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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 23:06

Cet article a déjà été publié dans la retraite de l'Avent de Notre-Dame du web:http://www.ndweb.org que j'ai mis dans les liens de ce blog

 

Livre d'Isaïe (Is 61, 1-2a.10-11)
"L'esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté, annoncer une année de bienfaits, accordée par le Seigneur. Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m'a enveloppé du manteau de l'innocence, il m'a fait revêtir les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux. De même que la terre fait éclore ses germes, et qu'un jardin fait germer ses semences, ainsi le Seigneur fera germer la justice et la louange devant toutes les nations.

Au début de ma prière je demande au Seigneur la grâce de ne pas être sourd-e à son appel et à vivre dans l'alliance qu'il me propose.

1ère piste : 
Une prophétie qui se réalise, une bonne nouvelle de libération
Qui est cet envoyé sur qui repose l’Esprit pour porter la bonne nouvelle et annoncer la délivrance? 
Le prophète Isaïe l’annonce mais ne l’a pas vu de ses yeux.
C’est ce que Jésus dira en Mt 13/16-17 : 
"Quant à vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient ; heureuses vos oreilles parce qu'elles entendent. En vérité je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont souhaité voir ce que vous voyez et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l'ont pas entendu ! »
Quand Jésus se présente à la synagogue de Nazareth, (Lc4/14-21) il ouvre le livre d’Isaïe à cet endroit et reprend presque mot pour mot la prophétie en se l’attribuant. « Cette parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ».

C’est donc bien lui l’ « Envoyé ». Entre cette prophétie d’Isaïe et sa réalisation en Jésus, nous avons la cohérence du projet de Dieu. Dieu n’a pas changé de projet. Et nous voyons dans la vie de Jésus, la réussite de ce projet, le changement qu'il inaugure et aussi l’appel qu’il nous adresse :

- s’associer à son œuvre pour qu’il y ait dans notre monde, moins de mensonge et plus de vérité. 
- vivre dans son alliance pour que chacun-e puisse marcher librement. 

- entendre que Dieu nous aime, travailler à ce que la vie soit plus forte que tout, combattre toute injustice.

Jésus a commencé ce règne. Il a besoin de nous pour le continuer.
Pour cela il est bon de reconnaitre mes limites et d'accueillir ma pauvreté. Accepter d’être guéri-e, me laisser libérer par le Christ pour ensuite et ensuite seulement partager ce que j’aurais expérimenté.
Cela me permettra alors de reconnaitre qu’en toute femme, en tout homme de bonne volonté il fait germer la justice et la louange. Car son Esprit est à l’œuvre en toutes les nations.
 

2ème piste :
Un tressaillement de joie
Marie aussi a repris ce texte d’Isaïe 61, presque mot pour mot quand, dans son magnificat, elle déclare : « Mon esprit exulte en Dieu mon sauveur » (Luc 1/47).
Mais ici c’est l’Envoyé qui tressaille de joie. C’est en cohérence avec Luc 10/21 où nous lisons que Jésus « exulte de joie sous l’action de l’Esprit Saint ». 
Mais le plus étonnant, c’est la comparaison que l’Envoyé prend pour exprimer sa joie. Cette joie est comparable à celle d’un jeune époux se parant du diadème, comparable également à une mariée mettant ses bijoux. Cela donne une figure à la fois féminine et masculine de Dieu. Image inclusive, suffisamment rare pour mériter d’être remarquée. Elle dit un universalisme où femmes et hommes sont vraiment "icônes" de l'Envoyé. Cela ouvre bien à la raison de cette joie. Joie parce que « le Seigneur fera germer la justice et la louange devant toutes les nations » Oui, la bonté du Seigneur est pour tous… et toutes ! 
A la fin de ce temps de prière, je prends conscience des sentiments qui m’habitent et je prends soin de m’adresser au Christ. Je lui parle dans la confiance soit pour le remercier, pour continuer à lui demander son aide, etc.

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 23:58

Suite et fin de l'article qui présente l'interprétation de la bibliste Sandra Schneiders.

5-L'appropriation transformante

Le point culminant d'une herméneutique intégrale (c’est à dire non exclusive), c'est l'appropriation transformante.

Quel monde ce texte invite-t-il à habiter ?

Quel monde porteur de vie pour des femmes et des hommes?

Quelle action transformante sur le lecteur, la lectrice,  ce texte a-t-il ?

Non un changement volontariste d'attitude mais quel effet cela a d'interpréter ainsi ? C’est du même ordre que l'effet que peut produire une pièce de théâtre : Il se fait une transformation sur le-la spectateur-trice du fait même d'avoir regarder cette pièce.

Cette transformation après coup peut être explicitée et verbalisée et aboutir à des décisions.

Ici ce texte fait entrer dans un monde inclusif de l'autre :

Ceux-celles qui étaient rejeté-es comme hérétiques : les samaritains

Avec Jésus personne n'est exclu, c'est bien d'ailleurs la finale : « tu es le sauveur du monde ». Inclusif de l'autre aussi qu'est le féminin.

Cette femme est représentante universelle de l'autre méprisé-e, mis-e à l'écart, tout au long de l'histoire et partout dans le monde.

Elle est accueillie avec respect, elle est invitée à donner pour recevoir un don plus grand encore, elle est entendue dans ses interrogations et ses objections, elle est interlocutrice d'un dialogue profond de foi, elle devient disciple apôtre, associée à la mission d'évangélisation.

Le lecteur-la lectrice est donc initié-e à un monde inclusif.

La scène avec les disciples est là pour disqualifier « tout oui mais » qui voudrait justifier l'exclusion pour des raisons ethniques, morales ou sexuelles

Le-la lecteur -trice fait l'expérience aussi que ce nouveau monde n'existe pas encore.

Il-elle peut le voir dans l'expérience quotidienne mais aussi dans le texte même qui contient du déjà là de l'inclusion mais aussi du pas encore.

Le pas encore dans le texte même c'est le sexisme latent de la métaphore idolâtrie /adultère En effet cette métaphore joue toujours dans le sens d'une assimilation Dieu/masculin /fidèle et l’Humanité/féminin/infidèle.

Il y a interpénétration dans le texte même de 2 mondes : celui que Jésus inaugure et le monde dans un des sens de ce mot a en Jean : monde pécheur, non encore transformé.

Ou plutôt un seul monde , complexe qui est déjà là et pas encore.

C’est une manière de comprendre Jésus qui prie pour que nous ne soyons pas sorti-es du monde mais gardé-es du mauvais.

Le-la lecteur-trice participe à ce monde où l'inclusion est à l’œuvre mais où le mal sape le règne de Dieu.

L'oppression, la discrimination sont enracinées dans le langage et les métaphores les plus sacrées.

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 17:10

CatViaLatinaSamaWomanWellCette article est une présentation d’un chapitre du livre de

Sandra M. Schneiders, Le texte de la rencontre paru aux Editions du Cerf dans la collection: “cogitatio fidei” n°161.

 

Dans ce chapitre, elle donne une interprétation de l’Evangile de la samaritaine ( Jean 4, 1 à 43)

 

Son  livre est  une recherche d’herméneutique biblique, c’est à dire portant sur l’interprétation de la Bible. Une Interprétation intégrative et transformante : quelle est la vérité intrinsèque au texte pour des lecteurs-trices croyant-es et disciples d'aujourd'hui?

Quel univers se dégage de ce texte pour inviter lecteur et lectrice à une transformation en y participant?

 

1-Approche historique: Ce n’est pas un événement de la vie de Jésus. Car c’est en contradiction avec Lc 9/52 où on nous dit que les samaritains ont refusé de recevoir Jésus et avec  Mt 10/5  où il interdit aux disciples d'aller en Samarie.  Ac 8 rapporte ce qui semble être une 1ère  mission. C'est donc un texte de légitimation de la communauté chrétienne samaritaine qui indique leur place importante dans la communauté johannique et leur volonté d'égalité entre juifs et samaritains. Le dialogue de Jésus avec cette femme fait écho aux controverses de ces deux groupes : oui, le salut vient des juifs mais il s'agit maintenant pour tous d'adorer en esprit et vérité.

2-Approche littéraire C’est un récit typique, sa narration se conforme à un modèle biblique reconnu, la rencontre d’une femme et d’un homme :

-Gn24/10-61 pour Rébecca et Isaac;

-Gn29/1-20 pour Rachel et Jacob;

-Ex2/16-22 pour Cippora et Moïse;

-la mention du puits de Jacob : Jésus déjà identifié à un époux à Cana qui procure le bon vin;  désigné comme époux par Jean-Baptiste Jn3/27. Dans ce contexte, on peut lire ce récit comme Jésus, nouvel époux qui vient réclamer la Samarie comme son épouse.

Thème d'un mariage et toute une symbolique de fécondité : puits, eau, vases, champs fertiles, semence, moisson. En contraste avec la rencontre avec Nicodème qui vient de nuit, ici nous sommes en plein midi et cela dit l’accueil de la révélation et la réussite de l’évangélisation par son témoignage.

3-La pointe théologique du récit : la mission

La conversation des disciples avec Jésus porte sur la mission (v31-38).  La faim de Jésus a été comblée par cette conversation et ce qui en est suivi : le départ de cette femme pour évangéliser. La Samarie est ce champ pour la moisson. Le résultat, c'est la venue à Jésus des gens de la ville, grâce au témoignage de la femme (v39) et qui le fait reconnaître comme sauveur. Donc la question importante est celle-ci: quelle est l'identité et quel est le rôle de la Samaritaine dans ce récit missionnaire ?

4-Identité et rôle de la samaritaine, une apôtre-disciple:

La plupart des commentaires sont des banalisations : image d’une femme qui est en faute dans sa vie sexuelle. Cette banalisation a pour effet de voir les hommes seuls ayant reçu charge par Jésus de porter l'évangélisation. Cette femme est un personnage symbolique, une « figure représentative». Comme le disciple bien-aimé, l’officier royal, le paralysé, l’aveugle-né qui n'ont pas de nom pour pouvoir représenter des collectivités sans perdre leur particularité. Ici elle symbolise

-les samaritains qui ont reçu la foi au Christ

-le nouvel Israël qui est donné à Jésus-Epoux.

 

D'un bout à l'autre du dialogue nous sommes dans le domaine de la foi et donc l'histoire des cinq maris doit être lue dans le même registre de foi.. Les questions sur la foi que pose la samaritaine ne sont pas là pour masquer son passé douteux. Elle l'interroge sur son infraction à la tradition juive (s'adresser publiquement à une femme et vouloir utiliser un ustensile samaritain) Elle l'interroge sur sa prétention à se faire plus grand que Jacob. Ensuite l'ayant reconnu comme prophète, elle l'interroge sur le lieu du culte. Elle mène une enquête sur l'identité de Jésus dont l'enjeu est de savoir s'il est le Messie. Cela permet à Jésus de révéler le vrai culte qui est en esprit et vérité. Cela la confirme dans son intuition qu'il est le Messie. Il la confirme mais en lui révélant qu'il est plus que le Messie attendu, qu'il est « Ego eimi », L'appellation que les samaritains préfère pour parler de Dieu, car issue de la tradition mosaïque Ex3/14 ( C'est le 1er emploi de la formule révélatoire « Je Suis » en Jn. ) Nous sommes donc en face d'un examen théologique rigoureux qu'une femme fait passer à Jésus. C'est dans ce contexte et non hors de lui qu'il faut interpréter la question des cinq maris. Cette question est partie prenante de cet échange hautement théologique. Nous sommes en plein cœur de la symbolique chère aux prophètes : l’idolâtrie conçue comme un adultère. Infidélité du peuple à son époux qui est Dieu. Le signe de cette infidélité pour la Samarie était l'acceptation du culte aux faux dieux de cinq tribus étrangères (cf : 2R17/24-41.) Son culte était souillé par ces faux cultes symbolisés ici par les cinq maris. Et donc le mari qu'elle a, c’est à dire le Dieu de l'Alliance, n'est pas vraiment son mari selon une plénitude d'Alliance. C'est pourquoi Jésus dit que les juifs connaissent Dieu alors que les samaritains, non. « Pas de mari ». C'est vrai, Samarie n'a pas un mari au sens où Dieu serait son unique. 

Seule cette interprétation symbolique peut expliquer ce texte d’autant plus que l'interprétation littérale ne tient pas car il est d'une haute improbabilité qu'un juif ou un samaritain veuille épouser une femme cinq fois déjà répudiée. Quand elle dit qu'elle voit qu'il est un prophète ce n'est pas la reconnaissance d'un savoir surnaturel sur sa vie privée mais parce que les cinq maris, c'est une dénonciation prophétique classique des faux cultes idolâtres. (Os 2/4).  Le vrai culte sera caractérisé par un culte en esprit et vérité.  Du coup cela lui permet de reconnaître en Jésus le Messie annoncé, celui qui annoncera toutes choses. C'est de cela qu'elle témoigne : « ce qu'il m'a dit » étant une auto-identification au peuple entier. Jésus est venu pour séduire ce peuple en vue d'une fidélité complète à l'Alliance. Cela n'a rien à voir avec la vie sexuelle d'une femme mais avec la vie d'alliance d'une communauté.

 

Dialogue d'une rare intensité théologique. Un vrai dialogue, unique dans l'Évangile, où cette femme est une authentique partenaire et pas seulement un faire- valoir. Une révélation progressive à mesure que sa confiance en lui progresse. L'étonnement des disciples en le voyant parler à une femme peut refléter le débat sur le rôle des femmes dans la communauté johannique et l'insertion de ce passage dans le texte peut être due à la volonté de montrer que Jésus voulait que les femmes aussi participent à l'évangélisation. C'est pourquoi il a ajouté un détail qui est parallèle à l'appel des apôtres dans les synoptiques, le fait de quitter leur bateau. Ici « abandonner » sa cruche pour se consacrer à l'évangélisation. L'abandon de la cruche est semblable à l'abandon des filets, du bureau de douane, pour suivre Jésus et devenir apôtre. Pourquoi cet abandon de la cruche n’a-t-il jamais été interprété au même titre que les autres abandons ?  

Jésus cherche quelque chose auprès de cette femme et cela semble étonnant. Cela traduit le trouble des hommes de la communauté johannique de ne pas être ainsi les seuls associés à la mission de Jésus. L'auteur insiste en montrant que Jésus s'est fort bien passé d'eux. Cette femme lui a apporté ce qui peut satisfaire sa faim de faire la volonté de Dieu. La mission de la Samarie est remise entre les mains de cette femme,  mission dont ils ne sont pas les initiateurs et ne seront que les moissonneurs.

 

On peut légitiment penser qu'il y avait des femmes théologiennes, apôtres mais que cela était tellement à contre courant de l'ethos ambiant que cela provoquait des tensions.

Ce texte permettait de légitimer la participation de femmes à des rôles que des hommes croyaient être seuls à pouvoir remplir. D'autant plus, et c'est un cas unique dans l'Evangile, elle est la première et la seule dont la parole a permis à un groupe tout entier de se convertir.

Elle réalise ce que Jésus dit en Jn 17/20 : « ceux qui croiront en moi grâce à leur parole » Son ministère de la parole a été efficace.

L'évangéliste a présenté sous forme narrative la mission auprès des samaritains attribuant à Jésus lui-même l'initiative de la mission en Samarie et à une femme le travail d'évangélisation. Certaines interprétations ont voulu minimiser le travail de cette femme et donc la volonté de Jésus d'en faire une apôtre en insistant sur le fait que ce n'est pas sur sa parole que les samaritains ont cru mais sur celle de Jésus.

Ce qui est curieux, c'est que le même raisonnement n'est pas fait quand il s'agit d'hommes. Il est évident que si des gens sont amenés à Jésus par un-e disciple,  la foi plénière ne vient que grâce à la parole de Jésus lui-même.

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 23:39

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean  1/19-36

 

19 Et voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »
20  Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. »
21  Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Non. — Alors es-tu le grand Prophète ? » Il répondit : « Ce n'est pas moi. »
22  Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »
23  Il répondit : «Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe.»
24  Or, certains des envoyés étaient des pharisiens.
25  Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n'es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? »
26  Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas :
27  c'est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »
28  Tout cela s'est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l'endroit où Jean baptisait.
29  Le lendemain, comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;
30  c'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était.
31  Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l'eau, c'est pour qu'il soit manifesté au peuple d'Israël. »
32  Alors Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui.
33  Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : 'L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint.'
34  Oui, j'ai vu, et je rends ce témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. »
35  Le lendemain, Jean Baptiste se trouvait de nouveau avec deux de ses disciples.
36  Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu. »

 

La liturgie de l’Avent nous invite à regarder Jean-Baptiste

Nous pouvons voir en lui une existence qui s’ordonne à Dieu, tissée de louange, de respect, de service, une existence polarisée par Dieu, qui se sait venant de Dieu et allant à lui. Cette provenance et cette finalité sont les critères de ses choix. En le regardant, nous pouvons demander une grâce à Dieu :

Grâce d’être  davantage louange à notre Dieu, d’être amour humble et respectueux de Dieu, d’engager davantage mes forces à son service.

 

1-Regarder cette scène initiale qui se présente comme un interrogatoire de police !

Qui es-tu ?

Trois réponses négatives : je ne suis pas le Christ (v20), je ne suis pas Elie, je ne suis pas le prophète (v21),

Non. Ni le Christ, ni Elie, ni le prophète !

Pourquoi ces réponses négatives ? D’abord parce qu’il est lui-même dans son originalité, comme chacun de nous, unique, ne remplaçant personne, valant pour lui-même, désiré du cœur de Dieu. Mais aussi parce que c’est  la vérité : il n’est pas le Christ. Attitude juste, ajustée

Jean, un homme tout simplement, parce que ce tout simplement est sa dignité la plus haute et aussi la nôtre.

Cette question posée à Jean-Baptiste, nous pouvons la recevoir pour nous. Qui es-tu ? Et laisser venir ce qui vient. Peut-être demander aussi à Dieu de nous dire qui nous sommes pour lui. Il y a plein de réponses de Dieu dans la Bible, ne serait-ce que,  être dit image de Dieu en  Genèse 1 ou dans Isaïe 43/4 quand Dieu nous dit que nous avons du prix à ses yeux et qu’il nous aime

 

2-Au v 23, il va répondre positivement

Nos Bibles ont une mauvaise traduction de sa réponse: «  Je suis une voix »  Il faudrait traduire « moi ? Une voix… » Car l’évangéliste fait bien attention à réserver le « Je suis » du tétragramme à Jésus (par exemple Jésus dira « Je suis » à la samaritaine)

Donc Jean Baptiste ne le dit pas, pour réserver cela à Jésus

C’est l’attitude de louange : Dieu seul est Dieu

Louange de Dieu qui est appel à ouvrir un chemin à Dieu

Nous aussi, nous sommes voix de Dieu. Il est nous est dit là aussi quelque chose de notre identité.

Pendant ce temps de prière, vous pouvez vivre un temps de louange à Dieu. Laissez jaillir un chant de louange. En sentant bien la différence entre remerciement et louange. Remercier, c’est plutôt dire merci à Dieu de ce qu’il fait. Louer, c’est le louer pour ce qu’il est.

 

3-Je ne suis pas digne…v27

Dénouer les courroies des sandales, c’était un geste qu’un rabbi ne pouvait pas demander à son disciple.

Et bien même ce geste, Jean-Baptiste ne se sent pas digne de le faire

Attitude de respect, au sens de conscience d’une distance, entre lui et Jésus

Il l’exprime aussi en disant qu’avant lui, il était.

Le respect, c’est une attitude intérieure qui ne met pas la main sur l’autre. Au moment même de votre prière, sentez-vous ce respect en vous ? Notre corps peut nous aider à entrer dans cette attitude. Essayer de trouver un geste d’adoration.  Vous pouvez aussi intérieurement dire «  mon Dieu, je suis devant  toi, tu  viens à moi, même plus, tu demeures en moi. Je ne suis pas digne de toi mais c’est toi qui ne me juges pas indigne de toi.

 

4-« J’ai vu … j’ai vu et j’atteste que c’est lui l’Elu de Dieu » v 32 et 34

C’est le témoignage de Jean-Baptiste. Son témoignage est son service, la manière dont il veut servir Jésus. Un service de la Parole.

Ecouter ce contenu de son témoignage : « J’ai vu…j’ai vu et j’atteste » Son témoignage repose sur un voir. C’est à dire sur une expérience personnelle.

Et nous quel est notre voir ? Quelle est notre expérience  de Dieu qui fonde notre témoignage ?

 

5- On nous dit de Jean-Baptiste « qu’il se trouvait là et qu’il fixait son regard sur Jésus ».v36

D’abord regarder cette attitude : Il se tient là et fixe son regard. C’est son regard sur Jésus qui est à  la source de son témoignage. Un regard sur Jésus, c’est à dire une orientation de sa vie polarisée par ce Christ.

Ensuite je peux moi aussi dans l’intériorité de mon cœur regarder le Christ, fixer mon regard sur lui, être là simplement à le regarder, à l’aimer.

 

6-Mais qu’est-il donc celui  qui est seul digne de sa louange, de son respect, de son service ? Jean-Baptiste le désigne par un mot : l’Agneau de Dieu v36

Ce mot, il nous faut l’entendre avec toute la richesse de l’Ancien Testament

C’est l’Agneau d’Ex 19/36 : celui qui est mangé, avant de prendre la route vers la liberté.

C’est le Serviteur souffrant d’Isaïe 53/7

C’est l’Agneau vainqueur d’Apocalypse 7/17 et 17/14

On peut s’attarder à ce titre car il peut nous aider à consentir à Dieu.

Dieu à l’image d’un agneau, celui dont on prend soin, qui a besoin de nous.

Et si Dieu était celui qui a besoin de nous ?

Laissez résonner ce mot dans notre cœur : Dieu comme un agneau. Dieu qui se donne en nourriture, Dieu fragile, Dieu vulnérable, Dieu qui a besoin de nous.

 

 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 21:00

Cet interview a été publié dans la revue Biblia n°7 de janvier-février 2011.

Biblia est une superbe revue que je vous conseille. Son but est de lire, comprendre de raconter la Bible.

 

Écouter, méditer et partager l’Évangile, telle est la proposition de la communauté qui anime le Centre spirituel du Cénacle de Versailles. Depuis son lancement,  il y a deux ans, elle attire une quarantaine de personnes. Suivons leur démarche.

 

Biblia magazine : Sœur Michèle Jeunet, comment vous est venue l’idée de ces rencontres, et comment ont-elles vu le jour ?

Sr M. J. : Les formations de notre centre spirituel sont souvent le fruit d’un mûrissement. Nous animons depuis plus de vingt ans une « retraite dans la vie », et des personnes qui l’ont faite demandaient une suite. La première interpellation est venue de là. Ensuite, nous faisons ce constat qui nous désole tout autant qu’il nous stimule à inventer : beaucoup de chrétiens n’ont pas encore découvert qu’on pouvait prier à partir d’un texte biblique. Enfin, nous nous sommes inspirées de la « messe qui prend son temps », célébrée chaque dimanche soir à l’église Saint-Ignace, à Paris. Elle propose, au cœur même de la célébration, une demi-heure de méditation silencieuse, précédée d’indications pour aider à méditer l’Évangile. Nous avons donc inventé une sorte de « liturgie de la Parole qui prend son temps » !

 

B. M. : Comment se déroule cette liturgie ?

Sr M. J. : Pour ceux qui le veulent, elle commence par le partage d’un pique-nique apporté par chacun-e. C’est déjà l’Évangile vécu, puisque Jésus est souvent à table et qu’il nous a donné le sens de sa vie un certain Jeudi saint, au cours d’un repas. C’est la joie de partager les mots et la nourriture de la vie qui nous rassemblent.

Ensuite, une autre nourriture nous attend, celle de la Parole. Cette Parole vient d’un ami qui nous dit notre dignité et nous appelle à la liberté. Un texte de l’Évangile est d’abord proclamé, puis une personne de l’équipe donne des pistes pour aider à le prier, à le relier à notre vie car il est d’abord une Bonne Nouvelle pour aujourd’hui.

Il ne s’agit donc pas seulement d’entendre, mais d’entrer dans une expérience personnelle de cette Parole ! Pour cela, est alors proposée une bonne demi-heure de contemplation silencieuse et personnelle. Vient ensuite le temps du partage car la Parole de Dieu donne la parole à tous et toutes. En petit groupe de quatre ou cinq, chacun-e partage les fruits de son écoute.

Pour conclure, nous écoutons une seconde fois l’Évangile et l’une de nous en fait un commentaire, une « parole forte » pour aller plus loin. Enfin, chacun-e repart avec un petit livret contenant l’essentiel de la proposition de cette soirée (pour pouvoir y revenir à loisir) et trois textes pour le mois qui suit (accompagnés aussi de pistes de prière).

 

B. M. : Quel objectif poursuivez-vous ?

Sr M. J. : Ce temps pour « goûter et partager la Parole » veut permettre à des chercheurs de Dieu de prier avec la Bible : c’est nouveau pour beaucoup, qui n’ont jamais « appris » à le faire. Pour ceux qui en ont déjà l’habitude, cela leur permet de nourrir leur foi et leur relation au Christ, de s’abreuver à cette source qu’est sa Bonne Nouvelle de liberté. La demi-heure de méditation personnelle est fondamentale. Combien de chrétiens la prennent ?

De ce fait, cette liturgie est une école d’oraison. Elle permet de découvrir que l’Évangile n’est pas un texte du passé mais que le Christ vivant, ressuscité, parle dans l’aujourd’hui de notre vie pour la transformer.

 

B. M. : Pour vous, personnellement, qu’est-ce que cela représente ?

Sr M. J. : C’est pour moi un lieu où des baptisés peuvent, du fait même de leur baptême, « donner la Parole ». L’animation est donc faite par des baptisé-es – laïcs et religieuses – qui se partagent à égalité ce service de la Parole : donner des pistes pour prier, commenter l’Évangile par une « parole forte ».

Les participant-es sont invités à accueillir la Parole pour pouvoir la partager ensuite. Cela offre une image d’Église où le baptême dit cette capacité à être prophète, à écouter la Parole et à la transmettre. Telle est la raison pour laquelle ce n’est pas une messe mais une liturgie de la Parole.

 

B. M. : N’est-ce pas nouveau de voir une communauté féminine accompagner la prière des fidèles du Christ ?

Sr M. J. : Oui et non ! Pour l’ordre religieux auquel j’appartiens, ce n’est pas nouveau. Depuis notre fondation en 1826, nous le faisons. Cela a pris des formes diverses selon les époques, mais notre mission a toujours été de donner accès à la Parole pour qu’elle transforme des vies. Ceci en accompagnant spirituellement, en donnant des retraites, et par toutes sortes de ministères d’éveil et d’approfondissement de la foi. D’autres congrégations religieuses le font aussi. Pas assez cependant. Pour preuve : les Centres spirituels vraiment animés par des femmes… se comptent sur les doigts d’une main !

 

B. M. : L’expérience pourrait être reprise ailleurs ? Vous l’a-t-on demandé ? Aideriez-vous ceux et celles qui voudraient se lancer ?

Sr M. J. : Ah oui, tout à fait ! Le défi dont je parlais – beaucoup de chrétiens ne prient pas avec la Bible – doit être relevé. C’est vital aujourd’hui pour la foi. Je pense proposer l’an prochain une formation de formateurs qui, ensuite, dans leurs communautés, leurs paroisses ou leurs mouvements pourraient initier cette formule et d’autres, comme par exemple la contemplation communautaire d’une scène évangélique. Mais, dès à présent, c’est avec joie que je suis prête à partager notre « méthode ». De plus, nous sommes en train de faire un nouveau site pour notre famille spirituelle. Les pistes de prière données lors de ces soirées seront mises en ligne.

Propos recueillis par Anne Soupa.

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 10:06


A- Comment prier avec une page de journal ?

1- Ce qui  vient en premier, c’est d’en faire une prière d’intercession.

A condition de bien la comprendre.

Il s’agit d’entrer dans le projet de Dieu qui veut notre bonheur et notre vie et de lutter par notre intercession contre les forces de destruction.

La prière d’intercession est un combat contre le mal. Celui-celle qui intercède est comme un soldat. Mais pas un soldat solitaire, il-elle lutte avec les autres priant-es du monde mais surtout il-elle lutte sous la bannière du Christ l’unique Intercesseur, Celui qui est vainqueur du mal.

Il me semble intéressant de comprendre l’intercession comme un combat à côté du Christ, derrière lui, comprendre que notre prière d’intercession participe à son combat et à sa victoire.

Donc de ce point de vue, il y a suffisamment matière dans la mesure où ( et on peut le regretter) la presse s’intéresse souvent à ce qui va mal plutôt qu’à ce qui va bien.

 

2- Si vous lisez un journal qui ne se limite pas à rendre compte du bruit des forêts qui brûlent mais aussi du silence des arbres qui grandissent, il y a aussi matière à l’action de grâce.

De ce point de vue, le journal La croix, peut vraiment aidé, car il a le souci de parler de toutes celles et ceux qui agissent dans l’esprit du Christ (qu’ils ou elles soient croyant-es ou pas) Donc rendre grâce pour tout effort vers le beau, le vrai, le juste dont des journaux peuvent rendre compte.

 

B- Pourquoi prier ainsi ?

Cette prière avec le journal est intéressante pour 3 raisons :

1-  Elle nous fait sortir de nous même, nous décentre, et nous fait vivre une grâce que Ste Thérèse Couderc peut nous partager, elle qui disait : Mon cœur est grand comme le monde

 

2-  Elle peut nous faire entrer dans une vraie contemplation :

La lecture du journal, mais aussi la prière dans la rue, mais aussi dans la nature, peut nous amener à une contemplation de l’œuvre de Dieu :

Me rendre attentif à la vie de ce monde, regarder sa beauté et sa souffrance, écouter ses joies et ses espoirs, c’est me rendre attentif-ve à Dieu qui est créateur et sauveur de ce monde, c’est m’intéresser à ce qui intéresse Dieu.

La meilleure manière de faire plaisir à un artiste, c’est de s’intéresser à son œuvre.

 

3- Elle est un acte de foi, qui développe 4 attitudes :

* Développer l’étonnement devant ce monde dont St Augustin dit qu’elle est la première Bible, puisqu’il en est l’auteur, puisque Dieu se communique à travers sa création et se dit à travers elle. S’étonner qu’il y de l’être plutôt que rien. Reconnaître qu’il est source et fondement de l’existence, pas un créateur au passé mais de toujours à toujours, source de l’être aujourd’hui.

* Développer un regard de foi qui voit en ce monde, un monde dans les douleurs d’un enfantement : celui du salut, un monde définitivement sauvé par l’incarnation, la mort et la résurrection du Christ, mais un salut comme une semence jeté en terre, un levain caché dans la pâte. Etre devant ce monde, un veilleur d’espérance qui sait voir ce qui naît, ce qui se transforme dans le sens du Royaume de Dieu.

* Développer un regard contemplatif qui sait voir les mystères du Christ  : voir dans la vie de ce monde des annonciations, des naissances, des visitations, des purifications, des enfants retrouvés, des agonies, des arrestations, des procès et des condamnations, des outrages, des morts, des résurrections, des ascensions, des pentecôtes, des assomptions, des couronnements.

Dire cela c’est tirer les conséquences de l’Incarnation :

Depuis l’incarnation, nous savons que rien de ce qui est humain n’est étranger à Dieu, tout ce qui est humain est visage de Dieu.

* Développer un désir plus fort d’apostolat pour faire connaître et aimer Jésus-Christ, pour que son règne vienne en ce monde si beau et si blessé à la fois.

 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 23:00

Cet article a déjà été publié dans la retraite de l'Avent de Notre-Dame du WEB pour la 1ère semaine. J'ai mis ce site dans mes liens; Allez le visiter, vous ne le regrèterez pas! 

 

 

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 1, 3-9)

"Frères, que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur. Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu'il vous a donnée dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu. Car le témoignage rendu au Christ s'est implanté solidement parmi vous. Ainsi, aucun don spirituel ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. C'est lui qui vous fera tenir solidement jusqu'au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ. Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur. »

 

La prière est une rencontre. Si vous voulez passer un moment avec un-e ami-e, vous choisissez un lieu, un jour, une heure et quand le rendez-vous arrive, vous avez à cœur de ne pas le faire attendre, pire de ne pas venir !

Avec Dieu, c’est pareil : pensez à l’avance au lieu où vous prierez pendant cette semaine et inscrivez vos rendez-vous de prière sur votre agenda.

Le moment venu, vous vous installez de manière à durer dans une position corporelle qui va vous aider, ni rigide, ni molle. (Même si vous êtes derrière votre ordinateur!)

Vous pouvez faire un geste qui dit votre désir d’entrer en relation. Celui que vous suggérera votre cœur.

Commencez par parler à Dieu de ce qui vous habite, comment vous vous sentez. Lui partager vos joies, vos soucis, vos projets etc. Faire cela vous permettra de mieux écouter le texte biblique. Non seulement vous serez moins encombré-e mais aussi la parole de Dieu transmise par St Paul « de la part de Dieu » retentira au cœur de votre vie.

Ensuite, faites une demande à Dieu : " donne-moi, seigneur, de prendre davantage conscience que tu es bonté pour toutes et tous et donne-moi de savoir te remercier"

 

Puis lisez plusieurs fois le texte. Rester sur un mot, une phrase, laissez ces mots vous imprégner de leur bonté. Et au besoin, prenez les pistes ci-dessous pour vous aider à rester en présence de Dieu, à l’écoute de ce qu’il veut vous dire.

 

1ère piste :

Ce texte contient un mot qui revient 3 ou 4 fois selon la traduction, c’est le mot grâce.

-que la grâce soit avec vous

-la grâce qu’il vous a donnée

-Il nous manque aucun don de la grâce (don spirituel dans la traduction liturgique)

Mais qu’est-ce que la grâce? On sent bien dans ce mot l’élément de gratuité, d’ailleurs associé au don. Mais est-ce quelque chose ? N’est-ce pas plutôt quelqu’un ? La grâce, c’est Dieu lui-même ! C’est cette communion avec le Christ dont parle le dernier verset.

Alors prenons d’abord du temps pour goûter cela et remplaçons ce mot par Dieu lui-même :

- Dieu avec nous

- Dieu qui nous a été donné

- Il ne vous manque pas Dieu.

Cela permet d’élargir notre regard. Ce don que Dieu fait de lui-même est donné à toutes et à tous. Il est pour toutes et tous. Comment pourrait-il en être autrement ? Ce don de lui-même est donné même à ceux qui l’ignorent. L’Evangile des noces de Cana peut nous aider à comprendre cela : seuls les serviteurs connaissent la provenance du vin mais tous et toutes en profitent et en boivent. Ils sont tous bénéficières du don de la vie du Christ symbolisé par ce vin en abondance, mais seuls les servants connaissent le donateur. Sa bonté est vraiment pour tous.

 

2ème piste

Si la grâce de Dieu est pour tous, elle l’est aussi pour moi. Le « nous » de ce texte pourrait nous éviter de croire que c’est aussi pour moi. C'est pourquoi, n'hésitez pas à lire ce texte en remplaçant les "nous» par des "je".

- Que la grâce soit avec toi : Dieu avec moi

- La grâce qu’il t’a donnée : Dieu qui m’est donné

- Il ne te manque aucun don de la grâce : il ne me manque pas Dieu.

Prier ainsi peut aider à se sentir concerné-e très personnellement par ce qui est dit là.

Voilà ce que Dieu dit à chacun-e de nous par l’intermédiaire de Paul. En fait, c’est le regard que Dieu porte sur chacun-e de nous. Il dit du bien. Etonnant ! Laissons-nous étonner et surtout acceptons ce qu’il dit, croyons ce qu’il dit. Dieu est plus grand que notre cœur.

 

3ème piste

« Vous avez toutes les richesses, toutes celles de la parole et toutes celles de la connaissance de Dieu »

Voilà une parole forte qui peut nous étonner aussi. Nous pouvons tellement avoir conscience de nos pauvretés plutôt que de nos richesses… Dieu continue à dire du bien de nous; Il est bon pour nous dans le regard qu’il porte sur nous et sur chacun-e de nous ! Alors que faire ? Croire ce qu’il me dit. Continuer à lui demander d’ouvrir mes yeux sur toutes les richesses de la parole, de la connaissance de Dieu qu’il a mises en moi.

Richesse de la parole : au début de l’Evangile de Jean, il nous est dit qu’au commencement était la Parole, donc l’acte même de parler est divin ! Prenons conscience de cela. Parler est don divin ! Parler, c’est participer à l’être même de Dieu. Oui, sa bonté est bien pour toutes et tous !

Et si nous sommes chrétiens, la richesse de sa parole, c’est Jésus-Christ lui-même, car Dieu a tout dit, tout donné en son Fils Jésus.

Entrer dans une eucharistie spirituelle c'est-à-dire remercier, rendre grâce pour les richesses de la parole et de la connaissance de Dieu.

Quelques minutes avant la fin du temps que j’avais prévu pour la prière, je prends soin de conclure ce temps de rencontre... Je renoue le dialogue avec le Seigneur. Je me rends à nouveau attentive, attentif à sa présence soit pour le remercier soit pour lui demander de l’aide… En terminant la prière, je me situe dans l’Eglise universelle à l’aide d’une prière vocale en récitant le Notre Père.

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 12:33

Comment rencontrer Dieu ?

Ce qui vient spontanément ce peut être : on peut le recontrer dans sa parole, dans l’oraison, dans les sacrements, dans les autres, dans la création…

Et on oublie un autre lieu d’accès à Dieu qui est soi-même.

Un des lieu d’accès à Dieu, c’est moi-même. Une des portes, c’est aussi moi-même.

Pour que vous ne pensiez pas que je suis dans la totale hérésie, je vais vous citez 1 texte biblique fondamental que vous connaissez par cœur : Gn 1/27

« Dieu créa l’Homme à son image

à l’image de Dieu, il les créa

homme et femme il les créa »

ou encore regardez une sculpture de la cathédrale de Chartres : le Christ créant Adam, le visage d’Adam ressemblant à celui du Christ.

Le modèle, le prototype, c’est le Christ et chacun-e de nous est fait à son image, lui ressemble.

Je crois qu’on ne prend pas assez conscience de ce qui est dit là dans ce verset de la Genèse et si bien représenté par cette sculpture.

Ce que Dieu a, il me le donne, ce qu’il est, il me le donne et quand je perd ce qu’il me donne à cause du péché, il continue de me le redonner, sans se lasser jusqu’au jour définitif ou le péché n’existera plus et qui est ce qu’on appelle le Ciel où Dieu pourra se donner sans refus de ma part.

 

Cette création à son image n’est pas une action du passé, c’est ici et maintenant pour chacun-e que Dieu nous crée.  En  en ce moment, il nous crée, c’est un acte définitif, à jamais, un don qui ne se reprend pas, Dieu ne reprend jamais ses dons.

Prendre conscience que j’existe, c’est prendre conscience de Dieu qui ne cesse de me créer. J’existe par don.

Donc la première rencontre avec Dieu, c’est tout simplement goûter la vie qui vient de lui.

Goûter, la vie, la recevoir comme un cadeau. Vivre le moment présent : se rendre compte de l’inouï du cadeau : je vis, je marche, je vois, j’entends, je parle, etc.

Tout cela est rencontre de Dieu. A travers ses dons, je rencontre le donateur. En goûtant ces dons, je fais plaisir au donateur

 

Savoir goûter les choses les plus habituelles de notre vie, c’est faire eucharistie, rendre grâce à Dieu. Aimer la vie, c’est louer Dieu.

 

Il me semble qu’une des formes du témoignage chrétien aujourd’hui, c’est la joie. On demande des chrétiens joyeux.

La joie extérieure n’est pas toujours possible et nos vies sont traversés comme tout le monde par la souffrance, le malheur, la maladie mais elles sont  traversées au plus profond par une joie dont Jésus nous assure que nul ne peut nous ravir.

 

La source de cette joie c’est notre foi.

Je suis aimé-e d’un amour inconditionnel.

Je n’ai rien à prouver, je n’ai rien à mériter, tout m’est donné.

 

La seule chose à faire c’est d’accueillir le don, de se laisser aimer, de se laisser sauver, de se laisser faire.

Tel-le que je suis , je suis aimable au yeux de Dieu.

Vous pouvez peut-être penser qu’il a mauvais goût mais cela ne changera rien à l’affaire, vous ne changerez pas son choix, sa décision de vous aimer !

Quelque soit l’idée que vous vous faites de vous-même, lui, Dieu ne changera pas d’idée : vous êtes à jamais le, la disciple qu’il aime. Vous avez reconnu l’expression qui est en St Jean : « le disciple que Jésus aimait ». On ne dit pas le nom de ce disciple pour une raison simple : ce disciple c’est chacun-e de nous, et son prénom, c’est le nôtre.

La rencontre avec Dieu la plus immédiate c’est bien nous-même

S’accueillir comme il nous accueille, se voir comme il nous voit, s’aimer comme il nous aime, se recevoir comme il nous reçoit

C’est à dire : se vivre, se comprendre, s’estimer comme

-désiré-e du cœur de Dieu

-d’origine divine sortant à chaque instant de ses mains

-non pas le fruit du hasard destiné-e au néant mais le fruit d’une volonté aimante faite pour la vie éternelle.

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 00:21

Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 3 verset 11 à 17

Pour moi, je vous baptise dans de l'eau en vue du repentir ; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne d'enlever les sandales ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. Il tient en sa main la pelle à vanner et va nettoyer son aire ; il recueillera son blé dans le grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s'éteint pas."

Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui.

Celui-ci l'en détournait, en disant : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !"

Mais Jésus lui répondit : "Laisse faire pour l'instant : car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice." Alors il le laisse faire.

Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l'eau ; et voici que les cieux s'ouvrirent : il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

Et voici qu'une voix venue des cieux disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur »

1ère piste :

Regarder Jean. Il a conscience qu’avec Jésus arrive un dépassement de son horizon. Jésus le dira aussi. Pas de plus grand que Jean mais il est le plus petit dans le Royaume. Quelle est cette petitesse par rapport au Royaume inauguré par Jésus ? La petitesse d’être encore  sous le régime d’un baptême d’eau pour le repentir alors que Jésus va introduire un baptême d’Esprit qui est pure grâce de Dieu. C’est la grâce de se recevoir comme fille ou fils du Père qui nous change et non une démarche volontariste.

Faire mémoire de mon itinéraire de foi. Quel chemin parcouru de Jean à Jésus, de la férule de la loi à la liberté de l’Esprit ?

2ème piste :

Continuer à regarder Jean. Au contact de Jésus, il va opérer une vraie conversion de son image de Dieu.

Dieu n’est pas celui à qui on vient mais celui qui vient vers nous. La conversion n’est pas d’abord morale, elle est accueil de Dieu qui vient à nous, elle est dans l’attitude de se laisser aimer, de le laisser faire.

Profiter de ce moment, maintenant pour me laisser aimer par Dieu, m’abandonner, le laisser faire.

3ème piste :

Regarder Jésus au milieu de la foule qui attend son tour. Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège.

Un homme au milieu d’autres. Regarder Jésus qui rentre dans l’eau jusqu’au cou, entièrement enseveli par l’eau. Il descend dans cette eau à l’image de l’incarnation. Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous nous rejoindre.  Il n’a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l’eau, il sanctifie toute la matière de nos vies. Il  rend saint le plus quotidien de nos vies.

Me laisser étonner par ce que je vois, le Très-Haut qui se fait Très-Bas. Laisser parler mon cœur devant l’inouï de ce qui m’est donné à voir. Contempler l’humilité du Verbe qui s’est fait l’un de nous sans revendiquer aucun privilège. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait  à Dieu… » Ph2/6

4ème piste :

Voir ce que Jésus voit : il vit l'Esprit de Dieu. Entendre ce qu’il entend : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur » C’est l’identité du Christ qui se dit là mais c’est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’ainé d’une multitude de frères et de sœurs. L’Esprit qui repose sur lui repose aussi sur nous et nous établit prêtre du Très-haut qui s’est fait le Très-Bas pour que chacun se retourne vers Dieu et pour être les célébrants de son amour. Il nous établit prophète du salut pour écouter sa parole, pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles et pour dire partout les merveilles de Dieu. Il nous établit roi et reine pour être au monde justice de Dieu et ainsi œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

Laissez cette parole descendre au plus profond de nous : je suis sa fille, son fils bien-aimé. Comme le Christ, par mon baptême, je suis prêtre, prophète et roi. Regarder ma vie et voir quelle ma manière personnelle de l’être. Comment je suis prêtre ? Comment je suis prophète ? Comment je suis roi ? Et nous le sommes !

 

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 20:56

 

VEILLER

Il est des temps de ce monde ou de notre propre histoire, où il fait nuit : nuit de la souffrance, nuit de la solitude, nuit de la foi…

Nuits en attente de lumière, de tendresse, de paix.

Ces nuits nous acculent à un choix :

Ou bien baisser les bras, renoncer.

Ou bien choisir de croire malgré tout, choisir de vivre, choisir de veiller pour attendre la fin de la nuit.

Car elle viendra !

Heureux celui, celle, qui aura veillé, attendu, cru.

Elle- il, est veilleur d’espérance.

Pour veiller dans les nuits de ce monde ou de sa vie personnelle, le disciple de Jésus, a dans le cœur une lampe qui brille et perce la nuit :

ce monde, nos vies sont définitivement sauvées en lui, définitivement aimées.

Déjà sa vie a vaincu nos morts par sa résurrection.

Alors, veiller, ce sera :

Savoir reconnaître sa victoire déjà là dans les plus petites choses,

comme ce qui est en train de naître et s’engager de toute ses forces à la suite de Celui qui a ouvert le chemin.

 

PREPARER 

Préparer son cœur pour que le Christ y fasse davantage sa demeure.

Il est venu un jour du temps pour que chacun puisse l’accueillir au plus profond de sa vie et la transforme.

Préparer c’est offrir toute faiblesse, toute lâcheté, toute souffrance, toute nuit et demander à Jésus de faire sa demeure en elles.

Préparer, c’est ouvrir ma porte pour Dieu y vienne.

Préparer, c’est attendre de lui seul, la justification de ma vie.

« Préparer les chemins du Seigneur » clame le prophète Isaïe.

Ouvrir des chemins en son cœur. Préparer, ce n’est pas s’agiter, c’est plutôt, s’arrêter, se reposer, offrir un espace à Dieu, ouvrir un espace pour entendre la bonne nouvelle qu’il brûle de partager avec moi.

Oui, préparer son cœur, c’est consentir à sa présence, la désirer.

Désirer sa présence, désirer son salut.

Notre monde et nos propres vies ont tant besoin d’être sauvé !

 Alors, Jésus se sentira invité, attendu et n’aura pas crainte de nous déranger !

 

SE REJOUIR

A cause de Jésus Christ !

Me réjouir de le connaître, de l’aimer.

Peser avec amour tout ce que ma foi me donne.

Que serai-je sans lui ?

Ma vie ne vient pas du hasard mais vient d’un désir aimant de Dieu.

Ma vie ne court pas vers le néant mais s’achemine vers une plénitude d’existence.

Je suis aimé-e.

Se réjouir du changement de regard que ma foi opère : changement de regard sur le monde, les autres et moi-même !

Un monde, les autres, moi-même…à aimer.

Se réjouir de cette grâce donné, qui est tâche confiée.

Se réjouir de cette tâche confiée qui est grâce donnée.

Se réjouir des plus petites choses du quotidien avec un regard exercé à y découvrir les miettes de charité qui y sont cachés.

 

ECOUTER

Un jour, Jésus dira bienheureux ceux qui écoutent sa parole et qui la gardent.

Bonheur plus grand que celui d’être sa mère !

Car en fait, Marie a pu porter Jésus en son sein parce que d’abord elle a écouté.

Ecoute attentive et discernante.

Marie n’écoute pas n’importe qui et ne fait pas confiance n’importe comment.

Elle discerne pour savoir si cette parole lui vient bien de Dieu.

Vérification indispensable pour engager une confiance totale.

Ecouter Dieu, c’est lui faire confiance, croire ce qu’il me dit pour  pouvoir m’y engager.

Ecouter Dieu, c’est croire que sa seule et unique volonté c’est le triomphe de la vie sur toutes les formes de mort.

Dieu ne me veut que du bien, du bon, du beau, du vrai.

Je peux donc en confiance, m’y abandonné.

« Qu’il me soit fait selon ce que tu dis ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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