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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 17:39
Fr François Cassingena-revedy: intégrale des ses articles

Un lecteur de mon blog m'a demandé si je pouvais lui procurer l'intégrale des articles que le Frère François a publié. Jes voici en pièces jointes!

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 13:51
A lire: articles du Fr François Cassingera-Trévedy,

Les propos lumineux du Frère François Cassingera-Trévedy, bénédictin.

“Ils s’aperçurent qu’ils étaient nus” (Gn 3, 7) De la sexualité en son site ecclésiastique. Quelques propos et propositions.

https://www.facebook.com/notes/fran%C3%A7ois-cassingena-tr%C3%A9vedy/ils-saper%C3%A7urent-quils-%C3%A9taient-nus-gn-3-7-de-la-sexualit%C3%A9-en-son-site-eccl%C3%A9siasti/3191774201047064/

 

De la fabrique du sacré à la révolution eucharistique - Quelques propos sur le retour à la messe.

https://www.facebook.com/notes/fran%C3%A7ois-cassingena-tr%C3%A9vedy/de-la-fabrique-du-sacr%C3%A9-%C3%A0-la-r%C3%A9volution-eucharistique-quelques-propos-sur-le-ret/3198309117060239/

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 17:30

Unité et solidarité entre les femmes catholiques: l'égalité des sexes est l'ADN de notre Église!

En cette Journée internationale de la femme, des milliers de femmes catholiques à travers le monde prennent des mesures, unies dans leur lutte commune pour l'égalité dans leur Église, qui n'a pour la plupart pas été entendue et n'est pas reconnue par la hiérarchie catholique. Mais cette semaine, les échelles pencheront en leur faveur, alors que les femmes réalisent que le temps de demander est révolu, elles assument la responsabilité de l'avenir de leur Église - avec ou sans permission. Dans plus de 27 endroits dans le monde, les femmes catholiques se réuniront devant leurs églises à l'occasion de la Journée internationale de la femme et demanderont l'égalité des droits et la pleine participation des femmes à l'Église catholique. Avec des prières conjointes, des rassemblements et des actions artistiques, ils célébreront et exigeront une église équitable entre les sexes.

Cette action mondiale marque le début d'un processus de pèlerinage d'un an entrepris par le Conseil catholique des femmes (CWC). Le CWC est un groupe de coordination qui rassemble des associations de femmes, des initiatives, des ordres religieux de femmes, des organismes religieux et des théologiennes, qui n'attendent plus que les dirigeants actuels de l'Église apportent des changements significatifs. Ils se donnent les moyens de prendre leurs responsabilités et de diriger en travaillant ensemble vers une même vision - une Église de frères et sœurs égaux.«L'égalité des sexes est un problème mondial. Partout dans le monde, il y a des femmes et des hommes qui voient la dignité et l'égalité de chaque être humain comme une leçon fondamentale du christianisme, et ils ne peuvent plus accepter que cette leçon ne soit pas mise en pratique dans les structures de l'Église et dans sa vie quotidienne. Leur unité entre les différences, leur autonomisation et leur dévouement montrent que le changement est déjà en cours », explique Zuzanna Flisowska, directrice générale de Voices of Faith. 

Des événements de la Journée internationale de la femme sont prévus en Australie, Autriche, Canada, Croatie, Allemagne, Inde, Italie, Luxembourg, Kenya, Philippines, Afrique du Sud, Espagne, Suisse, Royaume-Uni et États-Unis par des groupes locaux se réunissant tous autour de la même thème «Dignité et égalité» et «Nous sommes le changement». 

Ces actions locales expriment l'extraordinaire unité et solidarité entre les femmes catholiques du monde entier et montrent que les droits des femmes doivent également être valables dans l'Église catholique romaine si elle veut être durable.

Pour voir où les événements ont lieu cette semaine, veuillez visiter notre site Web: www.voicesoffaith.org/iwd2020  

Pour des interviews, contactez: 

Zuzanna Flisowska, directrice générale, Voices of Faith 

zuzanna.flisowska@voicesoffaith.org 

+39 351 523 4217

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 21:39
Des propos inadmissibles

Des mots peuvent faire mal en véhiculant une discrimination qui enferme les gens et les empêche de libérer leurs potentialités. Dans ces cas, il y a urgence à dire NON et ne pas « laisser courir » sous prétexte que ce ne sont que des mots.

Parmi plein d’autres, en voilà un récent : 

« Ce qui fonde la masculinité, c’est de donner, tandis que ce qui fonde la féminité, c’est de recevoir. »

Rappelons les faits

1er acte :

D’abord une déclaration de religieuses et religieux ignatiens dénonçant le fait que des curés n’appellent que des hommes pour donner la communion. Femmes interdites !

(pour lire l’article : https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Eglise-dernier-mot-revient-trop-souvent-pretres-2019-12-16-1201066765 )

2ème acte:

Une journaliste du journal la Croix se met en quête pour vérifier cette pratique. En particulier, elle interroge le curé de St Léon à Paris. Je la cite : « Quant au père Emmanuel Schwab, curé de Saint-Léon, importante paroisse du 15e arrondissement de Paris, il fait le choix de « ne demander qu’à des hommes de donner la communionpour souligner la masculinité du Christ, qui se donne à l’Église son épouse. Ce qui fonde la masculinité, c’est de donner, tandis que ce qui fonde la féminité, c’est de recevoir ».

(pour lire l’article : https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Pourquoi-femmes-donnent-elles-pas-toujours-communion-2020-01-06-1201070025 )

 

Derrière cette déclaration et cette pratique, il y a une anthropologie du féminin et du masculin qui place celui-ci toujours en position haute d’initiative, de pouvoir, de responsabilité et le féminin du côté de la passivité.

Et une théologie qui oublie que le baptême configure au Christ autant les femmes que les hommes.

Ces curés et tous ceux qui adhèrent à de tels propos…dans quel monde vivent-ils ?

Fondement de la féminité, la réceptivité ?

Les mères qui donnent la vie. Toutes les femmes qui donnent de leur vie, de leur temps pour donner le meilleur d’elles-mêmes au service des sciences, de la politique, de l’éducation…Et tant et tant… Elles donnent et c’est plutôt les hommes qui reçoivent tant et tant d’elles !

Le philosophe Aristote pensait que seule la semence masculine donnait la vie, la femme n’étant qu’une sorte de couveuse. Et comme cette semence masculine pouvait produire des filles, la raison en était que cette semence était défectueuse ! Il a fallu attendre le 19ème siècle pour prouver scientifiquement que l’enfant résulte de la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde : masculin et féminin qui donnent et se reçoivent pour donner la vie.

Les propos de ce curé laissent à penser qu’il en est resté à Aristote !

Il se trouve que ce curé est l’aumônier national d’une super association auprès des personnes prostituées et des sans domicile qui, justement, n’a pas le positionnement de ceux qui donnent à ceux qui reçoivent mais vont auprès des personnes en humble place, les mains nues.

Peut-être devait-il méditer cela.

Autres liens :

https://www.jesuites.com/contribution-ignatienne-au-debat-en-eglise-tribune-des-superieures-majeures-ignaciennes/

https://www.ndcenacle.org/debat-eglise-une-prise-position.html

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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 22:55
Oh My Goddess :  Des homélies en podcast…par des femmes

Une formidable initiative qui apporte sa pierre pour construire l'Eglise autrement, celle des disciples de Jésus, disciples égales et égaux, toutes et tous prêtres et prophètes .

Voici comment ce groupe de femmes à l’initiative de ce projet le présente :

« Nous sommes un groupe de femmes réunies autour du projet de participer à l’indispensable renouvellement des communautés catholiques en initiant des projets féministes audacieux et intersectionnels qui rassemblent et donnent voix à celles et ceux que l’Eglise invisibilise.

Nous lançons Bonne Nouv.elle, la parole inclusive du dimanche. Du premier dimanche de l’Avent au jour de Pâques, un.e invité.e nous donnera à entendre, chaque semaine, l’homélie.

Aussi disponible sur Spotify et Anchor.fm ou par flux RSS.

Nous nous appelons Anne, Lucie, Valentine et Claire. Nous sommes théologiennes, psychologues cliniciennes, philosophes, géographes ou artistes de spectacle, peut-être célibataires, peut-être en couple, peut-être mariées et peut-être pas seulement avec des hommes, nous sommes surtout des femmes révoltées par la manière dont l’Eglise trop souvent invisibilise une partie de ses membres, et fatiguées de devoir nous taire. 

Si notre projet vous touche vous pouvez parler de notre initiative et diffuser notre podcast d’homélies, vous pouvez vous former et encourager d’autres à se former, vous pourrez faire un don à notre association dans les semaines à venir. contact@ohmygoddess.fr "  

 

Pour écouter l’homélie du dimanche 29 décembre sur la Sainte famille de Magali C. Calise

https://ohmygoddess.fr/2019-12-29/

Lien à la source :

https://ohmygoddess.fr/

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 23:02
Femmes dans l’Eglise…une prise de position des Religieux et Religieuses de spiritualité ignatienne

Les responsables d’Instituts religieux vivant de la spiritualité de St Ignace de Loyola, ont rédigé un texte publié dans le journal La Croix du lundi 16 décembre 2019. Ils représentent 32 Instituts religieux dont les jésuites, les Pères Blancs et les nombreux Instituts religieux de femmes.

Ce texte est leur contribution au débat sur l’Eglise concernant les relations de femmes et des hommes. La fin de cette l’article rappelle que Jésus a confié à une femme la première annonce de la résurrection et qu’il s’agit d’en tirer tous les enseignements concernant la place des femmes dans l’Eglise.

Il témoigne de la belle collaboration et le vivre ensemble qui se vit entre ces Instituts ignatiens quant à la formation et à la mission et combien cette collaboration homme-femme est essentielle à la fécondité de cette mission.

Ce texte constate aussi des difficultés rencontrées par les femmes dans l’Eglise :

-abus du dernier mot qui revient au prêtre quand ce n’est pas requis

-travail dans l’ombre des femmes

-plus de crédit de la parole du prêtre même s’il est moins compétent

-refus dans certaines paroisses que des femmes donnent la communion

-exclusion des filles comme servantes d’autel

Ceci ne montre pas une saine relation hommes-femmes mais montre malheureusement un espace sacré où seuls les hommes et les garçons ont droit d’accès.

 

Voici le texte intégral de leur déclaration :

 

Contribution de la vie religieuse Ignatienne au débat en Eglise

Religieux et religieuses ignatiens, nous essayons de vivre de l’esprit d’Ignace de Loyola qui recommandait de « sentir avec l’Eglise », c’est-à-dire d’avoir le sens de l’Eglise. A l’heure où notre Eglise traverse une crise importante, le pape François invite le peuple de Dieu à relever le défi, à lutter contre le cléricalisme qui fait le lit de « l’entre-soi » et d’une conception abusive de l’autorité. Encouragés par cette invitation du pape François, nous désirons apporter notre témoignage.

La vie religieuse ignatienne est constituée de communautés d’hommes (les jésuites, et les Pères blancs) et de communautés de femmes (très nombreuses). Nous nous sentons bénéficiaires d’un même héritage spirituel. Les novices, hommes et femmes, apprennent ainsi dès les premiers mois de leur vie religieuse à se rencontrer, à se connaître, à se former ensemble. Bien souvent nous nous retrouvons ensuite, avec des laïcs de spiritualité ignatienne, au service d’une même mission dans des centres spirituels, des revues, des lieux de formation, des propositions pour les jeunes… Depuis longtemps, et à l’origine grâce à des jésuites qui les y ont encouragées, des femmes parmi nous accompagnent les Exercices Spirituels, ces Exercices qui sont le cœur et la source de notre spiritualité, de notre vie religieuse et de notre mission. Elles forment et supervisent d’autres accompagnateurs, qu’ils soient laïcs ou prêtres. Sans vouloir prétendre que la collaboration entre hommes et femmes soit toujours simple entre nous, nous constatons cependant qu’elle est essentielle à la fécondité de notre mission.

La diversité de nos insertions nous donne aussi d’entendre des échos très divers de la vie de l’Eglise en France. Nous rendons grâce pour toutes les expériences de fraternité qui se vivent dans l’Eglise, à tous les niveaux : diocésain, paroissial, communautaire… Toutefois, nous ne pouvons taire le malaise et les difficultés grandes ou petites que vivent beaucoup d’entre nous, en particulier des religieuses qui exercent avec compétence une responsabilité pastorale, dans une Eglise où le dernier mot revient à un prêtre, y compris lorsqu’il n’est pas requis qu’il en soit ainsi.

Beaucoup de sœurs et de femmes laïques ont une mission de formation. Pourtant, leur travail (recherches, accompagnements, interventions…) reste souvent dans l’ombre tant il est habituel d’accorder plus de crédit à la parole d’un prêtre, fût-il moins compétent. Les directives canoniques (c.766) concernant l’homélie réservée aux ministres ordonnés n’empêchent pas de confier parfois la prédication à d’autres ; ne serait-il pas souhaitable d’avancer en ce sens lorsque les circonstances y invitent (fête de la vie consacrée ou fêtes auxquelles tel ou tel institut est, par charisme, plus sensible, ou en fonction des expériences ou compétences de telle ou tel) ?

Un autre point nous préoccupe encore : nous constatons que, dans certaines paroisses, non seulement les filles ne peuvent plus être servantes d’autel, mais les femmes elles-mêmes ne peuvent pas donner la communion. Aucun argument théologique ni liturgique ne fonde une telle pratique ; il est même paradoxal de constater que ce sont essentiellement des femmes qui portent la communion aux malades, dans le Service Evangélique des Malades ! Quelle image de l’assemblée est ainsi donnée à voir ? Quel symbole est mis en valeur avec de telles pratiques ? Est-ce celui d’une saine relation hommes-femmes, ou bien celui d’un espace sacré où seuls les hommes et les garçons auraient droit d’accès ? L’état baptismal ne donne-t-il pas accès à la plénitude de la vie chrétienne, que l’on soit homme ou femme ? Là où l’ordination n’est pas requise - comme c’est le cas pour la distribution du pain eucharistique -, pourquoi faire des différences entre hommes et femmes ?

De telles attitudes relèvent sans doute d’une peur, en large partie inconsciente. Certes, la peur d’un délitement des identités, dans notre société, existe bel et bien. Nous comprenons cette peur, et ne la condamnons pas. Mais n’est-il pas dommage de porter atteinte, à cause d’elle, à la nouveauté évangélique ?

Notre désir est de travailler à des relations plus évangéliques entre hommes et femmes dans l’Eglise. C’est à une femme, Marie de Magdala, que le Seigneur a confié la première annonce de sa Résurrection ; ne craignons pas d’en tirer tous les enseignements !

Les Supérieur(e)s Majeur(e) Ignacien(ne)s (SMI) de 31 Instituts Religieux comprenant plusieurs centaines de religieux(ses) s’inspirant de l’esprit de St Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites

 

Liste des Instituts signataires :

Ancelles Sacré Cœur Jésus, Auxiliaires du Sacerdoce, Soeurs de Notre-Dame du Cénacle, Communauté Saint François-Xavier, Compagnie de Marie Notre Dame, Compagnie Ste-Ursule de Dole, Fidèles Compagnes de Jésus, Filles du Cœur de Marie, Sainte-Chrétienne, Institut des Sœurs de St Joseph, La Croix de Chavanod, La Retraite, La Xavière, Marie-Auxiliatrice, Oblates du Cœur de Jésus, Missionnaires d’Afrique, Petites Sœurs de l’Ouvrier, Province Jésuite d’Europe Occidentale Francophone, Religieuses du Sacré cœur de Jésus, Religieuses de Marie Immaculée, Saint Ursule de Tours, Sœurs Marie Réparatrice, Auxiliatrices Province France Belgique, Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy, Sœurs de Saint-André, Sœurs de Ste Clotilde, Sœurs du Christ, Sœurs de Saint Joseph d'Annecy, Sœurs de Saint Joseph de Lyon, Sœurs Missionnaire Notre Dame d’Afrique Province France, Ursulines du cœur de Jésus Lyon, Congrégation du Sacré Cœur de Jésus de St Aubin Les Elbeuf.

 

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Eglise-dernier-mot-revient-trop-souvent-pretres-2019-12-16-1201066765 

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24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 09:23
« Je n’irai pas manifester le 6 octobre » un article de Marc Durand

Cet article est paru le 23 septembre 2019 dans la revue Garrigues et Sentiers et je souhaite le partager sur mon blog car je suis en parfait accord avec lui. Profitez-en pour découvrir cet excellent blog !

  

« Je n’irai pas manifester le 6 octobre »

Cela ne signifie pas que j’approuve ou désapprouve le projet de loi, mais que je n’accepte pas d’être appelé à cette manifestation par la hiérarchie catholique.

Depuis quelques jours celle-ci se mobilise contre le projet de loi bioéthique, et tente de mobiliser les fidèles. Que penser ? Nous n’allons pas discuter ici de ces problèmes de bioéthique, ils sont très complexes et les aborder dépasserait de beaucoup le contenu d’un simple article. Par contre on peut se demander au nom de quoi, ou de qui, sont prises ses positions par la hiérarchie et sont effectués les appels à mobilisation.

Une première remarque est la justification donnée à cet émoi : le gouvernement ne tiendrait pas compte des remarques émises par les représentants de l’Église, les débats auraient été occultés, non transparents. On sait que les débats durent depuis plus d’un an, le comité d’éthique a travaillé longuement, et les représentants de l’Église y sont présents. Il semble que la hiérarchie a une forte propension à reprocher aux autorités (quelles qu’elles soient) de ne pas débattre honnêtement quand les décisions prises à la suite des discussions ne vont pas dans le sens souhaité. Il semble qu’elle n’a pas encore pris la mesure des exigences de la démocratie et de la place très minoritaire qu’occupe l’Eglise dans notre société sécularisée. Pourtant si l’on compte les invitations dans les médias, les places prises dans les diverses instances, il semble que l’Église est même sur-représentée quand on fait le décompte de ses fidèles (les sociologues considèrent comme « fidèles » les personnes qui vont à la messe au moins une fois par mois, ce n’est pas très exigeant !).

On dira que justement les évêques sont très prudents, disent qu’ils n’appellent pas à cette manifestation mais demandent aux fidèles de réfléchir et de s’engager. Mais qui peut le croire ? Cela semble être ce qu’on appelle des « éléments de langage ». On se retrouve au Collège des Bernardins pour mener un débat serein qui prétend ne rien imposer, mais à peine sortis un des leurs appelle à manifester. Dans les paroisses d’Aix on appelle en chaire à aller à la manifestation, cela est relayé par les feuilles paroissiales. Un représentant de l’épiscopat sur France-Inter tenait le 18 septembre un langage d’apaisement, manifestant un retrait devant ces positions va-t-en-guerre, mais au même moment d’autres évêques appelaient à la manifestation. On constate malheureusement un double langage qui fleure bon les vieilles techniques des vieux débats politiciens.

Soyons clairs, la hiérarchie catholique est vent debout contre le projet de loi et appelle ses fidèles à la soutenir et à manifester dans la rue le 6 octobre. Et elle veut ignorer que les meneurs de cette manifestation sont très marqués politiquement, la frange de la société française qui oscille entre François Fillon et Marine Le Pen. Ces groupes ont bien évidemment le droit de manifester, ce n’est pas le problème. Mais appeler à se joindre à eux n’est pas neutre, la hiérarchie n’est pas si naïve qu’elle ne se rendrait pas compte du signal qu’elle envoie : c’est dans ce milieu qu’elle a encore une certaine écoute, qu’elle recrute, elle semble avoir fait une croix sur le reste des catholiques… qui, eux aussi, font de plus en plus une croix sur une institution inféodée à une idéologie dans laquelle ils ne se reconnaissent pas.

Alors, sans entrer dans le débat de la loi, nous insistons là-dessus, on peut se demander au nom de quoi la hiérarchie ecclésiastique s’oppose au projet. Au nom de la foi ? Nous croyons que l’Esprit d’amour vit au fond de chaque être, appelé à en vivre dans une pleine liberté. La foi est un « suivre Jésus » dont le commandement est la conjonction des deux premières sentences du décalogue : amour de Dieu et des frères, les deux injonctions étant semblables. Jésus appelle chacun à se libérer de ses chaînes pour vivre totalement son humanité, sa vocation d’homme appelé à l’amour (de Dieu et de tout homme, c’est semblable). Chaque homme, grâce à l’Esprit qui réside au plus profond de lui, est appelé à vivre son espérance, solidaire des autres hommes, dans le Dieu de Jésus, source de vie, et à être sujet devant sa face. Cela ne donne pas une réponse concrète aux problèmes éthiques ou moraux. Dire que ce projet de loi s’attaque à l’humanité de l’homme ne peut être une conséquence directe de la foi en l’Amour, mais le résultat d’une réflexion philosophique, voire idéologique que les chrétiens peuvent partager ou non. Ils doivent mener cette réflexion, personne n’est habilité à leur donner la solution. 

Et si c’était au nom de la foi, donc au nom de Jésus-Christ, qu’on appelle ainsi à l’action, on peut s’interroger sur la méthode choisie : une grande manifestation destinée à faire pression sur les décideurs et sur la société. On ne peut dire que cela fait partie de la « mission » que nos évêques demandent constamment de mettre en avant, ce n’est ni une annonce de Jésus-Christ ni un témoignage de notre foi, mais une manifestation de puissance. Il semble que les moyens utilisés par Jésus étaient assez différents… qui l’ont mené sur la Croix et ont mené au sacrifice nombre de ceux qui l’ont suivi.

L’Église répond alors qu’elle a la charge du peuple de Dieu, et qu’à ce titre elle est gardienne de la morale à laquelle ce projet s’opposerait. Mais « qui fait la loi » ? Il est temps de reconnaître que ce sont les hommes qui font la loi, elle ne se déduit pas directement de ce qu’on appelle la Révélation. C’est bien parce que l’Esprit d’Amour vit au fond de chaque homme, que l’humanité est capable de construire une éthique valable pour tous les hommes. Sous toutes les latitudes sont reconnues des notions du bien et du mal, de l’amour et de la haine, etc. Mais la mise en musique de ces notions fondamentales est faite par les hommes, avec leurs différences historiques, culturelles. D’où des débats, des querelles, des divisions et des conjonctions. Il n’existe pas une morale universelle, aux mains d’une hiérarchie, qui résoudrait toutes les questions d’éthique. Le rôle dominant, en surplomb, que veut se donner la hiérarchie n’est-il pas un peu usurpé ?

Dans les positions des différents acteurs de ces débats, on trouve des obscurités, des contradictions. Cela est normal, construire une morale, c’est-à-dire une application concrète des notions de bien et de mal, d’une éthique, est une opération complexe qui ne peut trouver des solutions simples, évidentes. Quand on touche à l’humain, à la société des hommes, prétendre à la simplicité est se faire illusion, ou mentir, et se contenter d’une application simpliste d’une idéologie hors sol. On peut regretter que depuis quelques jours les arguments avancés par la hiérarchie soient d’une grande pauvreté et d’un grand simplisme (1). Elle s’applique à mobiliser et, comme tous ceux qui veulent mobiliser, elle simplifie, mélange les genres, utilise la peur de ce qui pourrait arriver après. Elle est entrée dans le combat, est-ce son rôle ? Combat au nom de qui ? Certainement pas de Jésus-Christ, tellement cela serait en contradiction avec toute son œuvre.        

Faut-il alors que les chrétiens renoncent à manifester ? Certainement pas. Comme tous les citoyens ils ont le droit, voire le devoir, d’exprimer leurs opinions et de rentrer dans les combats internes à la société. Mais ils ne le font pas au nom de leur foi, ils le font au nom de leur enracinement dans l’humanité (enracinement qui n’est évidemment pas étranger à leur foi). L’institution ecclésiale ne semble pas habilitée pour mener ce combat, sous quelque forme que ce soit, dans lequel elle est peu crédible. Son appel ne semble pas légitime.

 

                                                                                Marc Durand

                                                                              

 

1 – Il semble que sous ces arguments divers se cache une condamnation viscérale, sans appel, de l’homosexualité. Mais cette condamnation ne peut plus se dire, les événements récents détruisent la crédibilité de l’Église sur ce sujet.

 

Article paru dans le blog : Garrigues et sentiers : http://www.garriguesetsentiers.org/2019/09/je-n-irai-pas-manifester-le-6-octobre.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 18:54
Phoebé, femme et diacre…  « censurée » par le lectionnaire de l’Eglise catholique.

Phoebé, femme et diacre…  « censurée » par le lectionnaire de l’Eglise catholique romaine.

On trouve mention d’elle dans le Nouveau Testament : « Je vous recommande Phoebé, notre sœur diaconesse de l’Eglise de Cenchrées… » (Epitre aux Romains chapitre 16 verset 1.)

C’est la finale de l’épitre qui est dans le lectionnaire des messes de semaine. (samedi de la 31ème semaine du temps ordinaire aux années impaires)

Mais curieusement les verset 1 et 2 sont omis. On commence la lecture au verset 3.

Curieux, n’est-ce pas !

D’autant plus curieux si on lit le commentaire d’un bibliste, Marc Schoeni[1] :

« Lettre de recommandation ( Rm 16/1-2) : c’est un genre littéraire largement pratiqué dans l’Antiquité. C’était la personne recommandée qui portait la lettre. Mais Phoebé porte plus qu’un petit billet ; si la recommandation est intégrée à la lettre aux romains, c’est qu’elle est porteuse de la lettre entière…En tant que « protectrice », elle peut jouer le rôle de « patron » qui défend les intérêts de ses « clients » vis-à-vis des autorités…Mais Phoebé n’est pas seulement riche et influente ; c’est une théologienne. Le convoyeur d’une lettre était chargé de l’expliquer à ses destinataires ; étant donné la matière de Rm, seule une théologienne à la compétence reconnue par Paul pouvait remplir cette tâche. »

Rôle social et ecclésial, diacre, théologienne…Belle figure de femme, bel exemple et modèle qui peut inspirer. Et on « oublie » ces deux versets. Il est difficile de ne pas penser que ce n’est pas un oubli mais une censure. Cela donnerait trop à penser…

Ensuite le lectionnaire se rattrape si l’on peut dire puisque dans suite Paul cite pleins de noms d’hommes et de femmes, en particulier deux couples : Prisca et Aquilas (collaborateurs ou compagnon de travail selon les traductions), Andronicus et Junias…apôtres éminents. Et plein d’autres nom de femmes : Marie, Tryphène, Tryphose, Persis.

Encore faut-il savoir que ce sont des prénoms féminins (Et le prêtre qui commente ces textes le sait-il ?)

Encore faut-il savoir que pendant longtemps les traductions faisait de Junias… un Junius, parce que cela semblait impossible que Paul désigne une femme comme apôtre !

Reste que l’omission des 2 premiers versets de Rm16 est inadmissible. Il reste à faire connaitre cette censure…Sans modération.

Merci à Anne-Noëlle, une lectrice de ce blog, qui me l’a signalé.

 

 

 

 

 

 

[1] Le Nouveau Testament commenté, sous la direction de Camille Focant et Daniel Marguerat Ed Bayard-Labor et fides p 707

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 21:30

http://www.internationalunionsuperiorsgeneral.org/wp-content/uploads/2018/11/Empower-Religious-Women-web.jpg

DÉCLARATION DE L’UISG CONTRE LES ABUS DE TOUTES SORTES

L’Union Internationale des Supérieures Générales (UISG), qui regroupe 2 000 Supérieures Générales de Congrégations religieuses féminines du monde entier, représentant plus de 500 000 Sœurs, exprime sa profonde douleur et son indignation face au schéma d’abus répétitifs qui prévaut au sein de l’Église et de la société aujourd’hui.

L’abus sous toutes ses formes – sexuelle, verbale, émotionnelle, ou tout usage inapproprié du pouvoir dans une relation, portent atteinte à  la dignité et au sain développement de la victime.

Nous apportons notre soutien aux femmes et aux hommes qui ont eu le courage de dénoncer des abus auprès des autorités. Nous condamnons celles et ceux qui entretiennent la culture du silence et du secret, souvent sous le couvert de la « protection » de la réputation d’une institution ou en affirmant qu’elle « fait  partie de notre culture ». Nous préconisons une dénonciation transparente civile et criminelle des abus, que ce soit au sein des congrégations religieuses, au niveau paroissial ou diocésain, ou dans n’importe quel domaine public.

Nous demandons que toute religieuse ayant été abusée dénonce cet abus auprès de la responsable de sa congrégation, et auprès des autorités ecclésiales ou civiles selon le cas. Si l’UISG reçoit une dénonciation d’abus, nous offrirons une présence d’écoute et nous aiderons la personne à avoir le courage de déposer sa plainte auprès des organisations compétentes.

Nous nous engageons à travailler avec les Autorités civiles et de l’Eglise, pour aider les victimes d’abus à guérir du passé, à travers un accompagnement et en réclamant justice. Nous investirons également dans la prévention des abus en collaborant au niveau de la formation et de la mise en place de programmes éducatifs, tant pour les enfants que pour les hommes et les femmes. Nous désirons tisser des liens de solidarité dans ces situations déshumanisantes et contribuer à une nouvelle création dans le monde entier.

http://www.internationalunionsuperiorsgeneral.org/fr/declaration-de-luisg-contre-les-abus-de-toutes-sortes/

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 14:21

À Val-Bélair, au Québec, une soixantaine d'enfants et d'adolescents se dévouent aux différents services liturgiques, grâce à une équipe pastorale qui croit à la place des jeunes. L'équipe des servants de messe, lieu d'évangélisation, de catéchèse et de fraternité.

 

https://www.youtube.com/watch?v=etII3ESHmBA

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