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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 12:21
Les scribes et la veuve Marc 12/38-44 Dim 32 TO

38 Dans son enseignement, il disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,

39 les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.

40 Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

41 Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.

42 Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.

43 Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.

44 Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

 

La liturgie, ce dimanche, fait un découpage intéressant. Il est question de scribes « dévoreurs des biens des veuves » et une pauvre veuve qui met dans le trésor du temple « tout ce qu’elle avait pour vivre »

Y-a-t-il un lien ?

Tout d’abord Jésus fait une critique virulente des scribes qui porte sur

sur leur manière de vivre :

-leur recherche des honneurs

-leur exploitation des plus faibles

-leur hypocrisie

Ensuite, il porte un regard d’admiration pour cette femme. Jésus admire cette femme qui donne tout ce qu’elle a pour vivre. Il voit en elle la préfiguration de sa passion où il donnera tout, toute sa vie.

Mais une autre lecture est possible pas forcément contradictoire.

La critique virulente contre les scribes dévoreurs des biens de veuves continue. Pourquoi est-elle pauvre ? Sinon parce que les scribes lui ont dérobé ses biens.

Quels sont les scribes d’aujourd’hui ?

 

 

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 22:20
Les fils de Zébédée, Marc 10/35-45 Dim 29 TO

Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. » Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

 

 

D’abord, comprendre que le vrai sens du mot gloire, ce n’est pas ce qui nous vient immédiatement à l’esprit. Cela n’a rien à voir avec la renommée, le bruit qu’on peut faire autour d’un nom célèbre, la réussite, le prestige, les honneurs.

Dans la Bible, cela veut dire la richesse de l’être, sa plénitude, sa densité d’existence, son poids.

Puisque Dieu est amour et qu’il n’est que cela, la gloire de Dieu, c’est son poids d’amour.

La demande de Jacques et de Jean peut donc être prise positivement : siéger, habiter sa gloire, c’est nous enraciner dans l’amour, c’est une demande d’intimité, de proximité, être au plus près possible.

 

Que voudriez-vous que je fasse pour vous ?

Avec cette question, il nous est donné de voir la manière dont Jésus aime, dont justement, il vit de cette gloire.

Il est d’abord quelqu’un qui favorise l’expression du désir. Il leur permet de l’exprimer : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »

Il sait discerner, je dirai faire du tri dans cette demande, il sait y voir ce qu’il y a de bon : ce désir de proximité et ce qui demande à être purifié car il n’y a pas de fauteuil dans le Royaume de l’amour. Fauteuil au sens de privilège, hiérarchie, préséance, place d’honneur.

C’est pourquoi il ne fait pas de reproche. Il comprend qu’ils n’ont pas compris. Il accueille leur désir et va le purifier. Pas de fauteuil mais une coupe à boire et être plongé dans un baptême.

Sa réponse, on peut la comprendre comme cela : Vous avez raison de vouloir être associé à ma gloire, au sens fort de ce poids d’amour. Mais cela doit être un amour qui ne triche pas. Un vrai amour, donc humble et souffrant, car aimer amène forcément de la souffrance et c’est cela qu’ils n’ont pas compris.

Pouvez-vous être avec moi autant dans la souffrance que dans la joie ? Pouvez-vous me suivre autant au jour de la Passion qu’aux jours de la Résurrection ?

Pouvez-vous partager ma coupe et mon Baptême ?

Regardons comment Jésus aime dans la délicatesse de ce dialogue : accueillir le meilleur du désir et le purifier. Mais aussi les appeler à une configuration avec lui : « Même nourriture et même boisson, me suivant dans la peine et dans la victoire » dira Ignace de Loyola dans les Exercices spirituels.

 

Oui, nous le pouvons. C’est la réponse de Jean et de Jacques : « Oui, nous le pouvons ». C’est la leur mais c’est aussi la nôtre car personne n’est exclu de cette réponse. Si nous sommes baptisés, oui le pouvons puisque nous le faisons déjà. Nous avons été plongés dans les eaux du baptême et mieux, nous sommes baptisés, plongés en Christ, c’est du présent ! Et tous et tous nous la faisons, incroyant ou croyant dans la mesure exacte où nous aimons d’un amour humble qui forcément inclut de la souffrance. Mais aussi nous le pouvons en écoutant l’enseignement qui suit sur le service.

Boire à la coupe et être plongé dans son baptême, c’est aussi se faire serviteur, renoncer aux formes diverses de domination.

Sentons l’ambition que le Christ a pour nous dans cet enseignement sur le service. Il s’agit, oui de devenir grand, oui d’être le premier. Cette ambition est celle des saints : être premièr-e dans le don. Il y a bien de l’ambition mais pas à la manière habituelle.

Oui, nous pouvons boire à la coupe et être plongé dans son baptême en vivant toute fonction, toute charge, tout travail, toute responsabilité comme un service.

Il s’agit donc de regarder le Christ. Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir. Oui nous le pouvons en le regardant, en nous imprégnant de ce qu’il est, de ce qu’il fait. Pour cela, laissons remonter à la mémoire la vie du Christ vu sous l’angle du service. Il est serviteur d’un bout à l’autre de sa vie.

Donner sa vie en rançon

Ce mot peut nous arrêter et nous scandaliser ! Il ne faut pas le prendre au sens moderne du terme. Car alors on tombe dans une fausse image de Dieu. La racine hébraïque de ce mot c’est le verbe délier, libérer. Il faudrait mieux traduire : donner sa vie pour nous libérer. Jésus en donnant sa vie pour nous sur la croix nous libère, en particulier de ces fausses images de Dieu. Sur la croix, Dieu se livre et veut nous désarmer, nous délier de toute peur.

Le don de sa vie sur la croix, c’est l’extrême du don.

 

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 14:24
Homélie de Soeur Michèle pour la fête de Ste Thérèse Couderc

Ste Thérèse Couderc ( 1805-1885) est la fondatrice des Soeurs du Cénacle. Nous la fêtons le 26 septembre. cette année, nous fêtons particulièrement le 150ème anniversaire de la rédaction d'un texte essentiel de sa spiritualité: la bonté de Dieu.

S’il fallait résumer d’un mot Thérèse Couderc, ce serait :

Ce fut une femme heureuse, une femme heureuse de son Dieu.

Oui, elle est heureuse de son Dieu, et Dieu fait son bonheur

Elle le dira d’une manière ou d’une autre.

En particulier, elle le dit dans un texte qu’elle écrit le 26 juin 1864.

C’est un des textes importants de la spiritualité de la famille du Cénacle.

Se livrer, elle avoue elle-même, ne pas pouvoir expliquer toute l’étendu de sens de ce mot…

Mais elle dit avec force que se livrer à Dieu, c’est un bonheur et il n’y a rien de si doux à le pratiquer.

Je la cite : « Que l’on en fasse l’expérience et l’on verra que c’est là où se trouve le vrai bonheur que l’on cherche en vain sans cela ».

La découverte de cette attitude spirituelle, elle l’a reçu en méditant sur l’Eucharistie, là où le Christ se livre par amour pour nous.

« Ceci est mon corps livré pour vous »

« Se livrer sans réserve à notre bon Dieu ».

Réponse d’amour à l’amour.

Réponse qui est source de bonheur. Thérèse dira même quelque chose de plus fort encore. Elle dira : l’âme livrée a trouvé le paradis sur la terre.

Approcher Thérèse de cette manière là, découvrir une femme heureuse, cela commence à nous intéresser et on a envie de lui demander :

« Thérèse, dis-nous ton secret.

Pourquoi, comment peut-on être heureux-se de Dieu ?

Nous aussi on voudrait être heureux-se.

Montre-nous ce chemin du bonheur de Dieu ».

 

Il me semble que Thérèse a entendu notre question et y a répondu par un autre texte.

Un autre jour, le 10 août 1866, elle écrira :

« Dieu est bon, il est plus que bon, il est la bonté »

Voilà le secret de Thérèse.

 

Dieu est bon, puisqu’il est la bonté, elle sait que Dieu ne peut donner que des bonnes choses et qu’il ne peut, excusez la familiarité, nous envoyer des « crasses et des tuiles » !

Il faut insister la dessus car cette fausse image de Dieu, c’est cela qui nous empêche de devenir des saints parce que cela nous empêche de faire confiance et de nous abandonner.

Dieu est bon, il n’est pas l’auteur du mal, de la souffrance, de nos épreuves, de nos malheurs. Il y a d’autres causes au mal et à la souffrance et l’attribuer à Dieu, c’est une fausse piste qui défigure son visage de bonté. De plus notre foi nous dit que loin d’en être l’auteur, il en en la victime sur le bois de la croix !

 

Oui, mais alors que faire quand des épreuves nous arrivent, quand la souffrance nous mord, quand le deuil nous atteint, quand l’injustice nous trahit ?

Et nous savons que Thérèse a connu tout cela, comme, plus ou moins chacun d’entre nous.

Et elle s’est appuyé sur la bonté de Dieu.

Puisqu’il est bon, au cœur de la souffrance, elle se tourne vers lui, vers celui qui est la source de la bonté, elle se laisse aimer par ce Dieu qui ne veut et ne peut que donner de la vie, que donner de la bonté.

Elle se tourne vers l’unique ami, le seul qui lui reste quand tout la lâche.

En faisant cela, la souffrance reste la souffrance, mais on ne la vit plus seul, on la vit avec celui qui nous révèle notre infinie dignité et qui ne cesse de nous redire :

« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ».

Et du coup, au cœur de la souffrance, cela donne des forces neuves pour vivre, pour combattre l’injustice, pour traverser l’épreuve.

 

Dieu est bon, il est la bonté.

Il est rayonnement de bonté, de chaleur, de lumière .

Le soleil est une image de ce rayonnement de bonté qui est en Dieu.

Le soleil continue de réchauffer même quand nous lui tournons le dos.

Il nous éclaire et nous réchauffe même si nous fuyons loin de lui et si nous ne lui présentons que notre dos.

Cela veut dire que Dieu nous a définitivement aimé-es, sauvé-es, trouvé-es.

Nous ne sommes pas des « perdu-es », nous sommes des « trouvé-ess » de son amour.

Définitivement aimé, sauvé-es, trouvé-es par la bonté qui est Dieu.

Thérèse savait cela.

Et elle a compris que la seule chose à faire, était de cesser de fuir devant cette bonté et de simplement faire un demi-tour pour exposer notre visage à sa lumière, pour lui permettre de nous aimer face à face.

 

C’est ce que Thérèse a fait pour son bonheur.

C’est le chemin qu’elle nous ouvre.

Pour notre bonheur et celui de Dieu.

 

Sr Michèle Jeunet, rc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 15:43
Maintenir vivante la subversion, Marc 9/38-48 Dim 26 TO

Marc 9/38-48 

38 Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »

39 Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;

40 celui qui n’est pas contre nous est pour nous.

41 Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.

42 « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.

43 Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.

45 Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.

47 Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,

48 là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

 

Subversion d’un monopole de salut 9/38-40

Encore tout faux, les disciples ! Ils se croient seuls dépositaire d’un pouvoir de salut, ils se considèrent comme des maîtres que l’on suit alors que c’est seulement le Christ qui est suivi. Jésus brise leur rêve de monopole. Toute personne qui fait le bien est artisan du royaume. Parce que pour Jésus, la seule chose qui compte, c’est le bien de la personne

 

Quelle conduite des disciples pour maintenir vivante la subversion ? 9/42-50

*une question de verre d’eau : on maintient vivante la subversion du Christ avec un sens fort de l’appartenance au Christ serviteur, seul titre qui permet d’être accueilli par les autres.

*mains, pieds et œil : on maintient vivante la subversion du Christ en sachant dire non à ce qui fait obstacle à cette appartenance au Christ serviteur. Sous l’image de la main, du pied, de l’œil, il s’agit de se séparer de bonnes chose si et seulement si elles m’empêchent d’être disciple du Christ serviteur.

Ce texte ne doit pas du tout être pris au sens littéral ! C’est une exagération pour dire les nécessaires ruptures avec ce qui empêche d’aimer. Oui, il y a des choses à quitter, à renoncer, à abandonner pour que la vie des uns et des autres soit plus belle, plus heureuse, plus aimante, plus libre, plus généreuse.

 

*du sel : on maintient vivante la subversion du Christ en salant sa vie, c'est-à-dire en faisant de sa vie quelque chose qui a du goût pour soi et pour les autres. ( Marc 9/50 qui est omis alors que c’est un verset clé de tout le passage !)

 

L’ennui du découpage liturgique, c’est qu’il empêche de voir un enseignement dans son ensemble.

La subversion de Jésus qu’il introduit dans son enseignement à partir de la 2ème annonce de la passion Mc 9/30-37 ( 25ème dimanche du Temps ordinaire :) qu’il poursuit ici en Marc 9/30-48 (26ème dimanche) se continue en Marc 10/2-16 ( 27ème dimanche) 

*du divorce inégalitaire : on maintient vivante la subversion du Christ en ne traitant pas les femmes comme des objets qu’on peut prendre et jeter,

*des enfants : on maintient vivante la subversion du Christ

en accueillant ceux qu’on rejette, ici des enfants et en accueillant le Royaume comme un petit enfant, c'est-à-dire dans la confiance de celui qui sait recevoir.

 

Et en Marc 10/17-30 ( 28ème dimanche)

*du partage : on maintient vivante la subversion du Christ

en considérant les richesses comme des dons à partager et non à accaparer.

 

 

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 23:38
Subversion des privilèges, Marc 9/30-37 Dim 25 du TO

Partis de là, ils traversaient la Galilée, et Jésus ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

 

Dans l’Evangile de Marc, il y a 3 annonces de la passion. Voici la deuxième. Pourquoi cette insistance ? Il s’agit de montrer la difficulté d’entrer dans cette perspective. Difficulté des disciples d’hier, difficulté d’aujourd’hui.

Pour quoi cette mort, pour cet apparent échec ?

Parce que Jésus révèle un Dieu qui bouleverse les privilèges, les dominations pratiquées par les sociétés humaines. On découvre ainsi la raison de la mort de Jésus : l’homme Jésus est dangereux pour tous les pouvoirs politiques et religieux. Tous les textes qui suivent cette deuxième annonce vont nous montrer la subversion opérée par Jésus. C’est pourquoi, il ne faudrait pas les couper les uns des autres. Ils montrent comment doivent se comporter celles et ceux qui veulent vivre de son esprit. L’Evangile de ce 25ème dimanche montre une première subversion, celle d’une hiérarchie : le premier est celui qui est au service.

Les disciples se demandent qui est le plus grand montrant ainsi la difficulté d’entrer dans le Royaume que Jésus annonce. Il rebondit sur leur désir mais pour le purifier. Vous voulez être grand ? Alors soyez-le en vous faisant serviteur, en accueillant l’enfant, comme on accueille le Christ.

Soyez grand en accueillant celui qui ne compte pas.

 

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 13:33
Vrai sacré et vraie pureté en Marc 7/1-23 Dim 22 du TO

Mc 7/1-23

7 °1 Autour de lui s’étaient rassemblés les Pharisiens, ainsi que plusieurs maîtres de la Loi venus de Jérusalem. °2 Ils virent que certains de ses disciples mangeaient le pain avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.°3 Il faut savoir que les Pharisiens, et les Juifs en général, ne mangent pas sans s’être lavé les mains jusqu’au coude pour respecter la tradition des anciens. °4 Lorsqu’ils reviennent des lieux publics, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et il y a encore bien d’autres coutumes auxquelles ils sont attachés : purification des coupes, des pots et des cruches en bronze.°5 Voici donc les Pharisiens et les maîtres de la Loi qui l’interrogent : “Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Tu vois qu’ils mangent le pain avec des mains impures.”

°6 Jésus leur répond : “Comédiens ! Isaïe a joliment bien parlé de vous quand il a écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. °7 Leur culte ne vaut rien et les préceptes qu’ils enseignent ne sont que des lois humaines. °8 Vous négligez le commandement de Dieu pour maintenir les traditions humaines !”°9 Jésus reprit : “Comme vous savez rejeter le commandement de Dieu pour ne pas lâcher votre propre tradition ! °10 Voyez, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère, et encore : Celui qui maudit père ou mère sera mis à mort. °11 Mais selon vous, quelqu’un peut dire à ses père et mère : “J’ai déclaré qorban, c’est-à-dire consacré à Dieu, ce que tu pouvais attendre de moi”. °12 Et dans ce cas vous ne le laissez plus aider son père ou sa mère. °13 Ainsi vous annulez la parole de Dieu au profit d’une tradition que vous vous transmettez. Et que de choses semblables dans vos pratiques !”°14 De nouveau Jésus appelle son monde. Il leur dit : “Écoutez et tâchez de comprendre. °15 Tout ce qui est extérieur à l’homme ne peut pas le rendre impur ; ce qui le rend impur, c’est ce qui est sorti de lui. °16 Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !”°17 Lorsque Jésus a quitté la foule et rentre à la maison, les disciples l’interrogent sur cette sentence. °18 Il leur dit : “Vous aussi, vous êtes bouchés à ce point ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui du dehors entre dans l’homme ne peut le rendre impur ? °19 Cela ne va pas au cœur, mais au ventre, et finit sur le fumier.”Donc, pour Jésus, tous les aliments devenaient purs.°20 Et il continuait : “Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. °21 Car du cœur sortent les réflexions malveillantes, °22 les prostitutions, les vols, les assassinats, les adultères, la soif d’argent, les méchancetés, les perfidies, la débauche, l’envie, les blasphèmes, l’orgueil et la démesure. °23 Toutes ces choses mauvaises viennent du dedans et rendent l’homme impur.

(Traduction : la Bible des peuples)

 

1-Le vrai sacré

Derrière cette purification des mains, il y a une conception du monde : ce qui relève de la vie quotidienne est profane et ce profane serait impur.

La conception du monde qu’à Jésus est à l’opposé de cela. Pour lui le profane n’est pas impur car ce profane, il l’a pris en s’incarnant, il l’a fait sien. Il brise la distinction entre profane et sacré. Ou plutôt : le profane est sacré et le sacré c’est la vie humaine.

Sa critique porte aussi sur un rituel qui n’est que formel, extérieur, n’engageant pas la vie concrète et le cœur et qui même est un prétexte pour éviter l’engagement concret pour les autres comme par exemple l’aide aux parents.

C’est pourquoi, on peut légitimement s’étonner du découpage que la liturgie a fait de ce passage pour le 22ème dimanche du temps ordinaire en supprimant les versets 9 à 13. Ces versets montrent le vrai sacré pour Jésus : non un rituel mais le concret des relations humaines.

 

2-La vraie pureté

Marc donne la raison de l’enseignement de Jésus : il déclare pur tous les aliments faisant éclater tout le légalisme alimentaire de la religion de son temps. Là encore le découpage a fait sauter les versets 16 à 20 en empêchant d’entendre cette révolution religieuse de Jésus. Et cette transgression de Jésus repose sur le primat de la parole et du cœur. L’important ce n’est pas ce qui entre par la bouche (les aliments) mais ce qui sort de la bouche (les paroles) car cela vient du cœur.

 

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 20:48
Evangile du 17ème dimanche TO: Jean 6/1-15

Jn 6/1-15

Après cela, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.

Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.

Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.

Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

 

Le texte de la multiplication des pains en Jean est proche de celui de Mathieu en 14/13-23 : 5 pains et 2 poissons qui servent à nourrir une foule et la réaction finale de Jésus : congédier la foule et se retirer en solitude

Une différence cependant. En Matthieu cela commençait aussi par une « retraite » de Jésus.

Il venait d’apprendre l’arrestation de Jean-Baptiste, et monte dans une barque, il se retire dans un lieu désert pour être à l’écart. Le point commun de ces 2 réactions est un choix de solitude. C’est une même réaction devant deux événements opposés. Le premier est l’événement tragique de l’arrestation de Jean, l’échec que cela représente, la tristesse de la mort d’un ami, le danger de mort qui se profile. Le second est l’événement heureux d’une foule rassasiée, donc une réussite qui risque de le faire dévier de sa mission.

Echec et réussite provoquent en Jésus la même réaction, la même attitude, la même décision : solitude et prière. Regardons sa manière de réagir. Elle nous indique un chemin de vie. Nous avons besoin de temps de solitude pour nous laisser interroger par les événements, peser les décisions à prendre, pour ne pas être déstabilisés par les échecs ou trompés par les réussites. Solitude et prière qui ouvre un chemin dans ce qui est obscur ou lumineux dans nos vies. Solitude habitée puisqu’elle est écoute, parole, dialogue avec un autre. En fait, tout bien considéré, espace pour aimer et se laisser aimer par Dieu.

Ce faisant, Jésus, débarquant, vit du même amour. Il aime en n’étant pas aveugle sur cette foule en attente de lui. Il aime en étant bouleversé devant cette foule. Il aime ses disciples en les faisant partenaires de son action, il aime par l‘accueil des pauvres 5 pains et 2 poissons d’un jeune enfant. Il aime celui qu’il appelle Père et qu’il sait trouver au cœur de l’action par la bénédiction chez Mathieu et l’action de grâce chez Jean, source d’une telle fécondité qu’elle nourrit toute une foule. Arrêtons-nous à cette bénédiction-action de grâce. A travers ce pain, bénédiction-action de grâce d’une pauvre offrande. Et à l’instar de la pauvre veuve qui a donné tout ce qu’elle avait pour vivre, Jésus bénit, rends grâce de ce pain de notre pauvreté. Pauvreté offerte et bénédiction-action de grâce de Jésus font le miracle de nourrir une foule.

Quelles sont mes pauvretés à offrir à la bénédiction-action de grâce du Christ pour qu’il en fasse abondante nourriture ?

 

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 15:12

 

Semaine Sainte :

avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la souffrance.

 

Avec celles et ceux…avec les familles et proches des victimes du crash A 320, hurlement de douleurs…avec celles et ceux  qui crient leur révolte  devant la lapidation de femmes…avec les persécuté-es pour leur foi ou leur non-foi…avec les enfants maltraités…avec les femmes humiliées, violées, tuées…avec tous humains qui subissent la violence et l’injustice…avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la foi, la nuit de l’espérance, la nuit de l’amour…

La liste est longue et sans fin.

 

Entrer dans la semaine sainte avec elles, avec eux, avec ma nuit, avec la leur.

Dieu crie aussi de douleur avec elles, avec eux, avec nous.

Il est là avec nous, non seulement un jour du temps quand il a hurlé de douleur sur la croix.

Mais aussi, de tout temps, il crie sa douleur pour tout ce qui dans ce monde pourtant si beau, est défiguré par l’injustice ou par l’absurde.

Il est là avec nous, sans mot, mais il est là.

Il nous prend la main, il nous prend dans ses bras pour que de la douleur puisse naitre peu à peu une détermination, une force pour combattre, une force pour vivre et faire vivre.

 

Mais pour cela, arrêtons de dire que la mort du Christ sur la croix est la volonté de Dieu comme condition du pardon !

Le Christ est mort parce que sa vie, ses paroles, ses actions étaient intolérables à ceux qui font de la religion leur fond de commerce et la justification de leur pouvoir.

Le Christ est celui à qui tous les bourreaux font violence.

La miséricorde qui est Dieu n’a besoin d’aucune souffrance ni d’aucune croix pour être remuée aux entrailles devant nos égarements.

 

En regardant la croix du Christ,

je vois Dieu qui a crié de douleur et qui continue de crier,

je vois Dieu qui étend les bras pour nous relever, nous guérir, nous pousser à lutter contre toute injustice et toute absurdité.

 

 

 

 

Semaine Sainte : avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la souffrance.
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 18:52

Epiphanie-1.jpg

 

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 

Devant l’enfant qui vient de naître, l’évangile de Luc fait venir des bergers et dans l’évangile de Mathieu, ce sont des sages païens. Dans les deux cas, nous avons là une intention théologique précise.

Les bergers qui sont, du fait de leur travail, des « mauvais » pratiquants de la Loi religieuse et dont le travail est sinon méprisé, du moins peu considéré dans l’échelle sociale, sont les premiers invités à se réjouir de la naissance de l’enfant Jésus. Cela préfigure toutes les options de Jésus, ses paroles et ses actes : rendre leur dignité aux exclus de la société de son temps et de tous les temps.

Les sages venus d’orient symbolisent la sortie de tout communautarisme et l’accès à Dieu sans aucune discrimination de peuples.

Ils suivent une étoile, manière de nous dire la recherche qui est la leur. Il cherche un roi. A Jérusalem on leur parle d’un Christ, d’un chef, d’un berger. Autant de titres ambigus. Un roi qui n’a de loi que son bon plaisir ? Un Christ qui va délivrer du joug de Rome ? Un chef qui se fait servir ? Le seul titre qui pourrait convenir est bien celui de berger comme identification à ceux qui sont considérés comme « peu valant ». Car Jésus sera roi crucifié, Christ libérateur des cœurs, chef serviteur.

Les mages pensent le trouver dans les allées du pouvoir. Que trouve-t-ils ? Des grands-prêtres et de scribes qui ont une connaissance inopérante. Ils savent où il va naître, c’est l’attente de leur foi depuis des siècles : ils auraient du se mettre en marche avec les mages. Comment comprendre cet immobilisme ? La nouveauté qui dérange et risque de les déloger de leurs privilèges, de leurs certitudes…

Les mages trouvent une ville qui s’émeut de cette nouvelle mais qui elle aussi ne bouge pas.

Ils trouvent un roi qui va se servir d’eux dans sa volonté de tuer cet enfant, danger pour son pouvoir.

Triste lieu ! Jérusalem n’est pas le lieu où peut naître  la vie ! Elle ne peut que donner la connaissance mais c’est insuffisant, il y faut le désir d’en vivre.

C’est à Bethleem qu’ils vont trouver ce qu’ils cherchent et c’est un enfant.

Pourquoi apportent-ils des présents ? Jésus ne leur a rien demandé. Pourquoi pensons-nous qu’il faille toujours donner des choses à Dieu ? En oubliant que notre seule présence lui suffit. Dieu n’exige rien. Il est en attente de notre amitié et c’est le plus beau cadeau qu’on puisse lui faire.

 

 

 

 

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 23:20

arcabas-trinite.jpgPeinture d'Arcabas

 

Nous sommes  vraiment bienheureux-ses de pouvoir nous situer devant l’Amour qui est Dieu, tel que nous le révèle le Nouveau Testament.

L’amour qui est Dieu n’est pas un Dieu solitaire.

Amour qui est Dieu c'est-à-dire Dieu en relation à l’intérieur de lui-même, car pour aimer il faut qu’il y ait de l’autre, de la différence et en même temps de l’unité.

 

Il y a bien de l’unité : un seul Dieu.

Et c’est :

Dieu Vouloir d’amour qu’on nomme le Père mais qui est tout autant Mère

Dieu Parole de l’amour qu’on nomme Fils

Dieu Acte d’amour qu’on nomme l’Esprit

Unité qui est union, communication, communication d’amour en elle-même, en Dieu même.

 

Et puisque c’est un amour véritable, il n’y a aucune trace dans la Trinité, aucune trace d’inégalité, aucune trace en Elle de supérieur et d’inférieur.

En Elle c’est un infini et divin respect de l’altérité, sans confusion ni séparation. C’est une relation fait de don et d’accueil du don dans la réciprocité.

 

Ignace de Loyola le dit magnifiquement quand il définit l’amour dans sa contemplation ad amorem : «  L’amour consiste en une communication réciproque, c'est-à-dire que celui qui aime donne et communique ce qu’il a à celui qu’il aime et de même à l’inverse celui qui est aimé à celui qui l’aime » ( Exercices Spirituels n°231)

 

Mais la Trinité est communication d’amour en dehors d’elle-même, c'est-à-dire aussi pour nous, vers nous, tourné vers nous. C’est un amour diffusif de soi qui nous façonne à son image et à sa ressemblance.

 

Alors la Trinité d’amour qui est Dieu, nous invite à vivre entre nous, ce qu’Elle vit en elle-même.

Donc nous invite à vivre ce que nous sommes,  à nouer entre nous le même type de relation qu’il y a en Dieu, faite d’égalité, de respect, de réciprocité.

 

De ce fait la Trinité dit notre vocation, et cette vocation c’est une existence fraternelle, une existence sororelle.

 

Il y a donc un lien fort entre la manière de vivre entre nous et la vie trinitaire. L’amitié entre nous, la justice entre nous, l’égalité entre nous, le respect entre nous, dit quelque chose de l’amitié trinitaire.

Et l’amitié trinitaire est source et modèle des relations justes et fraternelles entre nous.

 

De ce fait, nous pouvons nous rendre compte que les affirmations de la foi ne nous laissent pas tranquilles. Elles ne sont pas là comme des formules qu’il suffirait de répéter. Non, les affirmations de notre foi interrogent nos manières de vivre en société. Les interrogent et même peuvent les contester.

Affirmer, confesser Dieu-Trinité engage notre existence.

C’est s’engager à une vie qui promeut l’égalité, l’amitié, le respect, la réciprocité pour chacun, chacune à l’image de l’amour qui est Dieu.

 

C’est une grâce à désirer, une grâce à demander pour que notre foi s’incarne davantage, s’incarne vraiment dans nos vies et dans nos sociétés.

 

 

 

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