamais aimé, n’est plus. Celui en qui elles avaient mis tant d’espoir de libération est dans un tombeau.

Les rejoindre dans ce lieu là et aller avec elles à ce tombeau en osant parler à Dieu de ce qui dans ma vie est de l’ordre de la tristesse, du découragement etc…

 

2ème piste : Regarder l’ange qui roule la pierre et s’assoit dessus.

Le tombeau n’est plus fermé, il s’ouvre à la lumière du jour, signe déjà que de l’inouï peut survenir.

Dans ma vie, quels ont été ces signes avant-coureurs de changement de nuit en lumière ? Dans ma vie d’aujourd’hui, quels signes de lumière je peux remarquer pour m’en réjouir avec Dieu ?

 

3ème piste : Entendre le discours de l’ange.

Il nous dit de ne pas craindre. Il reconnaît en nous ce qui habite notre cœur, la recherche du Christ. Il annonce la vie plus forte que la mort. Il indique où trouver Jésus : en Galilée, là où Il nous précède.

Laisser retentir chacune de ces paroles, les laisser descendre en moi. Quelle est la Galilée où dans ma vie Jésus me précède et où Il m’attend pour Le rencontrer ?

En Galilée seulement ? Non, pas seulement, car dès maintenant aussi, dans l’obéissance à la mission reçue, ces femmes Le rencontrent. Aimer Jésus, c’est faire ce qu’Il dit. On peut donc Le trouver en toutes les activités faites pour Lui, selon Son esprit, en cohérence avec Son royaume.

 

4ème piste : Entendre Sa parole : « Je vous salue »

La même que celle adressée à Marie à l’Annonciation. Parole pour une autre naissance, celle de Dieu au plus profond de nous. Je vous salue est un mot intraduisible en français, il dit à la fois salut, joie et grâce.

En le disant à ces femmes, c’est à chacun-e de nous qu’Il le dit. Pour quelle naissance en nous ?

 

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 23:47

Jusqu'à maintenant, dans ce blog, et cette "boîte à outils" pour méditer, il a été question de lectio divina ( au sens de lecture attentive et savoureuse de la parole de Dieu) à la manière ignatienne. Avec ce 12ème numéro, voici la manière monastique de méditer. A y regarder de près, on se rend compte de fortes ressemblance. Le déroulement est différent mais les attitudes de fond sont identiques. La manière dont je la présente, dont je l'ai recueilli, est  également être marquée par l'expérience qui est la mienne et par les enseignements reçus. 


Cette manière de prier a été codifiée par un chartreux : Guigues au 12ème siècle

 Elle commence par une demande : prier l’Esprit Saint. Lui demander d’avoir  soif de cette parole de Dieu. Qu’il ouvre les yeux du cœur

Une grâce de lumière. La grâce d’un cœur qui écoute.

 

La première étape est la Lectio 

Cela commence par une simple lecture qui peut prendre plusieurs formes. Il s’agit de faire entrer le texte dans  notre esprit.

On  lit le texte plusieurs fois. On peut le faire à voix haute. Le lire dans plusieurs traductions. Le chanter. Le copier. L’apprendre par cœur

Se le raconter avec ses propres mots.

Le relire et voir ce que j’ai oublié ou si j’ai ajouté quelque chose.

Si c’est l’Evangile, voir le même texte en parallèle chez les autres évangélistes.

Trouver tous les moyens possibles pour « manger » cette parole, pour l’écouter.

 

La deuxième étape est la Meditatio :

Après avoir mangé cette parole, il s’agit de la ruminer.

Mettre en œuvre son intelligence. Comment ?

Prendre une Bible où il y a des notes en bas de page, et des références dans les marges. Lire les notes et aller lire  les textes qui sont dans les marges.

Faire 2 colonnes.

Quel visage de Dieu ce texte me donne-t-il ?

Quel visage de l’humain ?

Cette rumination peut conduire à l’actualisation : le sens existentiel pour moi. A l’exemple de Marie qui « qui conserve toutes ces choses en son cœur » Lc2/19.

Laisser s’imposer à moi un ou deux versets.

Les laisser me pénétrer. Me laisser aimer par eux.

 

La 3ème étape est l'Oratio :

Parler à Dieu à partir de ce texte, comme Marie qui parle à Dieu avec son Magnificat.

Lui parler avec nos mots à nous. Répandre son cœur devant Lui (Lm 2/19)

Dire sa joie, son émerveillement, son désir, sa louange, son action de grâce, un merci, une demande, une supplication, sa confiance, un regret, bénir Dieu.

Il s’agit de répondre à Dieu après l’avoir écouté.

 

La 4ème étape est la Contemplatio :

Cette 4ème étape n’est pas forcément atteinte, elle est pure grâce de Dieu. Elle s’apparente à ce que la tradition carmélitaine appelle l’oraison de simple présence.

Je suis là devant Dieu, heureux-se d’être là, sans mot.

Adhésion tranquille à cette parole.

 

 

 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 11:04

Voici la suite et la fin de la première partie de l’analyse de l’encyclique Mulieris Dignitatem ( abrégé en MD suivi du numéro quand je fais une citation)

La suite des articles montrera comment cette pensée par certains côtés est en heureuse rupture avec la pensée classique et en quoi, malheureusement, elle est en continuité.

 

5-Eve et Marie

Dans le chapitre IV qui a pour titre Eve et Marie, ce passage de la Première lettre à Timothée  est curieusement cité à la fois pour dire qu’il y aurait une répartition des rôles dans la description du premier péché ( donc accréditant une part d’initiative malheureuse d’Eve) et pour dire que c’est le péché de l’être humain homme et femme. Ce faisant, il est  passé sous silence que cette répartition des rôles décrite dans Gn 3/1-5 et reprise en Tm 2/12-13, a été utilisée pour justifier le silence des femmes et leur interdiction d’enseigner.

La lettre encyclique d’ailleurs semble accréditer cette part particulière de responsabilité d’Eve en la mettant dans le titre du chapitre IV qui aborde  le mystère du péché et ses conséquences. Le texte cite Gn 3/16 où Dieu dit à la femme les souffrances de l’enfantement, la convoitise envers le mari et la domination de celui-ci sur elle. Dans le texte biblique, ces paroles sont attribuées à Dieu. Mais de quel ordre sont-elles ? Serait-ce un jugement qui prescrit la peine due au péché ? Dans ce cas, elles seraient légitimes et elles devraient peser sur les femmes jusqu’à la Parousie, justifiant la domination masculine comme conséquence d’un jugement de Dieu. Ou au contraire seraient-elles un constat de la situation de désordre produite par la convoitise et que Dieu ne peut que constater et déplorer ? (MD 9)  Dans ce dernier cas , il est légitime de  combattre  ces souffrances comme une forme d’injustice.

Curieusement le texte dissocie ces trois éléments sans donner de raison : la souffrance de l’enfantement est qualifiée de « peine » due au péché(Faudrait-il comprendre alors , que l’accouchement doit rester une souffrance pour les femmes, comme marque de cette punition due au péché ?), tandis que la convoitise et la domination sont décrites comme conséquences de la rupture de l’harmonie initiale. Il y a perte « de stabilité de l’égalité fondamentale que possèdent l’homme et la femme dans l’unité des deux » (MD 10)

Mais cette perte de l’égalité se fait au détriment de la femme. Pouquoi ? Le texte ne le dit pas. Si l’on interprète Gn 3/16 comme la peine que Dieu inflige à Eve pour sa désobéissance, cela se comprend. Si on l’interprète comme une conséquence du désordre introduit par le péché, cela ne permet pas de comprendre pourquoi cela se fait « surtout au détriment de la femme »( MD 10).

 

Ce paragraphe 10 comporte pourtant des paroles fortes sur la discrimination dont souffrent les femmes, sur la nécesité de la conversion et sur la force de la révélation de la commune image de Dieu de l’homme et de la femme pour combattre ces injustices. Ce combat fait partie intégrante du « vaste contexte des droits de la personne humaine »( MD  10).

Cependant, dans la pensée de l’auteur de l’encyclique,  cette opposition légitime ne doit pas conduire à nier les différences entre ce qui est masculin et féminin. Comment ces différences sont-elles exprimées ? Il s’agirait de caractéristiques, d’originalité, de richesses, de ressources qui sont propres à l’un et à l’autre.  L’épanouissement, la dignité et la vocation de l’un et de l’autre devrait tenir compte de ces caractéristiques propres. Dans le cas de la femme, ne pas tenir compte de cela conduirait à une « masculinisation », à une appropriation des caractéristiques masculines.

Nous avons dans ce paragraphe un positionnement majeur de cette lettre encyclique. Elle pose la différence sexuelle comme un critère discriminant de vocation. Dans une commune humanité, l’homme et la femme auraient des vocations différentes. Mais quelles sont ces caractéristiques que la femme ne devrait pas « s’approprier » ? Pourquoi ce désir d’appropriation n’ a-t-il pas d’équivalent chez les hommes ? (et qui serait le désir de l’homme de s’approprier les caractéristiques féminines). Quelles vocations sont interdites aux femmes car préjudiciables à leur féminité ? Le texte à cet endroit ne le dit pas précisement .( En se limitant à la situation française, peut-on dire que l’accès de femmes à presque tous les postes autrefois réservés aux hommes est une appropriation de caractéristiques masculines ? Il faut se rappeler que l’argument récurrent des opposants à l’élargissement des droits des femmes a souvent été que cela les masculiniserait. Si elles avaient le droit de voter, cela leur ferait perdre leur féminité, si elles devenaient médecin, etc) Plus haut, j’ai déjà repéré des éléments de réponse : la spécificité de la féminité se trouverait dans la maternité. Plus loin, nous trouverons un autre élément qui est l’impossibilité de la vocation presbytérale.

Toujours dans ce chapitre 4 la réflexion se tourne à nouveau vers Marie et amorce l’analogie qui va servir à distinguer ce qui relève du féminin et du masculin dans le mystère du salut, comme justication d’une différenciation.

La lettre encyclique cite le protévangile : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le tien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon ». Ce verset a été interprété par la tradition (Le texte donné en note par exemple : IRENEE de LYON, Adversus Haereses, III, 23, 7 ) comme l’annonce de la rédemption et compris cette fois-ci de manière positive pour Eve comme ancêtre du Christ et Marie comme mère du Christ. Elles deux, figures de femmes « se rejoignent sous le nom de la femme »( MD 11) Ainsi ces paroles du protévangile relues à la lumière du Nouveau Testament exprimeraient la mission de la femme. La lettre encyclique a conscience de la nouveauté de sa lecture concernant la comparaison Eve-Marie en ne mettant pas ici Eve du côté du péché. (Comme exemple de l’opposition Eve-Marie, voir le texte cite JUSTIN, Dialogue avec Tryphon, 100). Il valorise au contraire leur ressemblance. Eve, mère de tous les vivants (Gn3/20), témoin du commencement et Marie, témoin du nouveau commencement. Le protévangile, mettant  en relief la femme au commencement, permet de comprendre qu’en Marie, il y a le nouveau commencement de l’alliance nouvelle et définitive de  Dieu avec l’humanité. Ceci constitue la « nouveauté absolue de l’Evangile» ( MD 11). Dans l’Ancien Testament, seuls des hommes étaient témoins de l’alliance avec Dieu. Ici c’est une femme, Marie. C’est le signe qu’en Jésus-Christ, « il n’y a plus ni homme ni femme » citant Ga3/28.

Cependant cette comparaison entre Eve et Marie se comprend  dans le sens où Marie « assume en elle-même et fait sien le mystère de la femme dont le commencement est Eve, la mère des vivants » (MD11) La signification de l’analogie Eve-Marie, serait de retrouver en Marie la femme telle que Dieu l’a voulue dans la création, « dans la pensée éternelle de Dieu » (MD 11). Marie est donc le nouveau commencement de la dignité et de la vocation de la femme, de toutes les femmes et de chacune d’entre elles.

Nous avons ici encore la thèse principale de cette lettre qui est la mariotypie : Marie comme modèle pour les femmes. Quand Marie dans son Magnificat dit que Dieu a fait de grandes choses en elle, cela ne concernerait pas uniquement la conception du Christ mais cela concernerait aussi la découverte de la richesse de la féminité, «  de l’originalité éternelle de la femme telle que Dieu l’a voulue ».

 

6-Le comportement du Christ à l’égard des femmes de son temps

Ce chapitre V met bien en évidence le comportement de Jésus vis-à-vis des femmes de son temps, comportement différent de celui de ses contemporains. La lettre encyclique reconnaît que la société où Jésus vivait avait une tradition discriminatoire à l’égard des femmes, tradition où l’homme dominait. Cette discrimination est reconnue comme péché. Si Jésus s’y oppose, c’est qu’il est « Témoin du dessein éternel de Dieu sur l’être humain » (MD 12). Ce chapitre est un vaste panorama des rencontres de Jésus avec des femmes qui va toujours dans le sens de leur dignité. Mais à  l’intérieur de  cette description, il y a des prises de position à nouveau sur le spécifique féminin lié au mariage et à la maternité. Le texte parle de « sa disponibilité à l’accueil de la vie inscrite dans son éthos dès le commencement » (MD 14)  La manière d’interpréter l’Evangile de la femme adultère est intéressante à ce niveau. En sauvant la vie de cette femme, le texte met le Christ en position d’Adam à qui la femme fut confiée « dans sa différence féminine et sa capacité d’être mère » (MD14) Ce qui permet à nouveau de parler de la femme en contexte conjugal. En évoquant la cananéenne, il est noté que les femmes comprennent le Christ «  dans une réceptivité de l’esprit et du cœur » (MD15) et d’une manière générale la femme a montré vis-à-vis du Christ, « une sensibilité qui correspond à l’une des caractéristiques de sa féminité ».

En ce qui concerne la transmission par le Christ de la vérité divine aux femmes, il est bien signalé qu’elle s’est faite sur un pied d’égalité avec les hommes. Il est donc noté que l’attitude de Jésus confirme l’égalité de l’homme et de la femme, une parité fondée sur la création à l’image de Dieu. Tous les deux sont susceptibles de bénéficier de la vérité divine sans restriction du fait d’être homme ou femme. Mais on peut remarquer que la parité se situe au niveau de la réception du message de son accueil. L’est-il au  niveau actif de son annonce ? Le texte y fait seulement mention de manière discrète.

 

7-La personnalité de la femme se réalise en étant épouse et mère

A nouveau Marie est présentée aux femmes comme modèle puisqu’en elles coexistent la maternité et la virginité qui seraient les deux voies de la vocation de la femme. Le rôle de la femme serait de s’ouvrir à l’enfant à naître. L’enfant est le fruit de l’union nuptiale dans lequel la femme réalise « un don de soi » (MD18) spécial. C’est dans la conception et l’enfantement que la femme « se trouve » (MD 18) . Pour l’encyclique, la capacité de la femme à la maternité n’est pas seulement un élément  biophysiologique, «  La maternité est liée à la structure personnelle de l’être féminin et à la disposition personnelle du don » (MD 18). Pour fonder cela, le texte utilise la parole de Marie à l’annonciation : « Qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1/38). Ces paroles signifieraient la disponibilité de la femme au don de soi et à l’accueil de la vie nouvelle. Mais n’est-ce  pas réduire le sens du texte à la maternité au détriment de l’attitude fondamentale de foi requise pour tous et toutes ? N’est-ce pas réduire à la maternité ce qui relève uniquement d’un acquiescement au mystère du salut ?

La maternité est présentée comme un rôle particulier et le plus exigeant parce qu’être parent concernerait plus particulièrement la femme. La maternité en créant un contact particulier avec l’enfant à naître créerait  en elle une manière d’être particulière, elle développerait en elle une plus grande attention à la personne humaine concrète. Le rôle de la mère dans l’éducation serait donc plus décisif que celui du père, la mère ayant une priorité spécifique par rapport à l’homme. Vient ensuite une affirmation ambiguë : « La maternité, avant tout dans son sens biophysique dépend de l’homme ». A-t-on ici encore trace de la conception erronée  d’Aristote qui ne voyait le principe actif que dans la semence virile ? La suite du texte semble le confirmer puisque la maternité est qualifiée d’apparente passivité.

Marie est aussi modèle de la virginité consacrée puisqu’elle était « fermement résolue à conserver sa virginité » (MD 20). La virginité est donc aussi vocation de la femme. Une voie où elle peut épanouir sa personnalité de femme, car elle exprime aussi un don désintéressé à Dieu. Comment le comprendre si ce qui fait le propre de sa vocation est d’être épouse et mère ? La lettre encyclique répond en mettant le Christ en position d’époux vis-à-vis de la femme consacrée. Le célibat consacré de la femme est  don au Christ Epoux. « On ne peut comprendre correctement la virginité, la consécration de la femme dans la virginité,  sans faire appel à l’amour sponsal » (MD 20)

La prédisposition innée de la personnalité féminine à la condition d’épouse trouverait ainsi une réponse dans la virginité» (MD 20)  Le point commun de la vocation de la femme serait d’être épousée et d’être mère que ce soit dans le mariage ou la vie consacrée.

 

L’introduction au chapitre 1 semblait s’ouvrir à une dimension historique par la notion de signe des temps. Le dernier chapitre de cette lettre encyclique (MD 31 chapitre VIII)  se termine en affirmant que face à des changements, il faudrait revenir aux fondements qui se trouveraient dans le Christ, aux vérités et aux valeurs immuables dont le Christ serait le témoin. Le Christ est l’époux, l’Eglise est l’épouse. Cette analogie est «  la vérité sur la femme en tant qu’épouse. L’époux est celui qui aime. L’épouse est aimée : elle est celle qui reçoit l’amour pour aimer à son tour » (MD29)  Ceci, pas seulement dans le mariage car il s’agirait d’un universel fondé sur le fait d’être femme. La femme aurait donc reçu mission d’être prophète de cette attitude de réceptivité de l‘amour, « être aimée »,  qui, dans la Vierge Marie trouverait son expression la plus haute.

 

Cette lecture attentive a déjà permis de pointer des éléments importants de cette lettre encyclique et sa manière particulière de penser la différence. Les bouleversements historiques ne pourraient  remettre en cause ce qui est d’un ordre naturel voulu par Dieu. Cette différence est qualifiée et elle déterminerait des vocations différentes selon qu’on est une femme ou un homme. La femme serait du côté de l’accueil du don et non de son initiative. Elle serait fondamentalement épouse et mère que ce soit dans le mariage ou spirituellement dans le célibat consacré. Le paradigme de sa féminité serait la Vierge Marie.

 

La 2ème partie de ce travail va faire un pas de plus dans l’analyse de cette lettre encyclique en montrant de quelle manière elle comporte des éléments de rupture avec la pensée classique et en quoi elle reste en continuité avec elle.

 

 

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 16:16

  

Après l’introduction, voici maintenant le début de la première partie avec les 3 premiers chapitres  de mon travail sur l’encyclique Mulieris dignitatem

 

1ère partie :

Lecture attentive et questionnante de la réponse de Mulieris Dignitatem


Il y a donc émergence d’un nouveau rapport homme-femme,  de domaines nouveaux,  en particulier pour les femmes, où investir leurs capacités créatrices, mais aussi de résistances, tant ces bouleversements contestent des privilèges, des conservatismes sociaux et religieux. Ces bouleversements font bouger les manières de concevoir la différence du féminin et du masculin.  Face à ces bouleversements, quels sont les positionnements du Magistère romain ?   J’ai choisi pour cela d’analyser la lettre encyclique Mulieris dignitatem du pape Jean-Paul II du 15 août 1988.

Dans cette première partie je vais suivre le texte pour en rendre compte le plus fidèlement possible, et pour « dialoguer » avec lui, un dialogue qui ira jusqu’au questionnement, ceci pour le texte lui-même mais aussi pour le choix des citations. 

1-Un signe des temps

La lettre encyclique commence par situer sa réflexion, en phase avec ces bouleversements de la situation des femmes, par le terme de « Signe des temps ». Cette expression avait été utilisée par Jean XXIII dans son encyclique Pacem in terris . Elle fut reprise par le Concile Vatican II dans la Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps, Gaudium et spes.  Mettre cette expression au début de la lettre permettait d’espérer un langage nouveau. En effet pour Jean XXIII, cela signifiait que l’Eglise devait tenir compte, pour annoncer l’Evangile, des changements qui se produisent dans l’histoire de l’humanité et discerner ce qui indique une action de Dieu. Le Concile présentera cette attitude comme un devoir : « L’Eglise a le devoir, à tout moment, de scruter les signes de temps et de les interpréter à la lumière de l’Evangile » (Gaudium et spes, n°4 § 1,) Cette expression permet d’introduire l’histoire dans la réflexion théologique et de recevoir d’elle un enseignement.

Il est intéressant pour notre recherche de remarquer les passages de la Constitution Gaudium et spes auxquels nous sommes renvoyés dans la lettre.  Il s’agit des numéros 8,9 et 60 de cette Constitution. Le numéro 8 évoque les déséquilibres du monde moderne (donc du côté critique des évolutions en cours), puis  les tensions au sein de la famille dues aux nouveaux rapports sociaux qui s’établissent entre homme et femme (donc encore du côté problématique de ces bouleversements).  Par contre le numéro 9 évoque comme légitime et universelle, l’aspiration des femmes à la parité de droit et de fait avec les hommes (paragraphe 2). Le chapitre 60 insiste sur le droit à la culture sans distinction « de race, de sexe, de nation, de religion ou de condition sociale » pour que chacun puisse atteindre son plein épanouissement. Il est reconnu que des conditions de vie et de travail de certains peuvent empêcher l’accès à la culture et que le fait d’être une femme est pour beaucoup un obstacle à cet accès. Le Concile, à l’encontre de cette situation, affirme le devoir de tous de reconnaître la participation des femmes à la vie culturelle et de la promouvoir. Ce passage, cependant, n’est pas sans ambiguïté. Cela veut-il dire que le fait que  « les femmes travaillent à présent dans presque tous les domaines d’activité » (Gaudium et spes n° 60 §3) puisse être un obstacle à leur participation à la culture ? Cela ne serait pas cohérent avec l’affirmation que c’est à l’accès aux études supérieures qui permet de travailler dans tous les domaines d’activité, qui permet de pouvoir occuper des fonctions,  jouer un rôle, et rendre des services dans la vie sociale (Gaudium et spes n° 60 §2)  Plus étonnant encore est l’absence du passage le plus fort de Gaudium et spes :

« Toutes formes de discriminations touchant les droits fondamentaux de la personne, qu’elles soient sociales ou culturelles, qu’elles soient fondées sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la religion doit être dépassée et éliminée, comme contraire au dessein de Dieu. En vérité, il est affligeant de constater que ces droits fondamentaux de la personne ne sont pas partout garantis. Il en est ainsi lorsque la femme est frustrée de la faculté de choisir librement son mari ou d’élire son état de vie, ou d’accéder à une éducation et une culture semblable à celle que l’on reconnaît à l’homme ». (Gaudium et spes n° 29 §2 )

Par contre  le Concile est cité quand celui-ci parle d’une participation nécessaire des femmes à la vie culturelle mais devant se faire de manière spécifique. Cette idée de spécificité du féminin, nous allons le retrouver partout dans la lettre encyclique. Cela rejoint les débats sur la plus ou moins grande importance qu’on peut accorder à la différenciation des sexes. La lettre se veut une réponse à cette question de la différenciation et en particulier une réponse au synode des évêques demandant qu’en soient approfondis les fondements anthropologiques et théologiques.( SYNODE DES EVEQUES, la vocation et la mission des laïcs dans l’Eglise et dans le monde, vingt ans après le Concile Vatican II, octobre 1987 )  Cette recherche de fondements anthropologiques a, nous le verrons, une visée ecclésiologique : justifier des vocations différentes selon le sexe.

2- L’être humain existe toujours et uniquement comme femme et comme homme

L’expression des signes des temps, nous avait introduits dans l’histoire, la fin du paragraphe 1, nous ramène à l’éternel.

« Il s’agit de comprendre la raison et les conséquences de la décision du Créateur selon laquelle l’être humain existe toujours et uniquement comme femme et comme homme. »( Mulieris dignitatem, chapitre 1 n°1 Dans le cours de ce travail, cette lettre sera désignée par MD) Faire appel à « la décision du Créateur » et au « toujours » de cette condition, nous place d’emblée dans une normativité absolue et éternelle qui ne prête à aucun débat et ne peut souffrir aucun changement. Cette position peut s’appuyer sur le texte de la Genèse qui décrit un acte de Dieu : « Faisons l’humain en notre image, comme notre ressemblance…Et Elohîm créa l’humain, mâle et femelle, il les créa » ( Livre de la Genèse, chapitre 1 versets 26 et 27. Traduction d’A. WENIN, D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain, Paris, Cerf, 2007, p 19). De fait, cet exister comme femme ou homme est une réalité qui prête difficilement à contestation (sauf par quelques courants extrémistes Par exemple J.BUTLER, Trouble dans le genre, Pour un féminisme de la subversion,  La Découverte, Paris, 2005). Mais le débat commence quand on cherche les  raisons et conséquences, quand on commence à qualifier cette différence de l’humain, femme et homme et surtout quand on attribue, en raison de cette qualification, des fonctions, des vocations différentes. La lettre encyclique la considère comme vérité éternelle, héritage fondamental, expérience immuable pour chaque être humain. Mais est-ce cette différence ou la manière de la comprendre et de la qualifier qui est vérité éternelle et expérience immuable ?

3-Une différence dans le mystère du Christ et selon le modèle de Marie

Cette différence ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Christ. Le Christ manifeste l’homme (homo) à lui-même (Gaudium et spes n° 22)  et fait entrevoir une place particulière pour la « femme » que fut la Mère du Christ, sur sa dignité et sa vocation. Dès ce paragraphe, sont posés les principes qui vont régir, tout au long  cette lettre encyclique, la qualification de cette différence (tout au moins, explicitement,  du côté du féminin) et qui se poursuit au chapitre II avec ce titre significatif : Femme. Mère de Dieu (théotokos). Parler en premier de Marie c’est délibérément vouloir faire d’elle, un modèle pour la femme. Nous avons là un premier principe épistémologique. Puisque Marie est une femme, elle est modèle de la femme. C’est faire de la sexualité un principe d’identification. Mais est-ce légitime ? Adopter ce principe amène à une double privation. Les hommes (viri) ne pourraient pas s’identifier à Marie, car n’ayant pas son sexe. Les femmes ne pourraient pas s’identifier au Christ, car n’ayant pas son sexe. Le texte évite cet écueil en ce qui concerne les hommes (viri). En effet à de nombreux endroits, le texte fait état de la position mariale des hommes (viri) « L’union particulière de la ‘Theotokos’ avec Dieu…accordée à tout homme (homo) est grâce pure et, comme telle, un don de l’Esprit »( MD 3) . Aux hommes (viri) à la fois la position mariale de l’union à Dieu, en état de réceptivité de par leur être créé (donc identification sans tenir compte du sexe) et aussi l’identification au Christ par leur masculinité (en tenant compte du sexe). Aux femmes uniquement la position mariale :

« La plénitude de grâce accordée à la Vierge de Nazareth en vue de sa qualité de ‘Theotokos’ signifie en même temps la plénitude de la perfection de ‘ce qui caractéristique de la femme, de ‘ce qui est féminin’. Nous nous trouvons ici, en un sens, au point central à l’archétype de la dignité personnelle de la femme » (MD 5).

Le deuxième élément de l’identification concerne  la maternité. La maternité de Marie (Theotokos, Mère de Dieu) définit la femme essentiellement comme mère. La maternité est la manière spécifique de la femme d’habiter cette position mariale :

« La plénitude de grâce accordée à la Vierge de Nazareth en vue de sa qualité de ‘Théotokos’ signifie donc en même temps la plénitude de la perfection de ‘ce qui est caractéristique de la femme’ de ce qui est féminin. Nous nous trouvons ici, en un sens, au point central à l’archétype de la dignité de la femme…  La réalité femme-Mère de Dieu…détermine aussi la perspective essentielle sur la dignité et sur la vocation de la femme »( MD 5)

4- La femme est autant image de Dieu que l’homme

Vient ensuite le chapitre 3 qui a pour titre « Image et ressemblance de Dieu », comme base immuable de toute l’anthropologie chrétienne se fondant sur les premiers chapitres de la Genèse. Je développerai dans la deuxième partie de mon travail la nouveauté qu’apporte ce chapitre. Mais pour l’instant au niveau d’une lecture continue et questionnée de cette lettre, je pointerai seulement quelques éléments. Il y a  une affirmation sans ambiguïté de la commune humanité de l’homme et de la femme « à un degré égal, tous les deux, créés à l’image de Dieu » ( MD 6). Ils sont « personne et cela dans la même mesure pour l’homme et pour la femme ». De ce fait, ils sont, tous les deux, êtres de raison en capacité et vocation à « dominer » le monde. Cette justesse anthropologique peut cependant surprendre. Rationalité et domination (il faudrait plutôt parler aujourd’hui, de gestion respectueuse) ouvre des champs immenses de l’activité humaine : tous les domaines du politique, de l‘économique, du social etc.… où tout homme, toute femme peut s’épanouir au service de ce monde.( Il est intéressant de remarquer que la Tradition a peu ou pas remarqué que cette gestion du monde est vocation pour la femme comme pour l'homme.) Dans le sens des signes des temps du chapitre premier, il aurait été important de reconnaître le bien-fondé du progrès que représente l’accès de femmes à ces domaines de responsabilités. Pourquoi ce silence ? La thèse de la lettre encyclique est de définir la femme comme épouse, mère et vierge. Est-ce là le domaine unique où elle peut exercer la rationalité et la « domination » ?

Ensuite vient une prise de position exégétique que l’on peut interroger. D’abord en affirmant que Gn 2/18-25 aiderait à bien comprendre Gn1/27-28, à comprendre plus profondément la vérité sur l’homme créé à l‘image de Dieu. De plus ces deux récits sont dits non contradictoires. Cette position est problématique. Il serait plus vrai de dire que le premier récit doit corriger ce qui dans le second peut être, et a été, interprétation discriminatoire pour les femmes.  Et reconnaître qu’il a donné l’occasion d’interprétation défavorable aux femmes. Ne pas le dire fait croire que de tout temps l’Eglise a interprété ce 2ème récit comme fondant l’égale image de Dieu pour la femme comme pour l’homme. Nous savons qu’il n’en est rien.  Il n’en est rien d’abord dans le Nouveau Testament lui-même.

En 1Co11/7-8 :

« L'homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête, parce qu'il est l'image et le reflet de Dieu; quant à la femme, elle est le reflet de l'homme.Ce n'est pas l'homme en effet qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme; et ce n'est pas l'homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. »

En 1Tm 2/12-14 :

« Je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de faire la loi à l'homme. Qu'elle garde le silence. C'est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. Et ce n'est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression. »

Il n’en est rien dans  toute la tradition ultérieure qui s’est régulièrement référée à ces citations néotestamentaires et à leurs interprétations comme nous le verrons dans la 2ème partie de ce travail.


 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 23:28

 

 

Ici commence la publication d’une étude que j’ai faite sur une encyclique du pape Jean-Paul II « Mulieris dignitatem » parue le 15 aout 1988. Cette étude comporte 80 pages. Je vais donc la publier à raison d’article de 3 ou 4 pages. J’espère que cela passionnera au point d’attendre avec impatience les suivants !

Je commence par l’introduction.

 

S'il est un bouleversement majeur intervenu depuis un siècle, en particulier en Occident, c'est bien celui des relations entre femmes et hommes. Ce bouleversement peut, parmi plusieurs aspects, se décrire comme l'émancipation d'une tutelle. Le domaine juridique en France en constitue une bonne illustration. Il faut attendre 1938 pour que soit supprimée la puissance maritale et abrogée l'incapacité civile des femmes; attendre 1965 pour que la femme mariée ne soit plus considérée comme mineure; 1966 pour qu'elle puisse exercer un métier sans avoir besoin de l'autorisation de son mari; attendre 1970 pour que la puissance paternelle soit remplacée par l'autorité parentale et que soit supprimée, dans le couple, la notion de chef de famille. (M. FERRAND, Féminin Masculin, Paris,  Ed. La Découverte 2004 collection repères n°389  page 120-122 ) Ces mesures ont contribué,  peu à peu, en France à sortir d’un système qui a prévalu pendant des siècles et qu’on a coutume de nommer patriarcal.

Mais cette émancipation et cette sortie du patriarcat sont  loin d'être gagnées dans toutes les parties du monde où des femmes continuent de subir violences et injustices, d'abord comme tout être humain, mais plus encore en tant que femmes. (« L’égalité sociale, politique et économique des femmes fait partie intégrante de la réalisation de l’ensemble des objectifs du Millénaire pour le développement. Tant que les femmes et les filles ne sont pas libérées de la pauvreté et de l’injustice, tous nos objectifs – la paix, la sécurité, le développement durable – seront en péril ».

Déclaration du Secrétaire général Ban Ki-moon, le 28 juin 2010, qui introduit le rapport de l’ONU : la justice pour les femmes, la clé pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. UNIFEM (Fonds de développement des Nations-Unies pour la femme) Sur internet : www.unifem.org/pdfs/MDGBrief-Fra.pdf.) De plus cette émancipation et cette sortie du patriarcat  sont  encore loin d'être acquises  dans tous les domaines, il suffit de citer parmi d'autres aspects, en France, la différence de rémunération, l’inégale répartition du travail matériel dans les familles, les violences conjugales dont majoritairement les femmes sont les victimes.

Une des questions débattues est d'évaluer la part positive du christianisme dans cette émancipation mais aussi sa part de responsabilité dans la légitimation et le maintien de ce patriarcat au cours de l'histoire.

Les raisons de cette hiérarchie dépassent largement la sphère chrétienne et religieuse (F.HERITIER, Masculin Féminin, II, dissoudre la hiérarchie, Paris, Ed. Odile Jacob, 443p ) mais  une certaine manière de traduire et d’interpréter les textes a  légitimé une situation de fait, ceci avec d’autant plus de force qu'elle se réclamait de l’autorité même de Dieu. De ce point de vue, ce travail  se veut une petite contribution à un travail de mémoire, en vue  de continuer à se libérer de pratiques discriminantes. Ceci explique pourquoi on y trouvera des citations importantes de textes qui ont façonné des mentalités et ont justifié des fonctionnements. Ils permettront de mieux saisir le regret que Jean-Paul II exprimait lui-même dans sa lettre aux femmes en juin 1995 :

« Il ne serait certes pas facile de déterminer des responsabilités précises, étant donné le poids des sédimentations culturelles, qui au cours des siècles ont formé les mentalités et les institutions. Mais si, dans ce domaine, on ne peut nier, surtout dans certains contextes historiques, la responsabilité objective de nombreux fils de l’Eglise, je le regrette sincèrement. » (JEAN-PAUL II, Lettre aux femmes, 29 juin 1995) Sans méconnaître l’apport positif  du christianisme (A.M. PELLETIER, Le christianisme et les femmes, 20 siècles d’histoire, Paris, Cerf, 2001,) la préoccupation qui est la mienne est de comprendre en quoi certaines traductions et interprétations de la Bible ont pu contribuer, légitimer et donc renforcer le maintien d'une situation inégalitaire. Et comment, aujourd’hui,  le discours du magistère romain peut-il aider cette émancipation ou la freiner.

C’est pourquoi, j’ai choisi de faire une lecture attentive de la lettre encyclique Mulieris dignitatem. Cette lettre est, à ce jour, un texte qui en la matière possède la plus haute autorité du magistère romain. Comment est pensée la différence homme-femme ? En quoi cette pensée de la différence est-elle au service de la justice, de l’émancipation des femmes de tout ce qui les entrave, en quoi favorise-t-elle leur libération ? En quoi, au contraire, cette pensée peut-elle freiner ce mouvement de justice, d’émancipation, de libération ?

La première partie de ce travail consistera en une lecture attentive chapitre par chapitre de ce document. Elle sera bienveillante pour mettre en lumière tout le positif et la nouveauté qu’elle comporte. Elle sera aussi questionnante, car, pour la femme que je suis, ( et bien sûr, bien au-delà de moi ) cette lettre est insatisfaisante. 

La deuxième partie développera la nouveauté du discours qui, de fait,  est au service d’une libération et qui représente des arguments forts contre toute discrimination. Cette nouveauté en premier lieu porte sur la théomorphie,  (la femme autant « image » de Dieu que l’homme masculin). Et pour faire saisir la nouveauté du discours, il sera nécessaire de faire mémoire de la théologie qui a prévalu avant le concile Vatican II, et pour qui cette théomorphie de la femme était loin d’être évidente.

En second lieu, la nouveauté porte sur l’interprétation du texte de la lettre aux Ephésiens au sujet de la soumission de la femme mariée à son mari. Mulieris dignitatem, en interprétant ce texte comme une soumission réciproque, rompt aussi avec ce qui était jusqu’alors enseigné.

Voici pour le côté positif qui est vraiment au service des femmes du monde entier dans leur combat contre tout ce qui les marginalise et le côté positif d’une pensée de la différence qui est non-discriminante.

Mais dans cette lettre, un autre discours se fait entendre à tel point que je me suis demandé si plusieurs auteurs, ayant des options différentes, se seraient partagé la rédaction de cette lettre.

En effet des pages fortes sur l’égalité dans la différence,  se côtoient avec une pensée de la différence qui réintroduit l’inégalité de deux manières : l’importance accordée à la symbolique de l’Epoux pour dire Dieu, donc de sa caractéristique masculine. La typologie Christ/ Adam qui met le masculin du côté du divin et la typologie Marie/Eve qui met le féminin du côté de la réponse humaine réceptrice.

La troisième partie essaiera après l’analyse des deux premières parties, de synthétiser les grandes lignes de l’anthropologie théologique de cette lettre encyclique pour mieux en comprendre les fondements.

Devant cette pensée particulière de la différence, dans son versant qui continue à véhiculer une inégalité, je me suis demandé à quelle condition un autre langage serait possible. C’est l’objet de la quatrième partie qui porte sur l’interprétation symbolique de la figure d’Adam, sur une autre conception de la révélation, une pensée trinitaire non monarchique, une anthropologie de la différence non-discriminant.

La pensée de la différence homme-femme pout être abordée sous des angles divers, par exemple psychologique, sociologique. J’ai choisi de me limiter à une lettre encyclique, aux textes bibliques et à leurs interprétations. A cause de l’impact qu’ils ont pu avoir et ont encore sur les mentalités et sur les décisions institutionnelles. A cause de l’importance qu’il y a à les interpréter différemment pour ouvrir un avenir meilleur pour les femmes et pour les hommes. La lettre encyclique Mulieris dignitatem m’a paru, de ce point de vue, être un bon lieu pour y déceler à la fois ce qui va dans le sens de l’avenir mais aussi de ce qui reste  un passé qui fige dans un stéréotype.

 

 

 

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 10:10

Ce récit de guérison (Mc 5, 25-34) peut nous éveiller à la liberté de Jésus. Pourquoi veut-Il savoir qui l’a touché ? Il sait qu’Il a guéri quelqu’un, cela ne lui suffit-Il pas ? Que veut-Il de plus ? Sûrement une rencontre personnelle. Car nous le savons, Il est plus qu’un « guérisseur », Il est sauveur. Le salut qu’Il donne, c’est d’abord Lui-même, c’est le cadeau d’une rencontre, d’une attention à l’autre, d’une question qui suscite une réponse, d’un dialogue qui s’installe.

 

Mais pour cette femme, le salut prend une dimension supplémentaire. Cette maladie dont elle souffre, est source d’exclusion sociale. Elle est considérée comme « impure » (Lv 15/9) et si elle a un contact physique avec quelqu’un, elle le rendra impur ! Au regard de cette loi religieuse, elle a donc rendu impurs tous les gens qu’elle a touchés dans la foule et Jésus Lui-même.

C’est donc une transgression majeure qui nous explique la stratégie d’anonymat de cette femme !

Et pour Jésus, vouloir rendre public aux yeux de tous cette guérison,  est une prise de position : Jésus ne se considère pas comme impur d’avoir été touché par elle et donc de fait, déclare caduque cette loi d’impureté qui excluait les femmes qui en étaient atteintes.

 

L’appeler « Ma fIlle » n’est pas anodin. Dans un cas semblable de situation d’exclusion,  à Zachée le publicain, Jésus dira : «  N’est-Il pas lui aussi fIls d’Abraham ? » (Lc 19/9). Ainsi, les  paroles qu’Il adresse à cette femme, lui rendent sa dignité, la valorisent au sujet de sa foi, la réintroduisent dans l’espace social, lui font cadeau de la paix.

 

Jésus a donné à cette femme « le désir et la force de briser les chaînes du destin qui entravaient sa liberté…la clarté libératrice de son enseignement a exorcisé sa peur. Il lui a rendu possible un avenir différent et Lui a rendu la parole à elle qui en était dépossédée » (Voir le livre de  J. MOINGT, l’homme qui venait de Dieu, Cerf, 2002, Cogitatio fidei n°176, p 47)

 

Voici la force libératrice de l’Evangile.

 

[25] Or, une femme atteinte d'un flux de sang depuis douze années,

[26] qui avait beaucoup souffert du fait de nombreux médecins et avait dépensé tout son avoir sans aucun profit, mais allait plutôt de mal en pis,

[27] avait entendu parler de Jésus ; venant par derrière dans la foule, elle toucha son manteau.

[28] Car elle se disait : "Si je touche au moins ses vêtements, je serai sauvée."

[29] Et aussitôt la source d'où elle perdait le sang fut tarie, et elle sentit dans son corps qu'elle était guérie de son infirmité.

[30] Et aussitôt Jésus eut conscience de la force qui était sortie de lui, et s'étant retourné dans la foule, il disait "Qui a touché mes vêtements ?"

[31] Ses disciples lui disaient : "Tu vois la foule qui te presse de tous côtés, et tu dis : Qui m'a touché ?"

[32] Et il regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela.

[33] Alors la femme, craintive et tremblante, sachant bien ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.

[34] Et il lui dit : "Ma fille, ta foi t'a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton infirmité."

 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 23:59

La source de la liberté de Jésus se trouve dans le récit du baptême quand il reçoit cette parole:

« Celui-ci est mon fils, l’Aimé en qui je me plais »

Etre fils en qui le Père se complaît, c’est n’avoir rien à prouver, rien à conquérir, car tout est déjà donné, offert.

Il ne peut donc plus avoir cette quête anxieuse, ce besoin de reconnaissance, cette avidité pour ce qu’on n’a pas, qui, pour nous, peut tellement nous rendre prisonniers des choses et des autres.

Il s’agit donc d’entendre cette parole du Père au Fils, l’entendre comme une parole qui dit sa liberté et croire que cela ne concerne pas seulement Jésus mais que c’est aussi pour nous, car Jésus  est venu pour nous partager sa liberté de Fils.

A nous aussi, le Père dit « Tu es mon fils, ma fille,

l’Aimé-e en qui je me plais ».

 

Et de ce fait, comme Jésus, nous pouvons dire des « oui » et des « non ».

Le oui de la foi,

et le non au doute qu’essaie d’insinuer le diable.

Le oui au manque,

comme espace pour creuser le désir, recevoir les êtres et les choses comme un don,

et le non à l’immédiateté du tout  tout-de-suite qui veut accaparer pour soi seul.

Le oui du long cheminement de la foi,

et le non de ce qui veut s’imposer par la force de l’évidence.

Le oui à un déjà donné de toute éternité, gratuitement par pure grâce,

et le non à un donnant-donnant, à la puissance au prix du rejet de l’amour.

 

Jésus sait qu’il est le Fils, donc que tout ce qui est au Père est à lui. C’est pourquoi, il est libre.

Il en est de même pour nous, puisque le Christ nous a fait cohéritiers avec lui.

Usons de cette liberté pour dire oui à la vie.

 

Matthieu 3/13-17

13] Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui.

[14] Celui-ci l'en détournait, en disant : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !"

[15] Mais Jésus lui répondit : "Laisse faire pour l'instant : car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice." Alors il le laisse faire.

[16] Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l'eau ; et voici que les cieux s'ouvrirent : il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

[17] Et voici qu'une voix venue des cieux disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur.

Matthieu 4/1-4

[1] Alors Jésus fut emmené au désert par l'Esprit, pour être tenté par le diable.

[2] Il jeûna durant 40 jours et 40 nuits, après quoi il eut faim.

[3] Et, s'approchant, le tentateur lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains."

[4] Mais il répondit : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu"

[5] Alors le diable le prend avec lui dans la Ville Sainte, et il le plaça sur le pinacle du Temple

[6] et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et sur leurs mains ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre."

[7] Jésus lui dit : "Il est encore écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu."

[8] De nouveau le diable le prend avec lui sur une très haute montagne, lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire

[9] et lui dit : "Tout cela, je te le donnerai, si, te prosternant, tu me rends hommage."

[10] Alors Jésus lui dit : "Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte."

[11] Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s'approchèrent, et ils le servaient.

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 18:36

Quelle joie de pouvoir être auditeurs de l’Evangile comme nous le sommes !

Quelle joie de pouvoir nous glisser dans ce groupe de publicains et de pécheurs  et comme eux s’approcher et écouter une parole où Jésus nous dit la valeur, le prix que nous avons à ses yeux.

Et oui, ces deux paraboles (comme la troisième bien connue, dite du « fils retrouvé ») nous disent d’abord le prix que nous avons aux yeux de Dieu. Elles nous comparent à une brebis, une pièce d’argent et un enfant. Ces comparaisons disent toutes les trois à leur manière une richesse et  une valeur qui ne doivent pas se perdre et qui demandent de tout mettre en œuvre pour être retrouvées. Et à chaque fois, cette valeur ou richesse est unique. Car pour Dieu, chacun, chacune de nous est sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien-aimé-e !

Qu’il est meilleur le regard de Dieu sur nous si nous le comparons à celui que nous avons sur nous-mêmes !

 

C’est pourquoi l’Evangile est bonne nouvelle. C’est pourquoi l’appel à la conversion est appel à changer notre regard. En fait, c’est faire un échange : renoncer au nôtre et accueillir celui de Dieu. Je suis sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien-aimé-e et il n’a de cesse de me chercher, de me trouver et de me retrouver.

 

L’autre lieu de conversion est donc aussi un appel à transformer nos images de Dieu. Sont-elles en coïncidence  avec ce qui nous est révélé ici de Dieu ?

Dieu comme un berger qui court à ma recherche, qui me met sur ses épaules.

Dieu comme une femme qui allume une lampe pour me chercher sans se lasser.

Dieu comme un père qui fait la fête à l’enfant retrouvé que je suis.

 

Oui, c’est bien de bonnes nouvelles pour notre vie dont l’Evangile est porteur. Laissons-nous libérer par elles. Ce sont elles qui peuvent dilater notre cœur et transformer quelque chose en nos vies.


Dans l'Evangile de Luc au chapitre 15 verset 1 à 10

[1] Cependant tous les publicains et les pécheurs s'approchaient de lui pour l'entendre.

[2] Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : "Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !"

[3] Il leur dit alors cette parabole :

[4] "Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et vient à en perdre une, n'abandonne les 99 autres dans le désert pour s'en aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée ?

[5] Et, quand il l'a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules

[6] et, de retour chez lui, il rassemble à moins que ton « assemble » sans « r » soit volontaire, comme plus bas ? amis et voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue !

[7] C'est ainsi, je vous le dis, qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes, qui n'ont pas besoin de se repentir.

[8] "Ou bien, quelle est la femme qui, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n'allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée ?

[9] Et, quand elle l'a retrouvée, elle rassemble amies et voisines et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, la drachme que j'avais perdue !

[10] C'est ainsi, je vous le dis, qu'il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent."

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 23:12

Bonjour à toutes celles et ceux qui lisent mon blog

Merci de l’attention que vous y portez  et de vos encouragements.

Vous me dites que cela vous aide et je m’en réjouis.

Depuis sa création en juillet 2011, ce blog a reçu 8143 visites et 18048 pages ont été lues. Il peut être facilement accessible si on écrit « au bonheur de Dieu » sur google puisqu’il est en premier sur la première page.

 

Cet article a pour but de répondre à des questions qu’on me pose.

 

1-Comment avoir la liste de tous les articles écrits ?

Sur la droite de la page qui s’affiche, vous avez un carré qui a pour titre « Présentation » (sur fond bleu) En dessous, vous en avez un autre qui s’appelle : « Articles récents ». (sur fond bleu) En bas de cette liste, vous cliquez sur liste complète.

Actuellement il y a 4 pages. C’est la 1ère qui apparaît. Si vous voulez voir les autres vous cliquez sur 2 ou 3 ou 4.

Si dans ces pages, un article vous intéresse, vous cliquez sur le titre.

 

2-Comment trouvez un article sur un sujet qui vous intéresse ?

Par exemple, vous cherchez un article qui parle du discernement.

Toujours sur la droite, en dessous de « Mes sites préférés», vous avez

« Recherche » (sur fond rose). Vous écrivez le mot de votre recherche. Vous cliquez sur OK. Vont apparaître tous les articles qui parlent de ce sujet ou qui ont ce mot dans l’article. Ensuite vous cliquez sur ceux qui vous intéressent.

 

3-Comment recevoir sur votre boîte mail, l’annonce d’un nouvel article ?

En dessous de « recherche » il y a également sur fond rose un carré appelé « Newsletter ». Vous écrivez votre adresse mail. Ensuite vous déroulez pour faire apparaître les deux options :

-notifications de publication d’articles : Si vous laissez le v, à chaque fois que j’écris un nouvel article, vous serez prévenus par un mail avec le titre de l’article et ses premiers mots

-newsletter du blog : si vous laissez le v, vous recevrez une lettre que j’écris de temps en temps.

Pour valider ces 2 options, n’oubliez pas de cliquer sur OK

Si vous ne souhaitez que l’une ou l’autre, vous enlevez le v

 

4-Comment écrire un commentaire à un article ?

En bas de tous les articles, il y a le mot « écrire un commentaire »

C’est écrit en bleu en tout petit. Vous cliquez. On vous demande votre adresse mail et vous écrivez votre réaction.

 

5-Comment m’écrire un message personnel ?

Tout en bas de tous les articles, il y a le mot contact. Vous cliquez dessus. On vous demande votre adresse mail et vous écrivez.

 

6-Comment imprimer un article?

En bas de chaque article, il y a le mot « plus ».

Vous vous positionnez dessus : apparait un dessin d’imprimante ;

Vous cliquez dessus. Le texte apparait et vous cliquez sur imprimer.

 

Bonne lecture et parlez-en aux ami-es !

 

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 23:41

Ce lundi au Centre spirituel du Cénacle de Versailles, nous avons eu une liturgie de la parole. Nous célébrons ainsi une fois par mois. Ce jour-là, c’était Sr Agnès Hédon qui l’animait.

Après un chant, nous avons écouté l’Evangile du jour. Elle nous a invité-es à le méditer en silence. Le voici

Jésus disait à la foule :

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.

Ne jugez pas, vous ne serez pas jugés ;

Ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés.

Pardonnez, et vous serez pardonnés.

Donnez, et vous recevrez :

                   une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,

                   qui sera versée dans votre tablier ;

 Car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. » Lc 6,36-38

Puis, par groupe de 3, nous avons partagé le fruit de notre méditation.

 

Nous avons ensuite écouté son commentaire. Le voici :

Il était une fois un homme assis près d'une oasis, à l'entrée d'une ville du Moyen Orient. Un jeune homme s'approche de lui et lui demande :

Je ne suis jamais venu dans cette ville. Comment sont les gens qui vivent ici ?

Le vieil homme lui répond par une question :

Comment étaient les gens de la ville d'où tu viens ?

Égoïstes et méchants. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'étais bien content de partir.

Tu trouveras les mêmes ici, lui répondit le vieil homme.

Un peu plus tard, un autre jeune homme s'approche et lui pose la même question :

Je viens d'arriver dans la région. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme lui répondit de même :

Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens de la ville d'où tu viens ?

Ils étaient bons, accueillants, honnêtes. J'y avais beaucoup d'amis et j'ai eu beaucoup de mal à les quitter.

Tu trouveras les mêmes ici, lui répondit le vieil homme.

Un marchand, qui faisait boire ses chameaux, avait entendu les deux conversations. Dès que le second jeune homme s'éloigna, il s'adressa au vieillard sur un ton de reproche :

Comment peux-tu donner deux réponses différentes à la même question ?

Mon fils, dit le vieillard, chacun porte son univers dans son cœur. D'où qu'il vienne, celui qui n'a rien trouvé de bon par le passé ne trouvera rien ici non plus. Par contre, celui qui avait des amis dans l'autre ville en trouvera de nouveaux ici. Car on se retrouve toujours dans l'autre, comme dans un miroir.

« La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

Une parole de sagesse.... ce que nous apprend la vie !

« Ne jugez pas, vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et vous recevrez. »

Finalement il s'agirait de savoir faire un bon calcul. Une sagesse qui serait une simple hygiène de vie : le moyen de ne pas se trouver pris dans des conflits et de cultiver la tranquillité ou au moins une paix apparente....

C'est la première phrase de ce petit passage de l'évangile de Luc qui fait la différence :

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. »

C'est ce « comme » qui change tout !

Cette miséricorde du Père, qui se décline en non jugement, non condamnation, don et pardon sans mesure, amour des ennemis, Jésus l'a manifestée sous nos yeux.

Le pardon tel que Jésus le révèle et l'incarne est inaccessible à l'homme laissé à ses seules forces.

Il faut être introduits dans la gratuité de Dieu, y avoir part, pour pouvoir offrir et accueillir un pardon à la manière de Dieu « comme lui ». Ce que nous, nous essayons de vivre tant bien que mal au jour le jour dans nos relations porte la trace de cette gratuité de Dieu.

Quand nous ne nous contentons pas d'excuses, d'oubli, de négation ou de silence, de justification, quand nous résistons à  la distance et la mésestime, déjà nous sommes sur le chemin du pardon évangélique et cela a goût de recréation, de résurrection.

« Apprenez de moi, mettez-vous à mon école, dit Jésus, car je suis doux et humble de cœur. »

Devant le Christ en croix :

« ...imaginant le Christ Notre Seigneur devant moi, placé sur la croix... » (Ex. Sp. n° 53)

Ecouter de lui :

« Père, pardonne-leur... »

« Aujourd'hui tu seras avec moi... »

« ...imaginant le Christ Notre Seigneur devant moi, placé sur la croix... »

Lui parler comme à un ami.

 

Nous sommes resté-es un moment en silence devant le Christ en croix, puis nous avons écouté le chant « Ame du Christ » en latin.

 

Cette liturgie de la Parole s’est terminée par une prière de conclusion :

« Quand j'aurai faim, donne-moi quelqu'un à nourrir.

Quand j'aurai soif, donne-moi quelqu'un à abreuver.

Quand j'aurai envie de pleurer, donne-moi quelqu'un à consoler.

Quand j'aurai mal, donne-moi quelqu'un à soigner.

Quand j'aurai envie d'être seul-e, donne-moi quelqu'un à visiter... »

Seigneur, élargis notre tablier, nos cœurs, pour les ajuster au tien

pour les ajuster au don que tu veux nous faire.

Conforme-nous chaque jour davantage à ta miséricorde.

Donne-nous aussi de bons yeux pour voir cette mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante

que tu verses déjà chaque jour dans nos tabliers,

et pour accueillir avec gratitude ce don des années de vie 40, 50, 60, 70 et 80 ans que tu nous donnes pour louer, aimer, servir.

Nous te le demandons par Jésus Christ, visage de ta miséricorde ;

Lui qui règne avec toi, Père, et avec l'Esprit Saint dans les siècles des siècles.

 

 

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Journal
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