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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 22:06

 

St Paul dans une de ses épitres nous qu’il existe 2 périodes dans notre vie de foi : la période du lait et la période des nourritures solides. Le lait quand nous sommes enfant, les nourritures solides quand nous devenons adultes. Le risque, c’est de se contenter d’une nourriture d’enfant, c'est-à-dire de ne jamais grandir. Pourtant, pour des parents dignes de ce nom, leur désir c’est de voir grandir leurs enfants, pour que peu à peu, ils puissent avoir une relation d’adulte à adulte, d’égal à égal, de réciprocité.

Quelle part dans ma foi est encore « infantile », quelle part est adulte ?

La part infantile de la relation à Dieu : penser Dieu comme celui qui va agir à notre place, celui dont il faut se concilier les bonnes grâces, celui qui récompense et qui punit. C’est le dieu des religions, en fait un dieu comme un Maitre à qui il faut obéir sinon il nous arrivera du malheur. On a un exemple de cela dans l’Evangile quand on demande à Jésus pourquoi cet homme est né aveugle. Est-ce à cause du péché de ces parents ? Poser cette question, c’est penser que Dieu punit lé péché des parents par la cécité de leur enfant. N’est-ce pas la même attitude quand quelqu’un dit encore aujourd’hui : Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour qu’il m’arrive cette tuile ? » . Attitude infantile qui nourrit la peur, la méfiance, la servilité.

La part adulte est à l’image de celle que nous avons vis-à-vis de nos parents quand la relation est juste. Relation d’égale à égale faite d’amour réciproque où l’un n’est pas supérieur à l’autre dans une juste reconnaissance pour la vie reçue d’eux et non pas comme une dette qu’il faudrait payer sans espoir de  pouvoir la solder .

Ignace de Loyola définit l’amour entre Dieu et nous comme une communication réciproque : c'est-à-dire que celui qui aime donne et communique ce qu’il a …à celui qu’il aime ; et de même à l’inverse celui qui est aimé à celui qui l’aime » (Exercices spirituels n° 231)

Nous sommes dans ce texte en parfaite égalité : Dieu est celui qui aime et qui est aimé et nous sommes ceux qui aimons et qui sommes aimés. L’amour consiste dans le don mutuel, réciproque.

C’est bien en cohérence avec Jésus lui-même. Il s’agit d’accueillir l’Evangile en le dépoussiérant, en lui retrouvant sa force libératrice. Il faut vraiment réaliser que quand Jésus dit : «  Je ne vous appelle pas serviteur, je vous appelle AMI » il opère une révolution dans la conception des rapports de Dieu avec l’humanité.

 

Cela fait comprendre autrement le sens de la mort du Christ. Il a été crucifié car son message était insupportable à certains, à ceux qui tirent profit et pouvoir de l’attitude infantile et servile que peut véhiculer toute religion. L’horizontalité de la relation amicale conteste de soi une hiérarchie où certains seraient détenteurs d’un pouvoir sacré et d’autres exclus. Non tous amis donc tous ayant accès à Dieu dans un esprit de liberté, de confiance.

L’attitude adulte, c’est donc d’être debout devant Dieu-Ami, marchant ensemble sur le même chemin, parlant ensemble ou encore assis l’un à côté de l’autre parlant et écoutant à tour de rôle.

 

Cela amène un critère de discernement. Comment je me situe devant Dieu ? Comme un ami pour son ami ? Passer ses attitudes de foi à ce tamis. Par exemple, quand je demande quelque chose à Dieu, est-ce ce que je le demanderais à un ami ? Sa présence, oui, son aide morale, oui, pouvoir lui parler pour que ce partage m’éclaire sur une décision, oui ; mais pas de décider à ma place ( attitude infantile), pas de manière magique pour que mon problème soit résolu.

 

Il y a des prières de demande qui relèvent d’une foi adulte et d’autres qui sont infantiles. Par exemple :

La foi adulte demandera: « Donne-nous la force de ton Esprit pour partager, donner de notre temps »

La foi infantile demandera : « Procure du pain à ceux qui n’en ont pas »

La part infantile en nous est à purifier. La part adulte est toujours à approfondir.

 

 

 

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 16:14

 C’est une notion qui demande vraiment qu’on précise ce que cela veut vraiment dire.

Il y a des fausses conceptions de la volonté de Dieu comme il y a des fausses images de Dieu.

Une manière de progresser dans la vie spirituelle est de démasquer ces fausses conceptions et ces fausses images. Il y a à les démasquer car elles nous empêchent de progresser, elles paralysent, elles alimentent la méfiance envers Dieu ou la peur ou même le refus.

 

Une fausse conception de la volonté de Dieu

Cela peut se dire ainsi : Dieu aurait de toute éternité décider ce que je dois être et faire ; par exemple, il aurait décidé que je dois me marier ou devenir religieux ; ou que je dois faire telle ou telle profession.

C’est une fausse image : Dieu devant un grand livre avec nos noms et en face, la décision de Dieu.

Non, 3 fois non.

Pourquoi cela ne peut pas être cela ?

-Parce que cela induit une image d’une volonté arbitraire de Dieu. Une sorte de caprice, pourquoi l’un et pas l’autre ? Il y a derrière cette conception une image d’un monarque absolu dont les décisions ont force de loi.

Il n’y a plus de liberté, il y aurait seulement  à chercher ce que Dieu veut sans que de mon côté, il puisse y avoir un quelconque désir.

-C’est faire de Dieu, en fait, un mauvais parent, vous savez de ceux qui veulent à tout prix que leur fille fasse telle profession, ou que leur fils fasse le même métier que lui etc…

Le bon parent, au contraire, après avoir donné le meilleur de soi pour que son enfant grandisse, lui dira : je n’ai pas de plan sur toi, tu n’as pas à recevoir de moi tes choix : invente ta vie.

Dieu serait-il un moins bon parent que le meilleur d’entre nous ?

-Parce que c’est source d’angoisse. En effet comment vais-je découvrir cette volonté écrite de toute éternité. Qui me la dira ? Et si je me trompe ? Si je ne choisis pas ce que Dieu a choisis pour moi ? Si je choisis d’être une chose alors que Dieu aurait décidé autre chose pour moi ? Quelle horreur !

 

En disant cela, je vous donne un principe de discernement sur nos pensées sur Dieu.

Ce principe est le suivant : est-ce que penser de cette manière fait honneur à Dieu ou pas ?

Ici cela ne lui fait pas honneur puisque cela l’assimile à un parent autoritaire qui veut imposer sa volonté.

Mais aussi est-ce que cela fait rend honneur à notre humanité ? Si nous pensons que Dieu décide à notre place et si d’une certaine manière nous préférons qu’il décide à notre place, nous sommes dans une attitude infantile.

 

Mais alors ne veut-il rien ?

Il veut que nous inventions pour nous et pour les autres des chemins de bonheur, de justice, de liberté, de paix, de partage mais c’est à nous de les inventer, de les construire avec d’autres. Il ne nous dit pas : « tu dois » mais tu peux le faire. Ce qu’il veut, c’est que nous vivions à plein.

Il ne veut pas d’homme et de femme qui ne voudraient pas grandir, mais des femmes et des hommes debout, qui prennent en main leur vie, prennent des décisions, qui osent risquer.

De ce point de vue la parabole des talents nous dit bien cela. Le maître confie toute sa fortune et ne donne aucune consigne pour la faire fructifier. C’est à nous d’inventer pour que le don s’épanouisse en vie plus grande pour nous et les autres. Et quand le maître revient, les 2 premiers disent : voilà ce que tu m’as donné (donc la reconnaissance du don qui a été fait) et voilà ce que j’ai gagné ( reconnaissance des fruits recueillis de son initiative) Mais encore faut-il avoir conscience du don qui nous est fait.

 

Mais alors comment décider ? Comment décider si ce n’est pas une parole extérieure à moi-même ?

Justement, en allant à l’intérieur de soi-même. Pour cela, au quotidien, favoriser l’intériorité, se donner des temps pour écouter ce qui se passe à l’intérieur de soi. Se donner des temps de gratuité, de silence, de solitude. Ne pas vivre à 300 à l’heure, dans un tourbillon où l’on se perd. Se donner du temps pour prier en regardant le style de vie de Jésus et son chemin de bonheur. En faisant une retraite spirituelle. Tout cela pour chercher et trouver le désir profond le désir fort qu’il ya en nous. Il peut y avoir des désirs superficiels qui vont nous satisfaire un moment mais qui ne peuvent nous faire vivre profondément. Ils sont à la surface de nous-même. Pour découvrir les désirs profonds, c’est comme désensabler une source, enlever des pierres, creuser profond pour atteindre la source qui va pouvoir jaillir en vraie vie.

 

Il s’agit de sonder son cœur, se rendre attentifs aux mouvements qui l’habite. Et faire confiance à ce qui en nous est porteur des éléments suivants :

 

1 -la perspective de décider telle chose me donne de la paix, de la force tranquille, une joie simple.

2- elle me donne confiance en moi, dans les autres, en Dieu ; elle me met en confiance pour l’avenir.

 

On pourrait aussi dire que la volonté de Dieu c’est que nous l’aimions. Mais pas au sens d’une obligation.

Son amour n’est pas une dette dont on serait forcé de s’acquitter.

Dieu a tout donné. Il attend une réponse, oui, puisque sa décision à lui, c’est de proposer son amour, son amitié. Mais l’amour ne se commande pas et Dieu le sait et il ne veut qu’on l’aime par obligation mais par un vrai désir.

 

Dieu ne peut que se tenir à la porte, ne peux dire que : « veux-tu ? » Et attendre.

 

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 19:12

Cet article a déjà été publié au début de mon blog comme réflexion pour la retraite de l'été. Je le publie à nouveau dans la serie: les fondamentaux de la foi, car il pose une question fondamentale: quelle conception avons-nous de la création?

 

 

 

Nous pensons que le monde n’est pas le fruit du hasard mais d’un désir de Dieu. Dire cela, cela équivaut à dire que Dieu est créateur. Mais comment est-il créateur ? Qu’est-ce qu’il a créé ? Cette question mérite d’être creusée.

Il y a deux modèles :

 

1-Soit il a créé un monde tout fait. Pour employer une comparaison de couture : un monde prêt à porter. Il n’y a qu’à enfiler le vêtement. Ce vêtement il est comme il est, on ne peut rien changer. Il y a un ordre des choses décidé par Dieu.  Un monde tout fait où il n’y a rien à changer, rien à créer, auquel il ne manque rien. Donc dans ce cas l’action humaine est de conserver les choses en leur état. La réponse de l’humain est de rien abimé de ce qui est sorti des mains de Dieu. La liberté s’exerce dans ce cas à pouvoir dire oui ou non à un ordre établi par Dieu. La liberté se fait obéissance à cet ordre dans le oui, elle se fait désobéissance,  révolte et péché dans le non.

*La première  conséquence, c’est que ce monde en soi a peu  d’intérêt puisque rien ne lui manque, qu’il n’y a rien à y faire de décisif qui lui manquerait, il est seulement le lieu d’une épreuve, le lieu où l’on fait ses  « preuves » de l’obéissance ou de la désobéissance.

*La deuxième conséquence c’est l’idée de Dieu que cela justifie. Un Dieu qui impose son modèle à l’exclusion de tout autre. C’est lui qui l’a fait ainsi. C’est un modèle où Dieu impose. Image d’un pouvoir absolu. Image de Dieu comme monarque absolu.

*la troisième  conséquence permet de justifier tous les conservatismes. Les choses de ce monde n’ont pas à être changées  parce que elles sont telles que Dieu les a créés. Cela permet de justifier les instances de pouvoir. De même que Dieu  impose un ordre des choses, il est normal que certains l’imposent aux autres. Que Dieu commande, cela justifie que certains le fassent. Ainsi nous nous faisons une idée de Dieu conforme à ce qui se passe dans nos sociétés ou certains dominent les autres, où certains sont supérieurs aux autres. Le fait que Dieu soit aussi celui qui impose son modèle, justifie que qu’il en soit ainsi dans les relations humaines. Le ciel justifie la terre et la terre est à l’image du ciel. Nous projetons sur Dieu, le style de relations aliénés que nous vivons entre nous

« Les relations sociales basés sur la domination existant entre nous ont servi d’exemple pour concevoir la relation ente les humains et Dieu » Berdiaeff ,De l’esclavage à la liberté p 91

Cette conception du monde et de Dieu sont solidaires.

Dans ce modèle, le péché va s’appelé révolte, désobéissance, refus.

Et ce modèle est pour moi une des raisons de l’athéisme.

 

2-Mais il y a un autre modèle qui dit une autre image de Dieu, de l’humain et de la liberté

Dieu n’a pas créé un monde tout fait mais un monde à faire. Pour continuer la comparaison de la couture : ce n’est pas un monde prêt à porter. Ce sont des  vêtements a confectionné nous-mêmes. Dieu nous offre ce qu’il faut pour coudre mais c’est à nous d’être créatif, d’inventer des formes, des couleurs à l’infini. Ce monde n’est pas tout fait, il est à faire. Et si nous ne le faisons pas il y manquera ce que nous nous seuls pouvons faire, pouvons y apporter. Il ne s’agit pas de conserver un monde préétabli mais de bâtir un monde neuf. La liberté ici est liberté de création où chacun doit inventer son chemin.

Dans ce modèle, la liberté peut produire de l’inédit qui ajoute quelque chose d’original, quelque chose qui manque. C’est une liberté créatrice où tout humain doit inventer son chemin.

Les conséquences sont l’inverse

*La première  conséquence, c’est que ce monde à faire acquiert un intérêt fondamental. Sa création est remise à notre responsabilité. Il lui manque ce que nous arriverons à créer et qui ne serait pas sans nous. Ce que nous y ferons acquière une dimension de décisif. Il est lieu de créativité. La liberté n’est pas une épreuve, elle est condition de création.

*La deuxième conséquence c’est l’idée de Dieu que cela révèle. Un Dieu qui nous fait co-créateur. Il n’impose un modèle. Il ouvre des possibles confiés à notre créativité. Il n’est pas le Dieu qui impose et s’impose, qui dirige. Il crée comme la mer, les continents, en se retirant. Il n’est pas à I’image d’un pouvoir absolu mais son autorité est de celle qui autorise à vivre à plein. Va vers toi-même dira-t-il à Abraham.

*la troisième  conséquence permet de libérer l’initiative pour tous et toutes. Les choses de ce monde n’ont pas à rester telle quelle, elles peuvent et doivent être changées. Le pouvoir est rendu à chacun. Les instances de pouvoir sont légitimes non en soi mais dans la mesure où elles sont au service du progrès, de l’humanisation de toutes et de tous.

Ainsi cette autre idée de Dieu conteste  ce qui se passe dans nos sociétés où certains dominent les autres, où certains sont supérieurs aux autres. Le fait que Dieu ne soit pas celui qui impose son modèle, justifie la recherche de relations humaines basées sur la fraternité et l’égalité, la recherche de relations non aliénés.

Dans ce modèle, le péché va prendre une toute autre tonalité. Il va être plus de l’ordre de l’omission, du désintérêt des choses de ce monde, du non engagement à bâtir ce monde, de tout pouvoir dans la mesure où il empêche l’autre d’exister et d’inventer sa vie librement. Il va se découvrir en se demandant ce qui fait obstacle aux relations fraternelles, faites de respect et d’égalité.

La conversion va se comprendre comme conversion à une autre image de Dieu. Avoir entendu Dieu nous dire : « Va vers toi-même », avoir vraiment entendu cette parole va libérer notre cœur pour pouvoir dire et être pour les autres ce que Dieu fait pour nous. Donc se détourner de ce qui justifie l’injustice, le conservatisme, la domination, l’aliénation et accueillir ce qui nous stimule à bâtir des relations libérantes pour nous et pour les autres.

 

Quel choix faisons nous? Lequel de ces 2 modèles informe nos vies?

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:56

 

Un constat : en parlant de Dieu, nous disons il et non pas elle. Nous parlons donc de Dieu au masculin. L’art a globalement utilisé des images masculines pour « peindre » Dieu (Le vieillard barbu de la chapelle sixtine par exemple ). Il y a là une vraie difficulté parce que  Dieu n’est ni masculin, ni féminin. Cependant, on ne peut pas se passer d’image, de mot pour dire Dieu. Ces images, ces mots, nous ne pouvons les prendre que dans notre réalité humaine .Donc en soi employer des images et des mots au masculin est légitime à condition d’employer aussi des images et des mots au féminin.

 

Pour les femmes, il y a un grand avantage à employer des images à la fois masculines et féminines de Dieu. Les images masculines les situent en altérité, aident à se vivre épousée par Dieu. Les images féminines les situent en ressemblance avec Dieu, à l’image de Dieu, c’est à dire que la féminité se situe alors en inclusion du divin et non en exclusion.

Pour les hommes aussi, il y a un grand avantage à employer à la fois des images masculines et féminines de Dieu. Images féminines : cela les situe aussi en altérité face à Dieu, et leur permettrait d’avoir vis à vis de Dieu une plus grande attitude d’affection et de tendresse ( se découvrir épousé par Dieu) et aussi cela aiderait certains à ne pas se prendre pour des dieux !

J’ai employé le conditionnel car ces images féminines de Dieu sont encore loin d’être utilisées.

 

Ces images féminines existent dans la Bible, en petit nombre, certes, mais d’autant plus significatives qu’elles ont réussi à exister dans une culture patriarcale. Ces images, encore aujourd’hui sont peu mises en valeur et quelquefois occultées par les traductions. Elles été bien remarquées dans le livre de Virginia.R. Mollenkott, Dieu au féminin, Centurion, 1990 :

 

1- Dieu comme une mère qui a mis au monde :

-Nous trouvons cela dans la bouche de Moïse quand il se plaint à Dieu que la charge de ce peuple est trop lourde ; Il lui dit :

« Est-ce moi qui ai conçu tout ce peuple ?

moi qui l’ai mis au monde ? » Nb 11/11

 

2-Dieu comme une aigle femelle qui protège ses oisillons

« Il l’entoure, il l’instruit, il veille sur lui comme sur la prunelle de son œil, il est comme l’aigle qui encourage sa nichée, il plane au-dessus de ces petits, il déploie toute son envergure, , il les prend et les porte sur ces ailes » Dt 32/6

Pourquoi dire « il » alors que visiblement il s’agit des actions d’une mère-aigle ?

On peut prier ces mots en disant : « elle » pour nous situer devant Dieu qui m’entoure, m’instruit, veille sur moi comme on veille sur la prunelle de son œil, qui m’encourage, qui me prend et me porte sur ses ailes.

 

3-Dieu comme une femme qui est en travail d’enfantement pour libérer son peuple

«Depuis longtemps, j’ai gardé le silence, je me taisais, je me retenais de parler ; comme la femme qui enfante, je gémissais, je soufflais, j’étais haletant… Je conduirai les aveugles sur la route, je les mènerai par des sentiers qu’ils ne connaissent pas. Les ténèbres pour eux deviendront lumière, je leur aplanirai les endroits difficiles, voilà ce que je ne manquerai pas de faire. » Is 42/14 et 16 

 

4-Dieu comme une femme qui n’abandonne pas ses enfants

« Sion disait : Yahvé m’a abandonné, le Seigneur m’a oublié.

Une femme oubliera-t-elle son nourrisson, oublie-telle de montrer sa tendresse à l’enfant de sa chair ?

Même si celle-là oubliait, moi je ne t’oublierai pas. Voici que sur mes paumes, je t’ai gravé » Is49/15

 

5-Dieu comme le sein maternel

Ici il faut faire un peu d’hébreu. Quand dans l’Ancien Testament,  il est question de miséricorde, on  a le mot Rahamin= miséricorde, on a une image féminine. Car le mot miséricorde est tiré du mot  rehem qui veut dire sein maternel, utérus. La miséricorde de Dieu, c’est ses entrailles de mère.

Par exemple en Dn 9/9 : « au Seigneur notre Dieu appartiennent la miséricorde et le pardon »

Il a 102  mentions de la miséricorde dans la Bible, donc 102 fois mention des entrailles maternelles de Dieu

A chaque fois donc qu’on rencontre le mot miséricorde dans la Bible, nous sommes devant une image féminine de Dieu.

 

6-Dieu comme une femme qui fait lever son pain

« Quelle image puis-je donner du Royaume de Dieu ? Il est tout comme le levain qu’une femme prend et enfouit dans trois mesures de farine jusqu’à ce que tout soit levé »  Lc 13/21

 

7-La manière particulière dont Jésus parle de Dieu

 « Les images paternelles de Dieu se prêtent à une grande diversité d’interprétation, y compris celle de la colère ou de la vengeance. Au contraire, les images du langage maternel de Dieu vont toujours dans le même sens : un amour incontournable qui ne se fatigue jamais ». Voilà ce qu’écrit le Frère Emmanuel de Taizé dans son livre, un amour méconnu à la page 168.

Cela l’amène à dire que l’image de Dieu que présente Jésus ressemble autant, sinon plus à un comportement de mère que de père.

*Dieu qui se veut proche de chacun Mt 10/7 ; Mc 1/15 ; Lc9/10 ; Jn 14/23

*Dieu d’amour qui recherche inlassablement les plus éloignés et qui ne veut abandonner personne : Mt18/12-14 ; Mc 2/16-17 ; Lc15/4-32 ; Jn 3/16-17

*Dieu qui veut guérir les blessures, au pardon toujours offert : Mt9 :10-13 ; Mc2/3-12 ; Lc 15/11-32 ; Jn 8/3-11

*Dieu qui ne demande qu’accueillir et être accueilli : Mt10/40 ;Mc9/37 ; Lc 19/2-10 ; Jn 14/2-3 et 23

*Dieu qui désire être intensément aimé : Mt22/37-38 ; Mc12/30 ; Lc10/27 ; Jn21/15-17

*Dieu rejeté qui continue à aimer jusqu’au bout : Lc23/33-34 ; 18/25-27 avec 21/15-17.

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 21:11


Masculin-féminin : une différence non définissable comme Dieu est non-représentable.  C’est ainsi que Christian Duquoc définit le rapport masculin-féminin. Cette position permet à la fois de garder l’heureuse différence des sexes sans les figer dans des rôles qui relève de l’idéologie.

Un texte majeur de la Bible nous parle d’image de Dieu : « Dieu créa l’Homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ». Christian Duquoc interroge ce mot car pour lui, il devrait nous surprendre. Car, tout aussi majeur dans la tradition biblique est l’interdit de la représentation de Dieu  ( Ex20/4 et Dt 27/15). Il semble donc y avoir une contradiction : Dieu crée une image de lui et interdit à l’homme de le représenter. Il s’agit donc de bien comprendre le sens du mot image. Puisqu’il y a interdit de représentation, le mot image ne dit pas une représentation. De même quand Dieu révèle son nom, c’est un nom qui écarte toute image, toute représentation car on ne peut enclore Dieu. Il ne peut que se dérober à toute définition (Ex 3/14).

Ce premier aspect du texte de Duquoc,  permet de faire une première remarque. L’homme est à l’image de celui qui n’a pas d’image, de celui qui ne peut être représenté, de celui qui ne peut être défini. Cela voudrait-il dire que, de même qu’on ne définit pas Dieu, car l’enclore dans une définition ne peut produire qu’une idole, de même, on ne peut définit l’humain car l’enclore dans une définition ne peut que le défigurer, en faire aussi une idole au sens d’une fausse image de lui. Dieu se dérobe à toute définition, l’humain également.

Alors quel sens donné à l’image ? Non pas une représentation mais une fonction. En effet pour Gn 2 l’idée d’image est suivi immédiatement d’une  mission : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez la » (Gn 2/28). L’image est associée à une fonction de création et de gestion du monde, une responsabilité qui implique des actions. C’est en ce sens que l’homme est image de Dieu. Au sens d’une fonction, créateur à l’image du Créateur.

Ce thème de l’image a produit un nombre important de commentaires. Duquoc en privilégie un qui illustre bien l’image comme fonction. C’est l’interprétation de Grégoire de Nysse qui définit l’image comme capacité de l’homme d’être son propre créateur, condition pour  acquérir une autonomie similaire à celle de Dieu, accéder à une liberté qui constitue l’homme partenaire de Dieu. Image ici comme capacité d’agir en créateur, en autonomie et en liberté.

On peut se demander si, dans l’esprit de Grégoire de Nysse, cette magnifique conception dynamique de l’humain concerne également les femmes. En tout cas, note Duquoc, aucune des interprétions classiques n’ont remarqué que cette image dans le texte biblique est une image différenciée : « …à l’image de Dieu, il le créa ; mâle et femelle, il les créa » (Gn 1/27). La différence entre l’homme et la femme est structure de l’image. L’essence de cette image est relation. Cette essence de l’image n’est ni le masculin seul, ni le féminin seul. Cette image est de soi habité par l’altérité, il y a de soi, de l’autre dans l’image.

Ainsi donc si l’image n’est pas une représentation ni de Dieu, ni de l’humain, si, comme le nom de Dieu, elle échappe à toute définition, elle ne va pas être non plus être représentation et définition de ce qu’est le féminin ou le masculin. Mais l’image dit une fonction, qui est celle du respect de l’altérité.

Elle est le paradigme du manque qui peut ouvrir à la communication. Il y a un manque à être de chaque pôle de l’image. L’une ne va pas sans l’autre, l’un ne va pas sans l’autre. Chacun-e n’existe que dans la communication. Cette relation différenciée est sans représentation. On ne peut l’enclore, mettre la main dessus, elle se dérobe à toute définition. Et comme elle est humaine, elle est dans l’histoire, une tâche à réaliser. Elle n’est pas reproduction d’une forme apriori, anhistorique, figée et constante :

« Pas plus que Dieu n’est le référent visible de l’image puisqu’il est un Nom sans représentation, pas davantage l’image différenciée n’impose un modèle constant. Elle exprime la condition d’un avenir : assumer l’autre dans une différence indépassable et irréductible, comme la nécessité de sa propre réalisation…Patient labeur d’une histoire qui lutte contre un stéréotype de l’enfermement en des essences séparés, masculine et féminine »

Cette image différenciée a une fonction, une tâche de respect de toutes les différences. Elle est paradigmatique de la différence pour introduire une exigence éthique : une volonté de communication dans le respect de toutes les différences.

La pensée de Duquoc, avec cette réflexion sur l’image, se démarque de deux options. Ils se positionnent contre le nivellement de la différence masculin/féminin mais également contre l’enfermement en essences séparées de cette différence. Il y a bien une différence mais la forme qu’elle peut prendre est à inventer dans la communication, une réalisation qui se fait dans l’histoire et qui ne découle pas d’un modèle statique.

 

Gn 1/27, traduction de la TOB

Christian DUQUOC, « Homme/Image de Dieu », Nouveau dictionnaire de théologie, Cerf 1996, pp 418-423

« la naissance spirituelle est le résultat d’un choix libre, et nous sommes ainsi, en un sens , nos propres parent, nous créant nous-mêmes tel que nous voulons être, et nous façonnant , par notre volonté, selon le modèle que nous choisissons » Grégoire de Nysse, Vie de Moïse, PG 44, 328 B. Cité par C.DUQUOC p 420

Idem p 422

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 20:11

 

Un des points fondamentaux de la foi chrétienne, c’est que Dieu, en la personne de sa Parole s’est fait homme. La parole de Dieu s’est faite chair. « Le Verbe s’est fait chair », proclame le prologue de l’Evangile de Jean. ( Jn 1/14) Cette Révélation de Dieu qui est une véritable révolution de l’image qu’on peut se faire : l’absolu qui est Dieu, est entré dans la finitude, la petitesse, la vulnérabilité, le temps, l’histoire. Le Tout-Autre que nous, le tout différent de nous devient le même que nous.

Pourquoi ? La réponse, nous pouvons, entre autre,  la prendre chez St Irénée ( 2ème siècle ap J-C) : «  A cause d’un surabondant amour »

Son amour  se réalise :

-en s’approchant de nous

-en se tournant vers nous

-en partageant notre vie

-en s’engageant à nos côtés à ses risques et périls.

 

Si on veut résumer cette révolution qu’opère l’incarnation, on peut dire que Dieu s’y révèle : DIEU POUR NOUS . Un Dieu qui s’approche de nous en nous respectant profondément, en douceur, en respectant notre rythme, nos lenteurs, nous prenant là où nous sommes pour aller plus loin, pour nous accoutumer peu à peu à recevoir Dieu

 

Pourquoi cette proximité ?

Parce que Dieu nous cherche. Dieu est chercheur d’humanité. Dieu est en recherche, comme le berger à la recherche de sa brebis. Il y a aussi dans l’incarnation, un objectif de salut, la brebis de la parabole se perd et c’est le Christ qui va la chercher, la rejoindre, la ramener dans la communion avec lui. Un texte évangélique qui dit bien la raison de l’incarnation comme acte sauveur,  c’est la parabole du bon samaritain. Le Christ est comme ce samaritain qui descend de Jérusalem ( Il vient de Dieu pour rejoindre l’homme blessé par le péché, le soigner et le confier à l’Eglise symbolisé par l’aubergiste).

 

Enfin Dieu est en recherche pour une communion, une amitié à nouveau possible, et toujours possible, un partage où chacun donne et reçoit. Dieu en quête de toute femme, de tout homme pour nous faire partager sa vie. C’est le  mystère d’un échange. Dieu qui reçoit la vie humaine par Marie. L’humanité qui reçoit la vie divine par le Christ.

Ici ce mystère de l’incarnation va jusque l’inouï : le but ultime de l’incarnation, c’est, comme le dit l’apôtre Pierre : « Pour que nous devenions participants de la nature divine » ( 2 P 1/4)

Pour une amitié ou chacun-e donne et reçoit. Pour un partage où chacun-e donne et reçoit.

L’incarnation nous fait réaliser notre vocation  à toutes et tous : vocation à la communion avec Dieu.

La révélation concernant Dieu est également révélation de ce que nous sommes vraiment, de notre identité : aimé-e de Dieu, appelé-e à une amitié et une communion sans fin avec lui.

L’incarnation réalise une solidarité irréversible entre l’humanité et Dieu, une union que rien ne peut brisé. L’incarnation réalise une humanité accomplie, selon le cœur de Dieu. Jésus est l’humanité accomplie, l’humanité  dans sa vérité.

L’incarnation ouvre un chemin pour tous et toutes : suivre Jésus, mettre nos pas dans ses pas, se mettre à son école, accepter de nous laisser guérir par lui, c’est s’humaniser de plus en plus, c’est se réaliser, accomplir notre humanité dans sa vérité.

Plus nous devenons compagnon de Jésus, plus nous devenons ce que nous sommes, plus nous nous réalisons, nous nous accomplissons.

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