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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 18:20

Voici un article qui traite du discernement. Pour le faire, je me suis inspirée d’un excellent petit livre écrit par Sr Monique Lorrain : Discerner. Que se passe-t-il en nous. Dans la collection Vie chrétienne. Je vous recommande la lecture de ce livre simple et profond.

 

1ère partie : Il se passe des choses en nous

Comment vas-tu ? Question qu’on pose quand on rencontre quelqu’un. Question importante. Personnellement je suggère souvent de la poser au début d’un temps de prière. Entendre Dieu qui nous la pose. Pouvoir lui parler de ce qui nous habite. Descendre en soi, sonder son cœur. Passer de la superficie de soi à l’intérieur de soi. Pas si facile. D’autant plus si on a eu une éducation qui vous a dit :

" ne t’écoute pas" ( Cela a pu avoir du positif, un appel à un dépassement de soi. Mais cela comporte des aspects négatifs, se couper de soi-même)

 

En tout cas dans une retraite spirituelle telle que la conçoit  Ignace de Loyola, il est important de s’y exercer : s’exercer à avoir accès à son cœur profond.

Il y a là une position théologique forte : le cœur profond c’est le lieu de Dieu, là où Il parle, donc le lieu d’une décision libre.  Le discernement va se faire à partir de  ce qu’on aura repéré comme mouvement dans son cœur profond.

Pas facile, donc il faut s'y exercer. Il va falloir que le texte biblique ne reste pas à l’extérieur à soi, donnant lieu seulement à des idées, une explication de texte, un commentaire, mais qu’il soit une parole qui nous rejoint au plus intime de nous.

Il va s’agir  de repérer ce qui dans ce texte m’a réjoui-e, m’a rendu-e heureux-se, m’a donné du goût de vivre d’aller de l’avant, du courage, de la paix.

Repérer au contraire, ce qui a été lieu de lourdeur, de tristesse, de découragement.

 

Cela vaut pour la méditation d’un texte mais aussi au terme d’une journée, pouvoir repérer ce qui m’a dynamisé-e ou m’a déprimé-e.

Si je ne suis pas attentif-ve à cela, je risque de me laisser balloter, comme un navire qui n’aurait pas de gouvernail et qui irait selon le vent.

 

Il s’agit donc de prendre conscience de ces mouvements en nous, ne pas les nier : oui je suis en colère de… ; oui j’ai tel désir de… ; oui, cela me rend heureux-se

Je vais pouvoir repérer ce qui est générateur de vie pour l’accueillir.

Repérer ce qui contrarie la vie en moi pour m’en défendre.

Si je fais cela je tiens le gouvernail : j’utilise le bon vent, je vais dans son sens et je me défends de celui qui me fait dériver.

 

 

2ème partie : d’où ça vient ?

Après les avoir repérés, il s’agit d’en trouver l’origine, d’où ça vient

 

1-Des mouvements peuvent venir de nous, en ce que nous sommes créé-es à l’image de Dieu.
Donc ils viennent de notre cœur dans sa capacité de bonté, de beauté, vérité

 

2-ils peuvent venir de la part blessée en nous : les blessures de la vie, celles reçues des autres, de celles aussi dont nous sommes acteurs

 

3-ils peuvent venir de l’Esprit Saint

Le cœur bon en nous et l’Esprit Saint sont solidaires, ils s’entraident mutuellement.

L’Esprit Saint encourage la vie, la bonté, la vérité qui est en nous. Il va aider à nous ouvrir davantage aux autres, au monde, à lui. Il va favoriser la joie, la louange, la lumière, la vérité, le pardon, la force, le courage

Il va panser nos blessures.

 

4- ils peuvent venir aussi du mauvais esprit

Car un autre veut empêcher tout cela, combattre la relation à Dieu. Il s’oppose à cet élan de vie, il veut défaire ce qui est bon et beau en nous, il essaie de susciter des mouvements de mensonge, de secret, de mépris, de tentation, de doute, de division, de désordre, de peur, de séduction.

Il va utiliser nos blessures pour nous enfoncer davantage.

 

3ème partie : l’action opposé de l’Esprit Saint et du mauvais esprit

Je reproduis ici le tableau très éclairant de Monique Lorrain à la page 13

LE MAUVAIS ESPRIT

contraint, oblige, enchaîne

embrouille, trompe

décourage, affaiblit

trouble, met dans la peur

inquiète sur le passé et le futur

fait douter

plonge dans le désespoir

favorise égoïsme et repli sur soi

divise, accuse, rend malveillant

enferme dans l'orgueil

rend triste, amer

entraîne à la désolation

aveugle et endurcit le coeur

fait douter du pardon

 

LE BON ESPRIT

invite, respecte notre liberté

éclaire, fait la vérité

encourage, fortifie

apaise, met dans la confiance

aide à vivre le moment présent

fortifie la foi

enracine dans l'espérance

entretient l'amour, l'ouverture

construit l'unité, la fraternité

met dans l'humilité

éveille à la joie, la louange

donne le goût spirituel

invite à la conversion, à la reconnaissance de notre péché

ouvre à la miséricorde

 

4ème partie : où ça va ?

 

1-Quand nous sommes en situation de dynamisme qui nous pousse vers le haut :

*L’Esprit Saint donne force, courage, chasse nos peurs, donne l’ énergie pour aimer, servir, il soutient ce qui en nous veut aller vers la vie, il veut nous conduire vers la vie.

*le mauvais esprit décourage, met des obstacles «  tu n’y arriveras jamais », il met l’inquiétude, le trouble, la méfiance en soi, en Dieu dans les autres, il veut nous nous faire changer de voie, quitter notre montée vers la vie et nous faire prendre la pente qui va vers la mort.

 

2-Quand nous sommes en situation de descente vers le bas

*l’Esprit Saint va nous dire : « attention », reprends –toi, rebrousse chemin, il suscite une légitime inquiétude, dérange notre somnolence, suscite une insatisfaction, il veut freiner et arrêter la descente qui nous mène à la mort.

*le mauvais esprit encourage la descente  « vas-y , ne t’inquiète pas , tout le monde fait pareil, ne te pose pas de question », il endort la conscience.

 

5ème partie : consolation/ désolation

 

1-Consolation

Il y a des périodes de notre vie où nous vivons une consolation spirituelle.

Période de vitalité spirituelle

Cela peut se vivre de différentes façons :

*cœur tout brûlant qu’ont connu les disciples d’Emmaüs Lc 24/32

L’amour de Dieu est ressenti de manière forte. Situation de l’amoureux

*pas forcément ressenti mais plus fréquent : augmentation de foi, de confiance en Dieu, en soi, dans les autres ; force qui permet d’avancer, même dans l’épreuve, une paix qui fait vivre le quotidien

*mais aussi sous forme d’une découverte douloureuse de son péché qui me fait me jeter dans les bras de Dieu, vraie contrition  (qui n’a rien à voir avec la fausse culpabilité, le remords qui est jugement terrible de soi par soi).

*consolation qui donne goût de Dieu, change notre regard.

Produit ce qui est décrit en Ga 5/22

 

Que faire en période de consolation ?

-puisque c’est un temps facile, en profiter pour mette en place dans ma vie des moyens pour structurer ma vie spirituelle.

-rendre grâce pour prendre conscience que c’est un don de Dieu, emplir ma mémoire de ce don, pour m’en souvenir quand ce sera plus difficile.

 

2-désolation

Plus rien ne va : obscurité, découragement, doute, tentation, Dieu semble loin

Manque de vitalité spirituelle, paresse, tiédeur, tristesse, comme une terre desséchée

Dans ces moments, nous somme fragiles et fragilisés et nous pouvons être plus sensibles au mauvais esprit qui veut nous détacher de Dieu.

 

Pourquoi peut-on passer de la consolation à la désolation ?

-à cause d’un manque de vigilance de notre part, de négligence. Le don de Dieu, on ne l’a pas alimenté comme un feu auquel on n’aurait plus donné de bois à brûler.

-mais , sans aucune faute de notre part, Dieu peut nous laisser sans secours particulier pour purifier notre cœur, pour l’aimer Lui-même et non pour ses dons ; mais Il ne nous enlève jamais la grâce qui suffit pour rester fidèle.

 

Que faire en période de désolation ?

-tenir le cap : ne pas changer les décisions prises, s’ancrer dans la prière même sèche et qui semble vide.

-ne pas s’affoler : je ne sens plus la présence de Dieu mais Il est là.

Ma grâce te suffit 2 Co 12/9

Je suis avec vous Mt 28/20

-en parler à quelqu’un de compétent en vie spirituelle.

-en profiter pour comprendre mieux mes points faibles qui favorisent la désolation et qui me fragilisent.

-faire mémoire des moments de consolation que j’ai pu avoir.

Le faire comme Israël : en exil où ils ont tout perdu (plus de roi, de terre, de temple) ils sont dans la désolation, ils se souviennent du temps où Dieu les a libérés de l’esclavage et conduits vers un pays de lait et de miel. S’appuyer là-dessus pour espérer.

 

 

 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 23:30

 

Dieu nous cherche, il désire une amitié avec nous. Nous le cherchons. Mais c’est lui qui a pris l’initiative. Si nous cherchons, c’est parce que lui, le premier nous a cherchés. Et même, nous pouvons dire qu’il nous a trouvés. Trouvés, car créés-es à son image, nous portons son image en nous. Trouvés par ce qu’il s’est fait l’un de nous par son incarnation et donc a épousé notre humanité et chacun-e de nous. Trouvés, parce que notre être est temple de l’Esprit. Trouvés parce qu’il a jeté sa Parole dans la terre de nos vies.

Que dire après cela ? Pousser le cri de Paul : «  Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm8/31)

Donc notre recherche de lui, ne peut être que réponse à son don.

Pour y répondre, il faut nous libérer des fausses images de Dieu. Une image est particulièrement dangereuse, celle qui fait croire que Dieu impose, exige à l’instar  d’un pouvoir dictatorial. Cela traîne dans nos têtes et nous empêche d’aller à lui dans la confiance. Non. Dieu a posture de mendiant qui se tient à la porte de nos vies et frappe à la porte doucement. Il n’entrera jamais de force, tant que nous n’aurons pas ouvert, Il restera sur le palier, en patience, en espérance qu’on lui ouvre un jour.

 

Dieu n’exige rien, IL DONNE TOUT. Il donne et se donne comme une graine jetée dans la terre de nos vies. Il se donne dans le pain et le vin de l’Eucharistie. Et communier, c’est entrer avec lui, à sa suite, à notre petite mesure, dans le don qu’Il fait de Lui.

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 11:59

 

Cela fait un mois et demi que je suis arrivée à Vogan dans la communauté de Notre Dame du Cénacle pour vivre ce temps de postulat, de partage de vie communautaire au sein d’une communauté qui, je peux vous l’assurer, n’engendre pas la mélancolie !!! Il est 18h, il fait nuit noire à Lomé lorsque la porte de l’avion s’ouvre sur nous (sœurs Hélène Poyet et Laurence Nannarone, et moi-même) et je suis prise par la chaleur étouffante qu’il règne ici. Heureusement, il s’agit d’une première impression qui s’estompe à mesure que nous nous éloignons de Lomé et de sa chaleur accumulée pendant la journée. Ici à Vogan, le climat est un peu plus clément et nous trouvons de l’air assez facilement (même si on m’assure que les grosses chaleurs sont pour les mois de janvier et février).

Le surlendemain de notre arrivée, nous repartons déjà pour quatre jours de reprise communautaire chez les clarisses d’Aképé (à côté de Lomé) et nous découvrons la liturgie africaine par ce qui se fait de mieux… Les sœurs de ce couvent ont vraiment une vocation particulière : elles chantent les offices mais elles les dansent aussi ! C’est très beau, très méditatif. Je parle de liturgie africaine parce qu’il y a dans ce couvent des sœurs togolaises, ivoiriennes, burkinabées, béninoises, ghanéennes et une française ! Et la liturgie reprend donc toutes les langues des sœurs. Et nous arrivons en plus le jour de la prise d’habit de sœur Marie-Louise de l’Eucharistie (et il s’en suit trois jours d’action de grâce)…

De retour à Vogan, c’est enfin le temps de découvrir le peuple de Dieu vers lequel le Seigneur nous envoie. Et c’est des « bonne arrivée » qui pleuvent. Ici c’est la salutation lorsqu’on arrive quelque part. Tout le monde vient nous saluer dans la rue, à la maison, à l’église. Très vite, je découvre la salutation que s’adressent les chrétiens (le prêtre au début de son homélie à l’assemblée, les gens pour se dire bonjour en arrivant à la paroisse, ou simplement lorsque l’on se croise dans la rue) « Nawo Kafu Yesu Kristo ! » et l’on répond « tegbe tegbe amen ! » ce qui se traduit ainsi : « Loué soit Jésus Christ ! » à quoi l’on est invité à répondre « à jamais ! ». Une très belle manière de se rappeler sans cesse de notre appartenance au Christ…

C’est au début de cette découverte de l’Eglise voganaise que je vis une étape importante puisque le lundi 10 octobre, nous célébrons mon entrée au postulat pendant un temps de prière partagée autour du texte de l’appel de Samuel. A cette occasion, sœur Simone, supérieure de la communauté, me remet des extraits des constitutions de la congrégation. C’est aussi le moment où je reçois une croix, semblable à celle de Patra qui vit dans la communauté de Raismes… un beau signe de communion avec elle sur ce chemin !

Si je m’émerveille de toutes les beautés de ce peuple et de ce pays, j’apprends aussi à me laisser déranger par tout ce qui est plus étonnant, plus difficile. Et je pense surtout à la manière dont la foi se vit ici (avec par exemple beaucoup de prières vocales). Il me semble que la mission des sœurs du Cénacle y est précieuse : accompagner vers une rencontre personnelle avec le Christ.

C’est ce que je découvre en participant avec elles à certains de leurs apostolats. La plus grande mission qui m’est confiée ici se situe auprès des catéchumènes de sœur Emilienne, à qui l’on a confié la catéchèse en français il y a quelques années. Elle a accompagné ses catéchumènes pendant quatre ans, jusqu’à leur confirmation, avec une pédagogie extra que j’ai la chance de découvrir aujourd’hui. Par exemple, je constate qu’un jeune accompagné par sœur Emilienne est capable de faire des choix. Il apprend à définir ses priorités et à s’y tenir. La particularité aussi de ce groupe de catéchumènes de première année avec qui nous venons de prendre la route, c’est qu’il va de 9 à 30 ans. Cela présente des difficultés bien sûr parce qu’il faut adapter le langage à toutes les personnes présentes en face de nous mais c’est aussi une source de richesses inépuisable pour chacun de se laisser toucher par les interrogations des autres. Moi je me laisse guider par l’expérience qu’Emilienne a vécue pendant les quatre dernières années. Les rencontres ont lieu le mercredi de 17h30 à 19h et le dimanche de 16h30 à 18h… vous l’avez compris, ils sont très motivés ces catéchumènes !!!

 

J’ai eu la chance d’accompagner également sœur Laurence qui a donné une session internoviciat sur le discernement à 61 novices de 13 instituts venus du sud Togo ! Le niveau scolaire étant assez bas (le niveau en français l’est aussi du coup !!!), je l’ai vu adapter son langage au public qui était en face d’elle d’une manière admirable. Elle a autant parlé en gestes qu’en parole et c’était assez extraordinaire également de la voir travailler avec l’Esprit Saint parce que certaines questions qui lui étaient posées étaient si compliquées à traiter, que trouver la réponse adaptée qui rassure, et les novices, et les maîtres et maîtresses des novices présents, relevait surtout de l’inspiration divine ! Et puis surtout, c’était une belle expérience du « Se livrer » de Mère Thérèse Couderc parce qu’elle a fait bien plus que se donner (entre les accompagnements qui se succédaient, les siestes qui disparaissaient à vue d’œil, et le sport en salle de réunion !). Très belle expérience pour moi.

Sinon, mes activités autres tournent beaucoup autour de l’accompagnement de jeunes. On m’a demandé d’être la sœur conseillère de la JEC de Vogan, ce qui consiste pour moi à aller rencontrer les différentes sections de la JEC, le mercredi à 12h à tour de rôle dans les écoles de la ville. La JEC, ce sont des sections de jeunes animées par des jeunes, et parfois, c’est difficile pour eux parce qu’ils ne sont pas formés à l’animation et ont une vie spirituelle souvent très nouvelle. Je suis donc au service du bureau qui m’envoie auprès des différentes sections. Je fais aussi un peu de soutien scolaire auprès des jeunes de la ville qui ont beaucoup de difficultés à passer le Bac compte tenu des conditions de travail parfois peu favorables. Il faut savoir qu’une classe de terminale regroupe un peu plus de 50 élèves et que souvent, ils arrivent au Bac sans avoir jamais été interrogés. On m’a demandé de proposer aux jeunes filles un groupe qui se réunira une fois par mois le samedi de 15h30 à 17h30 pour travailler ensemble la philosophie et le français. Ce groupe sera aussi à l’occasion un groupe de lecture qui va travailler le Petit Prince de Saint-Exupéry. Cela nous promet de belles heures d’échanges ! Nous étions 6 à la première rencontre et au moins deux jeunes nous rejoindrons peut-être encore. Et puis la maison est toujours ouverte aux jeunes qui veulent venir travailler ici (il y a des livres, des dictionnaires et de la lumière !!!) et quelques une saisissent l’occasion. Quand les sœurs sont disponibles, elles vont voir si elles peuvent les aider. La journée type commence ici à 5h45 du matin par l’eucharistie à la paroisse. Nous rentrons ensuite à la maison pour les laudes à 7h. Ensuite les activités prennent le pas : apostolats divers, services dans la maison, préparation de l’office. A 12h, le repas et ensuite, sieste obligatoire pour tout le monde (on ne peut rien faire avec la chaleur de toute façon). A 15h, la sonnerie de la porte est rebranchée et travail jusqu’à 18h. A 18h, nous vivons un temps d’adoration et à 18h30, les vêpres. Ensuite, le repas, une petite soirée et dodo !

Marielle, postulante

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:26

Ce WE, j’ai fait ce que je fais souvent : aider des chercheur-euses de Dieu à entrer dans une écoute profonde de la Parole de Dieu. C’est mon « cœur de métier » comme on dit ! Je le fais lors de soirées, journées, WE et retraites de plusieurs jours.

 

Mais ce WE dernier était particulier, parce que ce n’étaient pas des catholiques-romains qui me le demandaient. C’étaient des chrétiens d’une autre Eglise. Est-ce que cela changeait beaucoup de choses ? Non, car nous avons la même foi en Dieu Trinité d’amour, le même baptême, le même Christ, nous nous abreuvons au même Evangile de grâce et de liberté.

 

Ils et elles étaient  6 (dont 2 prêtres) venant de Suisse.

Nous avons commencé le vendredi par un temps de méditation guidé avec le texte du prophète Isaïe au chapitre 43 : Dieu qui dit à chacun-e de nous : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ».


Le samedi matin, nous avons fait un « dialogue contemplatif ». C’est une manière de contempler ensemble un Evangile.

L’après-midi, nous avons eu un temps d’expression artistique ( dessin, peinture, modelage) et je leur ai proposé un autre texte mais cette fois-ci en donnant des pistes comme je le fais sur ce blog, ce que j’appelle un REP ( Regard et Ecoute de la Parole).


Le dimanche, nous avons commencé par un temps d’éveil des sens dans le parc ( regarder, écouter, sentir, toucher, goûter) et nous avons terminé par la célébration de la Messe.

 

De la Messe ? Et bien oui, puisqu’il y avait 2 prêtres !  Je sens que vous vous interrogez. Je vous ai bien dit que ce groupe n’était  pas catholique-romain… mais ils sont tout de même catholiques !

Cela demande une explication.

Ce groupe est membre d’une Eglise qui  est née en 1870 du refus du dogme de l’infaillibilité pontificale et du refus de la juridiction du pape sur tous les diocèses du monde. Cela se passait au concile Vatican I. Des évêques ont refusé cela et ont fait scission. 

Cette Eglise compte actuellement 500 000 personnes dans une vingtaine de pays, en particulier en Suisse, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Croatie, USA…et France. Elle fait partie du Conseil œcuménique des Eglises.

 

Sur l’essentiel, peu de choses la séparent de l’Eglise catholique romaine.

Mais elle a quand même un certains nombre de différences qui touchent à l’ecclésiologie et à la discipline des sacrements :

Le mariage des prêtres est possible et il y a des femmes prêtres (à ce WE il y avait un homme prêtre et une femme prêtre) ; les divorcés et remariés ne sont pas  exclus des sacrements de l’Eucharistie et de la Réconciliation et peuvent se marier une seconde fois.

 

Tous les ans, dans chaque diocèse, un synode est convoqué avec des délégués élus par les fidèles des paroisses. Ce synode est composé de laïcs, de diacres et de prêtres, chacun-e ayant une voix à égalité.

Une Eglise d’un pays peut prendre une décision qui n’engage pas la même Eglise dans un autre pays.

Les évêques de chaque diocèse se retrouvent régulièrement autour d’un Evêque-Primat qui est à Utrecht aux Pays-Bas. Celui-ci  est garant de l’unité de cette Eglise mais  n’a pas juridiction sur les autres évêchés des autres pays.

 

On peut les appeler catholiques de l’Union d’ Utrecht. Ils sont connus aussi sous le nom de vieux-catholiques ou, en Suisse, sous celui de catholiques-chrétiens.

 

J’ai donc vécu avec eux et pour eux un super WE œcuménique.

 

Pour en savoir plus, on peut consulter

le site suisse-roman :

www.catholique-chretien.ch 

 le site d’une communauté à Strasbourg : 

www.vieux-catholique-alsace.com     

le site d’une fraternité :

www.fraternitestvincentdelerins.fr 

Enfin, si vous lisez l'allemand) vous pouvez aller voir le site de l’Union d’Utrecht :

www.utrechter-union.org 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 23:15

Is55/6-11

[6] Recherchez le SEIGNEUR puisqu'il se laisse trouver, appelez-le, puisqu'il est proche.

[7] Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme malfaisant, ses pensées. Qu'il retourne vers le SEIGNEUR, qui lui manifestera sa tendresse, vers notre Dieu, qui pardonne abondamment.

[8] C'est que vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins-oracle du SEIGNEUR.

[9] C'est que les cieux sont hauts, par rapport à la terre : ainsi mes chemins sont hauts, par rapport à vos chemins, et mes pensées, par rapport à vos pensées.

[10] C'est que, comme descend la pluie ou la neige, du haut des cieux, et comme elle ne retourne pas là-haut sans avoir saturé la terre, sans l'avoir fait enfanter et bourgeonner, sans avoir donné semence au semeur et nourriture à celui qui mange, [11] ainsi se comporte ma parole du moment qu'elle sort de ma bouche : elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir exécuté ce qui me plaît et fait aboutir ce pour quoi je l'avais envoyée.

 

Mc 4/26-29 :

[26] Il disait : " Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui jette la semence en terre :

[27] qu'il dorme ou qu'il soit debout, la nuit et le jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment.

[28] D'elle-même la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi.

[29] Et dès que le blé est mûr, on y met la faucille, car c'est le temps de la moisson. "

 

1ère piste avec Is 55

Entendre cet appel à rechercher Dieu.

Me demander comment je le recherche dans ma vie concrète. Et pourquoi je le recherche : quelles sont les raisons de cette recherche. Nous le cherchons bien tous et toutes.

 

2ème piste avec Is55

Ecouter ce qui nous est dit de Dieu dans ce texte : un Dieu qui se laisse trouver. Un Dieu qui est proche, Dieu de tendresse et de pardon.

Quelle expérience ai-je de cette proximité, de cette tendresse, de ce pardon ?

 

3ème piste avec Mc 4

Ce texte nous dit que la parole de Dieu est comme une graine. Comme une graine jetée dans la terre, elle va être jetée dans la terre de notre vie. Elle va faire son œuvre de vie en nous, elle va porter du fruit. Mais c’est un travail caché à nos propres yeux. Dieu travaille en secret notre cœur. C’est lui qui fait. C’est son travail.

Prendre donc un moment pour regarder cette semence qui pousse toute seule, qui se développe, qui devient herbe, puis épi, puis blé plein l’épi comme une image pour me montrer comment la Parole de Dieu agit dans ma vie : elle agit avec patience, lentement mais sûrement, ce n’est pas le résultat de ma volonté mais c’est le travail de Dieu.

Qu’est-ce que j’ai envie de dire à Dieu devant cela ?

 

4ème piste avec Mc 4

Me laisser faire par elle, m’abandonner à son travail en moi, être comme une terre qui accueille.

Comment est-ce que je ressens cet appel à la confiance ? Facile ou difficile pour moi ?

 

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 23:27

le bon berger ddmcanada.free.fr

Dans l’Evangile selon Luc au chapitre 15 verset 1 à 9

[1] Cependant tous les publicains et les pécheurs s'approchaient de lui pour l'entendre.

[2] Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : "Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !"

[3] Il leur dit alors cette parabole :

[4] "Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et vient à en perdre une, n'abandonne les 99 autres dans le désert pour s'en aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée ?

[5] Et, quand il l'a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules

[6] et, de retour chez lui, il assemble amis et voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue !

[7] C'est ainsi, je vous le dis, qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes, qui n'ont pas besoin de repentir.

[8] "Ou bien, quelle est la femme qui, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n'allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée ?

[9] Et, quand elle l'a retrouvée, elle assemble amies et voisines et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, la drachme que j'avais perdue !

Quelle joie de pouvoir être auditeurs de l’Evangile comme nous le sommes !

Quelle joie de pouvoir nous glisser dans ce groupe de publicains et de pécheurs  et comme eux s’approcher et écouter une parole où Jésus nous dit la valeur, le prix que nous avons à ses yeux.

Et oui, ces deux paraboles (comme le troisième bien connu, dite du « fils retrouvé ») nous disent d’abord le prix que nous avons aux yeux de Dieu.

Elles nous comparent à une brebis, une pièce d’argent et un enfant. Ces comparaisons disent toutes les trois à leur manière une richesse et  une valeur qui ne doivent pas se perdre et qui demandent de tout mettre en œuvre pour être retrouvées.

Et à chaque fois, cette valeur ou richesse est unique. Car pour Dieu, chacun, chacune de nous est sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien aimé !

 

Qu’il est meilleur le regard de Dieu sur nous si nous le comparons à celui que nous avons sur nous-mêmes ! C’est pourquoi l’Evangile est bonne nouvelle.

C’est pourquoi l’appel à la conversion est appel à changer notre regard. En fait, c’est faire un échange : renoncer au nôtre et accueillir celui de Dieu. Je suis sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien aimé et il n’a de cesse de me chercher, de me trouver et de me retrouver.

 

L’autre lieu de conversion est donc aussi un appel à transformer nos images de Dieu. Sont-elles en coïncidence  avec ce qui nous est révélé ici de Dieu ?

Dieu comme un berger qui court à ma recherche, qui me met sur ces épaules.

Dieu comme une femme qui allume une lampe pour me chercher sans se lasser.

Dieu comme un père qui fait la fête à l’enfant retrouvé que je suis.

 

Oui, c’est bien de bonnes nouvelles pour notre vie dont l’Evangile est porteur. Laissons-nous libérer par elles. Ce sont elles qui peuvent dilater notre cœur et transformer quelque chose en nos vies.

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 11:19

Dans l’Evangile selon Marc au Chapitre  6 verset 30 à 44

30 Les apôtres se retrouvèrent autour de Jésus et lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.  31 Il leur dit : “Venez donc à l’écart dans un lieu désert, vous vous reposerez un peu.” Car les gens allaient et venaient en si grand nombre qu’on n’avait même pas un instant pour manger.

32 Ils partent donc en barque pour s’isoler dans un lieu désert,  33 mais on les voit partir et beaucoup comprennent ; de toutes les villes des gens accourent à pied et arrivent avant eux.  34 Lorsque Jésus débarque, il voit beaucoup de monde et il se sent plein de compassion pour ces gens, car ils font penser à des brebis sans berger. Et il se met à les instruire longuement.

35 Comme il se fait déjà tard, ses disciples s’approchent de lui et lui disent : “L’endroit est désert et l’heure est déjà passée.  36 Renvoie-les pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les campagnes et les villages voisins.”  37 Jésus leur répond : “Donnez-leur vous-mêmes à manger.”

Ils lui disent : “Nous voilà partis pour acheter 200 deniers de pain, et alors ils pourront manger !” 38 Il leur dit : “Combien de pains avez-vous ? Allez voir.” Ils vérifient et lui disent : “Cinq, avec deux poissons.”

39 Alors Jésus commande à tout ce monde de s’étendre par groupes sur l’herbe verte,  40 et ils s’étendent par carrés de cent et de cinquante.  41 Jésus a pris les cinq pains et les deux poissons ; il lève les yeux vers le ciel et prononce la bénédiction, il rompt le pain et commence à en donner aux disciples pour qu’ils le servent. Il partage également les deux poissons pour tout ce monde.

42 Tous mangèrent et furent rassasiés.  43 On ramassa même douze pleins paniers de morceaux de pain et de poissons.  44 Il y avait pourtant là 5 000 hommes qui avaient mangé les pains.

45 Aussitôt Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder de l’autre côté, vers Bethsaïde, pendant qu’il renvoyait la foule.  46 Après les avoir congédiés, il s’en alla dans la montagne pour prier

Avec ce texte je vous invite à ouvrir grand les yeux et les oreilles. Nous sommes avec Jésus, parmi ses disciples de retour de mission. Et c’est vrai. Apôtres de Jésus nous sommes envoyé-es par lui au cœur de notre vie humaine, dans ce qui fait le plus ordinaire de nos vies.

Et maintenant nous allons vivre un temps de rencontre privilégié avec lui pour l’écouter et le contempler.

 

1ère piste :

D’abord le contempler. Oui, le regarder, s’imprégner de ce qu’il fait, de ses attitudes, de ses sentiments avec au cœur un désir : le connaître davantage pour mieux l’aimer. S’imprégner de lui pour que quelque chose de sa vie passe dans la nôtre.

- Il écoute ses disciples au retour de mission, attentif à ce qu’ils disent, comme aujourd’hui encore il est attentif à ce que nous lui partageons,

- il part pour un lieu désert,

- il est ému de compassion,

- il voit la foule,

- il enseigne longuement,

- il fait asseoir les gens,

- il rompt le pain et tous sont rassasiés.

Il s’agit de rester là à regarder et de sentir le poids d’amour qu’il y a dans tous ses gestes, ses sentiments

Il aime en nourrissant de parole et de pain. Il aime en écoutant ses disciples, il aime en les associant à son œuvre.

Il s’agit donc de se laisser aimer par Jésus. C’est aujourd’hui, maintenant que Jésus fait cela pour chacun-e de nous : il nous écoute avec attention, il nous rompt le pain de sa parole, il nous regarde avec amour. Laissons-le nous aimer ainsi !

Il ne s’agit pas d’avoir des idées sur ce texte mais de vivre une expérience de rencontre avec le Christ.

 

2ème piste :

L’écouter. Soyons attentifs à ce qu’il dit :

- venez à l’écart dans un lieu désert

- reposez-vous un peu

- donnez-leur vous-mêmes à manger

- combien de pains avez-vous ?

Prendre du temps avec chacune de ces paroles. Laisser chaque parole descendre en nous profondément, pour faire œuvre de vie en nous. La laisser travailler en nous. Rester sur celle dont je sens que pour moi, elle est appel à vivre.

 

3ème piste :

Ce pourrait être, à la fin de cette scène, de ne pas monter dans la barque comme les autres disciples mais un peu à l’écart contempler de loin Jésus, seul, priant. Rester à regarder cela : Jésus priant. Jésus en contemplation, Jésus en écoute du Père. S’imprégner de cette prière, être en simple présence devant la prière de Jésus.

 

 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:18

Simeon-et-Anne.jpg

La présentation de Jésus au temple. Le vieillard Siméon et la prophétesse Anne

Rembrandt 1628, Hambourg Kunsthalle

 

Dans l’Evangile de  Luc au chapitre 2 verset 22 à 40

Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple. »

Le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. »

Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

 

1ère piste : Regarder Syméon.

Qui est-il ? On ne sait rien de lui, on sait simplement qu’il s’est rendu au temple ce jour là poussé par l’Esprit. Ce même Esprit lui avait fait comprendre qu’il verrait le Christ avant de mourir. Le texte nous dit enfin que l’Esprit reposait sur lui. Il est de ceux qui se livrent sans réserve à l’action de l’Esprit à tel point que cela inspire leur action (ici se rendre au temple), éclaire leur intelligence (ici savoir qu’il verrait le Christ), et lui a fait discerner dans ce bébé, le Christ promis. Il n’est pas prêtre, ce n’est pas lui qui va sacrifier les deux colombes apportées par ses parents. Le texte ne dit pas qu’il est prophète. C’est un laïc qui a laissé l’Esprit habiter sa vie.

Ce regard sur Syméon, peut nous aider à réfléchir sur la place de l’Esprit Saint dans notre vie. Est-ce que je le prie en tant que tel ? Est-il Quelqu’un pour moi, à qui je peux parler ? Comment inspire-t-il mon action et éclaire-t-il mon intelligence ?

 

2ème piste : Regarder Marie

Elle rencontre Syméon qui ce jour là se rend au temple. Elle accepte que cet homme prenne Jésus dans ses bras. Le connaît-elle ? Rien ne nous renseigne là-dessus. Regarder Marie qui n’a plus Jésus, dont les mains sont vides. Elle a accepté de donner Jésus. Mains vides pour que celles de Siméon soient pleines.

Regarder ce transfert des mains de Marie à celles de Syméon. Réaliser le don que fait Marie. Ce don qu’elle nous fait car Syméon, c’est chacun, chacune de nous. Elle nous donne son enfant. Intérieurement, prendre Jésus dans nos bras. Réaliser le don qui nous est fait.

 

3ème piste : Un geste à faire, prendre Jésus dans vos bras 

Et vous dites en le regardant la même prière que Syméon:

"Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ;

car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël."

Laissez cette prière devenir la vôtre, la laisser descendre en vous.

 

4ème piste : Entendre la parole de Syméon à Marie :

"Vois ! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction,…, afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs."

Se demander pourquoi Jésus apporte à la fois chute et relèvement ? Pourquoi est-il signe de contradiction ?

 

5ème piste : Entendre Syméon dire à Marie qu’un glaive lui transpercera l’âme.

Sentir le désarroi de Marie aux paroles de Syméon. Le don qu’elle fait de son fils passera aussi par la souffrance, à cause du rejet qu’on fera de lui. Elle est disciple de son fils dans la communion à sa vie livrée.

Parler à Marie, lui partager ce qui aujourd’hui me fait peur. Elle sait ce que c’est et  peut nous comprendre.  Lui demander de nous aider  à se fonder dans la  confiance en Dieu,  pour avoir la force d’affronter  l’avenir.

 

6ème piste : Regarder Anne.

Le texte, pour elle, nous dit explicitement qu’elle est prophète. Regarder comment elle l’est. On nous dit son service de Dieu, sa prière, sa louange de Dieu, et son annonce du Christ  « elle parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem » Anne est prophète et apôtre du Christ sans que le Christ l’ait envoyée explicitement, puisqu’il n’est qu’un enfant sans parole. La  seule venue du Christ est Parole, sa seule présence est envoi.

Chacun, chacune de nous est Anne. Nous aussi nous sommes et prophètes et apôtres par le service, la prière, la louange, l’annonce du Christ. Prendre conscience davantage de cela. Quelle joie est la nôtre de découvrir et vivre cela ? Mais aussi peut-être quelle difficulté? En parler à Dieu comme un ami parle à son ami.

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:32


Vendredi dernier, au Centre Spirituel du Cénacle de Versailles, nous avons proposé une soirée pour des étudiants et des jeunes pro. pour écouter le témoignage de Thierry Bizot.

Il est l’auteur du livre : Catholique anonyme. D’où a été tiré le film : Qui a envie d’être aimé ?

Ce fut une superbe soirée.

J’ai été particulièrement intéressée par une de ses réflexions car elle rejoint ma propre expérience.

Thierry Bizot pose la question suivante : le succès du livre et du film montre bien que beaucoup sont travaillé-es par la question de Dieu. Pourquoi si peu font-ils le pas de la conversion ? A cette question, il répond : « Parce que les gens ont peur de Dieu. » Peur d’un Dieu qui demanderait forcément des choses à l’opposé de leurs désirs. Donc on reste à distance pour ne pas entrer dans cette opposition.

 

Thierry Bizot répond que cette image de Dieu est fausse. Dieu est au contraire celui qui nous aide à découvrir et réaliser nos vrais désirs.

Je signe mille fois cette réponse.

C’est cela que j’ai découvert en faisant les Exercices spirituels de St Ignace de Loyola : cette expérience m’a permis de libérer mon désir profond.

Ensuite, je n’ai pas cessé d’aider les gens que j’accompagne dans des retraites ou dans la vie, à découvrir cela.

 

Cela rejoint la question de la fausse compréhension de la volonté de Dieu. Elle n’est pas à chercher en dehors de soi. Comme si Dieu aurait écrit dans un grand livre ce que je dois faire. C’est terrible cette image, car comment découvrir ce qui y serait écrit ? Mais aussi quelle image de Dieu cela véhicule !  : Un tyran qui décide à notre place.

 

Non, l’expérience de Dieu  m’aide à aller au plus profond de moi pour découvrir ce qui me fera le plus vivre à plein, libère les désirs les plus profonds, les plus humains, les plus vivants qui vont me permettre de bâtir ma vie.

Ce n’est donc pas un conflit entre mon désir et le désir de Dieu mais la recherche du désir de Dieu au plus profond, au plus fort et au plus vivant de mon désir.

Un épisode de l’Evangile le montre très bien. C’est en Marc au chapitre 1 verset 40 à 45. Un lépreux vient vers Jésus et lui dit : « Si tu le veux, tu peux me guérir » et Jésus répond : « Je le veux, sois guéri ». Le désir de Jésus est le même que le désir de cet homme.

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 20:44

La-multiplication-des-pains3.jpeg

Dans l’Evangile selon Marc au Chapitre  6 verset 30 à 44

30 Les apôtres se retrouvèrent autour de Jésus et lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.  31 Il leur dit : “Venez donc à l’écart dans un lieu désert, vous vous reposerez un peu.” Car les gens allaient et venaient en si grand nombre qu’on n’avait même pas un instant pour manger.

32 Ils partent donc en barque pour s’isoler dans un lieu désert,  33 mais on les voit partir et beaucoup comprennent ; de toutes les villes des gens accourent à pied et arrivent avant eux.  34 Lorsque Jésus débarque, il voit beaucoup de monde et il se sent plein de compassion pour ces gens, car ils font penser à des brebis sans berger. Et il se met à les instruire longuement.

35 Comme il se fait déjà tard, ses disciples s’approchent de lui et lui disent : “L’endroit est désert et l’heure est déjà passée.  36 Renvoie-les pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les campagnes et les villages voisins.”  37 Jésus leur répond : “Donnez-leur vous-mêmes à manger.”

Ils lui disent : “Nous voilà partis pour acheter 200 deniers de pain, et alors ils pourront manger !” 38 Il leur dit : “Combien de pains avez-vous ? Allez voir.” Ils vérifient et lui disent : “Cinq, avec deux poissons.”

39 Alors Jésus commande à tout ce monde de s’étendre par groupes sur l’herbe verte,  40 et ils s’étendent par carrés de cent et de cinquante.  41 Jésus a pris les cinq pains et les deux poissons ; il lève les yeux vers le ciel et prononce la bénédiction, il rompt le pain et commence à en donner aux disciples pour qu’ils le servent. Il partage également les deux poissons pour tout ce monde.

42 Tous mangèrent et furent rassasiés.  43 On ramassa même douze pleins paniers de morceaux de pain et de poissons.  44 Il y avait pourtant là 5 000 hommes qui avaient mangé les pains.

45 Aussitôt Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder de l’autre côté, vers Bethsaïde, pendant qu’il renvoyait la foule.  46 Après les avoir congédiés, il s’en alla dans la montagne pour prier


Avec ce texte je vous invite à ouvrir grand les yeux et les oreilles. Nous sommes avec Jésus, parmi ses disciples de retour de mission. Et c’est vrai. Apôtres de Jésus nous sommes envoyé-es par lui au cœur de notre vie humaine, dans ce qui fait le plus ordinaire de nos vies.

Et maintenant nous allons vivre un temps de rencontre privilégié avec lui pour l’écouter et le contempler.

 

1er point :

D’abord le contempler. Oui, le regarder, s’imprégner de ce qu’il fait, de ses attitudes, de ses sentiments avec au cœur un désir : le connaître davantage pour mieux l’aimer. S’imprégner de lui pour que quelque chose de sa vie passe dans la nôtre.

- Il écoute ses disciples au retour de mission, attentif à ce qu’ils disent, comme aujourd’hui encore il est attentif à ce que nous lui partageons,

- il part pour un lieu désert,

- il est ému de compassion,

- il voit la foule,

- il enseigne longuement,

- il fait asseoir les gens,

- il rompt le pain et tous sont rassasiés.

Il s’agit de rester là à regarder et de sentir le poids d’amour qu’il y a dans tous ses gestes, ses sentiments

Il aime en nourrissant de parole et de pain. Il aime en écoutant ses disciples, il aime en les associant à son œuvre.

Il s’agit donc de se laisser aimer par Jésus. C’est aujourd’hui, maintenant que Jésus fait cela pour chacun-e de nous : il nous écoute avec attention, il nous rompt le pain de sa parole, il nous regarde avec amour. Laissons-le nous aimer ainsi !

Il ne s’agit pas d’avoir des idées sur ce texte mais de vivre une expérience de rencontre avec le Christ.

 

2ème point :

L’écouter. Soyons attentifs à ce qu’il dit :

- venez à l’écart dans un lieu désert

- reposez-vous un peu

- donnez-leur vous-mêmes à manger

- combien de pains avez-vous ?

Prendre du temps avec chacune de ces paroles. Laisser chaque parole descendre en nous profondément, pour faire œuvre de vie en nous. La laisser travailler en nous. Rester sur celle dont je sens que pour moi, elle est appel à vivre.

 

3ème point

Ce pourrait être, à la fin de cette scène, de ne pas monter dans la barque comme les autres disciples mais un peu à l’écart contempler de loin Jésus, seul, priant. Rester à regarder cela : Jésus priant. Jésus en contemplation, Jésus en écoute du Père. S’imprégner de cette prière, être en simple présence devant la prière de Jésus.

 

 

 

 

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