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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 10:00
Se laisser aimer par Jésus.

Se situer là, c’est se situer au niveau de l’essentiel de la foi chrétienne. Il s’agit toujours de revenir à l’Evangile, c’est-à-dire de fixer notre regard sur cet homme qu’on appelle Jésus sur ce qu’il est, sur ses actes, sur ses décisions, sur son comportement, et fixer notre écoute sur ce qu’il dit. C’est cela être chrétien. Et cela peut suffire car nous sommes au cœur de la foi : Jésus visage de Dieu. Dieu qui nous propose son amitié. Dieu qui vient à notre rencontre.

La plus grande partie des textes évangéliques sont des récits de rencontre. Jésus a passé sa vie à rencontrer des gens. Il va à leur rencontre et des gens se déplacent pour le rencontrer. Que se passait-il lors de ces rencontres ?

D’abord un fait massif qui risque pourtant de ne pas être vu, c’est que Jésus ne pose aucune condition à la rencontre, aucun préalable, aucun « si ». L’accueil de Jésus est inconditionnel. Et pour nous aujourd’hui il en est de même. Je vais être directe : par exemple, Jésus se moque que nous soyons homo ou hétéro! S’en moquer, je veux dire par là que quelle que soit notre orientation sexuelle, nous somme aimés de la même manière. Et sur d’autres domaines de l’existence, cela n’intéressait pas Jésus que Zachée le publicain soit riche, il voulait seulement le rencontrer, et demeurer chez lui.

Par contre ce dont Jésus ne se moque pas c’est que des gens soient exclus. Dans la société qui était la sienne, nombreux étaient les exclus d’une manière ou d’une autre : les malades, certains métiers, les femmes, les pauvres, tous ceux et celles qui ne rentraient pas dans les cadres d’une religion qui séparait les gens entre purs et impurs. Alors Jésus s’est fait l’ami privilégié de celles et ceux qui étaient exclus car considérés comme impurs : la femme qui perdait son sang, le riche qui collaborait avec l’occupant, la prostituée…tous et toutes avaient pour Jésus une dignité indestructible. Ce qui intéressait Jésus, c’était leur personne et pas leur situation sociale, leur compte en banque, et donc sûrement pas leur orientation sexuelle !

C’est ce refus de l’exclusion dans le comportement de Jésus qui fonde notre refus aujourd’hui de l'intolérance, des discriminations de toutes sortes comme l'homophobie, le sexisme, le racisme…

Ce qui intéressait Jésus c’est que son amitié soit accueillie. C’est ce qui l’intéresse aussi aujourd’hui pour nous. Veux-tu accueillir mon amitié nous dit Jésus a chacun et chacune de nous ?

Le texte biblique qui le dit magnifiquement est dans Ap 3, 20

« Voici que je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi »

Ce verset nous dit Dieu comme un mendiant d’amitié, qui ne s’impose pas mais se propose, le « si » dont je parlais n’est pas de son côté mais du notre : il n’entrera que si on ouvre notre porte et sa volonté c’est seulement du bon temps avec nous, un repas entre amis.

Ah si nos Eglises pouvaient témoigner en parole et en acte de ce Dieu là et pas d’un Dieu repoussoir !

C’est cela que nous voyons dans l’Evangile, ce que Jésus a fait : les gens étaient regardés par le Christ et se laissaient regarder. Christ les regardait comme personne ne l’avait jamais fait avant lui et c’est cela qui changeait tout. Christ les écoutait, leur parlait comme personne ne l’avait jamais fait avant lui, et c’est cela qui change tout.

Les rencontres avec le Christ ont été transformantes pour eux, elles leur ont fait du bien : « et ils s’en trouvaient mieux ».

L’Evangile n’est pas un texte du passé qui dort dans une bibliothèque. En l’ouvrant, on devient contemporain de Jésus dans l’aujourd’hui de notre vie pour nous aussi le rencontrer, le regarder, le laisser nous regarder, être écouté par lui, et l’écouter pour s’en trouver mieux comme celles et ceux qui l’ont fait sur les routes de Galilée.

Qui que nous soyons, Il est là, il nous accueille, il espère notre amitié. Il nous aime et nous apprend à nous aimer nous-même tel que nous sommes. Laissons-le nous accueillir et pour cela soyons dans le même état d’esprit de celles et ceux qui l’ont accueilli. En nous identifiant à toutes celles et ceux qui ont fait le choix pour lui et non contre lui.

S’identifier à Zachée, à la samaritaine, à la femme hémorroïsse, à Lévi, à Siméon, à la prophétesse Anne, aux bergers et aux mages de Noël, au bon larron. Etc.

Leur point commun ? Avoir au cœur la conscience d’un manque que la relation avec Jésus va pouvoir toucher pour la transformer en espace pour la rencontre. Un manque à être, en attente d’une relation qui va leur révéler ce qu’ils sont vraiment : leur dignité, leur vie, pour être vivant et non vivoter, leur capacité de recevoir d’un autre et de donner. S’identifier à elles, à eux, parce que quelque chose d’eux, d’elles nous rejoint, rejoint quelque chose de notre histoire, pour nous donner d’exister vraiment, nous rendre davantage vivant.

Est-ce que nous le voulons vraiment ? Sinon ces récits ne seront pour nous que de belles histoires dont nous resterons étrangers. Et c’est bien ce qui s’est passé du temps même de Jésus. Certains ne se sont pas laissé toucher par la nouveauté de sa manière d’être, de faire, d’entrer en relation. Ceci par suffisance en croyant savoir, par fermeture à l’inattendu, par peur de perdre leur pouvoir…

Vouloir, désirer rencontrer Jésus en le contemplant, suppose d’être libéré d’une approche moralisante de l’Evangile. L’Evangile n’est pas un examen de conscience.

Une rencontre illustre bien cela, c’est celle de Jésus avec Zachée. (Luc 19/1-10). Avec ce récit, une question : Est-ce que Jésus lui fait un reproche ? Exige-t-il de lui un changement de comportement ? Non. Il le prie seulement de bien vouloir demeurer chez lui. Si à la fin de ce récit, il y a une décision, c’est celle de Zachée lui-même, sans la pression de quiconque et comme fruit d’une rencontre.

Ainsi l’Evangile est une invitation à une rencontre. La seule réponse attendue, c’est de nous ouvrir à celui qui vient vers nous, c’est de nous ouvrir à cette relation. 

Donc la chose la plus importante, puisqu’il nous aime, c’est de se laisser aimer par lui. S’exposer consciemment à cet amour.

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9 septembre 2021 4 09 /09 /septembre /2021 18:34
Jésus aime les LGBT+

(Extrait d’une intervention à un week-end de l’Association David et Jonathan les 3-5 septembre 2021)

Jésus aime les LGTB+.

C’est une affirmation avec laquelle je suis en complet accord. Mais je veux aller plus loin que cela.

Non seulement c’est une évidence que Jésus aime les personnes LGTB+ mais aussi qu’il aime leur orientation sexuelle.

Et ceci est fondamental. Car aimer malgré cette orientation, ce ne serait pas un vrai amour, cela voudrait dire que la personne est aimée mais pas son orientation ou aimé malgré son orientation.

Il est bon que les LGBT+ sachent, croient, qu’ils sont aimés totalement.

C’est bon de le savoir et de le croire car cela libère d’un sentiment négatif de soi pour le changer en une estime de soi.

Je crois que le mouvement homosexuel a eu raison d’appeler ses défilés « Gaypride » car il s’agit bien de trouver ou de retrouver une fierté d’être soi.

Ceci est fondamental pour tout le monde. Le mal-être de tous, c’est le manque d’estime de soi.

Cette estime est à trouver par soi-même mais aussi dans le regard d’un autre qui est Jésus. Et c’est là que tous les mouvements LGBT+ chrétiens peuvent apporter un soutien spécifique à leur cause : témoigner que la rencontre avec Jésus, le regard qu’il porte est un regard d’amour qui rend à chacun sa dignité, sa fierté.

J’ai bien conscience que dire que Jésus aime non seulement les personnes LGBT+ mais aussi leur orientation sexuelle, cela n’est pas le discours officiel de l’Eglise catholique romaine !

Ce n’est pas le discours officiel, oui, mais c’est la position de beaucoup de chrétiens, de théologiens, de personnes engagées dans la pastorale comme je le suis.

Je vous encourage à vous libérer du discours officiel. Car il repose pour ce sujet mais aussi sur beaucoup d’autres, sur des conceptions obsolètes, dépassées.

Ce discours avait sa justification avant les révolutions scientifiques, quand on prenait les premiers chapitre de la Genèse comme la vérité de la création faite en 7 jours et un homme et une femme directement créés par Dieu, sortis directement de ses mains !

Les découvertes scientifiques ont bouleversé tout cela.

On sait maintenant que l’univers s’est formé sur des milliards d’années :

Big bang, constitution des galaxies, notre système solaire qui se constitue, une histoire chaotique de la terre, surgissement de la vie, évolution des espèces, émergence lente de l’humain jusqu’à l’homo sapiens que nous sommes.

La vie a émergé lentement et l’humain est le résultat d’une longue évolution.

L’avantage de ces acquis scientifiques c’est qu’ils nos libèrent   

* d’une conception fixiste du monde.

* d’un plan divin établi de toute éternité,

* d’une volonté qui aurait sculpté le monde comme dans du marbre et qu’il ne faudrait pas modifier.

Cela demande donc de penser Dieu créateur d’une toute autre façon. C’est ce que fait le théologien Adolphe Gésché. (Dieu pour peser le cosmos) Je résume sa pensée :

Dieu, a voulu un cosmos qui ne soit pas une pure dictée, mais qu’il soit un espace de possibilités internes et de liberté inventive. Le monde n’est pas réduit à une copie toute faite. 

Dieu a créé un devenir créateur où, par le jeu et la médiation de causalités internes, des choses vont advenir. 

Il a créé un processus, des virtualités, non des choses ou des objets,

Il a créé le monde, oui, mais ce monde est un champ ouvert.

Ainsi se trouvent réconciliées notre foi chrétienne en Dieu créateur et notre observation de la réalité du monde telle que la science la découvre.

Le monde n’est pas une horloge, une mécanique bien réglée auquel rien ne peut être changé. Et Dieu n’est pas un mécanicien qui a réglé la machine.

Dieu n'est pas cet horloger ou ce géomètre, auteur d'une mécanique il est un créateur. Il ne dicte rien, il pose « simplement » un-geste inaugural, le geste qui déclenche, permet et rend possible ce cosmos, en lui octroyant précisément de se faire comme il se fera… 

L'homme n'a pas devant lui un destin tout tracé, fût-ce par Dieu, et dont il ne serait que le scribe calquant sous dictée un texte divin. Parler de l'Humain créé créateur, c'est dire que la liberté lui a été donnée d'inventer du nouveau, de l'inconnu, voire de l’inouï ; de faire de sa vie l'éclosion et l'invention de choses nouvelles, remises et confiées à ses choix et à ses initiatives. 

Si on prend l’image de la couture, ce n’est pas un monde prêt à porter. Ce sont des vêtements à confectionner nous-mêmes. Dieu nous offre ce qu’il faut pour coudre mais c’est à nous d’être créatif, d’inventer des formes, des couleurs à l’infini. Ce monde n’est pas tout fait, il est à faire. Et si nous ne le faisons pas il y manquera ce que nous nous seuls pouvons faire, pouvons y apporter. Il ne s’agit pas de conserver un monde préétabli mais de bâtir un monde neuf. La liberté ici est liberté de création où chacun doit inventer son chemin. Dans ce modèle, la liberté peut produire de l’inédit qui ajoute quelque chose d’original, quelque chose qui manque. C’est une liberté créatrice.

C’est cette façon de penser qui devrait guider le discours officiel de l’Eglise catholique romaine. Malheureusement il n’en est rien. On en reste toujours à un plan divin intouchable qui sacralise un masculin et féminin bien défini, un patriarcat justifié, une hétérosexualité normative.

Sr Michèle Jeunet

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 18:06
Rejeter les toxicités du religieux

Un homme du nom de Bartimée, il mendiait, il était assis sur le bord du chemin, il était aveugle.

Son histoire est racontée dans l’évangile selon Marc au chapitre 10, verset 46 à 52

Dans ce récit de rencontre avec Jésus, il y a un détail qui risque de passer inaperçu :

A l’appel de Jésus : il rejette son manteau, bondit, et vint à Jésus. (Mc 10,50)

Cet acte peut avoir une signification pour chacun de nous : pour aller vers Jésus, il y a un manteau à quitter. Un manteau et pas qu’un seul ! Ou encore, on peut dire qu’en allant vers Jésus on se débarrasse de manteaux qui nous empêchent de vivre à plein !

Et quels sont ces manteaux qui nous empêchent de vivre à plein ?

 Ils sont nombreux dans les domaines du politique, du social, de l’économique, du psychologique…

Parlons ici des manteaux toxiques du religieux.

Quels sont les manteaux toxiques du religieux à rejeter pour mieux vivre ?

Des manières de penser, de parler de Dieu qui rendent malades, qui pourrissent la vie.

Pour vivre, faisons comme pour le manteau de Bartimée, rejetons-les !

Exemples de toxicité :  

Croire qu’on sait quelque chose sur Dieu.

Croire qu’on sait qui il est.

Croire savoir.

Le discours toxique dit que Dieu veut ceci, qu’il pense ceci, que Dieu a fait cela.

Discours sûrs d’eux-mêmes qui sont des projections de nos désirs, ou de nos peurs, ou de nos intérêts.

Comment les démasquer ?

J’en propose une manière que j’appelle le critère anthropologique.

Pour cela se demander qu’est-ce qui est le meilleur chez un homme, chez une femme ?

On peut évoquer, sa bonté, sa justice, sa vérité, sa compassion, son écoute, sa liberté, son empathie etc…

Et bien ce qu’il y a de meilleur en l’humain, ne peut être absent en Dieu !

Et si je dis quelque chose sur Dieu qui est en contradiction avec le meilleur de l’humain, c’est un manteau à rejeter.

Le meilleur de l’humain

…n’est pas un tout puissant qui s’impose à moi.

…n’est pas celui qui décide de ma vie

…ne me commande pas ce que je dois faire

…ne me donne pas sous obligation de lui rendre : un don est un don et pas un prêt !

Ce qu’il y a de bon en nous

…est respectueux de l’autre

…ne s’impose pas à l’autre

…ne contraint pas l’autre

…ne décide pas à sa place

…donne gratuitement sans exiger une contrepartie.

…favorise la vie autour de soi

Alors pourquoi se fait-on une image de Dieu qui est tout le contraire ?

S’il y a Dieu, j'aime à croire qu'il ne peut être que le meilleur humain qui soit !

Et je peux le voir ! Je peux voir Dieu en tout homme, en toute femme qu’on aime fréquenter car on est en totale confiance avec elle, avec lui, on sait qu’il-elle nous fera du bien, nous apportera de la joie…

Voilà ce que j’appelle le critère anthropologique pour faire le tri dans nos images de Dieu.

On me dit :

…Dieu a une volonté particulière sur moi qu’il me faut chercher, trouver et accepter sinon je vais déplaire à Dieu.

C’est un manteau à rejeter car le meilleur de l’humain n’agit pas comme cela, il n’impose pas sa volonté sur les décisions d’une vie. Il me dit va vers toi-même, cherche ton chemin, et trouve- le au plus profond de ton cœur.

On me dit :

…Tu as une dette envers Dieu, il t’a tout donné et tu dois en retour lui rendre.

C’est un manteau à rejeter car le meilleur de l’humain n’agit pas comme cela, quand il-elle donne, c’est donné, c’est un don gratuit et pas un prêt ou un donné pour un rendu. Il dit ce que je te donne, c’est pour toi, pour ta vie, c’est ma joie de donner.

« Et lui, rejetant son manteau, bondit et vint à Jésus »

Rejeter les toxicités du religieux pour bondir et venir à Jésus et marcher à sa suite.

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 21:36
A la Pentecôte: combien de personnes?

.Combien étaient-ils, combien étaient-elles, dans la Chambre-haute du Cénacle, le jour de la Pentecôte ?

Qu’il est bon de se poser des questions pour briser les images stéréotypées !

Un jour que je montrais à un prêtre cette peinture, il m’exprima sa surprise : Marie présente à la Pentecôte ? Des femmes et de hommes autres que les apôtres présent-es à la Pentecôte ?

Et bien oui, il suffit d’être lecteur-trice attentif-ve du Nouveau Testament pour en être sûr.

Il faut également ne pas lire par bouts séparés le livre des Actes de 1,12 à 2,4

A la chambre haute :

« quelques femmes dont Marie, mère de Jésus et aves ses frères » 1,14

« Ils étaient réunis au nombre d’environ 120 personnes » 1,15

« le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble » 2,1

« tous furent alors remplis de l’Esprit Saint  et commencèrent à parler en d’autres langues » 2,4

La tradition iconographique a ignoré le plus souvent cela. Un nombre important d'icônes montrent les apôtres et Marie. Beaucoup montrent uniquement les apôtres sans Marie! Mais il faut attendre des peintures contemporaines comme celle de Sr Ghislaine Pauquet rc,  pour voir d'autres femmes et d'autres hommes. 

Pourquoi ? Parce qu’une interprétation littéraire ou picturale peut servir un ordre établi.

Une Pentecôte avec les seuls apôtres sert une ecclésiologie où seuls les 12 sont bénéficiaires du don de l’Esprit. Et comme cette même ecclésiologie a fait des évêques, les successeurs des apôtres…eux seuls ont « l’Esprit saint » en plénitude.

Alors qu’il n’en est rien : à la Pentecôte, il y avait 120 personnes, homme et femmes dont Marie, celle qui déjà était remplie de l’Esprit.

Alors, cette peinture, fidèle au texte des Actes, sert un autre intérêt : rendre à tout baptisé-es sa dignité de pneumaphore, porteur, porteuse d’Esprit et d’apôtres.

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 22:31
Vous  avez dit "Ascension" ?

La fête de l’Ascension, un mystère du Christ qui n’est pas évident.

Un départ ? Pourtant il nous a dit qu’il serait toujours avec nous !

Pas une ascension comme on escalade une montagne.

Pas monter au ciel comme le ciel des galaxies.

Les actes nous disent qu’une nuée le dérobe aux yeux des disciples.

Il s’agit donc d’un voir autrement.

Les disciples avaient fait l’expérience d’une rencontre.

Il va falloir le voir autrement, de le trouver autrement.

En fait, il s’agit d’une autre pâque, un autre passage.

Le passage d’une manière de voir à une autre manière de voir.

Le passage d’une manière de chercher à une autre manière de chercher.

Le passage d’une manière d’être en relation avec lui à une autre manière.

Et le premier pas de ce passage, c’est de nous rendre à la Chambre Haute pour le rencontrer dans son Corps qu’est une communauté rassemblée.

Le vivre dans l’intime du cœur et dans l’écoute de l’Esprit.

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 18:51
Comment rencontrer Dieu ?

Ce qui vient spontanément ce peut être : dans sa Parole, dans l’oraison, dans les sacrements, dans les autres, dans la création…Et on oublie un autre lieu d’accès à Dieu qui est soi-même.

Un des lieux d’accès à Dieu, c’est moi-même !

Prendre conscience que j’existe, c’est prendre conscience de Dieu ne cesse de me créer. J’existe par don. Donc la première rencontre avec Dieu, c’est tout simplement goûter la vie qui vient de lui.

Goûter, la vie, la recevoir comme un cadeau.

Vivre le moment présent : se rendre compte de l’inouï du cadeau : je vis, je marche, je vois, j’entends, je parle, etc.

Tout cela est rencontre de Dieu, à travers ses dons, je rencontre le donateur.

En goûtant ces dons, je fais plaisir au donateur.

Aimer la vie, c’est louer Dieu.

Et ensuite prendre conscience que je suis aimé d’un amour inconditionnel.

Je n’ai rien à prouver, je n’ai rien à mériter : tout m’est donné.

La seule chose à faire c’est d’accueillir le don, de se laisser aimer, de se laisser faire

Tel-le que je suis, je suis aimable aux yeux de Dieu.

Vous pouvez peut-être penser qu’il a mauvais goût mais cela ne changera rien à l’affaire, vous ne changerez pas son choix, sa décision de vous aimer !

Quel que soit l’idée que vous vous faites de vous-même, lui, Dieu ne changera pas d’idée : vous êtes à jamais le « disciple qu’il aime ». Une expression qui est en St Jean : « le disciple que Jésus aimait ». On ne dit pas le nom de ce disciple pour une raison simple : ce disciple c’est chacun-e de nous, et son prénom, c’est le nôtre.

S’accueillir comme il nous accueille, se voir comme il nous voit, s’aimer comme il nous aime, se recevoir comme il nous reçoit.

C’est à dire :

Se vivre, se comprendre, s’estimer comme :

-désiré du cœur de Dieu

-d’origine divine sortant à chaque instant de ses mains

Non pas le fruit du hasard destiné au néant mais le fruit d’une volonté aimante faite pour la vie éternelle.

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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 17:51
Galaxie du Tourbillon

Galaxie du Tourbillon

« Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien » Question posée par le philosophe Leibniz dans Principe de la nature et de la grâce fondé en raison

Belle question : pourquoi y-a-t-il des choses, des gens, de la vie…de l’être ? Plutôt que rien.

La foi chrétienne répond en disant que c’est le fait d’une initiative, d’un acte, d’une volonté, d’un désir du Mystère, mot pour éviter le mot trop connu, méconnu, de Dieu.

En foi chrétienne, ce Mystère a nom Uni-Trinité, cela dit une relation, une unité dans la relation, une relation d’amour en soi comme don et accueil d’un don et diffusif de soi dans un présent éternel, sans commencement ni fin.

En cohérence avec cela, il est nécessaire de penser que la parole « Faisons » que nous décrit la Bible dans le livre de la Genèse n’est pas un acte dans temps mais un acte d’un présent éternel. Premier point à penser.

Le deuxième c’est que ce « faisons » n’est pas un acte qui crée du figé mais un processus d’auto-création.

Adolphe Gesché l’a magnifiquement écrit :

« La création n'est pas la fabrication de choses toutes faites, comme le pense la conception naïve du créationnisme ou une idée toute mécanique de l'œuvre de Dieu…

Créer, ce n'est pas tout dicter et disposer d'avance, mais ouvrir un champ et un espace d'autonomie…

Dieu est celui qui fait que les choses se font comme elles se font…mais, rigoureusement, il ne les fait pas, il ne les fabrique pas. Il ne les cause pas, il les crée. C'est-à-dire les provoque au devenir, il leur donne ordre d'advenir…

C'est bien de Dieu que le monde tient son être et son principe, mais ses « décisions internes » lui ont été laissées et confiées par Dieu. À quoi l'on reconnaît un créateur. Dieu n'est plus alors cet horloger ou ce géomètre, auteur d'une mécanique il est un créateur. Il, ne dicte rien, il pose « simplement » un-geste inaugural, le geste qui déclenche, permet et rend possible ce cosmos, en lui octroyant précisément de se faire comme il se fera… »

(Adolphe Gesché, dans son livre : Dieu pour penser le cosmos. Editions du Cerf 1994. Page 49 à 82)

le Troisième point: Ce présent éternel de création vaut aussi pour tout le donné de la foi chrétienne. Tout est donné en un unique acte éternel.

Il y a l’acte éternel de la création qui contient en lui-même l’acte de salut de cette création. Tout est sauvé dans l’éternité du présent de Dieu. Tout est donné et sauvé.

 

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 11:58
Entrons dans la Semaine Sainte

Semaine Sainte avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la souffrance.

 

Avec celles et ceux… qui sont dans la nuit de la souffrance.

Avec les persécuté-es pour leur foi ou leur non-foi

Avec les enfants maltraités, avec les femmes humiliées, mariées de force, violées, tuées, lapidées .

Avec tous humains qui subissent la violence et l’injustice

Avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la foi, la nuit de l’espérance, la nuit de l’amour

La liste est longue et sans fin.

 

Entrer dans la semaine sainte avec elles, avec eux, avec ma nuit, avec la leur.

Dieu crie aussi de douleur avec elles, avec eux, avec nous.

Il est là avec nous, non seulement un jour du temps quand il a hurlé de douleur sur la croix, mais aussi, de tout temps, il crie sa douleur pour tout ce qui dans ce monde pourtant si beau, est défiguré par l’injustice ou par l’absurde.

 

Il est là avec nous, sans mot, mais il est là.

Il nous prend la main, il nous prend dans ses bras pour que de la douleur puisse naitre peu à peu

une détermination, une force pour combattre, une force pour vivre et faire vivre.

 

Mais pour cela, arrêtons de dire que la mort du Christ sur la croix est la volonté de Dieu comme condition du pardon et de salut !

Le Christ est mort parce que sa vie, ses paroles, ses actions étaient intolérables à ceux qui font de la religion leur fonds de commerce et la justification de leur pouvoir.

Le Christ est celui à qui tous les bourreaux font violence.

La miséricorde qui est Dieu n’a besoin d’aucune souffrance ni d’aucune croix pour être remuée aux entrailles devant nos égarements.

 

Et son salut est là, dans le chemin qu’il nous ouvre, dans la force qu’il nous donne

pour aimer à sa suite,

pour combattre ce qui déshumanise

pour faire des choix qui humanise nos vies et celles des autres. 

En regardant la croix du Christ, regardons Dieu qui a crié de douleur et qui continue de crier, regardons Dieu qui étend les bras pour nous relever, nous guérir, nous pousser à lutter contre toute injustice et toute absurdité.

 

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 11:56
Parler de Marie en théologie chrétienne

 Des théologies peuvent être des idéologies, c’est-à-dire des discours qui servent les intérêts de certains au détriment d’autres. Ces théologies peuvent inspirer de superbes peintures et être théologiquement désastreuses…pour les femmes en particulier : comme par exemple le vieillard barbu du plafond de la chapelle Sixtine à Rome, représentant Dieu créant un Adam au masculin.

Comme l’a écrit Mary Daly, si Dieu est mâle, le mâle est Dieu[1].

 

Il y a aussi des théologies idéologisées de Marie qui sont désastreuses pour les femmes.

Par exemple, celle qui fait de Marie, le modèle de « la femme ».

Jean-Paul II a écrit : Marie, « plénitude de la perfection de ce qui est caractéristique de la femme, de ce qui est féminin »[2]. Pensée dangereuse qui, en plus, oublie de donner le Christ comme modèle aux femmes et qui privent les hommes d’avoir Marie comme modèle.

 

On sait que l’intérêt idéologique de cette pensée est d’exclure les femmes des ministères. Dans ce type de pensée, cette plénitude se réduit à la maternité et la virginité. Cela a servi à réduire les femmes à une fonction procréatrice au détriment de toutes les autres potentialités et avoir exalté sa virginité a servi à déprécier la sexualité.

 

Jusqu’à un passé récent toutes les théologies mariales ont été pensées par des hommes avec les préjugés de leur culture et leurs intérêts masculins.

Les Evangiles, bien qu’écrit dans un contexte culturel patriarcal, ont fait une part importante aux femmes. On peut légitimement penser que Jésus a suffisamment révolutionné les esprits pour qu’il en subsiste une part dans ces livres.

C’était une telle révolution que les évangélistes ne pouvaient pas, malgré leurs préjugés culturels, les passer sous silence.

Mais on peut aussi légitimement penser que ces préjugés ont fait passer à la trappe beaucoup d’autres aspects de la libération des femmes que Jésus apportait.

 

Dans ce qui subsiste concernant Marie dans les Evangiles, j’aime la voir comme l’audace d’être « première en chemin ».

Elle est au commencement de l’aventure évangélique

avec l’audace d’un accueil d’une naissance « hors norme »,

avec l’audace de croire sans tout comprendre,

avec l’audace de bâtir sa vie sur la mémoire spirituelle, elle qui «  retenait toutes ces choses dans son cœur » (Lc2/19)

avec l’audace d’un regard qui sait voir ce qui manque à la joie de noces et qui sait le dire (Jn 2/4).

 

Femme de l’écoute et de la parole. Pourquoi la voir uniquement silencieuse ?

Dans les Evangiles nous n’avons aucune parole explicite de certains apôtres. N’en n’ayant pas, les imagine-t-on silencieux ? Non, alors Marie non plus !

Ayant « retenu toutes ces choses dans son cœur », en ayant écouté d’une écoute profonde, elle a pu parler, témoigner ce qu’elle a vu et entendu de Jésus.

Entre Ascension et Pentecôte, les Actes des apôtres nous disent qu’elle était au Cénacle avec les disciples, femmes et hommes ( Ac 1/14). Elle a dû dans ce lieu de communion et de prière, enseigner le chemin de vie que Jésus a inauguré car s’il en une qui pouvait le comprendre, c’est bien elle ! La première « docteur de l’Eglise », c’est bien elle ! Elle a compris, mieux que d’autre, la révolution spirituelle de Jésus. Quand l’évangéliste Luc met sur ses lèvres son chant de joie, il montre bien la compréhension que Marie avait de cette révolution :

Une miséricorde qui s’étend d’âge en âge Lc 1/50

Un Dieu qui renverse les potentats et élève les humbles Lc 1/52

 

Marie, femme audacieuse, qui nous entraine dans son audace.

 

 

 

[1] Daly, Mary. After the death of God the Father

[2] Jean-Paul II, mulieris dignitatem, numéro 11

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21 juillet 2018 6 21 /07 /juillet /2018 15:25
Une retraite spirituelle prêchée…par des femmes

Faites un petit test en regardant le nom des animateurs de retraites spirituelles: une majorité de prêtres, de religieux mais peu de femmes religieuses ou laïques et peu d’hommes laïcs.

La situation s’améliore peu à peu, mais encore trop lentement. Il y a encore 10 ans, dans les centres spirituels, on pouvait hésiter à engager une femme pour prêcher une retraite ayant peur que le public ne soit pas au rendez-vous ! Explication : une mentalité qui ne voit que le prêtre pouvant enseigner les voies de la spiritualité, la difficulté pour pouvoir proposer l’eucharistie, de trouver un prêtre qui se déplacerait que pour cela…et d’autres raisons.

 

Mais les choses changent doucement. Nous étions deux, fin juin à en prêcher une.

Lieu : Centre spirituel du Cénacle de Versailles

Date : du 19 juin à 19h au 28 juin 2018 à 9h

 

Titre : l’Evangile, une révolution spirituelle

Une thématique :

Il faut du temps pour saisir en quoi l'Evangile a apporté un bouleversement dans nos représentations de Dieu, de nous-même, du monde. Cette retraite mettra en contact avec les textes clés de l’Evangile, vraie révolution qui fait sortir des impasses du religieux.

 

Prédicatrices : Srs Marie-Lise Dépruneaux et Michèle Jeunet

Nombre d’inscrits : 15

 

En voici le récit avec les choix de pédagogie spirituelle qui ont été mis en œuvre.

La journée commençait par des bonjours avec une poignée de main, et le prénom :

une manière de dire et de vivre que :

la vie en Dieu est relation.

 

Ensuite chacun-e était invité-e à écrire sur des papiers verts des « je peux…je sais…je suis…j’ai… :

une manière de prendre conscience du positif de nos vies, de tout ce dont nous sommes capables, de toutes nos richesses, de tout ce qui nous ai donné pour sortir de la morosité, de la banalité trompeuse…

la vie en Dieu est reconnaissance d’une Source de vie.

 

Ensuite venait soit un petit topo pour introduire la journée ou la présentation d’une « bonne feuille » à lire, tirée du livre : Jésus, Approches historique de Pagola :

Topo ou texte car

la vie en Dieu nécessite aussi que l’intelligence soit nourrie et éclairée.

 

Deux récits évangéliques étaient présentés avec les pistes pour aider la méditation personnelle:

La vie en Dieu est écoute et regard sur le Christ pour que sa vie passe dans nos vies.

 

Enfin venait une écoute ensemble d’un récit de la manière suivante :

Le texte est lu, 10mn de silence pour choisir de s’arrêter sur une parole à écouter ou un geste à regarder ; partage sobre sur ce choix ; une deuxième fois lu et 5mn pour continuer à écouter ou regarder en sentant comment cela me rejoint ; partage sobre pour dire comment cela m’a rejoint.

L’une des animatrices, pendant ce 2ème temps, écrivait ce qui était partagé et ensuite restituait ce partage en piste pour méditer ce récit pendant la journée.

La vie en Dieu ne vient pas d’un enseignement dispensé par des gens qui sauraient pour des enseignés. Elle se nourrit de l’expérience de chacun-e. Elle est expérience communautaire où chacun-e donne et reçoit.

 

Avec tout cela chacun-e pouvait partir pour la journée, choisissant ce qui lui parlait, ce qui pouvait l’aider à recevoir ce qui était cherché et qui pouvait s’exprimer ainsi :

Jésus donne-moi la grâce de me laisser toucher par ton Evangile de liberté pour mieux t’aimer et te suivre.

 

Autres éléments de cette retraite :

un accompagnement personnel possible ; messe avec la communauté ; tout au long de la journée des papiers orange où l’on pouvait écrire des mercis ; un espace dessin, modelage, peinture, et divers moyens de promenade, et détentes diverses…sans oublier les repas !

 

Le soir, un court partage :

qu’est-ce qui m’a aidé ? Quel verset a été pour moi important. Et la lecture des « je peux, je sais, je suis, j’ai » et des mercis qui avaient été mis dans une corbeille.

 

Cette retraite peut être à nouveau donnée…

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