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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 11:17

Dans l'Evangile selon Matthieu au chapitre 14 verset 13 à 21 

Le texte débute par une information que Jésus apprend : l’arrestation de Jean-Baptiste. Cette notation est-elle importante ? Oui, parce que cela nous montre comment Jésus réagit à un événement : il monte dans une barque, il se retire dans un lieu désert pour être à l’écart. Un autre découpage liturgique de ce texte aurait davantage mis en valeur cela. En effet après que la foule eut été rassasiée, le texte nous indique une réaction similaire de Jésus : il ordonne aux disciples de monter dans une barque sans lui, il renvoie la foule, il gravit la montagne, il se met à l’écart pour être seul et prier. Le point commun de ces 2 réactions est un choix de solitude. C’est une même réaction devant deux événements opposés. Le premier est l’événement tragique de l’arrestation de Jean , l’échec que cela représente, la tristesse de la mort d’un ami, le danger de mort qui se profile. Le second est l’événement heureux d’une foule rassasiée, donc une réussite.

 Echec et réussite provoquent en Jésus la même réaction, la même attitude, la même décision : solitude et prière. Regardons sa manière de réagir. Elle nous indique un chemin de vie. Nous avons besoin de temps de solitude pour nous laisser interroger par les événements, peser les décisions à prendre, pour ne pas être déstabilisés par les échecs ou trompés par les réussites. Solitude et prière qui ouvre un chemin dans ce qui est obscur ou lumineux dans nos vies. Solitude habitée puisqu’elle est écoute, parole, dialogue avec un autre. En fait, tout bien considéré, espace pour aimer et se laisser aimer par Dieu.

 Ce faisant, Jésus, débarquant, vit du même amour. Il aime en n’étant pas aveugle sur cette foule en attente de lui. Il aime en étant bouleversé devant cette foule et en la guérissant. Il aime ses disciples en les faisant partenaires de son action, d’abord par l‘accueil de leurs pauvres 5 pains et 2 poissons et ensuite en les faisant serviteurs d’une abondance à partager. Il aime celui qu’il appelle Père et qu’il sait trouver au cœur de l’action par la bénédiction, source d’une telle fécondité qu’elle nourrit toute une foule.

Arrêtons-nous à cette bénédiction. Bénédiction du pain ? Oui mais à travers ce pain, bénédiction de la pauvre offrande des disciples. C’est lui qui l’a suscitée par sa question mais c’est eux qui en ont fait l’offrande. Et à l’instar de la pauvre veuve qui a donné tout ce qu’elle avait pour vivre, Jésus bénit ce pain de leur pauvreté. Pauvreté offerte et bénédiction de Jésus font le miracle de nourrir une foule.

 Quelles sont mes pauvretés à offrir à la bénédiction du Christ pour qu’il en fasse abondante nourriture ?

 

 

 

 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 11:50

Évangile de Matthieu au chapitre 13 verset 24 à 43

Croire en la bonté qui est en nous.

Voici la parabole de l’ivraie. Mais est-ce vraiment la parabole de l’ivraie ? Il y a des titres qui sont trompeurs.

 

Cette parabole est d’abord en continuité de celle du semeur qui la précède. Le semeur a semé du bon grain dans un terrain qui est bon. S’il sème ce qui est bon, c’est que lui-même est bon. La femme qui a fondé la Communauté qui est la mienne ,  Thérèse Couderc,  disait de lui : « il est bon, il est plus que bon, il est la bonté ». Donc tout est bonté venant de lui. Bonté du grain, bonté de la terre, bonté du monde, bonté de l’homme qui sème, bonté de Dieu. Nous sommes dans le fondamental de la création : « Dieu vit que cela était bon » ( Ancien Testament au livre de la Genèse chapitre 1).

 

Et nous sommes dans le fondamental d’une création en histoire. Non pas un monde créé tout fait, statique, immobile. Ce qui est semé est pour une croissance, une création continuée : grain puis épi, puis blé. Entre semailles et moisson, il y a le temps de l’histoire, le temps de la liberté de veiller à la croissance de ce qui est bon. Responsabilité qui est nôtre. Etre veilleur pour que la vie semée par Dieu vienne à maturité. Ce n’est pas du tout fait de toute éternité, immobile mais c’est une semence riche d’avenir, un don à faire qui périrait s’il ne pouvait s’épanouir grâce à la bonne terre de nos vies, de nos réponses humaines, don et accueil qui vont ensemble porter à maturité la nouveauté de l’épi.

 

Ce titre trompeur est en cohérence avec la réaction des serviteurs qui se focalisent sur l’ivraie, leur question sur son origine et surtout leur doute : « N’est-ce pas du bon grain que tu as semé ? ». Leur doute qui frise le soupçon.  Mais leur question n’est-elle pas la nôtre ? Leur doute et leur soupçon ne sont-ils pas les nôtres ? Cette question du mal qui nous taraude tous, qui est souvent un obstacle à la foi. La réponse du propriétaire est la même que celle de la Genèse. C’est un ennemi qui a semé de l’ivraie. La Genèse parle d’un serpent qui insinue le doute sur le don qui est fait, qui insinue le doute sur la bonté du donateur.

 

Que faut-il donc faire ? Arracher au risque de détruire la bonté des épis de blé ? Ce serait faire le jeu de l’ennemi. Le propriétaire fait une autre option. Celle de la confiance dans le blé semé et dans la terre qui participe à la nouveauté de l’épi. Confiance dans l’épi assez fort pour ne pas se laisser étouffer par l’ivraie.

 

Dans nos vies, il y a du bon grain et de l’ivraie. N’est-ce pas une erreur de se focaliser sur l’ivraie ? L’homme de cette parabole nous conseille un autre chemin. Croire en ce qui est bon en nous, croire que ce qui a été semé en nous par Dieu est bon et le développer au maximum, en y mettant toute notre énergie, notre créativité. C’est le développement de la bonté en nous, un « habitus » de bonté qui fera se dessécher l’ivraie. Et non un arrachage volontariste qui risque de dessécher la vie en nous.

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 10:59

Voici le 2ème article que j'ai écrit pour la revue Esprit et Vie

Dans l'Evangile selon Luc au chapitre 9 verset 28 à 36 

Le sens de cet Evangile est bien connu. Jésus vient d’annoncer à ces disciples, sa mort prochaine. Par la transfiguration, il leur annonce sa Résurrection. Il leur révèle aussi la gloire de sa divinité.

Cet Evangile doit être lu avec tout son arrière-fond biblique : le sommeil des apôtres ; la suggestion de Pierre concernant les 3 tentes ; la prière de Jésus.

 

Le sommeil des apôtres.

On nous dit : « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. » Ce n’est pas de la fatigue, ni du sommeil de la nuit : c’est une expérience de Dieu. Rappelons-nous, Dieu plonge Adam dans un profond sommeil quand il crée Eve et le sommeil mystérieux qui s’empare d’Abraham quand Dieu fait alliance avec lui.

Le sommeil ici est expérience spirituelle quand Dieu fait entrer dans son mystère. Il  est arrachement à soi-même, oubli de soi, abandon confiant. Sommeil, là où Dieu agit secrètement et où nous nous laissons faire par Dieu. C’est l’expérience de la nuit, ces nuits que nous connaissons toutes et tous, nuit de la foi, nuit où Dieu semble absent, mais nuit où Dieu travaille en nous sans que nous en ayons conscience, nuit de purification pour habituer nos yeux à la lumière.

Passage par la nuit. Mais pour un réveil…comme les apôtres dont on nous dit que « se réveillant, ils virent  la gloire de Jésus »

 

La demande de Pierre de planter trois tentes.

Le texte nous dit qu’il ne savait pas ce qu’il disait.

Mais cette tente, ce n’est une simple question de campement ! C’est la tente de la rencontre. Quand le peuple était dans le désert, il allait à la tente de la rencontre, lieu de la présence de Dieu. Mais pourquoi donc Pierre ne sait pas ce qu’il dit ? La réponse est dans la suite du texte. On nous dit : la nuée les couve de son ombre,( remarquez, c’est la même expression utilisée pour l’Annonciation.) Une voix leur demande d’écouter Jésus le Fils et ensuite ils  ne voient plus que Jésus seul. Il n’est pas question de planter 3 tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente de la rencontre, c’est le Christ dans la vérité de son humanité et de sa divinité. Jésus seul : unique chemin, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie. Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection. Premier né d’une multitude de frères et de sœurs, celui qui ouvre le passage pour que, à sa suite nous entrions dans la vie éternelle.

Avec le récit des tentations, nous savons que sa victoire est notre victoire. Avec la transfiguration, nous savons que sa résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux (Ph 3/20). Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyens des cieux comme nous l’assure St Paul. Nous sommes déjà ressuscités.

 

La prière de Jésus

Cet Evangile est d’une immense richesse, je termine seulement par un dernier point :

Nous sommes dans St Luc, et  Luc, c’est l’Evangile de la prière. Matthieu et Marc ont aussi un récit de la transfiguration. Luc est le seul à dire :« Il alla sur la montagne pour prier. »

Et pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre ». La prière, pour nous à la suite du Christ, est une rencontre transfigurante. C’est le lieu par excellence de la foi, puisqu’elle n’a de sens qu’en Dieu ; elle le lieu de notre identité profonde, là on s’affirme fils, fille du Père. Prière de l’oreille, puisqu’il s’agit d’écouter Jésus comme le Père nous le demande : « Ecoutez-le » Et j’entends cette demande de Dieu, non comme un ordre mais comme une supplication, une prière de Dieu : «  Je vous en prie, écoutez-le ! » Ecoutez-le pour vivre vraiment et pas à moitié ! Prière du regard aussi, qui est souvent une prière sans parole, prière d’admiration, d’étonnement, de gratitude, prière de simple présence dans la sécheresse mais qui attend le jour de voir Dieu, prière du veilleur qui est sûr que se lèvera l’aurore où je connaîtrai comme je suis connu, où j’aimerai comme je suis aimé. Jour où la résurrection de Jésus deviendra la nôtre en plénitude.

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 16:56

L'article que je publie aujourd'hui est paru dans la revue Esprit et vie. Tous les mois, on peut y lire les commentaires de textes biblique. N'hésitez pas à vous abonner à cette revue. Vous ne le regrettrez pas. Je vais mettre certains passages que j'ai écrit et qui ont été publiés.

« Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde » Jn16/28.C’est en  méditant cette phrase et en scrutant les Ecritures que peu à peu les chrétiens des premiers siècles ont pu approcher l’inouï de la révélation. Ce que Dieu dit de lui-même en Jésus. Non un dieu solitaire mais communion d’amour. Non un dieu pour lui-même mais pour nous, vers nous, avec nous. Sortir du Père, il y a donc en Dieu un aller vers qui a pris visibilité humaine en cet homme Jésus. Dans les Exercices spirituels, Ignace de Loyola fait méditer son retraitant sur cet aller vers. Cette contemplation montre la Trinité tourné vers ce monde, le regardant avec l’attention de l’amour, se réjouissant de ces joies, se désolant de ces malheurs, et ne se résignant pas à ces dernières au point de décider l’incarnation. Ici Ignace n’a pas pu se libérer d’une théologie qui ne voit l’incarnation qu’en réponse à la déshumanisation que l’homme s’inflige à lui-même et aux autres .

D’autres théologies sont possibles pour répondre au « Cur Deus homo ? » ( Pourquoi Dieu s’est fait homme ?) 

Mais retenons que la contemplation proposé par Ignace, montre bien que ce aller vers de l’incarnation est un souci, un engagement de la Trinité. J’ai envie de dire : Dieu le paye de sa personne. Et il faut aller jusqu’à dire : cela change Dieu, puisque toute rencontre change les partenaires d’une relation et cela nous change puisque notre humanité est déifiée.

Mais cet aller vers notre humanité pour devenir l’un de nous s’il est sommet et visibilité en histoire, n’est pas le seul aller vers de Dieu. Il y a aussi le aller vers de la création. Dieu est Etre débordant, dont la richesse ne se vit pas en possession mais en débordement, qui va avec soi-même au de là de soi, communication de soi, qui se donne en partage, en soi éternellement créateur. Dire cela c’est dire Dieu en mouvement. C’est le penser radicalement différent des images spontanées de Dieu ou celles pensées par certaines philosophies. En créant, il se donne, il se communique lui-même et de ce fait tout homme, toute femme depuis l’émergence de l’humain jusqu’à la fin de l’histoire a eu accès à Dieu même, a accès, aura accès. Dieu est vers nous, il est pour nous radicalement et gratuitement. La manière la plus simple de le dire c’est que l’Amour est Dieu. Aimer, c’est forcément aller vers, sortir de soi pour être lié à un autre. Il y a l’aller vers du Fils un jour du temps en son incarnation et il y a l’aller vers de l’Esprit en toute histoire humaine. Esprit qui ouvre à Dieu, porte d’entrée de Dieu en tout temps et en tout lieu où Dieu se révèle et se communique. Source intérieure qui fait accéder à la liberté, qui introduit à la vérité toute entière. C’est lui qui fait sortir de toute étroitesse, qui suscite les décisions libératrices comme celle qu’a vécue la 1ère communauté chrétienne en accueillant les païens. S’il est pour nous communication gratuite de lui-même, ouverture et don de soi, tourné vers nous, c’est qu’il l’est en lui-même. Ainsi nous  pouvons un peu approcher le mystère de Dieu même. Il est « aller vers » en lui-même. Trinité de relations. Aller vers mutuel des Trois. Don mutuel et accueil mutuel.

Cet aller vers du mystère trinitaire est révélation de Dieu mais aussi de nous-même. Il nous dit aussi ce que nous sommes et l’appel qui nous est fait à l’être davantage. Cet aller vers  évoque de soi quelque chose de dynamique. Le contraire de « faire du sur place », le contraire du statique, de l’immobile. Cela évoque un déplacement, quitter un lieu pour un autre. Un aller qui est orienté. En fait ce « aller vers » évoque ce qui est vivant. Le sortir n’est-il pas le premier acte de nos vies : sortir du ventre maternel pour aller au chemin de nos vies ?

Chemin de nos vies qui est une suite de sortir pour aller vers : sortie de l’enfance, sortie de l’adolescence. Cela rejoint aussi toutes nos expériences de vraies rencontres qui sont des aller vers, dans la mesure où elles sont sorties de soi faites d’écoute et de parole, et qui de soi nous transforment, nous font bouger. La vie commune d’un homme et d’une femme  est aussi de cet ordre.  « L ‘homme quittera son père et sa mère… » Un aller vers qui transforme au contact de l’autre. 

C’est aussi l’expérience profonde de la foi quand elle est accueil de la nouveauté de Dieu qui se dit dans l’Evangile Quand nous le méditons,  nous sommes introduit à ce même « aller vers », à un déplacement intérieur : quitter nos images de Dieu pour accueillir cette image, cette icône, parfaite  de Dieu qu’est Jésus…

Et comme elle est difficile cette sortie pour aller vers ce qui est tellement déroutant, cette sortie de nos vieilles idées pour aller vers la nouveauté de Dieu qui se dit dans la vie humaine de Jésus. L’expérience foi chrétienne est ouverture à une nouveauté inouïe : il libère les gens d’idées fausses qu’ils se font sur Dieu et les libère de la peur.  Il leur parle de Dieu comme d’un ami. Son message à la fois attirant et inquiétant, car cela rend libre mais cela fait perdre des points de repère rassurant. Oui c’est bien un langage nouveau ( Mc 1/27) mais insupportable pour certains. Et il me semble qu’un des « aller vers » auquel nous sommes conviés en ce début du 21ème siècle relève de ce défi : retrouver la force provocatrice de liberté de l’Evangile de Jésus. Et c’est un déplacement qui est de taille ! Un « aller » vers Jésus pour irriguer nos vies et celles de nos contemporains du fleuve de liberté qu’il veut et peut nous communiquer.

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 15:54

Des choix, il y en a des petits et des grands : nous sommes sans cesse à en faire. La question intéressante, il me semble, c’est de se demander si je peux améliorer ma manière de les faire.

Comment mieux choisir ? Comment éviter le plus possible d’en faire des mauvais , au sens de choix qui ne sont pas du côté de la vie, qui ne font pas vivre !

Pointons 4 attitudes fondamentales.

 

1-Grandir en gratitude

C’est une attitude de fond de la vie spirituelle. La gratitude, c’est recevoir sa vie comme un don de Dieu, comme un cadeau. Vivre conscient d’un don inconditionnel : il nous est donné de vivre. Se vivre comme sujet d’un don, sujet d’une prévenance généreuse de Dieu. Je n’en suis pas l’auteur, j’en suis bénéficiaire.

 

Quelle relation avec les choix ?

Entrer dans cette attitude délivre peu à peu de se prouver à soi-même et aux autres qu’on existe, de manière inquiète et jamais satisfait. Nous n’avons pas à prouver notre valeur, nous la tenons d’un autre. L’homme et la femme de la gratitude d’exister,  existe simplement. C’est donné, ce n’est pas à revendiquer, ni à prendre, ni à conquérir.

 

Au contraire, faute de ne pas se vivre assez comme bénéficiaire d’un don, faute de ne pas cultiver la gratitude, il y a le risque de faire des choix, pressé par l’inquiétude, la fébrilité, la quête incessante de combler un vide, la mauvaise dépendance du désir des autres.

Cela nous fait faire des choix qui ne sont pas libres.

 

La tradition spirituelle propose un moyen pour s’exercer à la gratitude :

le soir, revoir le déroulement d’une journée pour simplement dire merci. Merci pour tout ce que j’ai reçu, tout le bon, le vrai, le beau dont j’ai été soit témoin, soit bénéficiaire, soit acteur.

On prend ainsi  conscience de la capacité de bonté chez les autres, chez soi et ancrer dans une bonne estime de soi qui nous fera faire des choix libres.

 

Cela peut nous guérir ainsi d’une attitude qui considère les choses, les autres comme un dû ou une conquête, attitude qui nous épuise dans un faire pour exister et paraître, alors qu’il s’agit d’abord de se laisser aimer par Dieu.

Lui  nous aime pour nous-même, gratuitement et non pour ce que nous faisons.

Trois autres articles vont suivre qui développeront les trois autres attitudes fondamentales.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 15:22

Jn 4/1-42 : 2ère partie

« Elle laissa là sa cruche et s’en alla à la ville en courant»

Il est étonnant de constater que rarement ou jamais ( ?) ce verset n’a été mis en parallèle avec la vocation d’apôtre masculin !

( Je l’ai trouvé dans le livre de Sandra M. Schneiders : Le texte de la rencontre .Lectio divina 161. Ed du Cerf) Et pourtant : « Aussitôt ils laissèrent leurs filets et le suivirent » Mc 1/18.

Cela est du même ordre que : « Laissa sa cruche et s’en alla en courant ». Une cruche d’eau vaut bien un filet comme signe d’un engagement radical d’apôtre de Jésus ! On pourrait même aller plus loin. Il lui a fallu seulement la fulgurance de son dialogue avec lui pour devenir tout de suite son apôtre. Et qui plus est, faire venir tous les habitants d’une ville au Christ.

C’est même un cas unique dans tous l’Evangile d’une réussite apostolique de ce genre !

 

Cela permet de comprendre pourquoi Jésus parle ensuite de nourriture. Ici, la faim de Jésus a été  comblée par la réponse de la samaritaine et par les fruits de son apostolat auprès des ses frères et sœurs samaritains.

 

Ecoutons enfin cette parole de Jésus à cette femme et à travers  elle, à chacun de nous :

« Si tu savais le don de Dieu, qui est celui qui te demande à boire…l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle »

-le don, c’est Jésus lui-même.

-le don de savoir qui il est, de goûter le mystère de sa personne.


Il s’agit pour nous de le rencontrer, lui, qui attend notre réponse, lui qui a fait tout le chemin pour nous rencontrer, pour nous éveiller au seul désir qui peut vraiment combler notre vie, dans la confiance d’être accueilli comme nous sommes.



 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 15:16

Jn 4/1-42  1ère partie

 

* « Il lui fallait traverser la Samarie »

Ce n’est pas une nécessité géographique, c’est une nécessité de mission : s’ouvrir à un universel signifié par les samaritains.

* Cela se passe près d’un puits.

Celui de Jacob, référence à l’épisode de la rencontre de Jacob avec sa future femme. Ici l’épisode se reproduit : un homme rencontre une femme pour une rencontre d’Alliance.

 

Ces 2 notations nous font entrer dans la richesse symbolique de ce texte.

Nous ne sommes plus de nuit comme avec Nicodème, nous sommes en plein midi de la lumière. Parce que nous sommes à l’heure de la Révélation.

Cette femme, par son ouverture, son questionnement, sa recherche, son désir, va permettre à Jésus de se révéler. Il va dire : « JE SUIS » ce qui est la reprise de la révélation de Dieu à Moise.

 

Ce texte a encore plus de force comme texte de révélation quand on se rend compte que Jésus révèle sa divinité dans la faiblesse : il est aussi cet homme, ce Dieu mendiant d’un peu d’eau. Mendiant qui dit : « j’ai besoin de toi. »

Véritable dialogue d’amitié avec cette femme chercheuse de sens.

« Donne-moi à boire » et « j’ai soif » en 19/28. De quoi a-t-il soif ? Il a soif de notre foi, de notre amour, de notre engagement à sa suite. Sa demande « donne-moi à boire » est un appel. Appel à  une suite davantage purifiée de nos idoles qui sont ici symbolisés par les 5 maris. Si Jésus est déclaré prophète ce n’est pas à cause de sa capacité de lire dans les cœurs mais parce que les prophètes ont pour tache de dénoncer l’idolâtrie le culte rendu aux faux dieux.


 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 10:18

 De la nuit à la lumière : Nicodème au chapitre3 verset 1 à 21

 

Avec Nicodème nous sommes devant un itinéraire qui va de la nuit à la lumière. Pour nous cet itinéraire est plein d’espérance car plus loin (en 7/50 et 19/39) nous verrons Nicodèmes’engager pour le Christ. Mais ici au chapitre 3, cela commence mal ! Nous sommes dans la nuit. Pourquoi venir de nuit ? La réponse est au v.19 : c’est préférer la nuit à la lumière. La première erreur de Nicodème est de croire qu’il sait, il dit « nous savons ». Prétention à connaître l'autre au lieu de le laisser  se dire lui-même. Il lui fait un compliment qui l’enferme dans ce qu’il veut qu’il soit : un rabbi comme lui. Une manière de l’annexer à son monde.

 

La réponse de Jésus est étonnante : il le renvoie à lui-même, il lui parle d’une naissance d’en haut, de quelque chose qui est important pour lui mais qui concerne aussi tout le monde. Mais naître pour cet homme, chef des pharisiens, c’est régresser : lui le maître redevenir enfant ? Cela implique un reversement de sa position de chef. Du coup, Il n’entend pas la parole de Jésus et la transforme : c’est sa 2ème erreur. Au lieu de reprendre l’expression exacte de Jésus, il dit autre chose : naître une 2ème fois du sein de sa mère, ce qui évidemment est impossible. Mais ce n’est pas ce que Jésus a dit ! Transformer une parole c’est une manière de se dérober. Sa mauvaise écoute est une manière de refuser l’invitation à renaître.

 

Mais que veut dire «  naître d’en haut » ?

C’est se recevoir d’une origine autre que soi, consentir à venir de Dieu. Un consentement qui ouvre à une existence selon l’Esprit et dote d’une liberté identique à celle du vent. Naître du Père c’est entrer dans une fraternité, où toute homme, toute femme est fils et fille du Père, frère et sœur de Jésus.

Nouvelle naissance qui est résurrection dans l’aujourd’hui de nos vies.

 

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 16:29

Dans l'Evangile de Jean au chapitre 1 verset 35 à 37

 

Jean-Baptiste nous invite à un regard contemplatif sur le Christ mais il le désigne comme « Agneau de Dieu ».

Expression à entendre avec toute la richesse de la 1ère Alliance : l’Agneau dont parle le livre de l'Exode au chapitre 19 verset 36: l’agneau mangé avant de prendre la route vers la liberté.  On peut s’attarder à ce titre, car il peut nous aider à consentir à Dieu : l’agneau n’appartient pas à l’ordre des prédateurs ! Dieu à l’image d’un agneau, celui dont on prend soin, qui a besoin de nous . Et si Dieu avait besoin de nous ? Dieu vulnérable, remis en nos mains.

Et moi, à la suite de Jean-Baptiste, qu’est-ce que je dirai pour parler du Christ ?

 

Les deux disciples écoutèrent cette parole et suivirent Jésus.

Avec ces deux verbes, il nous est donné les deux attitudes fondamentales du disciple : écouter et suivre. C’est une décision qui prend tout l’être : une relation d’appartenance où on lie son destin à celui d’un autre.

Seul Jésus peut être suivi de cette manière là, absolue, inconditionnelle, car lui seul est parfaitement fiable, d’un amour pour nous d’une indéfectible fidélité.

 

Je peux interrogé mon cœur : pour moi, quelles sont mes raisons de l’écouter et de le suivre ?

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 14:52

Dans l'Evangile de Jean au chapitre 1 verset 35 à 39

« Jésus se retourna »

C’est Jésus qui prend l’initiative de la rencontre en se retournant.

Au lieu de leur montrer son dos, il leur découvre son visage.

Il leur est ainsi donné de voir la lumière qu’est Jésus, de la voir face à face.

Dieu, en son Verbe fait chair, se donne à voir.

Il nous est bon de nous mettre dans cette scène :

Nous voyons la face de Jésus et nous sommes regardé-es par lui.

Echange de regard.

« Je l’avise et il m’avise » disait un des paroissiens du Curé d’Ars pour parler de son oraison.

Etre en sa présence, sous son regard, ne pas vouloir être ailleurs, car on y a trouvé le lieu de sa paix profonde.

« Que cherchez-vous ? »

Les questions de Jésus sont étonnantes. Elles nous disent Jésus comme éveilleur de désirs.

Il est comme une sage-femme qui aide à mettre au monde la vie.

Que veux-tu au plus profond de toi ? Qu’est-ce qui est vivant en toi et qui ne demande qu’à naître ? Un désir qui ne soit pas influencé de l’extérieur, mais celui du plus profond de soi, celui de vivre à plein.

Entendre cette question pour moi, dans l’aujourd’hui de ce que je suis et de ce que je vis. Et y répondre.

 

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