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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 11:13

Dans l’Évangile de  Matthieu au chapitre  13 verset 44 à 46


Malgré leur similitude, ces deux histoires recèlent des différences.

Ce que ces deux personnes ont en commun, c’est de vendre tout ce qu’elles avaient  pour acquérir l’une, un champ, l’autre une pierre précieuse.

Mais la première trouve sans avoir cherché et la seconde trouve parce qu’elle a cherché. Le trésor était caché, la perle était visible à tous.

Les motifs même de leur comportement sont différents. Pour le premier, ce qui le fait agir est la joie : «  C’est pour lui une telle joie ».  Pour la deuxième,  le motif est la valeur de la perle.

 

Ces petites histoires qu’on appellent paraboles, sont caractéristiques de l’enseignement de Jésus. Elles recèlent un mystère, elles demandent un déchiffrement, une interprétation. Elles ouvrent un espace à l’interprétation. Un espace ouvert où le pluriel est possible. La vérité n’est pas enclose dans une définition, elle est ouverture de sens.


Qui sont ces deux personnes ? Que représentent ce trésor et cette perle ? Y-a-t’il un sens aux différences entre les 2 paraboles ?

 

« Vendre tout ce qu’il a » peut faire écho à l’admiration que Jésus a eu devant la veuve du temple : « Elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre » (Evangile de Luc chapitre 21 verset 4.) Mais cette veuve est une figure christique. Son geste préfigure le don que Jésus va faire de sa vie. Il va donner tout ce qu’il a, toute sa vie.

Alors en ce sens, le découvreur de trésor et le chercheur de perle, c’est bien Jésus qui donne toute sa vie pour acquérir le trésor et la perle précieuse que nous sommes.

« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » Dans l’Ancien Testament le prophète Isaïe le disait déjà (Isaïe chapitre  43 verset 4)

Ici, Dieu se révèle découvreur et chercheur.  Surpris de la rencontre ou en quête de nous rencontrer. Dans les deux cas, aimant de notre beauté, nous considérant comme précieux à ses yeux. Sur la croix, où il donne tout, il va jusqu’au bout du désir fou de nous montrer le vrai visage de Dieu qui peut vaincre nos résistances. Il est le démuni devant qui toutes nos peurs de Dieu peuvent tomber.

 

Il n’est pas habituel d’interpréter cette parabole ainsi. Cette interprétation peut nous aider à mieux nous accueillir nous-mêmes : nous sommes trésor et  perle, précieux à ses yeux.

Alors pourquoi ne pas échanger notre regard contre le sien ? M’accueillir comme il m’accueille,  me voir comme il me voit.

Elle peut nous aider aussi à mieux accueillir Dieu comme chercheur de notre amitié, offrant la sienne et l’ayant prouvé au prix fort de la croix.

 

Mais ce découvreur et ce chercheur, c’est aussi nous-mêmes dans la variété de nos itinéraires de foi. Sans chercher, nous avons trouvé un trésor, en cherchant, nous avons découvert une perle précieuse.  Ici, trésor et perle sont image de la beauté de Dieu.  Elle a du prix à nos yeux au point de tout vendre.

Mais Dieu s’achète-t-il ? Non évidemment. Mais vendre ici peut se comprendre comme l’absolu d’une confiance. Tout miser sur lui, faire de lui la raison de nos vies, de nos décisions, de nos options fondamentales. Dieu est comme un trésor, comme une perle pour celui, celle qui l’a découvert, qui l’a cherché et qui l’a compris pour ce qu’il est : Amour.

 

Il est plus habituel de la présenter de ce côté ! Ce peut être une invitation, considérer  comment Dieu est un trésor pour nous. En quoi il est précieux au point d’inspirer nos choix, nos décisions, nos actions, nos paroles. « Vendre ce qu’on a », ce n’est pas uniquement les grandes décisions de sa vie, mais aussi les toutes petites qui peu à peu construise les grandes.

 

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 11:17

Dans l'Evangile selon Matthieu au chapitre 14 verset 13 à 21 

Le texte débute par une information que Jésus apprend : l’arrestation de Jean-Baptiste. Cette notation est-elle importante ? Oui, parce que cela nous montre comment Jésus réagit à un événement : il monte dans une barque, il se retire dans un lieu désert pour être à l’écart. Un autre découpage liturgique de ce texte aurait davantage mis en valeur cela. En effet après que la foule eut été rassasiée, le texte nous indique une réaction similaire de Jésus : il ordonne aux disciples de monter dans une barque sans lui, il renvoie la foule, il gravit la montagne, il se met à l’écart pour être seul et prier. Le point commun de ces 2 réactions est un choix de solitude. C’est une même réaction devant deux événements opposés. Le premier est l’événement tragique de l’arrestation de Jean , l’échec que cela représente, la tristesse de la mort d’un ami, le danger de mort qui se profile. Le second est l’événement heureux d’une foule rassasiée, donc une réussite.

 Echec et réussite provoquent en Jésus la même réaction, la même attitude, la même décision : solitude et prière. Regardons sa manière de réagir. Elle nous indique un chemin de vie. Nous avons besoin de temps de solitude pour nous laisser interroger par les événements, peser les décisions à prendre, pour ne pas être déstabilisés par les échecs ou trompés par les réussites. Solitude et prière qui ouvre un chemin dans ce qui est obscur ou lumineux dans nos vies. Solitude habitée puisqu’elle est écoute, parole, dialogue avec un autre. En fait, tout bien considéré, espace pour aimer et se laisser aimer par Dieu.

 Ce faisant, Jésus, débarquant, vit du même amour. Il aime en n’étant pas aveugle sur cette foule en attente de lui. Il aime en étant bouleversé devant cette foule et en la guérissant. Il aime ses disciples en les faisant partenaires de son action, d’abord par l‘accueil de leurs pauvres 5 pains et 2 poissons et ensuite en les faisant serviteurs d’une abondance à partager. Il aime celui qu’il appelle Père et qu’il sait trouver au cœur de l’action par la bénédiction, source d’une telle fécondité qu’elle nourrit toute une foule.

Arrêtons-nous à cette bénédiction. Bénédiction du pain ? Oui mais à travers ce pain, bénédiction de la pauvre offrande des disciples. C’est lui qui l’a suscitée par sa question mais c’est eux qui en ont fait l’offrande. Et à l’instar de la pauvre veuve qui a donné tout ce qu’elle avait pour vivre, Jésus bénit ce pain de leur pauvreté. Pauvreté offerte et bénédiction de Jésus font le miracle de nourrir une foule.

 Quelles sont mes pauvretés à offrir à la bénédiction du Christ pour qu’il en fasse abondante nourriture ?

 

 

 

 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 11:50

Évangile de Matthieu au chapitre 13 verset 24 à 43

Croire en la bonté qui est en nous.

Voici la parabole de l’ivraie. Mais est-ce vraiment la parabole de l’ivraie ? Il y a des titres qui sont trompeurs.

 

Cette parabole est d’abord en continuité de celle du semeur qui la précède. Le semeur a semé du bon grain dans un terrain qui est bon. S’il sème ce qui est bon, c’est que lui-même est bon. La femme qui a fondé la Communauté qui est la mienne ,  Thérèse Couderc,  disait de lui : « il est bon, il est plus que bon, il est la bonté ». Donc tout est bonté venant de lui. Bonté du grain, bonté de la terre, bonté du monde, bonté de l’homme qui sème, bonté de Dieu. Nous sommes dans le fondamental de la création : « Dieu vit que cela était bon » ( Ancien Testament au livre de la Genèse chapitre 1).

 

Et nous sommes dans le fondamental d’une création en histoire. Non pas un monde créé tout fait, statique, immobile. Ce qui est semé est pour une croissance, une création continuée : grain puis épi, puis blé. Entre semailles et moisson, il y a le temps de l’histoire, le temps de la liberté de veiller à la croissance de ce qui est bon. Responsabilité qui est nôtre. Etre veilleur pour que la vie semée par Dieu vienne à maturité. Ce n’est pas du tout fait de toute éternité, immobile mais c’est une semence riche d’avenir, un don à faire qui périrait s’il ne pouvait s’épanouir grâce à la bonne terre de nos vies, de nos réponses humaines, don et accueil qui vont ensemble porter à maturité la nouveauté de l’épi.

 

Ce titre trompeur est en cohérence avec la réaction des serviteurs qui se focalisent sur l’ivraie, leur question sur son origine et surtout leur doute : « N’est-ce pas du bon grain que tu as semé ? ». Leur doute qui frise le soupçon.  Mais leur question n’est-elle pas la nôtre ? Leur doute et leur soupçon ne sont-ils pas les nôtres ? Cette question du mal qui nous taraude tous, qui est souvent un obstacle à la foi. La réponse du propriétaire est la même que celle de la Genèse. C’est un ennemi qui a semé de l’ivraie. La Genèse parle d’un serpent qui insinue le doute sur le don qui est fait, qui insinue le doute sur la bonté du donateur.

 

Que faut-il donc faire ? Arracher au risque de détruire la bonté des épis de blé ? Ce serait faire le jeu de l’ennemi. Le propriétaire fait une autre option. Celle de la confiance dans le blé semé et dans la terre qui participe à la nouveauté de l’épi. Confiance dans l’épi assez fort pour ne pas se laisser étouffer par l’ivraie.

 

Dans nos vies, il y a du bon grain et de l’ivraie. N’est-ce pas une erreur de se focaliser sur l’ivraie ? L’homme de cette parabole nous conseille un autre chemin. Croire en ce qui est bon en nous, croire que ce qui a été semé en nous par Dieu est bon et le développer au maximum, en y mettant toute notre énergie, notre créativité. C’est le développement de la bonté en nous, un « habitus » de bonté qui fera se dessécher l’ivraie. Et non un arrachage volontariste qui risque de dessécher la vie en nous.

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 10:59

Voici le 2ème article que j'ai écrit pour la revue Esprit et Vie

Dans l'Evangile selon Luc au chapitre 9 verset 28 à 36 

Le sens de cet Evangile est bien connu. Jésus vient d’annoncer à ces disciples, sa mort prochaine. Par la transfiguration, il leur annonce sa Résurrection. Il leur révèle aussi la gloire de sa divinité.

Cet Evangile doit être lu avec tout son arrière-fond biblique : le sommeil des apôtres ; la suggestion de Pierre concernant les 3 tentes ; la prière de Jésus.

 

Le sommeil des apôtres.

On nous dit : « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. » Ce n’est pas de la fatigue, ni du sommeil de la nuit : c’est une expérience de Dieu. Rappelons-nous, Dieu plonge Adam dans un profond sommeil quand il crée Eve et le sommeil mystérieux qui s’empare d’Abraham quand Dieu fait alliance avec lui.

Le sommeil ici est expérience spirituelle quand Dieu fait entrer dans son mystère. Il  est arrachement à soi-même, oubli de soi, abandon confiant. Sommeil, là où Dieu agit secrètement et où nous nous laissons faire par Dieu. C’est l’expérience de la nuit, ces nuits que nous connaissons toutes et tous, nuit de la foi, nuit où Dieu semble absent, mais nuit où Dieu travaille en nous sans que nous en ayons conscience, nuit de purification pour habituer nos yeux à la lumière.

Passage par la nuit. Mais pour un réveil…comme les apôtres dont on nous dit que « se réveillant, ils virent  la gloire de Jésus »

 

La demande de Pierre de planter trois tentes.

Le texte nous dit qu’il ne savait pas ce qu’il disait.

Mais cette tente, ce n’est une simple question de campement ! C’est la tente de la rencontre. Quand le peuple était dans le désert, il allait à la tente de la rencontre, lieu de la présence de Dieu. Mais pourquoi donc Pierre ne sait pas ce qu’il dit ? La réponse est dans la suite du texte. On nous dit : la nuée les couve de son ombre,( remarquez, c’est la même expression utilisée pour l’Annonciation.) Une voix leur demande d’écouter Jésus le Fils et ensuite ils  ne voient plus que Jésus seul. Il n’est pas question de planter 3 tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente de la rencontre, c’est le Christ dans la vérité de son humanité et de sa divinité. Jésus seul : unique chemin, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie. Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection. Premier né d’une multitude de frères et de sœurs, celui qui ouvre le passage pour que, à sa suite nous entrions dans la vie éternelle.

Avec le récit des tentations, nous savons que sa victoire est notre victoire. Avec la transfiguration, nous savons que sa résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux (Ph 3/20). Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyens des cieux comme nous l’assure St Paul. Nous sommes déjà ressuscités.

 

La prière de Jésus

Cet Evangile est d’une immense richesse, je termine seulement par un dernier point :

Nous sommes dans St Luc, et  Luc, c’est l’Evangile de la prière. Matthieu et Marc ont aussi un récit de la transfiguration. Luc est le seul à dire :« Il alla sur la montagne pour prier. »

Et pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre ». La prière, pour nous à la suite du Christ, est une rencontre transfigurante. C’est le lieu par excellence de la foi, puisqu’elle n’a de sens qu’en Dieu ; elle le lieu de notre identité profonde, là on s’affirme fils, fille du Père. Prière de l’oreille, puisqu’il s’agit d’écouter Jésus comme le Père nous le demande : « Ecoutez-le » Et j’entends cette demande de Dieu, non comme un ordre mais comme une supplication, une prière de Dieu : «  Je vous en prie, écoutez-le ! » Ecoutez-le pour vivre vraiment et pas à moitié ! Prière du regard aussi, qui est souvent une prière sans parole, prière d’admiration, d’étonnement, de gratitude, prière de simple présence dans la sécheresse mais qui attend le jour de voir Dieu, prière du veilleur qui est sûr que se lèvera l’aurore où je connaîtrai comme je suis connu, où j’aimerai comme je suis aimé. Jour où la résurrection de Jésus deviendra la nôtre en plénitude.

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 16:56

L'article que je publie aujourd'hui est paru dans la revue Esprit et vie. Tous les mois, on peut y lire les commentaires de textes biblique. N'hésitez pas à vous abonner à cette revue. Vous ne le regrettrez pas. Je vais mettre certains passages que j'ai écrit et qui ont été publiés.

« Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde » Jn16/28.C’est en  méditant cette phrase et en scrutant les Ecritures que peu à peu les chrétiens des premiers siècles ont pu approcher l’inouï de la révélation. Ce que Dieu dit de lui-même en Jésus. Non un dieu solitaire mais communion d’amour. Non un dieu pour lui-même mais pour nous, vers nous, avec nous. Sortir du Père, il y a donc en Dieu un aller vers qui a pris visibilité humaine en cet homme Jésus. Dans les Exercices spirituels, Ignace de Loyola fait méditer son retraitant sur cet aller vers. Cette contemplation montre la Trinité tourné vers ce monde, le regardant avec l’attention de l’amour, se réjouissant de ces joies, se désolant de ces malheurs, et ne se résignant pas à ces dernières au point de décider l’incarnation. Ici Ignace n’a pas pu se libérer d’une théologie qui ne voit l’incarnation qu’en réponse à la déshumanisation que l’homme s’inflige à lui-même et aux autres .

D’autres théologies sont possibles pour répondre au « Cur Deus homo ? » ( Pourquoi Dieu s’est fait homme ?) 

Mais retenons que la contemplation proposé par Ignace, montre bien que ce aller vers de l’incarnation est un souci, un engagement de la Trinité. J’ai envie de dire : Dieu le paye de sa personne. Et il faut aller jusqu’à dire : cela change Dieu, puisque toute rencontre change les partenaires d’une relation et cela nous change puisque notre humanité est déifiée.

Mais cet aller vers notre humanité pour devenir l’un de nous s’il est sommet et visibilité en histoire, n’est pas le seul aller vers de Dieu. Il y a aussi le aller vers de la création. Dieu est Etre débordant, dont la richesse ne se vit pas en possession mais en débordement, qui va avec soi-même au de là de soi, communication de soi, qui se donne en partage, en soi éternellement créateur. Dire cela c’est dire Dieu en mouvement. C’est le penser radicalement différent des images spontanées de Dieu ou celles pensées par certaines philosophies. En créant, il se donne, il se communique lui-même et de ce fait tout homme, toute femme depuis l’émergence de l’humain jusqu’à la fin de l’histoire a eu accès à Dieu même, a accès, aura accès. Dieu est vers nous, il est pour nous radicalement et gratuitement. La manière la plus simple de le dire c’est que l’Amour est Dieu. Aimer, c’est forcément aller vers, sortir de soi pour être lié à un autre. Il y a l’aller vers du Fils un jour du temps en son incarnation et il y a l’aller vers de l’Esprit en toute histoire humaine. Esprit qui ouvre à Dieu, porte d’entrée de Dieu en tout temps et en tout lieu où Dieu se révèle et se communique. Source intérieure qui fait accéder à la liberté, qui introduit à la vérité toute entière. C’est lui qui fait sortir de toute étroitesse, qui suscite les décisions libératrices comme celle qu’a vécue la 1ère communauté chrétienne en accueillant les païens. S’il est pour nous communication gratuite de lui-même, ouverture et don de soi, tourné vers nous, c’est qu’il l’est en lui-même. Ainsi nous  pouvons un peu approcher le mystère de Dieu même. Il est « aller vers » en lui-même. Trinité de relations. Aller vers mutuel des Trois. Don mutuel et accueil mutuel.

Cet aller vers du mystère trinitaire est révélation de Dieu mais aussi de nous-même. Il nous dit aussi ce que nous sommes et l’appel qui nous est fait à l’être davantage. Cet aller vers  évoque de soi quelque chose de dynamique. Le contraire de « faire du sur place », le contraire du statique, de l’immobile. Cela évoque un déplacement, quitter un lieu pour un autre. Un aller qui est orienté. En fait ce « aller vers » évoque ce qui est vivant. Le sortir n’est-il pas le premier acte de nos vies : sortir du ventre maternel pour aller au chemin de nos vies ?

Chemin de nos vies qui est une suite de sortir pour aller vers : sortie de l’enfance, sortie de l’adolescence. Cela rejoint aussi toutes nos expériences de vraies rencontres qui sont des aller vers, dans la mesure où elles sont sorties de soi faites d’écoute et de parole, et qui de soi nous transforment, nous font bouger. La vie commune d’un homme et d’une femme  est aussi de cet ordre.  « L ‘homme quittera son père et sa mère… » Un aller vers qui transforme au contact de l’autre. 

C’est aussi l’expérience profonde de la foi quand elle est accueil de la nouveauté de Dieu qui se dit dans l’Evangile Quand nous le méditons,  nous sommes introduit à ce même « aller vers », à un déplacement intérieur : quitter nos images de Dieu pour accueillir cette image, cette icône, parfaite  de Dieu qu’est Jésus…

Et comme elle est difficile cette sortie pour aller vers ce qui est tellement déroutant, cette sortie de nos vieilles idées pour aller vers la nouveauté de Dieu qui se dit dans la vie humaine de Jésus. L’expérience foi chrétienne est ouverture à une nouveauté inouïe : il libère les gens d’idées fausses qu’ils se font sur Dieu et les libère de la peur.  Il leur parle de Dieu comme d’un ami. Son message à la fois attirant et inquiétant, car cela rend libre mais cela fait perdre des points de repère rassurant. Oui c’est bien un langage nouveau ( Mc 1/27) mais insupportable pour certains. Et il me semble qu’un des « aller vers » auquel nous sommes conviés en ce début du 21ème siècle relève de ce défi : retrouver la force provocatrice de liberté de l’Evangile de Jésus. Et c’est un déplacement qui est de taille ! Un « aller » vers Jésus pour irriguer nos vies et celles de nos contemporains du fleuve de liberté qu’il veut et peut nous communiquer.

 

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