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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 21:15
3ème dimanche de Carême: le non de Jésus
Homélie du 3ème dimanche de carême: Quelle conversion? Luc 13/1-9

À ce moment, des gens qui se trouvaient là rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?” Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

Luc 13/1-9

 

Quelle conversion ?

Pour bien comprendre ce passage de l’évangile de Luc, la précision suivante est nécessaire :

Pour la culture religieuse au temps de Jésus, mourir de mort violente était considérée comme une punition de Dieu. Donc ces galiléens et ceux de la tour de Siloë avait mérité de mourir !

Jésus oppose à cela un non catégorique. La mort n’est pas une punition de Dieu. Il se positionnera de la même manière en Jean 9 en refusant le lien entre cécité de naissance et péché.

La position de Jésus est une rupture radicale vis à vis de la culture de son temps, rupture vis-à-vis d’une religion qui fait de Dieu un juge qui condamne et un bourreau qui exécute des sentences de mort.

Mais n’est-ce pas encore ce qui traine dans nos têtes quand on dit : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour qu’il m’arrive ce malheur ? »

Ce NON de Jésus a donc encore besoin de nous rejoindre pour nous libérer de ces fausses images de Dieu.

Mais alors comment comprendre la 2ème partie de la réponse de Jésus, lorsqu’il dit : « mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière ».

Jésus menacerait-il de mort les non-croyants, ceux qui refuseraient de se convertir ?

Après avoir nous avoir libéré d’un lien, il en réintroduirait un autre ?

Impossible, il nous faut donc comprendre autrement.

Pour cela, bien entendre ce que signifie la conversion : c’est un changement de regard sur Dieu, Jésus ne nous menace pas mais il nous supplie de changez notre regard sur Dieu pour ne pas mourir dans la terreur d’un Dieu bourreau et pour qu’on vive dans la joie d’un Dieu ami de notre humanité.

Cela permet de comprendre la parabole qui suit. Dieu est-il le propriétaire qui veut abattre le figuier ou Dieu est-il le vigneron qui veut continuer à apporter tout le soin possible au figuier ?

La conversion est théologale, il s’agit de quitter l’image d’un Dieu intolérant pour accueillir l’image d’un Dieu compatissant.

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 15:08
2ème dimanche de Carême: une rencontre transfigurante

 [28] Or il advint, environ huit jours après ces paroles, que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier.  [29] Et il advint, comme il priait, que l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d'une blancheur fulgurante.  [30] Et voici que deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Elie  [31] qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu'il allait accomplir à Jérusalem.  [32] Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. S'étant bien réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui.  [33] Et il advint, comme ceux-ci se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus : "Maître, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie" : il ne savait ce qu'il disait.  [34] Et pendant qu'il disait cela, survint une nuée qui les prenait sous son ombre et ils furent saisis de peur en entrant dans la nuée.  [35] Et une voix partit de la nuée, qui disait : "Celui-ci est mon Fils, l'Elu, écoutez-le."

[36] Et quand la voix eut retenti, Jésus se trouva seul. Pour eux, ils gardèrent le silence et ne rapportèrent rien à personne, en ces jours-là, de ce qu'ils avaient vu.

Luc au chapitre 9 verset 28 à 36

 

 

Le sens de cet Evangile est bien connu. Jésus vient d’annoncer à Ses disciples, Sa mort prochaine. Par la Transfiguration, il leur annonce Sa Résurrection. Il leur révèle aussi la gloire de Sa divinité.

Cet Evangile doit être lu avec tout son arrière-fond biblique.

Je vais seulement m’attarder sur trois points :

le sommeil des apôtres

la suggestion de Pierre concernant les trois tentes

la prière de Jésus

 

- Le premier concerne le sommeil des apôtres.

On nous dit : « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. »

Ce n’est pas de la fatigue, ni du sommeil de la nuit : c’est une expérience de Dieu.

Rappelez-vous la 1ère lecture de ce jour : « un sommeil mystérieux s’empara d’Abraham ».  Le sommeil ici est expérience de l’homme que Dieu fait entrer dans Son mystère. Le sommeil qui est arrachement à soi-même, oubli de soi, abandon confiant. Sommeil, là où Dieu agit secrètement et où nous nous laissons faire par Dieu. C’est l’expérience de la nuit, ces nuits que nous connaissons tous, nuit de la foi, nuit où Dieu semble absent mais nuit où Dieu travaille en nous sans que nous en ayons conscience, nuit de purification pour habituer nos yeux à la lumière. Passage par la nuit. Mais pour un réveil…comme les apôtres dont on nous dit que « se réveillant, ils virent la gloire de Jésus »

 

- le deuxième concerne cette histoire de tentes, de la demande de Pierre d’en planter trois, le texte nous disant qu’il ne savait pas ce qu’il disait.  Cette tente, ce n’est pas une simple question de camping !  C’est la tente de la rencontre. Quand le peuple était dans le désert, il allait à la tente de la rencontre, lieu de la présence de Dieu.  Mais pourquoi donc Pierre ne sait-il pas ce qu’il dit ?

La réponse est dans la suite du texte. On nous dit :  La nuée les couvre de son ombre,( remarquez, c’est la même expression utilisée pour l’Annonciation.)  Une voix leur demande d’écouter Jésus, le Fils.  Ils ne voient plus que Jésus seul.  Il n’est pas question de planter trois tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente, c’est le Christ dans la vérité de Son Humanité et de Sa Divinité.  Jésus seul : unique chemin, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie.  Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection.  Premier  né d’une multitude de frères et de soeurs, celui qui ouvre le passage pour que, à Sa Suite nous entrions dans la vie en plénitude.

Avec le récit des tentations, nous savons que Sa Victoire est notre victoire.

Avec la Transfiguration, nous savons que Sa Résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de Son Corps glorieux (Ph 3/20).

Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyens des cieux comme nous l’assure St Paul dans la deuxième lecture, Nous sommes déjà ressuscités.

 

Cet Evangile est d’une immense richesse, je termine seulement par un dernier point :

Nous sommes dans St Luc, et St Luc, c’est l’Evangile de la prière. Matthieu et Marc ont aussi un récit de la Transfiguration. Luc est le seul à dire :

« Il alla sur la montagne pour prier.  Et pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre »

La prière, pour nous à la suite du Christ est une rencontre transfigurante.  C’est le lieu par excellence de la foi, puisqu’elle n’a de sens qu’en Dieu ; elle est le lieu de notre identité profonde, là où on s’affirme fils, fille du Père.

Prière de l’oreille, puisqu’il s’agit d’écouter Jésus comme le Père nous le demande : « écoutez –le » Et j’entends cette demande de Dieu, non comme un ordre mais comme une supplication, une prière de Dieu : « Je vous en prie, écoutez-Le ! » écoutez-Le pour vivre vraiment et pas à moitié !

Prière du regard aussi, qui est souvent une prière sans parole comme le paroissien du Curé d’Ars : « Dieu m’avise et je l’avise », prière d’admiration, d’étonnement, de gratitude, prière de simple présence dans la sécheresse mais qui attend le jour de voir Dieu, prière du veilleur qui est sûr que se lèvera l’aurore où je connaîtrai comme je suis connu, où j’aimerai comme je suis aimé.

Le jour où la Résurrection de Jésus, deviendra la nôtre en plénitude.

 

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 13:24
1er dimanche de Carême: Lc4/1-13

[1] Jésus, rempli d'Esprit Saint, revint du Jourdain et il était mené par l'Esprit à travers le désert

[2] durant 40 jours, tenté par le diable. Il ne mangea rien en ces jours-là et, quand ils furent écoulés, il eut faim.

[3] Le diable lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu'elle devienne du pain."

[4] Et Jésus lui répondit : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme."

[5] L'emmenant plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l'univers

[6] et lui dit : "Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux.

[7] Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t'appartiendra tout entière."

[8] Et Jésus lui dit : "Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte."

[9] Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ;

[10] car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent.

[11] Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre."

[12] Mais Jésus lui répondit : "Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu."

[13] Ayant ainsi épuisé toute tentation, le diable s'éloigna de lui jusqu'au moment favorable.

Evangile de Luc au chapitre 4 verset 1 à 13

 

L’Evangile que nous venons d’entendre, on l’appelle habituellement le récit des Tentations de Jésus.

Il vaudrait mieux l’appeler autrement : l’Evangile de la Victoire de Jésus.

Là où dans le désert, le peuple hébreu avait succombé, Jésus, lui, sort vainqueur.

Cela me semble intéressant de commencer notre Carême par la contemplation d’une victoire : Jésus victorieux.

Cela me semble intéressant parce que nous avons besoin de cette victoire, besoin de comprendre que Jésus a su vaincre le mal, que le mal s’est comme brisé sur sa Personne.

Toute la vie du Christ est une victoire sur le mal, toute sa vie est un non à la mort, au mensonge, à l’idolâtrie, à la haine, au péché.

Toute la vie du Christ est un oui à la vie, oui à Dieu, oui à la vérité, à la justice, à la bonté, au pardon.

Toute sa vie est une victoire et la Croix, dans cette perspective, est la victoire absolue, puisqu’elle est victoire de l’amour et du pardon qui vont jusqu’au bout.

Cette victoire nous révèle quelque chose d’inouï : Dieu nous a donné son Fils pour que nos vies, notre humanité, notre Histoire trouvent en lui, la source du salut.

Sauvées en lui, définitivement, parce que Dieu est plus grand que notre mal, parce que Dieu est plus fort que notre péché.

En nous donnant son Fils, Dieu a introduit dans notre monde, pour tous les temps, pour aujourd’hui, pour hier et pour demain, la semence de sa victoire.

Oui, nous avons besoin de regarder cette victoire, car dans nos vies qui sont toutes marquées d’une manière ou d’une autre par une souffrance, un échec, une faute, il nous est bon de regarder cette victoire du Christ, gage de cette victoire définitive qui nous est promise et semence qui travaille aujourd'hui le monde à la manière d’un ferment.

Sa victoire qui est notre victoire.

C’est pourquoi, après la victoire, je vous invite à regarder où Jésus a remporté cette victoire.

Il l’a remportée dans un désert, c’est à dire qu’il nous a rejoints dans le désert de nos vies, jusqu’au plus désertique de nos vies.

Il vient donner la vie, sa vie par sa présence, faire jaillir la source d’eau vive qu’est son amour.

Pour que cet Evangile fasse son œuvre en nous, cela suppose de regarder Jésus :

Dieu fait homme, lumière du monde, chemin, vérité, venu pour nous donner une vie qui ressemble à la sienne, nous partager sa lumière.

Il est au désert de notre monde, de nos vies et il l’habite de sa présence.

Alors, puisqu’il est venu pour habiter de sa présence le désert de nos vies, cela veut dire cette chose capitale :

Il est là, avec nous, à côté de nous, d’une présence définitive. Il a fait tout le chemin pour nous rejoindre et nous rejoindre jusque dans les recoins les plus désertiques de nos vies.

S’il a fait tout le chemin, il est là présent, alors que nous reste-t-il à faire ?

La seule chose à faire, c’est d’y croire et de me laisser aimer par lui.

Ce temps du Carême, un temps privilégié pour croire que Dieu est là, compagnon de ma vie, l’ami par excellence qui ne me lâchera jamais la main.

Ce temps de Carême, un temps privilégié pour m’offrir à son amour, me laisser aimer par lui au cœur même des déserts de ma vie.

Chacun de nous a ses déserts…Ce sont nos pauvretés, nos fragilités, nos blessures, nos souffrances, nos choix tordus, nos cœurs étriqués…Et même notre péché !

Nous laisser aimer au cœur même de nos pauvretés, au cœur même de notre péché. Accepter sa présence au cœur même de notre misère.

Ce n’est pas facile, car notre réaction spontanée c’est de croire que nous serons dignes de Dieu quand nous serons impeccables.

Non, Dieu nous veut tout de suite et il nous prend dans ses bras, avec notre boue, et nous embrasse tendrement.

Jésus vient dans nos déserts pour les habiter de sa présence :

Une pauvreté habitée par sa présence est toujours une pauvreté mais cela devient un lieu de rencontre avec l’Amour qui est Dieu, un lieu où je laisse Dieu m’aimer tel-le que je suis, un lieu d’ouverture à la Grâce, une brèche où Dieu peut enfin laisser couler sa vie.

Nous entrons dans cette 1ère semaine de Carême, une semaine devant nous pour :

Croire que Dieu est présent au cœur de nos déserts.

Le laisser m’aimer au cœur même de ce qui cloche dans ma vie.

Voilà notre lieu de conversion, une attitude qui va permettre à Dieu d’agir et de faire du neuf dans nos vies.

Pour cela, il nous donne trois Paroles :

« l’homme vivra de la Parole de Dieu » :

*appel à écouter Dieu 

 

- « tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c’est à Lui seul que tu rendras un culte » :

*appel à la préférence pour Dieu 

 

- « tu ne mettras pas à l’épreuve, le Seigneur ton Dieu » :

*appel à la confiance en Dieu.

 

Ces trois paroles sont le secret de la victoire du Christ pendant ces 40 jours au désert et durant toute sa vie.

Ce sont les paroles de notre victoire et de notre bonheur.

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 18:44
Jésus nous fait partenaire: 5ème dim du TO en  Luc 5/1-11

01 Or, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. 02 Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. 03 Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.

04 Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » 05 Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » 06 Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. 07 Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. 08 A cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » 09 En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;

10 et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » 11 Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

Lc 5, 1-11

 

1-Étant donné la foule qui s’écrase autour de lui, Jésus a besoin d’une barque pour pouvoir mieux enseigner. Jésus a besoin de Simon. Il a besoin de nous. Il a besoin de moi.

Regardez ce que fait Jésus : il demande de l’aide à Simon.

Prendre conscience d’un style de comportement : aucune autosuffisance, mais un désir de partenariat, de participation à sa mission.

Regardez son humilité qui sait reconnaître le besoin qu’il a des autres.

Comment je réagis à cela ?

 

2-Après un temps d’enseignement, Jésus demande une chose étonnante à Simon : avance au large et jetez les filets.

« Avance au large ». Cette demande du Christ est à entendre dans l’aujourd’hui de nos vies. C’est le Christ vivant, ressuscité qui aujourd’hui nous parle.

Quel est ce « large » auquel Jésus nous invite ? Élargir l’espace de nos vies ? Elargir l’étroitesse de nos idées ? Ouvrir large notre cœur à son amour… ?

 

3-Il s’agit non seulement d’avancer au large mais « de jeter les filets ». On peut comprendre l’étonnement de Simon. C’est lui le professionnel de la pêche mais, malgré tout son savoir-faire, il n’a pris aucun poisson. Il n’y a aucune raison qu’ils en prennent maintenant. Pourtant il va le faire. Il va entendre cette demande.

         Sentir la confiance de Simon en la parole            de Jésus

Pressentir l’intuition qu’il a que, de Jésus, ne peut venir qu’une abondance de vie

Regarder le résultat de la confiance : la grande quantité de poissons qui remplit deux barques entières.

Pour moi, personnellement, quelles sont les raisons de ma confiance ?

 

4-Comme Pierre, nous nous savons pécheurs, fragiles, dans le sens d’une résistance profonde à entrer dans la confiance, à convertir nos fausses images de Dieu. Mais l’inouï de tout l’Évangile, c’est d’être appelé au cœur même de ce péché, de cette résistance, de cette fragilité. Jésus a seulement besoin de disciples qui sont conscients de cela et qui en font un chemin d’action de grâce envers celui qui les rejoint là où ils sont, les appelle comme ils sont.

Goûter simplement cette joie d’être appelé au cœur même de mes résistances.

Laissez monter en moi l’action de grâce secret de la sainteté

 

5-«Ne crains pas»

Laisser cette parole retentir en moi pour qu’elle fasse son œuvre de paix.

 

 

 

 

 

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 12:21
Méditer l'évangile de la présentation de Jésus au temple Lc 2/22-40

22 Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, 23 selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. 24 Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. 25 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. 26 Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. 27 Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, 28 Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : 29 « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. 30 Car mes yeux ont vu le salut

31 que tu préparais à la face des peuples : 32 lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » 33 Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. 34 Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction 35 – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » 36 Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, 37 demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière 38 Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. 39 Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. 40 L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Lc 2. 22- 40

 

1er point : Regarder Syméon.

Qui est-il ? On ne sait rien de lui, on sait simplement qu’il s’est rendu au temple ce jour-là poussé par l’Esprit. Ce même Esprit lui avait fait comprendre qu’il verrait le Christ avant de mourir. Le texte nous dit enfin que l’Esprit reposait sur lui. Il est de ceux qui se livrent sans réserve à l’action de l’Esprit à tel point que cela inspire leur action (ici se rendre au temple), éclaire leur intelligence (ici savoir qu’il verrait le Christ), et lui a fait discerner dans ce bébé, le Christ promis. Il n’est pas prêtre, ce n’est pas lui qui va sacrifier les deux colombes apportées par ses parents. Le texte ne dit pas qu’il est prophète. C’est un laïc qui a laissé l’Esprit habiter sa vie.

Ce regard sur Syméon, peut nous aider à réfléchir sur la place de l’Esprit Saint dans notre vie. Est-ce que je le prie en tant que tel ? Est-il Quelqu’un pour moi, à qui je peux parler ? Comment inspire-t-il mon action et éclaire-t-il mon intelligence ?

 

2ème point : Regarder Marie

Elle rencontre Syméon qui ce jour-là se rend au temple. Elle accepte que cet homme prenne Jésus dans ces bras. Le connait-elle ? Rien ne nous renseigne là-dessus. Regarder Marie qui n’a plus Jésus, dont les mains sont vides. Elle a accepté de donner Jésus. Mains vides pour que celles de Siméon soient pleines.

Regarder ce transfert des mains de Marie à celles de Syméon. Réaliser le don que fait Marie. Ce don qu’elle nous fait car Syméon, c’est chacun, chacune de nous. Elle nous donne son enfant. Intérieurement, prendre Jésus dans nos bras. Réaliser le don qui nous est fait.

 

3ème point

Vous avez Jésus dans vos bras 

Et vous dites en le regardant la même prière que Syméon :

"Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël."

Laissez cette prière devenir la vôtre, la laisser descendre en vous.

 

4ème point : Entendre la parole de Syméon à Marie :

"Vois ! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, - et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs."

Se demander pourquoi Jésus apporte à la fois chute et relèvement ? Pourquoi est-il signe de contradiction ?

 

5ème point : Entendre Syméon dire à Marie qu’un glaive lui transpercera l’âme.

Sentir le désarroi de Marie. Le don qu’elle fait de son fils passera aussi par la souffrance à cause du rejet qu’on fera de lui. Elle est disciple de son fils dans la communion à sa vie livrée.

Parler à Marie, lui partager ce qui peut aujourd’hui me faire peur. Elle sait ce que c’est, peut nous comprendre et, nous aider à rester dans la confiance.

 

6ème point : Regarder Anne.

Le texte, pour elle, nous dit explicitement qu’elle est prophète. Regarder comment elle l’est. On nous dit son service de Dieu, sa prière, sa louange de Dieu, et son annonce du Christ : « elle parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem » Anne est prophète et apôtre du Christ sans que le Christ l’ait envoyée explicitement, puisqu’il n’est qu’un enfant sans parole. La seule venue du Christ est Parole, sa seule présence est envoi.

Chacun, chacune de nous est Anne. Nous aussi nous sommes et prophète et apôtre par le service, la prière, la louange, l’annonce du Christ. Prendre conscience davantage de cela. Quelle joie est la nôtre de découvrir et vivre cela ? Mais aussi peut-être quelle difficulté ? En parler à Dieu comme un ami parle à son ami.

 

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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 10:54
Joie ou jalousie en Luc 4/21-30: 4ème dim.du TO

21 Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

22 Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »

23 Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »

24 Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.

25 En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;

26 pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.

27 Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »

28 À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.

29 Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.

30 Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

Lc 4/21-30

 

1ère piste :

Sentir la nuance de mépris qu’il y a dans la réflexion des gens de son village : il n’est que le fils de Joseph. C’est le choix de l’incarnation. Dieu n’a pas pris chair dans les sphères des puissants, des opulents, des gens connus qui font la une de l’Histoire. (St Paul dira la même chose : « Ce qui dans le monde est sans naissance et que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi » 1Co 1/28.) Le choix du Christ montre l’infinie dignité de chaque homme, chaque femme, simplement du fait de son humanité. C’est pourquoi personne ne doit être écrasée, exclue, méprisée, rejetée.

 

2ème piste

La traduction de Sr Jeanne d’Arc op, est très éclairante :

« D’où ? A lui ! Tout cela ! Quelle sagesse ! Elle lui est donnée ? A lui !

Ceci à propos de son enseignement qu’il donne et de ce qu’il fait.

On sent dans ces réactions une impossibilité à reconnaitre le don qui est fait à Jésus. Et donc l’incapacité de recevoir ce qu’il leur partage de ce don.

D’où vient cette incapacité ?

Dans cette synagogue, il y a ceux qui l’ont vu bébé, qui l’ont vu grandir, qui l’on vu charpentier. Il y en a aussi qui ont grandi avec lui, participé aux mêmes jeux : quelqu’un d’ordinaire comme eux. Et voici que celui-ci sort de l’ordinaire. Pourquoi tout cela lui est donné et pas à eux ?

Devant le don donné à quelqu’un, deux réactions sont possibles :

  • La première est la joie, se réjouir du don qui est fait à l’autre, d’autant plus qu’il nous le partage, ce don vient de lui mais, par lui, il nous est communiqué. Gratitude.

 

  • La deuxième est la jalousie. « Pourquoi lui et pas moi ? » On refuse alors et le donateur et le don. C’est la réaction des gens de son village.

Si vous avez vu le film Amedeus, c’est exactement de cela qu’il s’agit. Le musicien Salieri ne supporte pas que le don absolu de la musique ait été donné à Mozart qui mène une vie de plaisir et non à lui qui a offert à Dieu son célibat. Au lieu de jouir de la musique de Mozart comme d’un cadeau du ciel, il va chercher comment le tuer.

 

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 11:31
Méditer Jésus à la synagogue: Evangile du 3ème dimanche TO

Luc 1/1-4

01 BEAUCOUP ONT ENTREPRIS de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,

02 d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole.

03 C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi,

04 afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.

 

Luc 4/14-21

14 Lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.

15 Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge.

16 Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.

17 On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :

18 L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,

19 annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.

20 Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.

21 Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

 

1ère piste

Nous avons avec ce texte le projet de Jésus. Il veut que nos vies individuelles et nos sociétés soient restructurées selon les valeurs du cœur de Dieu. Que la volonté de Dieu se fasse sur terre comme elle se fait dans le ciel. Un projet qui demande notre collaboration. Il s’agit de chercher le royaume, d’entrer dans un chemin de transformation des cœurs et des sociétés.

Comment j’accueille ce projet ?

 

2ème piste

 « Donner une bonne nouvelle aux pauvres…libérer les captifs…libérer ceux qui sont écrasés ».

Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ? Quel est le contenu de cette nouvelle, de cette nouveauté ? De cette libération ?

 

3ème piste

Pour bien entendre ce discours, on peut le rapprocher d’un autre en Lc 6 /22-23 : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ; et heureux celui pour qui je ne serai pas occasion de chute »

Jésus montre quel changement est déjà à l’œuvre. Il nous appelle et nous associe à son œuvre pour qu’il y ait dans notre monde :

-moins de mensonge et plus de vérité (guérison d’aveugle) ;

-plus de liberté pour que chacun-e puisse marcher librement (guérison de boiteux) ;

-un accès à la santé le plus large possible (guérison de lépreux) ;

-entendre que Dieu nous aime (guérison de sourds) ;

-travailler à ce que la vie soit plus forte que tout, combattre toute injustice qui écrase les gens (résurrection).

Jésus a commencé ce règne.

Il a besoin de nous pour le continuer (« Celui qui croit en moi, fera lui aussi les œuvres que je fais, il en fera même de plus grandes parce que je vais au Père » Jn 14/12 )

Suis-je son, sa « follower » ?

 

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18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 23:02
Noces de Cana dans l'Evangile selon Jean chapitre 2 verset 1 à 11

Dans l’Evangile de jean au chapitre 2 verset 1 à 11

[1] Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était.

[2] Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples.

[3] Or il n'y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : "Ils n'ont pas de vin."

[4] Jésus lui dit : "Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore arrivée."

[5] Sa mère dit aux servants : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le."

[6] Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures.

[7] Jésus leur dit : "Remplissez d'eau ces jarres." Ils les remplirent jusqu'au bord.

[8] Il leur dit : "Puisez maintenant et portez-en au maître du repas." Ils lui en portèrent.

[9] Lorsque le maître du repas eut goûté l'eau changée en vin - et il ne savait pas d'où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l'eau - le maître du repas appelle le marié

[10] et lui dit : "Tout homme sert d'abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent !"

[11] Tel fut le premier des signes de Jésus, il l'accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

 

1-

Il y eut des noces.

L’écriture symbolique de Jean nous autorise à voir qu’à travers ces noces humaines, ce sont les Noces de Dieu avec nous dont il est question. Noces où nous sommes épousé-es et épousons. Ignace  de Loyola dans sa contemplation en vue de l’amour ( Exercices  Spirituels  n°230) est bien dans cette tonalité.  Il est question d’un aimé et d’un aimant en réciprocité de don où chacun donne et reçoit ce que l’on a et ce que l’on est.

La relation à Dieu sous l’image de noces. Joie de l’union à Dieu. Dieu comme une épouse, un époux.

Chacun de nous comme épousé-e et épousant-e.

Mais pour entrer dans cette réciprocité de partage et d’abandon confiant, il me faut creuser une question : qui est Dieu pour moi ? Pour que je puisse l’accepter, il faut de l’apprivoisement, du respect. Il faut Dieu à hauteur humaine: le Très-Bas qui se fait le Très-Petit. Celui de la crèche. Le vulnérable. Oui, celui-là, je peux l’accueillir. Le très-Respectueux. Celui de la brise légère, celui qui humblement frappe à ma porte. Celui qui me loue, me respecte, me sert pour que je puisse consentir à son amitié. Expérimenter que l’amour de Dieu pour moi n’est pas dévorant. Ces noces, c’est une relation intime mais qui reste respectueuse de l’un et de l’autre. Pas une fusion.

 

2-

Il n’y avait plus de vin, le vin des noces était épuisé.

« Ils n’ont plus de vin » Dans nos vies, certains jours, certaines périodes, le vin vient à manquer. Comme dans un couple où il n’y a plus d’amour, d’espérance, de foi. On a épuisé ses réserves, ce que l’on avait organisé, planifié. Vide. Plus rien. Qu’est-ce qui manque ? Peut-être ce qui manque, c’est le vin qu’on avait acheté de ses propres forces, de ses propres deniers. Vient le moment où cela est épuisé, où c’est épuisé. Que faire ? Consentir à ce manque. Attendre dans la patience. Il ne viendra peut-être que dans la Vision ou avant. Et la joie sera à la mesure de l’attente. Demeure là.

 

3-

Pourquoi la réponse de Jésus du verset 4 ?

« Mon heure n’est pas encore arrivée » se continue par une autre parole : « Remplissez d’eau ces jarres ». Comment le refus initial à la parole de Marie se transforme en acceptation ?

Jésus a modifié sa décision. Il est passé d’un non à un oui. Peut-être parce qu’il a continué à écouter la parole de Marie, il s’est laissé rejoindre par cette information du manque. Cela l’a touché au point de le faire changer de décision : « Ils n’ont plus de vin » cette phrase a fait son chemin en lui.

 

4-

Les serviteurs ne boivent pas le vin mais ils le servent.

Nous pouvons être comme ces serviteurs : servir le bon vin mais ne pas profiter de la joie du vin.  Ils ont cependant une joie qui leur est propre, celle d’être unis-es au Christ par une union de volonté en faisant ce qu’il  dit de faire :

Remplir

Puiser

Porter

 

5-

Les convives n’ont rien su de ce manque et de sa résolution.

Ils ont joui du vin, c’est tout, ne connaissant pas sa provenance.

Qui est dans le secret de ce vin ?

Marie, Jésus, les servants, les disciples à la fin.

Qui n’en connaît pas la provenance ?

Les mariés, le maître du repas, les convives, c'est-à-dire la majorité des gens.

C’est le don d’un vin en abondance (600 litres X 6= 3600 l) dont on ne connaît pas la provenance.

N’est-ce pas le cas de tous ceux qui ne connaissent pas le Christ ?

Et pourtant cela ne semble pas préoccuper Jésus : l’essentiel, c’est que le vin ne manque pas. Absolue gratuité du donateur, discrétion, humilité de Dieu. La joie de Dieu, c’est la joie des convives. Car leur bonheur est sa joie. Mais ils sont unis à Dieu, ils le sont car ils communient à sa vie dans l’acte même de boire le vin qui vient de lui, dans l’acte même de vivre.

Est-ce donc si nécessaire de connaître la provenance ?

Non ce n’est pas nécessaire. Mais c’est précieux.

Il n’est pas nécessaire de croire mais c’est un cadeau précieux.

Ce vin, c’est le Christ lui-même dans la surabondance du don.

Vin qui est son sang versé, livré pour nous, sang jailli de son cœur transpercé.

 

6-

Regardons l’action de Marie.

-elle invite les servants à l’écoute disponible : « Tout ce qu’il vous dira de faire »

-elle les invite à l’action : « Faites-le »

Ce faisant elle les engendre à la foi.

Son ministère est celui de la communication de la foi

 

7-

Regardons l’action de Jésus.

Des paroles qui autorisent à agir :

-Remplissez

-Puisez

-Apportez

 

8-

Le vin est meilleur. Pourquoi est-il meilleur ?

Parce qu’il opère un changement radical. Il fait passer d’une religion de purification, où l’on pose des conditions pour accéder à Dieu, fait d’effort humain, il fait passer de cela au vin meilleur de la pure grâce, de l’absolue proximité sans condition préalable.

 

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 19:06
Peinture de He Qi

Peinture de He Qi

21 Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.

22 L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Lc3, 21-22

 

1ère piste : Jésus au milieu de la foule

Regarder Jésus, il était au milieu de la foule. Il attendait son tour, attendant comme tout le monde sans privilège. Un homme au milieu d'autres.

M’imprégner de cette attitude. Qu’est-ce qu’elle me dit de lui ?

 

2ème piste : Jésus plongé dans l’eau

Regarder Jésus qui est rentré dans l'eau jusqu'au cou, entièrement enseveli par l'eau. Quel est le sens de cet acte du Christ ? Il n'avait aucun besoin de ce baptême de Jean qui était un rite de purification des péchés. Non. Cette plongée dans l'eau est à l'image de Son Incarnation. Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous rejoindre. Il n'a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l'eau, Il sanctifie toute la matière de nos vies. Il rend saint le plus quotidien de nos vies.

Laissons-nous étonner par ce que nous voyons : le Très-Haut qui se fait Très-Bas, l'humilité du Verbe qui s'est fait l'un de nous sans revendiquer aucun privilège. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu... » Ph2/6

 

3ème piste : Jésus prie

Regardons Jésus qui prie. .Luc est le seul, comme à son habitude, à mentionner la prière de Jésus. Il nous met devant le mystère de la prière de Jésus. Un mystère qui s'éclaire un peu si l'on comprend que prier n'est pas seulement demander. Prier, c'est écouter, contempler. Jésus écoute le Père et l'Esprit. Il écoute la vie trinitaire en Lui au cœur même de Son humanité. Sa prière est donc Sa présence à Son être même.

A notre petite mesure il en va un peu de même pour nous.

Descendre dans notre cœur profond, là où demeure la Trinité, pour écouter et contempler Dieu présent à l'intime de nous.

 

4ème piste : « Alors le ciel s'ouvrit »

Les Juifs ne prononcent pas le nom de Dieu. Ils le remplacent par d'autres mots comme celui-ci : le ciel. « S'ouvre le ciel », cela veut donc dire que Dieu s'ouvre. Dieu s'ouvre comme une porte qui s'ouvre et donne accès, permet d'entrer. Il est de toujours à toujours ouverture puisqu'Il est amour mais ici l'ouverture est portée à son achèvement de révélation. La porte est donc ouverte, c'est une invitation à entrer.

Gouter cet accès à Dieu, offert, gratuit, sans conditions, pour tout homme, toute femme, chacun, chacune de nous.

 

5ème piste : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Révélation trinitaire du Père comme volonté d’amour et de vie, de l'Esprit comme acte d’amour et de vie , du Fils comme parole d’amour et de vie. Il faut bien comprendre cette phrase. Dieu prononce cette phrase de toute éternité. Ce n'est pas un aujourd'hui temporel mais un aujourd'hui éternel, sans commencement ni fin. C'est l'identité du Christ qui se dit là. Mais c'est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’aîné d'une multitude de frères et de sœurs.

Ecoutons cela pour nous : nous sommes fils, fille bien aimé.

 

 

 

 

 

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31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 16:34

Le poème de Louis Aragon mis en musique par Jean Ferrat est une des plus belles chansons d’amour.

Dans un des livres de la Bible qui a pour titre : le Cantique des Cantiques, il y a aussi un étonnant poème d’amour d’une femme et d’un homme.

Laissons-nous prendre par leur beauté et empruntons quelques chemins

 

1er chemin :

Tout d’abord écoutons Jean Ferrat quand il chante : Que serai-je sans toi

https://www.youtube.com/watch?v=AwRgZ-W-wl0

Laissons-nous toucher par la beauté du texte, de la musique, de l’interprétation.

 

2ème chemin :

Ensuite lisons le texte de cette chanson. Qu’est-ce qui me touche le plus dans ce qui est dit ?

Cela dit la beauté possible d’une relation, sa force de vie, sa capacité de bonheur.

Relation entre une femme et un homme mais aussi entre deux être que lie un amour fort comme celui de l’amitié 

Refrain:
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines

Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson

Refrain

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux

Refrain

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N'est-ce pas un sanglot de la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve ailleurs que dans les nues
Terre terre voici ses rades inconnues

Refrain

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

 

3ème chemin :

Lisons ce dialogue d’amour entre ELLE et LUI dans le chapitre 2 du Cantique des Cantiques

Lisons- le à haute voix et laissons-nous porter par la tendresse, le respect, le feu de cet échange

 

LUI

02 Comme le lis entre les ronces, ainsi mon amie entre les jeunes filles.

 

ELLE

03 Comme un pommier entre les arbres de la forêt, ainsi mon bien-aimé entre les jeunes hommes.

 J’ai désiré son ombre et je m’y suis assise : son fruit est doux à mon palais.

04 Il m’a menée vers la maison du vin : l’enseigne au-dessus de moi est « Amour ».

05 Soutenez-moi par des gâteaux de raisins, fortifiez-moi avec des pommes, car je suis malade d’amour !

06 Son bras gauche est sous ma tête, et sa droite m’étreint.

 

LUI

07 Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles, par les biches des champs, n’éveillez pas, ne réveillez pas l’Amour, avant qu’il le veuille.

 

ELLE

08 La voix de mon bien-aimé ! C’est lui, il vient… Il bondit sur les montagnes, il court sur les collines,

09 mon bien-aimé, pareil à la gazelle, au faon de la biche. Le voici, c’est lui qui se tient derrière notre mur : il regarde aux fenêtres, guette par le treillage.

10 Il parle, mon bien-aimé, il me dit :

 

LUI

 Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens…

11 Vois, l’hiver s’en est allé, les pluies ont cessé, elles se sont enfuies.

12 Sur la terre apparaissent les fleurs, le temps des chansons est venu et la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre.

13 Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur. Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens…

14 Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans les retraites escarpées, que je voie ton visage, que j’entende ta voix ! Ta voix est douce, et ton visage, charmant.

 

ELLE

16 Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui qui mène paître ses brebis parmi les lis.

17 Avant le souffle du jour et la fuite des ombres, toi, retourne… Sois pareil à la gazelle, mon bien-aimé, au faon de la biche, sur les montagnes escarpées.

 

 

4ème chemin :

Juifs et chrétiens ont en commun la richesse de ce Cantique en en voyant bien la beauté d’une relation entre deux êtres et en y voyant aussi, révélation étonnante, la manière dont Dieu nous aime. Dieu comme une amante, comme un amant de chacun-e de nous.

Relisons ce passage : LUI ou ELLE, c’est Dieu. LUI ou ELLE c’est chacun-e de nous.

Laissons-nous prendre par cet amour

 

5ème chemin :

Réécoutons la chanson de Jean Ferrat

https://www.youtube.com/watch?v=AwRgZ-W-wl0

Cette chanson peut aussi être entendue comme notre amour pour Dieu: Que serai-je sans toi?De quelle manière pour moi ?

 

Peut-elle aussi être entendue comme l’amour de Dieu pour nous ? Dieu pouvant dire : Que serai-je sans toi ? Oui et nous l’ayant prouvé par sa Parole faite chair.

 

 

 

 


 

 

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