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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 21:35

Bonjour à toutes et à tous

 

Ce blog est né le 6 juillet

Depuis ce jour, il a reçu 377 visites et 1503 pages ont été vues

24 commentaires ont été écrit 

11 personnes sont abonnées à la newsletters

 

si vous faites google et écrivez au bonheur de Dieu, ce blog apparait sur la 1ère page en 6 ème position

il est passé en quelques jours de la 9ème à la 6ème position!

 

merci à vous de le faire connaitre autour de vous

de me faire des remarques d'amélioration

de me faire des suggestions

 

la Soeur bloggeuse

 

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 14:38

Un jour, en feuilletant un livre sur les manières de méditer qu’offrent les différentes religions, j’ai eu un choc. On présentait la méditation zen, bouddhiste, etc… mais rien sur le christianisme.

Le deuxième choc est venu d’un témoignage d’une religieuse des Philippines. Elle nous disait que les gens de son pays, quand ils veulent avoir une bonne école pour leurs enfants, se tournent vers les chrétiens. Quand ils veulent un bon hôpital, ils se tournent aussi vers les chrétiens. Mais s’ils veulent apprendre à méditer, ils se tournent vers un moine bouddhiste !

 

Que se passe-t-il là-bas et ici pour qu’il y ait tant d’ignorances sur les trésors du christianisme ? Les trésors des différentes spiritualités chrétiennes, carmélitaine, cistercienne, ignacienne, etc…

 

Nous pourrons y revenir pour comprendre cette carence. Elle est à mon avis, une des causes de la désaffection que l’on constate, celle de n’avoir pas proposé une véritable expérience de Dieu.

 

Cette boite à outils, dont voici le premier article, se veut une petite aide pour la méditation chrétienne.

 

Des préparatifs sont nécessaires :

 

Beaucoup de choses que nous faisons, nécessitent des préparations. Si nous invitons quelqu’un à déjeuner, nous aurons d’abord fixé un rendez-vous avec lui, prévu un menu etc… La méditation aussi demande une préparation.

Quels en sont les éléments ?

 

1-Choisir à l’avance un passage de l'Evangile.

 

La méditation chrétienne est un regard sur le Christ et une écoute du Christ. Plusieurs choix sont possibles. Par exemple choisir l’Evangile de Marc et le méditer en continu. Commencer par le chapitre 1 verset 1 à 11, une autre fois verset 12 à 15, et ainsi de suite. Ne pas hésiter à rester plusieurs fois sur le même texte.

 

2-Décider :

 

d'un lieu : quel le meilleur endroit pour moi ? Un lieu où je ne serais pas

dérangé-e. Par exemple un endroit chez moi devant une icône, en allumant une bougie ;

(Conseil d’ami : débrancher le téléphone !)

d'un rendez-vous : la veille, décider et noter ce rendez-vous avec Dieu sur votre agenda.  Il est aussi important que n’importe quel autre rendez-vous. Et quand le moment sera venu, allez à ce rendez-vous en ne faisant pas attendre Dieu qui vous attend. Feriez-vous attendre un ami très cher ?

d'une durée : promettre à Dieu de rester avec lui 15 minutes ou 30 ou 45

selon ce que vous sentez pouvoir donner, selon le temps que vous avez, selon l’expérience qui est la vôtre. Ne promettez pas des choses impossibles à tenir. Soyez réaliste ! Et fidèle à la durée promise.

Vous y êtes !

1-Ne vous pressez pas :                                                                      

 choisir une position du corps détendue, sans crispation  

prendre du temps pour respirer profondément

faire un geste qui exprime par votre corps, votre présence à Dieu : par exemple un

signe de la croix fait lentement.

entendre Dieu vous demander :« comment vas-tu ? »

et lui répondre en déposant devant lui tout ce qui habite votre cœur en positif et négatif, des joies, des soucis etc…

 

2- Entrez dans le vif du sujet

lire le passage de l’Evangile que vous avez choisi

essayer de vous rappeler l’histoire qui est racontée comme si vous aviez à la raconter à quelqu’un

relire le texte une deuxième fois

regarder les personnages du texte en me rendant attentif à ce qu'ils font ou ne font pas, leur actions ou inactions

écouter ce qu'ils disent ou leur silence

essayer d'entrer à partir de là dans leur intention profonde

choisir de m'arrêter sur un point précis : une parole, une action car je sens que pour moi c'est important, que j'ai besoin de regarder ou d'écouter cela.

Donner du temps pour que cela descende au plus profond de moi

regarder plus particulièrement Jésus et voir de quelle manière il aime.

me laisser aimer par lui de cette manière là.

 

3-terminer en  parlant à Dieu comme un ami parle à son ami

en fonction de ce que j'ai regardé et écouté, qu'est-ce que j'ai envie de dire à Dieu ?

admiration, merci, louange, demande etc...

terminer par un geste

 

Garder trace de ce moment de méditation

noter sur un carnet spirituel le point sur lequel je me suis particulièrement arrêté-e.

noter pourquoi et ce que cela a provoqué en moi.

 

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 00:10

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 10 verset 29 à 37  

[25] Et voici qu'un légiste se leva, et lui dit pour l'éprouver : Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?"

[26] Il lui dit : "Dans la Loi, qu'y-a-t-il d'écrit ? Comment lis-tu ?"

[27] Celui-ci répondit : "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même" -

[28] "Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela et tu vivras."

[29] Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : "Et qui est mon prochain ?"

[30] Jésus reprit : "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands

qui, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort.

[31] Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là ; il le vit et passa outre.

[32] Pareillement un lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre.

[33] Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié.

[34] Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui.

[35] Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier, en disant : Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour.

[36] Lequel de ces trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands ?"

[37] Il dit : "Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui." Et Jésus lui dit : "Va, et toi aussi, fais de même."

 

Dans cet Evangile, nous avons 2 personnages principaux : un homme qui quitte Jérusalem et tombe sur des bandits ; un autre originaire de Samarie qui le découvre et s’occupe de lui.

« Il prit soin de lui » nous dit le texte. Mais qui est « il », qui est « lui » ?

On peut interpréter ce texte de plusieurs manières différentes :

Une première manière, qui n’est pas habituelle, est de voir le Christ sous les traits de ce samaritain. Jésus en racontant cette histoire s’identifie à ce samaritain méprisé qui fait du bien. On peut en le regardant prendre soin du blessé, passer dans notre mémoire tous les gestes de guérisons dont l’Evangile est rempli.

Il est celui qui est en voyage ; et ce voyage n’est-il pas le chemin de Dieu pour nous rejoindre, pour unir sa vie à la nôtre dans l’Incarnation ?

Il s’agit ensuite de voir le blessé et d’accepter de s’identifier à ce blessé. Pas si facile que cela ! Car cela suppose de reconnaître en nous notre part d’ombre, de blessures, de souffrances, de les nommer et d’accepter que le Christ s’en occupe. Accepter la libération que Jésus me propose. Accepter de me laisser aimer. Laisser Dieu prendre soin de moi.

1ère lecture

1ère piste :

Ecouter la question du légiste : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Le texte nous dit que c’est pour l’éprouver. Au moins a-t-elle l’avantage d’ouvrir un dialogue, de se situer en état de demande, d’être ouvert à une réponse. Et moi qu’est-ce que j’ai envie de demander au Christ, pour ouvrir un dialogue avec lui ?

2ème piste :

Entendre la réponse de Jésus. Elle mérite qu’on s’y arrête. Jésus ne donne pas de réponse. Il le renvoie à sa propre connaissance des Ecritures, à sa propre expérience de Dieu. Jésus fait confiance à cet homme, il croit que de lui-même, il peut trouver ce qu’il cherche.

Rester à regarder cela, regarder en fait la confiance que Dieu me fait aussi, la foi qu’il a en moi, il croit qu’il y a en moi la capacité de trouver ce que je cherche.

3ème piste :

Entendre la citation de l’Ecriture que fait le légiste : « Tu aimeras » C’est un commandement

Pour y entrer, je vous propose ce texte écrit par K.Rahner : « Tu m’a ordonné de t’aimer…Mais en me commandant de T’aimer, Tu m’imposes ce que je n’aurais jamais eu l’audace de faire sans Ton ordre : T’aimer Toi-même, intimement, aimer Ta vie, me perdre en Toi, certain que Tu me reçois dans Ton cœur et que je puis te dire « Tu » à Toi qui est l’insondable secret de mon cœur. Oui, c’est dans l’amour que je puis Te trouver, Toi mon Dieu »

4ème piste :

Regarder le blessé sur le chemin, on nous dit qu’il  tombe au milieu de brigands, dépouillé, roué de coups, à demi-mort. Regarder cet homme comme image de notre humanité blessée.

5ème piste :

Regarder le Samaritain, image du Christ, celui qui est en voyage, celui du chemin de Dieu vers nous, le voyage de son Incarnation, pour nous rejoindre au cœur même de notre pauvreté comme de nos richesses. Regarder ses gestes. « Il voit », cela veut dire qu’il a de l’attention pour chacun et donc pour moi ; il est pris de pitié cela veut dire qu’il m’entoure de sa miséricorde ; il s’approche cela veut dire qu’il se fait mon prochain ; il soigne les plaies, verse de l’huile et du vin, on peut voir là, la préfiguration des sacrements, huile du baptême, vin de l’eucharistie ; il le chargea sur sa propre monture et le conduit à l’hôtellerie et prit soin de lui. On peut rester longtemps à regarder le Christ prendre soin de nous, de moi. Et surtout le laisser prendre soin de moi.

2ème lecture :

L’homme qui descend de Jérusalem, c’est le Christ, car il est celui qui de la crèche au crucifiement comme le dit un cantique ancien est celui qui s’est remis entre nos mains. Des mains qui l’ont fait tomber, dépouillé, roué de coups, mais aussi des mains qui ont pris soin de lui, les mains de Marie s’occupant de lui dans la nuit de Noël, lui apprenant à marcher quand il grandissait.

Regarder ce Christ bléssé, sur la croix. Et devant une telle amitié qui a été jusque là pour me dire son amour. Prendre soin de Dieu. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement dans ma vie ?

3ème lecture :

Le samaritain, c’est chacun de nous. Faire mémoire dans ma vie de moments où j’ai pris soin des autres, où je prends soin des autres.

4ème lecture :

Le prêtre et le lévite, les brigands, c’est aussi chacun de nous. Faire mémoire de ce qui dans le monde, le pays où je vis, et ma propre vie ressemblent à ce qu’ils font ou ne font pas.

 

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 19:01

Dans l’Evangile selon Luc,  chapitre 4 verset 16 à 30 


[16] Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.

[17] On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit :

[18] L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,

[19] proclamer une année de grâce du Seigneur.

[20] Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.

[21] Alors il se mit à leur dire : "Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Ecriture."

[22] Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : "N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là ?"

[23] Et il leur dit : "A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie."

[24] Et il dit : "En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie.

[25] "Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Elie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;

[26] et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Elie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.

[27] Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Elisée ; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien."

[28] Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.

[29] Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter.

[30] Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin..

Nous avons avec ce texte le projet de Jésus. Il veut que nos vies individuelles et nos sociétés soient fondés selon les valeurs du cœur de Dieu. Que la volonté de Dieu se fasse sur terre comme elle se fait dans le ciel. Un projet qui demande notre collaboration. Il s’agit de chercher le royaume,  d’entrer dans un chemin de transformation des cœurs et des sociétés.

1er point :

« Donner une bonne nouvelle aux pauvres…libérer les captifs…libérer ceux qui sont écrasés ». Pour bien entendre cette parole, on peut la rapprocher d’une autre dans l’Evangile de Luc au chapitre 6 verset 22 à 23 :

« Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncé aux pauvres ; et heureux celui pour qui je ne serai pas occasion de chute »

Jésus montre quel changement est déjà à l’œuvre. Les guérisons qu’il opère ont une signification symbolique. Elles disent le monde que Jésus construit et qu’il nous appelle à construire avec lui. Il nous appelle et nous associe à son œuvre pour qu’il y ait dans notre monde, moins de mensonge et plus de vérité ( guérison d’aveugles) ; plus de liberté pour que chacun-e puisse marcher librement ( guérison de boiteux) ; un accès à la santé le plus large possible ( guérison de lépreux) ; entendre que Dieu nous aime ( guérison de sourds) ; travailler à ce que la vie soit plus forte que tout , combattre toute injustice qui écrase les gens (des résurrections) . Jésus a commencé ce règne. Il a besoin de nous pour le continuer. Et il nous dit : « Celui qui croit en moi, fera lui aussi les œuvres que je fais, il en fera même de plus grandes parce que je vais au Père » (Dans l’Evangile de Jean au chapitre 14 verset 12

3ème point

Sentir la nuance de mépris qu’il y a dans la réflexion des gens de son village : il n’est que le fils de Joseph. C’est le choix de l’incarnation. Dieu n’a pas pris chair dans les sphères des puissants, des opulents, des gens connus qui font la une de l’Histoire. ( St Paul dira la même chose : « Ce qui dans le monde est sans naissance et que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi » 1ère lettre aux Corinthiens chapitre 1 verset 28.) Le choix du Christ montre l’infinie dignité de chaque homme, chaque femme, simplement du fait de son humanité. C’est pourquoi personne ne doit être écrasé. Cet infini respect inauguré par le Christ est libération du mépris, cela nous invite à inventer d’autres types de relation entre nous et dans nos sociétés.

4ème point

La fin de son discours suscite la colère et la volonté de le tuer. Se poser la question : pourquoi cela ?

 

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 13:38

Nous pensons que le monde n’est pas le fruit du hasard mais d’un désir de Dieu. Dire cela, cela équivaut à dire que Dieu est créateur. Mais comment est-il créateur ? Qu’est-ce qu’il a créé ? Cette question mérite d’être creusée.

Il y a deux modèles :

 

1-Soit il a créé un monde tout fait. Pour employer une comparaison de couture : un monde prêt à porter. Il n’y a qu’à enfiler le vêtement. Ce vêtement il est comme il est, on ne peut rien changer. Il y a un ordre des choses décidé par Dieu.  Un monde tout fait où il n’y a rien à changer, rien à créer, auquel il ne manque rien. Donc dans ce cas l’action humaine est de conserver les choses en leur état. La réponse de l’humain est de rien abimé de ce qui est sorti des mains de Dieu. La liberté s’exerce dans ce cas à pouvoir dire oui ou non à un ordre établi par Dieu. La liberté se fait obéissance à cet ordre dans le oui, elle se fait désobéissance,  révolte et péché dans le non.

*La première  conséquence, c’est que ce monde en soi a peu  d’intérêt puisque rien ne lui manque, qu’il n’y a rien à y faire de décisif qui lui manquerait, il est seulement le lieu d’une épreuve, le lieu où l’on fait ses  « preuves » de l’obéissance ou de la désobéissance.

*La deuxième conséquence c’est l’idée de Dieu que cela justifie. Un Dieu qui impose son modèle à l’exclusion de tout autre. C’est lui qui l’a fait ainsi. C’est un modèle où Dieu impose. Image d’un pouvoir absolu. Image de Dieu comme monarque absolu.

*la troisième  conséquence permet de justifier tous les conservatismes. Les choses de ce monde n’ont pas à être changées  parce que elles sont telles que Dieu les a créés. Cela permet de justifier les instances de pouvoir. De même que Dieu  impose un ordre des choses, il est normal que certains l’imposent aux autres. Que Dieu commande, cela justifie que certains le fassent. Ainsi nous nous faisons une idée de Dieu conforme à ce qui se passe dans nos sociétés ou certains dominent les autres, où certains sont supérieurs aux autres. Le fait que Dieu soit aussi celui qui impose son modèle, justifie que qu’il en soit ainsi dans les relations humaines. Le ciel justifie la terre et la terre est à l’image du ciel. Nous projetons sur Dieu, le style de relations aliénés que nous vivons entre nous

« Les relations sociales basés sur la domination existant entre nous ont servi d’exemple pour concevoir la relation ente les humains et Dieu » Berdiaeff , De l’esclavage à la liberté p 91

Cette conception du monde et de Dieu sont solidaires.

Dans ce modèle, le péché va s’appelé révolte, désobéissance, refus.

Et ce modèle est pour moi une des raisons de l’athéisme.

 

2-Mais il y a un autre modèle qui dit une autre image de Dieu, de l’humain et de la liberté

Dieu n’a pas créé un monde tout fait mais un monde à faire. Pour continuer la comparaison de la couture : ce n’est pas un monde prêt à porter. Ce sont des  vêtements a confectionné nous-mêmes. Dieu nous offre ce qu’il faut pour coudre mais c’est à nous d’être créatif, d’inventer des formes, des couleurs à l’infini. Ce monde n’est pas tout fait, il est à faire. Et si nous ne le faisons pas il y manquera ce que nous nous seuls pouvons faire, pouvons y apporter. Il ne s’agit pas de conserver un monde préétabli mais de bâtir un monde neuf. La liberté ici est liberté de création où chacun doit inventer son chemin.

Dans ce modèle, la liberté peut produire de l’inédit qui ajoute quelque chose  d’original, quelque chose qui manque. C’est une liberté créatrice où tout humain doit inventer son chemin.

Les conséquences sont l’inverse

*La première  conséquence, c’est que ce monde à faire acquiert un intérêt fondamental. Sa création est remise à notre responsabilité. Il lui manque ce que nous arriverons à créer et qui ne serait pas sans nous. Ce que nous y ferons acquière une dimension de décisif. Il est lieu de créativité. La liberté n’est pas une épreuve, elle est condition de création.

*La deuxième conséquence c’est l’idée de Dieu que cela révèle. Un Dieu qui nous fait co-créateur. Il n’impose un modèle. Il ouvre des possibles confiés à notre créativité. Il n’est pas le Dieu qui impose et s’impose, qui dirige. Il crée comme la mer, les continents, en se retirant. Il n’est pas à I’image d’un pouvoir absolu mais son autorité est de celle qui autorise à vivre à plein. Va vers toi-même dira-t-il à Abraham.

*la troisième  conséquence permet de libérer l’initiative pour tous et toutes. Les choses de ce monde n’ont pas à rester telle quelle, elles peuvent et doivent être changées. Le pouvoir est rendu à chacun. Les instances de pouvoir sont légitimes non en soi mais dans la mesure où elles sont au service du progrès, de l’humanisation de toutes et de tous.

Ainsi cette autre idée de Dieu conteste  ce qui se passe dans nos sociétés où certains dominent les autres, où certains sont supérieurs aux autres. Le fait que Dieu ne soit pas celui qui impose son modèle, justifie la recherche de  relations humaines basées sur la fraternité et l’égalité, la recherche de relations non aliénés.

Dans ce modèle, le péché va prendre une toute autre tonalité. Il va être plus de l’ordre de l’omission, du désintérêt des choses de ce monde, du non engagement à bâtir ce monde, de tout pouvoir dans la mesure où il empêche l’autre d’exister et d’inventer sa vie librement. Il va se découvrir en se demandant ce qui fait obstacle aux relations fraternelles, faites de respect et d’égalité.

La conversion va se comprendre comme conversion à une autre image de Dieu. Avoir entendu Dieu nous dire : « Va vers toi-même », avoir vraiment entendu cette parole va libérer notre cœur pour pouvoir dire et être pour les autres ce que Dieu fait pour nous. Donc se détourner de ce qui justifie l’injustice, le conservatisme, la domination, l’aliénation et accueillir ce qui nous stimule à bâtir des relations libérantes pour nous et pour les autres.

 

Quel choix faisons nous? Lequel de ces 2 modèles informe nos vies?

 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 23:02

Pour commencer un seul verset. Il se trouve dansle dernier livre de  la Bible: l'Apocalypse. Ce mot vient du grec et veut dire Révélation. Ai Capitre 3 verset 20 

 

 "Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi."

 

1er point :

Regarder celui qui se tient à la porte. Il est en attente, Il est sur le palier de ma porte. Mais en aucun cas il ne va la forcer. Tant que je ne lui aurais pas dit d’entrer, il n’entrera pas. Il est dépendant de ma réponse.


2ème point :

Entendre les petits coups sur ma porte. Ils sont audibles mais discrets. Cela n’a rien à voir avec le martellement d’une descente de police ! Ce sont de petits coups d’un amoureux qui dit avec respect son désir d’entrer.


3ème point :

Regarder ce qui se passe si on lui ouvre : il entre, il est près de moi et moi près de lui, nous prenons le repas ensemble. Gouter la proximité de cette relation, sa réciprocité, son égalité.

Ecouter le partage de ces 2 ami-es.


4ème point :

Regarder ce qui a permis que cela se passe ainsi. Un acte de liberté : avoir décidé d’entendre, avoir décidé d’ouvrir. Un acte de liberté de notre côté. Un acte de liberté du côté de Dieu. C’est son choix de vouloir nous rejoindre.

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 11:50

Bonjour

Demain lundi dans le Centre spirituel où je travaille, commence une retraite. Je la prêche  en co-animation avec une laïque. Cela s'intitule: "les Exercices spirituels: un chemin de libération".

Il y a 11 personnes d'inscrites. Cela va duré 8 jours.

Mais grâce au blog, je vais pouvoir la diffuser plus largement!

Ainsi tous ceux qui visite mon blog, pourronsaussi  la vivre s'ils le désirent.

régulièrement, je mettrai des topos, des pistes de méditation.

Dans beaucoup de journaux, nous avons le feuilleton de l'été.

Ici ce sera la retraite spirtuelle de l'été.

Beau chemin à chacun, chacune.

Michèle

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 23:23

Mt 25/14-30

[14] "C'est comme un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur remit sa fortune.

[15] A l'un il donna cinq talents, deux à un autre, un seul à un troisième, à chacun selon ses capacités, et puis il partit. Aussitôt

[16] celui qui avait reçu les cinq talents alla les faire produire et en gagna cinq autres.

[17] De même celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres.

[18] Mais celui qui n'en avait reçu qu'un s'en alla faire un trou en terre et enfouit l'argent de son maître.

[19] Après un long temps, le maître de ces serviteurs arrive et il règle ses comptes avec eux.

[20] Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança et présenta cinq autres talents : Seigneur, dit-il, tu m'as remis cinq talents : voici cinq autres talents que j'ai gagnés. -

[21] C'est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai ; entre dans la joie de ton seigneur.

[22] Vint ensuite celui qui avait reçu deux talents : Seigneur, dit-il, tu m'as remis deux talents : voici deux autres talents que j'ai gagnés. -

[23] C'est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai ; entre dans la joie de ton seigneur.

[24] Vint enfin celui qui détenait un seul talent : Seigneur, dit-il, j'ai appris à te connaître pour un homme âpre au gain : tu moissonnes où tu n'as point semé, et tu ramasses où tu n'as rien répandu.

[25] Aussi, pris de peur, je suis allé enfouir ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien.

[26] Mais son maître lui répondit : Serviteur mauvais et paresseux ! tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que je ramasse où je n'ai rien répandu ?

[27] Eh bien ! tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers, et à mon retour j'aurais recouvré mon bien avec un intérêt.

[28] Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents.

[29] Car à tout homme qui a, l'on donnera et il aura du surplus ; mais à celui qui n'a pas, on enlèvera ce qu'il a.

[30] Et ce propre-à-rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents.

 

Petit précision de départ de notre recherche

1  talent  est l’équivalent de 100 pièces d'or,  un poids de 20 kg et 17 années de travail.

2 talents à  200 pièces  à 34 années de travail.

5 talents à  500 pièces d'or à 85 années de travail

C’est donc bien une fortune qui est confié à ces 3 hommes : 17+34+85=136 années de travail

Le texte le dit bien : « il leur confie sa fortune » Les 3 reçoivent une somme énorme, même celui qui n’en reçoit qu’un. 17 années de travail, ou 34 ou 85 cela nous donne déjà une indication : il s’agit de l‘œuvre d’une vie.

Comment entendre cela. Est-ce un don, est-ce un prêt ? Est-ce un dépôt ? En tout cas c’est une confiance qui leur est faite.

La différence entre les 2 premiers et le 3ème  se joue d’ailleurs là. Comment ont-ils entendu compris ce geste de cet homme qui confie sa fortune ? Comment ont-ils accueilli ce geste à leur égard ?

De manière complètement différente.

On le découvre dans la manière de réagir quand l’homme revient. Les deux premiers font d’abord un acte de reconnaissance : « tu m’as confié 5 talents, 2 talents ». Acte de reconnaissance, ils reconnaissent que ces 5 ou 2 talents c’est bien cet homme qui leur a donné, et donner pas n’importe comment, comme une confiance qui leur était faite. Ils n’auraient rien pu faire s’il n’y avait pas eu cet acte d’initiative de confier sa fortune. Un don premier dont ils ont été bénéficiaires. Mais il faut remarquer qu’il y a une 2ème reconnaissance. Ils ajoutent « voilà 5 autres, 2 autres que j’ai gagnés » ; Il y a la reconnaissance qu’à partir du don premier, il y a leur travail, c’est bien grâce à eux que la mise a été doublé. Aucune fausse humilité chez eux. Et ce travail qui a été le leur, est loué par l’homme qui avait confié sa fortune

Tout autre est la réaction du 3ème, il ne commence pas son discours comme les autres. Il ne dit pas : tu m’as confié, il dit « le voici, tu as ton bien ». Il reconnait bien que ce talent vient de cet homme mais il ne l’a pas entendu comme un bien donné, un bien qui devenait le sien, un bien confié, et à travers lui, la confiance qui lui était faite, un bien dont il devenait responsable. Il lui rend comme quelque chose dont il n’avait rien à faire et d’ailleurs dont il n’a rien fait.

Faisons une 1ère interprétation de cette parabole. En quoi dit-elle quelque chose qui nous concerne, qui concerne notre vie. Peut-être d’abord que notre vie est un don de Dieu. Et cela peut être une première question à se poser. Comment j’accueille ce don ?  Est-ce que je vis ma vie comme un cadeau qui me vient de Dieu. Un cadeau dont je suis responsable. Oui, responsable de ma vie. Comment j’entends le don qui m’est fait. Comme les 2 premiers ou comme le 3ème ? Ma vie comme quelque chose d’infiniment précieux, dont il faut prendre soin et qui n’est pas à gâcher. Un cadeau qui n’est pas à rester tel quel mais qui est là pour une œuvre à accomplir, un don à faire fructifier. Ensuite ces talents de pièces d’or, c’est aussi nos talents personnels. C’est le même mot en français. Les accueillir d’abord comme un don, c’est d’abord en prendre conscience, reconnaitre qu’il sont bien là, dans leur diversité, leur richesse, leur particularité, leur complémentarité (celui de l’un n’est pas celui de l’autre, mais tous sont nécessaires).  Ensuite les faire fructifier. Ils sont comme des grains semés pour prendre une comparaison d’’une autre parabole. Ils ont besoin de la bonne terre, c'est-à-dire des soins du jardinier de nos vies que nous sommes. Un talent d’artiste s’il n’est pas cultivé, ne fera pas de lui un pianiste renommé. Cela demande des heures de travail, de persévérance, de courage. Cela demande surtout de croire que ce monde nous est confié pour le bâtir selon le cœur de Dieu. Ce monde n’est pas donné tout fait, et où il n’y aurait plus rien à faire. Non, ce monde est à faire. Dieu nous fait co-créateur. Une création à continuer, à perfectionner. Cela se joue dans toutes les dimensions de l’existence. On pourrait résumer en disant : avoir une vie féconde pour ce monde. Il y a la fécondité de la parentalité mais aussi tant d’autres fécondités qui se vit dans le travail, les relations, la vie sociale etc… Pourquoi je dis une création à continuer ? Revenons au début de la parabole. L’homme confie sa fortune et s’en va. Il faut s’arrêter sue le sens de ce départ. Jésus dira aussi : il est bon que je m’en aille. Ce départ, c’est une manière de dire : «  A vous de jouer » à vous de continuer de construire, de bâtir, j’ai posé les fondements, c’est à vous maintenant de faire la maison. Laisser jaillir votre créativité. Je m’en vais pour que vous puissiez inventer, créer, innover dans le sens d’un monde plus juste et d’une vie toujours plus humaine. Pa d’autres repères que cela mais ils sont fondamentaux. C’est pourquoi, remarquons le, l’homme de la parabole ne donne aucune consigne, il ne dit pas faites ceci, ne faites pas cela, faites fructifier en faisant ceci ou cela. Non. Rien. Il confie sa fortune. Et c’est cet acte de confiance qu’il ya à recevoir, à comprendre comme une confiance sans limite. Une confiance qui est faites à chacun, à chacune. C’est à vous d’inventer votre réponse pour répondre à ma confiance. C’est un risque à prendre, des risques à poser.  Cela nous permet d’avancer dans notre recherche sur cette parabole car elle est révélation d’une image de Dieu. Dieu se révèle comme celui qui nous fait confiance. Il confie toute sa fortune, ce qu’il a, ce qu’il est. A travers ces talents, c’est lui-même aussi qui se remet  entre nos mains, ce qu’il est et son projet de vie pour le monde.  Alors, ce qu’il y a de superbe dans cette parabole c’est de voir les fruits que cela porte d’avoir cette belle image de Dieu. C’est celle qu’ont les 2 premiers. Sûr de la confiance qu’ils ont reçu de Dieu et qu’ils ont su entendre, ils peuvent tout oser, tout risquer, parce que même s’ils connaissent  des échecs, c’est l’acte même de s’engager pour Dieu qui est la réussite de leur vie.  Personnellement j’irai même jusqu’à dire : ils auraient pu tout perdre de l’argent confié, ils auraient gagné la joie d’avoir engagé leur vie pour Dieu. Et ils auraient entendu pareillement l’appel à entrer dans la joie de leur maître puisque déjà elle les habitait.

La contre-épreuve, c’est justement le comportement du 3ème. C’est sa mauvaise image de Dieu qui l’a conduit à un tout autre comportement. Il n’a pas entendu, compris, la confiance qui lui était faite. Nous l’avons déjà noté. Le talent reçu, il ne l’a pas reçu comme sien, il est resté celui de l’autre « tu as ton bien » qui n’est pas devenu le sien. Il n’a pas pu entendre la confiance car il a une idée de Dieu qui n’est pas celle que Jésus révèle mais celle d’un Dieu sévère, exigent, dur. Le pire peut-être est de croire que l’on sait : « J’ai appris à te connaître ainsi… » Cette mauvaise image produit un comportement où il va s’agir seulement de conserver intact, enfouir pour protéger. Ce comportement est en cohérence avec sa fausse image. Sévère, exigent, dur, cette fausse image ne peut que susciter la peur. Il le dit : « Pris de peur ». Cette fausse image, c’est celle du fond religieux humain.

Ne pensons pas trop vite que nous sommes indemnes de cela.

Jésus déclare au début de l’Evangile de Marc : « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle » Cette conversion n’est pas de l’ordre moral mais de l’ordre théologale. C'est-à-dire concerne l’idée qu’on se fait de Dieu. Convertissez-vous, c’est dire échanger vos fausses images contre la véritable image, véritable icône de Dieu qu’est Jésus. Et c’est cela qui aura des conséquences dans votre manière de mener votre vie.

Nous le voyons bien dans cette parabole. Cela a une importance primordiale  d’accueillir les bonnes images et de démasquer les autres. Nous voyons bien ici qu’une bonne image de Dieu ou une fausse  produit des comportements radicalement différents.  Les paraboles sont là pour nous indiquer des chemins de vie et nous alerter sur ceux qui ne mènent qu’à des impasses. Alors entrons dans la joie de ceux et celles qui réalisent qu’il y a bien un don, que ce don est bien pour eux, pour elles, un don à vivre à faire fructifier,

 

Reprise du topo sous forme de pistes pour la prière

Mt 25/14-30  des talents à faire fructifier

Nous le savons, il y a des images vraies de Dieu et il y a des défigurations, de fausses images. Cet Evangile en est un bon exemple. Ne pensons pas trop vite que cela n’a pas trop d’importance d’accueillir les bonnes images et de démasquer les autres. Nous voyons bien ici qu’une bonne image de Dieu ou une fausse  produit des comportements radicalement différents.

1er point : Regarder l’image de Dieu que nous donne cette parabole. C’est celle d’un Dieu qui confie toute sa fortune, ce qu’il a, ce qu’il est. Dans les Exercices, Ignace dit que l’amour consiste en une communication mutuelle où chacun donne ce qu’il a et ce qu’il est ( Exercices n°230) . Un Dieu qui se remet entre nos mains, ce qu’il est et son projet de vie pour le monde. Aucune consigne, pas de : « faites ceci, ne faites pas cela » Non. Confiance qui  laisse  à notre créativité d’inventer les moyens pour que cette richesse qui est Dieu même soit communiquée.

2ème point : Regarder ce que cette vraie et bonne image de Dieu provoque chez les 2 premiers serviteurs

Ils peuvent tout oser, tout risquer, parce que même s’ils connaissent  des échecs, c’est l’acte même de s’engager pour Dieu qui est la réussite de notre vie. Les deux premiers serviteurs auraient pu tout perdre de l’argent confié, ils auraient gagné la joie d’avoir engagé leur vie pour Dieu. Et ils auraient entendu pareillement l’appel à entrer dans la joie de leur maître puisque déjà elle les habitait.

3ème point :Ecoutez le dialogue entre le maître et ces 2 serviteurs

Ils ont la conscience aigüe  du don qui leur est fait : « tu m’as confié » disent-ils et voilà ce que j’ai gagné. Quelle alliance ! Alliance du don de Dieu et de notre réponse, de notre travail qui est bien le nôtre ! « Ce que j’ai gagné »

4ème point :Regarder la fausse image qui habite le troisième serviteur et qui est en complet contraste : celle d’un Dieu sévère, exigent, dur. Le pire peut-être est de croire que l’on sait : « J’ai appris à te connaître ainsi… » Et du coup, le don de ce talent n’a pas été reconnu comme donné : « Je suis allé enfouir ton talent : le voici tu as ton bien. Il n’a pas réalisé qu’il était bénéficiaire d’un cadeau, que c’était bien pour lui.

5ème point : Les paraboles sont là pour nous indiquer des chemins de vie et nous alerter sur ceux qui ne mènent qu’à des impasses. Alors entrons dans la joie de ceux et celles qui réalisent qu’il y a bien un don, que ce don est bien pour eux, pour elles, un don à vivre.                                                                              

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 23:52

Nous sommes au nord de l’Espagne dans un château au 16 ème siècle.

Un homme est en convalescence, il a fait la guerre contre les Français et il a reçu un boulet de canon qui a brisé sa jambe.

Il va s’en sortir mais pour l’instant il est encore immobilisé pour de long mois.

C’est un type super actif et cette immobilisation est pour lui  insupportable.

« Pour tuer le temps » il demande des livres de chevalerie. Manque de chance, aucun dans cette maison !

Le seul livre qu’on peut lui donner, c’est une vie de saints.

Faute de mieux, il le lit.

Quand il s’arrête il se remet à penser aux exploits de chevalerie, ce qu’il pourra faire une fois guéri pour conquérir de l’honneur.

Soit il rêve de ces exploits de chevalier,

Soit il lit la vie des saints et s’éveille en lui le désir de les imiter.

2 désirs en lui qui le mobilisent, dans lesquels il investit son imagination, dans lequel il se projette.

Mais un jour il se rend compte d’une différence

- quand il pense aux exploits des chevaliers, il est heureux un moment, cela l’excite mais cela ne dure pas et le laisse insatisfait, avec un petit goût amer dans son cœur.

- quand il pense à la vie des saints, cela le rends heureux aussi mais d’un bonheur qui dure, qui lui donne courage, force, paix avec un goût de joie dans son cœur qui ne le quitte plus.

Il se met à réfléchir sur cette différence.

Et peu à peu comprend

1-  qu’il y a en nous des désirs qui nous trompent, qui sont des bonheurs d’un moment, mais qui ne peuvent combler le désir d’absolu qui est au fond de nous même.

2- Par contre, il y en nous un Esprit qui nous fait vivre, qui nous appelle à une vie qui vaut la peine d’être vécu, qui nous donne du courage, nous stimule, qui nous indique un chemin de vrai bonheur. Ce n’est pas forcément le plus facile, mais c’est celui qui fait que la vie est passionnante.

Cet Esprit, c’est l’Esprit de Dieu qui nous fait vivre et nous appelle à vivre un vrai bonheur d’exister.

L’homme qui raconte ainsi son expérience s’appelle Ignace de Loyola.

C’est lui-même qui en fait le récit dans son autobiographie qu’on appelle le récit du pèlerin.

Parmi tous les épisodes de la vie d’Ignace, j’ai choisi celui-ci,  où il est initié par Dieu au discernement.

Par ce que cela dit quelque chose de son originalité.

Il n’a pas écrit un ouvrage de spiritualité, il n’a pas écrit un livre à lire, il a écrit un livre à vivre : ces fameux Exercices dont nous nous inspirons pour donner des retraites

Il donne des clés pour ouvrir un chemin, mais c’est à chacun d’y marcher

Il nous a laissé une carte, comme une carte routière ou topographique

Carte précieuse pour marcher en évitant de se perdre en sachant où l’on va.

Mais elle n’est précieuse que si nous décidons d’y aller voir nous-mêmes, de nous engager profondément dans cette aventure intérieure.

Oui, il y a là une profonde originalité.

Il ne décrit pas la beauté du sommet mais il indique des chemins pour y arriver.

Il propose des moyens.

Ce qui donne une spiritualité éminemment concrète :

Trouver Dieu au cœur de mon existence,

le trouver avec ma mémoire, mon intelligence, ma volonté,

le trouver avec mon corps et ses 5 sens,

le trouver par mes décisions, dans la manière de mener ma vie.

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 00:01

Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre  3 verset 11 à 17

« Pour moi, je vous baptise dans de l'eau en vue du repentir ; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne d'enlever les sandales ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. Il tient en sa main la pelle à vanner et va nettoyer son aire ; il recueillera son blé dans le grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s'éteint pas."

Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui.

Celui-ci l'en détournait, en disant : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !"

Mais Jésus lui répondit : "Laisse faire pour l'instant : car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice." Alors il le laisse faire.

Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l'eau ; et voici que les cieux s'ouvrirent : il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

Et voici qu'une voix venue des cieux disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur »

 

1ère piste :

Regarder Jean. Il a conscience qu’avec Jésus arrive un dépassement de son horizon. Jésus le dira aussi. Pas de plus grand que Jean mais il est le plus petit dans le Royaume. Quelle est cette petitesse par rapport au Royaume inauguré par Jésus ? La petitesse d’être encore dans sous le régime d’un baptême d’eau pour le repentir alors que Jésus va introduire un baptême d’Esprit qui est pure grâce de Dieu. C’est la grâce de se recevoir comme fille ou fils du Père qui nous change et non une démarche volontariste.

Faire mémoire de mon itinéraire de foi. Quel chemin parcouru de Jean à Jésus, de la férule de la loi à la liberté de l’Esprit ?

2ème piste :

Continuer à regarder Jean. Au contact de Jésus, il va opérer une vraie conversion de son image de Dieu.

Dieu n’est pas celui à qui on vient mais celui qui vient vers nous. La conversion n’est pas d’abord morale, elle est accueil de Dieu qui vient à nous , elle est dans l’attitude de se laisser aimer, de le laisser faire.

Profiter de ce moment, maintenant pour me laisser aimer par Dieu, m’abandonner, le laisser faire.

3ème piste :

Regarder Jésus au milieu de la foule qui attend son tour. Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège.

Un homme au milieu d’autres. Regarder Jésus qui rentre dans l’eau jusqu’au cou, entièrement enseveli par l’eau. Il descend dans cette eau à l’image de l’incarnation. Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous nous rejoindre.  Il n’a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l’eau, il sanctifie toute la matière de nos vies. Il  rend saint le plus quotidien de nos vies.

Me laisser étonner par ce que je vois, le Très-Haut qui se fait Très-Bas. Laisser parler mon cœur devant l’inouï de ce qui m’est donné à voir. Contempler l’humilité du Verbe qui s’est fait l’un de nous sans revendiquer aucun privilège. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait  à Dieu… » Ph2/6

 

4ème piste :

Voir ce que Jésus voit : il vit l'Esprit de Dieu. Entendre ce qu’il entend : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur » C’est l’identité du Christ qui se dit là mais c’est aussi la nôtre .Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’ainé d’une multitude de frères et de sœurs. L’Esprit qui repose sur lui repose aussi sur nous et nous établit prêtre du Très-haut qui s’est fait le Très-Bas pour que chacun se retourne vers Dieu et pour être les célébrants de son amour. Il nous établit prophète du salut pour écouter sa parole, pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles et pour dire partout les merveilles de Dieu. Il nous établit roi et reine pour être au monde justice de Dieu et ainsi œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

 

Laissez cette parole descendre au plus profond de nous : je suis sa fille, son fils bien-aimé. Comme le Christ, par mon baptême, je suis prêtre, prophète et roi. Regarder ma vie et voir quelle ma manière personnelle de l’être. Comment je suis prêtre ? Comment je suis prophète ? Comment je suis roi ? Et nous le sommes !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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