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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 23:05

Dans l’Evangile de  Luc au chapitre  5 verset 1 à 11

 

 Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.

 Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »

 Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »

Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.

 Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.

A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

 Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

 

 

Première piste :

Étant donné la foule qui s’écrase autour de lui, Jésus a besoin d’une barque pour pouvoir mieux enseigner. Jésus a besoin de Simon. Il a besoin de nous. Il a besoin de moi.

*Regardez ce que fait Jésus : il demande de l’aide à Simon.

*Prendre conscience d’un style de comportement : aucune auto-suffisance, mais un désir de partenariat, de participation à sa mission.

*Regardez son humilité qui sait reconnaître le besoin qu’il a des autres.

*Comment je réagis à cela ?

 

2ème piste

Après un temps d’enseignement, Jésus demande une chose étonnante à Simon : avance au large et jetez les filets.

« Avance au large ». Cette demande du Christ est à entendre dans l’aujourd’hui de nos vies. C’est le Christ vivant, ressuscité qui aujourd’hui nous parle.

*Quel est ce « large » auquel Jésus nous invite ? Élargir l’espace de nos vies ? Elargir l’étroitesse de nos idées ? Ouvrir large notre cœur à son amour… ?

 

3ème piste

Il s’agit non seulement d’avancer au large mais « de jeter les filets ». On peut comprendre l’étonnement de Simon. C’est lui le professionnel de la pêche mais, malgré tout son savoir-faire, il n’a pris aucun poisson. Il n’y a aucune raison qu’ils en prennent maintenant. Pourtant il va le faire. Il va entendre cette demande.

*Sentir la confiance de Simon en la parole de Jésus

*Pressentir l’intuition qu’il a que, de Jésus, ne peut venir qu’une abondance de vie

*Regarder le résultat de la confiance : la grande quantité de poissons qui remplit deux barques entières.

*Pour moi, personnellement, quelles sont les raisons de ma confiance ?

 

4ème piste

Comme Pierre, nous nous savons pêcheurs, fragiles, dans le sens d’une résistance profonde à entrer dans la confiance, à convertir nos fausses images de Dieu. Mais l’inouï de tout l’Évangile, c’est d’être appelé au cœur même de ce péché, de cette résistance, de cette fragilité. Il a seulement besoin de disciples qui sont conscients de cela et qui font un chemin d’action de grâce envers celui qui les rejoint là où ils sont, les appelle comme ils sont.

*Goûter simplement cette joie d’être appelé au cœur même de mes résistances.

*Laissez monter en moi l’action de grâce. C’est le secret de la sainteté.

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 09:10

Dans le 2ème livre des Rois au chapitre 5 verset 1 à 15

Naamân, chef de l'armée du roi d'Aram, était un homme en grande considération et faveur auprès de son maître, car c'était par lui que Yahvé avait accordé la victoire aux Araméens, mais cet homme était lépreux.

Or les Araméens, sortis en razzia, avaient enlevé du territoire d'Israël une petite fille qui était entrée au service de la femme de Naamân. Elle dit à sa maîtresse : "Ah ! si seulement mon maître s'adressait au prophète de Samarie ! Il le délivrerait de sa lèpre." Naamân alla informer son seigneur : " Voilà, dit-il, de quelle et quelle manière a parlé la jeune fille qui vient du pays d'Israël." Le roi d'Aram répondit : "Pars donc, je vais envoyer une lettre au roi d'Israël."

Naamân partit, prenant avec lui dix talents d'argent, six mille sicles d'or et dix habits de fête. Il présenta au roi d'Israël la lettre, ainsi conçue : "En même temps que te parvient cette lettre, je t'envoie mon serviteur Naamân, pour que tu le délivres de sa lèpre." A la lecture de la lettre, le roi d'Israël déchira ses vêtements et dit : "Suis-je un dieu qui puisse donner la mort et la vie, pour que celui-là me mande de délivrer quelqu'un de sa lèpre ? Pour sûr, rendez-vous bien compte qu'il me cherche querelle !"

Mais quand Elisée apprit que le roi d'Israël avait déchiré ses vêtements, il fit dire au roi : "Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Qu'il vienne donc vers moi, et il saura qu'il y a un prophète en Israël."

Naamân arriva avec son attelage et son char et s'arrêta à la porte de la maison d'Elisée, et Elisée envoya un messager lui dire : "Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette." Naamân, irrité, s'en alla en disant : "Je m'étais dit : Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de Yahvé son Dieu, il agitera la main sur l'endroit malade et délivrera la partie lépreuse. Est-ce que les fleuves de Damas, l'Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d'Israël ? Ne pourrais-je pas m'y baigner pour être purifié ?" Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s'approchèrent et s'adressèrent à lui en ces termes : "Mon père ! Si le prophète t'avait prescrit quelque chose de difficile, ne l'aurais-tu pas fait ? Combien plus, lorsqu'il te dit : "Baigne-toi et tu seras purifié." Il descendit donc et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole d'Elisée : sa chair redevint nette comme la chair d'un petit enfant. Il revint chez Elisée avec toute son escorte, il entra, se présenta devant lui et dit : "Oui, je sais désormais qu'il n'y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël !

 

1ère piste : Nous avons besoin des autres

Regarder toute la chaîne de gens qui se relaient pour que Naamân cesse d’être lépreux : une petite fille qui informe de la possibilité d’être guéri ; un roi qui donne une fortune à offrir au roi d’Israël ; un prophète qui ose faire des reproches au roi d’Israël ; des serviteurs pleins de sagesse qui lui font comprendre son erreur de jugement.

Regarder tous ces gens. Sans eux, Naaman n’aurait pas été guéri. Il en a fallu des gens !

Les regarder, sonder le poids de bonté que comporte leurs initiatives.

Ensuite, faire mémoire dans ma vie aussi de cette chaîne de ceux qui m’ont aidé dans telle ou telle circonstance.

 

2ème piste : Notre part d’initiative

Regarder Naamân. Regarder la part qu’il prend à sa guérison : il sait écouter ce que lui dit la petite fille ; il s’adresse à son roi car lui seul peut l’envoyer ; il se rend chez le prophète ; il écoute ses serviteurs qui le ramènent à la raison. En définitive, il fait ce que le prophète lui demande. Il reconnait Dieu comme source de toute bonté.

Admirer tout ce qu’il fait pour retrouver la santé, la force du désir quand la vie est en jeu.

Faire mémoire dans ma vie, de moments où j’ai su écouter ce que d’autres me disaient, où j’ai pris les moyens pour faire réussir ce qui était juste.

 

3ème piste : Le pourquoi de nos résistances

Regarder la réaction de Naaman quand Elisée lui demande de se baigner sept fois dans le Jourdain. Pourquoi refuse-t-il ? Il se faisait une idée de la manière dont le prophète agirait : « Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de Yahvé son Dieu, il agitera la main sur l'endroit malade et délivrera la partie lépreuse. ». Puisque le prophète n’agit pas comme il le pensait et lui propose une autre manière d’être guéri, il la refuse avec colère.

Pourquoi ce refus ? Pourquoi cette résistance ?

Ai-je souvenir dans ma vie de foi d’avoir ainsi été dérouté-e ? Où Dieu s’est présenté à moi d’une manière inattendue, pas comme je l’imaginais ?

 

4ème piste : Un changement d’attitude

Au verset 9, on nous dit que Naamân ne rentre pas chez Elisée.

 Il s’arrête à la porte de sa maison. Au verset 15, par contre, on nous dit qu’il entre chez lui.

M’interroger sur ce changement d’attitude . Qu’est-ce qui peut l’expliquer ?

 

5ème piste : Un cri de reconnaissance

"Oui, je sais désormais qu'il n'y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël ! » Voilà le cri de reconnaissance de Naamân.

L’entendre avec toute sa force de joie. Joie de la foi. Qu’est-ce qui dans ma vie, m’a déjà fait pousser un cri semblable ?

 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 18:57

« La vie de l’homme sur la terre est une corvée

Comme l’esclave et le manœuvre je n’y ai gagné que du néant »

(dans le livre de Job au chapitre 7 verset 1)

Voilà une déclaration qui nous plombe !

Et qui peut faire sombrer dans une déprime profonde.

 

Le fil rouge de ma réflexion est de comprendre cette détresse profonde et pour cela la remettre dans le contexte de son expérience :

Il dit cela après qu’il ait perdu : ses enfants, sa fortune et sa santé.

 

Et en plus, pour en rajouter à son malheur, ses amis lui disent que c’est de sa faute, que sa souffrance est la juste punition de son péché.

Donc tout perdu et en plus on lui dit qu’il a perdu l’amitié avec Dieu.

C’est vraiment le comble pour vous enfoncer dans la détresse.

 

Pourquoi ses amis se permettent-ils de lui dire cela ?

Ses amis s’appuient sur tout un courant de pensée pour qui la réussite, la richesse, la santé sont  des récompenses de Dieu pour celui qui mène une vie moralement bonne.

Et au contraire, l’échec, la pauvreté, la maladie sont des punitions de Dieu pour celui qui commet le péché

Nous savons que Job refuse cette explication et clame son innocence.

Nous savons que le livre de Job est exemplaire dans la Bible d’un autre courant de pensée qui refuse cette théorie de la rétribution.

 

Mais cela nous place devant une question redoutable.

Pourquoi la Bible dit-elle une chose et son contraire ? D’autant que ce n’est pas seulement sur cette question de la rétribution qu’il y a des positions en totale opposition.

Devant ce constat de divergences, de théologies différentes, on peut se demander : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est parole de Dieu, inspiré par lui ?

Pourquoi dans cette Bible, y-a-t-il cette juxtaposition de positions inconciliables ?

Pourquoi,  in fine, les rédacteurs n’ont-ils pas pris position en ne gardant qu’une des positions ?

 

Parce que les auteurs bibliques  ont une conception particulièrement novatrice  de la vérité.

Non pas une vérité éternelle, anhistorique, monolithe, absolutisée,  mais une vérité qui se cherche dans les méandres de l’histoire humaine, qui s’approfondit  grâce à des crises, quand les réponses anciennes ne sont plus audibles, quand l’expérience vient les contredire de telle sorte  qu’elles ne sont plus satisfaisantes.

Et c’est bien ce qui se passe avec l’expérience vécue par Job : les faits viennent contredire la pensée dominante.

 

Il faut alors se remettre en route à la recherche d’une vérité qui ne peut pas s’arrêter  à un moment donné.

Les auteurs bibliques ont gardé les  réponses anciennes et nouvelles comme mémoire d’un cheminement de pensée, comme anamnèse d’une résolution d’une crise. Elles sont là toutes deux pour « apprendre à penser » à partir de « choses provisoires, imparfaites, contradictoires »

Et ce côté provisoire et imparfait est positif. C’est la part d’erreurs de ce provisoire et de cet imparfait qui peut faire entrer en crise la connaissance antérieure.

Parce que l’erreur et sa rectification font partie intégrante  de tout processus de connaissance  profonde et mûre de la vérité.

 

Le plan divin ne consiste pas à distribuer une information correcte une fois pour toutes, mais à faire avancer un processus éducatif où l’on apprend à apprendre, où l’on apprend à penser.

 

Cela nous amène à ouvrir les yeux sur Jésus. Il donne raison à Job, à son refus de la rétribution. Car lui est l’innocent injustement condamné. Il brise ainsi tout discours  qui met un lien entre souffrance et faute.

 

 

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 21:03


 Les-noces-de-Cana 2

Dans l’Evangile de jean au chapitre 2 verset 1 à 11

[1] Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était.

[2] Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples.

[3] Or il n'y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : "Ils n'ont pas de vin."

[4] Jésus lui dit : "Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore arrivée."

[5] Sa mère dit aux servants : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le."

[6] Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures.

[7] Jésus leur dit : "Remplissez d'eau ces jarres." Ils les remplirent jusqu'au bord.

[8] Il leur dit : "Puisez maintenant et portez-en au maître du repas." Ils lui en portèrent.

[9] Lorsque le maître du repas eut goûté l'eau changée en vin - et il ne savait pas d'où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l'eau - le maître du repas appelle le marié

[10] et lui dit : "Tout homme sert d'abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent !"

[11] Tel fut le premier des signes de Jésus, il l'accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

1-

Il y eut des noces.

L’écriture symbolique de Jean nous autorise à voir qu’à travers ces noces humaines, ce sont les Noces de Dieu avec nous dont il est question. Noces où nous sommes épousé-es et épousons. Ignace  de Loyola dans sa contemplation en vue de l’amour ( Exercices  Spirituels  n°230) est bien dans cette tonalité.  Il est question d’un aimé et d’un aimant en réciprocité de don où chacun donne et reçoit ce que l’on a et ce que l’on est.

La relation à Dieu sous l’image de noces. Joie de l’union à Dieu. Dieu comme une épouse, un époux.

Chacun de nous comme épousé-e et épousant-e.

Mais pour entrer dans cette réciprocité de partage et d’abandon confiant, il me faut creuser une question : qui est Dieu pour moi ? Pour que je puisse l’accepter, il faut de l’apprivoisement, du respect. Il faut Dieu à hauteur humaine: le Très-Bas qui se fait le Très-Petit. Celui de la crèche. Le vulnérable. Oui, celui-là, je peux l’accueillir. Le très-Respectueux. Celui de la brise légère, celui qui humblement frappe à ma porte. Celui qui me loue, me respecte, me sert pour que je puisse consentir à son amitié. Expérimenter que l’amour de Dieu pour moi n’est pas dévorant. Ces noces, c’est une relation intime mais qui reste respectueuse de l’un et de l’autre. Pas une fusion.

2-

Il n’y avait plus de vin, le vin des noces était épuisé.

« Ils n’ont plus de vin » Dans nos vies, certains jours, certaines périodes, le vin vient à manquer. Comme dans un couple où il n’y a plus d’amour, d’espérance, de foi. On a épuisé ses réserves, ce que l’on avait organisé, planifié. Vide. Plus rien. Qu’est-ce qui manque ? Peut-être ce qui manque, c’est le vin qu’on avait acheté de ses propres forces, de ses propres deniers. Vient le moment où cela est épuisé, où c’est épuisé. Que faire ? Consentir à ce manque. Attendre dans la patience. Il ne viendra peut-être que dans la Vision ou avant. Et la joie sera à la mesure de l’attente. Demeure là.

3-

Pourquoi la réponse de Jésus du verset 4 ?

« Mon heure n’est pas encore arrivée » se continue par une autre parole : « Remplissez d’eau ces jarres ». Comment le refus initial à la parole de Marie se transforme en acceptation ?

Jésus a modifié sa décision. Il est passé d’un non à un oui. Peut-être parce qu’il a continué à écouter la parole de Marie, il s’est laissé rejoindre par cette information du manque. Cela l’a touché au point de le faire changer de décision : « Ils n’ont plus de vin » cette phrase a fait son chemin en lui.

4-

Les serviteurs ne boivent pas le vin mais ils le servent.

Nous pouvons être comme ces serviteurs : servir le bon vin mais ne pas profiter de la joie du vin.  Ils ont cependant une joie qui leur est propre, celle d’être unis-es au Christ par une union de volonté en faisant ce qu’il  dit de faire :

Remplir

Puiser

Porter

5-

Les convives n’ont rien su de ce manque et de sa résolution.

Ils ont joui du vin, c’est tout, ne connaissant pas sa provenance.

Qui est dans le secret de ce vin ?

Marie, Jésus, les servants, les disciples à la fin.

Qui n’en connaît pas la provenance ?

Les mariés, le maître du repas, les convives, c'est-à-dire la majorité des gens.

C’est le don d’un vin en abondance (600 litres X 6= 3600 l) dont on ne connaît pas la provenance.

N’est-ce pas le cas de tous ceux qui ne connaissent pas le Christ ?

Et pourtant cela ne semble pas préoccuper Jésus : l’essentiel, c’est que le vin ne manque pas. Absolue gratuité du donateur, discrétion, humilité de Dieu. La joie de Dieu, c’est la joie des convives. Car leur bonheur est sa joie. Mais ils sont unis à Dieu, ils le sont car ils communient à sa vie dans l’acte même de boire le vin qui vient de lui, dans l’acte même de vivre.

Est-ce donc si nécessaire de connaître la provenance ?

Non ce n’est pas nécessaire. Mais c’est précieux.

Il n’est pas nécessaire de croire mais c’est un cadeau précieux.

Ce vin, c’est le Christ lui-même dans la surabondance du don.

Vin qui est son sang versé, livré pour nous, sang jailli de son cœur transpercé.

6-

Regardons l’action de Marie.

-elle invite les servants à l’écoute disponible : «  Tout ce qu’il vous dira de faire»

-elle les invite à l’action : « Faites-le »

Ce faisant elle les engendre à la foi.

Son ministère est celui de la communication de la foi

7-

Regardons l’action de Jésus.

Des paroles qui autorisent à agir :

-Remplissez

-Puisez

-Apportez

8-

Le vin est meilleur. Pourquoi est-il meilleur ?

Parce qu’il opère un changement radical. Il fait passer d’une religion de purification, où l’on pose des conditions pour accéder à Dieu, fait d’effort humain, il fait passer de cela  au vin meilleur de la pure grâce, de l’absolue proximité sans condition préalable.

 

 

 

 

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 23:30

Le Centre spirituel du Cénacle de Versailles est marqué par la spiritualité ignatienne.

C’est sur ce fond-là que se bâtit ce Centre. Mais cette spiritualité ignatienne est vécue d’une certaine manière différente d’un centre jésuite. Ici la spiritualité ignatienne est colorée par l’expérience d’une femme qui a nom Thérèse Couderc, par un lieu et un temps biblique décrit dans le début des Actes des Apôtres : une communauté rassemblée avec Marie, priant dans l’attente de l’Esprit saint dans la chambre haute du Cénacle.

 

Quel est donc cet esprit ?

4 insistances fortes : Bonté de Dieu, se livrer, l’Esprit Saint, Marie.

Et 3 attitudes qui en découlent : écoute, naissance, liberté.

 

Ste Thérèse Couderc écrivait : «  Dieu est bon, il est plus que bon, il est la Bonté » Il n’est que cela. C’est une aide précieuse au discernement. Cela va permettre de faire du tri : accueillir ce qui survient en nous, dans nos pensées, notre prière, nos désirs, nos paroles, nos actes et voir si cela va dans le sens de la bonté. Dieu ne peut vouloir que ce qui est bon. Faire le tri de nos images de Dieu, de nos interprétations de sa Parole. Est-ce cohérent avec un Dieu de bonté ? 

Encore faut-il ne pas se tromper de bonté. Non une fausse bonté qui peut se faire dévorante. Non une bonté faite de respect, de louange et d’humble service. Mais pour entrer vraiment dans l’expérience de la bonté de Dieu, il convient de découvrir, ébloui que c’est d’abord et toujours Dieu qui nous respecte, nous loue, nous sert et veut nous partager ce qu’il est et ce qu’il a pour une amitié réciproque.

Nous sommes créé-es pour cela parce que c’est l’être même de Dieu d’être respect, louange et service. Il est la bonté. C’est toujours l’initiative de Dieu et notre réponse est toujours seconde. Les Exercices spirituels d’Ignace de Loyola sont là pour nous aider à entrer dans une réponse de plus en plus aimante à cette bonté qu’est Dieu lui-même.

Thérèse, dans ce texte sur la bonté, dit encore qu’elle voit cette bonté de Dieu sur tout être et sur toute chose, « la bonté de notre Dieu leur a communiqué quelque chose de sa bonté infinie afin que nous le rencontrions en tout et partout »

Nous avons ici du St Ignace tout pur ! Elle ne voit pas Dieu, mais elle voit comme Dieu voit. Elle reçoit de Dieu un regard qui est à l’affût d’une bonté qui affleure en tous les êtres. La rencontre de Dieu se fait non en dehors du monde mais au cœur de ce monde. Et la mission n’est pas d’apporter cette bonté à ceux dont on penserait qu’ils en sont dépourvus mais à être éveilleur d’une Bonté déjà en germe, présente , déjà agissante en toute femme, en tout homme, bonté qui ne demande qu’à naître à la lumière et à la reconnaissance, à croître, à s’épanouir.

 

Se livrer

Ce terme se trouve dans le 2ème texte fondamental de l’expérience spirituelle de Thérèse.

Se livrer. Ce terme est immense. Elle dit : « se livrer sans réserve à la conduite de l’Esprit Saint ».

Mais c’est toujours et encore une réponse au « se livrer de Dieu ». Dieu qui se livre à nous dans l’acte continué de création, dans l’acte d’incarnation, dans le corps livré de la Cène, dans le souffle livré de la croix. Un Dieu Bonté qui se livre et qui attend une réponse. Comme dans le livre de l’ Apocalypse au chapitre 3. Le Dieu bonté qui se livre est à la porte de nos vies, sur le palier. Il frappe. Il attend, sans se lasser, la permission d’entrer. Il ne forcera jamais la porte car il veut un amour de liberté. Lui ouvrir c’est se livrer à lui en réponse car « L’amour consiste en une communication mutuelle » dira Ignace.

 

Mais cette livraison se réalise dans le plus concret de l’existence. « Se livrer à la conduite de l’Esprit saint » dit Thérèse. Chercher et trouver la volonté divine dans la disposition de sa vie dit Ignace (Exercices Spirituels n° 1).

Ces saints nous montrent un chemin d’union à Dieu dont la prière n’est pas le seul lieu. D’autres lieux sont autant décisifs. Notre vie dans toutes ses dimensions comme l’usage que je fais des biens, les relations aux autres, le travail, les loisirs, l’économie, la politique etc. sont des lieux pour chercher et trouver Dieu. Ce monde nous a été donné pour qu’il soit médiateur de notre amour pour Dieu. Prendre soin du monde, des autres, de soi est une expérience spirituelle.

A une condition seulement, c’est d’en faire usage selon le cœur de Dieu. Selon les préférences de son cœur, en cohérence avec le Royaume inauguré par Jésus. En se livrant à la conduite de l’Esprit dit Thérèse,  en cherchant la volonté de Dieu dit Ignace. 

Il faut pour cela, écouter et contempler longuement le Christ qui est le chemin, être attentif-ve à l’Esprit qui murmure en nous les choix de vie, les découvrir à l’intérieur de soi dans une vie qui laisse de l’espace à l’écoute de soi et de son désir profond.

Se livrer à la conduite de l’Esprit pour rencontrer Dieu dans nos actes de vraie liberté.

 

C’est enfin se mettre à l’école de Marie. En elle nous trouvons la bonté de Dieu à l’œuvre, lui qui l’a comblée de grâce. La livraison de soi en réponse au don de Dieu. Marie a permis à Dieu d’entre chez nous. La rencontre de Dieu dans l’acte de liberté que fut son fiat.

Elle nous apprend à écouter pour donner naissance à Dieu au cœur de nos vies et être à notre tour contagieux  de vie.

Elle nous donne le Christ comme chemin de vraie liberté. Elle nous enseigne le Christ.

Entre Ascension et Pentecôte, dans la chambre haute du Cénacle, il y avait Marie, les apôtres, des disciples hommes et femmes. Ils faisaient mémoire du Christ. Il me plaît de voir Marie pas uniquement silencieuse mais aussi enseignant aux apôtres et aux disciples les chemins de vie de son fils. Totalement ouverte à l’Esprit, elle seule peut éduquer à la vie évangélique. Elle enfante l’Eglise à la vie du Christ.

 

Dans les constitutions de notre Congrégation, il y a cette phrase :

« Vivre au Cénacle, c’est vivre avec Marie, c’est se laisser comme elle conduire par l’Esprit pour communiquer le Christ aux autres »

Je vous  laisse cette phrase car elle n’est pas que pour les Sœurs du Cénacle ou pour les membres de la famille spirituelle du Cénacle.

Elle est pour toutes et tous car le Cénacle, c’est une attitude spirituelle : demander, attendre, laisser l’Esprit de Dieu animer nos vies.

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans focus sur les Soeurs du Cénacle
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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 14:38

La Volonté de Dieu est une volonté de libération.

C’est cette volonté-là qu’il nous est demandé de faire et que nous demandons dans la prière que nous a laissée Jésus : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».

 

La volonté de Dieu, mot difficile, compris souvent tout de travers.

Pour beaucoup, il s’agirait d’une volonté qui viendrait d’en haut, donc de l’extérieur, d’un destin préparé d’avance, quasiment imposé, auquel il faudrait répondre impérativement, après avoir cherché à le déchiffrer, comme un programme fixé en dehors de nous qui ne laisserait aucune place à la liberté.

Quelle angoisse et quelle culpabilité cela entraîne pour nous ! Cette manière de comprendre est une construction de notre esprit liée à une fausse image de Dieu. Une idole que nous avons mise à la place de Dieu, un Dieu qui voit tout et sait tout par avance. Un Dieu pervers…

Dieu ne nous appelle pas à être de simples exécutants d’une volonté qui serait toute-puissante, il n’attend pas que nous prenions une place de figurants là où il l’aurait prévu de toute éternité, mais il nous appelle à être ses enfants, hommes et femmes adultes, frères et sœurs de Jésus-Christ, fils et filles avec le Fils. 

« A tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1,12 ).

Il nous appelle pour que nous portions du fruit, un fruit qui demeure,  pour que nous soyons vivants, pour que nous ayons la joie en nous.

Il nous appelle ses amis.

Etre vivant-es, faire sa volonté, c’est inventer notre vie avec nos outils, les talents qu’il nous a remis.

De la même manière, il est urgent de nous débarrasser d’une image souvent ancrée dans notre esprit : Jésus aurait exécuté la volonté de son Père, qui aurait été de le voir souffrir et mourir sur la croix pour nous sauver car seule la mort et la souffrance pourraient payer le prix de la dette du péché, effacer l’offense à Dieu. Quelle perversion de l’image de Dieu ! Quelle défiguration de son visage !

 La volonté du Père et la sienne, n’était-elle pas plutôt que Jésus révèle l’amour infini du Père, en aimant jusqu’au bout ? Ce n’est pas la souffrance sur la croix qui nous sauve, mais c’est l’amour.

Les Evangiles montrent bien Jésus totalement immergé dans la volonté du Père, parce qu’elle est aussi la sienne.  Sa volonté est  d’accomplir le Royaume.   

Nos souffrances humaines ne sont donc pas dues à la  volonté de Dieu, elles sont la conséquence de notre condition humaine.  La volonté de Dieu est plutôt de les combattre. Dieu n’est pas à l’origine du handicap, des douleurs, des injustices.

 

Il arrive aussi qu’on entende, à propos du mal, que Dieu l’a permis…Non, il ne veut pas le mal ni ne le permet . Ces deux manières de concevoir Dieu font injure à Dieu !  Il n’est pas ainsi, il est le Dieu de la création, de l’espérance, de l’amour.

C’est nous qui fabriquons ce dieu-là lorsque le malheur nous paraît par trop injuste. Nous  cherchons à l’expliquer, à lui trouver une raison, un auteur, et ainsi à le maîtriser. Ne s’agit-il pas, pour nous, d’expliquer le mal, par des justifications tortueuses ?

 

Dieu nous appelle à la liberté des frères et sœurs du Christ. Liberté qui nous enseigne à choisir en vérité. Liberté qui nous enseigne à quitter ce qui doit l’être, ce qui ne fait pas vivre.

 « Laisser les morts enterrer les morts » C’est-à-dire, laisser de côté ce qui n’a pas d’avenir, choisir la vie: prendre Jésus pour lumière  de nos histoires, quitter ce qui nous enferme, lâcher les illusions qui nous retiennent.

 

Que notre vie s’unifie en Jésus : apprendre du Christ à regarder le monde avec ses yeux, à respirer de son souffle, à aimer comme lui.

C’est notre vie qui, devenant plus vivante et plus aimante, est signe de la vérité de notre démarche.

 

L’annonce de cette bonne nouvelle de libération, l’annonce qu’elle est la volonté de Dieu, devient urgente : cette bonne nouvelle ne peut plus être retardée, c’est à nous d’être parmi ces disciples qui sont appelés à annoncer l’Evangile de la liberté.

Apporter la paix véritable cela demande que nous acceptions notre fragilité et qu’avec elle,  nous demeurions debout ; accepter de nous exposer et nous laisser toucher par les autres.

Partir… partir, comme Abraham, par la prière et par l’action. Une seule chose est nécessaire : offrir l’amitié de Dieu.

 

On entend quelquefois dire que Dieu a un dessein. Mais de quel dessein s’agit-il ? Il n’a qu’un seul dessein : communiquer son amour, la communion intime du Père du Fils et du Saint Esprit. Nous avons été créés libres d’accueillir cet amour. «  Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, pour que tout homme croie en lui, ne périsse pas mais ait la vie éternelle »

Volonté universelle, chantée par Paul dans Ephésiens, 1,9-10 :

« Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu’Il avait formé par avance. Pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ… »

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 10:06

 

Qu’est-ce que la Lectio divina ?

Je vais donner d’abord une définition large de cette expression.

Littéralement : lecture divine, c'est-à-dire lecture de la Parole de Dieu. Mais lecture au sens fort d’une écoute profonde qui transforme celles et ceux qui s’y exposent.

Le Concile Vatican II a remis en valeur le rôle irremplaçable de la Parole de Dieu. Mais dans l’histoire de l’Eglise, certains ne l’on jamais perdu. Les monastères ont toujours fait de cette Parole l’aliment principal de leur foi, les grandes spiritualités apostoliques également.

Cette écoute attentive de la parole existe dans la tradition spirituelle d’Ignace de Loyola. Elle nous fournit une véritable école de prière. Mais ce mot de prière est vague et, en français, il induit trop le mot demande. Prier ce serait demander. Ca peut l’être, mais ce n’est pas de loin, le plus important. L’écoute attentive de la parole c’est surtout, écouter, regarder, méditer, contempler, louer, remercier, parler.

1-Parler : prière comme un acte de parole où je me tourne vers Dieu, où je dis JE et où je lui dis TU.

2-Ecouter ce qui se donne à entendre dans un texte biblique ;

3-Regarder ce qui se donne à voir

4-Et me laisser rejoindre par ce que j’écoute et ce que je vois.

C’est surtout privilégier la prière avec dans les mains et dans le cœur, la Bible.

Pourquoi ? Parce que cela nous mets au cœur de notre foi. Notre foi nous dit que nous sommes faits pour une relation. La prière est acte de relation. Je vais à Dieu avec tout ce que je suis et lui vient à moi par la médiation de cette Bible où il se dit et se donne.

Quelques remarques :

-Souvent, dans les formations à cette écoute attentive et priante de la parole de Dieu que les Sœurs du Cénacle donnent à Versailles ou ailleurs, les gens nous disent leur étonnement  qu’on ne leur ait jamais appris à méditer ainsi. Et ce qui m’étonne, c’est justement cette carence.

-Dans une rencontre internationale de ma Congrégation une sœur du Cénacle des Philippines nous a rapporté la réflexion suivante:  Dans notre pays si on a besoin d’un bon hôpital, on va voir les chrétiens, si on a besoin d’une bonne école, on va vers les chrétiens mais si on veut apprendre à prier, on va vers les bouddhistes.

Il me semble que cela dit une carence de notre Eglise, qui n’est pas seulement le fait des Philippines.

Il s’agit donc d’entrer plus profondément dans une expérience personnelle de Dieu. S’exposer à Dieu, comme on s’expose au soleil. Quand on le fait, pour le soleil, notre peau brunit. Quand on le fait, quand on s’expose à Dieu, cette relation nous change, nous « christifie ». Nous avons été définitivement « christifiés » par le baptême mais si on n’alimente pas cela par un contact assidu avec les Ecritures, nous pouvons être comme des fleuves asséchés.

Pour la manière pratique de la pratiquer, je vous renvoie aux articles déjà parus de ce blog, dans la catégorie" boite à outils"

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 23:47

Evangile de Jésus Christ selon St Mathieu  ( 20, 1-16 )

« En effet, le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne.  Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne.  Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail.  Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.'  Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.  Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?'  Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés.' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'

 Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.' Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent.  Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent.  En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : ‘Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !'  Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ?  Prends ce qui te revient, et va-t-en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi : n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis

bon ?'  Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers.

 

1ère piste :

Porter un regard de contemplation sur ce maitre de la vigne. Sa patience, sa persévérance  à embaucher. Qu’est-ce qui le motive à agir ainsi ?

 

2ème piste :

Entendre ce qu’il dit : « Allez-vous aussi à ma vigne »

Et sur fond de cette année qui commence, regarder la vigne qui est devant nous. Il nous y appelle.

Lui parler de telle ou telle portion de cette vigne qu’il nous a confiée.

 

3ème piste :

Les ouvriers qui ont travaillé une journée entière ou seulement une heure, reçoivent la même somme. Comment comprendre cela ?

Deux réponses…parmi d’autres :

-Une pièce d’argent, c’est la somme qu’il faut pour vivre. Pour Dieu, toute femme, tout homme a droit de vivre, donc à recevoir ce qu’il lui faut.

-la pièce d’argent symbolise l’amour de Dieu. Il est le même pour chacun-e.

 

4ème piste :

« Moi, je suis bon »

Laissez en nous résonner cette parole sur fond de celle de Sainte Thérèse Couderc ( Fondatrice des Sœurs du Cénacle) : «  Il est bon, il est plus que bon, il est la Bonté »

S’imprégner de cette bonté.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 00:18

St Ignace de Loyola ( 16èmesiècle, fondateur des jésuites) a écrit un livre intitulé : les Exercices Spirituels. Ce n’est pas un livre à lire mais à faire. On le trouve en librairie, mais il n’est pas à acheter ! C’est un guide pour accompagnateurs-trices. C'est-à-dire pour celles et ceux qui sont formé-es pour aider d’autres à entrer dans une démarche de méditation durant une retraite spirituelle.

Il commence par le texte qui a pour titre : Principe et fondement. C’est un texte qui n’est pas facile à accueillir. Surtout dans le monde et la culture qui sont les nôtres. C’est pourquoi, je vous propose ce commentaire qui, je l’espère, permet de dépasser les difficultés et ouvre à son intelligence.

 

Voici le texte :

2       L'homme est créé pour louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur et par là sauver son âme,  

3       et les autres choses sur la face de la terre, sont créées pour l'homme, et pour l'aider dans la poursuite de la fin pour laquelle il est créé.

4       D'où il suit que l'homme doit user de ces choses dans la mesure où elles l'aident pour sa fin et qu'il doit s'en dégager dans la mesure où elles sont, pour lui, un obstacle à cette fin.

5       Pour cela il est nécessaire de nous rendre indifférents à toutes les choses créées, en tout ce qui est laissé à la liberté de notre libre-arbitre et ne lui est pas défendu ;

6       de telle manière que nous ne voulions pas, pour notre part, davantage la santé que la maladie, la richesse que la pauvreté, l'honneur que le déshonneur, une vie longue qu'une vie courte et ainsi de suite pour tout le reste,

7       mais que nous désirions et choisissions uniquement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés.

 

Voici mon commentaire

L’Homme est créé

Je vous invite à pouvoir d’abord peser ce que cette phrase a de positif pour nous : être créé-e par Dieu veut dire que nous sommes désiré-es par lui. Nous ne sommes pas le fruit du hasard et allant vers le néant, nous sommes le fruit d’un désir en vue d’une relation d’amitié qui ne connaîtra pas de fin.

En plus pas créé n’importe comment : à son image et ressemblance.

Mais on peut sentir une résistance en nous, et il est bon d’en prendre conscience. Etre créé-e c’est aussi ne pas être sa propre origine, c’est la devoir à un autre, c’est se recevoir d’un autre. Est-ce que je sens cela ? La résistance peut venir d’une image fausse de cette création. Créé-e ne veut pas dire formater, fabriquer comme on fabrique un robot. Non. C’est être créé-e à son image, c’est-à-dire liberté, créateur, capable d’aimer, d’inventer sa vie, de réaliser l’être unique que chacun est.

Il est important de sentir ce qui s’agite en vous avec cette phrase. De dialoguer avec Dieu la-dessus et d’en parler.

 

Pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur

Ces mots disent une réponse de notre part. Pour bien y entrer, il est nécessaire de comprendre que c’est une réponse justement et non un impératif arbitraire. Pourquoi louer, servir, respecter Dieu ?

Parce que c’est d’abord Dieu qui nous loue, nous sert, nous respecte. Quand Dieu en Genèse 1 dit devant l’humain, homme et femme sortit de ses mains : « Ceci est très bon », quand il les bénit, c’est à dire dit du bien d’eux, il est le premier à louer.

Parce que c’est d’abord Dieu qui nous sert, il nous sert par la création, il se fait notre serviteur en Jésus. « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie … » Mt 20/28

Parce que c’est d’abord lui qui nous respecte infiniment.

Donc peser l’expérience que vous avez de louange, du service, du respect que Dieu a pour nous. De manière à entendre les mots d’Ignace comme une réponse que vous avez envie de donner en réciprocité : louer comme il me loue, servir comme il me respecte, respecter comme il me respecte. C’est une réponse d’amitié

 

Et par là sauver son âme

Il y a équivalence entre louer, servir, respecter et sauver son âme.

Qu’est-ce à dire ?  Si Dieu lui-même loue, sert, respecte, c’est que c’est un chemin de vie. S’il nous le propose, c’est parce que c’est un chemin de vie qu’il veut partager avec nous.

Sauver son âme. Ne le prenons pas dans un sens étroit (le salut après la mort et ne concernant que l’âme.)  Cela veut dire : « …et par là vivre à plein, trouver sa profonde raison d’être, son vrai accomplissement, être vivant et faire vivre autour de soi » Que le sens de ma vie est là, la fin, c’est à dire la finalité de mon existence est dans cette louange, ce service, ce respect.

 

Les autres choses sur la face de la terre sont créées pour l’homme

et pour l’aider à poursuivre cette fin pour laquelle il a été créé

Cette phrase  n’a l’air de rien, pourtant elle est fondamentale. Ici nous sommes dans l’originalité des Exercices. Cela veut dire :

Que le monde est bon, qu’il est don de Dieu. Un don fait à l’homme. Les choses, c’est à dire le monde, les biens terrestres, les relations humaines, la sexualité, etc.

Ici nous sommes à l’opposé d’une conception qui a pu courir dans le christianisme et qui peut encore sévir qui dit qu’il faut se méfier du monde, que le salut passe forcément par la non- possession, par la fuite du monde. Non, c’est un don qui a pour raison d’être d’aider l’homme à louer, servir et respecter Dieu. Donc les choses sont là pour m’aider à réaliser le sens, la finalité de mon existence.

 

Il s’ensuit que l’homme

-doit en user

            dans la mesure où elles lui sont une aide pour sa fin

-s’en dégager

            dans la mesure où elles lui sont un obstacle

Là nous sommes au cœur des Exercices, car ils sont là justement pour vivre un choix : qu’est-ce que je dois choisir, à quoi dois-je renoncer ? En comprenant bien que il s’agit

*d’user de choses qu’on a dit bonnes et

*de renoncer à des choses qui sont bonnes aussi

Ce n’est pas un choix ici entre du bien et du mal. Mais entre un bien et au autre bien

Par exemple, le choix entre le bien qui est de se marier et le bien qui est la vie religieuse.

Ce qui va me permettre de décider, ce n’est pas un commandement, une loi, une hiérarchie objective (entre un meilleur en soi et un moins bon en soi), quelque chose qui viendrait du dehors de moi. Non, cela va être une recherche à l’intérieur de moi. Avec un seul critère : je choisirai ce qui POUR MOI sera le plus aidant pour louer, servir, respecter Dieu comme lui me loue, me sert, me respecte.

Cela veut dire que les choses sont bonnes mais qu’elles sont relatives et qu’il ne faut pas les absolutiser. Elles sont à mesurer à l’aune d’un plus grand qu’elles. Elles sont à peser en fonction d’une finalité. Cela revient à dire qu’il s’agit de mettre Dieu comme unique absolu. Je vais en user si cela me permet de mieux servir et aimer Dieu.

Je vais m’en dégager si cela ne me permet pas de le servir et l’aimer.

 

Pour cela

C’est à dire pour vraiment faire un choix selon la finalité de mon être, Ignace propose une attitude provisoire de détachement de nos préférences, de nos idées, de nos projets.

Cela me tente bien de prendre ce poste de responsabilité par exemple. Je ne dis pas tout de suite oui. Cela ne me dit rien de prendre cet engagement. Je ne dis pas tout de suite non.

 

Il faut nous rendre indifférents

Le mot est sujet à incompréhension. Il veut dire, je ne vais pas décider sur un coup de tête, je vais prendre du recul, je ne vais pas décider sur le plus superficiel d’une envie (ça me tente) ou d’un recul ( ça ne me dit rien).

-Je dois prendre acte de la fascination ou de la répulsion que des choses peuvent avoir sur moi et qui peuvent entraver ma liberté et obscurcir mon désir profond.

-Je vais essayer de me libérer de préférences ou de refus qui peuvent être superficiels pour donner chance à ce que remonte du plus profond de moi,  ce que je désire vraiment

Il s’agit de remettre les choses à plat, d’entrer dans une disponibilité, une ouverture à ce qui va venir grâce à la prière. Cela se fera par mon écoute de Dieu,  par la contemplation de la vie du Christ, par l’écoute des mouvements intérieurs que cette parole va provoquer en moi et que je vais discerner avec l’aide de l’accompagnateur-trice.

 

De telle manière que nous ne voulions pas , quant à nous

Ne pas vouloir est à bien comprendre aussi : Il faut entendre ne pas m’y accrocher au point que cela obscurcirait mon jugement

 

Santé plus que maladie

Richesse plus que pauvreté

Honneur plus que déshonneur

Vie longue plus que vie courte

Et ainsi de tout le reste

Bien sur qu’il est bon de vouloir être en bonne santé mais si je m’accroche tellement à cette  préoccupation que cela m’empêche d’envisager des choix qui me feraient vivre…Ignace conseille de prendre de la distance par rapport à cela

Et ainsi du reste

 

Mais que nous désirions et choisissions

uniquement

ce qui nous conduit

davantage

à la fin pour laquelle nous sommes crées

Nous retrouvons ici ce qui doit être la boussole de nos choix :

la finalité de notre existence. Choisir ce que j’aurai découvert être le désir profond de mon être, après avoir désensablé ma source pour en faire jaillir un acte libre, pour réussir ma vie dans une vie d’amitié avec Dieu.

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 22:58

 

La Maison d’Unité

 

Créée par des chrétiens de différentes confessions,

Encouragés par leurs Eglises respectives,

la Maison d’Unité

a pour projet de contribuer à l’Unité des Chrétiens:

Lieu de prière

Point de rencontre

Relais d’initiatives œcuméniques.

 

La Maison d’Unité se situe dans la ligne de « La Charte OEcuménique Européenne ».

101 rue de Reuilly 75012 Paris

 

Dès aujourd’hui :

Prières selon la Tradition propre à chaque confession

Prières oecuméniques

Site internet (février 2012)

Permanence d’accueil le Mardi de 10h à 20h (hors vacances scolaires)

A venir :

Conférences, Tables rondes

Documentations

Expositions

Accueil de groupes

Communauté de vie de jeunes : 101 rue de Reuilly 75012 PARIS 06 61 81 37 08 contact@maisondunite.org

www.maisondunite.org 

 

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