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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 23:10

Des choix, il y en a des petits et des grands : nous sommes sans cesse à en faire. La question intéressante, il me semble, c’est de se demander si je peux améliorer ma manière de les faire. Comment mieux choisir ? En sentant qu’on peut mal choisir, faire des mauvais choix, au sens de choix qui ne sont pas du côté de la vie, qui ne font pas vivre !

Ma petite intervention veut éclairer un peu cette question, apporter une aide à une meilleure manière de faire des choix.

En pointant des attitudes fondamentales car il ne s’agit pas de recettes.

4 attitudes fondamentales

1-Grandir en gratitude

C’est une attitude de fond de la vie spirituelle. La gratitude, c’est recevoir sa vie comme un don de Dieu, comme un cadeau. Vivre conscient d’un don inconditionnel : il nous est donné de vivre. Se vivre comme sujet d’un don, sujet d’une prévenance généreuse de Dieu. Je n’en suis pas l’auteur, j’en suis bénéficiaire.

Quelles relations avec les choix ?

Cela nous délivre de se prouver à soi-même et aux autres qu’on existe, de manière inquiète et jamais satisfait. Nous n’avons pas à prouver notre valeur, nous la tenons d’un autre. L’homme et la femme de la gratitude d’exister, existe simplement. C’est donné, ce n’est pas à revendiquer, ni à prendre.

Au contraire, faute de ne pas se vivre assez comme bénéficiaire d’un don, faute de ne pas cultiver la gratitude, il y a le risque de faire des choix, pressé par l’inquiétude, la fébrilité, la quête incessante de combler un vide, la mauvaise dépendance du désir des autres. Cela me fait faire des choix qui ne sont pas libres.

La tradition spirituelle propose un moyen pour s’exercer à la gratitude : le soir, revoir le déroulement d’une journée pour simplement dire merci pour tout ce que j’ai reçu, tout le bon le vrai le beau dont j’ai été soit témoin, soit bénéficiaire, soit acteur. Prise de conscience de la capacité de bonté chez les autres et chez moi pour m’ancrer dans une bonne estime de moi qui me fera faire des choix libres.

Pour me guérir d’une attitude qui considère les choses, les autres comme un dû ou une conquête, et m’épuise dans un faire pour exister et paraître, alors qu’il s’agit d’abord de se laisser aimer par Dieu.

Lui qui m’aime pour moi-même, gratuitement et non pour ce que je fais.

2-Cultiver la confiance en Dieu et la responsabilité

Est-ce que ma vie, je la reçois comme un appel ? Les choix que je fais comme une réponse au don qui m’est fait, une responsabilité confiée qui me dynamise de l’intérieur et non comme une consigne extérieur que je subis ?

Dans une confiance qui répond à une confiance, en croyant que je suis le partenaire d’un Dieu qui me fait confiance, qui me donne carte blanche car il croit en moi, a confiance en moi et qu’il n’est pas cette fausse image de quelqu’un toujours  sur mon dos à m’épier pour me faire remarquer mes erreurs ! La méfiance envers Dieu, qui s’explique par de fausses images que j’ai de lui, peut fausser mes choix.

La confiance en Dieu autorise la créativité, permet de prendre des risques.

 3-Viser une cohérence

Quelle est la cohérence de ma vie ? Qu’est-ce que je cherche, recherche, qu’est-ce qui est le plus important ? Qu’est-ce qui organise ma vie et la finalise ? Quel est le pôle organisateur qui va me permettre de décider. Si je n’ai pas une cohérence, je serai comme une girouette qui tourne selon le sens du vent. Si j’ai une cohérence, je pourrai choisir en fonction de cette cohérence.

Il y a la cohérence fondamentale et les cohérences partielles

Exemple d’une cohérence partielle : un étudiant qui veut réussir ses examens. Le désir de réussite va jouer le rôle de cohérence. Ce sera le pôle d’organisation de sa vie et le principe de ses choix.

Cela lui permettra devant une sollicitation d’amis pour une soirée cinéma de dire :

-soit un oui car il sent que cela l’aidera à réussir et ce sera un oui joyeux. Une bonne détente peut être du côté de la réussite qu’il poursuis.

-soit un non dans la mesure où ce serait un obstacle à sa réussite, et le but qu’il poursuit lui permettra de résister à la pression des amis.

La cohérence partielle de cet étudiant s’inscrit dans une cohérence plus large : ce qui est en jeu, c’est son avenir professionnel ; plus large encore : réussir sa vie. Enfin la cohérence ultime si on est chrétiens c’est que les choix qu’on fait aillent dans le sens d’une vie de plus en plus unie à Dieu, une vie en amitié avec Dieu.

Cette cohérence ultime se réalise dans les petits choix du quotidien.

Ce principe de cohérence si on y est fidèle peut se révéler très opérationnel dans nos choix. Elle est principe aussi de liberté. Cela me permet de ne pas foncer tête baissée dans l’action, me donner le temps de la réflexion, elle me donne les moyens de contester des réactions immédiates qui ne sont pas forcément les meilleures, de me protéger de ce qui me séduit au premier abord et qui n’est pas forcément en cohérence avec l’orientation profonde de ma vie, ma fidélité première, ma vocation fondamentale, la mission que j’ai reçu.

4-Accéder à son vrai désir

Il y a en nous des désirs superficiels qui sont comme les vents qui font bouger en tous les sens la girouette. Le travail spirituel sera de décider, non selon eux, mais de descendre au plus profond de soi pour décider selon son désir profond.

Pour cela, la tradition spirituelle offre une méthode qu’on appelle la prière de discernement.

Après la prière de gratitude, le merci, continuer à revoir sa journée mais cette fois-ci en étant attentif  aux répercussions affectives que les événements de la journée ont provoqué en nous. Comment j’ai été affecté par ce que j’ai vécu ? Qu’est-ce qui a provoqué joie, tristesse, dynamisme, tiédeur, inquiétude, confiance, etc

Ces répercussions affectives, si j’en prend conscience peuvent jouer le rôle de signaux qui clignotent et m’aider à y voir clair dans mon comportement.

-Repérer ce qui a été source de vie, de paix, ce qui m’a donné davantage de confiance en moi, en Dieu en les autres, ce qui a été source d’espérance, ce qui m’a donné davantage de force pour aimer. Repérer cela car là ou cela se produit, Dieu m’indique un chemin de vie. Et je peux m’y engager

Et cela peut être un critère de mes choix.

-Repérer au contraire ce qui a été source de tristesse, de découragement, d’amertume, ce qui a provoqué la méfiance de moi des autres de Dieu, ce qui amoindrit mon espérance et ma force d’aimer. Repérer cela car c’est un indice de quelque chose qui n’est pas juste, car là où cela se produit, cela m’indique une fausse piste, quelque chose à changer, à modifier, à guérir, un pardon à demander. Et donc cela peut  aussi éclairer mes choix.

Cette prière de discernement peut m’aider à voir où est mon combat spirituel.

Par exemple cela peut aider quelqu’un à découvrir qu’il a du mal à faire confiance, du coup qu’il veut faire tout par soi-même, l’empêche de déléguer, se comporte en propriétaire de sa tâche

 

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 23:55

Lytta Basset montre par son interprétation du chapitre 2 et 3 de la Genèse, qu’aucun texte biblique n’est écrit avant le péché ! Même un texte qui parlerait d’un temps avant le péché ! Elle écrit :

« L’auteur du texte parle à partir du monde où il vit, un monde indissociable du mal, un monde où le mal va tellement de soi qu’on ne le mentionne pas, pas plus qu’on ne mentionne le non respect dont la femme est l’objet. En effet, le non-respect de la femme dans le texte suffit à attester que le mal est là dès les origines, indépendamment du drame du jardin. »

Beaucoup de femmes, aujourd’hui dans le monde, peuvent voir dans Gn 2-3, une situation qui malheureusement est la leur.

Ce principe herméneutique rejoint celui de Paul Ricoeur dans sa si belle interprétation du péché originel :

« Le mythe adamique révèle en même temps cet aspect mystérieux du mal, à savoir que si chacun de nous le commence, l’inaugure…chacun de nous aussi le trouve, le trouve déjà là, en lui, hors de lui, avant lui. Pour toute conscience  qui s’éveille à la prise de responsabilité, le mal est déjà là ; en reportant sur un ancêtre lointain, l’origine du mal, le mythe découvre la situation de tout homme : cela a déjà eu lieu. »

Pour lui, ce texte n’explique rien mais exprime l’expérience humaine. Il est parole de Dieu en tant que :

«Pouvoir révélant concernant la condition humaine dans son ensemble …Quelque chose est découvert, descellé, qui sans le mythe serait resté couvert, scellé. »

 

Cette fonction du mythe qui découvre et descelle peut se comprendre de manière vivante. Ce n’est pas une fois pour toutes qu’il permet de découvrir et de desceller. Sa fonction de découverte peut être aujourd’hui neuve et nous ouvrir à une compréhension encore jamais mise à nue.

C’est à cela que se livre Lytta Basset en disant que le mal est à l’intérieur du texte même. Ceci, non pas pour justifier la hiérarchie des sexes, mais pour la dénoncer et permettre au texte d’être un révélateur du mal au féminin. En ce sens il peut révéler du neuf, dévoiler du caché, desceller ce qui était encore scellé.

 

Ce mal, Lytta Basset le décline en plusieurs points :

-l’Adam masculin conçu comme le seul interlocuteur de Dieu (dans le texte, Dieu ne s’adresse à la femme que pour lui signifier sa faute).

-La femme est faite pour l’homme: elle est tirée de lui, faite pour lui, référée à lui, son être ne se conçoit qu’en fonction de l’humain masculin. Etre la femme d’un homme est sa vocation et sa raison d’être. 

-L’Adam masculin est associé au pouvoir créateur de Dieu pour qui nommer, c’est faire exister. Les animaux sont nommés selon lui et pas selon elle. Sa vision et sa nomination masculine sont universelles sans avoir besoin de celle de la femme. L’Adam masculin proclame le nom de la femme comme il l’a fait pour les animaux, donc exerçant un droit de souveraineté sur elle.

-Quand, dans le texte, la femme apparaît seule (non référée, on pourrait dire « déliée » du masculin,) cela se révèle une catastrophe.

 

En quelques versets est donc décrit un sexisme de tous les temps : femme sensuelle, jalouse, déficiente et un Adam qui se croit seul : les quatre « je » de Gn3/10. Ainsi dans ce jardin règne déjà le mal sous la forme de la  non-considération de la femme comme personne à part entière. Ce monde du texte est de tous les temps. Cette exclusion du féminin, cette dévalorisation, cette instrumentalisation sont exemplaires de toutes les formes d’exclusion de l’autre.

 

Mais alors comment ce texte peut-il être Parole de Dieu ? Il l’est au sens où il révèle un mal occulté. Si bien occulté qu’il faut attendre vingt siècles pour qu’une théologienne comme L.Basset puissent l’exposer.

Pourquoi aujourd’hui peut-on faire ces lectures tellement différentes de celles qui ont eu cours jusqu’à maintenant ?

 

Une des réponses possibles consiste à dire que le monde du lecteur de ce  texte aujourd’hui n’est plus le même que celui de son auteur et des commentateurs anciens. Expliquons cela avec la pensée  de Daniel Marguerat et Yvan Bourquin. En amont d’un texte, il y a le monde expérimenté par l’auteur et en aval, le monde où vit le lecteur.

« Pour que la lecture soit une authentique expérience, il faut que le texte ne coïncide pas en tous points avec le monde du lecteur. Si monde du récit et monde du lecteur sont superposables, alors la lecture ne dégage qu’un effet de miroir. Le lecteur se retrouve lui-même. En revanche, plus la distance est forte entre récit et lecteur, plus le retour au monde du lecteur sera fécond d’interrogation…

Contre toute appropriation immédiate du texte, il faut insister avec Ricoeur, sur l’altérité comme dimension fondamentale du rapport au texte…Cette remarque est de grande importance pour la lecture biblique. Elle fait prendre conscience que l’éloignement (historique, culturel) des textes bibliques, s’il est un handicap pour une actualisation immédiate, fonctionne en réalité comme condition de possibilité d’une authentique quête de signification. Il faut postuler une étrangeté du texte face au monde du lecteur qui fait de la lecture une opération de dé-contextualisation et de re-contextualisation ».

 

Jusqu’à récemment, ce texte, en ce qui concerne le rapport du masculin et du féminin,  a fonctionné comme miroir : le monde patriarcal du lecteur était le monde patriarcal de l’auteur, aucune distance, l’un approuve l’autre et réciproquement !

C’est seulement la situation de l’écart qui peut être  la nôtre maintenant,  qui peut faire surgir un questionnement nouveau, une compréhension nouvelle.

Ce miroir a fonctionné pendant vingt siècles où notre question de l’Adam masculin n’en était pas une mais était une évidence, une certitude et une justification de subordination du féminin au masculin.

 

L.BASSET, Guérir du malheur, Albin Michel, 1999, p 267

P.RICOEUR , Le conflit des interprétations, Paris, Seuil, 1969, p 280

P.RICOEUR, idem p279

L.BASSET, Guérir du malheur, Albin Michel, 1999, p 268 à 272

D.MARGUERAT et Y .BOURQUIN, Pour lire les récits bibliques, la Bible se raconte, initiation à l’analyse narrative Cerf-Labor et Fides-Novalis, 2002, p. 180 et 181

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 10:40

C’est très important de prendre conscience des fausses images que nous faisons de Dieu, des représentations qui proviennent de notre imaginaire, qui n’ont rien à voir avec la réalité, dans l’Ancien testament, on appelle cela des idoles et nous en avons tous.

Je vais donner quelques exemples pour bien me faire comprendre :

-dieu qui se cache au coin de la rue pour me prendre en flagrant délit de faute.

-dieu qui voit tout (cette représentation de Dieu est à l’origine de l’athéisme de Simone de Beauvoir, on voit cela dans son livre Mémoire d’une jeune fille rangée)  à qui rien n’échappe pour mieux m’accuser.

-dieu qui tient notre destin dans ces mains et donc a écrit sur son grand livre ce que je dois faire, sinon ce sera le malheur pour moi.

-dieu paratonnerre, qui moyennant quelques sacrifices, me protégera des souffrances de la vie ;

-dieu puissant qui impose sa loi de fer etc.

On peut allonger la liste, les exemples donnés sont des caricatures, mais nous n’en sommes pas indemnes et elles peuvent s’insinuer en nous sans qu’on y prenne garde.

 

L’enfant qui nait à Bethléem me guérit peu à peu de ces fausses images. Peu à peu parce que nous sommes lents à se laisser convertir, à quitter nos fausses représentations.

 

Il nous faut longuement regarder ce vrai visage de Dieu qui se donne à voir dans la fragilité de cet enfant.

L’Eternel qui est Dieu entre dans notre histoire en se faisant petit enfant.

C’est une révolution de l’image de Dieu, c’est une subversion, une contestation radicale.

Un enfant qui ne sait pas encore parler et qui pourtant nous dit simplement par ce qu’il est : « Je ne suis pas ce que vous croyez, regardez-moi et vous saurez qui est vraiment Dieu. »

Regardons…Dieu est un petit enfant.

Il nous aime le premier, il nous rejoint dans notre histoire : il se fait petit, vulnérable, à la merci de tous, ayant besoin de tous. On peut le prendre dans ses mains,  on peut en faire n’importe quoi. (Et on en a fait n’importe quoi…jusqu’à le clouer en croix)

 

Et ce n’est que le début du dévoilement du vrai visage de Dieu.

Dieu a voulu vivre cela. Pour quelle raison ?

1- Il veut nous dire : Voilà ce que je suis, croyez ce que je vousdis de moi et renoncez à vos fausses images.

2-Il veut nous dire aussi : chassez toute crainte, allez à ma rencontre comme les bergers et les rois mages en toute confiance et en toute joie.

 

On peut relire les 4 Evangiles avec cette clé de lecture :

En Jésus on découvre Dieu à l’écoute des gens, Dieu proche de toutes et de tous, Dieu qui propose, qui appelle, qui suscite la liberté, et jamais ne s’impose, Dieu qui pardonne, Dieu qui guérit.

 

Peut-être la prière à faire pour chacun-e de nous, c’est de se mettre devant cet enfant,de le regarder et de lui parler :

« Dis-moi mon Dieu quel amour de moi a pu te conduire à cette fragilité, cette vulnérabilité ?  Guéris les fausses images que je peux encore me faire qui sont des poisons pour ma vie et une offense à ton vrai visage. »

 

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 09:32

Dans l’Evangile de Luc chapitre 2 versets 1 à 20

 [1] Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier.

[2] Ce premier recensement eut lieu à l'époque où Quirinius était gouverneur de Syrie.

[3] Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville ;

[4] Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s'appelle Bethléem en Judée, parce qu'il était de la famille et de la descendance de David,

[5] pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.

[6] Or, pendant qu'ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ;

[7] elle accoucha de son fils premier-né, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle d'hôtes.

[8] Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau.

[9] Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d'une grande crainte.

[10] L'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :

[11] Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ;

[12] et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. "

[13] Tout à coup il y eut avec l'ange l'armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait :

[14] " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. "

[15] Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : " Allons donc jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. "

[16] Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire.

[17] Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant.

[18] Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers.

[19] Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens.

[20] Puis les bergers s'en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé.

 

Se préparer à la contemplation

1-bien s’asseoir, respirer profondément

2-Faire un geste d’entrée en oraison : je suis devant Dieu et non pas seul, déjà orienté-e vers lui, présent-e devant lui

3-parler à Dieu en réponse à : « Comment vas-tu ? »

4-Me rappeler l’histoire : sans ouvrir l’Evangile, de mémoire, je me rappelle brièvement la scène, un peu comme si vous aviez à la raconter à quelqu’un.

Vous vous rendez attentif au Christ  par la mémoire.

Ici, comment Marie, enceinte de Jésus, sur le point d’accoucher et Joseph. Ils partent de Nazareth pour se rendre à Bethléem pour se faire recenser et les événements qui suivent.

5 -Faire une composition de lieu,  toujours le livre fermé, imaginez les lieux où ça se passe :

le chemin qui va de Nazareth à Bethléem, le lieu où Jésus naît.

Vous essayez de vous rendre ainsi plus attentif au Christ par l’imagination et vous emplissez ainsi votre imagination du mystère du Christ. L’enjeu est important, les lieux de nos vies : ville, rue, maison, champs sont les lieux de Dieu. Ces lieux en eux même sont révélateurs de Dieu.

6 - Demander une grâce

« La grâce d’une connaissance intérieure du Christ qui pour moi s’est fait homme, afin de mieux l’aimer et le suivre »

Cette demande est très belle :

-« Connaissance intérieure » connaissance intime, celle de l’amitié profonde, celle de la connivence

- « Qui pour moi s’est fait homme »  pour moi, ce qu’il a fait, connaissance qui est nourrie de gratitude pour celui qui nous a aimé le premier, qui a fait tout le chemin pour que l’amitié plus consciente soit possible.

- « afin de mieux l’aimer et le suivre », cela dit le fruit qui est attendu de cette contemplation : le connaissant mieux, je l’en aimerai davantage et le servirai mieux.

 

Contempler

En ayant fait tout cela, je vais pouvoir maintenant me plonger dans le texte.

1- relire le texte

2-Voir les personnages : ce qu’ils font ou ne font pas

Ce qu’il sont, pourquoi sont-ils là, et être là avec eux, me dégager de l’habitude et du déjà vu pour me laisser étonner :

Par exemple : Marie, Joseph sur le chemin ; puis Jésus une fois né ; les anges auprès des bergers

Laisser mes yeux se laisser impressionner de ce qu’ils sont, pour que ce qu’ils sont, s’impriment en moi, leur être même a quelque chose à me dire. Quelque chose du mystère de Dieu se dit déjà là.

 3 - Ensuite écouter les paroles ou leur silence

Ce qui est dit ou ce qui n’est pas dit. Ecouter le silence de Jésus, lui le Verbe qui se fait bébé ne pouvant que crier ; écouter les paroles, non pour les méditer mais pour les écouter. Comment sont-elle dites, sur quel ton, les écouter , c’est les laisser descendre en soi. Dans ce texte de Luc, seuls les paroles des anges et des bergers nous sont transmises.

Ici il s’agit de laisser résonner le silence ou les cris de cet enfant ; les paroles des anges et des bergers ; les laisser descendre pour qu’elle fasse leur œuvre de lumière

4– Essayer d’entrer dans leur intention profonde

Leurs actes mais aussi des attitudes, des réactions, des regards, des gestes, des inactions aussi. Les sentir de l’intérieur : par exemple, la marche de Joseph et de Marie ; leur voyage pour qu’ensuite  Jésus vienne à naître dans cette extrême pauvreté ; la mise au monde de Jésus par Marie ; la venue des bergers, l’attitude de Marie qui conserve toutes ces choses dans son cœur. C’est peu à peu pénétrer le mystère de Dieu qu’il m’est donné de voir, accéder à une connaissance intérieure du Christ pour mieux l’aimer et le servir.

5-M’arrêter sur un point précis

Une parole une action, car je sens que  pour moi, c’est important, que j’ai besoin de regarder ou d’écouter cela.

Me laisser aimer par cette parole, cette action.

 

Je vais ajouter 3 autres pistes. Prenez l’une ou l’autre si vous sentez que cela peut vous aider.

6-« Elle mit au monde son fils premier-né » verset 6

Regarder cette mise au monde. N’hésitez pas à la regarder dans le plus concret. Celles qui sont mères parmi nous ont l’avantage de l’expérience vécue dans la chair. Regarder cet enfant qui est mis au monde et ce que notre foi nous en dit :

-Verbe fait chair, Dieu mis au monde. Nous laisser étonner. Dieu qui vient à naître, Dieu qui vient au monde. Sentir que cela bouleverse nos images de Dieu. Cela dit du neuf en Dieu, du jaillissement, de la nouveauté, du mouvement. Alors que nous voyons souvent Dieu du côté de l’immobilité.

-Verbe dans la fragilité d’un enfant. Il peut donc y avoir de la fragilité en Dieu, de la petitesse alors que nous le voyons du côté de la puissance et de la grandeur. Ici, un enfant qui peut pleurer, qui a faim, qui boit le lait du sein de sa mère. Se laisser toucher par ça. Et peut-être sentir nos résistances à accueillir ce que Dieu donne à voir de lui dans sa fragilité.

7-Elle l’enveloppa de langes » v 6

Regarder comme Marie prend soin de lui. Et oser nous aussi prendre soin de lui. Pourquoi ne pas demander à Marie de nous permettre de le prendre dans nos bras ? Si nous le faisons, il nous sera peut-être donné de vivre plus profondément que Dieu a besoin de nous, de nos soins, de notre attention. Cela aussi peut bousculer nos images. Habitué-es  à vouloir que Dieu prenne soin de nous, ici, le voir qui a besoin de nous et prendre soin de lui. C’est peut-être entrer dans une vie spirituelle adulte qui donne et se donne après avoir beaucoup reçu.

8-« Couché dans une mangeoire » à 3 endroits dans le texte : v 6 ;12 ;16

Etonnant cette insistance pour dire 3 fois qu’il est mis, couché dans une mangeoire. Une mangeoire, c’est un endroit où l’on met la nourriture pour les animaux.

Jésus dira un jour : « prenez et mangez ceci est mon corps livré pour vous ». Ce corps est déjà là à la crèche, pour être nourriture de vie.

Dans notre contemplation aller de la Crèche à la Cène, de la Cène à la Crèche pour y voir Dieu qui se donne. Recevoir de lui et prendre soin de lui. Prendre soin de lui et recevoir de lui. Dans le va et vient d’une véritable amitié.

 

Terminer la contemplation

Terminer par un colloque en laissant parler son cœur. Qu’est-ce que j’ai envie de dire à Dieu?

 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 10:56

Dans le livre de l’Exode au chapitre3 verset 1 à 12

3  1 Moïse faisait paître le petit bétail de Jéthro, son beau-père, prêtre de Madiân; il l'emmena par-delà le désert et parvint à la montagne de Dieu, l'Horeb.  2 L'Ange de Yahvé lui apparut, dans une flamme de feu, du milieu d'un buisson. Moïse regarda: le buisson était embrasé mais le buisson ne se consumait pas.  3 Moïse dit: "Je vais faire un détour pour voir cet étrange spectacle, et pourquoi le buisson ne se consume pas."  4 Yahvé vit qu'il faisait un détour pour voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson. "Moïse, Moïse", dit-il, et il répondit: "Me voici."  5 Il dit: "N'approche pas d'ici, retire tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sainte."  6 Et il dit: "Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob." Alors Moïse se voila la face, car il craignait de fixer son regard sur Dieu.

  7 Yahvé dit: "J'ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J'ai entendu son cri devant ses oppresseurs; oui, je connais ses angoisses.  8 Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre plantureuse et vaste, vers une terre qui ruisselle de lait et de miel, vers la demeure des Cananéens, des Hittites, des Amorites, des Perizzites, des Hivvites, et des Jébuséens.  9 Maintenant, le cri des Israélites est venu jusqu'à moi, et j'ai vu l'oppression que font peser sur eux les Egyptiens.  10 Maintenant va, je t'envoie auprès de Pharaon, fais sortir d'Egypte mon peuple, les Israélites."

  11 Moïse dit à Dieu: "Qui suis-je pour aller trouver Pharaon et faire sortir d'Egypte les Israélites?"  12 Dieu dit: "Je serai avec toi, et voici le signe qui te montrera que c'est moi qui t'ai envoyé. Quand tu feras sortir le peuple d'Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne."

 

1er piste :

le verset 1 :  « Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro »

C’est important de regarder ce travail de berger qu’accomplit Moïse car ainsi on peut se rendre compte que Dieu rejoint Moise au milieu de son travail. C’est parce qu’il mène son troupeau, donc fait son travail, qu’il parvient à la montagne de Dieu. Je vous invite à rester

à regarder cela. Donc un travail « profane » peut être le lieu pour chercher et trouver Dieu . Important car on a parfois inconsciemment la fausse idée que les choses sont un obstacle et qu’il faudrait les fuir pour être vraiment à Dieu. Non, ce monde nous a été donné pour qu’il soit médiateur de notre amour pour Dieu. Prendre soin du monde, des autres, de soi est expérience spirituelle.

Regarder cela au cœur de votre vie. Qu’est-ce qui dans l’usage que je fais des choses, du monde, de ma vie, du temps, de l’argent, est une aide pour trouver Dieu et l’aimer.

Donc en regardant Moise prendre soin de son troupeau, regarder en quoi les actes de ma vie dans son plus concret et son plus humain sont une aide pour louer Dieu.


2ème piste

le verset 2  : « Dieu lui apparut dans une flamme de feu du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré.» 

Regarder le buisson qui est en feu et pourtant ne brûle pas

Comprendre que la présence de Dieu est éclairante comme feu,  réchauffante comme un amour mais qu’en aucun cas, elle ne détruit !

Je prends le  temps de regarder cela, pour laisser mon cœur entrer dans l’abandon, la disponibilité, dans la certitude que Dieu ne veut que du bon pour nous.

 

3ème piste

le verset 3 : « Je vais faire un détour pour voir cette grand vision » 

Regarder Moise, on nous dit qu’il voit ce buisson et faire un détour pour voir cette chose extraordinaire. Ce détour de Moïse, je vous propose de l’accueillir ainsi: ne pas vouloir une chose plus qu’un autre mais regarder notre Dieu, avoir les yeux fixés sur lui.

En regardant ce détour, je prends le temps d’abandonner à Dieu toute chose, tous projets, toutes préférences pour ne voir que lui, pour le préférer lui.


4ème piste

le verset 4 : « Moïse, Moïse…me voici »

Entendre ces 2 mots

Celui de Dieu : Moïse

Celui de Moïse : me voici

Les entendre pour moi et entendre mon prénom

Dire comme Moïse, un me voici inconditionnel, l’inconditionnel de la confiance


5ème piste

le verset 5 : « Le lieu où tu te tiens est une terre sainte »

Dieu déclare cette terre sainte : elle est le  lieu d’une rencontre cœur à cœur avec Moïse

Oui la terre de notre vie est sainte. Donc un appel à en prendre soin.

Entendre cet appel. Appel à  prendre soin de ma vie, de dire des oui et des non dans la mesure où cela la sanctifie ma vie, de dire des oui et des non dans la mesure où cela l’abîme.

Entendre cet appel à investir mon désir dans ce qui accomplira vraiment ma vie dans l’amitié avec Dieu


6ème piste

verset 6 à 10

Regarder le visage de Dieu qui se révèle en ces lignes : Dieu qui ne résigne pas à l’injustice, qui la voit et veut la combattre par nos mains.

Le désir de Dieu rejoint et réveille le profond désir de justice de Moïse

Ecouter la mission confiée à Moïse car on peut y entendre le désir de Dieu : Dieu nous révèle qu’il nous veut libres. En regardant le désir de liberté que Dieu a pour nous, sentir qu’il veut «  élargir l’espace de notre tente », ré-ouvrir notre vie.

Laissons entrer le souffle de cette liberté dans notre cœur pour que du neuf, de l’imprévu puisse advenir.


7ème point

verset 11 et 12 : « Qui suis-je ?…Je suis avec toi »

Laisser retentir cette question et la réponse. Sentir ce que cela ouvre en moi.

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 22:06

 

St Paul dans une de ses épitres nous qu’il existe 2 périodes dans notre vie de foi : la période du lait et la période des nourritures solides. Le lait quand nous sommes enfant, les nourritures solides quand nous devenons adultes. Le risque, c’est de se contenter d’une nourriture d’enfant, c'est-à-dire de ne jamais grandir. Pourtant, pour des parents dignes de ce nom, leur désir c’est de voir grandir leurs enfants, pour que peu à peu, ils puissent avoir une relation d’adulte à adulte, d’égal à égal, de réciprocité.

Quelle part dans ma foi est encore « infantile », quelle part est adulte ?

La part infantile de la relation à Dieu : penser Dieu comme celui qui va agir à notre place, celui dont il faut se concilier les bonnes grâces, celui qui récompense et qui punit. C’est le dieu des religions, en fait un dieu comme un Maitre à qui il faut obéir sinon il nous arrivera du malheur. On a un exemple de cela dans l’Evangile quand on demande à Jésus pourquoi cet homme est né aveugle. Est-ce à cause du péché de ces parents ? Poser cette question, c’est penser que Dieu punit lé péché des parents par la cécité de leur enfant. N’est-ce pas la même attitude quand quelqu’un dit encore aujourd’hui : Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour qu’il m’arrive cette tuile ? » . Attitude infantile qui nourrit la peur, la méfiance, la servilité.

La part adulte est à l’image de celle que nous avons vis-à-vis de nos parents quand la relation est juste. Relation d’égale à égale faite d’amour réciproque où l’un n’est pas supérieur à l’autre dans une juste reconnaissance pour la vie reçue d’eux et non pas comme une dette qu’il faudrait payer sans espoir de  pouvoir la solder .

Ignace de Loyola définit l’amour entre Dieu et nous comme une communication réciproque : c'est-à-dire que celui qui aime donne et communique ce qu’il a …à celui qu’il aime ; et de même à l’inverse celui qui est aimé à celui qui l’aime » (Exercices spirituels n° 231)

Nous sommes dans ce texte en parfaite égalité : Dieu est celui qui aime et qui est aimé et nous sommes ceux qui aimons et qui sommes aimés. L’amour consiste dans le don mutuel, réciproque.

C’est bien en cohérence avec Jésus lui-même. Il s’agit d’accueillir l’Evangile en le dépoussiérant, en lui retrouvant sa force libératrice. Il faut vraiment réaliser que quand Jésus dit : «  Je ne vous appelle pas serviteur, je vous appelle AMI » il opère une révolution dans la conception des rapports de Dieu avec l’humanité.

 

Cela fait comprendre autrement le sens de la mort du Christ. Il a été crucifié car son message était insupportable à certains, à ceux qui tirent profit et pouvoir de l’attitude infantile et servile que peut véhiculer toute religion. L’horizontalité de la relation amicale conteste de soi une hiérarchie où certains seraient détenteurs d’un pouvoir sacré et d’autres exclus. Non tous amis donc tous ayant accès à Dieu dans un esprit de liberté, de confiance.

L’attitude adulte, c’est donc d’être debout devant Dieu-Ami, marchant ensemble sur le même chemin, parlant ensemble ou encore assis l’un à côté de l’autre parlant et écoutant à tour de rôle.

 

Cela amène un critère de discernement. Comment je me situe devant Dieu ? Comme un ami pour son ami ? Passer ses attitudes de foi à ce tamis. Par exemple, quand je demande quelque chose à Dieu, est-ce ce que je le demanderais à un ami ? Sa présence, oui, son aide morale, oui, pouvoir lui parler pour que ce partage m’éclaire sur une décision, oui ; mais pas de décider à ma place ( attitude infantile), pas de manière magique pour que mon problème soit résolu.

 

Il y a des prières de demande qui relèvent d’une foi adulte et d’autres qui sont infantiles. Par exemple :

La foi adulte demandera: « Donne-nous la force de ton Esprit pour partager, donner de notre temps »

La foi infantile demandera : « Procure du pain à ceux qui n’en ont pas »

La part infantile en nous est à purifier. La part adulte est toujours à approfondir.

 

 

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 20:07

 

Pour remplacer le monothéisme monarchique, il faut une doctrine théologique positive de la liberté. Le fondement de l’athéisme moderne, c’est la conviction qu’un Dieu régnant par sa toute-puissance et son omniscience rend impossible la liberté humaine.

En s’inspirant de Joachin de Flore, mais en le dépassant et  sans reprendre l’aspect modaliste et sa division chronologique,  Moltmann développe cette doctrine théologique positive de la liberté qui se fonde sur le principe trinitaire.

Il s’agit de comprendre l’histoire du royaume de façon trinitaire : les règnes du Père, du Fils, de l’Esprit sont des strates et transitions constamment présentes dans l’histoire.

 

Le règne du Père :

C’est précisément quand nous comprenons la création du monde de façon trinitaire, comme une action qui se limite elle-même, du Père par le Fils dans la force de l’Esprit, comme une première étape sur le chemin de la liberté.

Là où règne non pas le grand Seigneur du monde mais le Père de Jésus-Christ, un espace est donné à la liberté des créatures.

Là où ce n’est pas le grand Seigneur  du monde mais le Père de Jésus-Christ  qui conserve dans sa patience le monde, de l’espace et du temps sont laissés à la liberté au sein même de l’esclavage dont les humains sont eux-mêmes responsables.

« Le  Père règne par la création de l’être et l’ouverture du temps »

 

Le règne du Fils

« Consiste  dans la souveraineté libératrice du crucifié et dans la communauté avec le 1er né d’une multitude de frères et sœurs… Il introduit les hommes dans la glorieuse liberté des enfants de Dieu en les configurant à lui-même dans sa propre communauté. Quand il se détourne du créateur, la délivrance de cette mort vers l’ouverture originelle ne peut avoir lieu par la domination et par la contrainte mais par une souffrance suppléante et par l’appel à cette liberté qui est maintenue ouverte par la souffrance suppléante.

Le Règne du Fils est en forme de serviteur. Il règne par la libération pour la liberté.

 

Le règne de l’Esprit.

L’expérience de l’Esprit, c’est être saisi par la liberté pour laquelle le Fils nous a libérés. Il donne accès à l’immédiateté avec Dieu. Il est Dieu en nous. Par la foi  et l’écoute de sa conscience, l’homme devient ami de Dieu. Par l’Esprit, l’homme fait l’expérience des énergies de la nouvelle création. Il est à la naissance de la communauté nouvelle  sans privilège, sans subordination : communauté d’hommes et de femmes libres.

 

En cohérence aussi avec son principe eschatologique, Moltmann, précise que ce règne de l’Esprit est orienté vers le règne de la gloire mais qu’il n’en est pas encore l’accomplissement. L’expérience de l’Esprit qui rend l’homme temple de Dieu (1co 6/13) est anticipation de la gloire où le monde sera temple du Dieu trinitaire (Ap 21/3).  Ce règne de gloire sera accomplissement de la création du Père, application universelle de la rédemption du Fils, achèvement de l’inhabitation de l’Esprit.

 

 Cette doctrine trinitaire de la liberté est histoire progressive et croissante de la liberté. Le Père est liberté des créatures qui maintient l’espace vital nécessaire ; le Fils est libération des hommes de leur enfermement grâce à l’amour souffrant qui restaure la liberté. L’Esprit est force et énergie de la nouvelle création.

 

Confesser Dieu ainsi n’est donc pas négation de la liberté humaine mais au contraire elle l’oriente pour une espérance infinie. A condition de ne pas se tromper de liberté.

Il y a la liberté conçue comme domination, c’est celle qui gagne et domine et celle du maitre seul soumettant et exploitant ceux qui perdent, les   non-libres que sont les femmes, les enfants, les esclaves sur lesquels règne le maître.

La liberté comme domination est une liberté qui est aux dépens des autres. Liberté pour l’un qui est oppression pour l’autre, richesse qui rend pauvres les autres.

La liberté comme domination ne connait  que soi. « Cette manière d’entendre la liberté comme domination s’enracine dans une société typiquement masculine comme le signale en allemand le mot Herrschaft » . C’est celle du libéralisme bourgeois qui a remplacé l’absolutisme royal et la féodalité, liberté où tout homme est un concurrent dans la lutte pour le pouvoir et la propriété, où tout homme n’est pour l’autre homme que la limite de sa liberté.

 

Elle s’oppose à la liberté comme communauté « C’est seulement dans l’amour que la liberté humaine acquiert sa vérité : je suis libre et je me sens libre quand je suis respecté et reconnu par les autres et quand de mon côté je  respecte et reconnait les autres. Je deviens réellement libre quand j’ouvre ma vie aux autres et que je la partage avec eux et quand d’autres m’ouvrent leur vie et la partagent avec moi » Cette liberté comme communauté doit se compléter par la liberté des sujets à un projet : « Celui qui transcende le présent vers l’avenir, en pensées paroles, et œuvres, celui-là est libre.

 

Du point de vue théologique, ceci est la dimension particulière de l’expérience de l’Esprit : dans l’Esprit nous transcendons le présent vers l’avenir de Dieu car l’Esprit est la caution de la gloire. La liberté dans la lumière de l’espérance est la passion créatrice pour le possible... l’avenir est le règne des possibilités non encore définies, alors que le passé représente le règne limité de la réalité »

 

Cette dimension future de la liberté longtemps ignorée par la théologie « parce qu’on n’a pas compris la liberté de la foi chrétienne comme une participation à l’Esprit créateur de Dieu »

 

 

Trinité et Royaume de Dieu , Collection Cogitatio fidei n° 123 , éditions du Cerf p 263

TRD p 264

TRD 269

TRD p 270

TRD p271

TRD p 272

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 16:14

 C’est une notion qui demande vraiment qu’on précise ce que cela veut vraiment dire.

Il y a des fausses conceptions de la volonté de Dieu comme il y a des fausses images de Dieu.

Une manière de progresser dans la vie spirituelle est de démasquer ces fausses conceptions et ces fausses images. Il y a à les démasquer car elles nous empêchent de progresser, elles paralysent, elles alimentent la méfiance envers Dieu ou la peur ou même le refus.

 

Une fausse conception de la volonté de Dieu

Cela peut se dire ainsi : Dieu aurait de toute éternité décider ce que je dois être et faire ; par exemple, il aurait décidé que je dois me marier ou devenir religieux ; ou que je dois faire telle ou telle profession.

C’est une fausse image : Dieu devant un grand livre avec nos noms et en face, la décision de Dieu.

Non, 3 fois non.

Pourquoi cela ne peut pas être cela ?

-Parce que cela induit une image d’une volonté arbitraire de Dieu. Une sorte de caprice, pourquoi l’un et pas l’autre ? Il y a derrière cette conception une image d’un monarque absolu dont les décisions ont force de loi.

Il n’y a plus de liberté, il y aurait seulement  à chercher ce que Dieu veut sans que de mon côté, il puisse y avoir un quelconque désir.

-C’est faire de Dieu, en fait, un mauvais parent, vous savez de ceux qui veulent à tout prix que leur fille fasse telle profession, ou que leur fils fasse le même métier que lui etc…

Le bon parent, au contraire, après avoir donné le meilleur de soi pour que son enfant grandisse, lui dira : je n’ai pas de plan sur toi, tu n’as pas à recevoir de moi tes choix : invente ta vie.

Dieu serait-il un moins bon parent que le meilleur d’entre nous ?

-Parce que c’est source d’angoisse. En effet comment vais-je découvrir cette volonté écrite de toute éternité. Qui me la dira ? Et si je me trompe ? Si je ne choisis pas ce que Dieu a choisis pour moi ? Si je choisis d’être une chose alors que Dieu aurait décidé autre chose pour moi ? Quelle horreur !

 

En disant cela, je vous donne un principe de discernement sur nos pensées sur Dieu.

Ce principe est le suivant : est-ce que penser de cette manière fait honneur à Dieu ou pas ?

Ici cela ne lui fait pas honneur puisque cela l’assimile à un parent autoritaire qui veut imposer sa volonté.

Mais aussi est-ce que cela fait rend honneur à notre humanité ? Si nous pensons que Dieu décide à notre place et si d’une certaine manière nous préférons qu’il décide à notre place, nous sommes dans une attitude infantile.

 

Mais alors ne veut-il rien ?

Il veut que nous inventions pour nous et pour les autres des chemins de bonheur, de justice, de liberté, de paix, de partage mais c’est à nous de les inventer, de les construire avec d’autres. Il ne nous dit pas : « tu dois » mais tu peux le faire. Ce qu’il veut, c’est que nous vivions à plein.

Il ne veut pas d’homme et de femme qui ne voudraient pas grandir, mais des femmes et des hommes debout, qui prennent en main leur vie, prennent des décisions, qui osent risquer.

De ce point de vue la parabole des talents nous dit bien cela. Le maître confie toute sa fortune et ne donne aucune consigne pour la faire fructifier. C’est à nous d’inventer pour que le don s’épanouisse en vie plus grande pour nous et les autres. Et quand le maître revient, les 2 premiers disent : voilà ce que tu m’as donné (donc la reconnaissance du don qui a été fait) et voilà ce que j’ai gagné ( reconnaissance des fruits recueillis de son initiative) Mais encore faut-il avoir conscience du don qui nous est fait.

 

Mais alors comment décider ? Comment décider si ce n’est pas une parole extérieure à moi-même ?

Justement, en allant à l’intérieur de soi-même. Pour cela, au quotidien, favoriser l’intériorité, se donner des temps pour écouter ce qui se passe à l’intérieur de soi. Se donner des temps de gratuité, de silence, de solitude. Ne pas vivre à 300 à l’heure, dans un tourbillon où l’on se perd. Se donner du temps pour prier en regardant le style de vie de Jésus et son chemin de bonheur. En faisant une retraite spirituelle. Tout cela pour chercher et trouver le désir profond le désir fort qu’il ya en nous. Il peut y avoir des désirs superficiels qui vont nous satisfaire un moment mais qui ne peuvent nous faire vivre profondément. Ils sont à la surface de nous-même. Pour découvrir les désirs profonds, c’est comme désensabler une source, enlever des pierres, creuser profond pour atteindre la source qui va pouvoir jaillir en vraie vie.

 

Il s’agit de sonder son cœur, se rendre attentifs aux mouvements qui l’habite. Et faire confiance à ce qui en nous est porteur des éléments suivants :

 

1 -la perspective de décider telle chose me donne de la paix, de la force tranquille, une joie simple.

2- elle me donne confiance en moi, dans les autres, en Dieu ; elle me met en confiance pour l’avenir.

 

On pourrait aussi dire que la volonté de Dieu c’est que nous l’aimions. Mais pas au sens d’une obligation.

Son amour n’est pas une dette dont on serait forcé de s’acquitter.

Dieu a tout donné. Il attend une réponse, oui, puisque sa décision à lui, c’est de proposer son amour, son amitié. Mais l’amour ne se commande pas et Dieu le sait et il ne veut qu’on l’aime par obligation mais par un vrai désir.

 

Dieu ne peut que se tenir à la porte, ne peux dire que : « veux-tu ? » Et attendre.

 

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 12:10

 

Bonjour à toutes et tous

 

D’abord un grand merci pour l’attention que vous portez à ce blog par vos visites, vos lectures, vos commentaires, l’inscription à la newsletter. Et aussi pour les mails reçus.

 

Depuis le 6 juillet 2011, date de sa création, il y a eu 8140 pages lues et 3348 visites.

Ce blog est maintenant en premier de la page google quand on fait la recherche «  bonheur de Dieu ».

 

En le créant, j’avais au cœur plusieurs désirs.

D’abord pouvoir témoigner d’un christianisme de bonheur, de liberté, de recherche, celui que j’essaie de vivre. Parce que je le sens défiguré par des conceptions étroites, rigoristes qui le rendent insignifiant ou font que beaucoup l’on rejeté ou le rejette. Pourtant quelle liberté dans cet Evangile de Jésus !

 

Egalement méconnue ou inconnue l’existence de femmes et d’hommes qui ont choisi une forme particulière de vie qu’est « la vie religieuse apostolique ». C’est mon cas, je fais partie d’un ordre religieux qui a pour nom, les « Sœurs du Cénacle » http://www.ndcenacle.org . La aussi, combien de clichés, de caricatures, qui n’ont rien à voir avec la réalité !


J’espère donc que sur ces deux points, ce blog peut changer l’image !

 

Internet est une sorte de place publique. On se rend sur une place publique pour parler, écouter, échanger. Je ne vois pas vos visages mais les « statistiques » me montrent que vous êtes nombreux à venir. N’hésitez pas, si vous ne l’avez pas encore fait,  à écrire des commentaires, à répondre aux commentaires des autres pour échanger davantage. Ainsi la communication se fera dans les deux sens. Si vous n’êtes pas encore inscrits à la newsletter, faites-le, car ainsi vous êtes prévenus à chaque nouvel article. Egalement, n’hésitez pas à m’écrire pour me dire ce qui vous aide dans ce blog, des améliorations que vous souhaitez.

 

Et bien sûr, de faire connaître ce blog à vos connaissances

Merci!

 

Bien amicalement

Sr Michèle Jeunet, rc

 

 

 

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 13:40

Dans le livre de l’Exode au chapitre 1 verset 8 au chapitre 2 verset 10

 

Exode 1

[8] Un nouveau roi vint au pouvoir en Egypte, qui n'avait pas connu Joseph.

[9] Il dit à son peuple : "Voici que le peuple des Israélites est devenu plus nombreux et plus puissant que nous.

[10] Allons, prenons de sages mesures pour l'empêcher de s'accroître, sinon, en cas de guerre, il grossirait le nombre de nos adversaires. Il combattrait contre nous pour, ensuite, sortir du pays."

[11] On imposa donc à Israël des chefs de corvée pour lui rendre la vie dure par les travaux qu'ils exigeraient. C'est ainsi qu'il bâtit pour Pharaon les villes-entrepôts de Pitom et de Ramsès.

[12] Mais plus on lui rendait la vie dure, plus il croissait en nombre et surabondait, ce qui fit redouter les Israélites.

[13] Les Egyptiens contraignirent les Israélites au travail

[14] et leur rendirent la vie amère par de durs travaux : préparation de l'argile, moulage des briques, divers travaux des champs, toutes sortes de travaux auxquels ils les contraignirent.

[15] Le roi d'Egypte dit aux accoucheuses des femmes des Hébreux, dont l'une s'appelait Shiphra et l'autre Pua, et leur dit :

[16] "Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux, regardez les deux pierres. Si c'est un fils, faites-le mourir, si c'est une fille, laissez-la vivre."

[17] Mais les accoucheuses craignirent Dieu, elles ne firent pas ce que leur avait dit le roi d'Egypte et laissèrent vivre les garçons.

[18] Le roi d'Egypte les appela et leur dit : "Pourquoi avez-vous agi de la sorte et laissé vivre les garçons ?"

[19] Elles répondirent à Pharaon : "Les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Egyptiennes, elles sont vigoureuses. Avant que l'accoucheuse n'arrive auprès d'elles, elles se sont délivrées."

[20] Dieu favorisa les accoucheuses ; quant au peuple, il devint très nombreux et très puissant.

[21] Comme les accoucheuses avaient craint Dieu, il leur accorda une postérité.

[22] Pharaon donna alors cet ordre à tout son peuple : "Tout fils qui naîtra, jetez-le au Fleuve, mais laissez vivre toute fille."

Exode 2

[1] Un homme de la maison de Lévi s'en alla prendre pour femme une fille de Lévi.

[2] Celle-ci conçut et enfanta un fils. Voyant combien il était beau, elle le dissimula pendant trois mois.

[3] Ne pouvant le dissimuler plus longtemps, elle prit pour lui une corbeille de papyrus qu'elle enduisit de bitume et de poix, y plaça l'enfant et la déposa dans les roseaux sur la rive du Fleuve.

[4] La sœur de l'enfant se posta à distance pour voir ce qui lui adviendrait.

[5] Or la fille de Pharaon descendit au Fleuve pour s'y baigner, tandis que ses servantes se promenaient sur la rive du Fleuve. Elle aperçut la corbeille parmi les roseaux et envoya sa servante la prendre.

[6] Elle l'ouvrit et vit l'enfant : c'était un garçon qui pleurait. Touchée de compassion pour lui, elle dit : "C'est un des petits Hébreux."

[7] La sœur de l'enfant dit alors à la fille de Pharaon : "Veux-tu que j'aille te chercher, parmi les femmes des Hébreux, une nourrice qui te nourrira cet enfant ? -

[8] Va", lui répondit la fille de Pharaon. La jeune fille alla donc chercher la mère de l'enfant.

[9] La fille de Pharaon lui dit : "Emmène cet enfant et nourris-le moi, je te donnerai moi-même ton salaire." Alors la femme emporta l'enfant et le nourrit.

[10] Quand l'enfant eut grandi, elle le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme un fils et lui donna le nom de Moïse, car, disait-elle, "je l'ai tiré des eaux."

 

1- S’aider de ce texte pour saisir ce qu’est le mal :

-Le mal comme ignorance de l’histoire ( Pharaon n’avait pas connu Joseph. Son ignorance de l’histoire l’empêche de considérer positivement le peuple juif )

-Le mal qui se nourrit de peur sans fondement, qui se nourrit d’imaginaire : «  En cas de guerre , il pourrait bien se joindre à nos ennemis » 1/10

-Le mal qui se réalise dans l’exploitation, l’esclavage, la violence, le génocide 1/ 11 à 14 et  22

 

2- S’aider de ce texte pour saisir ce qu’est la résistance au mal 

et entrer en son cœur dans cette résistance

- la résistance au mal a une « raison » : c’est la crainte de Dieu des accoucheuses 1/17. Crainte à entendre comme respect de Dieu, qui fait  entrer dans sa colère contre tout ce qui défigure l’humain.

-la résistance au mal qui se fait agissante, qui prend les moyens de résister.

-le refus d’obéir à l’injustice ( les sage-femmes laissent vivre les garçons 1/17)

-un mensonge légitime pour ne pas subir la répression ( « nous arrivons trop tard v 19 »)

-la désobéissance d’une mère qui refuse qu’on tue son enfant et un vrai amour qui accepte de le perdre pour qu’il ait une chance de vivre (2/1-3)

-la vigilance d’une sœur qui veille 2/4

-la désobéissance de la fille du pharaon qui recueillit l’enfant (2/5 et suivant)

 

3-regarder les gestes de la fille du pharaon

et les mettre en synopse avec ce que fait le bon samaritain en Lc10 /25-37. Le bon samaritain est figure du Christ. La fille du pharaon est aussi figure du Christ.

 

4-Considérer les conséquences de cette résistance et de ce salut :

Sans cette désobéissance : pas de libération, pas de naissance d’un peuple, pas d’alliance, pas d’entrée en terre promise…

Rien de tout cela,  sans des femmes faisant échec à la mort.

 

5-Regarder le fruit personnel qu’en tirent  Chifra et Poua (1/21) :

la vie d’une nombreuse famille.

 

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