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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 17:26
Homélie virtuelle du dimanche du Christ roi de l’univers dans Jean 18,33-37

33 Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » 34 Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » 35 Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »

36 Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » 37 Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? »

Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

 

Quelle idée d’avoir institué la fête du Christ roi ! Il faut en connaitre les circonstances pour le déplorer encore davantage ! Nous sommes en 1925, Pie XI l’institue pour lutter contre l’athéisme et la sécularisation, et pour que les nations obeissent à la loi du Christ. Donc une fête pour une reconquête d’un pouvoir de l’Eglise sur les décisions des Etats, comme au « bon vieux temps de la chrétienté ».  

Aujourd’hui encore des courants du catholicisme ont ce rêve.

Mais au-delà de ces extrémismes, il y a toujours un danger de parler du Christ comme d’un roi.

Jésus dans cet évangile refuse ce titre :

« C’est toi-même qui dis que je suis roi »

Jésus parle bien d’un royaume car à son époque seul existait ce type d’organisation politique. Aujourd’hui il pourrait aussi bien dire « ma république n’est pas de ce monde »

En effet ce qu’il instaure est totalement inédit : son royaume est celui des béatitudes, du service de l’accueil inconditionnel, du respect, de l’amour, de l’égalité, de la liberté, de la sororité et fraternité. C’est le royaume d’un crucifié qui prend dans ses bras tous les vaincus, tous les opprimés, tous les exclus…

Il faut questionner jusqu’au bout ce titre de roi attribué à Jésus.

Toutes sortes d’attitudes envers Dieu qui sont calquées sur les attitudes qu’on doit à un monarque sont à remettre en cause.

Si en parlant de Dieu on invite à s’incliner, à se prosterner, à le glorifier, à l’honorer, à l’implorer, on se comporte avec Dieu comme avec un monarque !

Il y a donc à remettre en cause des pans entiers de nos liturgies, d’ouvrages de vie spirituelle, de théologie.

Devant Dieu tel que venu en ce monde pour rendre témoignage à la vérité, il n’y a pas à se comporter en sujet d’un monarque mais en ami-e d’un Ami, en frère et sœur d’un Frère.

La révolution spirituelle de Jésus n’a pas encore porté ses fruits. Le christianisme n’existe pas encore comme le dit Domique Collin dans son livre qui a ce titre.

Mais chacun, chacune de nous peut le faire exister en revenant à l’Evangile.

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3 novembre 2021 3 03 /11 /novembre /2021 21:36
Homélie virtuelle sur Marc 12,38-44 du 32ème dimanche du TO année B

38 Dans son enseignement, il disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,

39 les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.

40 Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

41 Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.

42 Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.

43 Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.

44 Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

 

Qui après la lecture d’un pareil récit pourrait encore dire que l’Evangile n’est pas actuel, ne dis rien du monde qui est le nôtre dans sa beauté et dans sa laideur. En termes de laideur il y a l’appropriation des richesses par un petit nombre qui dévore les pauvres, la recherche des honneurs, une religion qui n’est qu’apparence et que les scribes représentent. Laideur d’un monde qui n’arrive pas à éradiquer la pauvreté dont cette femme est victime, symbole de tous ceux et de toutes celles qui la subissent. Que ce soit une femme qui symbolise cela est bien vu car nous savons que les femmes dans le monde sont doublement pénalisées[1].

Quel est le regard de Jésus sur cette laideur dans notre monde ? Quel est son positionnement ? Jésus ne reste pas muet devant cette situation. Il prend parti avec une sévérité rare : « ils seront plus sévèrement condamnés ». Ces mots disent la colère de son cœur.

Ensuite, il voit cette femme, pauvre, mettre ces deux piécettes dans le trésor du Temple, « tout ce qu’elle avait pour vivre » Quels autres sentiments habitent son cœur ? Ses paroles suggèrent de l’admiration pour elle. Elle est comme lui ! Il voit dans ce geste ce qui le concerne car lui aussi va tout donner, toute sa vie pour nous. Mais on peut légitiment penser qu’il y avait dans son cœur aussi de la colère car ces piécettes d’une pauvre va aller au trésor du Temple qui est détourné au profit des scribes !

Qui dira encore que l’Evangile n’est pas actuel ?

 
  • [1] Dans le monde, les femmes gagnent des salaires inférieurs de 23 % en moyenne par rapport à ceux des hommes et jusqu’à 75 % de leurs emplois sont informels ou non protégés dans les pays en développement.
  • 155 pays ont au moins une loi restreignant les droits économiques des femmes. Dans 18 de ces pays, les hommes ont le droit d’interdire à leur femme de travailler. Dans 100 pays, la loi dispose que les femmes n’ont pas le droit d’occuper les mêmes emplois que les hommes.
  • Une femme sur trois dans le monde a été victime, à un moment donné de sa vie, de violences physiques et/ou sexuelles, généralement de la part d’un partenaire intime. 46 pays ne disposent pas de loi contre la violence domestique.

Source : https://www.oxfamfrance.org/inegalites-et-justice-fiscale/legalite-entre-les-femmes-et-les-hommes-un-moyen-de-reduire-la-pauvrete/

 

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 16:42
Homélie virtuelle sur l’évangile de Marc 12, 28-34

Ce dialogue entre Jésus et un scribe fait se poser quelques questions : comment peut-on associer l’amour à un commandement ? Peut-on aimer sur ordre ? Peut-on aimer par obéissance à un ordre ?

Et si ce commandement vient de Dieu, peut-on concevoir un Dieu qui commande ? Dieu est-il un commandant ?

Répondre par la négative à ces questions ouvre à une autre compréhension.

Dieu n’est pas un donneur d’ordre, le voir ainsi le défigure et ne donne pas envie de l’aimer !

Il n’est pas un donneur d’ordre mais il est celui qui aime, et mets en nous cette capacité d’aimer. Il ne donne pas un ordre mais une compétence, une possibilité. Il ne dit pas : tu dois aimer mais tu peux aimer, yes you can !

Et qu’est-ce qui est Premier ? C’est d’écouter au sens fort du terme qui est de mettre en œuvre cette capacité qui est en nous. Ecouter cette capacité qui fait vivre. Car la voilà la raison ! Aimer fait vivre, rend vivant. Non parce que c’est commandé mais parce que cela fait vivre.

Cela fait vivre de s’aimer soi-même ! Et oui on risque d’oublier ce 3ème amour ! « Aimer son prochain comme soi-même » Mine de rien cette phrase légitime l’amour de soi puisqu’il doit être la mesure de l’amour de l’autre. Il y a intérêt à beaucoup s’aimer pour aimer l’autre autant. L’amour de soi, nous en savons les difficultés, ne serait-ce que de ne pas avoir été assez aimé. Le chemin christique peut renforcer ce bon amour de soi car c’est à chacun, chacune de nous que Dieu dit « tu es Bien-Aimé-e ». (Marc 1,11)

Cela fait vivre d’aimer Dieu. Non par obligation, non pour payer une dette mais par un acte libre qui réjouit le cœur.

Pour finir, vous me direz peut-être que Jésus justifie cette notion de commandement puisqu’il le reprend à son tour. Mais là aussi un autre chemin peut s’ouvrir : celui d’admirer la délicatesse de Jésus qui entre dans le vocabulaire de l’autre sans le braquer sur des mots mais en allant à l’essentiel qui ici est l’union des trois amours pour Dieu, pour l’autre, pour soi. Trois qui n‘en font qu’un. Ecole de dialogue pour nous.

28 Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »

29 Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. 

30 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. 

31 Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

32 Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 14:20
Bien-Aimé : Homélie de Sr Michèle sur Luc 3,21-22 et 4,1-15.  Baptême, désert, tentation, enseignement.

Jésus au sortir du baptême et alors qu'il priait, entend une parole inouïe.

C’est l'originalité de Luc car pour Mt et Mc c'est au moment du baptême qu’il entend cette parole. En Luc, il l’entend quand il est en prière après le baptême.

« Tu es Bien-Aimé »

Une parole peut être dite. Encore faut-il l’entendre.

Jésus l’a entendu.

Il va au désert pour se nourrir de cette parole. Il en fait sa nourriture. Le désert, ce n’est pas d’abord ni tout de suite le lieu de la tentation.

Et c’est seulement au terme de ces 40 jours qu’il est tenté de chercher ailleurs le sens de sa vie.

Sa résistance à la tentation ce sera de continuer à entendre qu’il est le Bien-aimé et de se nourrir de cette écoute, à dire oui à être le Bien-Aimé.

Oui à être le Bien-Aimé et non à des fausses raisons de vivre.

L’expérience qu’il a faite va être ce qu’il va ensuite partager aux autres :

Son enseignement, la bonne nouvelle, c'est une seule et même chose qu'il dit aux gens qui l’écoute :

Vous êtes bien-aimé.

Et c'est cela qui les guérit.

Vous êtes bien-aimé-es, c'est donné, ce n'est pas à mériter, ni à prendre, ni à gagner.

C'est là. Simplement à écouter, à accueillir ce don, à y croire.

Et pour chacun-e de nous, c'est pareil !

Il s'agit, tout particulièrement dans les moments de méditation, d'entendre cette parole : je suis bien-aimé-e, d'y croire, de l'accueillir, de se nourrir de cela, de se laisser guérir par cela.

Et de parler de Dieu aux autres, à notre tour en parole et en acte, uniquement de cela : vous êtes bien-aimé-e.

 

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 17:33
Homélie du 2ème dim. de Pâques: la paix de Jésus

Evangile de Jean au chapitre 20 verset 19 à 28

Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

 

Les évangiles ne sont pas faits pour être lu seulement mais pour qu’on y entre ! Y entrer et être là à regarder, écouter pour qu’ils nous communiquent la vie de Jésus.

Alors regardons et écoutons.

Regardons le lieu. Les disciples sont à l’intérieur d’une maison qu’ils ont verrouillée. Un lieu clos.

Et c’est la peur qui les a fait s’enfermer. On peut comprendre ! Disciples d’un condamné à mort, ils appartiennent au camp de la défaite, au parti de la défaite. En fait, ils sont comme leur maître : enfermés dans un tombeau.

Soyons avec eux dans ce lieu : lieu de la déception après tant d’espoir suscité par l’action de Jésus quand ils le suivaient , lieu de tristesse après tant de joie que sa parole avait éveillé en eux, lieu de la nuit après tant de lumière que sa présence leur donnait, lieu de mort après tant de vie qu’il donnait à qui le rencontrait !

Les rejoindre dans ce lieu là. Pourquoi ?

Parce que ce lieu c’est aussi le nôtre : notre vie aussi est traversée par des déceptions, des tristesses, des nuits, des morts.

Si nous consentons à les rejoindre dans le lieu là, ce texte va nous concerner, ce texte va pouvoir nous parler.

Il va nous dire que Jésus aujourd’hui vient nous rejoindre nous aussi.

Nous allons pouvoir accueillir la phrase étonnante : « Jésus vint et se tint au milieu d’eux ».

Cette bonne nouvelle va nous être dite à nous : Jésus nous rejoint au cœur même de ce qui peut faire mal dans notre vie, et aucun verrou au monde ne peut l’empêcher de nous rejoindre.

Même ceux que je me suis mis moi-même.

Mais pour cela, il vous sera nécessaire d’oser nommer ce qui en vous relève de la déception, de la tristesse, de la nuit, de la mort dans votre vie pour pouvoir ensuite regarder, étonné, ébloui, Jésus venir et se tenir là pour vous assurer de sa présence, et vous adresser sa parole de paix :

« Paix à vous », parole 3 fois dites dans ce passage.

Ecoutons une autre parole toute aussi étonnante :« Moi je vous envoie recevez l’Esprit Saint, remettez les péchés »

Ces paroles du Christ, s’adressent aux disciples, donc à chacun de nous.

Nous aussi sommes envoyés, recevant la force de l’Esprit Saint pour être signe du pardon offert.

Souvent, nous ne prenons pas assez au sérieux ce que nous dit Jésus, nous nous protégeons de ses paroles en nous disant : ce n’est pas à nous qu’il s’adresse.

Baptisés, donc disciples nous sommes envoyés :

Accueillons cet envoi en mission, c’est constitutif de notre être baptismal.

L’Esprit nous a été donné au baptême et à la confirmation.

Il nous a fait prêtre, prophète et roi.

-Roi pour gérer notre vie dans le sens de la justice, et ouvrer à un monde selon le cœur de Dieu

-Prêtre pour être des célébrants de son amour, devant lui pour le louer

-Prophète pour écouter sa parole et pouvoir en témoigner par nos actes et nos paroles

-Envoyés pour dire la miséricorde.

Ces mots de Jésus aux disciples sont donc pour nous.

Ecoutons une autre parole : « Nous avons vu le Seigneur » et mesurons l’extraordinaire de la joie des disciples : le vaincu, le rejeté, le condamné, le crucifié mort sur la croix, il est vivant et on l’a vu vivant.

La lumière après la nuit, la joie après la douleur.

Pesons ce poids de joie des disciples.

Pesons la force de cette joie, qui seule explique la force de leur témoignage, la transformation que cela va opérer en eux et qui ira jusqu'à donner leur vie pour témoigner de lui.

Cela voulait dire pour eux que tout dans la vie de Jésus est véridique, que tout est digne de foi.

Dieu a donné raison au crucifié contre ceux qui en avait fait un paria, un blasphémateur.

Notre foi repose sur leur témoignage.

Ils ont vu c’est pourquoi ils ont parlé.

Ce « voir » des disciples n’est pas le nôtre. Et pourtant, nous aussi d’une autre manière il nous est donné de voir ! Comment ? Une question que je laisse à votre réflexion priante !

Regardons Thomas.

Patron des douteurs dit-on, un modèle pour nous qui pouvons vivre le doute lancinant mais surtout le modèle positif de ceux qui veulent bâtir leur foi sur une expérience personnelle et non sur une rumeur.

Ecoutons une autre parole de Jésus

« Porte ton doigt ici : voici mes mains. Avance ta main et mets-la dans mon côté »

Entendre ces paroles de Jésus à Thomas. Elles sont l’exacte réponse à sa demande : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous…si je ne mets pas ma main à son côté… »

Prenons conscience de la délicatesse de Jésus : Jésus approuve Thomas dans son désir de toucher et de voir, il le rejoint au cœur de son incrédulité, comme il nous rejoint aussi là où nous sommes et comme nous sommes.

Regardons avec les yeux de la foi ce corps glorieux de Jésus, ce corps ressuscité qui porte à jamais et pour l’éternité les marques de sa passion.

Dans la foi, nous pouvons faire le même geste que Thomas et déposer en ses blessures, nos blessures, tristesses, déceptions, peurs, nuits…

Ecoutons la béatitude que Jésus exprime :

« Heureux ceux qui croiront sans avoir vu »

Il parle de nous.

Goûtons là encore la délicatesse de Jésus. Il pense à nous qui ne sommes pas les témoins directs, et qui croient sur le témoignage des disciples. Joie de croire.

Laissons-nous aller à cette joie

Ecoutons le cri de Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu »

Un cri qu’on peut avoir après tant de nuit. Il est le seul à le pousser. Heureuse nuit qui lui a valu un tel cri de joie et de foi. Ce cri, on peut le faire nôtre pour laisser descendre en nous la réalité qu’elle signifie : « Mon Seigneur et mon Dieu »

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 15:52
Vendredi Saint : le Christ est l’humain à qui tous les bourreaux font violence.

En disant cela nous sommes au cœur de la Révélation christique. Dieu est l’humain à qui tous les bourreaux font violence. Si on touche à l’humain, on touche à Dieu. Si on crucifie l’humain, on crucifie Dieu : On crucifie Dieu dans les femmes battues, les enfants maltraités et tous les humains souffrant de violence. Pris au sérieux, accueillie, cette révélation peut être protestation, dénonciation, rempart contre toute injustice.

Mais le cœur de la Révélation christique n’a pas été prise au sérieux.

Dès le début du christianisme, se sont imposées d’autres lectures comme par exemple, la mort sanglante comme prix à payer par le Christ pour que Dieu puisse pardonner. La révolution spirituelle christique était ainsi comme désamorcée et l’appel à la résistance contre toute forme de violence, étouffée. Pire, cela a engendré une religion qui, par certains côtés, a elle-même été bourreau ou a été du côté de puissances injustes et a favorisé la résignation.

Devenons contemplatif-ves du Christ et lutteur -ses de justice car en tout humain-e qui souffre violence et injustice c’est aussi de Dieu dont il est question.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 18:31
peinture de He Qi : Jésus aux mains liées

peinture de He Qi : Jésus aux mains liées

Le Dimanche des Rameaux nous nous remet devant ce récit de la mort de Jésus. Cette année dans l’Evangile de Matthieu chapitre 26 et 27. Ces récit de la passion dans les Evangiles restent d’une actualité brulante et de tous les temps.

 

Un homme est arrêté, jugé, condamné, exécuté et de plus il est innocent !

Victime de l’injustice comme l’ont été et le sont encore tant de gens. Il est l’innocent à qui tous les bourreaux font violence.

Entendre, lire ce récit c’est donc une plongée dans le monde de la violence et de l’injustice des pouvoirs politiques, religieux, claniques, qui continuent de sévir.

Ecouter la passion c’est écouter, regarder le sort de tant de femmes et d’hommes en ce moment.

C’est donc un récit dangereux pour tout pouvoir qui s’arroge le droit de tuer car ce récit est une dénonciation en montrant que Dieu est du côté de ceux qui souffrent.

Le Dieu crucifié, victime de l’injustice est jugement contre toute injustice.

 

En Jésus, Dieu est donc là, avec nous, non seulement un jour du temps quand il a hurlé de douleur sur la croix, mais aussi de tout temps. Il crie sa douleur pour tout ce qui dans ce monde pourtant si beau, est défiguré par l’injustice et par l’absurde.

Il est là avec nous, sans mots, mais il est là. Il nous prend la main, il nous prend dans ses bras pour que, de la douleur, puisse naître peu à peu une détermination, une force pour combattre, une force pour vivre et faire vivre.

 

« Ayant aimé les siens, il les aima jusqu’à l’extrême ».

Voilà la raison de la croix : un amour en excès. Une fidélité de Dieu qui va jusqu’au bout. Il va jusqu’au bout de la non-violence et ne répond pas par la violence à la violence. Il fait jusqu’au bout ce qu’il a toujours fait et dit.

Reculer devant la croix, cela aurait décrédibiliser tout l‘Evangile.

 

Malheureusement, ce n’est pas cette lecture qui a dominé la réflexion chrétienne. Une lecture a même atteint le summum des fausses images de Dieu en présentant les souffrances et la mort du Christ comme le prix à payer pour que Dieu pardonne ! On peut légitimement s’indigner devant ce Père qui aurait besoin de la mort de son Fils pour nous pardonner.

Le théologien Juan louis Segundo le fait en écrivant :

« Un Dieu d’amour n’est pas compatible avec un être qui peut être offensé au point de devoir sacrifier son Fils pour rester en paix avec soi-même et se réconcilier avec l’offenseur » [1]

 

[1] Juan louis Segundo Qu’est-ce qu’un dogme, Cerf CF n°169 p 507

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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 22:10
Homélie de Soeur Michèle: Le Baptême du Christ, révélation trinitaire.

13 Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui.

14 Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »

15 Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.

16 Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

17 Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Matthieu 3/13-17

 

Nous venons d'entendre ce récit. Mais cela ne suffit pas. Il mérite d'être écouté et contemplé pour qu'il fasse une œuvre de vie en nous, qu'il transforme quelque chose en nous.

 

Regardons Jésus

Il était au milieu de la foule. Il attendait son tour.

Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège.

Un homme au milieu d'autres.

Regarder Jésus qui est rentré dans l'eau jusqu'au cou, entièrement enseveli par l'eau. Quel est le sens de cet acte du Christ ?

Il n'avait aucun besoin de ce baptême de Jean qui était un rite de purification des péchés. Non. Cette plongée dans l'eau est à l'image de Son Incarnation.

Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous rejoindre.

Il n'a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l'eau, Il sanctifie toute la matière de nos vies. Il rend saint le plus quotidien de nos vies.

Laissons-nous étonner par ce que nous voyons : le Très-Haut qui se fait Très-Bas, l'humilité du Verbe qui s'est fait l'un de nous sans revendiquer aucun privilège. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu... » Ph2/6

  

Ecoutons ce qui nous est dit : « voici que les cieux s’ouvrirent »

Les juifs ne prononcent pas le nom de Dieu. Ils le remplacent par d'autres mots comme celui-ci : les cieux

S'ouvre les cieux cela veut donc dire Dieu s'ouvre.

Dieu s'ouvre comme une porte qui s'ouvre et donne accès, permet d'entrer.

Il est de toujours à toujours ouverture puisqu'Il est amour mais ici l'ouverture est portée à son achèvement de révélation.

Révélation trinitaire du Père comme source de vie, de l'Esprit comme souffle de vie, du Fils comme parole de vie.

La porte est donc ouverte, c'est une invitation à entrer.

Resterons-nous à la porte ?

Ou alors, accepterons-nous cet accès à Dieu, offert, gratuit, sans conditions, pour tout homme, toute femme, chacun, chacune de nous ?

 

Entendre ce que Jésus entend.

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

C'est l'identité du Christ qui se dit là.

Mais c'est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’aîné d'une multitude de frères et de sœurs.

Avec Lui, par Lui, nous avons mission d'être les célébrants de Son amour ; mission d'écouter Sa parole pour pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles et dire partout les merveilles de Dieu ; mission d’être au monde justice de Dieu et œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

 

 

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 11:42
Homélie de Sr Michèle:  La tranfiguration en Mt17/1-9 18ème dimanche

Mt 17/1-9

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.

 

Une histoire de tentes ?

Pierre demande d’en planter trois. Mais il ne s’agit pas d’une affaire de camping !

Cela renvoie à la tente de la Rencontre, quand le peuple était dans le désert. Il allait à la tente de la Rencontre, lieu de la présence de Dieu. Et la nuée qui les couvre de son ombre (la même expression utilisée pour l’Annonciation en Luc 1/35) montre bien que nous sommes là dans une expérience de rencontre avec Dieu.

Enfin, une voix leur demande d’écouter Jésus, le Fils et ils ne voient plus que Jésus seul.

Tout cela nous permet de comprendre qu’il n’est pas question de planter trois tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente de la rencontre, c’est le Christ dans la vérité de son humanité et de sa divinité.

Jésus seul : unique chemin, unique demeure, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie.

Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection.

1er né d’une multitude de frères et de sœurs, celui qui ouvre le passage pour que, à sa suite, nous entrions dans la vie aujourd’hui et pour toujours.

Avec la transfiguration, nous savons que sa résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux (Ph 3/20)

Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyen-nes des cieux. Nous sommes déjà ressuscité-es.

 

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 22:55
Homélie du 17ème dimanche ordinaire: le trésor et la perle que nous sommes pour Dieu en Mt 13/44-46

Mt 13,44-46

44 Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.45 Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines.46 Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.47 Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons.

 

Il va vendre tout ce qu’il possède et il achète ce champ ; il va vendre tout ce qu’il possède et il achète la perle.

Qui donc est cet homme ? L’interprétation habituelle de cette parabole oriente toujours notre regard vers nous-mêmes, nous invitant à une réponse généreuse à l’appel de Dieu. Mais ce chercheur de trésor et ce découvreur de perle c’est d’abord Jésus Lui-même. Jésus qui donne toute Sa vie pour acquérir le trésor et la perle précieuse que nous sommes. « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » disait déjà le prophète Isaïe (Is 43,4). Dans les deux cas, aimant de notre beauté. Cette parabole nous dit combien nous sommes précieux aux yeux de Dieu. Il nous voit : trésor et perles. Pour mieux nous accueillir nous-mêmes, échangeons notre regard contre le sien. M’accueillir comme il m’accueille, me voir comme il me voit.

 

Regardons la révélation du visage de Dieu que nous donne cette parabole interprétée ainsi : Dieu se révèle découvreur et chercheur. Surpris de la rencontre ou en quête de nous rencontrer. Sur la croix, où il donne tout, il va jusqu’au bout du désir fou de nous montrer le vrai visage de Dieu qui peut vaincre nos résistances. Il est le démuni devant qui toutes nos peurs de Dieu peuvent tomber.

Accueillons Dieu comme chercheur de notre amitié, offrant la sienne et l’ayant prouvé au prix fort de la Croix.

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