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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:56

 

Un constat : en parlant de Dieu, nous disons il et non pas elle. Nous parlons donc de Dieu au masculin. L’art a globalement utilisé des images masculines pour « peindre » Dieu (Le vieillard barbu de la chapelle sixtine par exemple ). Il y a là une vraie difficulté parce que  Dieu n’est ni masculin, ni féminin. Cependant, on ne peut pas se passer d’image, de mot pour dire Dieu. Ces images, ces mots, nous ne pouvons les prendre que dans notre réalité humaine .Donc en soi employer des images et des mots au masculin est légitime à condition d’employer aussi des images et des mots au féminin.

 

Pour les femmes, il y a un grand avantage à employer des images à la fois masculines et féminines de Dieu. Les images masculines les situent en altérité, aident à se vivre épousée par Dieu. Les images féminines les situent en ressemblance avec Dieu, à l’image de Dieu, c’est à dire que la féminité se situe alors en inclusion du divin et non en exclusion.

Pour les hommes aussi, il y a un grand avantage à employer à la fois des images masculines et féminines de Dieu. Images féminines : cela les situe aussi en altérité face à Dieu, et leur permettrait d’avoir vis à vis de Dieu une plus grande attitude d’affection et de tendresse ( se découvrir épousé par Dieu) et aussi cela aiderait certains à ne pas se prendre pour des dieux !

J’ai employé le conditionnel car ces images féminines de Dieu sont encore loin d’être utilisées.

 

Ces images féminines existent dans la Bible, en petit nombre, certes, mais d’autant plus significatives qu’elles ont réussi à exister dans une culture patriarcale. Ces images, encore aujourd’hui sont peu mises en valeur et quelquefois occultées par les traductions. Elles été bien remarquées dans le livre de Virginia.R. Mollenkott, Dieu au féminin, Centurion, 1990 :

 

1- Dieu comme une mère qui a mis au monde :

-Nous trouvons cela dans la bouche de Moïse quand il se plaint à Dieu que la charge de ce peuple est trop lourde ; Il lui dit :

« Est-ce moi qui ai conçu tout ce peuple ?

moi qui l’ai mis au monde ? » Nb 11/11

 

2-Dieu comme une aigle femelle qui protège ses oisillons

« Il l’entoure, il l’instruit, il veille sur lui comme sur la prunelle de son œil, il est comme l’aigle qui encourage sa nichée, il plane au-dessus de ces petits, il déploie toute son envergure, , il les prend et les porte sur ces ailes » Dt 32/6

Pourquoi dire « il » alors que visiblement il s’agit des actions d’une mère-aigle ?

On peut prier ces mots en disant : « elle » pour nous situer devant Dieu qui m’entoure, m’instruit, veille sur moi comme on veille sur la prunelle de son œil, qui m’encourage, qui me prend et me porte sur ses ailes.

 

3-Dieu comme une femme qui est en travail d’enfantement pour libérer son peuple

«Depuis longtemps, j’ai gardé le silence, je me taisais, je me retenais de parler ; comme la femme qui enfante, je gémissais, je soufflais, j’étais haletant… Je conduirai les aveugles sur la route, je les mènerai par des sentiers qu’ils ne connaissent pas. Les ténèbres pour eux deviendront lumière, je leur aplanirai les endroits difficiles, voilà ce que je ne manquerai pas de faire. » Is 42/14 et 16 

 

4-Dieu comme une femme qui n’abandonne pas ses enfants

« Sion disait : Yahvé m’a abandonné, le Seigneur m’a oublié.

Une femme oubliera-t-elle son nourrisson, oublie-telle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ?

Même si celle-là oubliait, moi je ne t’oublierai pas. Voici que sur mes paumes, je t’ai gravé » Is49/15

 

5-Dieu comme le sein maternel

Ici il faut faire un peu d’hébreu. Quand dans l’Ancien Testament,  il est question de miséricorde, on  a le mot Rahamin= miséricorde, on a une image féminine. Car le mot miséricorde est tiré du mot  rehem qui veut dire sein maternel, utérus. La miséricorde de Dieu, c’est ses entrailles de mère.

Par exemple en Dn 9/9 : « au Seigneur notre Dieu appartiennent la miséricorde et le pardon »

Il a 102  mentions de la miséricorde dans la Bible, donc 102 fois mention des entrailles maternelles de Dieu

A chaque fois donc qu’on rencontre le mot miséricorde dans la Bible, nous sommes devant une image féminine de Dieu.

 

6-Dieu comme une femme qui fait lever son pain

« Quelle image puis-je donner du Royaume de Dieu ? Il est tout comme le levain qu’une femme prend et enfouit dans trois mesures de farine jusqu’à ce que tout soit levé »  Lc 13/21

 

7-La manière particulière dont Jésus parle de Dieu

 « Les images paternelles de Dieu se prêtent à une grande diversité d’interprétation, y compris celle de la colère ou de la vengeance. Au contraire, les images du langage maternel de Dieu vont toujours dans le même sens : un amour incontournable qui ne se fatigue jamais ». Voilà ce qu’écrit le Frère Emmanuel de Taizé dans son livre, un amour méconnu à la page 168.

Cela l’amène à dire que l’image de Dieu que présente Jésus ressemble autant, sinon plus à un comportement de mère que de père.

*Dieu qui se veut proche de chacun Mt 10/7 ; Mc 1/15 ; Lc9/10 ; Jn 14/23

*Dieu d’amour qui recherche inlassablement les plus éloignés et qui ne veut abandonner personne : Mt18/12-14 ; Mc 2/16-17 ; Lc15/4-32 ; Jn 3/16-17

*Dieu qui veut guérir les blessures, au pardon toujours offert : Mt9 :10-13 ; Mc2/3-12 ; Lc 15/11-32 ; Jn 8/3-11

*Dieu qui ne demande qu’accueillir et être accueilli : Mt10/40 ;Mc9/37 ; Lc 19/2-10 ; Jn 14/2-3 et 23

*Dieu qui désire être intensément aimé : Mt22/37-38 ; Mc12/30 ; Lc10/27 ; Jn21/15-17

*Dieu rejeté qui continue à aimer jusqu’au bout : Lc23/33-34 ; 18/25-27 avec 21/15-17.

 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 15:56

Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 5

 

°1  Quand Jésus vit tout ce peuple, il gravit la montagne. Là il s’assit et ses disciples s’approchèrent de lui, °2 il ouvrit la bouche et commença à les enseigner :

°3            “Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre,

                le Royaume des Cieux est à eux.

°4            Heureux les doux,

                ils auront la terre en héritage.

°5            Heureux ceux qui sont dans le deuil,

                ils seront réconfortés.

°6            Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,

                ils seront rassasiés.

°7            Heureux les miséricordieux,

                ils auront droit à la miséricorde.

°8            Heureux ceux qui ont le cœur pur,

                ils verront Dieu.

°9            Heureux ceux qui sèment la paix,

                ils seront appelés enfants de Dieu.

°10         Heureux ceux qui sont persécutés quand ils agissent en toute droiture,

                le Royaume des Cieux est à eux.

°11         Oui, heureux serez-vous quand on vous insultera à cause de moi,

                et qu’on vous poursuivra,

                et qu’on dira sur vous toute sorte de calomnies.

°12         Soyez heureux, sautez de joie,

                car vous avez dans les cieux une belle récompense.

                On poursuivait tout pareillement les prophètes qui étaient avant vous.”

°13 “Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd son mordant, avec quoi le salera-t-on ? Il ne sert plus à rien ; on le jette dehors et il sera piétiné.

°14 Vous êtes la lumière du monde. Comment cacher une ville bâtie au sommet de la montagne ? °15 Personne n’allume une lampe pour la mettre sous un meuble : on la met sur un lampadaire, et elle donne sa lumière à toute la maison. °16 Que votre lumière, de même, brille devant les hommes : qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils rendent gloire à votre Père qui est dans les Cieux.”

 °17 “Ne croyez pas que je suis venu défaire la Loi et les Prophètes : je ne suis pas venu pour défaire, mais pour accomplir. °18 En vérité, je vous le dis, pas une lettre, pas une virgule de la Loi ne passera avant que ne passent le ciel et la terre : tout se réalisera.

°19 Si quelqu’un écarte un des plus petits commandements et enseigne aux autres à faire de même, il sera mis au dernier rang dans le Royaume des Cieux. Mais si quelqu’un les met en pratique et les enseigne, celui-là sera grand dans le Royaume des Cieux.

°20 Je vous le dis : si votre idéal de perfection ne dépasse pas celui des maîtres de la Loi et des Pharisiens, vous ne pouvez pas entrer dans le Royaume des Cieux.

°21 Vous venez d’entendre qu’on a dit à vos ancêtres : Tu ne tueras pas. Si quelqu’un a tué, il doit passer en jugement. °22 Mais moi je vous dis : si quelqu’un se met en colère contre son frère, il mérite un jugement ; si quelqu’un traite son frère de fou, il mérite une sentence du Conseil suprême ; s’il lui a dit : ‘Sois maudit !’ il mérite d’aller à l’enfer du feu.

°23 Quand donc tu t’avances pour présenter à l’autel ton offrande, si tu te souviens que ton frère a quelque chose à te reprocher, °24 laisse là devant l’autel ton offrande, et va d’abord te réconcilier avec ton frère. Ensuite tu reviendras présenter ton offrande.

°25 Trouve tout de suite un accord avec ton adversaire pendant que vous êtes en chemin l’un et l’autre. Ton adversaire peut-être te mettrait entre les mains du juge, le juge te remettrait au policier et tu serais mis en prison. °26 En vérité, je te le dis, tu n’en sortiras pas tant que tu n’auras pas payé le dernier centime.

°27 Vous venez d’entendre qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. °28 Mais moi je vous dis : celui qui regarde une femme pour satisfaire son désir a déjà commis l’adultère dans son cœur. °29 Si ton œil droit te mène à la chute, arrache-le et jette-le loin de toi. Il vaut mieux pour toi perdre un de tes membres plutôt que d’avoir ton corps entier jeté dans l’enfer du feu. °30 Et si c’est ta main droite qui te mène à la chute, coupe-la et jette-la. C’est ton intérêt de perdre un de tes membres plutôt que d’avoir ton corps jeté tout entier dans la géhenne.

°31 Il a été dit : Celui qui renvoie sa femme devra lui donner un billet de divorce. °32 Mais moi je vous dis : celui qui renvoie sa femme, sauf pour infidélité, la fait devenir adultère. Et celui qui épouse cette femme renvoyée commet lui aussi un adultère.”

°33 “Vous avez entendu qu’on a dit à vos ancêtres : Tu ne reviendras pas sur tes serments ; tu donneras au Seigneur ce que tu as juré. °34 Mais moi je vous dis de ne pas jurer du tout : ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu, °35 ni par la terre, parce que c’est son marchepied, ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand Roi. °36 Tu ne jureras pas davantage par ta tête parce que tu ne peux même pas rendre noir ou blanc un seul de tes cheveux. °37 Donc, que votre ‘oui’ soit oui, et votre ‘non’, non ; tout le reste vient du démon.”

°38 “Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. °39 Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si on te frappe sur la joue droite, présente encore l’autre joue. °40 Et si quelqu’un veut te réclamer ta tunique, donne-lui aussi ton manteau. °41 Si quelqu’un t’impose une corvée, un kilomètre à faire, fais-en deux avec lui. °42 Donne à celui qui te demande et ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter.

°43 Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu ne feras pas de cadeau à ton ennemi. °44 Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. °45 C’est ainsi que vous serez les fils de votre Pèredes Cieux, lui qui fait briller le soleil sur les méchants comme sur les bons, et qui fait pleuvoir pour les gens honnêtes comme pour les malhonnêtes.

°46 D’ailleurs, quand vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Même les publicains le font. °47 Et si vous saluez seulement ceux qui sont de votre bord, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes le font. °48 Donc vous, vous serez parfaits comme votre Père du Ciel est parfait.”

Heureux

L’Evangile est donc un appel au bonheur. Un bonheur qui étonne mais qu’il faut bien comprendre. C’est le bonheur de ceux qui ne se résignent pas à l’injustice et à la violence des puissants. Ceux qui luttent contre elles avec un cœur de pauvre, (qui se laisse toucher par la pauvreté de l’autre et qui accueille les siennes) qui luttent avec un cœur doux, miséricordieux, pacifié, droit. Leur récompense dans les cieux, ne veut pas dire après la mort seulement. Pour éviter de dire le mot Dieu, on préférait dire « cieux ». Donc il faut comprendre : une récompense en Dieu, la récompense d’être en accord avec Dieu, vivre selon son cœur. Ce bonheur est celui de Jésus. Il l’a vécu et nous invite à sa suite.

-Dieu ami-e, aide-moi à croire que ce bonheur est le tien. Tu es Dieu pauvre, humble, doux, miséricordieux, assoiffé de justice…

-Dieu ami-e, aide-nous à vivre avec toi ce combat pour la justice et la paix avec un cœur doux et pacifié.

 

Sel de la terre et lumière du monde

Le sel donne du gout aux aliments mais on ne le voit pas. Etre sel doit se reconnaitre au gout de la vie que cela donne. Gout de vivre et de faire vivre. La lumière ne se substitue pas aux choses mais elle permet de les voir.

-Dieu ami-e, aide-moi à croire que la terre, le monde, les choses sont bonnes à vivre, que tu les donnes pour notre bonheur

-Dieu ami-e, aide-nous à les rendre plus belles, plus gouteuses en les éclairant et les salant de l’Evangile

 

Entrer dans le Royaume des Cieux

On a souvent réduit le Royaume des Cieux à la vie après la mort. Non le Royaume de Cieux veut dire la manière juste de vivre entre nous, l’organisation des sociétés selon le cœur de Dieu. Jésus l’a inauguré en nous donnant l’exemple d’une autre manière de vivre faite de justice, de miséricorde, de partage, de liberté, d’accueil sans exclusive etc…

-Dieu ami-e aide-moi à croire que ton royaume est déjà là dans tous les gestes , dans tous les gens qui le construisent

-Dieu ami-e aide-nous à participer à sa construction en adhérant de tout notre cœur et de toutes nos forces aux priorités de ton cœur.

 

maudit

Quel est notre manière de regarder les autres ? En disons-nous du bien (= bénir) ou du mal (maudire) ? Dieu ne dit que du bien de nous. « Dieu vit que cela était très bon » (Gn1). Il croit en nous, il nous espère.

-Dieu ami-e, aide-moi à croire que tu es seulement bénédiction et jamais malédiction

-Dieu ami-e, aide-nous à parler des autres en disant du bien, en mettant en valeur ce qui est beau et bon en eux

 

va d’abord te réconcilier

Jésus met comme priorité la relation à l’autre, l’initiative de la reprise d’une relation après une rupture.  Elle a priorité sur tout acte religieux, car « celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas » 1 Jn. Toute réconciliation demande du temps, des conditions. Il s’agit donc de ne pas se résigner à la rupture, et de chercher comment la surmonter.

-Dieu ami-e aide-moi à croire que tout homme, toute femme est mon frère et ma sœur parce que qu’ils sont tes fils et tes filles.

-Dieu ami-aide-nous à faire œuvre de réconciliation dans la vérité et la justice, là où nous le pouvons

 

celui qui renvoie sa femme

Jésus est conscient que la société où il vit , les femmes sont considérées comme inférieures. Par exemple, un homme pouvait répudier son épouse, ce qui l’exposait à la misère et au mépris. Il s’élève contre cette injustice qui était au service de l’égoïsme et de la convoitise du mari.

-Dieu ami-e, aide-moi à croire que pour toi femmes et hommes sont égaux en dignité et en droit .

-Dieu ami-e aide-nous à lutter contre toutes les injustices que subissent encore les femmes en tant que femmes

 

Que votre oui, soit oui, que votre non, soit non

Cette parole de Jésus est un appel à la responsabilité personnelle. Quand on dit oui ou non, il n’y a pas à se protéger derrière quelque chose d’extérieur à soi. Il s’agit d’engager sa parole qui vaut par elle-même.

-Dieu ami-e, aide-moi à croire que tu souhaites que je sois responsable de ma vie

-Dieu ami-e, aide-nous à nous à être fidèle à nos justes décisions, à dire des oui fermes à la vie et des non pour refuser ce qui ne la favorise pas.

 

fils de votre Père/ parfait comme votre Père

De quelle perfection s’agit-il ? Peut-on être parfait comme Dieu ? Il s’agit d’une perfection paternelle/maternelle. De cela nous avons tous l’expérience soit pour en avoir bénéficié, soit parce qu’elle nous a manqué. Cette perfection, c’est de faire grandir, d’aider à la croissance de l’autre, c’est d’aimer sans condition et sans exigence de retour.

-Dieu Ami-e aide-moi à croire que tu es Père, Mère, uniquement désireux de ma croissance, de mon accession à une vie adulte, c'est-à-dire Amour vraiment.

-Dieu Ami-e, aide-nous à être père, mère, comme tu l’es. Au service de la croissance humaine et spirituelle de chacun-e, c'est-à-dire aimant vraiment.

 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 20:24

Dans un article paru dans la revue Croire aujourd’hui[1],  A. Wenin traduit Adam par : « l’humain ». Actuellement, dans la langue française, c’est ce que nous avons trouvé de mieux pour inclure féminin et masculin dans un même mot. Si nous adoptons cette traduction pour Gn 2-3, cela permet, de décrire l’homme et la femme comme formé-es de la glèbe, recevant une haleine de vie, posé-es dans le jardin, entendant ensemble la parole d’ouverture à tous les arbres et celle de l’interdiction de l’arbre à connaître le bien et le mal.

Si nous suivons la lecture inclusive d’A.Wenin, le verset 18 du chapitre 2 peut cependant nous arrêter et rendre difficile l’inclusion du féminin et du masculin dans cet-te Adam

Même si on traduit par : "Le Seigneur dit: il n’est pas bon que l’humain soit seul", on peut se demander qui était-il cet humain seul ? La réponse de l’auteur est de considérer Adam comme l’Humain dont l’être n’est pas encore différencié sexuellement. L’interpréter ainsi (et non comme un Adam masculin) comporte un enjeu important. Pourquoi ? Parce que Dieu s’adresse à lui-elle, fait de lui-elle un-e interlocuteur-trice,  lui donne un pouvoir de nomination. Dieu l’associe donc  à son pouvoir. En donnant un nom, il-elle en devient maître-maîtresse.

Si Adam est toujours cet-te humain indifférencié-e sexuellement, ce pouvoir est celui des deux sexes.

Si c’est l’Adam uniquement masculin, une lecture fondamentaliste peut se servir, s'est servi et se sert encore de lui, pour introduire une image du masculin différente du féminin, dans le sens d’un pouvoir de gouvernement qui n’est donné qu’à l’Adam masculin.

C'est en tout cas une lecture non avertie des exigences critiques d'une éthique de l'égalité homme-femme. Cette interprétation a prévalu pendant des siècles au point d’oublier ou d’occulter l’Adam mâle et femelle de Gn 1.

Telle n’est pas l’interprétation que suggère la traduction d’ A.Wenin.

« Dans le récit, il n’est ni homme ni femme. Ou les deux à la fois. Mais pour le Seigneur Dieu, un tel isolement n’est pas bon. C’est la relation qui fait vivre. »

Très beau commentaire qui dit bien l’enjeu et le bienfait de cette différenciation voulue par Dieu et qu’il va opérer. La suite de son commentaire est encore plus novatrice :

« La torpeur fait perdre  connaissance  à l’humain. C’est la  manière de dire que ce qui constitue un être dans sa singularité échappe forcément…Dieu prend un côté de l’humain puis ferme la chair à sa place. Cette opération signifie que seul un manque, une perte ouvre un être à l’altérité et qu’une relation authentique n’est possible que si le moi accepte d’être blessé, altéré. » 

Dans une Bible traduite et commentée comme cela, nous pourrions avoir comme titre à partir du v.27 : « Le premier péché ». Il aurait pour premier auteur l’Adam masculin.

En effet ce qui est dit au v.23, à côté de son aspect positif, peut être questionné. Ce n’est pas une parole de dialogue, Adam ne dit pas : « Tu es os de mes os et chair de ma chair ». Il se parle à lui-même. La communication commence mal !  « Il en fait l’objet de son discours ». dit A.Wénin. Mais peut-être encore plus grave, il se donne comme l’origine de « issah » : « Car de ys a été prise celle –ci ». Il croit qu’elle vient de lui.

Cette déclaration se veut parole de savoir. Il croit savoir comment cela s’est passé et qu’elle vient de lui alors que le texte nous a bien dit que c’est Dieu qui est l’auteur de cette différenciation, que l’humain féminin comme l’humain masculin a été tiré comme lui de l’humain par séparation : lui, un côté, elle l’autre. Il croit savoir alors qu’il ignore tout puisque tout s’est passé dans un sommeil.

Quelle aurait dû être la parole juste ? Peut-être interroger Dieu sur ce qui vient de se passer, sur le mystère accompli, et s’adresser à cette autre maintenant devant lui ? Au contraire, poursuit A.Wénin :

« On le voit ainsi reprendre connaissance en gommant ce qu’il ignore, à savoir l’action divine qui a fait de la femme un être singulier, différent de lui. On le voit aussi prendre sur elle un pouvoir que Dieu avait donné à l’humain sur les animaux, le pouvoir de nommer. »

Si cette remarque est juste, elle devient un bon exemple de la manière dont une lecture biblique est toujours voilée par des présupposés. On va pointer le péché de la femme en Gn 3/6 et ne pas remarquer cet autre peut-être encore plus grave et qui n’a pas même besoin d’un tentateur extérieur !

Premier péché donc mais qui est aussi celui de la femme. Celui-là aussi a été voilé et combien il est nécessaire qu’il soit  dévoilé. Le péché, ici, au féminin, est le silence. Elle ne dit rien, se laisse dire. Se laisse prendre dans ce refus d’une vraie altérité, au profit du même. Elle se laisse nommer par un autre. Ce mutisme est autant refus de dialogue que le « parler à soi même » de l’humain masculin. Il dit un péché de soumission à l’injustice dont on est victime et donc une possible complicité avec son propre malheur. La femme ici le commet : par son silence elle accrédite la parole qui fait d’elle un objet dont on parle, au lieu d’être sujet parlant.

Le texte même à partir du verset 25 à l’air d’entériner cette situation. En effet pour parler de l’humain masculin, le texte va simplement dire l’humain (l’Adam ou le Glébeux, ou l’homme selon les traductions). Comme si le masculin était simplement l’humain à lui tout seul. Simplement  et c’est bien là la faute. Au lieu d’accueillir l’altérité comme un don, le manque comme l’espace d’une vraie rencontre, l’Adam masculin va se vivre comme le sexe premier, parfait, exemplaire et le féminin comme dérivé de lui. Ceci est au fondement de toute l’anthropologie classiquediscriminente qui va s’élaborer à partir d’une interprétation de l’Adam au masculin.

A.WENIN, « Une rencontre manquée », Croire aujourd’hui, n°159 du 1er septembre 2003

G.VON RAD, La Genèse, Genève,Labor et Fides 1968

A. WENIN, déjà cité

A.WENIN, déjà cité

A. WENIN, déjà cité

Une lecture psychologique pourrait y voir trace d’un « désir de maternité » que l’on peut constater chez certains  humains masculins. Désir de maternité ou revanche sur la dépendance maternelle ?

A.WENIN, déjà cité

Le glébeux et sa femme Gn2/24 et 3/8 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 17:13

 

 

Dans le livre de l'Apocalypse au cahpitre 3 verset 20

 

Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi.

 

1ère piste

Regarder celui qui se tient à la porte. Il est en attente, Il est sur le palier de ma porte. Mais en aucun cas il ne va la forcer. Tant que je ne lui aurais pas dit d’entrer, il n’entrera pas. Il est dépendant de ma réponse. On parle de volonté de Dieu. Ici, on la voit ! Sa volonté c’est de proposer son amitié. Mais il sait que cela ne peut être que proposé, jamais imposé. C’est pourquoi, il est comme mendiant à la porte de nos vies.

 

2ème piste

Entendre les petits coups sur ma porte. Ils sont audibles mais discrets. Cela n’a rien à voir avec le martellement d’une descente de police ! Ce sont de petits coups d’un amoureux qui dit avec respect son désir d’entrer

 

3ème piste

Regarder ce qui se passe si on lui ouvre : il entre, il est près de moi et moi près de lui, nous prenons le repas ensemble. Gouter la proximité de cette relation, sa réciprocité, son égalité.

Ecouter le partage de ces 2 ami-es.

 

4ème piste

Regarder ce qui a permis que cela se passe ainsi. Un acte de liberté : avoir décidé d’entendre, avoir décidé d’ouvrir.

 

 

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:24

Tu as entre 18 et 25 ans…

…tu cherches un lieu pour approfondir ta foi, te former, prendre le temps de relire tes expériences et ta vie ?

…tu cherches à te mettre chaque jour davantage à la suite du Christ ?

 

Rejoins une équipe MAGIS près de chez toi.

 

Une Equipe où l’on peut se faire confiance et on l’on compte les uns pour les autres. Une équipe pour partager et célébrer avec un regard bienveillant sur le monde et l’avenir.

 

Une équipe pour :

*écouter la Parole

*comprendre le monde

*se mettre au service

*choisir sa vie

 

Ces Equipes MAGIS sont une proposition catholique de la Famille ignatienne ( jésuites, religieuses et laïcs de la spiritualité d’Ignace de Loyola), une proposition faite conjointement par la MEJ, la CVX et le RJI

 

Pour en savoir plus :

Un site : www.equipesmagis.fr

Un téléphone : 01 40 71 70 11

Un mail :  contact@equipemagis.fr

 

 

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 21:11


Masculin-féminin : une différence non définissable comme Dieu est non-représentable.  C’est ainsi que Christian Duquoc définit le rapport masculin-féminin. Cette position permet à la fois de garder l’heureuse différence des sexes sans les figer dans des rôles qui relève de l’idéologie.

Un texte majeur de la Bible nous parle d’image de Dieu : « Dieu créa l’Homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ». Christian Duquoc interroge ce mot car pour lui, il devrait nous surprendre. Car, tout aussi majeur dans la tradition biblique est l’interdit de la représentation de Dieu  ( Ex20/4 et Dt 27/15). Il semble donc y avoir une contradiction : Dieu crée une image de lui et interdit à l’homme de le représenter. Il s’agit donc de bien comprendre le sens du mot image. Puisqu’il y a interdit de représentation, le mot image ne dit pas une représentation. De même quand Dieu révèle son nom, c’est un nom qui écarte toute image, toute représentation car on ne peut enclore Dieu. Il ne peut que se dérober à toute définition (Ex 3/14).

Ce premier aspect du texte de Duquoc,  permet de faire une première remarque. L’homme est à l’image de celui qui n’a pas d’image, de celui qui ne peut être représenté, de celui qui ne peut être défini. Cela voudrait-il dire que, de même qu’on ne définit pas Dieu, car l’enclore dans une définition ne peut produire qu’une idole, de même, on ne peut définit l’humain car l’enclore dans une définition ne peut que le défigurer, en faire aussi une idole au sens d’une fausse image de lui. Dieu se dérobe à toute définition, l’humain également.

Alors quel sens donné à l’image ? Non pas une représentation mais une fonction. En effet pour Gn 2 l’idée d’image est suivi immédiatement d’une  mission : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez la » (Gn 2/28). L’image est associée à une fonction de création et de gestion du monde, une responsabilité qui implique des actions. C’est en ce sens que l’homme est image de Dieu. Au sens d’une fonction, créateur à l’image du Créateur.

Ce thème de l’image a produit un nombre important de commentaires. Duquoc en privilégie un qui illustre bien l’image comme fonction. C’est l’interprétation de Grégoire de Nysse qui définit l’image comme capacité de l’homme d’être son propre créateur, condition pour  acquérir une autonomie similaire à celle de Dieu, accéder à une liberté qui constitue l’homme partenaire de Dieu. Image ici comme capacité d’agir en créateur, en autonomie et en liberté.

On peut se demander si, dans l’esprit de Grégoire de Nysse, cette magnifique conception dynamique de l’humain concerne également les femmes. En tout cas, note Duquoc, aucune des interprétions classiques n’ont remarqué que cette image dans le texte biblique est une image différenciée : « …à l’image de Dieu, il le créa ; mâle et femelle, il les créa » (Gn 1/27). La différence entre l’homme et la femme est structure de l’image. L’essence de cette image est relation. Cette essence de l’image n’est ni le masculin seul, ni le féminin seul. Cette image est de soi habité par l’altérité, il y a de soi, de l’autre dans l’image.

Ainsi donc si l’image n’est pas une représentation ni de Dieu, ni de l’humain, si, comme le nom de Dieu, elle échappe à toute définition, elle ne va pas être non plus être représentation et définition de ce qu’est le féminin ou le masculin. Mais l’image dit une fonction, qui est celle du respect de l’altérité.

Elle est le paradigme du manque qui peut ouvrir à la communication. Il y a un manque à être de chaque pôle de l’image. L’une ne va pas sans l’autre, l’un ne va pas sans l’autre. Chacun-e n’existe que dans la communication. Cette relation différenciée est sans représentation. On ne peut l’enclore, mettre la main dessus, elle se dérobe à toute définition. Et comme elle est humaine, elle est dans l’histoire, une tâche à réaliser. Elle n’est pas reproduction d’une forme apriori, anhistorique, figée et constante :

« Pas plus que Dieu n’est le référent visible de l’image puisqu’il est un Nom sans représentation, pas davantage l’image différenciée n’impose un modèle constant. Elle exprime la condition d’un avenir : assumer l’autre dans une différence indépassable et irréductible, comme la nécessité de sa propre réalisation…Patient labeur d’une histoire qui lutte contre un stéréotype de l’enfermement en des essences séparés, masculine et féminine »

Cette image différenciée a une fonction, une tâche de respect de toutes les différences. Elle est paradigmatique de la différence pour introduire une exigence éthique : une volonté de communication dans le respect de toutes les différences.

La pensée de Duquoc, avec cette réflexion sur l’image, se démarque de deux options. Ils se positionnent contre le nivellement de la différence masculin/féminin mais également contre l’enfermement en essences séparées de cette différence. Il y a bien une différence mais la forme qu’elle peut prendre est à inventer dans la communication, une réalisation qui se fait dans l’histoire et qui ne découle pas d’un modèle statique.

 

Gn 1/27, traduction de la TOB

Christian DUQUOC, « Homme/Image de Dieu », Nouveau dictionnaire de théologie, Cerf 1996, pp 418-423

« la naissance spirituelle est le résultat d’un choix libre, et nous sommes ainsi, en un sens , nos propres parent, nous créant nous-mêmes tel que nous voulons être, et nous façonnant , par notre volonté, selon le modèle que nous choisissons » Grégoire de Nysse, Vie de Moïse, PG 44, 328 B. Cité par C.DUQUOC p 420

Idem p 422

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 15:29

Comment  sortir  d’une représentation monarchique de Dieu ?

 

Par la doctrine de la Trinité qui, à l’opposé,  est doctrine théologique de la liberté et renvoie à une communauté humaine « sans domination autoritaire et sans contrainte servile » .

La Trinité dit l’union du Père avec le Fils livré crucifié et l’Esprit vivifiant qui crée du neuf. De cette unité, on ne peut pas forger la figure d’un monarque omnipotent du monde dont les potentats terrestres sont les reflets.

Car c’est en tant que père de Jésus crucifié et ressuscité qu’il est tout puissant et qu’il s’expose ainsi à l’expérience de la souffrance, de la douleur, de l’impuissance et de la mort .

Il n’est pas toute-puissance. Il est amour. « C’est son amour passionné, passible, et rien d’autre qui est tout-puissant »

Dans le Fils,  la gloire de Dieu trinitaire ne se reflète pas sur les couronnes des rois et dans les triomphes des vainqueurs mais sur le visage du crucifié et sur le visage des opprimés dont il est le frère. Jésus crucifié est l’unique image du Dieu invisible.

Cette gloire se reflète aussi dans la communauté des croyants et des pauvres.

L’Esprit vivifiant procède du Père de Jésus crucifié et ressuscité. C’est dans l’ombre de la mort que l’on expérimente la résurrection par la force vivifiante de l’Esprit. Il nous procure avenir et espérance. Il ne procède pas de l’accumulation de puissance ni de l’usage absolutiste de la souveraineté

 

Une théologie politique qui se veut chrétienne doit donc critiquer le monothéisme politique en refusant une unité entre religion et politique mais aussi en recherchant des options politiques qui correspondent aux convictions de la foi chrétienne et qui ne la contredisent pas.

Donc un non à la monarchie d’un souverain, non à  un  maitre du monde, non à un père tout puissant patriarcal qui se définit par le pouvoir de disposition sur ce qui lui appartient.

Et un  oui à la communauté d' homme et de femmes sans privilèges ni servitudes, communauté où les personnes sont définies par leur relation les unes avec les autres et leur importance les unes pour les autres, définies par la personnalité et par des relations personnelles.

Ce faisant, cette communauté est à l’image de la Trinité qui est « une vie inépuisable que les trois personnes ont en commun et dans laquelle elles sont les unes avec les autres, les unes pour les autres, les unes dans les autres »

 

Le monothéisme monarchique a aussi influencé l’organisation de l’Eglise par une déduction représentative de l’autorité divine : un Dieu, un Christ, un évêque, une communauté. Cette déduction se fonde sur le monothéisme monarchique.

Elle va jouer aussi en défaveur des femmes. « Une déduction correspondante de la primauté de l’homme sur la femme apparait dans la théologie paulinienne de la Képhalé et dans l'utilisation qu'on en a fait:

1Co11/13 : ‘le chef de tout homme, c’est le Christ, le chef de la femme, c’est l’homme, et le chef du Christ, c’est Dieu’ ;

Ep5/22 : ‘le mari est chef de sa femme comme le Christ est chef de l’Eglise’.

Cette déduction fonde une  hiérarchie ecclésiastique masculine correspondant à la monarchie divine et représentant celle-ci.

Le Moyen-Age a consolidé cette conception par une cascade de primautés de l’Un : une Eglise, un pape , un Christ, un Dieu, dans une cascade de délégation graduée, ceci fondé sur le mode de pensée du monothéisme monarchique.

 

Il peut y avoir une autre ligne de pensée que la pensée de l’Un, c’est le  fondement trinitaire de l’unité de l’Eglise.

Qu’il soit un au sens  de Jn 17/20 : une unité de la communauté qui soit unité trinitaire. Ce fondement trinitaire est plus profond mais surtout il détermine autrement l’unité. Non pas un monothéisme monarchique qui dit Dieu comme puissance représentée par  l’autorité universelle  et infaillible du seul mais monothéisme trinitaire qui dit Dieu comme communion d’amour.

« Dieu comme amour… est représenté dans la communauté et … est expérimenté dans l’acceptation de l’autre, comme tous ensemble sont acceptés par le Christ.

Le monothéisme monarchique fonde l’Eglise comme hiérarchie, comme souveraineté sainte.

La doctrine de la Trinité constitue l’Eglise comme communauté libre de toute domination »

Moltmann s’appuie également sur des auteurs orthodoxes comme P.Evdokimov pour qui « le principe trinitaire remplace le principe de la puissance par le principe du consensus »

Il résume cette pensée en écrivant :

« A la place de l’autorité et l’obéissance, nous trouvons le dialogue, le consensus, l’accord. Ce n’est pas la croyance en la révélation divine à cause de l’autorité de l’Eglise qui se trouve au premier plan, mais la foi en la raison d’une perception personnelle de la vérité de la révélation. A la place de la hiérarchie qui maintient et qui impose l’unité, nous trouvons la fraternité et la sororité de la communauté du Christ ».

 

TRD p 240

TRD p 248

p 249

Cf sur cette question G.LAFONT, Histoire théologique de l’Eglise catholique, Cerf 1994, Collection Cogitatio fidei 179. En particulier les pages 28 à 32. « Avec les grands courants intellectuels de la période prénicéenne…le christianisme est entré dans le cadre de la culture héllénistique…où prévalait la symbolique de l’Un. La pensée chrétienne a fait sienne l’orientation à la fois apophatique et intellectualiste de cette culture. Apophatique en ce sens que ce qui était visé, en dernière analyse, c’était bien l’union mystique avec l’Un au-dessus de tout, identifié au Dieu Père de l’Ecriture biblique » p 28

TRD p 251 note 24. Moltmann ajoute que K. Barth (Cf Barth, Dogmatique, III/4,54)a développé à partir de cela une théologie de la subordination pour la femme. Théologie qui a suscité à juste titre étonnement et contradiction (voir par exemple Cl. Green, Karl Barth on Women ans Men, in Union Theol.Quarterly rewiev, ¾, 1974

TRD p 254. « Communauté libre de toute domination » est une citation tirée du livre de G.Hasenhüttl, Herrschaftsfree Kirche, Sozio-theologische grundlegung, Dusseldorf, 1974

P.EVDOKIMOV, L’Orthodoxie, Paris, 1965 p 131

TRD p 254

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 23:33


 

Ce n’est pas courant d’en parler. Et pourtant c’est important. Cela suppose d’abord de s’arrêter. STOP ! Je me pose, qui est très proche de se reposer.

 

Mais comment faire pour que ce soit vraiment une méditation ? Une relation avec Dieu ?

 

Voici un déroulement et une manière possible :

 

1-D’abord choisir un jour dans la semaine et un moment dans ce jour où on peut être tranquille. A titre d’exemple, pour moi, cette semaine, je l’ai fait le dimanche en début d’après-midi.

 

2-Commencer par respirer profondément pour se détendre.

 

3-faire un geste d’entrée en relation, celui qui exprime le mieux pour vous votre désir de vous rendre présent à Dieu.

 

4-demander à Dieu de regarder la semaine écoulée avec son regard pour y découvrir comment elle a été une histoire sainte.

 

5-Ouvrir son agenda comme on ouvre la Bible !

D’abord tout simplement pour se rappeler les événements, les rencontres, les actions etc…

Pour être concrète, je vais vous dire ceux de ma semaine :

une retraite spirituelle d’une journée donnée à quelqu’un ; une rencontre tous les jours avec une personne qui a fait une retraite ; un groupe de lecture d’un livre du théologien Segundo que j’ai mis en route ; un examen de santé ; une réunion du groupe baptisé-es 78 ; l’aide apportée à une de mes 2 sœurs jumelles qui a une jambe dans le plâtre ; un cours donné aux novices ; une réunion pour améliorer une de nos propositions qu’on appelle « retraite dans la vie » ; une soirée co-animée avec 3 laïcs où nous avons permis à une vingtaine de personnes de prier le texte d’Is 43 ; une réunion pour répondre à toutes les demandes faites au centre spirituel ; une réunion de communauté.

Tout cela, ce sont les faits bruts. Il faut aller plus loin que cela.

 

6-En quoi tout cela est une Bible, une histoire sainte ?

Dans la Bible, Ancien et Nouveau Testament il y a des récits de création, d’alliance, de justice et d’injustice, d’amour et de haine ; Il y a des déplacements, des départs, des arrivées, des installation, des libérations d’esclavage, des exodes , des exils, des passages au désert ; il y a des conceptions, des naissances, des combats, des guérisons, des appels, des passions, des morts, des résurrections, des pentecôtes… On peut allonger la liste.

Dans ce que j’ai vécu cette semaine, y a t-il quelque chose qui s’apparente à cela ?

Par exemple, de l’ordre d’une conception, c'est-à-dire quelque chose que j’ai conçu dans man cœur qui a murit et où je peux reconnaitre l’œuvre de l’Esprit en moi car cela a été source de vie en moi.

En reprenant ma semaine, voilà ce que j’ai pu contempler :

*la joie que j’ai de ce ministère de la Parole qui est réponse à un appel de Dieu et que je vis en aidant à entrer dans une écoute profonde de la Bible ;

*j’ai pu rendre grâce d’avoir pu être un peu « samaritain » pour ma sœur et d’avoir pu rencontrer le Christ en elle : «  j’étais malade et vous êtes venu me voir » Mt 25/36.

 

Faire cela demande d’apprendre à « lire » sa vie autrement. Pour y découvrir que Dieu est compagnon de nos vies. Découvrir l’alliance entre l’action de Dieu et la nôtre mais aussi le désaccord. La première pour rendre grâce, le second pour y remédier.

 

 

 

 

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 18:45

  

Commence ici une série d’article sur un théologien J.Moltmann. Je l’ai étudié à l’occasion de la rédaction de mon mémoire de maitrise en théologie.

Pour découvrir ce théologien, je vous conseille de visiter le site :

www.lespritquidonnela vie.com

Voici des notes de lecture de son livre : Trinité et Royaume de Dieu ( aux Editions du cerf, numéro 123 de la collection Cogitatio fidei)

  

« Ce qui correspond au Dieu trinitaire, ce n’est pas la monarchie d’un souverain mais la communauté des hommes sans privilèges ni servitudes »

Il y a donc  un lien fort entre théologie et rapports humains. La doctrine trinitaire de Moltmann, doctrine sociale de la Trinité, est pertinente pour penser l’anthropologie de l’humain, femme et homme. De même que la femme et l’homme sont un dans leur commune nature humaine au sein d’une différence, de même la Trinité est une dans la commune nature divine et la différence des personnes. 

Pour cela des conditions sont à remplir : penser d’une part la Trinité des personnes divines et d’autre part la relation homme-femme dans une parfaite égalité ; ne pas penser Dieu comme un souverain au trait masculin car si on le pense ainsi nous avons une monarchie divine au ciel qui fonde la souveraineté terrestre de tout pouvoir d’un seul sur l’autre. Nous avons l’idée d’un tout puissant souverain du monde qui exige une servitude, une dépendance et qui fonde la souveraineté terrestre, religieuse, morale, patriarcale.

L’enjeu est aussi une question de crédibilité de la foi. Les fausses images d’un Dieu qui aliène l’homme dans sa liberté, ne peuvent qu’être rejetées par nos contemporains.

 

Il y a un  rapport entre les représentations religieuses d’une époque et les constitutions politiques des sociétés, des conditionnements réciproques des alliances entre représentations religieuses et politiques. 

Le Dieu un, créateur, maitre, propriétaire du monde dont la volonté fait loi, qui peut  disposer de tout, et de la volonté duquel tout dépend, a les traits d’un monarque conçu de manière absolutiste.  Il est un, indivisible, parfait car impassible, il  gouverne et tout dépend de lui.

Ce monothéisme a apporté son soutien au principe de souveraineté impériale. La politique qui correspond à la croyance au Dieu unique, c’est l’empire de paix de l’empereur romain. Ce qui a conduit à Constantin et fait passé le christianisme de religion persécutée à une religion autorisée, soutien de l’état. Le soutien apporté par le monothéisme était  plus absolu que le soutien d’une philosophie. L’Unique empereur tout-puissant, est image visible du Dieu invisible car lui aussi est maitre, propriétaire et sa  volonté fait loi. « A l’unique roi sur la terre correspond le Dieu unique au ciel»

Mais faire de la souveraineté divine l’archétype de la souveraineté étatique, cela ouvre la voie à un absolutisme au plus haut degré dans l’absence de l’obligation de rendre des comptes, et le met en dehors du droit.

Aujourd’hui l’idée absolutiste ne subsiste que dans l’idéologie de la dictature. Mais celle-ci maintenant n’a plus besoin de la légitimité religieuse pour s’imposer, elle a à sa disposition la terreur de la force.

Pour surmonter la transposition du monothéisme religieux en monothéisme politique, il faut surmonter l’idée de la monarchie du Dieu unique sur un monde unique.

Le regret  qu’exprime Moltmann, c’est qu’historiquement, le dogme trinitaire n’a pas fait échouer cette idée de monarchie divine :

« Aussi longtemps que l’unité du Dieu trine n’est pas conçue trinitairement, mais comme celle d’une monade ou d’un sujet, elle demeure liée à la légitimation religieuse de la souveraineté politique. C’est seulement quand la doctrine de la Trinité surmontera la conception monothéiste du grand Monarque universel au ciel et du Grand patriarche divin du monde que les souverains dictateurs et tyrans de la terre, ne trouveront plus d’archétypes religieux pour se justifier »

Moltmann cite Whitehead : « l’Eglise a donné à Dieu des attributs qui appartiennent exclusivement à  l’empereur. La naissance de la philosophie théistique qui s’est achevé avec l’apparition de l’Islam,  a conduit à la représentation de dieu selon l’image du souverain impérial, selon l’image de l’énergie morale personnifiée et selon l’image du principe dernier de la philosophie.

Il est permis d’ajouter que cette philo theistique représente une philosophie patriarcale à un très haut degré »

 

Dans les articles suivants, nous verrons comment sortir de ce modèle monarchiste et patriarcal de Dieu.

 

 

J. MOLTMANN, Trinité et Royaume de Dieu, cerf, 1984, Collection Cogitatio fidei 123,  p 249.

E.PETERSON, Monotheismus als politisches Problem, in Theologische Traktate, München, 1951, p 91.

Cité dans TRD p 241

TRD  p 247

A.N. Whitehead,  Process and Reality. An essay in Cosmology, New- York 1960 p 520 cité dans TRD p 247

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 15:25

Lc 6/6-11

Or il advint, un autre sabbat, qu'il entra dans la synagogue, et il enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était sèche.

[7] Les scribes et les Pharisiens l'épiaient pour voir s'il allait guérir, le sabbat, afin de trouver à l'accuser.

[8] Mais lui connaissait leurs pensées. Il dit donc à l'homme qui avait la main sèche : "Lève-toi et tiens-toi debout au milieu." Il se leva et se tint debout.

[9] Puis Jésus leur dit : "Je vous le demande : est-il permis, le sabbat, de faire le bien plutôt que de faire le mal, de sauver une vie plutôt que de la perdre ?"

[10] Promenant alors son regard sur eux tous, il lui dit : "Etends ta main." L'autre le fit, et sa main fut remise en état.

[11] Mais eux furent remplis de rage, et ils se concertaient sur ce qu'ils pourraient bien faire à Jésus.

 

Première piste :

Jésus

Le regarder qui donne de la vie à cet homme en guérissant sa main. Que peut bien symboliser cette main pour nous ?

Ecouter ce qu’il dit (en rouge dans le texte). Il est le seul à parler et personne ne répond à sa question.

 

Deuxième piste

Regarder ce que fait cet homme. Il ne dit rien mais fait ce que Jésus lui dit : il se lève, se met au milieu, étend la main.

Admirer la confiance qui se dit là sans mot.

 

Troisième piste :

Entendre le silence des scribes et des pharisiens devant la question de Jésus. Pourquoi ce silence ? Entendre leurs paroles de rage à la fin.

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