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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 07:59
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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 08:28
Ecouter RCF: La pensée politique d'Hannah Arendt au secours de la vie spirituelle

Une émission des Radios chrétiennes francophones à écouter:

https://rcf.fr/spiritualite/fondamentaux-de-la-foi/la-pensee-politique-dhannah-arendt-au-secours-de-la-vie-spiritue

 

Que serait notre vie, notre confort, notre espérance, sans les autres? Pour Marion Muller-Colard, invitée de Christophe Henning, la pensée d'Hannah Arendt peut enrichir la vie spirituelle.

J’ai le sentiment que ma génération s'est réfugiée dans quelque chose d'anti-spirituel, qui est le cynisme."

En philosophe qui questionne et en chrétienne qui espère, Marion Muller-Colard considère qu'à une époque "charnière" comme la nôtre, on a le choix entre l'angoisse de la fin d'un monde et l'enthousiasme des débuts d'un autre. Elle observe: "on ne fait pas des enfants avec la même insouciance que nos parents". Mariée, deux fois maman, elle a fait le choix de vivre dans une maison reculée, isolée du monde. Fréquenter la pensée d'Hannah Arendt l'a menée vers un questionnement: de quoi cherchait-elle donc à se mettre à l'abri en s'installant ainsi loin de tout?

Elle fait le parallèle entre son isolement physique et sa vie spirituelle: "pendant longtemps j'ai pu vivre tranquillement sans me demander s'il était possible d'avoir une vie spirituelle sans qu'elle découle naturellement vers la question de l'identité politique de l'homme". Or il faut parfois questionner "ce qui dans nos vies fait politique", se dit-elle.

"On nous autorise très facilement, chrétiens, à cultiver quelque chose qui serait de l'ordre du petit jardin intime et personnel que serait notre foi, sans venir nous demander ce que ça change dans notre rapport aux autres et au monde."

Marion Muller-Colard cherchait depuis longtemps à lier l'intuition d'Hannah Arendt que la vie humaine n'est une vie que si elle est politique, avec ce qu'elle comprend de l'Evangile.

Or, la philosophe allemande a avancé l'idée que tout vie humaine est déterminée par le fait que l'on est plusieurs. Considérer et admettre que le monde a bien été bâti par d'autres que soi avant, pendant et après notre passage sur terre, cela "autorise à penser la politique non pas en termes de prendre une carte dans un parti mais en se réfléchissant soi-même comme faisant partie d'un monde qui est ce qu'il est parce qu'il est bâti par plusieurs".

A quel moment a-t-on cette conscience politique de l'autre? Sait-on, lorsque l'on est chez soi, confortable et insouciant, qu'on le doit aux autres?

Romanesque, philosophique, l'écriture de Marion Muller-Colard est le creuset de ses questionnements, de ses émerveillements aussi.

Un style nourri de ses expériences concrètes, de la richesse des relations personnelles, d’une vie de famille essentielle et de cette terre d’Alsace qui lui est chère. Théologienne protestante, elle a été longtemps aumônier d’hôpital. Et si l'écrivain vit retirée à la campagne, la philosophe reste ouverte au monde. Elle a signé de nombreux livres, donc, notamment des ouvrages destinés à la jeunesse - comme "Prunelle de mes yeux" ou "Bouche cousue" (éd. Gallimard). Elle a aussi publié "Le Professeur Freud parle aux poissons" et "Le petit théâtre de Hannah Arendt" pour expliquer la philosophie aux enfants (éd. Les petits Platons). Son essai "L'autre dieu" (éd. Labor et Fides, 2014) lui a valu le prix "Ecritures et spiritualités" et le prix "Spiritualités d'aujourd’hui".

 

 

 

 

 

 

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 21:46

Entretien: L'Autre Dieu de Marion Muller-Colard

Dans son livre «L'Autre Dieu», Marion Muller-Colard retrace la maladie de son deuxième fils, qui a frôlé la mort à l'âge de deux mois. Et son effondrement intérieur, lorsqu'il fut enfin guéri et qu'elle aurait dû, elle aussi, aller mieux.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 15:58
Credo: un essai pour dire la foi autrement

Je crois en Dieu Source de vie et d’amour.

 

 

Je crois en Dieu Parole de vie et d’amour qui est devenu un jour du temps, un humain comme nous, Jésus, pour nous rejoindre et rendre visible son amitié pour nous. Il nous révèle que nous sommes faits pour aimer et pour bâtir un monde de justice et de paix. Il s’est heurté aux forces de mort qui minent notre humanité et il nous a aimé jusqu’à en mourir. Il a été vainqueur de la mort et entraine chacun-e de nous dans sa résurrection

 

Je crois en Dieu Action de vie et d’amour au cœur de ce monde, soufflant en nous la capacité et la force de bonté, de vérité pour que nous puissions la répandre autour de nous.

 

Je crois en l’Eglise, communauté de celles et ceux qui misent leur vie sur l’Evangile de Jésus, Parole de vie et d’amour. Communauté d’égaux-d’égales qui se savent aimé-es de Dieu et qui veulent partager cette Bonne Nouvelle.

 

 

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 10:16
Trinité et rapports sociaux (3)

Le monothéisme monarchique a aussi influencé l’organisation de l’Eglise par une déduction représentative de l’autorité divine : un Dieu, un Christ, un évêque, une communauté.

Cette déduction se fonde sur le monothéisme monarchique.[1]

Elle va jouer aussi en défaveur des femmes. « Une déduction correspondante de la primauté de l’homme sur la femme apparaîit dans la théologie paulinienne de la Képhalé : le chef de tout homme, c’est le Christ, le chef de la femme, c’est l’homme, et le chef du Christ, c’est Dieu (1Co11/13)  ; le mari est chef de sa femme comme le Christ est chef de l’Eglise (Ep5/22)  [2].

Cette déduction fonde une  hiérarchie ecclésiastique masculine correspondant à la monarchie divine et représentant celle-ci.

Le Moyen-âge a consolidé cette conception par une cascade de primautés de l’Un : une Eglise, un pape, un Christ, un Dieu, dans une cascade de délégation graduée, ceci fondé sur le mode de pensée du monothéisme monarchique.

 

Mais Il peut y avoir une autre ligne de pensée que la pensée de l’Un, c’est le  fondement trinitaire de l’unité de l’Eglise. Qu’il soit un au sens  de Jn 17/20 : une unité de la communauté qui soit unité trinitaire. Ce fondement trinitaire est plus profond mais surtout il détermine autrement l’unité. Non pas un monothéisme monarchique qui dit Dieu comme puissance représentée par  l’autorité universelle  et infaillible du seul mais monothéisme trinitaire qui dit Dieu comme communion d’amour.

« Dieu comme amour… est représenté dans la communauté et … est expérimenté dans l’acceptation de l’autre, comme tous ensemble sont acceptés par le Christ.

Le monothéisme monarchique fonde l’Eglise comme hiérarchie, comme souveraineté sainte.

La doctrine de la Trinité constitue l’Eglise comme communauté libre de toute domination ».[3]

Moltmann s’appuie également sur des auteurs orthodoxes comme P.Evdokimov pour qui « le principe trinitaire remplace le principe de la puissance par le principe du consensus ».[4]

Il résume cette pensée en écrivant :

« A la place de l’autorité et l’obéissance, nous trouvons le dialogue, le consensus, l’accord. Ce n’est pas la croyance en la Révélation divine à cause de l’autorité de l’Eglise qui se trouve au premier plan, mais la foi en la raison d’une perception personnelle de la vérité de la Révélation. A la place de la hiérarchie qui maintient et qui impose l’unité, nous trouvons la fraternité et la sororité de la communauté du Christ ».[5]

D’autre part, pour remplacer le monothéisme politique et clérical, il faut une doctrine théologique positive de la liberté. Le fondement de l’athéisme moderne, c’est la conviction qu’un Dieu régnant par sa toute-puissance et son omniscience rend impossible la liberté humaine.

 

[1] Cf sur cette question G.LAFONT, Histoire théologique de l’Eglise catholique, Cerf 1994, Collection Cogitatio fidei 179. En particulier les pages 28 à 32. « Avec les grands courants intellectuels de la période pré-nicéenne…le christianisme est entré dans le cadre de la culture hellénistique…où prévalait la symbolique de l’Un. La pensée chrétienne a fait sienne l’orientation à la fois apophatique et intellectualiste de cette culture. Apophatique en ce sens que ce qui était visé, en dernière analyse, c’était bien l’union mystique avec l’Un au-dessus de tout, identifié au Dieu Père de l’Ecriture biblique » p 28

[2] Trinité et Royaume de Dieu p 251 note 24. Moltmann ajoute que K. Barth (Cf Barth, Dogmatique, III/4,54) a développé à partir de cela une théologie de la subordination pour la femme. Théologie qui a suscité à juste titre étonnement et contradiction (voir par exemple Cl. Green, Karl Barth on Women ans Men, in Union Theol.Quarterly rewiev, ¾, 1974

[3] Trinité et Royaume de Dieu p 254. « Communauté libre de toute domination » est une citation tirée du livre de G.Hasenhüttl, Herrschaftsfree Kirche, Sozio-theologische grundlegung, Dusseldorf, 1974

[4] P.EVDOKIMOV, L’Orthodoxie, Paris, 1965 p 131

[5] Trinité et Royaume de Dieu p 254

 

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 17:18
Trinité et rapports sociaux (2)

Il y a un rapport entre les représentations religieuses d’une époque et les régimes politiques. Représentations religieuses et politiques se conditionnent mutuellement.

Si on met en avant un Dieu maitre, propriétaire du monde dont la volonté fait loi, qui dispose de tout, et de la volonté duquel tout dépend, il aura a les traits d’un monarque conçu de manière absolutiste. Il sera imaginé parfait, impassible, gouvernant tout et tout dépend de lui.

 

Ce monothéisme a apporté son soutien au principe de souveraineté impériale. La politique qui correspond à la croyance à ce Dieu-là, c’est l’empire de paix de l’empereur romain. Ce qui a conduit à Constantin et a fait passer le christianisme, de religion persécutée, à une religion autorisée, puis religion d’Etat, soutien de l’Etat. (Et à son tour persécutrice !)

Le soutien apporté par le monothéisme était plus absolu que le soutien d’une philosophie. L’unique empereur tout-puissant, devenait image visible du Dieu invisible car lui aussi est maître, propriétaire, et sa volonté fait loi.

« A l’unique roi sur la terre correspond le Dieu unique au ciel».[1]

Faire de la souveraineté divine l’archétype de la souveraineté étatique, ouvrait la voie à un absolutisme au plus haut degré dans l’absence de l’obligation de rendre des comptes, et mettait l’empereur en dehors du droit.

Aujourd’hui l’idée absolutiste ne subsiste que dans l’idéologie de la dictature. Mais celle-ci maintenant n’a plus besoin de la légitimité religieuse pour s’imposer, elle a, à sa disposition, la terreur de la force.

 

Pour surmonter la transposition du monothéisme religieux en monothéisme politique, il faut surmonter l’idée de la monarchie du Dieu unique sur un mode unique par le Dieu Trinité.

Le regret qu’exprime Moltmann, c’est qu’historiquement, le dogme trinitaire n’ait pas fait échouer cette idée de monarchie divine :

« Aussi longtemps que l’unité du Dieu trine n’est pas conçue trinitairement, mais comme celle d’une monade ou d’un sujet, elle demeure liée à la légitimation religieuse de la souveraineté politique. C’est seulement quand la doctrine de la Trinité surmontera la conception monothéiste du grand Monarque universel au ciel et du Grand patriarche divin du monde que les souverains dictateurs et tyrans de la terre, ne trouveront plus d’archétypes religieux pour se justifier ». [2]

 

Moltmann cite Whitehead : « l’Eglise a donné à Dieu des attributs qui appartiennent exclusivement à l’empereur. La naissance de la philosophie théistique qui s’est achevée avec l’apparition de l’Islam, a conduit à la représentation de dieu selon l’image du souverain impérial, selon l’image de l’énergie morale personnifiée et selon l’image du principe dernier de la philosophie. Il est permis d’ajouter que cette philosophie théistique représente une philosophie patriarcale à un très haut degré ».[3]

 

[1] E.PETERSON, Monotheismus als politisches Problem, in Theologische Traktate, München, 1951, p 91.

Cité dans Trinité et Royaume de Dieu p 241

[2]Trinité et Royaume de Dieu. p 247

[3] A.N. Whitehead, Process and Reality. An essay in Cosmology, New- York 1960 p 520 cité dans Trinité et Royaume de Dieu p 247

 

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 22:13
Trinité et rapports sociaux (1)

« Ce qui correspond au Dieu trinitaire, ce n’est pas la monarchie d’un souverain mais la communauté des hommes sans privilèges ni servitudes ».[1]

Cette citation du théologien Moltmann montre qu’il y un lien fort entre théologie et rapports humains.

La doctrine trinitaire de Moltmann, doctrine sociale de la Trinité, est pertinente pour penser l’anthropologie de l’humain, femme et homme: de même que la femme et l’homme sont un dans leur commune nature humaine au sein d’une différence, de même la Trinité est une dans leur commune nature divine et la différence des personnes.

Pour cela des conditions sont à remplir : penser d’une part la Trinité des personnes divines et d’autre part la relation homme-femme dans une parfaite égalité et ne pas penser Dieu comme un souverain masculin.

Car, si on  pense ainsi, nous avons une monarchie divine au ciel qui fonde la souveraineté du pouvoir d’un seul sur terre.  Nous avons l'idée aliénante  d’un tout puissant souverain du monde qui exige une servitude, une dépendance et qui fonde une souveraineté terrestre, religieuse, morale, patriarcale.

L’enjeu est aussi une question de crédibilité de la foi. Les fausses images d’un Dieu qui aliène l’homme dans sa liberté, ne peuvent qu’être rejetées par nos contemporains.

 

[1] J. MOLTMANN, Trinité et Royaume de Dieu, cerf, 1984, Collection Cogitatio fidei 123, page 249

 

 

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 23:10
Qu’est-ce que la méditation chrétienne ?

Je vais commencer par une réflexion que m’a partagé un jour une Sœur du Cénacle qui est philippine. Elle me disait, dans mon pays, les gens, s’ils veulent pour leurs enfants une bonne école, ils se tournent les chrétiens…s’ils veulent un bon hôpital, ils vont aussi chez les chrétiens. Mais s’ils ont le désir de méditer…ils vont chez les bouddhistes.

Cette réflexion m’a beaucoup fait réfléchir. Car il n’y a pas qu’aux Philippines. Regardez les rayons des librairies au rayon méditation : vous trouverez du zen, du bouddhisme, rien ou si peu ayant une coloration chrétienne. Comment expliquer cela ?

D’autant plus que ça existe la méditation chrétienne et que le christianisme a initié de nombreuses manières de méditer. Pour ne parler que de lui, au Centre spirituel du Cénacle de versailles,centre ne fait que cela. On passe nos journées à aider des gens à entrer dans l’expérience de la méditation !

Alors pourquoi cette méconnaissance?

D’une manière globale le christianisme a développé les traits suivants :

*religion de la morale et du faire. La dimension éthique est importante mais c’est une conséquence pas une source. Ce n’est pas l’âme du christianisme.

*religion du rite. Le rite est précieux mais là aussi c’est une conséquence pas une source et pas l’âme du christianisme.

*religion politique. Au sens que le christianisme après Constantin est devenue une religion officielle, une religion liée au politique et qui imposait un contrôle social à tous. Avec pour conséquence entre autre chose, que l’adhésion était collective, en se coulant dans le moule, alors que l’âme du christianisme est que l’adhésion nait d’une conviction personnelle.

 

Alors quelle est l’âme du christianisme ?

C’est ce qu’on voit dans les Evangiles : une rencontre personnelle avec Jésus qui fait devenir disciple et marcher avec lui. On voit que cette rencontre change les gens : cela change leur rapport à leur corps, à leur vie, ils apprennent à écouter, à regarder leur vie, les autres autrement. Cette transformation se fait en regardant et écoutant Jésus.

Tous leur sens sont réveillés. L’âme du christianisme, c’est une relation avec Jésus.

 

Mais le vivons-nous vraiment ? Comme la rose : un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ? …Pourtant c’est là l’essentiel, et la méditation chrétienne est là pour passer du pas du tout au peu et ensuite au beaucoup et au passionnément. Comment faire ? 

 

Méditer c’est prendre du temps pour soi. Vous le valez bien dit la pub ! S’assoir, arrêter d’agir, s’extraire du regard des autres, respirer profondément, se détendre, goûter une solitude bénéfique

Méditer, c’est rencontrer Jésus l’ami de nos vies, celui à qui on peut tout confier, qui est l’oreille attentive, en fait notre lieu de parole ; et se rendre compte que le fait de lui parler peut déjà changer notre perception.

Méditer, c’est ouvrir un des Evangiles. Vous en choisissez un – je vous conseille celui de Marc- avec une seule chose à faire :

Regarder Jésus, ce qu’il fait, ne fait pas, ses actes. Ne vous creusez pas la tête, n’essayez pas d’avoir des idées, de réfléchir. Non soyez seulement là à côté de lui, comme un disciple qui regarde, heureux d’être là, « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ».

Ecoutez ce que dit Jésus, ses paroles. Pareil ne vous creusez pas la tête, n’essayez pas d’avoir des idées, de réfléchir. Non soyez seulement là à côté de lui, comme un disciple qui écoute, heureux d’être là.

 

Surtout ne vous cassez pas la tête à réfléchir ! Aller à la méditation non pas comme à un rendez-vous mais parce que c’est un rendez-vous avec un ami qui va vous écouter et que vous allez regarder et écouter. Comme au coin d’un feu avec un ami qu’on aime et qui nous aime ; un ami avec qui on a plaisir à lui parler et le regarder et l’écouter.

C’est tout ! Mais c’est cela qui peut faire que peu à peu, on a une relation au Christ qui va grandir, où il va devenir l’amour de nos vies. C’est ce regard contemplatif et cette écoute attentive qui va nous transformer de l’intérieur.

La méditation chrétienne c’est comme celui qui est sur la plage et se laisse brunir par le soleil. Il suffit de rester sans rien faire, sinon d’être là, de s’exposer au soleil de Dieu. A la mesure du temps passé à le regarder et à l’écouter, la vie, la beauté, la bonté qui est en lui passe en nous, à l’image de la transfusion sanguine.

 

La méditation chrétienne, c’est habiter sa vie, le monde car ils sont précieux pour Dieu et ont de la valeur à nos yeux.

C’est s’ouvrir à une présence bienveillante et aimante

C’est regarder et écouter sans chercher autre chose que d’être là près du Christ, sans rien faire que d’être là, mais être là, c’est ce qu’on peut faire.

A mesure qu’on donne du temps à regarder et écouter, on arrive à goûter intérieurement, cela a bon goût. Sentir la bonté de Jésus. On peut même arriver mentalement à faire un geste auprès de Jésus, à le toucher comme cette femme qui a touché son vêtement. Méditer donc avec les cinq sens.

 

La seule décision à prendre est de regarder son agenda, et mettre un créneau « méditation » comme on met d’autre rendez-vous. Peut-être si vous êtes débutant :

30 mn un jour par semaine. Ca peut être aussi pour d’autres 15mn par jour ou une autre formule. C’est à vous de voir ce qui est le plus réaliste en fonction de votre vie.

Alors oui, la méditation peut devenir un bonheur d’être !

 

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 21:04
La Trinité, une manière de vivre: Jean 15/9-17

Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.

Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

Cet évangile de Jean nous fait témoin d’une relation. Jésus se situe comme Fils devant le Père. Mais cette relation n’est pas fermée sur elle-même. Elle s’ouvre à nous et nous y fait entrer. Ce faisant, cet évangile donne son vrai nom à Dieu, l’essence de Dieu, son être. Non seulement Dieu aime mais il est Amour.

Bienheureux sommes-nous de pouvoir nous situer devant l’Amour qui est Dieu, tel qu’il se révèle à nous dans l’Evangile parce que nous y découvrons que l’amour qui est Dieu n’est pas solitaire. L’Amour qui est Dieu est en relation à l’intérieur de lui-même, car pour aimer il faut qu’il y ait de l’autre, de la différence et en même temps de l’unité.

Il y a donc bien de l’unité : un seul Dieu. Dans cette unité, il y a Dieu Source de l’amour et c’est le Père. Il y a Dieu Parole de l’amour et c’est le Fils. Il y a Dieu Souffle vivifiant de l’amour et c’est l’Esprit. Unité qui est union, communication, communication d’amour en elle-même, en Dieu même.

Et puisque c’est un amour véritable, il n’y a aucune trace dans la Trinité, aucune trace d’inégalité, aucune trace en Elle de supérieur et d’inférieur. En Elle c’est un infini et divin respect de l’altérité, sans confusion ni séparation. C’est une relation faite de don et d’accueil du don dans la réciprocité.

St Ignace de Loyola a magnifiquement compris cela quand il définit l’amour ainsi : « L’amour consiste en une communication réciproque, c'est-à-dire que celui qui aime donne et communique ce qu’il a à celui qu’il aime et de même à l’inverse celui qui est aimé à celui qui l’aime » ( Exercices spirituels n° 231)

Dieu dans sa Tri-Unité est aussi communication d’amour en dehors d’elle-même, Elle est pour nous, vers nous, tournée vers nous. C’est un amour diffusif de soi qui nous façonne à son image et à sa ressemblance.

Nous en sommes bénéficière mais aussi responsable. En effet la Trinité d’amour qui est Dieu, nous invite à vivre entre nous, ce qu’Elle vit en elle-même. Donc nous invite à vivre ce que nous sommes, à nouer entre nous le même type de relation qu’il y a en Dieu, faite d’égalité, de respect, de réciprocité. De ce fait la Trinité dit notre vocation, et cette vocation c’est une existence fraternelle, une existence sororelle. Il y a donc un lien fort entre la manière de vivre entre nous et la vie trinitaire. L’amitié entre nous, la justice entre nous, l’égalité entre nous, le respect entre nous, dit quelque chose de l’amitié trinitaire. L’amitié trinitaire est source et modèle des relations justes et fraternelles entre nous.

De ce fait, nous pouvons nous rendre compte que les affirmations de la foi ne nous laissent pas tranquilles. Elles ne sont pas là comme des formules qu’il suffirait de répéter. Non, les affirmations de notre foi interrogent nos manières de vivre en société. Les interrogent et les contestent.

Affirmer, confesser Dieu-Trinité est un engagement.

C’est s’engager à une vie qui promeut l’égalité, l’amitié, le respect, la réciprocité pour chacun, chacune à l’image de l’amour qui est Dieu. C’est une grâce à désirer, une grâce à demander pour que notre foi s’incarne davantage, s’incarne vraiment dans nos vies et dans nos sociétés. C’est cela « demeurez dans son amour ».

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 16:56
Du fermé à l'ouvert: le tombeau vide Jn 20/1-9

Jn 20/1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensembles, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

 

Le tombeau était scellé. La mort semblait triompher. C’était à la fois la personne de Jésus mais aussi son message, le Royaume dont il témoignait qui étaient enterrés. Un Royaume qu’il avait commencé à instaurer par ses paroles et ses actes. Royaume de respect de toutes et tous sans discrimination. Royaume de frères et sœurs dans l’égalité. Royaume de justice, de pardon, de partage. Royaume de joie. C’est tout cela qui se trouvait enfermé dans la nuit du tombeau. Et l’inouï se produit : la tombe est ouverte et vide. Où est-il ? La vie a triomphé de la mort. Dieu a ouvert ce qui était fermé. Et cette ouverture est pour nous le gage de la victoire sur tout ce qui nous enferme, de tout ce qui est mortifère : Dieu est de notre côté dans l’Ouvert. Et c’est depuis toujours que Dieu a pris le parti de l’Ouvert : Créer, recréer, ressusciter, c’est ouvrir. Prendrons-nous le même parti ? Pour cela, une vraie conversion est nécessaire : la résurrection du Christ n’est pas quelque chose à croire comme on récite une formule, c’est quelque chose à vivre. Vivre ce que l’on croit, c’est répondre à un appel à vivre autrement. La foi est un engagement, une prise de position, un combat pour faire gagner la vie, pour faire gagner le royaume de respect d’égalité, de partage de justice inauguré par Jésus. C’est vivre dans l’ouvert. Un des drames de l’histoire de l’Eglise, c’est de n’avoir pas su assez tiré les conséquences politiques et sociales de la résurrection. La résurrection donne raison à Jésus, donne raison à ce qu’il a fait contre ceux qui l’ont crucifié au nom de fausses conceptions de Dieu, et parce que Jésus remettait en cause l’utilisation religieuse du pouvoir et voulait un royaume de justice. Au lieu d’en faire un formidable levier de résistance à l’injustice, elle a souvent servi à n’être qu’un article de foi qui renvoyait la justice à la vie après la mort, ne contestait aucun pouvoir, confortait une résignation. L’impossibilité d’une lecture sociale et politique de la résurrection s’explique par la résistance au changement mais aussi au fait qu’on vivait dans un monde qui semblait immobile : entre naissance et mort d’une personne, rien n’avait changé. Aujourd’hui, dans nos sociétés, entre sa naissance et sa mort une personne a pu voir et vivre de profonds bouleversements. C’est pourquoi, la lecture sociale de la résurrection a plus de chance aujourd’hui d’être reçue. La résurrection est bien l’espérance que nos vies sont faites pour l’éternité, que rien n’est jamais perdu pour Dieu, jamais fini pour Dieu mais elle est aussi la certitude que Dieu ne se résigne pas à l’injustice, qu’il la combat à côté de ceux qui la subissent et la combattent. Comment faire pour que l’orthodoxie d’un énoncé de foi ne reste pas inopérante dans nos vies et nos sociétés ?

« Il vit et il cru ». Qui y-a-t-il à voir et croire ? Hier et aujourd’hui ?

Voir le Christ humilié et crucifié en tout personne humaine qui souffre, dans toutes les déshumanisations de notre monde Voir la résurrection à l’œuvre en tout lieu, en toute action, en toute personne, en tout ce qui humanise notre monde. Croire en la résurrection, c’est croire sortir de ce qui est fermé pour ouvrir les chemins du possible.

 

J'ai écrit cet article pour le numéro 3628 de la lettre de Témoignage chrétien du 2 avril 2015

 

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