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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 15:42
Je veux voir Dieu

Je veux voir Dieu

Est-ce possible ? Seulement après la mort ? Dès aujourd’hui ?

Voici quelques éléments de réponses à partir d’un texte de Ste Thérèse Couderc. (1805-1885)

Elle écrit : « Dieu est bon, il est plus que bon, il est la Bonté ».

Et elle en tire la conclusion suivante :

« La bonté de Dieu… bonté infinie, bonté incréée, source de toutes les bontés !

Et sans laquelle, il n’y aurait aucune bonté, ni dans les hommes, ni dans les autres créatures… je vis écrit comme en lettre d’or ce mot Bonté… Je le vis…écrit sur toutes les créatures, animées et inanimées, raisonnables ou non, toutes portaient ce nom de bonté, je le voyais même sur la chaise qui me servait de prie-Dieu.

Je compris alors que tout ce que ces créatures ont de bon et tous les services et les secours que nous recevons de chacune d’elles est un bienfait que nous devons à la bonté de notre Dieu, qui leur a communiqué quelque chose de sa bonté infinie, afin que nous la rencontrions en tout et partout. »

 

Elle nous livre là un texte fort qu’on pourrait résumer en disant : Dieu est dans la chaise ! Je peux le voir dans la bonté que représente une chaise, bonté de ceux qui l’ont fabriqué, bonté de Dieu qui est à la source de cette bonté.

Je peux donc voir Dieu en tout ce qui est bon dans notre monde, les choses, les gens…voir Dieu.

Du coup, ce « voir Dieu » devient immense. Le voir partout où il y a de la bonté.

Voir Dieu dans les vêtements que je porte, dans la maison où je vis, dans les aliments que je mange… etc. etc. car il y a la bonté de celles et ceux qui les ont faites, bonté qui a sa source en Dieu. Voir Dieu.

A la fin d’une journée, faire mémoire : Où ai-je vu Dieu ? Je l’ai vu sur des visages, en tout acte de bonté, en toute chose bonne…Immense !

 

En écrivant ce texte Thérèse Couderc rejoint la grande tradition ignatienne pour qui l’accès à Dieu passe par la médiation du réel, du plus concret, du monde. Le trouver et le voir dans le concret du monde.

 

 

 

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 15:39
Bonté
Bonté
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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 21:18
La Trinité, à l'image d'un berger, d'une femme, d'un père: Lc 15/1-31

Quand nous nous situons devant Dieu, on n’est pas devant un solitaire mais devant une Communion d’amour.

Devant Dieu Trinité d’amour.

Dieu Volonté d’amour (et c’est le Père)

Dieu Parole d’amour (et c’est le Fils)

Dieu Acte d’amour (et c’est l’Esprit)

L’amour se communique et s’échange à l’intérieur de Dieu même.

Mais aussi à l’extérieur de Dieu même.

Car la Trinité est diffusive de soi.

Vers nous, pour nous, attentive à nous, se réjouissant de nos joies, remuée jusqu’aux entrailles par nos souffrances.

 

Contemplation d’une image

1-Regarder le personnage du milieu : notre humanité

Comment est-elle ?

Plusieurs lectures sont possibles qui se complètent : l’humain dans sa beauté sorti des mains de Dieu, l’humain créé à l’image de Dieu, l’humain blessé dont Dieu prend soin.

Mais de toute façon, l’humain tendrement aimé.

Me mettre à cette place : créé-e à l’image de Dieu, blessé, tendrement aimé-e

 

2-Regarder les 3 figures autour de lui

En haut, une flamme de feu orienté vers l’humain

A gauche un personnage à genoux devant l’humain et lui embrassant les pieds

A droite, un autre qui le prend par les épaules et l’embrasse sur le front.

Les regarder tous les 3 et me laisser toucher par ses 3 attitudes, sentir ces gestes pour moi.

 

Contemplation des images de Dieu l' Evangile de Luc 15/1-31: Dieu comme un berger, Dieu comme une femme, Dieu comme un père.

Evangile de Luc au chapitre 15 versets 1 à 31

1ère piste

Ces paraboles sont pour nous, mais pour cela, elles nous invitent à choisir notre camp :

Vais-je choisir le camp des pharisiens et des scribes qui murmurent leur opposition à Jésus. ?

Vais-je choisir de me mettre parmi les auditeurs « publicains et pécheurs » qui s’approchaient de lui pour l’entendre ?

 

2ème piste

Regardons Jésus qui fait bon accueil sans condition préalable : s’approcher et vouloir écouter suffit. Il prend un repas avec les publicains et les pécheurs. Dans la culture religieuse du temps de Jésus, le repas était un signe fort de solidarité et de communion. C’est cela qui scandalise les pharisiens.

Mais Jésus est venu pour cela, rendre possible un libre accès à Dieu pour tous ceux et celles qui sont exclu-es d’un système religieux, pour tous ceux et celles qui ont au cœur un vrai désir, qui sont en attente d’un changement en leur vie, et qui ont soif d’entendre une parole de délivrance, ouvert-es qu’ils et elles sont à l’inattendu de Dieu.

Regarder cela et le bon gout de cette bonne nouvelle.

 

3ème piste

Regarder le groupe des publicains et des pécheurs.

Le texte emploie deux verbes pour qualifier leur attitude : s’approcher et écouter.

Considérer ces deux attitudes. Elles nous invitent à 2 décisions :

-Une décision de se rendre proche de cet homme Jésus, le côtoyer, se laisser changer par lui

-Une décision d’écouter : on a là le verbe qui court le long de toute la Bible « Ecoute Israël »

Il s’agit donc de s’ouvrir à la parole d’un autre.

Entrons dans ces deux attitudes : s’approcher de Jésus dans la confiance et le désir de s’ouvrir à Sa Parole et surtout de demander une confiance et un désir plus grand que ceux que nous avons.

 

4ème piste :

Une brebis, une pièce, un fils.

Regarder les images que Jésus prend pour parler de nous : une brebis, une pièce d’argent, un fils. Des images qui chacune à leur manière disent une richesse, une valeur. Nous sommes précieux pour Dieu. : précieux-ses comme une brebis, précieux-ses comme une pièce d’argent, précieux-ses comme un-e enfant.

M’imprégner de ce regard de Dieu sur moi, laisser Dieu me regarder ainsi, pour qu’ainsi, je me découvre précieux-se à mes yeux.

 

5ème piste

Dieu à l’image d’un berger, d’une femme, d’un père.

Regarder les images que Jésus emploie pour parler de Dieu :

-Dieu comme un berger.

-Dieu comme une femme.

-Dieu comme un père.

C’est une image trinitaire de la miséricorde.

Qu’est-ce que cela ouvre en moi ?

 

6ème piste :

S’arrêter devant le trait commun de ces 3 paraboles :

Perdu / retrouvé

Dialoguer avec Dieu là- dessus : qu’est-ce qui dans ma vie est perdu et que Dieu cherche, recherche ?

 

7ème piste :

S’imprégner de la tonalité de joie de ces trois paraboles, la joie de Dieu.

 

8ème piste :

Regarder ce que Dieu fait :

Dieu comme un berger

Il courre jusqu'à ce qu’il retrouve la brebis. Il la met sur ses épaules Il rassemble amis et voisins et se réjouit

Dieu comme une femme :

Elle allume une lampe. Elle balaie la maison. Elle cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle la trouve ; elle rassemble amis et voisins, et se réjouit.

Dieu comme un père :

Il confie son héritage. Il attend le retour de son fils. Il courre à sa rencontre. Il le couvrir de baisers. Il le revêt des plus beaux habits. Il festoie. Il sort à la rencontre de son fils ainé.

Regarder tous ce geste de Dieu vers nous. Le laisser faire : le laisser me rejoindre, le laisser me trouver, le laisser me mettre sur ses épaules, le laisser tout me donner, le laisser m’embrasser…

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 21:01
La Trinité...une image

 

 

 

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 22:23
Etre disciple du Christ et se dire catholique : pas forcément équivalent !

Des catholiques ont largement voté, ce dimanche, pour Marine Le Pen : à 38%, soit 4% de plus que la moyenne nationale, 29% pour les pratiquants réguliers. Au premier tour, 15% des pratiquants réguliers avaient porté leurs suffrages sur la candidate de l’extrême droite. Celle-ci obtient son meilleur score parmi les pratiquants occasionnels où elle atteint 46% des voix

Ce type de positionnement rejoint, aux USA, les 83 % des blancs évangélistes et plus de 50% des catholiques qui ont voté Trump.

On ne doit pas lire le même Évangile ! Que font-ils à la messe puisque, pratiquants, ils y vont tous les dimanches ? Comment entendent-ils les lectures de la Bible ? Que célèbrent-ils dans l’Eucharistie ? De qui sont-ils disciples ?

Il faut remonter même au tout début du christianisme pour répondre à ces questions. Pierre, à la Pentecôte a prêché un Evangile de salut : « faites-vous baptisés et vous serez sauvé » (Ac 2/40). Salut comme vie après la mort et non comme changement de manière de vivre entre nous. On avait déjà, en germe, une religion sans incidence sur la manière de vivre en société et n'informant pas le réel des relations humaines dans le sens de l'amour, de la justice, du partage.

Ensuite dans le cours de l’histoire, la dérive n’a fait que s’accentuer : dérive d’une religion personnelle de salut comme vie éternelle après la mort ; dérive de la chrétienté où la foi chrétienne devenait religion d’état ; dérive d’une religion sociologique où la foi n’était plus un acte libre mais un conformisme social et une obligation ; dérive d’avoir bradé la liberté évangélique pour les femmes pour se conformer aux habitudes patriarcales des sociétés ; dérive de la justification des pouvoirs en place par une conception de Dieu, monarque tout puissant; dérive de la justification de tous les conservatismes par une conception fixiste du monde et de l’humain ; dérive de la priorité d’un croire formel au lieu de privilégier un agir animé par l’Esprit ; dérive d’avoir concentré toute la foi sur l’identité de Jésus et d’oublier la nouveauté de son agir, le Royaume qu’il a inauguré et qu’il nous revient de bâtir.

Oui, on peut être catholiques pratiquants et voter FN si on n’a pas été saisi par la nouveauté évangélique, la révolution humaine, spirituelle et politique que Jésus apporte.

Vous connaissez des catholiques pratiquants qui ont voté Le Pen ? Un livre pourra peut-être ouvrir un chemin qui montre que l’attachement à Jésus rend impossible une adhésion aux thèses frontistes : José Antonio Pagola, Jésus, approche historique, Ed du Cerf. Ils y découvriront la nouveauté évangélique : Jésus passionné pour un Royaume à bâtir dès maintenant, défenseur des exclus, libérateur des femmes, dangereux pour les puissants. Sauront- ils écouter ? Jésus a été rejeté par ceux pour qui sa vie, son action, sa parole étaient dangereuses et mettaient en danger les positions acquises, les pouvoirs. Il ne peut pas être mieux écouté aujourd’hui !

La nouveauté de Jésus est encore à venir !

Mais elle a toujours été vivante chez des gens chrétiens ou pas, par des inconnus de l’histoire.

Elle l'est, encore aujourd’hui, vivante, chez beaucoup de gens qui ne feront jamais la « une » des journaux, comme par exemple tous les gens qui cherchent des alternatives pour mieux vivre ensemble.

La nouveauté de Jésus...une vraie conversion personnelle et collective.

 

 

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 16:44
Repenser la question de la Création en christianisme

"Je crois en Dieu créateur"  disons-nous  à chaque fois que nous récitons le Credo.

Mais que « pensons-nous » en disant cela ?

Quelle représentation nous faisons-nous de cette création ?

Comment Dieu crée-t-il ?

 

Il n’est plus possible de nous représenter cette création telle qu’elle est décrite dans les deux récits de création : 7 jours pour le premier récit et un humain tiré de la glaise pour le second. Car nous comprenons maintenant que la vérité de ces textes ne relève pas de l’ordre du comment mais du pourquoi. Pourquoi y a-t-il de l’être plutôt que rien ? (Leibniz) Ces textes répondent à cette question en disant qu’à la source de l’être il y a une décision de Dieu, que ce qui est créé à sa source en Dieu, que c’est bon, et que c’est une création dont nous sommes responsables.

 

Cependant les réponses du comment tels que les sciences nous les présentent interrogent la foi. Comment Dieu est créateur dans ce long processus qui a débuter il y a 15 milliards d’année ?

Big bang, constitution des galaxies, notre système solaire qui se constitue, une histoire chaotique de la terre, surgissement de la vie, évolution des espèces, émergence lente de l’humain jusqu’à l’homo sapiens que nous sommes.

Le défi qui est posé au judéo-christianisme est de penser Dieu créateur au cœur même de ce modèle.

Comment est-il créateur dans ce processus ?

 

C’est à cette question qu’il nous faut nous atteler. Ceci en s’aidant du théologien Adolphe Gesché dans son livre Dieu pour penser le Cosmos.

Dans un chapitre de ce livre, il pose la question : Dieu est-il horloger ?

Sa réponse est négative. Car le monde n’est pas une horloge, une mécanique bien réglée auquel rien ne peut être changé. Et Dieu n’est pas un mécanicien qui a réglé la machine.

Voilà comment il pose la question :

« Si, comme on le voit aujourd’hui, le cosmos n’est pas une horloge ; si le monde invente pour une part, les structures de son processus ; si l’homme, par son geste co-créateur, a droit et devoir d’une liberté inventive, qu’en est-il encore de Dieu ? »

 

Et voilà comment en résumé, il répond.

Créer ce n’est pas fabriquer des choses toutes faite, des choses complètement déterminées, ce n’est pas modeler ce n’est pas faire une copie toute faite.

Créer, c’est ouvrir un espace d’autonomie avec des processus d’autorégulation et d’invention

Dieu est celui qui fait que les choses se font comme elles se font mais rigoureusement, il ne les fait pas, il ne les fabrique pas. Il les provoque au devenir, il leur donne ordre d’avenir.

Dieu a créé un cosmos comme espace de possibilités internes et de liberté inventive et non une dictée à laquelle il n’y aurait rien à changer.

Il a créé un processus, des virtualités, un monde comme un champ ouvert.

Il est vrai créateur car créateur de création.

Il n’est pas horloger, géomètre, auteur d’une mécanique, il ne dicte rien mais il est créateur posant ce qui rend possible un cosmos qui se fera comme il se fera, en lui donnant de se faire comme il se fera

Il est créateur d’un monde qui s’invente, une part créatrice voulu par le créateur. Cela se crée, et ce n’est pas fabriqué.

Cela permet de comprendre la symbolique du repos du 7ème jour de la Gn. Ce 7ème jour n’est pas la fin de la création c’est son ouverture à une aventure à continuer d’inventer : cosmos créatif, un monde en genèse, en devenir, un monde de complexité innovantes et pas un scénario tout fait

En pensant ainsi on réconcilie foi judéo-chrétienne en un Dieu créateur et la réalité du monde telle que la science nous la découvre

On réconcilie aussi Dieu avec la liberté humaine

« L'idée de création implique que la liberté est vue comme un don. Ce qui signifie, cette fois, que l'homme est appelé à l'invention, à la créativité…L'homme n'est pas simplement créé, il est créé créateur. L'idée de création atteint toute sa signification dans l'homme. La liberté y devient créatrice. L'homme n'a pas devant lui un destin tout tracé, fût-ce par Dieu, et dont il ne serait que le scribe calquant sous dictée un texte divin. Parler de l'homme créé créateur, c'est dire que la liberté lui a été donnée d'inventer du nouveau, de l'inconnu, voire de l’inouï ; de faire de sa vie l'éclosion et l'invention de choses nouvelles, remises et confiées à ses choix et à ses initiatives. Le don n'implique pas, lui non plus, une statique, mais une dynamique. La liberté prend ici les contours d'une invention de notre être. » ( Adolphe Gesché)

 

Dieu n’est donc pas la négation ou l’écrasement de l’humain mais sa preuve et son attestation. Il autorise l’humain à s’inviter lui-même, à sans cesse se dépasser avec l’infini comme horizon.

*La liberté n’est pas arrachée à Dieu, elle est originelle par essence parce que nous sommes libres à l’image de Dieu qui est libre. La liberté est un DON de Dieu.

*La liberté est vocation, de l’ordre de l’existence à faire dans l’histoire, une tache à réaliser. Les Pères de l’Eglise, commentant la phrase de la genèse : créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, disent que l’Image est un don et que la ressemblance est à réaliser.

 

Cette pensée de Gesché m’a ouverte à la réflexion ci-dessous :

Pour pouvoir vivre vraiment de cette liberté, il est donc bon que nous nous libérions de conceptions qui sont cause d’athéisme en nous et chez les autres.

 

Se libérer donc de l’idée que Dieu aurait créé un monde tout fait. Pour employer une comparaison de couture : un monde prêt à porter. Il n’y aurait qu’à enfiler ce vêtement auquel on ne pourrait rien changer. Cette image dit un ordre des choses décidé par Dieu. Un monde tout fait où il n’y aurait rien à changer, rien à créer, auquel il ne manquerait rien.

Donc dans ce cas l’action humaine serait simplement de conserver les choses en leur état. La réponse de l’humain serait de rien abimé de ce qui serait sorti des mains de Dieu.

La liberté consisterait à pouvoir dire oui ou non à un ordre établi par Dieu, être obéissance à cet ordre dans le oui, et désobéissance, révolte et péché dans le non.

Cette conception nous habite et il est nécessaire d’en voir toutes les conséquences.

 

*La première conséquence, c’est que ce monde dans ce modèle, en soi a peu d’intérêt puisque rien ne lui manque, qu’il n’y a rien à y faire de décisif qui lui manquerait, il est seulement le lieu d’une épreuve, le lieu où l’on fait ses « preuves » de l’obéissance ou de la désobéissance.

*La deuxième conséquence c’est l’idée de Dieu que cela justifie. Un Dieu qui imposerais son modèle à l’exclusion de tout autre. C’est lui qui l’a fait ainsi. C’est un modèle où Dieu impose. Image d’un pouvoir absolu. Image de Dieu comme monarque absolu.

*la troisième conséquence permet de justifier tous les conservatismes. Les choses de ce monde n’ont pas à être changées parce qu’elles sont telles que Dieu les a créés. Cela permet de justifier les instances de pouvoir. De même que Dieu impose un ordre des choses, il est normal que certains l’imposent aux autres. Ainsi nous nous faisons une idée de Dieu conforme à ce qui se passe dans nos sociétés ou certains dominent les autres, où certains sont supérieurs aux autres.

Le fait que Dieu soit aussi celui qui impose son modèle, justifie que qu’il en soit ainsi dans les relations humaines. Le ciel justifie la terre et la terre est à l’image du ciel. Nous projetons sur Dieu, le style de relations aliénés que nous vivons entre nous. « Les relations sociales basés sur la domination existant entre nous ont servi d’exemple pour concevoir la relation entre les humains et Dieu » Berdiaeff ,De l’esclavage à la liberté p 91

Cette conception du monde et de Dieu sont solidaires. Dans ce modèle, le péché va s’appelé révolte, désobéissance, refus.

Et ce modèle est pour moi une des raisons de l’athéisme.

 

Pour pouvoir vivre vraiment de cette liberté, il est donc bon d’accueillir un autre modèle qui dit une autre image de Dieu, de l’humain et de la liberté :

Dieu n’a pas créé un monde tout fait mais un monde à faire. Pour continuer la comparaison de la couture : ce n’est pas un monde prêt à porter. Ce sont des vêtements à confectionner nous-mêmes. Dieu nous offre ce qu’il faut pour coudre mais c’est à nous d’être créatif, d’inventer des formes, des couleurs à l’infini. Ce monde n’est pas tout fait, il est à faire. Et si nous ne le faisons pas il y manquera ce que nous nous seuls pouvons faire, pouvons y apporter. Il ne s’agit pas de conserver un monde préétabli mais de bâtir un monde neuf. La liberté ici est liberté de création où chacun doit inventer son chemin. Dans ce modèle, la liberté peut produire de l’inédit qui ajoute quelque chose d’original, quelque chose qui manque. C’est une liberté créatrice où tout humain doit inventer son chemin.

Les conséquences sont l’inverse

*La première conséquence, c’est que ce monde à faire acquiert un intérêt fondamental. Sa création est remise à notre responsabilité. Il lui manque ce que nous arriverons à créer et qui ne serait pas sans nous. Ce que nous y ferons acquièrt une dimension de décisif. Il est lieu de créativité. La liberté n’est pas une épreuve, elle est condition de création.

*La deuxième conséquence c’est l’idée de Dieu que cela révèle. Un Dieu qui nous fait co-créateur. Il n’impose pas un modèle. Il ouvre des possibles confiés à notre créativité. Il n’est pas le Dieu qui impose et s’impose, qui dirige. Il crée comme la mer, les continents, en se retirant. Il n’est pas à l ‘image d’un pouvoir absolu mais son autorité est de celle qui autorise à vivre à plein. Va vers toi-même dira-t-il à Abraham.

*la troisième conséquence permet de libérer l’initiative pour tous et toutes. Les choses de ce monde n’ont pas à rester telle quelle, elles peuvent et doivent être changées. Le pouvoir est rendu à chacun. Les instances de pouvoir sont légitimes non en soi mais dans la mesure où elles sont au service du progrès, de l’humanisation de toutes et de tous. Ainsi cette autre idée de Dieu conteste ce qui se passe dans nos sociétés où certains dominent les autres, où certains sont supérieurs aux autres. Le fait que Dieu ne soit pas celui qui impose son modèle, justifie la recherche de relations humaines basées sur la fraternité et l’égalité, la recherche de relations non aliénés. Dans ce modèle, le péché va prendre une toute autre tonalité. Il va être plus de l’ordre de l’omission, du désintérêt des choses de ce monde, du non engagement à bâtir ce monde, de tout pouvoir dans la mesure où il empêche l’autre d’exister et d’inventer sa vie librement. Il va se découvrir en se demandant ce qui fait obstacle aux relations fraternelles, faites de respect et d’égalité. La conversion va se comprendre comme conversion à une autre image de Dieu. Avoir entendu Dieu nous dire : « Va vers toi-même », avoir vraiment entendu cette parole va libérer notre cœur pour pouvoir dire et être pour les autres ce que Dieu fait pour nous. Donc se détourner de ce qui justifie l’injustice, le conservatisme, la domination, l’aliénation et accueillir ce qui nous stimule à bâtir des relations libérantes pour nous et pour les autres.

 

Quel choix faisons-nous ? Lequel de ces 2 modèles informe nos vies ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 16:33
En lisant l’évangile selon Matthieu, chapitre 26 et 27. Que voyons-nous ?

Un homme qui va être livré pour être cloué sur une croix. (26/2). Ceux qui ont le pouvoir politique et religieux se sont concertés en vue de l’arrêter par ruse et de le tuer (26/4). Un ami le trahit et permet son arrestation ( 26/14-16). Il vit l’angoisse devant la mort (26/37). Il est arrêté, on met la main sur lui (26/50). On le condamne à mort pour blasphème (26/65). On lui crache à la figure, on le gifle, on lui donne des coups (26/66). Un ami le renie ( 26/75). Il subit le supplice du fouet (27/26). On l’humilie ( 27/27-31). On cloue ses mains et ses pieds sur une croix, le supplice des esclaves (27 /35). On l’injurie et on se moque de lui (27/39-44). Il crie vers Dieu : pourquoi m’as-tu abandonné (27/46). Il meurt ( 27/50). Il est déposé dans un tombeau ( 27 /59)

 

Voilà donc la brutalité des faits.

Ce qui arrive à cet homme, depuis la nuit des temps, des hommes et des femmes l’ont vécu : accusé-es injustement, victime de l’obscurantisme religieux et des pouvoirs politiques, torturé-es, humilié-es, assassinées. Hier, aujourd’hui et malheureusement encore demain.

Il en a fallu du courage aux rédacteurs des évangiles pour raconter cela. Car c’est l’histoire d’un échec. Jésus était à classer dans le camp des « losers ».

Mais c’est en fait la première victoire des évangiles. L’injustice a un récit qui la dénonce. Un récit (et ceux des 3 autres évangiles) raconte l’inacceptable, nous met devant les yeux ce que nous devons refuser de toutes nos forces, ce que nous devons combattre. C’est un récit pour nous lever, entretenir en nous la volonté ferme et l‘action pour dire non à tout ce qui défigure l’humain.

La deuxième victoire de ce récit est une révolution de l’image de Dieu. Cet homme, pour la foi chrétienne, est Visage de Dieu. En se laissant rejoindre par ce récit, nous voyons Dieu comme jamais nous ne pouvions le concevoir : Dieu arrêté, trahi, angoissé, condamné, humilié, abandonné, crucifié. En fait Dieu solidaire des exclus, avec tous ceux et celles qui subissent l’injustice. Dieu qui sait ce que c’est ! Dieu qui peut tenir la main de tous ceux et celles qui sont, comme lui l’a été un jour du temps, victime de la violence humaine. Tenir la main pour ne pas se résigner, pour continuer de croire à leur dignité et tenir le combat de la vérité et de la justice.

Comment se fait-il que cette lecture de la Passion a été occultée et que d'autres lectures y ont vu, par exemple, le prix à payer pour apaiser la colère de Dieu ou encore pour justifier la résignation, pour magnifier la souffrance?

Surement plusieurs réponses à cette question. Une parmi d'autres: il y a dans toutes les religions, une capacité de se pervertir. A chacun-e de nous et les uns par les autres, de nous en délivrer.

 

 

 

 

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 15:03
Repenser la question du salut en christianisme

« Pour nous les hommes et pour notre salut »

Disons-nous dans le crédo.

Nous sommes donc des sauvé-es !

Mais que mettons-nous derrière ce mot ?

 

La réponse qui vient immédiatement, c’est de penser le salut comme l’équivalent de la vie éternelle : pour faire bref, être on non au Paradis. Cette manière de penser le salut a été centrale dans la réflexion chrétienne. La seule chose importante était le sort individuel de chacun-e après la mort. C’est le discours de Pierre à la Pentecôte : faites-vous baptiser et vous serez sauvés. C’est ce qui explique la pratique de chrétiens des 1ers siècles qui attendaient l’imminence de la mort pour se faire baptiser ou encore l’instauration du baptême des enfants pour leur éviter l’enfer s’ils mouraient. C’est le nœud du différent de Luther et de l’Eglise : sauvé par la foi ou par les œuvres.

Cette manière de voir le salut demande d’être ré-examinée pour qu’elle soit crédible.

D’abord la comprendre

*Quand on naissait avec une espérance de vie moyenne de 30 ans,

*Quand le monde que vous quittiez à la mort, était le même qu’à votre naissance, sans changement

*Quand il n’y avait aucune espérance de changer les choses

Et bien la question de votre destin éternel était la seule question vitale.

Ensuite voir sur quel schéma théologique il s’appuyait : un monde paradisiaque à l’origine qui avait été détruit par le péché dit originel introduisant la mort et la perdition. Sauvé-e par la mort rédemptrice du Christ et dont on reçoit les fruits par le baptême.

Si on prend une image, c’est comme si on est perdu en mer, la seule chose désirée est d’être sauvé-e. La seule chose espérée est qu’un sauveteur arrive. Cela suppose donc qu’il soit arrivé une catastrophe comme par exemple que son bateau ait coulé.

 

C’est sur ce schéma qu’a été conçue une certaine conception du salut en théologie chrétienne.

En poursuivant mon image cela donne cela :

*Le bateau est sur l’eau tranquille= c’est la création sortie des mains de Dieu, le paradis

*Le bateau coule, le marin est perdu= c’est le péché originel

*Il est repêché= c’est la rédemption

 

Ce schéma n’est plus pensable depuis que l’on sait que notre existence sur terre est le fruit d’une longue évolution. Il n’est plus possible de penser une terre qui aurait un jour été un paradis, un homme et une femme qui auraient fait une faute telle que toute l’humanité à cause d’eux aurait été perdue et que leur salut a été possible par la mort de Jésus sur la croix !

 

Impensable devant l’évidence de nos connaissances scientifiques mais impensable aussi si l’on réfléchit à l’image de Dieu que cela donne en particulier celle d’un Dieu qui ferait rejaillir la faute de deux sur tous et qui ne pourrait sauver que par du sang répandu sur une croix.

 

C’est cette théologie qui a gagné en Occident en particulier avec St Augustin. Mais d’autres théologies ont produit d’autres conceptions.

St Irénée, qui voit la création dans une histoire où les péchés des humains sont des fautes de jeunesse. Ou encore les théologies chrétiennes orientales qui conçoit le salut comme un désir de Dieu de s’unir à nous.

 

Il y a donc à penser le salut de cette manière plus large. Pour cela je m’inspire d’un article du théologien Adolphe Gesché (Dieu pour penser la destinée, Ed du Cerf, page 27 à 69)

 

Le salut c’est ne pas passer à côté de sa vie, ne pas la manquer

Parler ainsi du salut ou du non salut, c’est le parler en termes de bonheur ou de malheur, de réussite ou échec

L’étymologie du mot salut nous le dit déjà puisque cela vient du mot

salvus qui se traduit par sain, solide et salvare qui veut dire rendre fort garder, conserver.

On est donc dans un registre d’épanouissement, aller jusqu’au bout de soi-même, s’accomplir, trouver sa vie, le sens de sa vie.

En parlant de salut de cette manière là, on peut être en phase avec une aspiration humaine fondamentale et donc que cela parle à nos contemporains. Cela fait appel à notre conscience d’un inachèvement de notre être qui aspire à un plus, à un mieux, qui a soif d’un accomplissement.

Mais c’est d’abord notre être même qui est un salut ! Dieu en créant le monde nous a sauvé du néant c'est-à-dire de ne pas exister !

L’acte créateur est un acte de salut : nous sauver de l’inexistence.

Acte de liberté de Dieu qui veut aimer en lui-même (Trinité) mais aussi à l’extérieur de lui vers nous.

Cette mise au monde n’est pas pour retomber dans le néant mais pour une relation d’amour éternel (et nous retrouvons ici le salut évoqué au début). Notre vie n’est pas pour rien. Elle est ordonnée finalisée par une vie d’amitié avec Dieu pour l’éternité. Nous sommes habité-es par un infini. Cette dignité est notre salut. C’est ce que les théologies chrétiennes orientales nous disent en parlant de divinisation.

 

 

Cette mise au monde se fait dans une histoire où le désir de Dieu est que nous devenions de plus en plus ce que nous sommes déjà : image et ressemblance de Dieu. Nous retrouvons là ce qui a été dit de l’épanouissement.

Mais sur ce chemin, il y a des obstacles. Des obstacles sur le chemin de l’accomplissement.

Sauver c’est donc aussi être délivré-es de ce qui fait obstacle à l’accomplissement.

Mais on n’est pas dans un schéma d’être condamné-e par une malédiction. Il ne s’agit pas d’être délivré-e de soi comme si on trainait en soi une nature en soi mauvaise. On n’a pas à être délivré-e de soi mais de ce qui m’empêche d’être soi. Cela indique une haute idée de l’humain, car cela veut dire que sa vie a du prix et qu’elle ne doit pas se perdre, donc délivré-e de ce qui fait obstacle à sa réussite.

Sauver sa vie, la réussir jusqu’au bout.

 

C’est là que nous retrouvons la question la mort

Au cœur de la foi chrétienne il y a d’être sauvé-e de la mort et l’assurance qu’elle a déjà été vaincue par la résurrection. Elle n’est pas l’obstacle absolu, nous ne sommes pas des êtres pour la mort, la mort n’est pas sa finalité.

C’est là aussi qu’il y a à penser le salut et le mal : Souffrance, mal subi, mal voulu, contraintes de tout ordre, impuissance, conditionnements, limites de la liberté, hérédité déterminisme, contraintes culturelles, épreuves de malchances sociales, maladie injustices

Ce sont des obstacles à la réussite de notre être. On peut s’enfermer là-dedans et penser qu’il n’y a rien à faire.

Face à cela, le Christ est sauveur comme antidote

Et c’est un des sens de l’incarnation : Jésus instaure dans notre histoire, une vie humaine qui guérit et libère, et qui peut nous rendre capable de décisions créatrices, de transgressions de ce qui parait de la fatalité impossible à dépasser.

En particulier, il nous sauve de la peur en nous ouvrant la voie de la confiance en nous. Il nous sauve en nous révélant l’image de Dieu telle qu’elle est : Celui qui dit oui à notre existence, nous donne confiance pour pouvoir à notre tour dire oui à nous même.

 

Ici arrive une objection majeure

A voir le spectacle du monde on peut légitimement penser que le salut est loin de notre terre : nous ne sommes pas sauvé-es.

Mais dès maintenant, dans une perspective chrétienne nous pouvons dire que nous sommes sauvé-es de la tyrannie du mal. Délivré de sa tyrannie, de la peur, du sentiment d’impuissance.

Dès maintenant nous pouvons être délivré-es de ce qui nous enlève toute force. Un salut est possible qui est de construire le royaume inauguré par Jésus. Et ici c’est un salut confié, remis en nos mains : justice, libération, lutte contre les exclusions, pardon, compassion…

Cette révélation et cette visibilité sont à nous confiées. Jn3/14

Je suis venu pour qu’on ait la vie et la vie en abondance Jn10/10

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 11:30
Peinture de Anne Tiessé

Peinture de Anne Tiessé

Cette homélie figure dans le propre liturgique des Soeurs du Cénacle. Elle dit notre désir: être des apôtres à l'image de soldats de paix, de paysans de fécondité, de commerçants de trésors, des marins de haute -mer, de bergers de sollicitude.

Homélie syriaque du 5ème siècle

Les disciples se trouvaient réunis dans la chambre haute ...

« Et ils se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de parler ».

0 chambre haute, qui es devenue un pétrin, où fut jeté le levain qui fit lever l'univers entier!

0 chambre haute, qui' es devenue la mère de toutes les Eglises!

0 sein merveilleux qui as enfanté des temples pour la prière!

0 chambre haute qui as vu le miracle du buisson: Moïse s'émerveilla de voir un buisson où brûlait le feu et qui ne se consumait pas. Venez donc voir des membres de chair se réjouir au milieu des langues de feu!

0 chambre haute, qui étonnas Jérusalem par un prodige bien plus grand que le prodige de la fournaise, lequel émerveilla les habitants de Babylone!

Le feu de la fournaise brûlait les gens de l'extérieur, mais épargnait ceux de l'intérieur; le feu de la chambre haute rassemblait ceux du dehors désireux de le voir, et il réconfortait ceux du dedans. Le feu de la fournaise, c'est à l'extérieur des corps des saints qu'il brûlait, mais celui de la chambre haute, c'est au fond du cœur des apôtres qu'il flambait.

0 feu dont la venue était accompagnée d'une voix, dont le silence répandait la lumière, et qui établissait les cœurs dans l'action de grâce!

Or les apôtres étaient là, assis, attendant la venue de l'Esprit.

Ils étaient comme les soldats d'un roi qui attendent le moment où ils pourront revêtir leur armure pour marcher au combat.

Ils étaient là comme des flambeaux qui guettent le moment où ils pourront être allumés par l'Esprit Saint et éclairer toute la création par leur enseignement.

Ils étaient là comme des paysans qui portent la semence dans le pan de leur manteau et qui guettent le moment où ils recevront l'ordre de semer.

Ils étaient là comme des commerçants pleins de zèle, attendant le moment où ils pourront se mettre en marche pour distribuer au monde leurs trésors.

Ils étaient là comme des marins dont la barque est ancrée au port du commandement du Fils et qui attendent qu'un vent doux souffle pour eux.

Ils étaient là comme des bergers qui viennent de recevoir leur houlette des mains du grand Pasteur de tout le troupeau, et qui guettent le moment où les troupeaux leur seront donnés en partage.

 

« De toutes les nations qui sont sous le ciel, il se trouvait donc là des gens réunis » par l'action de l'Esprit et « ils les entendaient parler dans leurs propres langues » et ils disaient: « Ces gens-là ne sont-ils pas des galiléens? » Comment parlent-ils dans nos langues? ... « Ces gens-là ont bu du vin et ils sont ivres ».

Vous avez dit la vérité, mais ce n'est pas ce que vous croyez. Ce n'est pas du vin des vignes qu'ils ont bu. C'est un breuvage nouveau qui leur coule du ciel. C'est un vin récemment pressé sur le Golgotha. Les Apôtres le firent boire et ils enivrèrent ainsi la création. C'est un vin que pressèrent les bourreaux à la Croix. Ceux-ci n'en burent pas mais c'est un vin qui fut donné aux croyants pour le pardon ...

 

... Le prophète avait crié: « dans les derniers jours, je répandrai mon Esprit sur toute chair et ils prophétiseront ».

Le Père a promis, le Fils a agi et l'Esprit a accompli ... 0 merveille que réalisa l'Esprit par sa venue!

 

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 15:01
Peinture sur bois de Sr Ghislaine Pauquet, rc, Centre spirituel du Cénacle de Versailles.

Peinture sur bois de Sr Ghislaine Pauquet, rc, Centre spirituel du Cénacle de Versailles.

« Ils montèrent à la chambre haute, où ils se tenaient habituellement » Ac 1/13

On y voit cette première communauté, d’hommes et de femmes réunis ensemble. Cela nous indique une première attitude spirituelle à garder précieusement et à cultiver : Viser la communion. Se donner, se trouver, des lieux de partage. Et pas seulement en avoir mais aussi en estimer la valeur, s’y investir. En saisir le sens profond : Il s’agit de faire l’expérience d’une présence du Christ, selon la promesse qu’il nous a faite : « Quand deux ou trois soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux » Mt 18/20

« Tous d’un même cœur, étaient assidus à la prière » Ac 1/14

Des raisons pour prier :

-Devenir d’autres Christ.

C’est tout l’enjeu de la prière avec l’Evangile. En contemplant le Christ, en fait, je me mets en situation de suite du Christ, comme les disciples qui l’ont suivi sur les routes de Palestine. Le fréquenter pour lui devenir semblable. Le regarder, L’écouter pour regarder comme Il regarde, saisir de l’intérieur les grandes options de Son existence pour que peu à peu elles imprègnent mes décisions. Saisir Sa manière particulière d’aimer, me laisser aimer par Lui pour qu’Il puisse me transformer pour aimer à mon tour.

« Dans les actes du Christ, aussi bien que dans Ses paroles, se révèlent les principes qui inspirent Son action, les jugements de valeur qui dictent Son attitude, et commandent Ses réactions. C’est cela que nous devons faire nôtre, incorporer progressivement à la substance de notre être. Plus nous le ferons, plus nous agirons spontanément comme le Christ…Nous serons d’autres Christ, c’est à dire des chrétiens. C’est pourquoi, la méditation de l’Evangile n’est pas un exercice facultatif pour ceux qui veulent vivre leur incorporation au Christ. C’est là qu’ils en puiseront les moyens »

Y de Montcheuil, Problèmes de vie spirituelle, Epi, 1947, p98)

 

-Etre animé par l’Esprit.

Mais cela ne se fait pas à la force du poignet, de manière volontariste. C’est de l’ordre d’un abandon, d’un « laisser-faire » de l’accueil d’un don. Ces 10 jours entre Ascension et Pentecôte sont symboliques d’un Espace. Faire de la place à Dieu, ne pas se précipiter dans l’action. Entrer dans un discernement avant d’agir pour que notre action qui reste bien la nôtre, soit aussi celle de Dieu. Que notre action soit animée par l’Esprit. C’est le sens de cette expression si audacieuse qu’on trouve dans les Actes : « L’Esprit Saint et nous mêmes avons décidé… » Ac 15/28

C’est notre aventure : celle d’être configuré-e au Christ, dans le consentement à Lui devenir semblable et par l’espace que nous offrons à l’Esprit pour discerner ce qui est selon Dieu. Chacun-e de nous peut devenir présence du Christ dans ce monde : un-e Autre Christ.

Pour cela il est nécessaire de garder des espaces de recul dans son emploi du temps, des temps pour soi, temps de solitude, de silence, d’intériorité, de relecture du vécu. Descendre au plus profond de soi pour reconnaître ce qui est source de paix, de joie, d’élan paisible, source de plus grande confiance en soi, dans les autres, en Dieu, source de plus d’espérance et d’amour. Car ce sont des signes de l’Esprit. Un désir, une pensée, un sentiment, des idées qui sont portés par ce climat, on peut y discerner l’Esprit du Christ. On peut les accueillir et les réaliser. Au contraire, un désir, une pensée, une idée, un sentiment porté par un climat de peur, de méfiance, d’agitation, de découragement, de tristesse, de ressentiment sont plutôt indicateurs d’un mauvais esprit et l’indication d’un combat spirituel à mener.

 

« Vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux confins de la terre » Ac1/8.

Il s’agit maintenant de chercher et de trouver le Christ au cœur même de l’action.

Le monde comme lieu pour trouver Dieu, le monde comme lieu de Dieu. Cela ouvre un accès à Dieu par la médiation du monde : tout ce qui est bon, juste, vrai, beau, en moi dans les autres, dans les choses est Présence de Dieu. Présence à adorer, à contempler.

L’apostolat n’est pas d’apporter Jésus mais de le découvrir et le révéler à l’œuvre dans ce monde, révéler sa présence au cœur de ce que nous vivons.

« Je vis, écrit comme en lettres d’or, ce mot de bonté…je le vis, écrit sur toutes les créatures…toutes portaient ce nom de bonté, je le voyais même sur la chaise qui me servait de prie-Dieu. Je compris alors que tout ce que ces créatures ont de bon …est un bienfait que nous devons à la bonté infinie de notre Dieu, afin que nous la rencontrions en tout et partout ».

Lettre de Ste Thérèse Couderc du 10 août 1866

Cela rejoint la phrase attribuée à Ignace de Loyola : « Chercher et trouver Dieu en toutes choses ».

J’y ajoute ce commentaire d’un jésuite d’aujourd’hui :

« Dieu n’est cherché en Lui-même que pour être trouvé en toutes chose…Le désir de voir Dieu trouve son repos en Dieu trouvé ici et maintenant dans l’humilité du quotidien ». P.Philippe Charru sj, homélie de la fête de Thérèse Couderc, sept 2007.

 

Ensemble, dans la contemplation du Christ et l’écoute de l’Esprit, pour être apôtre.

Voici ce temps du cénacle entre Ascension et Pentecôte.

Un temps et un espace dont on ne peut faire l’impasse si l’on veut que notre vie chrétienne devienne de plus en plus vivante.

 

« Tous d’un même cœur étaient assidus à la prière avec quelques femmes dont Marie mère de Jésus et avec ses frères ». Ac 1/14

Entendons bien, il s’agit de tous et toutes. Il s’agit de l’Eglise entière ! Femmes et hommes. Tous et toutes disciples. Il est vraiment dommage que tant de peintures, d’icônes de la Pentecôte ne représentent que des hommes avec Marie. ( Et même quelquefois sans elle !). Dans notre Centre spirituel, il y a une peinture de la Pentecôte sur bois où l’on voit Marie et des disciples femmes et hommes recevoir l’Esprit et partir en joyeux-ses messagères et messagers de la Bonne Nouvelle. Je me souviens de l’étonnement d’un prêtre d’y voir des femmes : « Mais il n’y avait pas de femmes au Cénacle quand les apôtres ont reçu l’Esprit Saint ! » me dit-il. Je lui ai ouvert Ac 1/14 : « Avec quelques femmes dont Marie ». Comme quoi les représentations mentales et picturales sont plus fortes que l’objectivité d’un texte.

Regardons Marie. Quel est son rôle ici ? Pourquoi la pensons-nous uniquement silencieuse ? Elle qui est remplie de l’Esprit depuis l’Annonciation, elle qui retenait toutes ces choses dans son cœur ( Lc 2/19)…Pourquoi ne pas la voir enseignant, à tous et toutes, les chemins de la foi, l’accès nouveau à Dieu inauguré par le Christ ? Faire comprendre son absence comme une chance : désormais Le découvrir, Le reconnaître à l’œuvre par nos mains. Donner goût à Le contempler pour que quelque chose de Ses yeux, de Son cœur deviennent les nôtres pour devenir Christ pour les autres. Regarder Marie transmettant ainsi son expérience du Christ son Fils et son Sauveur.

 

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