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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 17:43
Evangile du 31ème dim. TO : Luc 19,1-10, Zachée ou l'estime de soi retrouvé.

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 19 verset 1 à 10

 [1] Entré dans Jéricho, il traversait la ville. [2] Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c'était un chef de publicains, et qui était riche. [3] Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille. [4] Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là. [5] Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : "Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi." [6] Et vite il descendit et le reçut avec joie. [7] Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : "Il est allé loger chez un homme pécheur !" [8] Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : "Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple."

[9] Et Jésus lui dit : "Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham. [10] Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu."

 

1ère piste :

Regardons Zachée. Que sait-on de lui ?

Son compte en banque et la mauvaise réputation qu’il a, car, comme publicain, collecteur d’impôts, les gens le soupçonnent de détourner de l’argent à son profit et d’être sympathisant à l’occupant romain. Son estime de lui ne devait pas être facile : à ses propres yeux et à ceux des autres. De plus son physique ne l’arrange pas : il est petit de taille.

Prenons du temps pour le regarder ainsi.

 

2ème piste :

Ensuite regardons Jésus ou plutôt, regardons Jésus qui regarde cet homme. Dans cette foule, Zachée est le seul à être regardé et à qui Il parle. On peut se demander pourquoi.

Parce que Jésus est venu sauver ce qui est méprisé, exclu, blessé, mésestimé…

Donc, Il est venu pour chacun-e de nous, pour moi dans la mesure où personne n’est indemne d’un mépris, d’une exclusion, d’une blessure, d’une mésestime…

Alors, acceptons d’être un Zachée, montons dans notre arbre et voyons la scène de son point de vue.

 

3ème piste :

Je pourrai alors regarder Jésus qui lève les yeux vers moi. Comment me regarde-t-Il ? Il me regarde avec amour, avec tendresse. Je l’entendrai prononcer mon prénom et le seul désir qu’Il a au cœur : me rencontrer tel-le que je suis, comme je suis.

Dans ce prénom qu’Il prononce, sentir l’estime qu’Il a pour moi, la valeur que j’ai à Ses yeux.

Goûtons Son regard accueillant, bienveillant, désirant.

 

4ème piste :

Puis entendons cette parole : aujourd’hui, il me faut demeure chez toi. Laissons retentir cet « aujourd’hui ».

Ni hier, ni demain mais un aujourd’hui sans fin.

Entendre cet appel de Jésus à vivre l’aujourd’hui.

Entendre toute l’étendue de cet appel : « Aujourd’hui, vis pleinement ta vie, bois cette vie. »

 

5ème piste :

Regardons Zachée, toujours dans son arbre, qui prend une décision : il choisit de descendre et de répondre à cet appel. Il s’était caché dans son arbre pour voir sans être vu. La parole de Jésus lui donne la force de descendre, de s’affirmer, d’être vu sans complexe.

Descendre de l’arbre, Qu’est-ce que cela signifie pour moi, personnellement ? Quelle décision de lâcher-prise ?

 

6ème piste :

Regardons-les maintenant côte à côte, ni en-dessous, ni au-dessus mais à égalité, l’un avec l’autre.

Zachée est chez lui avec Jésus. Zachée peut vraiment « habiter » son existence.

Pour finir, étant devant Jésus, qu’ai-je envie de Lui dire ?

 

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8 septembre 2019 7 08 /09 /septembre /2019 17:28
Dieu comme un berger, Dieu comme une femme, Dieu comme un père. Evangile du 24ème dim du TO

Lc 15. 1 à 31

1- S’approcher et écouter

On y voit le groupe des publicains et des pécheurs :

Il y a deux verbes pour qualifier leur attitude : s’approcher et écouter

Rester à considérer ces 2 attitudes.

*Une décision de se rendre proche de cet homme Jésus, le côtoyer, se laisser changer par lui

*Une décision d’écouter : on a là le verbe qui court le long de toute la Bible : « Ecoute Israël »

Il s’agit de s’ouvrir à la parole d’un autre.

Entrons dans ces 2 attitudes : s’approcher de Jésus dans la confiance et le désir de s’ouvrir à sa parole et surtout de demander une confiance et un désir plus grand que ceux que nous avons.

2-Faire bon accueil et manger

Voir l’attitude de Jésus par deux verbes aussi : faire bon accueil et manger.

Comprendre pourquoi Jésus fait bon accueil : tout simplement parce que il est devant des hommes et des femmes de désir, qui attendent quelque chose de lui, qui on soif de l’entendre.

Prendre conscience de la joie de Jésus.

Rester à regarder Jésus qui fait bon accueil sans condition préalable : le fait de s’approcher et de vouloir écouter suffit.

Rester à regarder ces repas qu’il prend avec eux : dans la société où vivait Jésus, manger est un signe fort de solidarité et de communion, c’est d’ailleurs cela qui scandalise les pharisiens.

3-Une brebis, une pièce, un fils

Prendre du temps pour regarder les images que Jésus prend :

pour parler de nous : une brebis, une pièce d’argent, un fils. Des images qui

chacune à leur manière dise une richesse, une valeur. Nous sommes précieux pour Dieu.

A chaque fois c’est "un-e" , pour dire que chacun-e est aimé-e, manière de reprendre Is 43/1-4 « tu as du prix à mes yeux et je t’aime »

4-Dieu à l’image d’un berger, d’une femme, d’un père.

Prendre du temps aussi pour regarder les images que Jésus emploie pour parler de Dieu :

-Dieu comme un berger

-Dieu comme une femme

-Dieu comme un père

5- S’arrêter devant le trait commun de ces 3 paraboles

perdu / retrouvé

Dialoguer avec Dieu là- dessus : qu’est-ce qui dans ma vie est perdue et que Dieu cherche, recherche ?

5- S’imprégner de la tonalité de joie de ces 3 paraboles, la joie de Dieu

6-Regarder ce que Dieu fait :

*comme un berger :

Courir jusqu’à ce qu’il la retrouve

La mettre sur les épaules

Rassembler amis et voisins

*comme une femme:

Allumer une lampe

Balayer la maison

Chercher soigneusement jusqu’à ce qu’elle l’a trouve

Rassembler amis et voisins

*comme un père:

Confier son héritage

Attendre son retour

Courir à sa rencontre

Le couvrir de baisers

Le revêtir de plus beaux habits

Festoyer

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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 17:03
Accueillir la tendresse qui nous sauve

Nul n’est trop loin pour Dieu

Rien n’est perdu pour Dieu
Rien n’est fini pour Dieu

 

Ces paroles d’un chant indiquent une bonne direction.

Nul et rien n’est fini, n’est trop loin, n’est trop perdu pour Dieu.

C’est nous qui trop souvent le pensons et qui nous décourage.

Pas pour Dieu.

 

D’abord parce que ce qu’il donne, il ne le reprend pas

Son image est en nous, sa ressemblance est en nous, au plus profond de nous

C’est donné pour l’éternité.

Et si nous sommes baptisés, nous sommes configurés au Christ.

C’est donné pour l’éternité.

Image et ressemblance de Dieu, configuration au Christ peuvent être déformées, abimées, blessées, mais jamais enlevées.

Prenons la comparaison avec un superbe tableau :

Nous sommes ce superbe tableau.

Les couleurs peuvent peut-être avoir perdu de leur éclat, il a pu être même être lacéré.

Il reste un superbe tableau qui sera un jour de l’éternité restauré dans tout sa splendeur par la grâce de notre Dieu.

En attendant cette gloire future, rien de notre vie n’est trop loin pour Dieu, rien n’est fini pour lui.

Il est l’ami qui est là au cœur de nos joies comme de nos souffrances,

Qui nous rejoint au cœur même de ce qui est peut être abimé en nous, blessé.

Qui nous rejoint comme le fait le samaritain de la parabole pour s’occuper de nous.

Qui nous dit à longueur d’Evangile : ne crains pas.

Qui nous dit : je suis là, lève-toi, sois vivant avec moi.

Qui nous cherche dans nos errances et n’a de cesse de nous retrouver pour fêter l’amitié encore et toujours possible.

 

Dieu ne vient pas pour combler nos manques car nos manques sont les chances de la rencontre. Nos manques et nos pauvretés sont des portes d’entrée de la relation.

« Pauvres qui cherchez Dieu, vous trouverez la vie » dit aussi un chant.

Tes manques, tes pauvretés, partage-les avec moi aux deux sens de partager : en parler et les donner.

 

Alors la vie chrétienne se découvre telle qu’elle est, non une morale mais l’abandon qu’on fait de soi à celui en qui on a pleine confiance parce qu’il l’a prouvé en donnant sa vie pour moi. C’est mettre mes pas dans les siens, le suivre, être son follower comme on dit ! Et la prière chrétienne c’est de ne pas le quitter des yeux, l’écouter, m’emplir de lui pour que sa vie passe dans ma vie.

 

Et c’est ainsi que je quitterai peu à peu les chemins qui déshumanisent pour emprunter avec Jésus, par lui et en lui les chemins qui humanisent ma vie et celles des autres.

Non par volontarisme mais par osmose, contagion au bon sens du terme.

Et pour cela, il n’y aucune condition, seulement de se laisser rejoindre par lui, le laisser nous approcher, le laisse s’occuper de nous, comme le blessé de la parabole du bon samaritain. (Luc 10/29-37)

Nous sommes tous et toutes des blessés ne serait-ce que la blessure de notre naissance…

 

Dans cet Evangile, nous avons 2 personnages principaux : un homme qui quitte Jérusalem et tombe sur des bandits ; un autre originaire de Samarie qui le découvre et s’occupe de lui.

« Il prit soin de lui » nous dit le texte. Mais qui est « il », qui est « lui » ?

On peut prier ce texte en voyant le Christ sous les traits de ce samaritain. Jésus en racontant cette histoire s’identifie à ce samaritain méprisé qui fait du bien. On peut en le regardant prendre soin du blessé, passer dans notre mémoire tous les gestes de guérisons dont l’Evangile est rempli.

Il est celui qui est en voyage et ce voyage n’est-il pas le chemin de Dieu pour nous rejoindre, pour unir sa vie à la nôtre dans l’Incarnation ?

Il s’agit ensuite de voir le blessé et d’accepter de s’identifier à ce blessé. Pas si facile que cela ! Car cela suppose de reconnaître en nous notre part d’ombre, de blessures, de souffrances, de les nommer et d’accepter que le Christ s’en occupe. Accepter de me laisser aimer. Laisser Dieu prendre soin de moi.

Regarder le Samaritain, image du Christ, celui qui est en voyage, celui du chemin de Dieu vers nous, le voyage de son Incarnation, pour nous rejoindre au cœur même de notre pauvreté comme de nos richesses.

Regarder ses gestes :

 Il voit cela veut dire qu’il a de l’attention pour chacun et donc pour moi ;

il est pris de pitié cela veut dire qu’il m’entoure de sa miséricorde ;

il s’approche cela veut dire qu’il se fait mon prochain ;

il soigne les plaies, verse de l’huile et du vin, on peut voir là préfiguration des sacrements, huile du baptême, vin de l’eucharistie ;

il le chargea sur sa propre monture et le conduit à l’hôtellerie et prit soin de lui.

On peut rester longtemps à regarder le Christ prendre soin de nous, de moi. Et surtout le laisser prendre soin de moi.

 

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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 17:50
Peinture de He Qi

Peinture de He Qi

 Alors qu’il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une soeur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.

Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma soeur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. »

Luc au chapitre 10 verset 38 à 42

 

Cet épisode de Marthe et Marie a été « lu » pendant des siècles comme symbolique de la vie contemplative (Marie) et de la vie active (Marthe). C’était une lecture justificatrice de la supériorité de la première sur la seconde.  C’est un bon exemple d’interprétation partiale sinon partielle, faute de connaissance du contexte historique mais aussi d’aveuglement plus ou moins conscient qui favorise des intérêts. 

Comment se fait-il que la situation décrite dans ce texte, qui était scandaleuse pour la société où vivait Jésus n’a pas été perçu ?

 

Dans la société où vivait Jésus seuls les hommes pouvait étudier les Ecritures et être le disciple d’un maître. L’attitude du disciple était d’être au pied de celui qui l’enseignait. Les femmes étaient exclues de cela. Et Marie le fait ! En étant assise au pied de Jésus pour l’écouter, elle prend cette place de disciple. Marie la prend et Jésus approuve son choix qui est une transgression du rôle dévolue aux femmes.

 

La meilleure part dont parle Jésus est donc, pour les femmes, d’être disciple, une part à laquelle Jésus les autorise, les appelle, auquel il leur reconnait le droit d’aspirer.

 

Il ne s’agit donc pas dans ce texte d’opposer l’écoute de Jésus au service de la maison. C’est un texte fort pour dire que rôles, vocations, natures des femmes ne sont pas à enfermer dans les limites de la maison, mais que, de la même manière que les hommes, elles peuvent être disciples. Jésus prend position ainsi contre les discriminations dont étaient victimes les femmes à son époque.

 

Contemplons donc cette scène en nous attachant à cette relation étonnante entre Jésus et Marie.

 

Regardons Jésus. Comprenons que le désir de son cœur, c’est qu’on prête attention à ce qu’il dit, qu’on l’écoute. C’est cela dont il a besoin, dont il a soif.

 

Regardons Marie qui lui offre ce que désire son cœur. Elle lui offre un cœur qui écoute « elle restait à écouter sa parole ».

Regardons-la désirant cette place de disciple que seul Jésus à l’audace de lui accorder. Regardons-la briser les limites qu’on lui impose.

 

Laissons-nous étonner par la transgression que Jésus opère, similaire à tant d’autres qu’il a accompli pour faire éclater tout ce qui limite, tout ce qui enferme, tout ce qui exclut. Suivons-le sur ce chemin de transgression pour les exclusions d’aujourd’hui dans l’Eglise et la société.

 

 

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 14:59
Tableau d'Arcabas

Tableau d'Arcabas

 

 

 

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 16:03
Le temps du Cénacle: entre Ascension et Pentecôte

"Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » Alors, ils retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères."

Ac 1/8-14

 

 

Un jour, je faisais visiter notre Centre spirituel de Versailles  à un prêtre. Nous étions dans la grande salle où il y a une peinture du Cénacle qui montre des femmes et des hommes avec Marie faisant l’expérience du don de l’Esprit et partant tout joyeux dire la bonne nouvelle de Jésus.

« Au Cénacle, il n’y avait que les douze apôtres avec Marie », me dit-il. Et je lui ai lu ce passage : « Assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. »

Il n’est pas le seul à penser cela. Si vous regardez l’imposante iconographie de l’Ascension et de la Pentecôte, vous y trouverez souvent des peintures sans femmes, sans autres hommes que les douze apôtres et même sans Marie !

Et pourtant ils sont bien là dans le texte : Marie, des disciples hommes et femmes et les douze apôtres.

Cela peut nous avertir tous sur nos aveuglements de lecture. On lit sans voir car nos représentations nous aveuglent et cachent des intérêts. Par exemple, ne voir que douze apôtres recevant l’Esprit Saint dit une Eglise où seuls certains auraient l’inspiration de Dieu.

Bien lire le texte et voir qu’il y a tout le monde, dit une Eglise où tous ont l’inspiration de Dieu. Cela dit un lieu biblique où tous sont appelés.

Il s’agit d’entrer au Cénacle sur invitation de Jésus.

Entrer au Cénacle pour dix jours entre Ascension et Pentecôte.

Dix jours ? Non pas une durée mais une attitude intérieure : une entrée dans une écoute de la Parole, une entrée dans un éveil de la vie profonde, une entrée dans l’accueil d’un don, une entrée dans une vie animée par l’Esprit de Jésus. Temps de gratuité, temps pour goûter simplement le fait de vivre et d’être aimé-e. Temps pour devenir des Théophiles, ( Ac 1/1) c’est à dire aimant Dieu et aimés de Dieu, trouvés par lui, faisant de notre vie Sa demeure, car il habite notre cœur, il est chez Lui chez nous.

Et le faire avec Marie. Quel est son rôle ici ? Là aussi, pourquoi la penser uniquement silencieuse ? Elle qui est remplie de l’Esprit depuis l’Annonciation, elle qui retenait toutes ces choses dans son cœur (Lc 2,19) … Pourquoi ne pas la voir enseignant à tous et toutes les chemins de la foi, l’accès nouveau à Dieu inauguré par le Christ ?

Entendre Marie nous faire comprendre son absence comme une chance. Marie nous enseignant à désormais le découvrir, le reconnaître dans le plus petit, dans le plus fragile, Marie nous rappelant le projet de son fils : construire un royaume de justice, de partage, projet à réaliser avec lui par nos mains.

Marie nous donnant goût à le contempler pour que quelque chose de ses yeux, de son cœur devienne les nôtres pour devenir Christ pour les autres.

 

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 15:11
Vivre de la résurrection du Christ

La résurrection du Christ n’est pas quelque chose à croire comme on récite une formule, c’est quelque chose à vivre : une prise de position, un combat pour faire gagner la vie, pour faire gagner le royaume de respect d’égalité, de partage de justice inauguré par Jésus. 

 

 

La résurrection donne raison à Jésus contre ceux qui l’ont crucifié au nom de fausses conceptions de Dieu, et parce qu’il remettait en cause l’utilisation religieuse du pouvoir en voulant un royaume de justice.

Comment faire pour que l’orthodoxie d’un énoncé de foi ne reste pas inopérante dans nos vies et nos sociétés ?

Pour cela :

Voir le Christ humilié et crucifié en toute personne humaine qui souffre, dans toutes les déshumanisations de notre monde.

Voir la résurrection à l’œuvre en tout lieu, en toute action, en toute personne, en tout ce qui humanise notre monde. La vivre comme un don et une tâche à accomplir.

 

Belle fête de Pâques

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 16:41
(Peinture de Sr Marie-Boniface, bénédictine de Vanves)

(Peinture de Sr Marie-Boniface, bénédictine de Vanves)

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.

Jn 13/1-17

Pourquoi sommes-nous là ?

Pour regarder le Christ serviteur, regarder ce qu’il fait, ce qu’il dit, ce qu’il est.

Le regarder et s’imprégner de lui.

S’imprégner de sa manière d’aimer et nous laisser aimer par lui pour ensuite aimer sa manière.

 

Jésus ne commence pas par parler mais il agit. 

Imprimons en notre cœur chacun de ces gestes :

Il se lève de table

Il quitte son manteau

Il met un linge autour de sa taille

Il verse de l’eau dans un bassin

Il se met à genoux

Il lave des pieds

Il est le Maitre, il est Seigneur

Il est Dieu et il est à genoux en serviteur.

Prenons conscience de l’inouï de ce geste.

Cela bouleverse nos idées sur Dieu.

Dieu n’est plus en haut, il est en bas, en humble place. Une révolution spirituelle !

 

Chacun-e de nous peut entrer dans cette scène, se mettre à table avec les disciples.

Jésus s’approche de chacun-e de nous

Il se met à genoux devant nous.

Il nous lave les pieds.

Comment je réagis à cela, à ce Dieu à genoux devant moi ?

Refuser comme Pierre tout d’abord ?

Accepter ensuite ?

Si j’accepte que Jésus me lave les pieds, j’accepte que Dieu m’aime, que Dieu prenne soin de moi, j’accepte de me laisser aimer par lui

Mais cela m’engage au même geste pour les autres.

 

Alors nous pourrons entendre sa parole :

 « Un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Je peux faire mémoire de mes engagements au service de mes frères et sœurs, envers celles et ceux que je sers.

Et pouvoir dire : pour telle personne, de telle manière, par tel engagement humanitaire, social, politique, Seigneur, j’agis comme tu as agi.

 

Entendre et comprendre la raison du geste du Christ tel qu’il est dit au début de ce texte 

« Sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout »

Jésus donne sa vie jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême de la croix. Il en donne le sens par ce geste du lavement des pieds.

Entendons son appel à le suivre : servir à sa manière.

 

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 16:35
Jésus qui risque sa vie en libérant une femme. 5ème dim de Carême: Jn 8/1-12

 

Dans l’Evangile de Jean au chapitre 8 verset 1 à 12

 [1] Quant à Jésus, il alla au mont des Oliviers.  [2] Mais, dès l'aurore, de nouveau il fut là dans le Temple, et tout le peuple venait à lui, et s'étant assis il les enseignait.  [3] Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu, [4] ils disent à Jésus : "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.

[5] Or dans la Loi Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ?"  [6] Ils disaient cela pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol.  [7] Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !"  [8] Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol.  [9] Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu.  [10] Alors, se redressant, Jésus lui dit : "Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?"

[11] Elle dit : "Personne, Seigneur." Alors Jésus dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus."  [12] De nouveau Jésus leur adressa la parole et dit : "Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie."

 

1ère piste

Je vous propose de commencer ce texte en amont à partir de 7/37

C’est une parole du Christ :

« Celui qui a soif, qu’il vienne à moi. L’Ecriture l’a dit : des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur »

Partir de cette parole, car cela explique l’attitude de Jésus par rapport à la femme adultère.

Quel est ce fleuve ? l’amour inouï de Dieu.

Ensuite au verset 43, on nous dit qu’on veut l’arrêter.

Les soldats venus pour le faire y renoncent car disent-ils personne n’a parlé comme cet homme. Nicodème prend sa défense en disant qu’on ne peut condamner quelqu’un sans l’entendre.

Il me semble que cela situe mieux notre texte : le premier accusé, c’est Jésus.  Jésus et cette femme sont en danger de mort. Tous les deux sont solidaires. Par l’intermédiaire de cette femme, on veut l’accuser.

Jésus ne se laisse pas prendre au piège. Il me semble que là comme dans tout l’Evangile, nous avons trace de la divinité de Jésus. Se sortir de ce piège est divin : il répond par le silence et par une parole qui fait confiance à la capacité des accusateurs de faire la lumière sur leur comportement.

Cette femme, grâce à Jésus aura la vie sauve et Jésus mourra sur une croix. En disant cela je ne veux pas dire qu’il y a substitution. Non mais dire que c’est son attitude de liberté, sa prétention à la miséricorde, qui suscite l’opposition et qui va le conduire à la mort : en sauvant cette femme, il s’expose encore plus à l’hostilité de la haine qui se cache sous le zèle.

Oui, écouter cette parole : « des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur ».  Et mettre cela en lien avec Jn 19/34 : « le soldat enfonça sa lance dans son côté et il en sortit du sang et de l’eau »

 

2ème  piste

Regarder la scène du côté de cette femme

Que s’est- il passé pour cette femme ?

Elle aurait dû mourir, elle est vivante.

Elle aurait dû être condamnée, elle est graciée.

Elle était prisonnière, elle est libre.

Au lieu de la prison, de la condamnation et de la mort, elle a reçu la grâce, la liberté et la vie.

En fait Jésus l’a sauvée de la mort.

Essayer d’imaginer  la chape de plomb qui pesait sur elle et l’immense délivrance qu’elle a vécu. Imaginer le soulagement de cette femme, elle a vu la mort de près. Après l’angoisse, elle se retrouve vivante, libre. Elle est sauvée mais encore plus, elle sait qui l’a sauvée !

Ce qu’elle a vécu a dû enraciner en elle, un amour immense, une reconnaissance infinie pour celui qui l’avait sauvée de la mort.

 

3ème piste

Ecouter le silence de Jésus. Le silence de Jésus permet à chacun de s’interroger.

Ecoutez sa parole qui renvoie chacun à lui-même.

Prendre conscience de la pédagogie de Dieu : aucune parole d’accusation pour personne, une attitude qui permet à chacun de faire un travail de vérité qui libère.

Mais pourquoi partent-ils ?

 Ils auraient pu rester sans jeter aucune pierre et écouter le « jugement » de Jésus : « moi non plus, je ne te condamne pas ». En partant ils se sont privés de cette parole qui était aussi pour eux. d'autres étaient là et ils ont pu entendre une révélation: "je suis la lumière du monde".  

 

4ème piste

Au début Jésus nous dit qu’il peut étancher toute soif et à la fin il nous dit qu’il est la lumière du monde, que celui qui le suit aura la lumière de la vie. Il faut donc aller jusqu’à ce verset 12 pour entrer dans l’intelligence de l’épisode de la femme adultère. Lui seul peut étancher notre soif de vérité et lui seul peut éclairer notre vie, nous faire passer des ténèbres à la lumière.

S’offrir à cette lumière pour qu’il vienne guérir ce qui a besoin d’être guéri en nous, convertir ce qui a besoin d’être converti.

Demander l’eau que lui seul peut nous donner, la source qui jaillit de son cœur transpercé, l’eau vive de son amour.

 

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 12:19
Méditer avec l'évangile du 4ème dimanche de Carême: Luc 15

01 Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. 02 Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »

03 Alors Jésus leur dit cette parabole :

04 « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? 05 Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, 06 et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !” 07 Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.

08 Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? 09 Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !” 10 Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

11 Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils…

 

Lc 15. 1 à 32

1- S’approcher et écouter

On y voit le groupe des publicains et des pécheurs :

Il y a deux verbes pour qualifier leur attitude, s’approcher et écouter. Rester à considérer ces 2 attitudes.

*Une décision de se rendre proche de cet homme Jésus, le côtoyer, se laisser changer par lui

*Une décision d’écouter : on a là le verbe qui court le long de toute la Bible : « Ecoute Israël »

Il s’agit de s’ouvrir à la parole d’un autre.

Entrons dans ces 2 attitudes : s’approcher de Jésus dans la confiance et le désir de s’ouvrir à sa parole et surtout de demander une confiance et un désir plus grand que ceux que nous avons.

2-Faire bon accueil et manger

Voir l’attitude de Jésus par deux verbes aussi : faire bon accueil et manger. Comprendre pourquoi Jésus fait bon accueil : tout simplement parce qu’il est devant des hommes et des femmes de désir, qui attendent quelque chose de lui, qui on soif de l’entendre.

Prendre conscience de la joie de Jésus.

Rester à regarder Jésus qui fait bon accueil sans condition préalable : le fait de s’approcher et de vouloir écouter suffit.

Rester à regarder ces repas qu’il prend avec eux : dans la société où vivait Jésus, manger est un signe fort de solidarité et de communion, c’est d’ailleurs cela qui scandalise les pharisiens.

3-Une brebis, une pièce, un fils

 Prendre du temps pour regarder les images que Jésus prend pour parler de nous : une brebis, une pièce d’argent, un fils. Des images qui chacune à leur manière dise une richesse, une valeur. Nous sommes précieux pour Dieu.

A chaque fois c’est "un-e" , pour dire  que chacun-e est aimé-e, manière de reprendre Is 43/1-4 « tu as du prix à mes yeux et je t’aime » 

4-Dieu à l’image d’un berger, d’une femme, d’un père.

Prendre du temps aussi pour regarder les images que Jésus emploie pour parler de Dieu :

-Dieu comme un berger

-Dieu comme une femme

-Dieu comme un père

5- S’arrêter devant le trait commun de ces 3 paraboles : perdu / retrouvé

Dialoguer avec Dieu là- dessus : qu’est-ce qui dans ma vie est perdue et que Dieu cherche, recherche ?

5- S’imprégner de la tonalité de joie de ces 3 paraboles, la joie de Dieu

6-Regarder ce que Dieu fait :

*comme un berger :

Courir jusqu’à ce qu’il la retrouve

La mettre sur les épaules

Rassembler amis et voisins

         *comme une femme :

Allumer une lampe

Balayer la maison

Chercher soigneusement jusqu’à ce qu’elle la trouve

Rassembler amis et voisins

         *comme un père

Confier son héritage

Attendre son retour

Courir à sa rencontre

Le couvrir de baisers

Le revêtir de plus beaux habits

Festoyer 

 

 

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